{"id":23829,"date":"2022-05-13T10:16:32","date_gmt":"2022-05-13T08:16:32","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=23829"},"modified":"2022-05-13T10:16:34","modified_gmt":"2022-05-13T08:16:34","slug":"le-psychologue-clinicien-en-geriatrie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-psychologue-clinicien-en-geriatrie\/","title":{"rendered":"Le psychologue clinicien en g\u00e9riatrie"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>UN CONTEXTE CLINIQUE SP\u00c9CIFIQUE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Notre propos s\u2019inscrit dans un contexte<\/strong> clinique sp\u00e9cifique, celui d\u2019une pratique en service g\u00e9riatrique de Soins de Suite et de R\u00e9adaptation \u00e0 l\u2019h\u00f4pital (SSR). Pr\u00e9cisons d\u2019embl\u00e9e que la grande majorit\u00e9 de la population accueillie dans ces unit\u00e9s de soins hospitali\u00e8res est concern\u00e9e par la rencontre avec des limitations fonctionnelles n\u00e9cessitant des am\u00e9nagements du mode de vie quotidien, ce qui requiert souvent, parall\u00e8lement \u00e0 la poursuite de la r\u00e9\u00e9ducation, une prolongation du temps d\u2019hospitalisation pour pr\u00e9parer la mise en place des dispositifs pertinents.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La situation d&rsquo;hospitalisation<\/strong>, qui se prolonge en service de soins de suite et de r\u00e9adaptation au d\u00e9cours d&rsquo;un incident somatique, place bruyamment le corps au-devant de la sc\u00e8ne, que le sujet d\u00e9couvre transform\u00e9 et fragilis\u00e9, parfois meurtri, souvent douloureux. Elle vient r\u00e9v\u00e9ler, objectiver, la d\u00e9faillance qui restait parfois tapie dans l&rsquo;ombre depuis longtemps sans se faire sentir ni conna\u00eetre, quand elle n&rsquo;\u00e9tait pas recouverte par des m\u00e9canismes de d\u00e9fense s&rsquo;organisant contre l&rsquo;angoisse pour tenter d&rsquo;\u00e9viter la confrontation \u00e0 une d\u00e9pendance dont le v\u00e9cu pourrait s&rsquo;av\u00e9rer traumatique. \u00c0 ce titre, elle constitue un coup de tonnerre dans un ciel pas toujours serein. Il existe ainsi, r\u00e9guli\u00e8rement, une communaut\u00e9 de d\u00e9ni au sein de la famille et notamment des enfants du sujet \u00e2g\u00e9, qui participe de cette banalisation et prot\u00e8ge le narcissisme individuel et familial. Dans ces cas-l\u00e0, l&rsquo;hospitalisation repr\u00e9sente un v\u00e9ritable moment d&rsquo;apr\u00e8s-coup qui vient donner r\u00e9trospectivement du sens au comportement du parent \u00e2g\u00e9. Bien s\u00fbr, ce n&rsquo;est pas au titre de l&rsquo;\u00e2ge que le sujet vieillissant est hospitalis\u00e9, mais \u00e0 celui de la maladie et du handicap qui viennent atteindre le sujet dans la repr\u00e9sentation qu&rsquo;il a de son corps. Cependant, ces pertes de fonction physique sont susceptibles de rappeler la mortalit\u00e9 d&rsquo;un corps p\u00e9rissable, model\u00e9 et fragilis\u00e9 par le temps qui passe, et d&rsquo;\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme autant de signes d&rsquo;un corps qui l\u00e2che jusqu&rsquo;\u00e0, un jour sombre per\u00e7u tout \u00e0 coup comme tr\u00e8s proche, peut-\u00eatre l\u00e2cher tout \u00e0 fait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9prouv\u00e9e physiquement et appr\u00e9hend\u00e9e<\/strong> dans le regard de l&rsquo;autre, soutenue activement par la cohabitation avec d&rsquo;autres patients \u00e2g\u00e9s, cette exp\u00e9rience de miroir