{"id":22478,"date":"2022-04-03T13:35:00","date_gmt":"2022-04-03T11:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=22478"},"modified":"2022-04-05T15:41:41","modified_gmt":"2022-04-05T13:41:41","slug":"le-hikikomori-retrait-social-severe-des-adolescents-et-jeunes-adultes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-hikikomori-retrait-social-severe-des-adolescents-et-jeunes-adultes\/","title":{"rendered":"Le hikikomori retrait social severe des adolescents et jeunes adultes"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>QUESTIONS PR\u00c9LIMINAIRES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Dans les ann\u00e9es 1990 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit au Japon<\/strong> chez des jeunes hommes des conduites de retrait s\u00e9v\u00e8re de plus de 6 mois et pouvant durer des ann\u00e9es, r\u00e9alisant un v\u00e9ritable effacement social, scolaire et professionnel. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne a suscit\u00e9 un tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat dans le grand public et les milieux m\u00e9dicaux, aboutissant dans les ann\u00e9es 2000 \u00e0 la publication par le minist\u00e8re japonais de la sant\u00e9, d\u2019un livre blanc. Le ph\u00e9nom\u00e8ne a continu\u00e9 \u00e0 prendre de l\u2019ampleur au Japon o\u00f9 l\u2019on consid\u00e8re que plus de 500&nbsp;000 sujets sont reclus volontairement. Devant la description de cas de Hikikomori dans de nombreux pays y compris au-del\u00e0 du continent asiatique, certains auteurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 d\u00e9crire le ph\u00e9nom\u00e8ne comme une pand\u00e9mie mondiale (Kato, 2011).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De nombreuses questions ont surgi<\/strong> \u00e0 la suite des premi\u00e8res descriptions puis de leur extension. Au-del\u00e0 des enjeux de d\u00e9limitation du Hikikomori, sa nature g\u00e9n\u00e8re de vifs d\u00e9bats, car elle m\u00eale probl\u00e9matiques individuelle, familiale et soci\u00e9tale, tout comme les enjeux intrapsychiques mobilis\u00e9s. Nous tenterons \u00e0 partir de quelques fragments cliniques de dessiner les deux grandes formes de Hikikomori que l\u2019opposition Hikikomori primaire et secondaire ne recouvre pas enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>LE HIKIKOMORI UN PH\u00c9NOM\u00c8NE AUX FRONTI\u00c8RES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Les questions suscit\u00e9es par le ph\u00e9nom\u00e8ne de Hikikomori<\/strong> le placent aux fronti\u00e8res de la nosographie classique, du normal et du pathologique, du culturel et de l\u2019universel, de l\u2019individuel et du groupal. La m\u00e9taphore g\u00e9ographique du terme de fronti\u00e8re s\u2019impose \u00e0 la fois dans sa valence de d\u00e9limitation et dans celle de d\u00e9bat, de confrontation, entre enjeux et travail de fronti\u00e8re \u00e0 l\u2019adolescence (De Luca, 2019) et rend compte de la part processuelle du Hikikomori \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e2ge adulte ou de son arr\u00eat et de son figement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une d\u00e9finition et des questions<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Les crit\u00e8res retenus<\/strong> par le minist\u00e8re japonais de la sant\u00e9, en 2003, pour d\u00e9finir le Hikikomori sont au nombre de 5&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li>un mode de vie centr\u00e9 \u00e0 la maison,<\/li><li>pas d\u2019int\u00e9r\u00eat ou de volont\u00e9 d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou au travail,<\/li><li>une persistance des sympt\u00f4mes pendant au moins 6 mois,<\/li><li>une schizophr\u00e9nie, un retard mental ou tout autre trouble mental ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s<\/li><li>parmi ceux qui n\u2019ont pas d\u2019int\u00e9r\u00eat ou de volont\u00e9 d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou au travail, ceux qui maintiennent des relations interpersonnelles (par exemple avec des amis) en sont exclus.