{"id":22480,"date":"2022-04-04T13:38:00","date_gmt":"2022-04-04T11:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=22480"},"modified":"2022-04-05T15:46:56","modified_gmt":"2022-04-05T13:46:56","slug":"la-mere-morte-se-donne-a-entendre-dans-la-voix-de-certains-patients","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-mere-morte-se-donne-a-entendre-dans-la-voix-de-certains-patients\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La m\u00e8re morte se donne \u00e0 entendre dans la voix de certains patients\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Carnet Psy&nbsp;: Merci de nous accorder cet entretien consacr\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre texte d\u2019Andr\u00e9 Green, \u00ab&nbsp;La m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb. Pour commencer, nous pourrions revenir sur ce titre. Pourquoi Andr\u00e9 Green a-t-il intitul\u00e9 son texte \u00ab&nbsp;la m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb si, tout au long des pages, la m\u00e8re demeure bel et bien en vie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Green d\u00e9signe ici une exp\u00e9rience que peut traverser l\u2019enfant lorsque sa m\u00e8re, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 un objet chaleureux, excitant, vivant, source de vitalit\u00e9 et de gaiet\u00e9 pour lui, devient subitement froide, \u00e9teinte, atone, comme morte. Pr\u00e9sente et vivante, enlis\u00e9e dans une d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re (li\u00e9e \u00e0 un deuil r\u00e9el ou \u00e0 une d\u00e9ception ind\u00e9passable), cette m\u00e8re est subitement trop triste pour s\u2019int\u00e9resser (de fa\u00e7on vivante) \u00e0 son enfant. M\u00eame si elle est l\u00e0 (de sorte qu\u2019elle ne dispara\u00eet pas forc\u00e9ment du champ de perception) elle est comme de cire, enti\u00e8rement absorb\u00e9e en elle-m\u00eame dans un sinistre ailleurs&nbsp;: elle a perdu le gout de vivre. De cette pr\u00e9sence se d\u00e9gage une atmosph\u00e8re de d\u00e9pression \u00ab \u00e0 contre vie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce titre ne renvoie donc pas uniquement aux effets de l\u2019absence de la m\u00e8re, mais aux qualit\u00e9s particuli\u00e8res de sa pr\u00e9sence&nbsp;: une pr\u00e9sence morte. Peut-\u00eatre, hant\u00e9e par son propre suicide, se maintient-elle en vie \u00ab&nbsp;\u00e0 cause&nbsp;\u00bb de l\u2019existence de cet enfant&nbsp;? Et si elle porte la mort en elle, l\u2019enfant sent bien que m\u00eame si elle continue \u00e0 s\u2019occuper de lui, elle ne lui r\u00e9verb\u00e8re plus cette reconnaissance vibrante qui soutient ses assises narcissiques. Le type d\u2019angoisse suscit\u00e9 par ce changement brutal ne se situe pas tant du c\u00f4t\u00e9 de la perte ou d\u2019un deuil v\u00e9ritable mais plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 du vide, de l\u2019an\u00e9antissement, de la n\u00e9antisation. \u00ab&nbsp;Qu\u2019ai-je fait pour qu\u2019elle soit comme \u00e7a&nbsp;?&nbsp;\u00bb L\u2019existence m\u00eame est remise en cause. Green pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9pression soudaine (et non chronique), de sorte \u00e0 exposer subitement l\u2019enfant \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de perte du sens, au vide, \u00e0 l\u2019impuissance, \u00e0 la solitude, de fa\u00e7on comparable \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du deuil&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le trait essentiel de cette d\u00e9pression est qu\u2019elle a lieu en pr\u00e9sence de l\u2019objet, lui-m\u00eame absorb\u00e9 par le deuil.&nbsp;(\u2026)&nbsp;Ce changement de position subite, inh\u00e9rent \u00e0 une grave d\u00e9pression maternelle entra\u00eene chez l\u2019enfant une transformation de l\u2019imago maternelle&nbsp;\u00bb. Il faut ajouter \u00e0 cela que cette catastrophe dans la relation m\u00e8re-enfant a lieu \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019enfant est trop jeune pour \u00e9laborer psychiquement la situation. En plus de perdre une certaine qualit\u00e9 de lien, l\u2019enfant perd le sens. Ne trouvant pas d\u2019explication \u00e0 cette perte, et se vivant comme centre de l\u2019univers maternel, il peut s\u2019imaginer responsable de ce changement.