{"id":24271,"date":"2022-06-06T12:01:22","date_gmt":"2022-06-06T10:01:22","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=24271"},"modified":"2022-06-06T12:01:25","modified_gmt":"2022-06-06T10:01:25","slug":"le-psychologue-en-soins-critiques-illusionniste-et-createur-de-sens","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-psychologue-en-soins-critiques-illusionniste-et-createur-de-sens\/","title":{"rendered":"Le psychologue en soins critiques : illusionniste et cr\u00e9ateur de sens"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans cet article nous suivrons le processus cr\u00e9ateur d\u2019un dispositif r\u00e9flexif hybride entre simulation en sant\u00e9 et psychodrame, con\u00e7u pour les \u00e9quipes \u00e0 partir de l\u2019analyse du v\u00e9cu contre-transf\u00e9rentiel d\u2019un clinicien immerg\u00e9 dans une coordination hospitali\u00e8re de don d\u2019organes. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La clinique du don d\u2019organes interroge d\u2019embl\u00e9e la question de la limite&nbsp;: limite entre le vif et le mort, le dedans et le dehors, limite enfin entre le corps de relation caress\u00e9, libidinalis\u00e9 et le corps bio-anatomique issue de la conception m\u00e9dicale moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Lebreton (1993) \u00e9voque \u00e0 propos de l\u2019activit\u00e9 de pr\u00e9l\u00e8vement et de transplantation d\u2019organes un risque de \u00ab perte de la dimension symbolique du corps \u00bb, les organes \u00e9tant assimil\u00e9s \u00e0 des pi\u00e8ces de rechange, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es de leur humanit\u00e9&nbsp;: \u00ab <em>le fait de pr\u00e9lever un organe sur un cadavre pour l\u2019implanter dans la chair d\u2019un autre homme est une rupture anthropologique.<\/em> \u00bb<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique ordinaire d\u2019allure transgressive ne conduit-elle pas des soignants \u00e0 extraire volontairement des \u00e9l\u00e9ments du corps d\u2019un semblable d\u00e9funt pour remettre en fonctionnement le corps d\u2019un autre que la loi (anonymat) ne les autorise m\u00eame pas \u00e0 voir gu\u00e9rir ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transgression permise par le contexte l\u00e9gal offre-t-elle suffisamment de l\u00e9gitimit\u00e9 et de contenance aux soignants pour qu\u2019ils se clivent efficacement de l\u2019ensauvagement contenu dans cet acte de barbarie socialement tol\u00e9r\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, \u00e0 quel endroit de leur pratique quotidienne peuvent-ils se ressourcer suffisamment pour rester au contact de leur propre humanit\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de l\u2019analyse de mes v\u00e9cus contre-transf\u00e9rentiels depuis mes fonctions cliniques sur le premier poste national au sein d\u2019une coordination hospitali\u00e8re de don d\u2019organes, je pr\u00e9sente dans cet article, le cheminement qui m\u2019a conduite vers la proposition d\u2019un dispositif r\u00e9flexif innovant pour le personnel de soins critiques engag\u00e9 dans l\u2019accompagnement des proches des donneurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>LE DON D\u2019ORGANES A L\u2019H\u00d4PITAL OU LE N\u00c9CESSAIRE CLIVAGE FONCTIONNEL ENTRE CORPS-OBJET ET CORPS-SUJET<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En 2014, apr\u00e8s une longue exp\u00e9rience de p\u00e9dopsychiatrie j\u2019ai pris le risque d\u2019un premier poste national au sein de la Coordination Hospitali\u00e8re de Pr\u00e9l\u00e8vements d\u2019Organes et de Tissus (CHPOT) de mon \u00e9tablissement. Ce poste avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour soutenir le d\u00e9marrage et le d\u00e9veloppement d\u2019une activit\u00e9 nouvelle en France&nbsp;: le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019organes \u00e0 but th\u00e9rapeutique dit \u00ab&nbsp;de Maastricht 3&nbsp;\u00bb (DDACM3) pour lequel notre \u00e9tablissement \u00e9tait sur le point de devenir centre pilote national.