{"id":24637,"date":"2022-07-11T13:58:04","date_gmt":"2022-07-11T11:58:04","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=24637"},"modified":"2022-07-13T14:27:01","modified_gmt":"2022-07-13T12:27:01","slug":"mediations-sensorielles-pour-des-criminels-incarceres%ef%bf%bc","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/mediations-sensorielles-pour-des-criminels-incarceres%ef%bf%bc\/","title":{"rendered":"M\u00e9diations sensorielles pour des criminels incarc\u00e9r\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<p>Les modes d\u2019interventions cliniques en milieu carc\u00e9ral impliquent une prise en compte des enjeux propres \u00e0 l\u2019institution carc\u00e9rale et \u00e0 l\u2019institution de soin (h\u00f4pital psychiatrique ou h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral) auquel est rattach\u00e9 le clinicien. Un enjeu essentiel est de savoir comment cr\u00e9er des dispositifs d\u2019accueil de la souffrance psychique dans un lieu de contrainte. L\u2019acte transgressif est envisag\u00e9 comme signe d\u2019un fonctionnement psychique relevant de \u00ab&nbsp;pathologies de l\u2019affect ou de l\u2019agir&nbsp;\u00bb, avec des manifestations du retour d\u2019exp\u00e9riences subjectives pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019\u00e9mergence du langage verbal (R.&nbsp;Roussillon, 2008, p.&nbsp;32). Dans cette perspective, il appara\u00eet fondamental de proposer \u00e0 des d\u00e9tenus criminels des dispositifs de soin o\u00f9 l\u2019on ne sera pas en qu\u00eate de souvenirs bien rem\u00e9mor\u00e9s, ce qui s\u2019av\u00e8re impossible dans ces cliniques, mais de sensations, de r\u00e9miniscences qui reviennent \u00e0 partir du registre sensorimoteur. C\u2019est un constat majeur avec cette clinique&nbsp;: les exp\u00e9riences primitives, ne sont pas rem\u00e9morables, car elles ne peuvent pas se constituer en souvenirs, elles restent articul\u00e9es aux \u00e9tats du corps et aux sensations et renvoient \u00e0 des traumatismes pr\u00e9coces. Pour prendre en compte la sensori-motricit\u00e9 et l\u2019utiliser comme fond \u00e0 la construction subjective, le recours \u00e0 des dispositifs de m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques sensorielles para\u00eet donc incontournable. Ces formes de langages sensoriels au sens large peuvent \u00eatre entendues quand elles sont replac\u00e9es dans une logique de d\u00e9veloppement de l\u2019histoire d\u2019un sujet. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>LE CRIME POUR SURVIVRE AUX HALLUCINATIONS SENSORIELLES&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je ne contr\u00f4lais plus mes actes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Mon corps agissait tout seul&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait comme dans l\u2019exorciste ce qu\u2019il se passait en moi&nbsp;\u00bb\u2026 Tels sont les mots employ\u00e9s par les patients incarc\u00e9r\u00e9s pour d\u00e9crire leur crime. L\u2019acte se produit dans un v\u00e9cu hallucinatoire, qui induit un v\u00e9cu d\u2019\u00e9tranget\u00e9 dans l\u2019apr\u00e8s-coup. \u00ab&nbsp;Je me souviens du moment avant, de l\u2019apr\u00e8s, mais pas du pendant&nbsp;\u00bb&nbsp;: cette remarque est r\u00e9guli\u00e8rement entendue, comme si un temps avait \u00e9chapp\u00e9 au sujet, finalement de fa\u00e7on analogue aux v\u00e9cus infantiles dont restent parfois les contours, sans en pouvoir cerner v\u00e9ritablement ni la forme ni le fond. Cet imperceptible a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 par A.