<\/p>\n\n\n\n<p>Votre question me fait penser au travail de Freud sur l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 o\u00f9 Freud reprend les propos de Jentsch sur ce qui fabrique le sentiment d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9. L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9, affirme Freud, apparait lorsque l\u2019inanim\u00e9 pousse trop loin sa ressemblance avec le vivant. Dans \u00ab&nbsp;La m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb, il semblerait que l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 surgisse lorsque le vivant \u2013 en l\u2019occurrence la m\u00e8re \u2013 pousse trop loin sa ressemblance avec l\u2019inanim\u00e9. Ce qui donne lieu \u00e0 une impression tr\u00e8s vive et angoissante de vacillement entre le mort et le vivant, entre l\u2019inanim\u00e9 et l\u2019anim\u00e9. Que l\u2019on songe par exemple \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de certaines attractions de f\u00eates foraines o\u00f9, pris dans un train fant\u00f4me, on ne sait plus si les mannequins sont vivants ou inanim\u00e9s\u2026 Des s\u00e9ries contemporaines comme <em>Real human<\/em>, ou <em>Westworld<\/em>, ont magistralement cultiv\u00e9 ce sentiment inqui\u00e9tant relatif \u00e0 l\u2019incertitude intellectuelle quant \u00e0 la distinction des humains et des robot humano\u00efdes. Dans la vie quotidienne, certains patients dont l\u2019un des parents est pris dans une maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative, t\u00e9moignent de ce trouble profond lorsque leur p\u00e8re ou leur m\u00e8re ne les reconna\u00eet plus\u2026cela peut laisser imaginer ce qu\u2019\u00e9prouve l\u2019enfant \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 ses moyens psychiques pour \u00e9laborer ne lui permettent pas de rationaliser ou re-contextualiser la situation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce que l\u2019on pourrait lire la m\u00e8re morte comme un texte sur un drame d\u2019amour&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, il s\u2019agit d\u2019un texte sur une catastrophe dans la vie amoureuse. Et c\u2019est sans doute pour cela qu\u2019il nous parle \u00e0 tous et qu\u2019il a rencontr\u00e9 un \u00e9cho national et international si retentissant. Imaginons que l\u2019on soit amoureux d\u2019une personne qui ne r\u00e9ponde plus \u00e0 nos sollicitations de mani\u00e8re empathique, qui n\u2019\u00e9mette plus de r\u00e9verb\u00e9ration chaleureuse face \u00e0 nous, que l\u2019on se retrouve alors face \u00e0 un masque de cire, l\u2019effet produit, c\u2019est la stupeur, l\u2019effroi, mais surtout la perte de sens. Pourquoi ne m\u2019aime-t-elle plus&nbsp;? Qu\u2019ai-je pu faire ou dire&nbsp;? Ce changement d\u2019\u00e9tat thymique et contactuel constitue-t-il une feinte pour se d\u00e9barrasser de moi&nbsp;? Nous nous aimions, et aujourd\u2019hui, pour une raison inconnue, elle semble indiff\u00e9rente et absente, elle ne me parle plus, ou si peu, avec une voix atone, d\u00e9saffect\u00e9e&#8230; Les d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs d\u2019une probl\u00e9matique m\u00e9lancolique paraissent in\u00e9vitables. Green constate l\u2019effet d\u00e9sorganisateur de ces traumatismes pr\u00e9coces sur la vie amoureuse du futur adulte marqu\u00e9e d\u2019une grande difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019investir dans une relation amoureuse. Winnicott<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> (1971) relevait que les m\u00e8res d\u00e9prim\u00e9es n\u2019ont plus la possibilit\u00e9 d\u2019offrir \u00e0 leurs enfants de se voir dans leurs yeux. Les yeux de la m\u00e8re, consid\u00e9r\u00e9s comme premier miroir pour les yeux de l\u2019enfant, sont devenus ternes ; ne disposant plus du pouvoir de refl\u00e9ter \u2013 et de contenir narcissiquement \u2013 l\u2019appel au contact \u00e9motionnel \u00e9manant de l\u2019enfant. Dans le miroir sans teint de ces yeux obscurs tourn\u00e9s vers une douleur int\u00e9rieure ind\u00e9passable, l\u2019enfant ne per\u00e7oit plus son propre reflet mais plut\u00f4t l\u2019humeur sinistre de la m\u00e8re qui fait intrusion dans son espace et