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un patient d\u00e9c\u00e9d\u00e9 apr\u00e8s un arr\u00eat cardiaque \u00ab&nbsp;contr\u00f4l\u00e9&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, survenant \u00e0 la suite d\u2019un arr\u00eat des th\u00e9rapeutiques (AT) en service de r\u00e9animation. Ce mode de pr\u00e9l\u00e8vement est pratiqu\u00e9 depuis longtemps dans d\u2019autres pays europ\u00e9ens et nord-am\u00e9ricains. En France, des questionnements \u00e9thiques ind\u00e9passables agitaient les soci\u00e9t\u00e9s savantesde r\u00e9animation (SRLF-SFAR) avec notamment la crainte d\u2019un conflit d\u2019intention pour le r\u00e9animateur en charge du patient entre la d\u00e9cision d\u2019arr\u00eater les th\u00e9rapeutiques et celle de proposer un don d\u2019organes.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains d\u00e9tracteurs de la proc\u00e9dure \u00e9voquaient&nbsp;\u00ab un changement de paradigme&nbsp;\u00bb de l\u2019activit\u00e9, d\u00e9non\u00e7aient \u00ab&nbsp;une transgression morale absolue&nbsp;\u00bb et le \u00ab renoncement au principe du donneur mort&nbsp;\u00bb jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019instance de tutelle, l\u2019agence de la biom\u00e9decine parvienne \u00e0 \u00e9laborer un protocole national valid\u00e9 par les instances.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9bullition institutionnelle&nbsp;\u00bb et d\u2019appareillage n\u00e9cessaire entre les \u00e9quipes de r\u00e9animation et de coordination hospitali\u00e8re que je suis arriv\u00e9e. J\u2019ai rapidement senti qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019attente particuli\u00e8re \u00e0 mon endroit par manque de repr\u00e9sentation du m\u00e9tier de psychologue.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une immersion douloureuse et quasi traumatique dans un monde o\u00f9 la mort et le chaos assurent paradoxalement la continuit\u00e9 des jours, je me suis rapidement sentie investie pour ma surface, sorte de caution humaine \u00e9rig\u00e9e comme un \u00e9pouvantail creux devant le spectre de la d\u00e9rive utilitariste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon \u00e9quipe avait re\u00e7u, via l\u2019instance de tutelle, des \u00ab&nbsp;consignes&nbsp;\u00bb de communication extr\u00eamement strictes et j\u2019\u00e9tais gagn\u00e9e par une crainte clairement teint\u00e9e de pers\u00e9cution d\u2019\u00eatre \u00e0 mon tour prise pour \u00ab&nbsp;un vautour&nbsp;\u00bb. Je dormais mal, d\u2019un sommeil entrecoup\u00e9 de cauchemars. J\u2019avais le sentiment de perdre la m\u00e9moire et fus prise d\u2019une&nbsp; forte angoisse d\u2019\u00eatre frapp\u00e9e par une maladie somatique qui enrayerait ma capacit\u00e9 \u00e0 me souvenir. Je supportais difficilement l\u2019humour d\u00e9finitivement trop noir des m\u00e9decins m\u00eame si je comprenais bien la m\u00e9canique de d\u00e9rivation et de frayage de la pulsion de mort. Je passais mon temps \u00e0 fermer les portes de la chambre mortuaire o\u00f9 mon \u00e9quipe avait l\u2019habitude de d\u00e9jeuner, pour me s\u00e9parer, au sens le plus strict du terme, des morts en attente d\u2019une toilette mortuaire ou d\u2019un pr\u00e9l\u00e8vement de corn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept lacanien de R\u00e9el (Lacan, 1973) qui renvoie \u00e0 l\u2019irrepr\u00e9sentable, \u00e0 ce qui ne peut \u00eatre imagin\u00e9 ou nomm\u00e9 m\u2019aida \u00e0 comprendre ce qui me traversait. En effet, lorsque le R\u00e9el n\u2019est plus maintenu \u00e0 distance par le Symbolique, il vient faire irruption dans