&nbsp;Ciavaldini (2006 a, 2006&nbsp;b) qui a introduit la probl\u00e9matique des signifiants formels dans le cadre de l\u2019analyse des passages \u00e0 l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique permet d\u2019observer que les sujets criminels an\u00e9antissent l\u2019autre pour survivre \u00e0 leur propre v\u00e9cu d\u2019an\u00e9antissement, tant psychique que corporel, dans un registre de type hallucinatoire. L\u2019hallucination psychotique de l\u2019acte criminel n\u2019appara\u00eet pas la plupart du temps formalis\u00e9e dans le registre visuel, mais elle passe plut\u00f4t par la voie du corps et de la sensori-motricit\u00e9 (Garnier E., Brun A., 2016&nbsp;a). Effectivement, la clinique des patients incarc\u00e9r\u00e9s montre \u00e0 quel point ils sont envahis d\u2019images terrifiantes, mais au moment de l\u2019acte, celles-ci tendent \u00e0 dispara\u00eetre. Les sujets sont alors confront\u00e9s \u00e0 des \u00ab&nbsp;trous noirs&nbsp;\u00bb, \u00e0 la sensation de perdre le contr\u00f4le de leurs corps, \u00e0 l\u2019impression d\u2019avoir un monstre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019eux-m\u00eames qui commande leurs actes. Se d\u00e9gage alors l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle ils seraient confront\u00e9s \u00e0 des v\u00e9cus hallucinatoires sensoriels relevant d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9composition de la sensorialit\u00e9, ou parfois d\u2019une absence de composition&nbsp;: mutilations, explosions, d\u00e9possessions, p\u00e9n\u00e9trations et d\u00e9mant\u00e8lements sensoriels. C\u2019est pour tenter d\u2019externaliser ces v\u00e9cus sensoriels pers\u00e9cuteurs, enkyst\u00e9s dans un morceau de corps que le sujet a alors recours \u00e0 l\u2019acte. Par l\u2019agir violent, le sujet tente de trouver une amorce de symbolisation de v\u00e9cus catastrophiques qui font effraction dans son corps par la voie de l\u2019hallucination. Cette clinique extr\u00eame am\u00e8ne ainsi non seulement \u00e0 questionner le lien complexe entre l\u2019agir et l\u2019hallucination psychotique, mais aussi \u00e0 am\u00e9nager pour ces patients des dispositifs mobilisant le registre de la sensori-motricit\u00e9, afin de permettre une symbolisation de l\u2019indicible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient donc de proposer aux patients incarc\u00e9r\u00e9s des dispositifs qui permettent une mise en image et une appropriation subjective de ces v\u00e9cus hallucinatoires dans le registre de la sensorialit\u00e9. Nous \u00e9voquerons successivement deux dispositifs th\u00e9rapeutiques \u00e0 m\u00e9diation, un groupe \u00ab&nbsp;corps et peinture&nbsp;\u00bb et un groupe \u00e0 m\u00e9diation sensorielle olfactive.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>UN GROUPE \u00ab&nbsp;CORPS ET PEINTURE&nbsp;\u00bb EN MILIEU CARC\u00c9RAL<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un dispositif pour la figuration d\u2019hallucinations sensorielles&nbsp;: vers un \u00e9cran du r\u00eave<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le cadre-dispositif, le groupe th\u00e9rapeutique \u00ab&nbsp;corps et peinture&nbsp;\u00bb est co-anim\u00e9 par une psychologue et un psychomotricien et fonctionne par cycle de dix s\u00e9ances, que le patient peut renouveler s\u2019il le souhaite. Les s\u00e9ances d\u2019une heure et demie sont divis\u00e9es en trois temps, d\u2019abord le temps dit \u00ab&nbsp;corporel&nbsp;\u00bb, assur\u00e9 par un psychomotricien, qui propose selon une \u00e9coute transmodale du corps, des exercices de mobilisation des sch\u00e8mes corporels, pour \u00e9voluer ensuite vers des temps d\u2019improvisation et de mouvements libres. Le \u00ab&nbsp;temps peinture&nbsp;\u00bb laisse ensuite la possibilit\u00e9 aux patients d\u2019utiliser un tr\u00e8s large mat\u00e9riel, avec la plus grande libert\u00e9 sensorimotrice possible&nbsp;: ils peuvent peindre sur une table, sur un mur, ou m\u00eame sur le sol. Certains peignent \u00e0 la mani\u00e8re de Pollock, d\u2019autres encore, \u00e0 quatre pattes. \u00c0 la fin des s\u00e9ances, lors du temps de parole, les peintures sont fix\u00e9es au mur&nbsp;: les patients pr\u00e9sentent chacun leurs peintures et le groupe associe librement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but des s\u00e9ances qui guide les patients vers une \u00e9coute de leur sensibilit\u00e9 corporelle agit comme un amplificateur de l\u2019effet attracteur de l\u2019objet m\u00e9diateur. Ce temps