bris\u00e9 agit comme un outrage, une blessure narcissique pour le Moi qui perd ses pr\u00e9rogatives de contr\u00f4le de sa destin\u00e9e, l&rsquo;illusion de sa p\u00e9rennit\u00e9 et l&rsquo;espoir d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al qu&rsquo;il projetait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent devant lui. Au traumatisme potentiel que repr\u00e9sente la perte des rep\u00e8res familiers dans un environnement hospitalier mal connu, s&rsquo;associe aussi celui d&rsquo;un diagnostic qui viendrait remettre en question l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du corps, conjugu\u00e9 parfois, et ce de fa\u00e7on plus inattendue, \u00e0 celui d&rsquo;un infl\u00e9chissement cognitif. Ce dernier, m\u00eame en dehors de l&rsquo;engagement d&rsquo;un processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif, accentue le risque d&rsquo;une d\u00e9pendance susceptible de compromettre les possibilit\u00e9s de maintien au domicile et (re)lance la r\u00e9flexion sur un projet d\u2019institutionnalisation, entendue dans notre perspective comme \u00ab&nbsp;le processus de stabilisation des conditions de rencontre entre un sujet \u00e2g\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9duction des moyens de r\u00e9alisations des activit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la vie et un sujet dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019aider, \u00e0 prendre soin de lui&nbsp;\u00bb (Racin, 2019, p. 202).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 ce contexte clinique sp\u00e9cifique<\/strong>, nous affectons quatre caract\u00e9ristiques nodales autour desquelles s\u2019organise le travail en \u00e9quipe pluridisciplinaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>CLINIQUE DES <em>CONFINS<\/em>, CLINIQUE DE L\u2019<em>INCERTITUDE<\/em>, CLINIQUE DE L\u2019<em>ANTICIPATION<\/em> ET CHRONIQUE D\u2019UNE <em>CRISTALLISATION<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une clinique des <\/strong><strong><em>confins <\/em><\/strong><strong><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Les rencontres cliniques en SSR <\/strong>g\u00e9riatrique situent le <em>prendre soin<\/em> au carrefour de plusieurs territoires dont les fronti\u00e8res sont impr\u00e9cises, ce qui n\u00e9cessite d\u2019int\u00e9grer l\u2019ind\u00e9cision et l\u2019interm\u00e9diarit\u00e9 relatives aux \u00e9tats et aux situations cliniques, ainsi qu\u2019aux paradigmes mobilisables. Les r\u00e9f\u00e9rences au vieillissement et \u00e0 la vieillesse, \u00e0 la d\u00e9pendance, \u00e0 la maladie, \u00e0 la neurologie, \u00e0 la psychiatrie, <em>etc<\/em>. sont en effet incessamment convoqu\u00e9es pour tenter de diff\u00e9rencier, par exemple, le d\u00e9ni de l\u2019anosognosie, l\u2019amn\u00e9sie n\u00e9vrotique des troubles mn\u00e9siques imputables \u00e0 un processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif, les d\u00e9lires tardifs des processus confuso-oniro\u00efdes, etc. Les conduites psychiques et les manifestations \u00e9ventuellement symptomatiques susceptibles d\u2019\u00eatre rencontr\u00e9es dans cette <em>clinique des confins<\/em> se trouvent d\u2019embl\u00e9e au carrefour de plusieurs registres et champs disciplinaires, ce qui n\u00e9cessite, par exemple, de penser les effets r\u00e9ciproques (et non sym\u00e9triques) entre fonctionnement cognitif et fonctionnement psychique, pour diff\u00e9rencier et sp\u00e9cifier la valeur d\u2019un signe. Le