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>Le caract\u00e8re strict des crit\u00e8res<\/strong> de cette d\u00e9finition fait l\u2019objet de nombreuses critiques, d\u2019o\u00f9 l\u2019amendement de la d\u00e9finition en 2010 par un groupe de travail men\u00e9 par le professeur Sato. Ainsi le Hikikomori est un \u00ab&nbsp;ph\u00e9nom\u00e8ne dans lequel des personnes restent recluses dans leur propre maison, \u00e9vitant diverses situations sociales (par exemple aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole, travailler, avoir des interactions sociales en dehors du domicile\u2026) pendant au moins 6 mois. Ils peuvent sortir de chez eux mais n\u2019ont aucun contact social. En principe, le Hikikomori est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9tat non psychotique se distinguant en cela du retrait social li\u00e9 \u00e0 une symptomatologie positive ou n\u00e9gative de la schizophr\u00e9nie. Cependant, il existe une possibilit\u00e9 de signes prodromiques de schizophr\u00e9nie&nbsp;\u00bb (Sato, 2010). La dur\u00e9e du retrait continue \u00e0 faire l\u2019objet de d\u00e9bat, et plusieurs sp\u00e9cialistes d\u2019adolescents penchent plut\u00f4t pour une dur\u00e9e de 4 mois de retrait pour engager une \u00e9valuation, afin de limiter les cons\u00e9quences particuli\u00e8rement n\u00e9fastes \u00e0 cet \u00e2ge de la claustration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Hikikomori apparait<\/strong> dans un contexte culturel particulier au Japon de transformation de la soci\u00e9t\u00e9 dans les suites de Hiroshima et Nagasaki. Les valeurs occidentales, celles des vainqueurs deviennent dominantes, les valeurs traditionnelles, celles des perdants \u00e9tant rejet\u00e9es.&nbsp; Comme y insiste Suzuki, l\u2019effacement de certains rep\u00e8res culturels semble faire le lit du Hikikomori \u00ab&nbsp;La r\u00e9serve voire l\u2019isolement sont progressivement vus comme les manifestations de difficult\u00e9s adaptatives, une attitude n\u00e9vrotique qui pourrait entra\u00eener le d\u00e9veloppement d\u2019un authentique trouble mental&nbsp;\u00bb (Suzuki, 2020, p. 2). D\u2019un comportement autrefois valoris\u00e9 car associ\u00e9 \u00e0 une forme de modestie, l\u2019effacement devient probl\u00e9matique dans une soci\u00e9t\u00e9 infiltr\u00e9e par des repr\u00e9sentations d\u2019un masculin actif et conqu\u00e9rant. La pression \u00e0 r\u00e9ussir p\u00e8se lourdement sur les jeunes hommes, le retrait apparaissant alors comme un refus de se conformer \u00e0 cet id\u00e9al ou \u00e0 une mise en jach\u00e8re face \u00e0 une demande de r\u00e9ussite trop exigeante.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Histoire et actualit\u00e9 des conduites de retrait s\u00e9v\u00e8re<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e2ge de d\u00e9but du Hikikomori<\/strong> est principalement la fin de l\u2019adolescence et l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e2ge adulte, ce qui le diff\u00e9rencie des descriptions psychiatriques plus anciennes. Ainsi dans les ann\u00e9es 1950 en France R. Gayral (1953) propose d\u2019\u00e9tudier \u00ab&nbsp;le syndrome de claustration&nbsp;\u00bb qui selon lui se rencontre dans des configurations psychopathologiques vari\u00e9es et qui se divise en deux formes&nbsp;:&nbsp; la claustration passive dont le n\u00e9gativisme schizophr\u00e9nique est le mod\u00e8le et la claustration active