la cha\u00eene signifiante, emp\u00eachant que le sujet donne sens et mette en repr\u00e9sentation ce qu\u2019il vit et les \u00e9v\u00e9nements violents auxquels il est confront\u00e9. L\u2019irruption du R\u00e9el entra\u00eene une d\u00e9structuration momentan\u00e9e du registre symbolique, faisant alors obstacle \u00e0 toute articulation entre les signifiants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce carcan inhabituel conjugu\u00e9 \u00e0 la sid\u00e9ration transitoire me conduit \u00e0 puiser intens\u00e9ment dans mes ressources personnelles pour m\u2019adapter aux attentes ainsi qu\u2019au vocabulaire de ce lieu hypertechnique.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dus me faire&nbsp;\u00ab&nbsp;mall\u00e9able&nbsp;\u00bb, craindre de me perdre, r\u00e9sister et finalement conc\u00e9der quelques compromis afin de jeter un pont entre mon cadre interne et \u00ab&nbsp;le grand bain&nbsp;\u00bb du tout technique, de l\u2019action mesurable et \u00e9valuable du \u00ab&nbsp;microcosme-r\u00e9a&nbsp;\u00bb par ailleurs totalement soumis au phantasme de transparence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>FEN\u00caTRE SUR L\u2019EXP\u00c9RIENCE BRUTE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><em>Devant leur insistance j\u2019ai fini par accepter d\u2019accompagner les infirmi\u00e8res sur leur terrain. Je suis au bloc op\u00e9ratoire. Impossible d\u2019\u00e9chapper au r\u00e9el de toute fa\u00e7on puisqu\u2019elles postent la photo des organes pr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 chaque proc\u00e9dure sur le groupe whatsApp auquel elles m\u2019ont associ\u00e9e d\u00e8s le jour de mon arriv\u00e9e. J\u2019ai rapidement compris que cette mise en r\u00e9seau instantan\u00e9e avait une fonction moderne, d\u00e9sincarn\u00e9e et op\u00e9ratoire de&nbsp;\u00ab&nbsp;partage d\u2019affect&nbsp;\u00bb. Je dois d\u00e9sormais surveiller l\u2019arriv\u00e9e des messages pour qu\u2019ils ne soient pas r\u00e9ceptionn\u00e9s par quelqu\u2019un d\u2019autre que moi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Est-ce l\u00e0 le signe que j\u2019appartiens \u00e0 ce groupe&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il fait d\u00e9cid\u00e9ment bien froid dans ce bloc, les \u00e9quipes chirurgicales se succ\u00e8dent autour de notre donneur, Benoit, un tout jeune homme psychotique en crise qui s\u2019est<\/em> <em>violemment jet\u00e9 au sol dans les services ferm\u00e9s pour faire taire ses voix. Pris en charge en r\u00e9animation pour un grave traumatisme cr\u00e2nien, Benoit est rapidement pass\u00e9 en mort enc\u00e9phalique. Il n\u2019\u00e9tait pas positionn\u00e9 vis-\u00e0-vis du don, ses parents ont toutefois accept\u00e9 la proc\u00e9dure au cours de l\u2019entretien conduit conjointement par la r\u00e9animation et la coordination auquel je me suis habilement soustraite.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans ce bloc, mon seul rep\u00e8re est ce patient devenu donneur. J\u2019ai rencontr\u00e9 ses parents et ses deux s\u0153urs dans l\u2019apr\u00e8s-midi qui m\u2019ont longuement rapport\u00e9 son parcours. Il poss\u00e8de une histoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ici, en revanche, je ne diff\u00e9rencie ni les personnes ni les fonctions, tout le monde est habill\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on. L\u2019un d\u2019entre eux se rapproche de moi sans un mot, je recule jusqu\u2019\u00e0 sentir le mur dans mon dos. Il hausse les \u00e9paules, se tourne et \u00ab&nbsp;entreprend&nbsp;\u00bb l\u2019infirmi\u00e8re coordinatrice qui noue alors son sarrau\u2026 Je me sens nulle, inutile et encombrante. L\u2019ambiance est l\u00e9g\u00e8re pourtant, presque maniaque&nbsp;: musique, blagues potaches et m\u00eame quelques pas de danses