psychologue clinicien est ainsi appel\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper de solides connaissances dans diff\u00e9rents domaines et une r\u00e9flexion soutenue sur les enjeux \u00e9pist\u00e9mologiques et m\u00e9thodologiques qui pr\u00e9sident \u00e0 leur rapprochement, voire \u00e0 leur articulation. Par sa mani\u00e8re de transmettre aux membres de l\u2019\u00e9quipe pluriprofessionnelle une fa\u00e7on d\u2019\u00e9couter et d\u2019observer les conduites manifestes qui en \u00e9claire les enjeux latents, il favorise un regard clinique qui \u00e9vite la parcellisation du sujet en n\u00e9gligeant des pans entiers de son fonctionnement. Cette clinique nous met par ailleurs en pr\u00e9sence de situations \u00ab&nbsp;limites&nbsp;\u00bb qui rappellent certaines situations de \u00ab&nbsp;pr\u00e9carit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb d\u00e9crites par Denis Mellier (2006), dans lesquelles la pr\u00e9carit\u00e9 psychique per\u00e7ue chez certains patients se trouve parfois associ\u00e9e \u00e9galement \u00e0 une pr\u00e9carit\u00e9 sociale et mat\u00e9rielle \u2013 qui n&rsquo;est pas sans consid\u00e9rablement influencer les r\u00e9flexions sur le choix du mode d\u2019institutionnalisation \u2013, sans \u00eatre recouverte pour autant par ces derni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une clinique de l\u2019incertitude<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Le travail pluriprofessionnel<\/strong> s\u2019organise donc, aupr\u00e8s des patients rencontr\u00e9s dans ces services, autour d\u2019une forte incertitude quant \u00e0 leur devenir, dans lequel l\u2019institutionnalisation des soins de longue dur\u00e9e va prendre plus ou moins d\u2019importance, peser plus ou moins lourdement sur l\u2019organisation de la vie quotidienne, avec chaque fois une r\u00e9sonnance toute particuli\u00e8re sur le plan psychique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une clinique de l\u2019anticipation<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Cette clinique de l\u2019incertitude<\/strong> mobilise des conduites d\u2019anticipation quant \u00e0 la suite de l\u2019hospitalisation, dans laquelle le projet de soin est fr\u00e9quemment subordonn\u00e9 \u00e0 des modifications significatives et durables du cadre de vie quotidien. Celles-ci, propos\u00e9es le plus souvent \u00e0 l\u2019initiative d\u2019un tiers \u2013 proche(s) et\/ou professionnels de sant\u00e9 \u2013, reposent sur l\u2019\u00e9valuation des capacit\u00e9s actuelles, mais \u00e9galement <em>potentielles<\/em> de la personne, et \u00e0 l\u2019appui du recueil de son consentement. L\u2019expression de ce consentement, ou tout au moins d\u2019un assentiment, loin d\u2019\u00eatre acquise d\u2019embl\u00e9e, proc\u00e8de d\u2019une logique processuelle dont les d\u00e9terminants psychiques, intrapsychiques et intersubjectifs, sont nombreux, complexes et supposent des conditions de s\u00e9curit\u00e9 subjective minimales mobilisant ensemble patient, proches et \u00e9quipe.