dans laquelle le sujet se pr\u00e9serve d\u2019une menace et d\u2019un danger venant de l\u2019ext\u00e9rieur comme peut le faire le parano\u00efaque. Il d\u00e9crit aussi des conduites de retrait volontaire dans les troubles anxieux s\u00e9v\u00e8res, rejoignant en cela les descriptions anglo-saxonnes du \u00ab&nbsp;<em>housebound syndrome<\/em>&nbsp;\u00bb (Kraft, 1970) qui se rencontre principalement chez les femmes et renvoie \u00e0 une forme s\u00e9v\u00e8re d\u2019agoraphobie (Rap, 1983). Gayral fait lui aussi r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des comportements existant depuis longtemps et d\u00e9crites par les ali\u00e9nistes du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle la \u00ab&nbsp;sp\u00e9luncophilie&nbsp;\u00bb litt\u00e9ralement amour des grottes, et le lectuarisme, inclinaison \u00e0 rester au lit. La pratique religieuse \u00e0 cette p\u00e9riode conduisait des hommes \u00e0 vivre reclus de la soci\u00e9t\u00e9 dans une asc\u00e8se port\u00e9e comme un id\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si dans la d\u00e9finition premi\u00e8re du Hikikomori<\/strong> figure l\u2019exclusion d\u2019une pathologique, des hikikomoris primaires et secondaires ont \u00e9t\u00e9 ensuite d\u00e9limit\u00e9s. Dans la premi\u00e8re forme, le sujet ne pr\u00e9sente aucune pathologique mais nous dit Suzuki (2020), on peut retrouver un \u00e9vitement de certaines \u00e9preuves de la scolarit\u00e9 comme l\u2019examen d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9, une fragilit\u00e9 narcissique induisant une faible estime de lui, une grande sensibilit\u00e9 au regard des autres et une forte d\u00e9pendance aux id\u00e9aux familiaux. Pour les formes secondaires de Hikikomori, on retrouve la pr\u00e9sence de troubles schizophr\u00e9niques, d\u00e9pressifs, autistiques, anxieux et n\u00e9vrotiques s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qu\u2019il soit primaire ou secondaire<\/strong> le hikikomori peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019expression contemporaine d\u2019une souffrance \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019\u00e2ge adulte (De Luca, 2017). Les premi\u00e8res descriptions et le nombre important du Hikikomori au Japon en font le berceau d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 dans le monde occidental. L\u2019expression clinique d\u2019un malaise g\u00e9n\u00e9rationnel semble pris dans la mondialisation et l\u2019amour de la culture japonaise, port\u00e9e par les mangas et les anim\u00e9s, favoriserait une porosit\u00e9 dans les formes d\u2019expression de la d\u00e9tresse psychique. La derni\u00e8re version de la classification am\u00e9ricaine des troubles mentaux a refus\u00e9 d\u2019inscrire le Hikikomori dans les syndromes li\u00e9s \u00e0 la culture \u00ab&nbsp;Culture bound syndrome&nbsp;\u00bb comme le demandait des psychiatres sp\u00e9cialistes du Hikikomori (Teo, 2010) mais l\u2019a qualifi\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u2019idiome culturel&nbsp;\u00bb. Cette proposition est int\u00e9ressante non pas dans sa valeur nosographique mais dans une approche processuelle du Hikikomori en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne touchant une population de jeunes hommes emp\u00eatr\u00e9s dans des exigences individuelles, familiales et soci\u00e9tales et dont la seule \u00e9chappatoire est l\u2019effacement de toutes ces pressions en se retirant dans leur chambre. Cet espace vient au secours d\u2019un sujet fragilis\u00e9 par le processus pubertaire et les bouleversements psychiques qui l\u2019accompagnent nous y reviendrons, en d\u00e9limitant et en renfor\u00e7ant des fronti\u00e8res avec les autres et les l\u2019ext\u00e9rieur