{"id":22475,"date":"2022-04-03T13:28:00","date_gmt":"2022-04-03T11:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=22475"},"modified":"2022-04-05T15:40:19","modified_gmt":"2022-04-05T13:40:19","slug":"figures-et-destins-de-leffacement-psychique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/figures-et-destins-de-leffacement-psychique\/","title":{"rendered":"Figures et destins de l&rsquo;effacement psychique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>PERCEVOIR L\u2019EFFACEMENT<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019effacement psychique caract\u00e9rise<\/strong> une absence du sujet \u00e0 lui-m\u00eame, tant dans des formes psychiques que corporelles. Corporellement nous le trouvons dans une voix atone, une peau blanche, une absence de tonicit\u00e9 et de mouvements du corps, une absence d\u2019\u00e9prouv\u00e9s, d\u2019affects, si ce n\u2019est parfois une sensation de vide, de blanc que plusieurs patients d\u00e9crivent. Psychiquement, nous le d\u00e9celons dans les oublis et les absences de m\u00e9moire, dans cette fa\u00e7on que certains ont de ne rien penser et d\u2019\u00eatre sans histoire&nbsp;; dans l\u2019impossibilit\u00e9 de se repr\u00e9senter des exp\u00e9riences v\u00e9cues. Ces sujets ne peuvent pas ou peinent \u00e0 se raconter dans leur pr\u00e9sent, dans leur pass\u00e9, plus \u00e0 l\u2019aise parfois \u00e0 raconter la vie des autres. Ils sont dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre sujets de leur histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ils sont l\u00e0 devant nous en s\u00e9ance<\/strong> et en m\u00eame temps nous percevons qu\u2019une partie d\u2019eux n\u2019est pas l\u00e0. Ils sont, partiellement ou totalement, absents \u00e0 eux-m\u00eames, \u00e0 l\u2019autre, comme abritant du rien&nbsp;: pas de souffrance, ou si peu et g\u00e9n\u00e9ralement pas reconnue, pas ressentie, sans repr\u00e9sentation, juste cette disparition dans l\u2019indiff\u00e9rence, le blanc, l\u2019oubli, le rien, le vide&nbsp;; juste cette manifestation d\u2019un retrait psychique. Ou bien au contraire parfois, une souffrance diffuse massive, d\u00e9chirante, envahissante, sans histoire et sans r\u00e9pit dont ils ne peuvent rien dire. Parfois les deux se c\u00f4toient \u00e9trangement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En suivant A. Green<\/strong> (1979) il est possible de penser que ce blanc de l\u2019effacement renvoie \u00e0 l\u2019invisible, l\u2019impensable et coupe \u00ab&nbsp;l\u2019interaction entre la motion pulsionnelle et l\u2019objet&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;ce blanc n\u2019est pas entre les repr\u00e9sentations et les pulsions, mais il gomme, efface les repr\u00e9sentations&nbsp;\u00bb (P157). Ce blanc soumet le sujet \u00e0 la paralysie de la pens\u00e9e qui, rattrap\u00e9e par ce blanc, \u00ab&nbsp;contraint le sujet \u00e0 l\u2019immobilit\u00e9, une st\u00e9rilisation de l\u2019activit\u00e9 psychique repr\u00e9sentative&nbsp;\u00bb (A. Green 1998).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pr\u00e9sence, la massivit\u00e9 et l\u2019intensit\u00e9<\/strong> de l\u2019effacement psychique seront variables&nbsp;: ais\u00e9ment rep\u00e9rables dans les probl\u00e9matiques psychotiques et limites, elles seront plus difficiles \u00e0 d\u00e9celer et \u00e0 saisir dans des organisations plus n\u00e9vrotiques. L\u2019effacement psychique peut constituer un fond psychique toujours pr\u00e9sent, s\u2019installer lentement par glissement pour un temps plus ou moins long, ou bien apparaitre par \u00e9clipse, subitement. Son approche se d\u00e9calera des classifications nosographiques&nbsp;: il sera appr\u00e9hend\u00e9 dans le cadre des troubles de la subjectivation. Il sera le t\u00e9moin d\u2019un \u00e9l\u00e9ment traumatique dans la construction narcissique et identitaire du sujet quelque que soit son organisation psychique, le t\u00e9moin d\u2019une souffrance narcissique-identitaire (R Roussillon).