soutient la r\u00e9activation d\u2019exp\u00e9riences sensorimotrices sous-jacentes aux hallucinations sensorielles. Ensuite, il s\u2019av\u00e8re pertinent de proposer aux patients une utilisation de la m\u00e9diation picturale&nbsp;: la figuration par la peinture peut amorcer un travail de symbolisation des exp\u00e9riences advenues au cours de l\u2019exploration corporelle. Elle restaure le registre visuel fourvoy\u00e9 de ces patients. Effectivement, les hallucinations sensorielles contre lesquelles ils luttent rel\u00e8vent non seulement d\u2019une composition difficile de l\u2019hallucination onirique, mais aussi d\u2019un \u00e9chec du processus projectif&nbsp;: tout semble se passer comme si l\u2019hallucination ne pouvait se d\u00e9ployer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du sujet, enkyst\u00e9 dans le corps. La peinture peut s\u2019offrir alors comme une surface de projection qui accueille et figure les v\u00e9cus du sujet en groupe, mais elle peut aussi s\u2019offrir comme un \u00e9cran du r\u00eave pour le sujet et favoriser le d\u00e9ploiement de l\u2019hallucinatoire onirique (Garnier, Brun, 2016b).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la peinture d\u2019une sensorialit\u00e9 en \u00eelots \u00e9clat\u00e9s\u2026<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans les d\u00e9buts d\u2019un cycle de&nbsp; m\u00e9diation picturale, les patients \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 figurer une sc\u00e8ne sur leurs peintures. Ils peignent d\u2019abord souvent des productions dans lesquelles les perspectives s\u2019av\u00e8rent impossibles, et le rapport incoh\u00e9rent entre le fond et la forme. Les paysages par exemple ne s\u2019av\u00e8rent pas organis\u00e9s selon la perspective classique, mais sont inscrits sur un unique plan qui \u00e9crase les profondeurs, et les formes repr\u00e9sent\u00e9es sont aplaties, dans un registre unidimensionnel. Les objets figur\u00e9s paraissent sans fond, transparents, et entretiennent des relations d\u2019inclusion r\u00e9ciproque. Parfois \u00e9galement sont peintes des taches \u00e9parses, sortes de structures primaires indiff\u00e9renci\u00e9es sans t\u00eate ni corps, qui errent sur la feuille \u00e0 l\u2019image du v\u00e9cu de d\u00e9mant\u00e8lement sensoriel (Meltzer, 1975) \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez ces sujets. On rel\u00e8ve en fait nombre de processus et de types de traces analogues \u00e0 ceux observ\u00e9s dans la clinique des autismes.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les patients peignent des formes humaines et des visages, la discordance fr\u00e9quente des traits \u00e9voque une interpr\u00e9tation impossible de l\u2019expression d\u2019un visage qui devient alors terrifiant. Dans ce contexte, les fonds picturaux et groupaux sont souvent v\u00e9cus comme des aspirations mutilantes. Les patients semblent \u00e9prouver un \u00e9tat d\u2019indiff\u00e9renciation avec le m\u00e9dium et ils vont plaquer leurs \u00e9prouv\u00e9s sensoriels sur la peinture. Ils peignent par exemple avec les mains, le corps \u00e0 corps avec la feuille \u00e9volue alors vers la figuration d\u2019une peau meurtrie. Les peintures repr\u00e9sentent souvent des th\u00e8mes de br\u00fblures ou de froid glacial qui sont associ\u00e9s de fa\u00e7on contrast\u00e9e dans l\u2019associativit\u00e9 verbale. La dynamique groupale, tout comme le fond des peintures, renvoie en fait aux modalit\u00e9s d\u2019un lien \u00e0 l\u2019objet primaire, v\u00e9cu comme un objet sans fond, un support qui s\u2019\u00e9croule et qui aspire le sujet dans sa chute. Ces patients nous racontent en fait l\u2019histoire d\u2019une sensori-motricit\u00e9 \u00e9parse, en \u00eelots \u00e9clat\u00e9s, sans composition possible ou en pleine d\u00e9composition, mais qui cherche aussi \u00e0 \u00eatre restaur\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u2026 \u00e0 une mise en forme<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le travail th\u00e9rapeutique