et en en limitant les sollicitations. Les r\u00e9seaux sociaux, les jeux vid\u00e9o et internet participent de cette logique de filtration et de tamisage des \u00e9changes avec les autres. Les Hikikomori ne sont ni des geeks ni des sujets addicts aux jeux ou aux r\u00e9seaux sociaux (Kato, 2020), ils les utilisent pour garder un lien avec l\u2019ext\u00e9rieur et ils peuvent \u00eatre un support th\u00e9rapeutique particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour les rencontrer et pour limiter les cons\u00e9quences de leur effacement social.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>FRAGMENTS CLINIQUES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>La rencontre clinique avec des sujets Hikikomori<\/strong> nous incite \u00e0 penser leur organisation autour de formes, l\u2019une comme une mise en jach\u00e8re du processus adolescent, et la seconde comme un gel de ce m\u00eame processus. Nous avons choisi deux vignettes cliniques illustrant ces formes dont nous discuterons ensuite les enjeux psychopathologiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Zac a 15 ans il est rest\u00e9 reclus<\/strong> pendant pr\u00e8s de 18 mois. Apr\u00e8s une derni\u00e8re comp\u00e9tition victorieuse d\u2019un sport collectif o\u00f9 il excelle, il a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus quitter sa chambre et ce, six mois apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s brutal de sa m\u00e8re. En effet, ayant lu sur internet que cela correspondait au temps pour faire son deuil et donc accepter sa disparition, il a tout fait pour retarder le plus possible ce risque en tentant de maintenir vivant le souvenir de sa m\u00e8re, plongeant dans les odeurs de ses v\u00eatements, passant de longues heures \u00e0 sa fen\u00eatre \u00e0 scruter l\u2019arbre sous lequel ses cendres avaient \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9es. Les soins individuels, groupaux, au Centre M\u00e9dico Psychologique, \u00e0 domicile avaient tous fait l\u2019objet d\u2019un refus ferme et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de sa part. Son p\u00e8re avait fini par reconna\u00eetre que, m\u00eame si les cours dispens\u00e9s \u00e0 domicile lui permettaient de garder un bon niveau scolaire, l\u2019absence de liens avec d\u2019autres adolescents et l\u2019arr\u00eat de toutes ses activit\u00e9s \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9judiciable pour l\u2019avenir de Zac. Une hospitalisation avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e, r\u00e9activant culpabilit\u00e9 pour le p\u00e8re et angoisses de perte et d\u2019abandon pour Zac. Pourtant tr\u00e8s rapidement il s\u2019\u00e9tait int\u00e9gr\u00e9 au groupe des adolescents hospitalis\u00e9s, il avait particip\u00e9 aux activit\u00e9s, il avait m\u00eame pu prendre des permissions et revenir pour poursuivre ses soins sans opposition de sa part. La sortie avait \u00e9t\u00e9 act\u00e9e par Zac et son p\u00e8re suite \u00e0 une relation sexuelle avec une jeune patiente du service, p\u00e8re et fils s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9s pour conclure que cela \u00e9tait la preuve que Zac allait bien mieux et qu\u2019il pouvait reprendre sa vie en dehors de l\u2019h\u00f4pital et poursuivre des soins en consultation. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dan a 22 ans, il est le dernier d\u2019une fratrie<\/strong> de 4 gar\u00e7ons dont l\u2019a\u00een\u00e9 \u00e0 40 ans. Il a fait une d\u00e9pression \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans avec une tentative de suicide dans un contexte de dysmorphophobie et de harc\u00e8lement scolaire. Il n\u2019a plus quitt\u00e9 sa chambre, suivant sa scolarit\u00e9 \u00e0 domicile sans pouvoir passer son bac, car la section scientifique dans laquelle il \u00e9tait inscrit n\u00e9cessitait des travaux pratiques qu\u2019il n\u2019avait pu r\u00e9aliser faute de laboratoire et de mat\u00e9riel \u00e0 domicile. A l\u2019\u00e2ge de 18 ans il a vid\u00e9 son livret et est parti dans un pays lointain pour monter une soci\u00e9t\u00e9. Il avait gard\u00e9 ce projet secret pour que personne ne le lui vole. Apr\u00e8s 3 semaines, il a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9 par l\u2019ambassade de France. Il s\u2019\u00e9tait fait d\u00e9pouiller de tout son argent, il errait dans les rues, sale, amaigri demandant de l\u2019aide pour pr\u00e9venir ses parents. Ses parents ont accueilli son retour avec un tr\u00e8s grand soulagement, ils \u00e9taient morts d\u2019inqui\u00e9tude diront-ils. 4 ans plus tard c\u2019est la m\u00eame angoisse extr\u00eame qui les a conduits \u00e0 consulter pour leur fils. Les 40 ans de leur fils ain\u00e9 et les 70 ans du p\u00e8re de Dan sont venus r\u00e9activer une angoisse de mort et leur demande d\u2019aider leur fils \u00e0 sortir de sa chambre et \u00e0 trouver un travail. En raison de l\u2019agressivit\u00e9 face \u00e0 toute intervention \u00e0 domicile et \u00e0 la proposition de consultation d\u2019\u00e9valuation, une hospitalisation a \u00e9t\u00e9 mise en place. L\u2019arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital a entra\u00een\u00e9 une angoisse extr\u00eame avec des attitudes de repli et de mutisme, qui ont pu progressivement \u00eatre lev\u00e9es par la mise en place d\u2019une relation, au d\u00e9but duelle, avec les soignants et d\u2019un accompagnement aux gestes du quotidien, la r\u00e9gression manifeste appelant \u00e0 une contenance et un holding. Dan a pu quitter sa chambre tr\u00e8s partiellement pour explorer avec un soignant le service, puis l\u2019ext\u00e9rieur et enfin le parc. Il ne pouvait rien faire seul, sans pouvoir se m\u00ealer au groupe des patients. Les activit\u00e9s \u00e0 m\u00e9diation ont d\u00e9but\u00e9 en individuel, puis en petit groupe ferm\u00e9. La massivit\u00e9 des angoisses et la dimension traumatique de la confrontation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ont n\u00e9cessit\u00e9 la mise en place d\u2019un traitement m\u00e9dicamenteux qui a particip\u00e9 \u00e0 un assouplissement des d\u00e9fenses et la reprise d\u2019un commerce objectal moins effractant. L\u2019am\u00e9lioration clinique a conduit les parents de Dan \u00e0 demander sa sortie au motif qu\u2019il avait accept\u00e9 un emploi dans le commerce d\u2019un membre de leur famille. Six mois plus tard, les parents qui fr\u00e9quentaient toujours le groupe parents du service ont annonc\u00e9 qu\u2019il avait regagn\u00e9 sa chambre parce que le travail le fatiguait trop mais ils \u00e9taient persuad\u00e9s que cela n\u2019\u00e9tait que transitoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>ENJEUX PSYCHIQUES MOBILIS\u00c9S DANS LES CONDUITES DE RETRAIT S\u00c9V\u00c8RES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Les Hikikomori rencontr\u00e9s au Japon et<\/strong> dans les autres pays pr\u00e9sentent des similitudes dans la fragilit\u00e9 narcissique et l\u2019\u00e9chec face aux exigences au passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Des diff\u00e9rences existent \u00e9galement (Furuhashi, 2013) notamment celle de l\u2019\u00e2ge, en France les descriptions de Hikikomori primaires concernent principalement des adolescents et des jeunes adultes, alors qu\u2019au Japon il s\u2019agit \u00e9galement d\u2019adulte dans la maturit\u00e9. Comme dans ces quelques vignettes cliniques les dur\u00e9es de retrait sont importantes, souvent de plusieurs