esquiss\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La seule parole qui m\u2019est adress\u00e9e est celle de l\u2019infirmi\u00e8re de bloc op\u00e9ratoire (IBODE), qui passant la porte avec une scie sternale en marche me dit en criant pour couvrir le bruit de l\u2019engin&nbsp;: \u00ab&nbsp;va falloir vous pousser la psychologue, \u00e7a va gicler&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je mesure avec un certain effroi le co\u00fbt psychique que cette neutralisation \u00e9nerg\u00e9tique et affective impose \u00e0 cette IBODE. Je me dis qu\u2019\u00e0 long terme elle menacera d\u2019\u00e9puisement sa vie psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle est donc cette strat\u00e9gie compl\u00e9mentaire qui vient relayer la d\u00e9fense purement \u00e9conomique et tend \u00e0 donner, me semble-t-il, un statut psychique aux s\u00e9quelles traumatiques de la travers\u00e9e de cette situation extr\u00eame&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais l\u2019hypoth\u00e8se que cette parole qui m\u2019est adress\u00e9e vise une forme de \u00ab&nbsp;partage&nbsp;\u00bb paradoxal (Roussillon, 1999) dans la mesure o\u00f9 il s\u2019agit de faire partager quelque chose de cliv\u00e9 en soi. La situation extr\u00eame tend \u00e0 \u00eatre transf\u00e9r\u00e9e dans la relation \u00e0 l\u2019autre mais sous forme \u00ab retourn\u00e9e \u00bb comme si cette infirmi\u00e8re cherchait \u00e0 m\u2019infliger une forme ou un pan de ce qu\u2019elle a \u00e0 subir et qu\u2019elle ne peut endurer qu\u2019aux prix d\u2019am\u00e9nagements d\u00e9fensifs fortement structur\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La fin du bloc est plus calme, les \u00e9quipes chirurgicales sont parties, il ne reste que ce corps ouvert et vide sur la table, les champs op\u00e9ratoires ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s, la lumi\u00e8re des scialytiques est crue et le silence assourdissant. Ma coll\u00e8gue coordinatrice a appel\u00e9 l\u2019interne de garde qui va suturer Benoit pour le rendre \u00e0 sa famille. Il est 1h du matin et \u00ab&nbsp;elle se r\u00e9jouit de rentrer si t\u00f4t, elle pourra se lever demain pour conduire son plus jeune fils \u00e0 l\u2019\u00e9cole&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>De mon c\u00f4t\u00e9, je planifie une insomnie rebelle \u00e0 la chimie. Je suis obs\u00e9d\u00e9e par l\u2019id\u00e9e que ce jeune homme qui a lutt\u00e9 contre des angoisses de morcellement toute sa vie se retrouve <strong>r\u00e9ellement <\/strong>en morceaux aux quatre coins de la France. Cette id\u00e9e me bouleverse, je pense aux enjeux psychiques inconscients qui ont motiv\u00e9 la d\u00e9cision favorable de ses proches&nbsp;: d\u00e9sir de r\u00e9paration&nbsp;? Agressivit\u00e9 inconsciente&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>A qui vais-je bien pouvoir raconter cette sc\u00e8ne d\u00e9r\u00e9elle&nbsp;? Probablement \u00e0 personne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je suis h\u00e9b\u00e9t\u00e9e, je me sens immens\u00e9ment seule.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma coll\u00e8gue infirmi\u00e8re s\u2019affaire, Benoit est d\u00e9sormais habill\u00e9 avec les v\u00eatements que la famille a transmis. Elle me dit&nbsp;: regarde comme il est beau&nbsp;! Tu ne trouves pas&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Quelle est l\u2019intention de cette parole&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>A quelle place me convoque-t-elle&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je fais l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019elle a besoin d\u2019un \u00ab t\u00e9moin&nbsp;\u00bb, un t\u00e9moin qui accr\u00e9dite et qualifie ce qui s\u2019est produit dans le r\u00e9el. C\u2019est un peu comme si mon regard, en ne se