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Chronique d\u2019une cristallisation<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9valuation des \u00e9tats et situations<\/strong> des patients accueillis en SSR signe r\u00e9guli\u00e8rement le passage d\u2019un \u00e9tat ant\u00e9rieur familier, routinis\u00e9, \u00e9ventuellement banalis\u00e9 au domicile, \u00e0 un \u00e9tat devenu urgent et exceptionnel, affect\u00e9 de plus d\u2019une valence n\u00e9gative \u00e0 l\u2019h\u00f4pital car d\u00e9rogeant \u00e0 un id\u00e9al du vieillissement (plus ou moins assujetti \u00e0 une injonction au \u00ab&nbsp;bien vieillir&nbsp;\u00bb). C\u2019est une m\u00e9thode presque foulcadienne qui se d\u00e9ploie au sein du travail d\u2019\u00e9quipe sous la forme d\u2019une <em>enqu\u00eate<\/em> qui vise \u00e0 <em>\u00e9v\u00e9nementialiser<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 all\u00e9ger \u00ab&nbsp;la pesanteur causale&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour \u00ab&nbsp;b\u00e2tir, autour de l\u2019\u00e9v\u00e9nement singulier analys\u00e9 comme processus, un \u00ab\u00a0polygone\u201d ou plut\u00f4t \u201cpoly\u00e8dre d\u2019intelligibilit\u00e9\u201d dont le nombre de faces n\u2019est pas d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance et ne peut jamais \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme fini de plein droit&nbsp;\u00bb (Foucault, 1980, p. 24). Cette d\u00e9marche consiste \u00e0 faire surgir les singularit\u00e9s, \u00e0 d\u00e9voiler les relations qui ont conduit \u00e0 d\u00e9stabiliser le sujet jusqu\u2019\u00e0 le conduire \u00e0 l\u2019hospitalisation et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9ventuelle d\u2019une institutionnalisation. Ce travail d\u2019enqu\u00eate sur le <em>mode d\u2019existence<\/em>, partag\u00e9 et port\u00e9, dans des circonstances favorables, par l\u2019ensemble des membres de l\u2019\u00e9quipe, interroge n\u00e9anmoins la place du psychologue clinicien, le statut conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement et le poids de la r\u00e9alit\u00e9 externe. Le psychologue clinicien contribue ainsi \u00e0 d\u00e9voiler combien \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nementialit\u00e9 ext\u00e9rieure s\u2019associe une \u00e9v\u00e9nementialit\u00e9 psychique dans laquelle peut se rejouer la dimension d\u2019un apr\u00e8s-coup qui mobilise un travail psychique sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En service de m\u00e9decine g\u00e9riatrique<\/strong>, c\u2019est l\u2019ombre du paradigme de la d\u00e9pendance qui tombe sur l\u2019objet du soin, dont les effets d\u2019assignation ne sont pas \u00e0 n\u00e9gliger, ce qui n\u00e9cessite de pr\u00e9ciser plus avant les sp\u00e9cificit\u00e9s du travail psychique en situation de d\u00e9pendance, que nous avons appel\u00e9 \u00ab&nbsp;travail de d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb (Racin, 2017).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>RENCONTRE CLINIQUE AVEC ADELINE<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Adeline, 90 ans, nous raconte<\/strong> ce qui l\u2019a amen\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Adeline est tomb\u00e9e, sans pouvoir se relever, est rest\u00e9e \u00e0 terre, a attendu le secours d&rsquo;un \u00eatre se souciant d\u2019elle et, finalement, a support\u00e9 la honte, la g\u00eane et la douleur d&rsquo;une vuln\u00e9rabilit\u00e9 expos\u00e9e bien malgr\u00e9 elle au regard d&rsquo;autrui. La chute prend \u00e9galement ici une v\u00e9ritable valeur de m\u00e9taphore des probl\u00e9matiques qu\u2019elle rencontre \u00e0 la faveur de la d\u00e9couverte de nouveaux aspects de son vieillissement. Chez Adeline, le registre de la lutte est tr\u00e8s pr\u00e9sent&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;J\u2019en ai bav\u00e9 pour avoir la r\u00e9ussite que j\u2019ai eue&nbsp;\u00bb, nous