groupal consiste alors \u00e0 mettre en images et en sc\u00e8nes ces exp\u00e9riences sensorielles engag\u00e9es dans l\u2019activit\u00e9 picturale et \u00e0 partager des affects autour de ces \u00e9vocations sensorielles. En m\u00eame temps qu\u2019elles se partagent, les sensations hallucin\u00e9es actualis\u00e9es par la m\u00e9diation picturale se d\u00e9collent du fond pictural, sont mises en sc\u00e8ne et en histoire par le groupe et dans le groupe. Le sujet est indiff\u00e9renci\u00e9, en proie \u00e0 des sensations terrifiantes ressenties dans le lien avec l\u2019objet primaire. Il devient lui-m\u00eame le trou, l\u2019ombre ressentie chez l\u2019objet. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les peintures \u00e9voquent aux patients en groupe des formulations telles que \u00ab&nbsp;\u00e7a bouillonne&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;un tourbillon&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;\u00e7a aspire&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e7a s\u2019effondre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e7a dispara\u00eet&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e7a br\u00fble&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;kkk&nbsp;\u00e7a g\u00e8le&nbsp;\u00bb. Ce sont des impressions corporelles, qui s\u2019imposent sous la forme d\u2019un v\u00e9cu hallucinatoire et correspondent \u00e0 une sensation de mouvement et de transformation. Ces images, ne sont pas des fantasmes, mais des impressions corporelles, qui ne supposent aucune distinction entre le sujet et l\u2019espace ext\u00e9rieur. Il s\u2019agit donc de signifiants formels (Anzieu, 1987), o\u00f9 la forme est ressentie comme \u00e9trang\u00e8re, ce qui implique une formulation sans sujet humain&nbsp;: c\u2019est une action se d\u00e9roulant dans un espace bidimensionnel, sans spectateur, diff\u00e9rent du fantasme, pr\u00e9sentant une action qui se d\u00e9roule dans un espace \u00e0 trois dimensions. Ces transformations de formes rel\u00e8vent, selon l\u2019expression de P. Castoriadis Aulagnier (1975) d\u2019une coalescence de l\u2019affect et de la repr\u00e9sentation&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du d\u00e9ploiement de l\u2019associativit\u00e9 formelle (Brun, 2014), au sens d\u2019un encha\u00eenement signifiant des sensations de transformations de forme dans le groupe de patients, on assiste \u00e0 la construction progressive de sc\u00e9narios \u00e0 partir de ce rep\u00e9rage de signifiants formels. Alors, peu \u00e0 peu dans les peintures, il devient possible de relier ce fond catastrophique \u00e0 un environnement dangereux et se d\u00e9gagent alors les figures d\u2019un objet meurtrier. Ainsi, appara\u00eet \u00ab&nbsp;l\u2019ombre de l\u2019objet tomb\u00e9 sur le moi&nbsp;\u00bb (Freud, 1915b), c\u2019est la haine m\u00eame de l\u2019objet, \u00e0 laquelle le sujet s\u2019est identifi\u00e9. Avec l\u2019identification d\u2019un autre mena\u00e7ant dans les peintures, une mise en sc\u00e8ne s\u2019av\u00e8re possible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agirait, avant de pouvoir percevoir son propre reflet dans le regard de l\u2019autre, de se repr\u00e9senter la dimension mena\u00e7ante qui a \u00e9t\u00e9 ressentie dans le lien \u00e0 l\u2019objet. Les exp\u00e9riences sensorielles que connaissent ces sujets sont si envahissantes, mutilantes et aspirantes, qu\u2019ils sont contraints de s\u2019\u00e9chapper de la sc\u00e8ne qu\u2019ils vivent. Freud (1938a, p.&nbsp;77) d\u00e9crit dans le d\u00e9lire, une part du sujet qui reste consciente et qui observe, dans un recoin de son esprit, toute la \u00ab&nbsp;fantasmagorie morbide&nbsp;\u00bb. Cet \u00ab&nbsp;observateur d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9&nbsp;\u00bb est confront\u00e9 chez eux \u00e0 une menace de disparition, le sujet connaissant un \u00e9tat de mort psychique. J. Mac Dougall (1978) \u00e9voque \u00ab&nbsp;le spectateur anonyme&nbsp;\u00bb du sc\u00e9nario pervers. Pour les sujets criminels, il faut mat\u00e9rialiser de fa\u00e7on concr\u00e8te la repr\u00e9sentation d\u2019un spectateur impuissant via la sc\u00e8ne du crime, pour repr\u00e9senter la disparition du sujet. Il s\u2019agit de faire advenir une fonction r\u00e9flexive via le regard terroris\u00e9 de la victime ou des t\u00e9moins, reflet de leur propre terreur, mais aussi de trouver une r\u00e9sonnance de l\u2019ombre de l\u2019objet meurtrier, qui peut \u00eatre figur\u00e9 dans la peinture.