{"id":24599,"date":"2022-07-11T14:02:05","date_gmt":"2022-07-11T12:02:05","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=24599"},"modified":"2022-07-11T14:02:07","modified_gmt":"2022-07-11T12:02:07","slug":"du-groupe-conte-au-groupe-histoire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/du-groupe-conte-au-groupe-histoire\/","title":{"rendered":"Du groupe-conte au groupe-histoire"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9diation th\u00e9rapeutique par les contes est centr\u00e9e sur l\u2019utilisation du conte merveilleux comme mod\u00e8le de symbolisation (Chouvier B., 2015). Le dispositif envisag\u00e9 repose sur une structure ternaire comprenant en premier lieu un temps de transe narrative bas\u00e9e sur l\u2019oralit\u00e9 de la narration, un temps d\u2019appropriation subjective par le dessin et au final un temps de reprise r\u00e9flexive au cours duquel chacun parle des liens de sa cr\u00e9ation avec ce qu\u2019il a entendu et compris du conte propos\u00e9. Le conte populaire traditionnel constitue un objet m\u00e9diateur d\u00e9j\u00e0-l\u00e0 qui repr\u00e9sente un support narratif offrant au patient une structuration fantasmatique singuli\u00e8re. Comme l\u2019affirme R.&nbsp;Ka\u00ebs (2012), le conte merveilleux est structur\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re du r\u00eave. La qu\u00eate identitaire de l\u2019h\u00e9ro\u00efne ou du h\u00e9ros donne des possibilit\u00e9s d\u2019introjection suffisamment ouvertes pour introduire un processus psychique de transformation (Chouvier B., 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre dispositif \u00e0 m\u00e9diation qui peut \u00eatre propos\u00e9 \u00e0 un groupe d\u2019enfants apr\u00e8s le groupe-conte s\u2019intitule le groupe-histoire ou groupe-jeu th\u00e9\u00e2tralis\u00e9 (Chouvier B., 2017). Il ne s\u2019agit plus de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un conte tir\u00e9 du patrimoine universel des contes, mais au contraire de s\u2019appuyer sur la cr\u00e9ativit\u00e9 des patients pour construire un nouveau r\u00e9cit bas\u00e9 sur leur imaginaire propre. La mati\u00e8re peut en \u00eatre aussi bien les contenus r\u00e9siduels des contes de leur connaissance que des dessins anim\u00e9s, des bandes dessin\u00e9es ou m\u00eame leurs propres v\u00e9cus. Les th\u00e9rapeutes proposent \u00e0 partir de la construction de ce r\u00e9cit h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00e0 chacun de s\u2019identifier au personnage de leur choix et de jouer une partie ou la totalit\u00e9 de l\u2019histoire. Cette psychodramatisation met en place une dynamique sensorimotrice d\u00e9veloppant la symbolisation primaire. La derni\u00e8re phase du dispositif repose sur la mise en \u0153uvre d\u2019une parole expressive et r\u00e9gulatrice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>CONSTRUCTION COMMUNE DE L\u2019HISTOIRE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les enfants sont convi\u00e9s par les co-th\u00e9rapeutes \u00e0 construire un r\u00e9cit tir\u00e9 de leur propre imaginaire. Ils sont amen\u00e9s en premier lieu \u00e0 se d\u00e9tacher des difficult\u00e9s et souffrances qui leur sont propres, puis ils d\u00e9couvrent le plaisir de glisser leurs pas dans un univers nouveau qui n\u2019est pas le leur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re \u00e9tape est celle de l\u2019<em>\u00e9coute <\/em>et, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9coute, la capacit\u00e9 de prendre pied dans la vie d\u2019autrui. L\u2019enfant re\u00e7oit une histoire, il suit le r\u00e9cit et vit les \u00e9motions du h\u00e9ros, au fil des aventures racont\u00e9es. La joie qu\u2019il en \u00e9prouve est de nature paradoxale&nbsp;: \u00e0 la fois, il est pr\u00e9sent activement dans chaque situation d\u00e9crite et, en m\u00eame temps, il sait que ce qui arrive n\u2019est que fiction. Il ne prend, en fait, de plaisir que d\u2019\u00eatre