dit-elle. \u00ab&nbsp;C\u2019est depuis toujours\u2026 \u00c7a vient de ma naissance, parce que mon p\u00e8re ne m\u2019a pas reconnue, donc j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 en manque de p\u00e8re, et j\u2019en ai toujours voulu \u00e0 ma m\u00e8re de ne pas avoir fait ce qu\u2019il fallait. [\u2026] C\u2019est avec le recul que je me rends compte que j\u2019\u00e9tais en lutte perp\u00e9tuelle, parce que j\u2019aurais pu mal tourner. [\u2026]&nbsp;J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s repli\u00e9e sur moi. J\u2019avais l\u2019air comme \u00e7a tr\u00e8s ouverte, en r\u00e9alit\u00e9 j\u2019\u00e9tais cadenass\u00e9e. J\u2019avais tellement peur qu\u2019on d\u00e9couvre que j\u2019avais pas eu de p\u00e8re, j\u2019ai fait\u2026 j\u2019ai fait des pieds et des mains pour que personne ne le sache. Voyez un peu, \u00e7a m\u2019a poursuivie&nbsp;\u00bb. Adeline nous d\u00e9crit combien elle a lutt\u00e9 pour revendiquer toujours une ind\u00e9pendance maintenue avec efforts et angoisse&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et alors maintenant, c\u2019est fini. [\u2026] Maintenant, je voudrais\u2026 J\u2019aimerais qu\u2019on me dise&nbsp;: \u00ab\u00a0Tiens, tu manges \u00e7a, tu fais ci\u00a0\u00bb\u2026 moi qui \u00e9tais une lutteuse\u2026 Je sais plus o\u00f9 j\u2019en suis\u2026&nbsp;\u00bb. Mais la lutte continue et rel\u00e8ve d\u2019un combat permanent. Adeline nous explique par exemple l\u2019effort quotidien d\u00e9ploy\u00e9 pour aller se brosser les dents&nbsp;: \u00ab&nbsp;Alors \u00e7a je me le dis&nbsp;: \u00ab\u00a0Adeline, attention&nbsp;!\u00a0\u00bb. Je me le dis tout haut comme \u00e7a&nbsp;: \u00ab\u00a0Adeline, attention, tu es en train de te laisser aller&nbsp;!\u00a0\u00bb. Par exemple, \u00e0 un moment donn\u00e9, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 que je ne me lavais plus les dents. Pff\u2026 \u00ab\u00a0T\u2019es folle, t\u2019es folle, tu as des bonnes dents, tu vas les entretenir&nbsp;!\u00a0\u00bb. Mais il a fallu que je fasse un effort \u00e9norme pour sortir la brosse \u00e0 dents&nbsp;! Voyez, des conneries comme \u00e7a. Hier soir, j\u2019avais oubli\u00e9 de me laver les dents, le soir. Je me suis relev\u00e9e\u2026 alors me relever, c\u2019est pas si simple parce que je marche mal, donc il faut que je prenne ma canne, ou mon d\u00e9ambulateur, pour aller jusque-l\u00e0. Il faut que je me tienne partout. Et puis j\u2019ai peur de tomber, je suis tomb\u00e9e tellement de fois, et\u2026 \u00ab\u00a0Non, t\u2019as d\u00e9cid\u00e9 que tu t\u2019en sortais, tu t\u2019en sors&nbsp;!\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb. La lutte ne s\u2019\u00e9puise pas car la probl\u00e9matique de deuil qui s\u2019exprime ici, bien qu\u2019infiltr\u00e9e du poids de l\u2019actuel, est \u00e9galement nourrie de conflits internes plus anciens. Adeline l\u2019exprime tr\u00e8s bien&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est par rapport \u00e0 moi&nbsp;! Parce que, je ne rends de compte \u00e0 personne. Personne me dit&nbsp;: \u00ab\u00a0Vous vous \u00eates bross\u00e9e les dents&nbsp;?