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9diation picturale fonctionne donc comme un attracteur de v\u00e9cus d\u2019une sensorialit\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9e, voire non compos\u00e9e, dans le lien \u00e0 l\u2019objet, d\u00e9composition due aux liens premiers avec l\u2019objet qui n\u2019ont pas permis de mettre en place la virtualit\u00e9 symbolisante de v\u00e9cus sensorimoteurs \u00e9chois\u00e9s, partag\u00e9s. Le groupe th\u00e9rapeutique \u00e0 m\u00e9diation picturale invite \u00e0 une relance de l\u2019activit\u00e9 onirique gr\u00e2ce au partage des sensations hallucin\u00e9es, qui vont pouvoir se sc\u00e9nariser et il t\u00e9moigne tant d\u2019un d\u00e9mant\u00e8lement sensoriel que du rassemblement possible de la sensorialit\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9e, dans le groupe et dans les productions picturales (Garnier E., Brun A., 2016&nbsp;b).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00c9DIATION SENSORIELLE OLFACTIVE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Logiques du cadre-dispositif<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ce dispositif \u00e0 m\u00e9diation sensorielle olfactive, le groupe Sentir, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au plus pr\u00e8s de besoins de patients rencontr\u00e9s dans le cadre d\u2019une unit\u00e9 psychiatrique en milieu carc\u00e9ral.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dispositif \u00e0 m\u00e9diation sensorielle olfactive a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 en fonction des patients rencontr\u00e9s, hommes en panne de symbolisation, dont les actes commis peuvent appara\u00eetre comme une forme de \u00ab&nbsp;court-circuit&nbsp;\u00bb dans la mentalisation de la vie psychique. Il s\u2019agit de soutenir la mise en sens de leurs agirs. Celle-ci est difficilement abordable dans la rencontre individuelle, v\u00e9cue comme une effraction, et peut \u00eatre facilit\u00e9e par le cadre contenant d\u2019un groupe. Ainsi les enjeux de la rencontre, de la diff\u00e9renciation, peuvent-ils \u00eatre abord\u00e9s dans un mouvement psychique groupal. Ce qui semble primordial est de ne pas consid\u00e9rer ce \u00ab&nbsp;court-circuit&nbsp;\u00bb comme une rupture. Il s\u2019agit d\u2019un processus qui s\u2019inscrit dans une certaine continuit\u00e9 psychique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces exigences ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre dans des dispositifs groupaux qui sont une des r\u00e9ponses psychoth\u00e9rapiques utilis\u00e9es en milieu carc\u00e9ral et particuli\u00e8rement en service m\u00e9dico-psychologique. Il est le lieu de formation et de transformation d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 psychique inaccessible autrement. Le groupe Sentir est une offre de rencontre autour d\u2019un mat\u00e9riel sensoriel, des odeurs propos\u00e9es sous forme concr\u00e8tes (objets courants) ou sous formes impalpables (parfums concentr\u00e9es, huiles essentielles). Il est pr\u00e9sent\u00e9 comme un groupe th\u00e9rapeutique o\u00f9 la parole de chacun est entendue autour de souvenirs suscit\u00e9s par les parfums et autour des sensations individuelles. Il est un lieu de rencontre et de travail psychique, couvert par le secret professionnel. Chacun parle de ce dont il souhaite comme cela vient, \u00e0 partir du m\u00e9dium. La discr\u00e9tion est demand\u00e9e \u00e0 chaque participant. Voil\u00e0 comment le groupe peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous nous