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aussi je propose d\u2019envisager<\/strong> l\u2019existence d\u2019un processus d\u2019effacement psychique qui organise le moi du sujet et r\u00e9git ses rapports \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 son environnement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>LE CONTRE-TRANSFERT COMME REVELATEUR DE L\u2019EFFACEMENT<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>La premi\u00e8re fois que l\u2019effacement psychique<\/strong> a attir\u00e9 mon attention, c\u2019\u00e9tait lors d\u2019une s\u00e9ance avec Alice, une patiente d\u2019organisation plut\u00f4t n\u00e9vrotique qui, sous mes yeux, s\u2019est litt\u00e9ralement effac\u00e9e. Le silence s\u2019est abattu sur elle d\u2019un coup, son regard s\u2019est absent\u00e9, son corps s\u2019est comme ratatin\u00e9 dans le fauteuil. L\u2019ambiance de s\u00e9ance, jusqu\u2019alors anim\u00e9e, est devenue oppressante. Une sorte d\u2019<em>inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9<\/em> (Freud) a envahi mes \u00e9prouv\u00e9s transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiels jusqu\u2019alors paisibles et m\u2019a d\u00e9centr\u00e9e de mon \u00e9coute. Quelque chose venait de se passer qui d\u00e9tonnait totalement des s\u00e9ances habituelles caract\u00e9ris\u00e9es par une fluidit\u00e9 associative sereine et anim\u00e9e. Quelque chose qui restait totalement \u00e9tranger \u00e0 Alice&nbsp;qui n\u2019avait rien senti, rien remarqu\u00e9&nbsp;: ce moment semblait ne pas avoir exist\u00e9 pour elle. Ce moment d\u2019effacement psychique dont j\u2019avais \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin est devenu l\u2019objet de ma recherche. Celle-ci s\u2019est effectu\u00e9e en appui sur de nombreux suivis longs de plusieurs ann\u00e9es aupr\u00e8s de patients que j\u2019ai rencontr\u00e9s tant dans ma pratique dans un Centre-M\u00e9dico-Psychologique que dans ma pratique en lib\u00e9ral. L\u2019essentiel de ces suivis \u00e9taient des suivis individuels, dans le cadre de psychoth\u00e9rapies d\u2019orientation psychanalytique. Certains l\u2019\u00e9taient dans le cadre de cure psychanalytique classique. Enfin, d\u2019autres se sont d\u00e9roul\u00e9s dans des dispositifs de groupes ou individuels \u00e0 m\u00e9diations<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lors de chacune de ces rencontres cliniques<\/strong>, l\u2019effacement psychique s\u2019est manifest\u00e9 par son surgissement dans la dynamique transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle. L\u2019effacement psychique pouvait \u00eatre constatable dans le vide \u00e9nonc\u00e9 par les patients, dans l\u2019absence manifeste de repr\u00e9sentations au cours de leur r\u00e9cit des exp\u00e9riences v\u00e9cues, des \u00e9l\u00e9ments corporels, et pourtant, c\u2019est la fa\u00e7on dont il m\u2019a saisi qui a rendu pr\u00e9sent et saisissable ce qui se passait dans ce blanc, ce vide. \u00c0 ces moments-l\u00e0, quelque chose \u00e0 quoi patient et psychologue \u00e9taient \u00ab&nbsp;sourds et aveugles&nbsp;\u00bb et se passant sur une autre sc\u00e8ne, dans un ailleurs non-repr\u00e9sentable, se manifestait de fa\u00e7on aigu\u00eb, via les v\u00e9cus corporels du psychologue. Avec Sabine, je relevais subitement que je venais de quitter la s\u00e9ance quelques minutes et que dans ce temps suspendu, plus rien n\u2019avait exist\u00e9 pour moi&nbsp;: ni elle, ni moi, ni la