sa temporalit\u00e9 narcissique. Ces exp\u00e9riences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es participeraient \u00e0 la consolidation excessive du faux self et \u00e0 la fixation \u00e0 certaines composantes partielles (anales) des capacit\u00e9s transitionnelles. Dans une certaine mesure, la cr\u00e9ativit\u00e9 se fonde sur la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019illusionner. Ceux qui n\u2019ont pas eu la chance de s\u2019illusionner dans les yeux de la m\u00e8re, dans le regard de la m\u00e8re plus exactement, \u00e9prouveront des difficult\u00e9s \u00e0 s\u2019illusionner. Hors, Winnicott montre que pour accepter la d\u00e9sillusion, encore faut-il avoir \u00e9t\u00e9 illusionn\u00e9&nbsp;! La vie amoureuse de l\u2019adulte invite aux exp\u00e9riences d\u2019illusion et de croyance dans les vertus du lien. Si l\u2019on ne croit plus en rien, ni en soi, ni en l\u2019autre, il sera sans doute difficile de construire une vie amoureuse vitalisante et stabilisante. Chez le sujet qui a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 subitement et trop pr\u00e9cocement \u00e0 la perte du sens de la relation, cette question du lien amoureux reste souvent difficilement vivable, ne serait-ce parce qu\u2019elle \u2013 la pr\u00e9sence morte de cette m\u00e8re vivante &#8211; est encore en lui. L\u2019enfant ne perd pas la m\u00e8re morte mais l\u2019embaume, il l\u2019incorpore dans un registre m\u00e9lancolique pour survivre. La vie amoureuse est alors comme \u00ab&nbsp;hypoth\u00e9qu\u00e9e par la m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> de sorte qu\u2019aucun nouvel objet ne peut atteindre la dignit\u00e9 et la pr\u00e9gnance de cet objet fix\u00e9 et id\u00e9alis\u00e9. Il peut y avoir des passions amoureuses, des histoires d\u2019amour, mais quoi qu\u2019il arrive, tout se passe comme si le patient devenu le tombeau de la m\u00e8re morte, ne pouvait se r\u00e9soudre \u00e0 se s\u00e9parer de cette pr\u00e9sence morte en lui, comme on porte un b\u00e9b\u00e9, au fond de soi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment l\u2019enfant est-il amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ce d\u00e9sinvestissement soudain de la m\u00e8re morte&nbsp;? Peut-on identifier ici une forme d\u2019effacement psychique de l\u2019enfant&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour Green, l\u2019enfant apr\u00e8s avoir tent\u00e9 de r\u00e9animer ce lien par diverses conduites de d\u00e9sespoir (agitation, insomnie, terreurs nocturnes etc.) va bien souvent d\u00e9velopper plusieurs r\u00e9ponses d\u00e9fensives. La plus courante consiste en un mouvement unique \u00e0 deux versants&nbsp;: <em>le d\u00e9sinvestissement de l\u2019objet maternel et l\u2019identification inconsciente \u00e0 la m\u00e8re morte.<\/em> Dans ce d\u00e9sinvestissement assimilable \u00e0 un meurtre psychique, l\u2019objet est d\u00e9sinvesti sans haine. Il n\u2019est pas non plus oubli\u00e9, il peut \u00eatre pr\u00e9sent dans l\u2019espace de perception, mais il n\u2019existe pas, comme n\u00e9antis\u00e9. La destruction de cet objet fera place \u00e0 un \u00ab&nbsp;trou psychique&nbsp;\u00bb. L\u00e0 est un pas tr\u00e8s important franchi par la pens\u00e9e de Winnicott&nbsp;: la destruction ne se r\u00e9duit pas toujours \u00e0 une destruction de l\u2019objet, elle peut prendre la forme de n\u00e9gation de l\u2019existence de l\u2019objet. C\u2019est un meurtre par n\u00e9antisation de la personne en pr\u00e9sence de l\u2019autre&nbsp;: l\u2019objet est l\u00e0, pr\u00e8s de nous, mais on est ailleurs, hors d\u2019un lien de partage identifiant. Le deuxi\u00e8me versant de ce mouvement consiste en une identification (inconsciente) \u00e0 la m\u00e8re morte&nbsp;: l\u2019enfant mime en miroir \u2013 comme sur un mode empathique &#8211; cette m\u00e8re morte. Il pourra d\u00e9velopper ce potentiel de s\u2019abstraire de la r\u00e9alit\u00e9 affective ambiante de fa\u00e7on soudaine et inexpliqu\u00e9e, de s\u2019effacer psychiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux mouvements peuvent para\u00eetre superficiellement de nature contradictoire&nbsp;: Comment ou pourquoi s\u2019identifier \u00e0 un objet que l\u2019on