retrouvons aujourd\u2019hui comme convenu avec l\u2019infirmi\u00e8re que vous avez rencontr\u00e9e, pour un groupe th\u00e9rapeutique. Ce groupe s\u2019appelle le groupe Sentir, nous allons utiliser le mat\u00e9riel odorant pr\u00e9sent sur la table, pour parler ensemble de ce que ces odeurs nous \u00e9voquent. Elles peuvent faire penser \u00e0 des images, susciter des sensations, des \u00e9motions, rappeler des souvenirs et nous faire penser ou imaginer des histoires, faire penser au pass\u00e9, au pr\u00e9sent et au futur. Chacun choisit librement parmi les objets d\u00e9pos\u00e9s sur la table. Nous respectons les paroles de chacun, il n\u2019y a pas de bonnes ou de mauvaises r\u00e9ponses, chacun dit ce qui vient. Vous avez tous des th\u00e9rapeutes individuels, si certaines choses sont trop difficiles \u00e0 exprimer en groupe, je vous invite \u00e0 en parler \u00e0 vos th\u00e9rapeutes.&nbsp;\u00bb&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe Sentir mobilise clairement le corps. La r\u00e8gle est donn\u00e9e au d\u00e9part de la s\u00e9ance. Il s\u2019agit de sentir avec ses sens. Le dispositif de m\u00e9diations sensorielle olfactive consiste \u00e0 proposer des odeurs diff\u00e9rentes et \u00e0 ainsi mettre en jeu, autour du mat\u00e9riel olfactif, des sensations, des impressions, suscit\u00e9es par le contact avec ce m\u00e9dium.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;Acte-Sentir&nbsp;\u00bb et symbolisation des \u00e9prouv\u00e9s sensoriels et affectifs<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019odeur favorise le retour d\u2019exp\u00e9riences archa\u00efques car l\u2019odorat devient un attracteur pour des traces mn\u00e9siques. Le recours au m\u00e9dium sensoriel olfactif en prison consiste \u00e0 remobiliser l\u2019exp\u00e9rience sensorielle olfactive, par la r\u00e9actualisation de traces mn\u00e9siques perceptives, sous forme de sensations hallucin\u00e9es, correspondant \u00e0 des messages, \u00e0 des bribes de souvenirs sensoriels engendr\u00e9s par le m\u00e9dium olfactif et \u00e0 relancer le processus de symbolisation de ces exp\u00e9riences sensorimotrices primitives. Celles-ci peuvent se pr\u00e9senter sous forme de \u00ab&nbsp;pictogramme&nbsp;\u00bb (Aulagnier, 1975), qui correspond \u00e0 la repr\u00e9sentation o\u00f9 converge une exp\u00e9rience de satisfaction corporelle et de plaisir psychique ou d\u2019insatisfaction. La rencontre marqu\u00e9e par le plaisir est repr\u00e9sent\u00e9e par un pictogramme d\u2019union entre le sein et la bouche, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du d\u00e9plaisir correspond le pictogramme du rejet.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la clinique, le pictogramme n\u2019est pas une image, il est \u00ab&nbsp;comme un flash sur une action instantan\u00e9e (prendre en soi\/jeter) qui entraine, en raison de la relation sp\u00e9culaire entre les \u00e9l\u00e9ments, des cons\u00e9quences qui vont au-del\u00e0 de l\u2019instantan\u00e9\u0301 de cette rencontre&nbsp;\u00bb (de Mijolla-Mellor, 1998, p. 95). Dans les groupes cit\u00e9s, il s\u2019agit bien de rep\u00e9rer comment le pictogramme (Aulagnier, 1975) se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une sensation hallucin\u00e9e\u2009; un bruit, une odeur une proprioception concernant l\u2019int\u00e9rieur du corps propre font brusquement irruption dans l\u2019espace psychique et l\u2019envahisse compl\u00e8tement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le sujet n\u2019est plus, ne peut plus \u00eatre, n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 que cette fonction percevante (auditive, olfactive, proprioceptive) indissociablement li\u00e9e au per\u00e7u&nbsp;: le sujet est ce bruit, cette odeur, cette sensation et il est conjointement ce fragment et ce seul fragment du corps sensoriel mobilis\u00e9, stimul\u00e9 par le per\u00e7u&nbsp;\u00bb (Aulagnier, 1986, p.&nbsp;398).