au-dedans et, en m\u00eame temps, au-dehors de l\u2019histoire cont\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde \u00e9tape est celle de la <em>reprise<\/em> de l\u2019histoire. Il ne faudrait pas croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une simple r\u00e9p\u00e9tition, l\u2019enfant se contentant de dire ce qu\u2019il a vu et entendu. Au contraire, cette \u00e9tape est une v\u00e9ritable transformation dont la port\u00e9e est d\u00e9cisive pour le d\u00e9veloppement psychique de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les participants du groupe ont entendu les mots du r\u00e9cit ou bien ont vu les images de la bande dessin\u00e9e ou du film qu\u2019ils ont suivis et ils ont lu ou entendu les paroles \u00e9mises par les diff\u00e9rents personnages. \u00c0 la r\u00e9ceptivit\u00e9 sensorielle se substitue la repr\u00e9sentation verbale active. L\u2019histoire s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e devant eux, chacun a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin des mots, de la mimo-gestuelle du conteur, des images du livre ou du film. \u00c0 pr\u00e9sent, il lui incombe de restituer l\u2019ensemble re\u00e7u et per\u00e7u, avec ses propres mots et le rythme du d\u00e9roul\u00e9 temporel qu\u2019il a lui-m\u00eame con\u00e7u. Ce passage de la passivit\u00e9 \u00e0 l\u2019activit\u00e9 s\u2019op\u00e8re \u00e0 travers le filtre du penser. Les images et les mots de l\u2019histoire se sont mu\u00e9s en une verbalisation nouvelle, celle con\u00e7ue et formul\u00e9e par l\u2019enfant lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel passage constitue une v\u00e9ritable \u00e9preuve significative. L\u2019enfant fait alors preuve de sa capacit\u00e9 de transcription et de retranscription. \u00c0 travers ses oublis, ses manques, ses r\u00e9p\u00e9titions et ses confusions, il met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve ses potentialit\u00e9s psychiques, en t\u00e9moignant du travail de pens\u00e9e qu\u2019il est en mesure de mobiliser et des rep\u00e8res temporels dont il dispose pour construire le r\u00e9cit. \u00c0 ce moment-l\u00e0, l\u2019enfant prend conscience des difficult\u00e9s de la narrativit\u00e9 et de l\u2019\u00e9cart qui s\u00e9pare l\u2019imaginaire r\u00eav\u00e9 de l\u2019imaginaire \u00e9nonc\u00e9. Face \u00e0 de telles difficult\u00e9s, soit il renonce, soit il s\u2019accroche et fournit les efforts suffisants pour franchir ce cap plein d\u2019emb\u00fbches qu\u2019il va apprendre \u00e0 s\u00e9rier et \u00e0 rep\u00e9rer. C\u2019est \u00e0 ce stade pr\u00e9cis\u00e9ment que la pr\u00e9sence des th\u00e9rapeutes est n\u00e9cessaire pour l\u2019\u00e9couter d\u2019abord et l\u2019aider ensuite \u00e0 trouver les mots et l\u2019agencement indispensable \u00e0 leur d\u00e9veloppement temporel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me \u00e9tape est celle de la cr\u00e9ativit\u00e9. En cherchant \u00e0 reproduire le r\u00e9cit qui lui a \u00e9t\u00e9 transmis, l\u2019enfant d\u00e9couvre qu\u2019il peut \u00e9liminer les moments qui lui ont d\u00e9plu ou bien les enjoliver \u00e0 sa guise, puisqu\u2019il est d\u00e9sormais le ma\u00eetre de l\u2019histoire dans la mesure o\u00f9 les mots qui la relatent sont ceux qu\u2019il ajuste et qu\u2019il choisit.<\/p>\n\n\n\n<p>De fil en aiguille, il est amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir, avec \u00e9merveillement, l\u2019omnipotence que conf\u00e8re la narrativit\u00e9. L\u2019agencement de la langue est infini et l\u2019alignement des mots est susceptible de g\u00e9n\u00e9rer n\u2019importe quelle histoire. On est pass\u00e9 du pouvoir de modifier l\u2019histoire re\u00e7ue au pouvoir de cr\u00e9er autant d\u2019histoires qu\u2019on le souhaite et de faire na\u00eetre autant de personnages qu\u2019on est capable d\u2019en imaginer. Cette vertigineuse capacit\u00e9 cr\u00e9ative entre en r\u00e9sonance avec