d\u00e9sinvestit&nbsp;? Green montre habilement que cette identification est largement inconsciente. Comme je l\u2019\u00e9voquais, la m\u00e8re morte, d\u2019une certaine mani\u00e8re, devient un objet incorpor\u00e9. Et gr\u00e2ce \u00e0 cette op\u00e9ration le sujet fait exister un lien vivant en lui avec cet objet morbide internalis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi Green identifie le syndrome de la m\u00e8re morte tout particuli\u00e8rement chez de nombreux artistes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Green rel\u00e8ve la pr\u00e9sence de ce \u00ab&nbsp;syndrome&nbsp;\u00bb de la m\u00e8re morte chez de nombreux artistes dont certains sont v\u00e9ritablement et authentiquement \u00ab&nbsp;cr\u00e9atifs&nbsp;\u00bb mais pourtant totalement incapables d\u2019aimer. Green constate que la perte du sens provoqu\u00e9 par ce traumatisme relationnel oblige l\u2019enfant \u00e0 s\u2019engager dans des compulsions \u00e0 imaginer, \u00e0 penser, cr\u00e9er, intellectualiser pour tenter de comprendre ce qu\u2019il est en train de vivre. Il devient un pr\u00e9cocement un interpr\u00e8te sensible. Ce fol investissement dans cette capacit\u00e9 cr\u00e9ative de \u00ab&nbsp;jouer&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;manipuler&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;d\u00e9former&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;produire&nbsp;\u00bb les objets inanim\u00e9s peut \u00eatre \u00e9galement entendue comme une tentative d\u2019attirer l\u2019attention de la m\u00e8re pour la distraire ou la consoler. Ce \u00ab&nbsp;jouer\u2013cr\u00e9er&nbsp;\u00bb se situerait plus du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une attente de reconnaissance par l\u2019autre que d\u2019une possibilit\u00e9 de s\u2019accomplir et de s\u2019oublier dans la cr\u00e9ation. Cette stylisation singuli\u00e8re s\u2019\u00e9loigne ainsi de l\u2019optique kleinienne qui voit la \u00ab&nbsp;cr\u00e9ativit\u00e9&nbsp;\u00bb comme une r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p>Le surinvestissement de la cr\u00e9ativit\u00e9 peut s\u2019entendre comme une mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter la rencontre et le partage avec l\u2019objet. Pour Green, certains artistes choisissent la cr\u00e9ativit\u00e9 par-del\u00e0 la relation amoureuse, et m\u00eame pour s\u2019affranchir de l\u2019objet. Et pour cause&nbsp;! L\u2019objet est variable, incontr\u00f4lable, soumis \u00e0 une activit\u00e9 d\u00e9sirante propre&nbsp;: il peut appara\u00eetre et dispara\u00eetre \u00e0 sa guise, vous aimer et ne plus vous aimer, s\u2019installer progressivement dans votre monde interne pour dispara\u00eetre au moment o\u00f9 ce dernier commence juste \u00e0 faire une place pour cet objet\u2026 La cr\u00e9ativit\u00e9, elle, d\u00e9pend uniquement de vous. Et m\u00eame si elle contient l\u2019espoir d\u2019un retour positif de l\u2019autre et permet parfois un partage \u00e9motionnel, ce partage a souvent lieu au plan de la gratification narcissique. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un partage au sens fort du terme. Et sur un versant pervers, on pourrait m\u00eame avancer que ce qui est recherch\u00e9 chez l\u2019autre, c\u2019est une forme de reconnaissance \u00e0 valeur d\u2019\u00e9tayage narcissique. Ainsi, pervers et cr\u00e9ateur refusent tous deux d\u2019une certaine mani\u00e8re le monde tel qu\u2019il est pour lui pr\u00e9f\u00e9rer un monde cr\u00e9\u00e9 par eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette cr\u00e9ativit\u00e9 ne se confond pas avec une v\u00e9ritable transitionnalit\u00e9, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un espace transitionnel n\u00e9cessite de pouvoir supporter l\u2019absent. Pour supporter l\u2019absence, peut-\u00eatre faut-il avoir \u00e9t\u00e9 illusionn\u00e9, pouvoir cr\u00e9er la pr\u00e9sence sur fond d\u2019absence. Or, si la m\u00e8re est pr\u00e9sente mais absente, cela peut s\u2019av\u00e9rer tr\u00e8s difficile de composer avec l\u2019absence car l\u2019absence vient r\u00e9activer le caract\u00e8re traumatique du complexe de la m\u00e8re morte. Mais dans certaines manifestations cliniques, la solution \u00ab&nbsp;cr\u00e9ative&nbsp;\u00bb