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le dispositif groupal \u00e0 partir d\u2019un m\u00e9dium sensoriel olfactif est pr\u00e9cis\u00e9ment am\u00e9nag\u00e9 pour permettre une appropriation subjective de v\u00e9cus catastrophiques qui s\u2019expriment dans le registre sensorimoteur. Les sensations hallucin\u00e9es sont r\u00e9actualis\u00e9es en groupe et mises en sc\u00e8nes par leur partage sensori-affectivo-moteur. Le groupe th\u00e9rapeutique \u00e0 m\u00e9diation sensorielle favorise un processus de composition de l\u2019affect, de r\u00e9appropriation subjective soutenue par la r\u00e9flexivit\u00e9 et le travail de narrativit\u00e9 des th\u00e9rapeutes, qui saisissent les messages non encore advenus. L\u2019\u00ab&nbsp;acte sentir&nbsp;\u00bb, selon la formulation d\u2019H. Leca (Leca H., Brun A., 2012), permet le passage de la sensation non reconnue comme indice subjectif \u00e0 des formes symboliques faisant \u00e9cho dans l\u2019histoire de la subjectivit\u00e9. Dans ce processus th\u00e9rapeutique, l\u2019av\u00e8nement groupal d\u2019un plaisir partag\u00e9 s\u2019av\u00e8re essentiel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VERS DE NOUVELLES MOD\u00c9LISATIONS<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le travail th\u00e9rapeutique groupal consiste alors \u00e0 mettre en images et en sc\u00e8ne ces exp\u00e9riences sensorielles engag\u00e9es dans l\u2019activit\u00e9 focalis\u00e9e sur le m\u00e9dium et \u00e0 partager des affects autour de ces \u00e9vocations sensorielles. En m\u00eame temps qu\u2019elles se partagent, les sensations hallucin\u00e9es actualis\u00e9es par les m\u00e9diations se d\u00e9collent d\u2019un fond indiff\u00e9renci\u00e9 de perceptions sensorielles, elles sont mises en sc\u00e8nes et en histoire par le groupe et dans le groupe. Les sujets auteurs de crimes cherchent \u00e0 mettre en sc\u00e8ne le processus m\u00eame d\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur qui se d\u00e9ployait auparavant uniquement dans le registre de la sensorimotricit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Cette clinique \u00e0 partir de dispositifs \u00e0 m\u00e9diation sensorielle permet aussi de proposer des remodelages de la th\u00e9orie&nbsp;: ainsi, l\u2019acte criminel appara\u00eet ici bien moins rapport\u00e9 \u00e0 un lien symbiotique avec l\u2019objet primaire, dans la perspective d\u2019auteurs comme C.&nbsp;Balier (1988) qu\u2019\u00e0 la probl\u00e9matique d\u2019un objet primaire meurtrier. Il s\u2019agit donc pour les criminels de retourner \u00e0 l\u2019autre toute la souffrance qu\u2019ils ont v\u00e9cue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques permettent donc une recomposition sensorielle pour des patients confront\u00e9s \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9mant\u00e8lement de la sensorialit\u00e9\u2009; ainsi, les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques sensorielles fonctionnent comme des attracteurs de v\u00e9cus d\u2019une d\u00e9sorganisation de la sensorialit\u00e9 dans le lien \u00e0 l\u2019objet, d\u00e9sorganisation due aux liens premiers avec l\u2019objet qui n\u2019ont pas permis de mettre en place la virtualit\u00e9 symbolisante de v\u00e9cus sensorimoteurs partag\u00e9s. Ces groupes th\u00e9rapeutiques \u00e0 m\u00e9diation invitent \u00e0 une relance de l\u2019activit\u00e9 onirique gr\u00e2ce au partage des sensations hallucin\u00e9es, qui vont pouvoir se sc\u00e9nariser et il t\u00e9moigne tant d\u2019un d\u00e9mant\u00e8lement sensoriel que du rassemblement possible de cette sensori-motricit\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9e, dans le groupe et dans les \u00e9ventuelles productions. La tentative d\u2019int\u00e9gration des exp\u00e9riences sensorielles joue donc un r\u00f4le majeur dans le processus th\u00e9rapeutique. Par ailleurs, la figure d\u2019un objet meurtrier appara\u00eet comme fantasme organisateur dans les groupes \u00e0 m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques pour patients criminels incarc\u00e9r\u00e9s, \u00e0 partir de media sensoriels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>1.