la r\u00e9surgence de la toute-puissance infantile, mais elle en est, en m\u00eame temps, le d\u00e9passement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019ordre symbolique. L\u2019encadrement des th\u00e9rapeutes joue, \u00e0 ce niveau, le second r\u00f4le d\u00e9terminant de limitation et de r\u00e9gulation de l\u2019expressivit\u00e9. Sans cet accompagnement et ce tutorat, la cr\u00e9ativit\u00e9 risque rapidement de se fourvoyer ou de s\u2019\u00e9tioler et de s\u2019\u00e9puiser dans des manifestations st\u00e9riles et vaines. L\u2019\u00e9preuve castratrice que repr\u00e9sente la structuration n\u00e9cessaire du langage et de la combinatoire temporelle qu\u2019il impose est la condition de l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019imaginaire. Le plaisir mesur\u00e9 de la composition des mots prend la place de l\u2019exaltation chaotique de l\u2019imaginaire. L\u2019enfant s\u2019est peu \u00e0 peu familiaris\u00e9 avec la traduction des flux simultan\u00e9s des images en d\u00e9roul\u00e9s successifs des mots. Et ainsi prend-il possession, sur le mode jubilatoire de la d\u00e9couverte, des diff\u00e9rents aspects de la symbolisation secondaire. Il enrichit ses potentialit\u00e9s ludiques par l\u2019approfondissement du jeu avec les mots, aussi bien dans leur expression premi\u00e8re que dans leur duplicit\u00e9 \u00e9vocatrice. Les mots ouvrent au double sens et au mensonge, en m\u00eame temps qu\u2019ils donnent acc\u00e8s \u00e0 l\u2019infinit\u00e9 des niveaux fictionnels. En se soumettant aux fourches caudines du langage, en acceptant ses r\u00e8gles et ses limites, la psych\u00e9 infantile de la latence s\u2019ouvre aussi bien \u00e0 la communication qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9panouissement de ses comp\u00e9tences cognitives.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Se confronter \u00e0 la narration est une \u00e9preuve maturative pour l\u2019enfant. Pour qu\u2019il acqui\u00e8re la confiance en ses capacit\u00e9s, la qualit\u00e9 du lien qu\u2019il engage avec l\u2019adulte est un facteur d\u00e9cisif. Ce lien s\u00e9cure et engageant ne se reconna\u00eet pas seulement dans l\u2019\u00e9change duel, mais aussi et peut-\u00eatre surtout, dans le soutien qu\u2019accorde l\u2019adulte dans une relation groupale. Dans le groupe, la qualit\u00e9 de pr\u00e9sence des th\u00e9rapeutes est la condition requise \u00e0 l\u2019\u00e9mergence du travail psychique. Il s\u2019agit \u00e0 la fois d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de chacun et d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute du groupe. Une telle disponibilit\u00e9, tant r\u00e9ceptive qu\u2019op\u00e9rante, est indispensable pour qu\u2019adviennent la spontan\u00e9it\u00e9 et l\u2019authenticit\u00e9 des \u00e9changes au sein du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Laiss\u00e9 libre face \u00e0 ses pairs, mais sous le contr\u00f4le de l\u2019adulte, chaque enfant fait l\u2019exp\u00e9rience, tant\u00f4t exaltante, tant\u00f4t douloureuse, de ce que g\u00e9n\u00e8re le groupe sur les individus. La rivalit\u00e9, le jeu des alliances, la domination et la soumission se d\u00e9voilent et prennent forme tour \u00e0 tour au sein des \u00e9changes. De telles \u00e9preuves deviennent maturatives si elles se d\u00e9roulent dans le cadre d\u2019un espace transitionnel. Elles viennent r\u00e9parer ou compenser des exp\u00e9riences traumatiques ant\u00e9rieures, si et seulement si elles s\u2019effectuent sur un mode ludique. Ce qui se passe dans le groupe doit \u00eatre suffisamment d\u00e9connect\u00e9 des enjeux r\u00e9els pour qu\u2019un changement puisse se faire jour, au niveau individuel, comme au niveau groupal. Le jeu est la condition de l\u2019effectivit\u00e9 psychique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019enfant est de se confronter \u00e0 la r\u00e9alisation groupale d\u2019une histoire et de renouer