est loin d\u2019\u00eatre trouv\u00e9e&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle forme prend alors le syndrome de la m\u00e8re morte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0On trouve alors des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019\u00ab\u00a0hyperactivit\u00e9\u00a0\u00bb, d\u2019agitation maniaque, o\u00f9 le sujet est incapable de fixer son attention sur un seul objet, on trouve \u2013 dans un d\u00e9guisement par contraire \u2013 la marque d\u2019un m\u00eame d\u00e9sespoir, le d\u00e9sespoir m\u00e9lancolique. Comment faire tenir l\u2019objet sans un minimum de croyance dans le fait que cet objet sera capable de tenir, d\u2019exister, de survivre\u00a0? Dans l\u2019expression mythomane, il y aurait cette tentative effr\u00e9n\u00e9e de maintenir pr\u00e9sente l\u2019illusion d\u2019un moi id\u00e9al depuis longtemps bless\u00e9, ab\u00eem\u00e9, destitu\u00e9, mais le sujet n\u2019en veut rien savoir, car ce serait pour lui tomber dans le n\u00e9ant. C\u2019est sans doute aussi le cas dans les conduites de d\u00e9pendance o\u00f9 l\u2019objet proth\u00e8se \u2013 b\u00e9quille d\u2019un Moi bless\u00e9 \u2013 tente de lui faire croire qu\u2019il peut tout, et qu\u2019avec cet objet, il s\u2019auto-suffit. L\u2019\u00e9nergie que pourra d\u00e9penser un sujet \u00e0 s\u2019accrocher d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 son objet d\u2019\u00e9lection est \u00e0 la mesure du vide int\u00e9rieur que laisserait la perte de cet objet, ou de la blessure h\u00e9morragique qu\u2019elle ouvrirait dans un moi peu assur\u00e9 de sa consistance. Ces solutions esquiss\u00e9es (agitation st\u00e9rile, manies, d\u00e9pendances, mythomanie) peuvent constituer d\u2019autres destin\u00e9es par lesquelles le sujet tentera de remplir et combler de fa\u00e7on d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et compulsive ces trous psychiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une patiente embl\u00e9matique qui donne \u00e0 penser sur ce texte, c\u2019est Marilyn Monroe\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, dans le livre <em>Illusions et d\u00e9sillusions du travail psychanalytique,<\/em>&nbsp;Green introduit son propos par une r\u00e9flexion sur la cure analytique de Marylin Monroe avec Ralph Greenson, s\u2019appuyant sur l\u2019analyse fictionnelle fine et magistrale qu\u2019en donne Michel Schneider dans <em>Marylin, derni\u00e8res s\u00e9ances<\/em>. On sait que Marylin connut des traumatismes pr\u00e9coces et qu\u2019elle se consuma dans des amours toujours insatisfaisants. Si Green ne revient pas formellement sur ce point, on retrouve pourtant dans le personnage de M. Monroe, tel qu\u2019il est pr\u00e9sent\u00e9 par Schneider, le complexe de la m\u00e8re morte. Marilyn porte l\u2019objet inconnu du deuil de la m\u00e8re morte, comme le laissent \u00e0 penser ces propos qu\u2019elle tint \u00e0 son analyste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ma m\u00e8re, je ne sais pas ce qu\u2019elle voulait faire de moi. Une morte&nbsp;? C\u2019est \u00e9trange, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 vous que je peux le dire. Je dis toujours aux journalistes que ma m\u00e8re est morte. Elle vit toujours, mais je dis vrai quand je dis qu\u2019elle est morte. Quand on m\u2019a mise \u00e0 l\u2019Orphelinat d\u2019El Centro Avenue, je criais&nbsp;: Non je ne suis pas orpheline. J\u2019ai une m\u00e8re. Elle a des cheveux rouges et des mains douces. Je disais vrai sauf qu\u2019elle ne posait jamais ses mains sur moi&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup d\u2019auteurs importants se sont pench\u00e9s sur les diff\u00e9rentes figures de ce syndrome de la m\u00e8re morte. Les textes de Romain Gary sont int\u00e9ressants aussi car la m\u00e8re de Gary ne laissait pas \u00e0 l\u2019enfant sa place de sujet. L\u2019\u0153uvre de Gary met en lumi\u00e8re un autre versant de la m\u00e8re morte o\u00f9 cette derni\u00e8re est tellement pr\u00e9sente aupr\u00e8s de son enfant qu\u2019elle lui prend sa place et le prive de la &nbsp;possibilit\u00e9 de reconnaitre ses propres sensations et \u00e9motions. Cette m\u00e8re ne cesserait de dire \u00e0 l\u2019enfant&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu ressens ceci, tu penses cela etc.