\u00a0\u00bb ou\u2026 Personne vient r\u00e2ler \u00e0 la t\u00eate de personne si je ne me brosse pas les dents, forc\u00e9ment&nbsp;! Mais c\u2019est des petites choses comme \u00e7a, sur lesquelles je bute et\u2026 C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je suis perdue&nbsp;\u00bb. Adeline se sent tiraill\u00e9e entre l\u2019envie de l\u00e2cher un peu par rapport \u00e0 ses exigences, et l\u2019obligation de tenir bon pour demeurer un objet d\u2019admiration pour ses proches, et partant, ne pas perdre leur amour. Tenir bon pour ne pas \u00eatre montr\u00e9e du doigt, comme lorsqu\u2019elle \u00e9tait enfant, associe-t-elle, pour que d\u2019aucuns ne d\u00e9couvrent qu\u2019il lui manque quelque chose, pour maintenir toujours \u00e0 distance cette honte douloureuse. Cette id\u00e9e la poursuit jusque dans sa pr\u00e9paration \u00e0 entrer en EHPAD, qui la conduit \u00e0 imaginer des subterfuges qui combleraient, en apparence, ses d\u00e9faillances, ses manques&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non parce que j\u2019ai quand m\u00eame un probl\u00e8me, je marche tr\u00e8s mal et je vais \u00eatre avec des gens qui marchent tr\u00e8s bien. Alors la kin\u00e9 en ce moment elle essaye de m\u2019apprendre \u00e0 marcher avec une canne, bah c\u2019est pas si facile de marcher avec une canne. Et moi je fatigue tr\u00e8s tr\u00e8s tr\u00e8s tr\u00e8s vite&nbsp;! Tout d\u2019un coup j\u2019ai l\u2019impression que mes jambes sont remplies d\u2019un\u2026 d\u2019un gaz\u2026 d\u00e9l\u00e9t\u00e8re, qui m\u2019empoisonne, et il faut que je m\u2019arr\u00eate&nbsp;\u00bb. Alors Adeline anticipe le moindre de ses d\u00e9placements, en rep\u00e9rant les objets auxquels elle pourra s\u2019adosser sur son chemin, les toilettes \u00e0 proximit\u00e9, pour maintenir l\u2019illusion de son ind\u00e9pendance, garantie de sa dignit\u00e9. Adeline oriente ses efforts pour se distinguer de la \u00ab&nbsp;masse de cheveux blancs&nbsp;\u00bb qui cohabitent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, ces personnes prostr\u00e9es qui lui renvoient le miroir d\u2019un repos tant esp\u00e9r\u00e9 et tant redout\u00e9 \u00e0 la fois, et contre lequel elle se d\u00e9fend&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parceque moi je prends mon d\u00e9ambulateur et le matin, je vais chez la kin\u00e9 \u2013 l\u00e0 je devrais \u00eatre chez la kin\u00e9 \u2013, elle me prend par exemple \u00e0 deux heures, mais dans l\u2019apr\u00e8s-midi je ressors deux fois&nbsp;! Je veux vraiment m\u2019en sortir, moi&nbsp;\u00bb. Adeline peine \u00e0 partager ce qu\u2019elle vit de cette lutte interne \u00e0 son entourage&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mes enfants sont persuad\u00e9s que j\u2019aurai une mort superbe, que je m\u2019endormirai comme \u00e7a. J\u2019leur dis&nbsp;: \u00ab\u00a0Vous vous trompez, j\u2019m\u2019endormirai pas comme \u00e7a\u00a0\u00bb. J\u2019ai encore en moi des forces, qui sont pas tellement \u00e9tay\u00e9es par mon physique, parce que physiquement je suis fatigu\u00e9e\u2026 mais j\u2019ai encore envie de lutter&nbsp;\u00bb. Adeline nous explique n\u2019avoir jamais c\u00e9d\u00e9 \u00e0 ses exigences, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, jusqu\u2019\u00e0 la rencontre avec la d\u00e9pendance au cours du vieillissement et la n\u00e9cessit\u00e9 de recourir \u00e0 des aides professionnelles&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est arriv\u00e9 quand m\u00eame d\u2019un coup&nbsp;! ou alors j\u2019ai c\u00e9d\u00e9 peut-\u00eatre sur tout, sans m\u2019en apercevoir\u2026 Je sais qu\u2019\u00e0 un moment donn\u00e9, je n\u2019en peux plus\u2026 Je n\u2019en peux plus&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cette \u00ab&nbsp;chute de trop&nbsp;\u00bb<\/strong> (Racin, 2015), pour