avec l\u2019exp\u00e9rience originelle de la cr\u00e9ation d\u2019un \u00eatre ensemble autre que celui de l\u2019affrontement imm\u00e9diat et destructeur, tel qu\u2019on le rencontre dans des groupes d\u2019enfants spontan\u00e9s sans la pr\u00e9sence d\u2019adulte. Les oppositions, les querelles, les menaces et les angoisses sont d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une verbalisation \u00e9labor\u00e9e ensemble et partag\u00e9e dans les valeurs symboliques qu\u2019elle repr\u00e9sente. Au cours de la cr\u00e9ation commune d\u2019un r\u00e9cit, chacun offre \u00e0 tous une part de sa propre histoire pour contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9difice commun. Au cours des \u00e9changes, plus ou moins anim\u00e9s, ne seront conserv\u00e9s de ces histoires personnelles que les \u00e9l\u00e9ments et les \u00e9v\u00e9nements susceptibles de parler \u00e0 tous. Les donn\u00e9es fantasmatiques d\u00e9pos\u00e9es dans l\u2019histoire retenue parlent pour les v\u00e9cus actuels du groupe cr\u00e9ateur, comme pour les \u00e9prouv\u00e9s individuels mobilis\u00e9s et transpos\u00e9s \u00e0 cette occasion. \u00c0 ce titre, le r\u00e9cit d\u00e9finitif, cont\u00e9 et reconnu de tous, prend une v\u00e9ritable teneur th\u00e9rapeutique, car il tient et contient, tant dans sa structure interne de r\u00e9cit que dans les parts symboliques qu\u2019il d\u00e9ploie, une exp\u00e9rience v\u00e9cue et act\u00e9e verbalement par chaque enfant, au sein du groupe psychiquement constitu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>JEU PSYCHODRAMATIQUE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour qu\u2019une histoire prenne corps et sens, elle doit se centrer sur une <em>intrigue<\/em>. Intrigue vient du verbe latin <em>intricare<\/em> qui signifie embrouiller, emm\u00ealer ou embarrasser. Cette origine met en \u00e9vidence une structuration plus ou moins conflictuelle qui doit \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e ou r\u00e9solue. Cette \u00e9tymologie est d\u2019autant plus int\u00e9ressante qu\u2019elle renvoie indirectement \u00e0 l\u2019imaginaire, car le terme pluriel <em>tricae<\/em> dont le verbe <em>intricare<\/em> est issu veut dire sornettes ou bagatelles. Toute histoire, au fond, correspond \u00e0 un entrem\u00ealement de situations groupales projet\u00e9es dans l\u2019imaginaire au cours desquelles prennent forme plusieurs niveaux de dramatisation. L\u2019histoire que les enfants ont \u00e0 raconter se constitue comme un dosage \u00e9quilibr\u00e9 entre un suivi temporel, une causalit\u00e9 plausible et un ensemble de repr\u00e9sentations fantasmatiques. Pour que l\u2019histoire tienne et qu\u2019elle contienne un potentiel th\u00e9rapeutique, elle doit se fonder sur la triple logique de la temporalit\u00e9, de la causalit\u00e9 et de la symbolisation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9laboration de l\u2019histoire, il s\u2019agit de mettre en place un jeu psychodramatique mettant en sc\u00e8ne les principaux personnages de l\u2019action. Il importe, \u00e0 ce niveau, de diff\u00e9rencier clairement les temps de la pr\u00e9paration et du jeu, ainsi que d\u2019\u00e9noncer pr\u00e9cis\u00e9ment les r\u00e8gles qui pr\u00e9sident au d\u00e9roulement cons\u00e9quent de cette partie de la s\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<p>La distribution des r\u00f4les s\u2019effectue une fois que la t\u00e2che de chaque protagoniste a \u00e9t\u00e9 suffisamment pr\u00e9sent\u00e9e et que les interactions entre eux ont \u00e9t\u00e9 explicitement marqu\u00e9es. L\u2019enfant puise en lui ses ressources ludiques, tout en \u00e9tant accompagn\u00e9 par les th\u00e9rapeutes qui l\u2019aident \u00e0 d\u00e9passer ses craintes et ses inhibitions. Faciliter et accro\u00eetre la plasticit\u00e9 identificatoire de l\u2019enfant est l\u2019une des finalit\u00e9s de l\u2019engagement th\u00e9rapeutique du