ann\u00e9es. Au Japon elles peuvent aller jusqu\u2019\u00e0 des dizaines d\u2019ann\u00e9es. Prolongeant la dichotomie entre Hikikomori primaire et secondaire nous proposons deux formes de Hikikomori en r\u00e9ponse aux exigences du processus de sortie de l\u2019adolescence. La premi\u00e8re est une modalit\u00e9 d\u00e9fensive face \u00e0 la massivit\u00e9 des exigences internes, familiales et soci\u00e9tales, le retrait \u00e9tant la figuration d\u2019une mise \u00e0 distance face au tumulte. La seconde \u00e9tant une r\u00e9sistance \u00e0 tout changement face aux nouvelles demandes pulsionnelles, relationnelles, familiales, scolaires et professionnelles, la chambre devenant l\u2019ultime rempart face aux assauts internes et externes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ainsi pour Zac, la confrontation<\/strong> avec la douleur du d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re, r\u00e9active les enjeux de d\u00e9pendance, de traitement de la perte, de confrontation \u00e0 la passivit\u00e9 et \u00e0 l\u2019id\u00e9al. Le processus adolescent de subjectivation et d\u2019autonomisation, vient mettre \u00e0 mal la solidit\u00e9 des liens internes. Les enjeux \u0153dipiens, dans leur double valence sexuelle et mortif\u00e8re, sont entrav\u00e9s par la perte dans la r\u00e9alit\u00e9 de la m\u00e8re. Comment se s\u00e9parer de son p\u00e8re, comment l\u2019attaquer alors qu\u2019il est bless\u00e9 par la perte de sa femme et tout entier au service de son fils&nbsp;? Comment maintenir vivante la figure maternelle, comment lui rester fid\u00e8le en continuant \u00e0 vivre&nbsp;? Le retrait dans la chambre permet \u00e0 Zac de traquer les souvenirs de sa m\u00e8re, de s\u2019en impr\u00e9gner pour en garantir la p\u00e9rennit\u00e9. Impossible de se laisser distraire par des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rant du plaisir, d\u2019o\u00f9 sa d\u00e9cision de se retirer du monde \u00e0 la suite d\u2019une victoire avec son \u00e9quipe. Le retrait, dans la passivit\u00e9 qu\u2019il offre, permet de mobiliser une forte activit\u00e9 mais au service d\u2019une d\u00e9fense face aux sollicitations pulsionnelles et au plaisir dont elles sont porteuses. Ne plus rien faire permet de se pr\u00e9server de ce risque de d\u00e9bordement, les murs de la chambre prenant le relai dans une figuration dans la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un refoulement mis \u00e0 mal par les quantit\u00e9s d\u2019excitation \u00e0 traiter. La rencontre amoureuse avec une jeune fille qui d\u00e9bouche sur un passage \u00e0 l\u2019acte sexuel souligne bien la force pulsionnelle li\u00e9e \u00e0 la pubert\u00e9. Si celle-ci peut \u00eatre enfin accept\u00e9e et trouver des modalit\u00e9s de satisfaction, l\u2019effacement de la sc\u00e8ne externe n\u2019est plus n\u00e9cessaire et Zac peut enfin reprendre sa vie comme l\u2019affirme son p\u00e8re. La sexualit\u00e9 se situe bien ici du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Eros de sa capacit\u00e9 \u00e0 lier affect et repr\u00e9sentation, l\u2019inhibition de l\u2019action n\u2019\u00e9tant plus n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour Dan, le retrait est s\u00e9v\u00e8re<\/strong> car ancien et pris dans un gel massif de la vie pulsionnelle. La fragilit\u00e9 narcissique, comme celle du moi, est telle que toute confrontation objectale comme tout changement est porteur d\u2019une menace d\u2019effondrement. Le seul mode de vie possible consiste \u00e0 se terrer dans sa chambre, \u00e0 refuser tout contact qui viendrait phagocyter les faibles ressources libidinales. Les fronti\u00e8res du moi sont b\u00e9antes faisant courir le risque permanent d\u2019une h\u00e9morragie