Adeline, rappelle avec elle et remet en sc\u00e8ne les chutes pass\u00e9es, les d\u00e9faillances ant\u00e9rieures, mais s\u2019est \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre l\u2019occasion d\u2019amorcer un v\u00e9ritable travail psychique et de continuer \u00e0 se positionner dans son parcours de vie, notamment en faisant appel \u00e0 un soutien institutionnel permanent sous la forme d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement en EHPAD. \u00ab&nbsp;C\u2019est dommage d\u2019avoir attendu si longtemps&nbsp;\u00bb, nous dit-elle lorsqu\u2019elle exprime son soulagement de parvenir enfin \u00e0 parler de son histoire, et plus encore \u00e0 lier ses blessures et revendications de l\u2019enfance \u00e0 ses exigences actuelles, ce qui lui permet de l\u00e2cher un peu au regard de ses exigences et de pouvoir exprimer, au cours des entretiens, le plaisir pris dans les soins de nursing.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>TRAVAIL DE D\u00c9PENDANCE ET ROMAN DU VIEILLISSEMENT<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><a><\/a><strong>Nous envisageons <\/strong>le \u00ab&nbsp;travail de d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb dans le vieillissement sous l\u2019angle des processus psychiques engag\u00e9s dans le traitement des probl\u00e9matiques de perte et de passivit\u00e9, dans des situations d\u2019entrecroisement du registre libidinal et du registre du besoin (parfois jusqu\u2019\u00e0 la confusion), qui engage la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte la r\u00e9alit\u00e9 des limites (notamment biologiques) et de consid\u00e9rer la pr\u00e9sence de la mort au sein m\u00eame de la vie. Nous faisons de cette \u00e9laboration conjointe la condition de possibilit\u00e9 d\u2019une <em>reconnaissance<\/em> progressive d\u2019une (in)d\u00e9pendance toujours relative, dont les modalit\u00e9s rendent compte de la mani\u00e8re dont les sujets s\u2019approprient ce qui constitue leur d\u00e9pendance et l\u2019aide qui leur est apport\u00e9e, dimensions qui se trouvent particuli\u00e8rement rehauss\u00e9es \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Ainsi, la sc\u00e8ne hospitali\u00e8re et la sc\u00e8ne du <em>care <\/em>peuvent aussi \u00eatre l\u2019occasion de soutenir un travail d\u2019int\u00e9gration de l\u2019<em>\u00eatre<\/em>-d\u00e9pendant, ce travail d\u2019int\u00e9gration de l\u2019\u00e9cart dans lequel une position subjective peut \u00eatre soutenue par rapport aux figures de la d\u00e9pendance, par la repr\u00e9sentation m\u00eame de cet \u00e9cart, de cet informe, dans une mise en mots qui permet d\u2019associer plus librement \u00e9prouv\u00e9 et affect, repr\u00e9sentation de mot et repr\u00e9sentation de chose. Il y a l\u00e0 un enjeu \u00e0 ce que l\u2019incertitude inh\u00e9rente \u00e0 la rencontre avec la d\u00e9pendance et \u00e0 un projet d\u2019institutionnalisation (Racin, 2022) cesse d\u2019\u00eatre \u00e9vit\u00e9e ou it\u00e9rativement convoqu\u00e9e, avec les effets sid\u00e9rants que l\u2019on conna\u00eet pour la psych\u00e9, pour se transformer en \u00e9nigme susceptible de relancer la curiosit\u00e9 sexuelle de l\u2019<em>infans<\/em> chercheur jusque tard dans la vie. Lorsque cette dynamique peut s\u2019initier d\u00e8s l\u2019hospitalisation, quand bien m\u00eame au prix de certains al\u00e9as, la dynamique qui en r\u00e9sulte porte le sujet \u00e0 chercher et \u00e0 comprendre ce qu\u2019il vit et ce qui lui \u00e9chappe