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce texte appartient \u00e0 un recueil intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Narcissisme de vie, narcissisme de mort&nbsp;\u00bb. Quelle place occupe la question du narcissisme dans la m\u00e8re morte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce texte, Green approfondit tout un pan de recherche qu\u2019il dit avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9laiss\u00e9 par Freud \u00e0 savoir les liens entre le narcissisme et les pulsions de mort et la destructivit\u00e9. Dans le mythe, souvenez-vous que Narcisse est un enfant issu d\u2019un viol et qu\u2019il meurt de d\u00e9sespoir de ne pouvoir s\u2019aimer lui-m\u00eame, de constater que son amour est une image dans laquelle il ne se reconnait pas, un leurre impossible \u00e0 atteindre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019oracle Tir\u00e9sias avait annonc\u00e9 que si cet enfant voulait survivre, il ne devait pas \u00ab&nbsp;se connaitre&nbsp;\u00bb <a>ou<\/a><a href=\"#_msocom_1\">[KH1]<\/a>&nbsp; rencontrer son image dans un miroir. Si tous les miroirs doivent dispara\u00eetre des endroits o\u00f9 il se trouve, qu\u2019en \u00e9tait-il du miroir des yeux de sa m\u00e8re Liriope&nbsp;? Comment une m\u00e8re regarde-t-elle l\u2019enfant issu d\u2019un viol&nbsp;? Un enfant dont l\u2019existence m\u00eame n\u2019a non seulement pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9sir\u00e9e, mais est issue d\u2019un abus de force&nbsp;? Mais quand on sait, lisant Winnicott, que le premier miroir est le visage de la m\u00e8re, on peut se demander si Narcisse a pu se reconnaitre dans le miroir des yeux maternels avec une empathie et une r\u00e9verb\u00e9ration chaleureuses. \u00ab&nbsp;(\u2026) La m\u00e8re regarde le b\u00e9b\u00e9 et ce que son visage exprime est en relation avec ce qu\u2019elle voit&nbsp;\u00bb, nous dit Winnicott<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. Pouvait-elle-m\u00eame le regarder&nbsp;? Le destin de Narcisse est d\u2019aller du c\u00f4t\u00e9 de la mort, de la m\u00e9lancolie et de se dess\u00e9cher. En se m\u00e9tamorphosant dans une fleur qui pousse dans l\u2019eau, il retourne en quelque sorte pr\u00e8s de son p\u00e8re C\u00e9phise (Dieu du fleuve).<\/p>\n\n\n\n<p>Je trouve que c\u2019est int\u00e9ressant d\u2019articuler ce complexe de la m\u00e8re morte au mythe de Narcisse puisque Narcisse est un \u00eatre qui n\u2019acc\u00e8de pas \u00e0 l\u2019amour ou alors uniquement \u00e0 son leurre, \u00e0 son image. Apr\u00e8s avoir ignor\u00e9 et rejet\u00e9 l\u2019amour de la nymphe \u00c9cho, Narcisse se voit puni par N\u00e9m\u00e9sis, d\u00e9esse de la vengeance, qui le conduit face \u00e0 la fontaine-miroir dans laquelle il se verra, et sombrera, \u00e9pris de son image et confirmant l\u2019oracle de Tir\u00e9sias. Quand on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la clinique des fonctionnements limites, on se rend compte combien nombre de sujets ont du mal \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 une vie amoureuse stable du fait de solutions d\u00e9fensives extr\u00eamement f\u00e9roces faisant alterner subitement d\u00e9alisation et d\u00e9valorisation primitive. Une image parfaite est id\u00e9alis\u00e9e mais d\u00e8s qu\u2019elle est entach\u00e9e par les besoins de la vie, c\u2019est parfois le suicide.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;\u00ab&nbsp;Le complexe de la m\u00e8re morte est une r\u00e9v\u00e9lation du transfert&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00e9crit Green. Pourriez-vous nous donner \u00e0 comprendre ces manifestations transf\u00e9rentielles de la m\u00e8re morte&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Essai sur la m\u00e8re morte<\/em>, dirig\u00e9 par Gregorio Kohon, Christopher Bollas \u00e9crit un texte, <em>M\u00e8re morte, enfant mort<\/em>, dans lequel il raconte l\u2019histoire d\u2019un jeune homme, Antonio, qui r\u00e9p\u00e8te un certain nombre de sch\u00e9mas tant du point de vue professionnel qu\u2019amoureux. Le patient de Christopher Bollas r\u00e9p\u00e8te cette s\u00e9quence investissement\/d\u00e9sinvestissement au travail et dans la vie amoureuse. Et Bollas d\u00e9crit alors une s\u00e9quence de l\u2019analyse au cours de laquelle le patient se met \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter mot \u00e0 mot les paroles de l\u2019analyste. Il lui renvoie un \u00e9cho, au sens propre. Bollas est d\u2019abord interloqu\u00e9 puis, lorsqu\u2019il propose au patient de revenir sur cette s\u00e9quence, celui-ci r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah, \u00e7a, ce n\u2019est rien&nbsp;!