d\u00e9tournant pas, maintenait en elle la continuit\u00e9 de son sentiment d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me questionne sur le dispositif \u00e0 inventer pour proposer, \u00e0 distance, des espaces de reprise de ces sc\u00e8nes traumatiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. J\u2019imagine un dispositif qui permettrait le d\u00e9ploiement de l\u2019associativit\u00e9 et aborderait les man\u0153uvres d\u00e9fensives des soignants non pas comme la manifestation pure de la destructivit\u00e9 mais comme des strat\u00e9gies de survie psychique qui comportent une reprise objectale potentielle, un mode de transfert et la tentative inconsciente de communiquer quelque chose de soi. Je mesure parfaitement que l\u2019enjeu sera constamment de ne pas trop lever le voile sur les am\u00e9nagements d\u00e9fensifs n\u00e9cessaires \u00e0 la survie psychique. J\u2019ai l\u2019intuition que c\u2019est dans et avec le collectif que ce travail pourra advenir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ensemble nous ramenons Benoit sur un brancard \u00e0 la chambre mortuaire o\u00f9 elle prend soin de le coiffer avant de refermer la cellule. Elle caresse son visage avec tendresse et s\u2019adressant \u00e0 lui, le remercie \u00e0 voix haute en l\u2019appelant par son pr\u00e9nom&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&#8211; \u00ab&nbsp;Merci Benoit gr\u00e2ce \u00e0 toi de nombreuses personnes vont retrouver le sourire, tes parents doivent \u00eatre fiers de toi&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et pour moi elle ajoute sur un ton sans adresse&nbsp;: \u00ab&nbsp;comme il est tr\u00e8s jeune il va y avoir une bipartition du foie pour des donneurs p\u00e9diatriques, ses poumons sont partis pour \u00ab&nbsp;une super urgence&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je comprends que deux receveurs p\u00e9diatriques vont b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une partie chacun du foie de Benoit et que les poumons ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0 un receveur qui, sans lui serait mort. Il existe en effet la possibilit\u00e9 pour les receveurs en d\u00e9faillance terminale d\u2019organes d\u2019\u00eatre inscrits 48 heures \u00ab&nbsp;en super urgence&nbsp;\u00bb, courte p\u00e9riode au cours de laquelle ils sont prioritaires sur tous les greffons de France sous r\u00e9serve de compatibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>DE L\u2019ACTIVISME A LA CR\u00c9ATIVIT\u00c9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e8s mon int\u00e9gration en 2014, je me suis jet\u00e9e de mani\u00e8re d\u00e9fensive dans une activit\u00e9 clinique forcen\u00e9e que je rapproche volontiers de la pratique sportive compulsive auto-calmante et parfois m\u00eame dangereuse d\u2019un grand nombre de soignants de soins critiques. J\u2019ai enchain\u00e9 une multitude d\u2019interventions individuelles, groupales, familiales, de couple, en aigu en post- aigu et au long cours (suivis de deuils) aupr\u00e8s des proches de donneurs. La p\u00e9riode Covid et la suspension de l\u2019activit\u00e9 de pr\u00e9l\u00e8vement m\u2019ont secondairement permis de me mettre au contact de ce v\u00e9cu d\u2019isolement et de le lier \u00e0 mon activisme clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sentiment de solitude ne m\u2019a cependant jamais quitt\u00e9e, avec tr\u00e8s rapidement la sensation \u00ab&nbsp;d\u2019\u00eatre modifi\u00e9e&nbsp;\u00bb int\u00e9rieurement par la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019exposition \u00e0 ces situations \u00e0 si forte charge \u00e9motionnelle. L\u2019image de la mort exerce-t-elle sur moi une fascination \u00e0 laquelle j\u2019ai d\u00e9sormais du mal \u00e0 \u00e9chapper&nbsp;? Avec cette question, je pense \u00e9videmment \u00e0 la fin de l\u2019illusion d\u2019immortalit\u00e9 qui survient lorsque le sujet est confront\u00e9 \u00e0 une effraction du pare-excitation par une image traumatique qui ne peut se lier \u00e0 aucune repr\u00e9sentation et touche ainsi au plus proche du refoul\u00e9 originaire (Lebigot, 2004).