narcissique potentiellement mortelle. Il faut donc r\u00e9sister co\u00fbte que co\u00fbte \u00e0 toute stimulation interne comme externe, ne plus rien attendre ni esp\u00e9rer, mettre \u00e0 distance les id\u00e9aux individuels et familiaux. Le fonctionnement psychique \u00e0 la diff\u00e9rence de Zak, est plus aux prises de thanatos que d\u2019Eros, d\u2019une recherche de retour \u00e0 une vie sans besoin ni d\u00e9sir, donc sans manque et sans souffrance, sous l\u2019emprise d\u2019un fantasme de retour dans le ventre de la m\u00e8re, p\u00e9riode originaire d\u2019illusion, de fusion et compl\u00e9tude narcissique. La temporalit\u00e9 semble donc fig\u00e9e, et c\u2019est l\u2019angoisse des parents face \u00e0 leur propre mort qui r\u00e9installe un \u00e9coulement temporel, l\u2019hospitalisation en \u00e9tant un des marqueurs. Mais la massivit\u00e9 de la n\u00e9gativit\u00e9 du fonctionnement psychique n\u2019a pu \u00eatre que temporairement limit\u00e9e, la difficult\u00e9 d\u2019investir un lien transf\u00e9rentiel avec Dan comme la confusion aussi du c\u00f4t\u00e9 des parents entre s\u00e9paration et mort a mis en \u00e9chec le processus th\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>ENTRE TRAITEMENT ET ACCOMPAGNEMENT<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Le ph\u00e9nom\u00e8ne du Hikikomori<\/strong>, en raison de son ampleur et de sa diss\u00e9mination dans le monde entier, constitue un d\u00e9fi pour les cliniciens, notamment ceux engag\u00e9s aupr\u00e8s des adolescents. L\u2019importance de l\u2019\u00e9valuation n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer mais les modalit\u00e9s de prise en charge doivent continuer \u00e0 se construire pour tenir compte des sp\u00e9cificit\u00e9s individuelles, du retentissement social, scolaire et professionnel mais aussi de la souffrance familiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Les configurations familiales sont vari\u00e9es, parents isol\u00e9s en couple, et font l\u2019objet de multiples travaux (De Luca, 2019) allant d\u2019une tendance \u00e0 la surprotection &#8211; pris dans le concept d\u2019Amae japonais, de d\u00e9pendance affective (Doi, 1973) &#8211; \u00e0 celle d\u2019achoppement dans l\u2019expression des conflits et des \u00e9motions, pour finalement prendre en compte la d\u00e9tresses des parents face au retrait de leur enfant et leur difficult\u00e9 \u00e0 trouver de l\u2019aide (Funakoshi, 2013). Les parents de Dan et le p\u00e8re de Zac ont \u00e9t\u00e9 en grande difficult\u00e9 \u00e0 pouvoir trouver des interlocuteurs face au retrait de leur enfant. Les propositions th\u00e9rapeutiques y compris les visites \u00e0 domicile ont \u00e9chou\u00e9 \u00e0 engager un processus th\u00e9rapeutique avec le jeune et il a fallu la contrainte de l\u2019hospitalisation et son paradoxe de l\u2019enfermement pour qu\u2019une dynamique nouvelle s\u2019installe, parfois transitoirement. Notre hypoth\u00e8se est que l\u2019h\u00f4pital permet des relations m\u00e9diatis\u00e9es avec les autres adolescents et adultes et qu\u2019il renforce le travail de d\u00e9limitation des fronti\u00e8res du moi trop poreuses ou trop rigides chez les hikikomori (De Luca, 2020). Au Japon des structures sp\u00e9cialis\u00e9es voient le jour pour les Hikikomori, structures associatives o\u00f9 d\u2019anciens Hikikomori vivent et participent \u00e0 l\u2019accueil et \u00e0 l\u2019accompagnement, mais aussi structures psychiatriques d\u2019accueil des parents et des jeunes coupl\u00e9es \u00e0 des visites \u00e0 domicile comme dans le mod\u00e8le pr\u00e9sent\u00e9 par Suzuki (2020).