groupe. Paradoxalement, le d\u00e9veloppement du soi propre va de pair avec sa capacit\u00e9 \u00e0 devenir autre. Le jeu permet le travail psychique de projection sur un \u00eatre fictif afin de s\u2019identifier \u00e0 sa vision des choses, d\u2019anticiper ses ressentis et d\u2019imaginer ses r\u00e9actions. Un tel d\u00e9centrement de soi ouvre au d\u00e9veloppement de la r\u00e9flexivit\u00e9 et favorise l\u2019\u00e9mergence du sens critique. On sait, depuis la c\u00e9l\u00e8bre formulation de Diderot du <em>Paradoxe du com\u00e9dien<\/em>, combien la prise de r\u00f4le offre \u00e0 l\u2019acteur l\u2019occasion d\u2019exprimer pleinement des affects et des ressentis propres, en les pr\u00eatant express\u00e9ment au personnage. L\u2019authenticit\u00e9 \u00e9motionnelle a besoin, pour se mettre au jour, de se dissimuler derri\u00e8re le masque d\u2019un \u00eatre fictionnel. Ce jeu de miroir risquerait d\u2019\u00eatre vain, s\u2019il n\u2019y avait un troisi\u00e8me personnage, absent dans les faits, mais tr\u00e8s pr\u00e9sent symboliquement, l\u2019<em>auteur<\/em>, celui qui a pr\u00eat\u00e9 vie et forme au personnage et qui repr\u00e9sente l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 fondatrice du processus identificatoire. Derri\u00e8re le r\u00f4le, derri\u00e8re l\u2019acteur, se tient le cr\u00e9ateur de la fiction, celui par qui tout arrive et qui symbolise la place indispensable du <em>tiers<\/em>. Sans cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019absent, le jeu de r\u00f4les resterait un jeu de dupes. C\u2019est, au fil des s\u00e9ances, au travers des relations transf\u00e9rentielles avec le th\u00e9rapeute principal que la fonction tierce prend corps et sens.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace de jeu demande \u00e0 \u00eatre strictement d\u00e9limit\u00e9, car, de la sorte, les d\u00e9bordements deviennent ais\u00e9ment rep\u00e9rables et signifiables. Le dedans est nettement marqu\u00e9, par opposition \u00e0 un dehors symbolisant le hors-jeu et l\u2019interdit. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du cadre spatial reconnu, le sc\u00e9nario est en droit de se d\u00e9rouler, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, ne peuvent avoir lieu que des agirs et des transgressions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avant que ne commence le jeu, la r\u00e8gle du faire-semblant et du non-usage d\u2019accessoires est \u00e9nonc\u00e9e et rappel\u00e9e \u00e0 chaque s\u00e9ance, afin qu\u2019elle devienne une norme \u00e9vidente, introject\u00e9e par tous les participants. Outre les accrocs \u00e0 la r\u00e8gle, ses oublis ou ses transgressions d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es, seront observ\u00e9es, tout au long de la dur\u00e9e de l\u2019action ludique, tant la mani\u00e8re dont se nouent les \u00e9changes groupaux, que la mani\u00e8re dont chaque enfant se saisit de son r\u00f4le pour manifester ses investissements objectaux et d\u00e9ployer son affirmation narcissique au niveau des diff\u00e9rents enjeux corporels, comme au niveau de la cr\u00e9ativit\u00e9 verbale et de sa plus ou moins grande fluidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019action mise en \u0153uvre est le plus souvent rapide et enchev\u00eatr\u00e9e, aussi est-il important, pour les th\u00e9rapeutes, de se munir d\u2019une grille d\u2019observation formelle et informelle, dans le but d\u2019affiner et d\u2019aiguiser sa fa\u00e7on d\u2019observer et d\u2019apprendre \u00e0 d\u00e9m\u00ealer rapidement ce qui est signifiant de ce qui ne l\u2019est pas, au niveau groupal comme au niveau de telle ou telle lecture des \u00e9pisodes de l\u2019histoire. De menues variations dans l\u2019expression ou l\u2019attitude ont parfois plus de port\u00e9e symbolique qu\u2019une parfaite conformit\u00e9 au r\u00e9cit initial ou qu\u2019un d\u00e9bordement massif. L\u2019attention du th\u00e9rapeute principal