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en tout cas de cette travers\u00e9e du r\u00e9el comme celle d\u2019un lac gel\u00e9 que ce dispositif \u00ab&nbsp;de holding du holding&nbsp;\u00bb a surgit pour moi comme une \u00e9vidente n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019observe en effet que l\u2019activit\u00e9 de pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019organes maintient de grandes tensions \u00e9thiques et g\u00e9n\u00e8re de la souffrance chez les soignants de soins critiques. Ce signal d\u2019un d\u00e9bordement m\u00eame partiel des man\u0153uvres d\u00e9fensives collectives m\u2019alerte sur le risque individuel de d\u00e9compensation psychique et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de construire des espaces de pens\u00e9es pour ces \u00e9quipes.<\/p>\n\n\n\n<p>Une question demeure toutefois&nbsp;: comment le psychologue peut-il proposer une aide \u00e0 une \u00e9quipe qui ne lui demande pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette pr\u00e9occupation, j\u2019ai fait le choix de proposer <em>une formation<\/em> r\u00e9unissant les diff\u00e9rents m\u00e9tiers du service dans des groupes de 12 soignants \u00e0 un rythme d\u2019une journ\u00e9e par mois.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif \u00ab&nbsp;manifeste&nbsp;\u00bb et annonc\u00e9 de <em>la formation<\/em> vise l\u2019am\u00e9lioration des comp\u00e9tences relationnelles du personnel de r\u00e9animation. De mani\u00e8re plus \u00ab&nbsp;latente&nbsp;\u00bb, je cherche \u00e0 construire un espace suffisamment loin (dans le temps et l\u2019espace) de la clinique pour disposer du temps n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9laboration collective et suffisamment pr\u00e8s (de la r\u00e9alit\u00e9) pour g\u00e9n\u00e9rer l\u2019int\u00e9r\u00eat et l\u2019engagement n\u00e9cessaire des soignants. J\u2019utilise des situations cliniques paradigmatiques de r\u00e9animation qui servent&nbsp;de m\u00e9diation entre les participants.<\/p>\n\n\n\n<p>Les groupes ainsi constitu\u00e9s de mani\u00e8re al\u00e9atoire travaillent ensemble autour de cinq situations cliniques misent en sc\u00e8ne et reprises dans l\u2019\u00e9cart du langage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>USAGE D\u00c9VOY\u00c9 DE LA SIMULATION EN SANT\u00c9 COMME OUTIL D\u2019\u00c9LABORATION COLLECTIVE EN SOINS CRITIQUES.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La simulation en sant\u00e9 est une modalit\u00e9 p\u00e9dagogique moderne en plein d\u00e9veloppement. Elle a largement d\u00e9montr\u00e9 son efficience dans les simulations dites\u00ab&nbsp;proc\u00e9durales&nbsp;\u00bb destin\u00e9es \u00e0 enseigner des gestes techniques ou entrainer au d\u00e9roulement de proc\u00e9dure. Ces simulations visent la mont\u00e9e en comp\u00e9tences techniques et collaboratives des apprenants notamment dans la gestion des situations d\u2019urgence o\u00f9 il s\u2019agit d\u2019\u00eatre efficaces ensemble dans une temporalit\u00e9 br\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>En appui sur la th\u00e9orisation de Ren\u00e9 Roussillon qui distingue trois temps et trois processus du travail de symbolisation&nbsp;: le processus phorique, le processus s\u00e9maphorique et le processus m\u00e9taphorique, j\u2019ai&nbsp; propos\u00e9 aux \u00e9quipes de soins critiques des simulations dites\u00ab&nbsp;pleine \u00e9chelle&nbsp;\u00bb dont les objectifs annonc\u00e9s sont davantage tourn\u00e9s vers la construction de comp\u00e9tences