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BIBLIOGRAPHIE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Kato, T. A., Shinfuku, N., Sartorius, N., &amp; Kanba, S. (2011). Are Japan&rsquo;s hikikomori and depression in young people spreading abroad? .&nbsp;<em>The Lancet<\/em>,&nbsp;<em>378<\/em>(9796), 1070.<\/p>\n\n\n\n<p>De Luca, M., Lou\u00ebt, E., &amp; Suarez-Labat, H. (2019). Enjeux et travail de fronti\u00e8re : approche m\u00e9tapsychologique des limites.&nbsp;<em>L&rsquo;\u00c9volution Psychiatrique<\/em>,&nbsp;<em>84<\/em>(1), 49-68.<\/p>\n\n\n\n<p>Saito, K., (2020) Guidelines of Hikikomori for their evaluations and supports Tokyo, Ministry of health Labour and Welfare<\/p>\n\n\n\n<p>Suzuki, K. (2020). La situation actuelle du Hikikomori au Japon : affaire m\u00e9dicale ou affaire sociale ? .&nbsp;<em>Neuropsychiatrie de l&rsquo;Enfance et de l&rsquo;Adolescence<\/em>,&nbsp;<em>68<\/em>(8), 399-404.<\/p>\n\n\n\n<p>Gayral, L., Carrie, J., &amp; Bonnet, J. (1953). La claustration.&nbsp;<em>Ann Med Psychol<\/em>,&nbsp;<em>1<\/em>, 469-496.<\/p>\n\n\n\n<p>Kraft, T. (1970). Sexual factors in the development of the housebound housewife syndrome.&nbsp;<em>Journal of Sex Research<\/em>,&nbsp;<em>6<\/em>(1), 59-63.<\/p>\n\n\n\n<p>Rapp, M. S. (1984). Differential diagnosis and treatment of the\u00a0\u00bb housebound syndrome\u00a0\u00bb.&nbsp;<em>Canadian Medical Association Journal<\/em>,&nbsp;<em>131<\/em>(9), 1041.<\/p>\n\n\n\n<p>De Luca, M. (2017). Le Hikikomori entre Idiome culturel et expression actuelle de la souffrance au passage de l\u2019adolescence \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.&nbsp;<em>L&rsquo;\u00c9volution psychiatrique,<\/em>&nbsp;82(1), 161-175.<\/p>\n\n\n\n<p>Teo, A. R., &amp; Gaw, A. C. (2010). Hikikomori, a Japanese culture-bound syndrome of social withdrawal? A proposal for DSM-V.&nbsp;<em>The Journal of nervous and mental disease<\/em>,&nbsp;<em>198<\/em>(6), 444.<\/p>\n\n\n\n<p>Kato, T. A., Shinfuku, N., &amp; Tateno, M. (2020). Internet society, internet addiction, and pathological social withdrawal: the chicken and egg dilemma for internet addiction and hikikomori.&nbsp;<em>Current opinion in psychiatry<\/em>,&nbsp;<em>33<\/em>(3), 264-270.<\/p>\n\n\n\n<p>Furuhashi, T., Tsuda, H., Ogawa, T., Suzuki, K., Shimizu, M., Teruyama, J., &#8230; &amp; Castel, P. H. (2013). \u00c9tat des lieux, points communs et diff\u00e9rences entre des jeunes adultes retirants sociaux en France et au Japon (Hikikomori).&nbsp;<em>L&rsquo;Evolution psychiatrique<\/em>,&nbsp;<em>78<\/em>(2), 249-266.<\/p>\n\n\n\n<p>De Luca, M. (2019). Hikikomori : retrait et claustration chez les adolescents et jeunes adultes contemporains.&nbsp;<em>Encyclop\u00e9die M\u00e9dico-Chirurgicale<\/em>,&nbsp;<em>20<\/em>, 06-19.<\/p>\n\n\n\n<p>Doi, T. (1973). The Anatomy of Dependence New York.<\/p>\n\n\n\n<p>Funakoshi, A., &amp; Miyamoto, Y. (2015). Significant factors in family difficulties for fathers and mothers who use support services for children with hikikomori.&nbsp;<em>Psychiatry and Clinical Neurosciences<\/em>,&nbsp;<em>69<\/em>(4), 210-219.<\/p>\n\n\n\n<p>De Luca, M., Lou\u00ebt, E., Thompson, C., &amp; Verdon, B. (2020). Hikikomori: contemporary forms of suffering in the transition from adolescence to adulthood.&nbsp;<em>Mediterranean Journal of Clinical Psychology<\/em>,&nbsp;<em>8<\/em>(2).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22478?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>QUESTIONS PR\u00c9LIMINAIRES Dans les ann\u00e9es 1990 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit au Japon chez des jeunes hommes des conduites de retrait s\u00e9v\u00e8re de plus de 6 mois et pouvant durer des ann\u00e9es, r\u00e9alisant un v\u00e9ritable effacement social, scolaire et professionnel. 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