toujours en partie. Elle constitue, ce faisant, un remarquable promoteur d\u2019une remobilisation fantasmatique, aux sources de laquelle puise le travail d\u2019int\u00e9gration de l\u2019<em>\u00eatre-d\u00e9pendant<\/em>, qui invite le sujet \u00e0 reconstruire son histoire et \u00e0 s\u2019inventer un \u00ab&nbsp;roman du vieillissement&nbsp;\u00bb. Notons que ce dernier ne constitue, dans notre perspective, qu\u2019un analogon du \u00ab&nbsp;roman familial des n\u00e9vros\u00e9s&nbsp;\u00bb (Freud, 1909), de cette cr\u00e9ation psychique par laquelle le sujet modifie imaginairement son monde et les liens avec ses objets d\u2019amour pour les mettre en conformit\u00e9 avec les d\u00e9sirs du \u00c7a, lorsque la r\u00e9alit\u00e9 s\u2019av\u00e8re d\u00e9cevante et source de blessure narcissique, cr\u00e9ation qui, au cours du vieillissement, ne manque pas de contribuer \u00e0 une certaine forme d\u2019 \u00ab&nbsp;amour de la vie au grand \u00e2ge&nbsp;\u00bb (Charazac, 2010).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BIBLIOGRAPHIE&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Charazac, P.-M. (2010). L\u2019amour de la vie au grand \u00e2ge. <em>L\u2019information psychiatrique, 86<\/em>(8), 709\u2011713.<\/p>\n\n\n\n<p>Foucault, M. (1980). Table ronde du 20 mai 1978. Dans <em>Dits et \u00e9crits 1954-1988, IV (1980-1988)<\/em> (1994, p. 20-34). Paris : Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1909). Le roman familial des n\u00e9vros\u00e9s. Dans <em>\u0152uvres compl\u00e8tes VIII (1906-1908)<\/em> (2007, p. 253-256). Paris : Presses Universitaires de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Mellier, D. (2006). Pr\u00e9carit\u00e9 psychique et&nbsp;dispositifs d\u2019intervention clinique. <em>Pratiques psychologiques<\/em>, <em>12<\/em>(2), 145-155.<\/p>\n\n\n\n<p>Racin, C. (2022). Du <em>projet<\/em> d\u2019institutionnalisation\u202f: de quoi parle-t-on\u202f? Dans C. Racin, C. Caleca, &amp; P. Gutton (dir.) <em>Le vieillissement saisi par le soin<\/em> (p. 247\u2011267). Paris&nbsp;: In Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Racin, C. (2019). De la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019institutionnalisation des soins de longue dur\u00e9e dans le grand vieillissement\u202f: Perspectives psychanalytiques autour des dynamiques du passage. <em>Revue de psychoth\u00e9rapie psychanalytique de groupe<\/em>, <em>73<\/em>(2), 199\u2011210.<\/p>\n\n\n\n<p>Racin, C. (2017). De l\u2019hospitalisation \u00e0 l\u2019institutionnalisation des soins de longue dur\u00e9e dans le grand vieillissement : \u00c9tude clinique, psychopathologique et projective du \u00ab&nbsp;travail de d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb (Th\u00e8se de doctorat de psychologie). Universit\u00e9 Paris Descartes &#8211; Sorbonne Paris Cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Racin, C.<\/strong> (2015). La chute : \u00ab \u00e0 corps d\u00e9fendant \u00bb, une ouverture sur le travail du vieillir&nbsp;? <em>G\u00e9rontologie et Soci\u00e9t\u00e9<\/em>, <em>37<\/em>(148), 35-46.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23829?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>UN CONTEXTE CLINIQUE SP\u00c9CIFIQUE Notre propos s\u2019inscrit dans un contexte clinique sp\u00e9cifique, celui d\u2019une pratique en service g\u00e9riatrique de Soins de Suite et de R\u00e9adaptation \u00e0 l\u2019h\u00f4pital (SSR). 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