non techniques, c\u2019est-\u00e0-dire des comp\u00e9tences relationnelles dans la rencontre avec l\u2019usager et sa famille, ainsi que des capacit\u00e9s personnelles \u00e0 interroger son engagement dans la rencontre toujours singuli\u00e8re avec l\u2019Autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour construire ce dispositif, j\u2019ai effectu\u00e9 un travail pr\u00e9liminaire de \u00ab&nbsp;mise en signe&nbsp;\u00bb dans l\u2019analyse des \u00e9l\u00e9ments cliniques \u00ab&nbsp;stables&nbsp;\u00bb recueillis aupr\u00e8s des proches de donneurs (en aigu, en post aigu et au long cours).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La mise en sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb s\u2019est effectu\u00e9e dans la contextualisation de ces \u00e9l\u00e9ments dans des sc\u00e9nario cliniques que je propose aux participants de jouer en incarnant leur propre r\u00f4le face \u00e0 une com\u00e9dienne professionnelle avec laquelle je pr\u00e9pare le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la mise en sc\u00e8ne sur la base d\u2019objectifs p\u00e9dagogiques clairs et partag\u00e9s avec les soignants. Je lui laisse toutefois la latitude dans le jeu pour laisser venir ce qui \u00e9merge de vivant dans&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019ici et maintenant&nbsp;\u00bb de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir, dans le temps de \u00ab&nbsp;mise en sens&nbsp;\u00bb organis\u00e9 \u00e0 l\u2019issue de la sc\u00e8ne jou\u00e9e, \u00e9laborer ce qui vient de se vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement au jeu du com\u00e9dien qui se d\u00e9ploie ordinairement pour son propre compte, le jeu de la com\u00e9dienne dans ce dispositif sert \u00e0 <em>faire jouer<\/em> les autres en appui sur notre travail commun de pr\u00e9paration. Jouer dans l\u2019acception Winnicottienne \u00e9videmment.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience ludique pour les soignants pr\u00e9sente un double avantage : elle est enti\u00e8rement v\u00e9cue et ne cesse toutefois jamais d\u2019\u00eatre per\u00e7ue comme fictive. L\u2019espace interm\u00e9diaire ainsi ouvert offre une grande libert\u00e9 dans le jeu comme dans le temps de reprise qui suit imm\u00e9diatement la s\u00e9quence simul\u00e9e et r\u00e9unit joueurs et observateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les soignants investissent ce dispositif positivement, sans manifestation d\u2019angoisse. Ils partagent assez volontiers leurs v\u00e9cus \u00e0 l\u2019issue des sc\u00e8nes jou\u00e9es. La com\u00e9dienne, en appui sur ses outils th\u00e9oriques et sur son v\u00e9cu corporel propose des m\u00e9taphores qui initient la liaison entre affect et processus de figurabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces m\u00e9taphores g\u00e9n\u00e8rent de v\u00e9ritables \u00ab&nbsp;buisson&nbsp;\u00bb associatifs au sein du groupe. Les associations qui \u00e9mergent ouvre g\u00e9n\u00e9ralement la dimension synchronique de la sc\u00e8ne et la mise en mots de ce qui s\u2019est \u00e9prouv\u00e9 dans le lien sensible. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, c\u2019est la dimension diachronique qui surgit et l\u2019\u00e9vocation de situations pass\u00e9es en souffrance d\u2019\u00e9laboration. Parfois encore des questions \u00e9thiques se mettent en partage entre m\u00e9decins et personnel param\u00e9dicaux. Enfin, il arrive que des questions strictes d\u2019organisation du travail se d\u00e9battent sur la base \u00ab&nbsp;du travail r\u00e9el&nbsp;\u00bb qui vient de se partager (au sens de Christophe Dejours et de la psychodynamique du travail).