se d\u00e9ploie, avec l\u2019exp\u00e9rience, de plus en plus vers ce qui est inattendu et surprenant que vers ce qui est pr\u00e9visible et conforme aux hypoth\u00e8ses classiquement avanc\u00e9es. L\u2019irr\u00e9solu et l\u2019\u00e9nigmatique sont plus riches d\u2019enseignement que la confirmation des donn\u00e9es th\u00e9oriques connues. De plus, ces \u00e9l\u00e9ments d\u00e9veloppent et renforcent l\u2019investissement des th\u00e9rapeutes, dans la mesure o\u00f9 cette d\u00e9marche les m\u00e8ne sur la voie de nouvelles hypoth\u00e8ses et les stimule dans la recherche d\u2019un affinement de la compr\u00e9hension clinique des attitudes et des conduites de chacun des enfants au sein du groupe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au terme des \u00e9changes, le th\u00e9rapeute principal tranche en assignant \u00e0 chacun le r\u00f4le qu\u2019il estime le plus en accord avec <em>le sens du groupe<\/em>. Le sens du groupe se d\u00e9finit comme l\u2019aperception globale de la convergence entre la dynamique groupale et les besoins individuels. Tant\u00f4t, le d\u00e9sir de l\u2019enfant de choisir le r\u00f4le qui lui convient est ent\u00e9rin\u00e9, tant\u00f4t au contraire, il est rejet\u00e9 au profit d\u2019un autre. Un d\u00e9bat peut s\u2019engager alors sur la pertinence des choix propos\u00e9s et l\u2019enfant est conduit \u00e0 argumenter son d\u00e9sir ou son refus de s\u2019identifier \u00e0 tel ou tel personnage. Une telle discussion pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat clinique \u00e9vident, car elle permet de d\u00e9gager nettement les traits de caract\u00e8re qui sont affectionn\u00e9s ou qui font l\u2019objet d\u2019une r\u00e9pulsion. Plut\u00f4t que de mettre en \u0153uvre une r\u00e8gle d\u2019alternance qui risque de court-circuiter la r\u00e9flexivit\u00e9, il est pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019instaurer un dialogue ouvrant \u00e0 la compr\u00e9hension symbolique de la place de chacun des protagonistes de l\u2019histoire. La pr\u00e9valence du d\u00e9sir d\u2019identification au h\u00e9ros le c\u00e9dera, peu \u00e0 peu, \u00e0 la reconnaissance de l\u2019int\u00e9r\u00eat des personnages secondaires, voire \u00e0 l\u2019acceptation plus ou moins int\u00e9gr\u00e9e d\u2019incarner le contre-h\u00e9ros. Laisser libre cours \u00e0 l\u2019expression de chacun autour du choix des r\u00f4les est un exercice parfois p\u00e9rilleux, car il risque d\u2019entra\u00eener quelques remous, mais n\u00e9cessaire pour rester \u00e0 l\u2019\u00e9coute de la construction groupale \u00e0 partir de la conflictualisation des d\u00e9sirs singuliers. C\u2019est seulement de cette mani\u00e8re et \u00e0 cette condition qu\u2019au fil des s\u00e9ances, les \u00e9changes interactifs s\u2019\u00e9laborent et la progression maturative de chacun s\u2019op\u00e8re par <em>co-\u00e9tayage et diff\u00e9renciation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Entre eux, les enfants entretiennent des relations de solidarit\u00e9, de d\u00e9fiance ou d\u2019hostilit\u00e9. Le co-\u00e9tayage d\u00e9finit le couplage d\u00e9fensif qui se r\u00e9alise entre deux enfants, en vue de se prot\u00e9ger des angoisses suscit\u00e9es par la th\u00e9matique de l\u2019histoire. En faisant corps avec l\u2019autre, ils \u00e9vitent d\u2019\u00eatre confront\u00e9s \u00e0 la fantasmatique sous-jacente du r\u00e9cit. En se g\u00e9mellisant imaginairement, ils \u00e9chappent \u00e0 l\u2019\u00e9preuve symbolique et s\u2019enferment dans des \u00e9changes mimo-gestuels st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s qui les mettent en situation de hors-jeu par rapport aux autres protagonistes. Les th\u00e9rapeutes sont d\u00e8s lors tenus de d\u00e9ployer des strat\u00e9gies diverses afin de ramener dans le jeu ceux qui ont tent\u00e9 de s\u2019en extraire. Soit ils font intervenir l\u2019un des personnages de l\u2019histoire pour qu\u2019il vienne s\u2019interposer, soit ils cherchent \u00e0 capter l\u2019attention du groupe sur l\u2019un des \u00e9v\u00e9nements dramatiques du r\u00e9cit, mobilisant de la sorte les \u00e9nergies de chacun sur l\u2019action sp\u00e9cifique qui le concerne pour venir \u00e0 bout de la situation critique \u00e9voqu\u00e9e. Au cours des s\u00e9ances suivantes, il leur faudra veiller \u00e0 s\u00e9parer le couple narcissique, en leur offrant des r\u00f4les bien distincts qui les autonomisent.