&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, cette formulation&nbsp;\u00ab ce n\u2019est rien \u00bb revient souvent dans le transfert avec ces patients, comme s\u2019ils \u00e9taient atteints d\u2019une mort psychique, presque morts \u00e0 l\u2019\u00e9change. Alors on peut imaginer que si le th\u00e9rapeute reste dans un total silence, s\u2019il n\u2019engage pas sa pr\u00e9sence et reste dans une stricte position d\u2019abstinence, il puisse venir lui-m\u00eame incarner la m\u00e8re morte. En ce qui concerne la technique analytique et le dispositif, Green est clair&nbsp;: pratiquer l\u2019analyse orthodoxe en restant un analyste silencieux comme un sphinx face \u00e0 un sujet qui pr\u00e9sente beaucoup de difficult\u00e9s avec l\u2019absence est une contre-indication. Il aurait tendance \u00e0 lui proposer plut\u00f4t une psychoth\u00e9rapie analytique, interactive o\u00f9 l\u2019analyste sollicite le patient pour ne pas la laisser dans le vide. Des dispositifs th\u00e9rapeutiques comme le psychodrame ou les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques peuvent \u00eatre tr\u00e8s adapt\u00e9s pour ces patients en sollicitant un travail du c\u00f4t\u00e9 de la symbolisation primaire, que ce soit \u00e0 partir des formes musicales, corporelles ou du toucher par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, pour vous r\u00e9pondre du c\u00f4t\u00e9 du transfert, la m\u00e8re morte se donne \u00e0 entendre dans la voix de certains patients. Je ne sais pas si Green avait lu <em>Fragments d\u2019un discours amoureux <\/em>de Barthes&nbsp;mais au chapitre <em>Fading, <\/em>Barthes ne parle pas d\u2019autre chose que du complexe de la m\u00e8re morte. Barthes \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;FADING&nbsp;:&nbsp;\u00c9preuve douloureuse selon laquelle l\u2019\u00eatre aim\u00e9 semble se retirer de tout contact, sans m\u00eame que cette indiff\u00e9rence \u00e9nigmatique soit dirig\u00e9e contre le sujet amoureux ou prononc\u00e9e au profit de qui que ce soit d\u2019autre, monde ou rival.&nbsp;(\u2026) Le fading de l\u2019autre, quand il se produit, m\u2019angoisse parce qu\u2019il semble sans cause et sans terme. Tel un mirage triste, l\u2019autre s\u2019\u00e9loigne, se reporte \u00e0 l\u2019infini et je m\u2019\u00e9puise \u00e0 l\u2019atteindre. \u00bb<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a> Il poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il est des cauchemars o\u00f9 la m\u00e8re appara\u00eet, le visage empreint d\u2019un air s\u00e9v\u00e8re et froid. Le fading de l\u2019objet aim\u00e9, c\u2019est le retour terrifiant de la Mauvaise m\u00e8re, le retrait inexplicable de l\u2019amour, le d\u00e9laissement bien connu des mystiques&nbsp;: Dieu existe, la m\u00e8re est pr\u00e9sente, mais <em>ils n\u2019aiment plus<\/em>. Je ne suis pas d\u00e9truit, mais <em>laiss\u00e9 l\u00e0<\/em>, comme un d\u00e9chet.&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a> Barthes insiste sur le grain de la voix. Ce <em>fading de l\u2019autre<\/em> se ressent et tient dans la qualit\u00e9 d\u2019une voix, une voix sans \u00e2ge, une voix sans \u00e2me, une voix en ruine (d\u00e9saffect\u00e9e)&nbsp;: \u00ab La voix supporte, donne \u00e0 lire et pour ainsi dire accomplit l\u2019\u00e9vanouissement de l\u2019\u00eatre aim\u00e9, car il appartient \u00e0 la voix de mourir. Ce qui fait la voix, c\u2019est ce qui, en elle, me d\u00e9chire \u00e0 force de devoir mourir, comme si elle \u00e9tait tout de suite et ne pouvait \u00eatre jamais rien d\u2019autre qu\u2019un souvenir. Cet \u00eatre fant\u00f4me de la voix, c\u2019est l\u2019inflexion. L\u2019inflexion, en quoi se d\u00e9finit toute voix, c\u2019est ce grain sonore qui se d\u00e9sagr\u00e8ge et s\u2019\u00e9vanouit. La voix de l\u2019\u00eatre aim\u00e9, je ne la connais jamais que morte, rem\u00e9mor\u00e9e, rappel\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ma t\u00eate, bien au-del\u00e0 de l\u2019oreille&nbsp;; voix t\u00e9nue et cependant monumentale, puisqu\u2019elle est de ces objets qui n\u2019ont d\u2019existence qu\u2019une fois disparus.