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>CONCLUSION<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En proposant un espace symbolig\u00e8ne pour les soignants de soins critiques, sorte d\u2019\u00ab&nbsp;espace interm\u00e9diaire&nbsp;\u00bb entre simulation en sant\u00e9 et psychodrame, le psychologue clinicien peut aider les professionnels \u00e0 ressentir sur sc\u00e8ne, de mani\u00e8re prot\u00e9g\u00e9e par l\u2019illusion, les \u00e9motions de l\u2019Autre. Emotions dont ils se coupent habituellement de mani\u00e8re d\u00e9fensive et couteuse sur le long terme. La mobilisation du corps favorise l\u2019\u00e9mergence des \u00e9motions au plus pr\u00e8s de leurs sources corporelles et le jeu des postures, de la mimique et de la gestuelle intens\u00e9ment sollicit\u00e9s par le jeu permettent aux repr\u00e9sentations d\u2019advenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps de reprise permet au psychologue de soutenir l\u2019\u00e9laboration au sein d\u2019un groupe d\u2019appartenance qui est finalement le seul \u00e0 pouvoir faire ressource pour les individus engag\u00e9s dans cette clinique de l\u2019extr\u00eame au fort pouvoir d\u2019isolement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BIBLIOGRAPHIE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LACAN<\/strong><strong> J. ,1973<\/strong>. <em>Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>, Paris, Le&nbsp;Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LEBIGOT<\/strong><strong> F. 2004<\/strong>. \u00ab&nbsp;Le traumatisme psychique&nbsp;\u00bb, <em>Revue francophone du stress et du trauma<\/em>, n\u00b0&nbsp;4, p.&nbsp;5-11.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LEBRETON D., 1993.<\/strong> <em>La Chair \u00e0 vif,<\/em> Paris, M\u00e9taili\u00e9, chapitre 6 p.321.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ROUSSILLON<\/strong><strong>, R. 1999.<\/strong> <em>Agonie, clivage et symbolisation<\/em>, Paris, puf.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ROUSSILLON<\/strong><strong>, R. 2007<\/strong> \u00ab&nbsp;Postface : les situations extr\u00eames et leur devenir&nbsp;\u00bb, Annie \u00c9lisabeth Aubert \u00e9d.,&nbsp;<em>Dispositifs de soins au d\u00e9fi des situations extr\u00eames.&nbsp;<\/em>\u00c9r\u00e8s, pp. 215-226.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24271?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article nous suivrons le processus cr\u00e9ateur d\u2019un dispositif r\u00e9flexif hybride entre simulation en sant\u00e9 et psychodrame, con\u00e7u pour les \u00e9quipes \u00e0 partir de l\u2019analyse du v\u00e9cu contre-transf\u00e9rentiel d\u2019un clinicien immerg\u00e9 dans une coordination hospitali\u00e8re de don d\u2019organes. &nbsp;&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1215,1245],"thematique":[176,2561],"auteur":[2562],"dossier":[2545],"mode":[60],"revue":[2556],"type_article":[452],"check":[],"class_list":["post-24271","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychopathologie","rubrique-soin","thematique-corps","thematique-maladie","auteur-catherine-vernay","dossier-le-psychologue-a-lhopital","mode-payant","revue-2556","type_article-dossier"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24271"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24271\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24272,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24271\/revisions\/24272"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=24271"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=24271"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=24271"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=24271"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=24271"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=24271"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=24271"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=24271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}