<\/p>\n\n\n\n<p>La diff\u00e9renciation consiste \u00e0 se d\u00e9tacher d\u2019un fonctionnement fusionnel groupal pour affirmer une position propre qui atteste du retentissement individuel de la fantasmatique port\u00e9e par l\u2019histoire choisie. Soit l\u2019enfant adh\u00e8re totalement au personnage et sait en d\u00e9gager les traits saillants, sans \u00eatre influenc\u00e9 par les turbulences du groupe, soit il se l\u2019approprie, en d\u00e9tournant la th\u00e9matique centrale au profit des enjeux pulsionnels qui sont les siens. En se diff\u00e9renciant ainsi, l\u2019enfant met au travail, dans la phase de jeu, ses conflits internes et amorce des changements dans son organisation d\u00e9fensive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les alliances et les oppositions qui viennent au jour dans le jeu et qui se d\u00e9veloppent avec une certaine constance, au fil des histoires, t\u00e9moignent des enjeux transf\u00e9rentiels au sein du groupe. \u00c0 un premier niveau, les projections s\u2019op\u00e8rent sur la personne des th\u00e9rapeutes qui interviennent dans le jeu, en se confrontant directement \u00e0 eux, en s\u2019en d\u00e9tournant ou en agissant indirectement des transgressions. \u00c0 un second niveau, les projections s\u2019exercent lat\u00e9ralement sur les autres enfants du groupe, mettant ainsi en \u0153uvre des collages, des agrippements ou des attaques significatives.<\/p>\n\n\n\n<p>Les postures, la mimo-gestuelle et les attitudes corporelles sont significatives tout au long du d\u00e9roulement du jeu. Soit elles font l\u2019objet d\u2019une verbalisation imm\u00e9diate en lien avec le d\u00e9roulement de l\u2019histoire, soit elles sont reprises en fin de s\u00e9ance pour ponctuer le travail de r\u00e9flexivit\u00e9. L\u2019affirmation de soi dans le r\u00f4le ou, au contraire, l\u2019inhibition corporelle g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l\u2019identification au h\u00e9ros, d\u00e8s qu\u2019elles sont \u00e9nonc\u00e9es, ouvrent des perspectives de compr\u00e9hension des niveaux pulsionnels mis en jeu et des angoisses suscit\u00e9es par les fantasmes que mobilise la situation concr\u00e8te telle qu\u2019elle est jou\u00e9e. L\u2019excitation et les d\u00e9bordements qui se manifestent parfois t\u00e9moignent des difficult\u00e9s \u00e0 mettre sur le devant de la sc\u00e8ne la conflictualit\u00e9 interne.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de favoriser l\u2019efficience symbolique du jeu, plusieurs techniques psychodramatiques sont mises en place, telles que l\u2019inversion des r\u00f4les, le moi auxiliaire ou la reprise r\u00e9p\u00e9titive d\u2019une s\u00e9quence signifiante. L\u2019ensemble des moyens d\u00e9ploy\u00e9s au service de l\u2019action offre la possibilit\u00e9, \u00e0 chaque membre du groupe, de se p\u00e9n\u00e9trer psychiquement et physiquement des enjeux pulsionnels inconscients soulev\u00e9s par le th\u00e8me trait\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VERBALISER LES \u00c9CHANGES&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Un temps de reprise de parole individuelle et d\u2019\u00e9changes groupaux est n\u00e9cessaire \u00e0 plus d\u2019un titre.