&nbsp;\u00bb (p. 131). Et il poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Rien de plus d\u00e9chirant qu\u2019une voix aim\u00e9e et fatigu\u00e9e&nbsp;: voix ext\u00e9nu\u00e9e, rar\u00e9fi\u00e9e, exsangue, pourrait-on dire, voix tout au bout du monde, qui va s\u2019engloutir tr\u00e8s loin dans des eaux froides&nbsp;: elle est sur le point de mourir&nbsp;: la fatigue, c\u2019est l\u2019infini m\u00eame&nbsp;: ce qui n\u2019en finit pas de finir. Cette voix, br\u00e8ve, courte, presque malgracieuse \u00e0 force de raret\u00e9, ce presque rien de la voix aim\u00e9e et distante, devient en moi un bouchon monstrueux, comme si un chirurgien m\u2019enfon\u00e7ait un gros tampon de ouate dans la t\u00eate.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> A. Green, 2010, <em>Pourquoi les pulsions de destruction ou de mort&nbsp;?<\/em> Paris, Editions de l\u2019Ithaque, p. 127.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Winnicott D. W. (1971), Le r\u00f4le de miroir de la m\u00e8re et de la famille dans le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant, in <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9, <\/em>Paris, Gallimard, 1975, pp. 153-162.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Green A, 1980, Op. cit., p 236.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> WINNICOTT D.W., (1971), Jeu et r\u00e9alit\u00e9, Gallimard, 1975, p.205<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Roland Barthes, 1977, Op. cit., p. 129<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Barthes R, 1977, Ibidem, p. 130.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<a href=\"#_msoanchor_1\">[KH1]<\/a>Cet aspect n&rsquo;apparait pas dans les textes que tu m&rsquo;as envoy\u00e9 et je trouve int\u00e9ressant ce d\u00e9veloppement sur le mythe de Narcisse. Si tu veux en dire un mot de plus&#8230; ?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22480?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carnet Psy&nbsp;: Merci de nous accorder cet entretien consacr\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre texte d\u2019Andr\u00e9 Green, \u00ab&nbsp;La m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb. Pour commencer, nous pourrions revenir sur ce titre. Pourquoi Andr\u00e9 Green a-t-il intitul\u00e9 son texte \u00ab&nbsp;la m\u00e8re morte&nbsp;\u00bb si, tout au long des&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1230,1214,2461],"thematique":[244,629,2478,832],"auteur":[1414],"dossier":[2529],"mode":[60],"revue":[2528],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-22480","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-a-la-une","rubrique-psychanalyse","rubrique-un-auteur-une-oeuvre","thematique-depression","thematique-deuil","thematique-enfant","thematique-etat-limites","auteur-vincent-estellon","dossier-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","mode-payant","revue-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22480","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22480"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22480\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22526,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22480\/revisions\/22526"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22480"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=22480"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=22480"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=22480"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=22480"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=22480"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=22480"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=22480"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=22480"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}