<\/strong><strong> Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie clinique, universit\u00e9 Lyon&nbsp;2.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>ANZIEU D. et al. (1987), Les signifiants formels et le Moi-Peau, in D.&nbsp;Anzieu et coll. Les enveloppes psychiques, Paris, Dunod, 1-22.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>AULAGNIER P. (1975), La violence de l\u2019interpr\u00e9tation \u2014 du pictogramme \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9, Paris, PUF, 7\u00e8me&nbsp;\u00e9d. 2003.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>AULAGNIER P. (1986), \u00ab&nbsp;Du langage pictural au langage de l\u2019interpr\u00e8te&nbsp;\u00bb, in Un interpr\u00e8te en qu\u00eate de sens, Paris, Payot, 1991, p.&nbsp;443-482.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>BALIER C. et SORRIAUX V. (2005), \u00ab&nbsp;Th\u00e9rapies \u00e0 m\u00e9diation corporelle&nbsp;\u00bb, in Ciavaldini Balier C. et al., La violence en abyme, Paris, PUF.<\/strong><\/li><li><strong>BRUN A. (2007), M\u00e9diations th\u00e9rapeutiques et psychose infantile, Paris, Dunod.<\/strong><\/li><li><strong>BRUN, A. &amp; LECA, H. (2019), La m\u00e9diation sensorielle olfactive, in Brun A, Chouvier B., Roussillon R. et al.,&nbsp;Manuel des m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques, Paris, Dunod, pp.&nbsp;335-347<\/strong><\/li><li><strong>CIAVALDINI A. (2005), L\u2019agir&nbsp;: un affect inachev\u00e9, in J. Bouhsira \u00e9d.,&nbsp;L\u2019affect&nbsp;(pp.&nbsp;137-161). Paris cedex&nbsp;14, PUF.<\/strong><\/li><li><strong>CIAVALDINI A. (2006). La p\u00e9dophilie, figure de la d\u00e9pression primaire. Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse, 70, 177-195.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>GARNIER E. &amp; BRUN A. (2016 a), Le crime commis sous l\u2019influence d\u2019hallucinations, L\u2019\u00c9volution Psychiatrique, 81 (4), 789-802.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>GARNIER E. &amp;&nbsp;BRUN A. (2016&nbsp;b), Sensorialit\u00e9 et hallucinatoire dans la clinique de la criminalit\u00e9&nbsp;: un groupe \u00ab corps et peinture \u00bb&nbsp; en prison&nbsp;\u00bb, Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse, tome&nbsp;LXXX-4, 1149-1160.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>GARNIER E &amp;&nbsp;BRUN A. (2016&nbsp;c). Chapitre&nbsp;13. Les processus hallucinatoires dans un groupe \u00e0 m\u00e9diation picturale pour patients criminels incarc\u00e9r\u00e9s, in Brun A., Roussillon R., Attigui P. et al. \u00c9valuation clinique des psychoth\u00e9rapies psychanalytiques&nbsp;: Dispositifs individuels, groupaux et institutionnels, Paris, Dunod, pp.&nbsp;279-306<\/strong><\/li><li><strong>LECA H. &amp; BRUN A., (2012). Groupe th\u00e9rapeutique \u00e0 m\u00e9diation sensorielle olfactive en milieu carc\u00e9ral, Psychoth\u00e9rapies, Gen\u00e8ve, n\u00b0 2\/2012, Vol. 32, 137-146.<\/strong><\/li><li><strong>LECA H. &amp; BRUN A., (2013), La m\u00e9diation sensorielle olfactive, in Brun A, Chouvier B., Roussillon R. et al.,&nbsp;Paris, Dunod, 315-329.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>MELTZER et al. (1975), Exploration dans le monde de l\u2019autisme, Paris, Payot, 2002.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>MIJOLLA-MELLOR S., (1998), Penser la psychose, Une lecture de l\u2019\u0153uvre de Piera Aulagnier, Paris&nbsp;: Dunod.<\/strong><\/li><li><strong>ROUSSILLON R. (2008), Le jeu et l\u2019entre-je (u), Paris, PUF<\/strong><\/li><\/ul>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24637?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les modes d\u2019interventions cliniques en milieu carc\u00e9ral impliquent une prise en compte des enjeux propres \u00e0 l\u2019institution carc\u00e9rale et \u00e0 l\u2019institution de soin (h\u00f4pital psychiatrique ou h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral) auquel est rattach\u00e9 le clinicien. 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