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure des s\u00e9ances, les enfants se rendent compte de l\u2019appui narcissique qu\u2019ils peuvent prendre sur les autres et des possibilit\u00e9s d\u2019identification partielle aux attitudes et aux conduites qu\u2019ils estiment positives chez l\u2019autre. Ces effets structurants du transfert lat\u00e9ral se conscientisent et se fixent dans ce temps ultime de la s\u00e9ance o\u00f9 les mots trouvent leur place symbolique dans la psych\u00e9 de chacun.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9videmment, la parole des th\u00e9rapeutes, au cours de ces moments d\u2019\u00e9change, a un r\u00f4le d\u00e9terminant. Elle accompagne l\u2019expression cr\u00e9ative des enfants, en m\u00eame temps qu\u2019elle la r\u00e9gule. Pour que chacun puisse dire ce qu\u2019il a \u00e0 dire, il faut qu\u2019il puisse \u00eatre entendu et \u00e9cout\u00e9 par les autres. Les th\u00e9rapeutes sont les garants du processus, en tant que repr\u00e9sentants transf\u00e9rentiels de l\u2019autorit\u00e9. Cependant, leur place ne se limite pas \u00e0 occuper la fonction contenante du groupe, ils ont aussi \u00e0 intervenir comme acteurs du dispositif. Un tel r\u00f4le actif n\u2019est pas de nature interpr\u00e9tative, mais <em>formulative<\/em>. Le th\u00e9rapeute formule ce qui est \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire ce qu\u2019il per\u00e7oit de chacun et du groupe \u2014, non pas en fonction du lien avec l\u2019histoire personnelle de chacun, mais uniquement en fonction du lien de ce qui est exprim\u00e9 avec les contenus symboliques de l\u2019histoire qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e en groupe initialement. Bien qu\u2019il ne soit pas d\u2019embl\u00e9e \u00e9vident, ce positionnement permet \u00e0 chacun de se situer par rapport \u00e0 ses mouvements projectifs et contre-projectifs, tout en maintenant la coh\u00e9rence de l\u2019unit\u00e9 groupale. Cette parole est <em>\u00e9nonciative<\/em>, elle dit ce qui est, en mettant en \u00e9vidence les ajustements et les manques, les recouvrements affectifs et les \u00e9carts, les conformit\u00e9s et les distorsions, sans oublier la valorisation des ajouts et des d\u00e9tours cr\u00e9atifs. Si la place de la cr\u00e9ativit\u00e9 n\u2019est pas reconnue, le risque se fait jour de la recherche d\u2019une simple conformit\u00e9 aux exigences suppos\u00e9es des th\u00e9rapeutes. De m\u00eame, le maintien de la dimension ludique des \u00e9changes est la garantie de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une plasticit\u00e9 psychique propice \u00e0 la mise en place de transformations internes durables.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, le groupe-jeu th\u00e9\u00e2tralis\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019introduction sc\u00e9nique de la projection imaginaire dans les personnages, offre la possibilit\u00e9 d\u2019un passage int\u00e9gratif de la symbolisation primaire \u00e0 la symbolisation secondaire. Du langage du corps \u00e0 l\u2019expressivit\u00e9 \u00e9motionnelle, des dialogues incarn\u00e9s \u00e0 la reprise r\u00e9flexive, la ma\u00eetrise des diff\u00e9rents niveaux de symbolisation permet aux jeunes patients d\u2019entrer plus harmonieusement dans un processus de transformation maturative.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Ka\u00ebs&nbsp;R. (1984), Contes et divans, Paris, Dunod, r\u00e9\u00e9dit. 2012.<\/strong><\/li><li><strong>Chouvier B. (2015). La m\u00e9diation th\u00e9rapeutique par les contes, Paris, Dunod.<\/strong><\/li><li><strong>Chouvier B. (2017). Le jeu th\u00e9\u00e2tralis\u00e9. Une m\u00e9diation th\u00e9rapeutique en groupe d\u2019enfants, Paris, Dunod.&nbsp;<\/strong><\/li><li><strong>Chouvier B.&nbsp; (2018). Le pouvoir des contes, Dunod.&nbsp;<\/strong><\/li><\/ul>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24599?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La m\u00e9diation th\u00e9rapeutique par les contes est centr\u00e9e sur l\u2019utilisation du conte merveilleux comme mod\u00e8le de symbolisation (Chouvier B., 2015). 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