s\u00e9ance. Tout avait \u00e9t\u00e9 scotomis\u00e9 subitement et je ne m\u2019en aper\u00e7us qu\u2019en revenant \u00e0 la s\u00e9ance. Avec Hypnosa, je glissais dans un engourdissement douloureux qui m\u2019asphyxiait jusqu\u2019\u00e0 me d\u00e9connecter quelques minutes de la rencontre, avec Kodiak ma pens\u00e9e subissait des trous qui me coupaient le souffle et me laissaient \u00ab&nbsp;KO&nbsp;\u00bb quelques secondes. \u00c0 chaque fois ces \u00e9prouv\u00e9s me rendaient perplexe, un peu perdue, hagarde. Je portais mon attention au moment de leur surgissement dans la s\u00e9ance. Je remarquais qu\u2019ils \u00e9taient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par, ou concomitant \u00e0 un changement dans la pr\u00e9sence des patients. Le regard d\u2019Hypnosa glissait subrepticement dans un gris vitreux et opaque et ne voyait plus rien, Sabine elle-m\u00eame \u00e9tait saisie par un silence vide et inopin\u00e9, dans le discours de Kodiak \u00e9mergeaient des mots \u00e9tranges, projectiles bizarres qui venaient trouer son r\u00e9cit et ma pens\u00e9e, la voix de Piera soudain blanchissait et changeait de timbre, s\u2019alourdissant et venant peser en moi comme une pierre tombale. Ces mouvements \u00e9taient comme des phrases corporelles, en comparaison aux phrases musicales, un dialogue tonico-posturo-\u00e9motionnel qui venait prendre place dans l\u2019\u00e9change verbal. Quand \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb surgissait en moi comme \u00e7a, dans un mouvement de transfert par retournement (R. Roussillon), l\u2019autre sc\u00e8ne venait prendre place dans la chaine associative. En appui sur la conceptualisation d\u2019une <em>associativit\u00e9 formelle<\/em> (A. Brun, 2014) qui propose de suivre, dans le cadre de th\u00e9rapies organis\u00e9es autour de m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques, l\u2019encha\u00eenement des formes de production et l\u2019ensemble du langage sensorimoteur comme la mise en langage des formes primaires de symbolisation<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, j\u2019observais comment ces \u00e9l\u00e9ments du langage corporel non verbal s\u2019encha\u00eenaient avec les \u00e9l\u00e9ments du langage verbal et quel message ils d\u00e9livraient dans la rencontre&nbsp;: \u00e0 quelles exp\u00e9riences primaires traumatiques non symbolis\u00e9es ils donnaient corps. Surgissant dans les mouvements transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiels initi\u00e9s par la rencontre th\u00e9rapeutique, ils \u00e9taient \u00e0 interroger au regard de la rencontre avec l\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>SOUS L\u2019EFFACEMENT, LES TRACES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Freud, initiant la r\u00e9flexion sur l\u2019inscription<\/strong> et la trace laiss\u00e9e par les exp\u00e9riences dans le sujet, d\u00e9crit leur cheminement dans le sujet suivant une suite d\u2019inscriptions&nbsp;: de leur premi\u00e8re inscription, corporelle, jusqu\u2019\u00e0 leur inscription en repr\u00e9sentation verbale. Freud a not\u00e9 que certaines de ces exp\u00e9riences sont traumatiques quand leur charge d\u2019excitation d\u00e9passe les capacit\u00e9s de contenance de l\u2019infans. Ces exp\u00e9riences \u00e9chappent alors au travail de transformation et d\u2019inscription psychique ne peuvent pas s\u2019inscrire dans cette chaine repr\u00e9sentative. Elles restent en l\u2019\u00e9tat dans le sujet, c\u2019est-\u00e0-dire sous leurs formes archa\u00efques corporelles, et tendent \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter, \u00e0 faire retour dans le sujet sur un mode hallucinatoire, attract\u00e9es par identit\u00e9 de perception par une situation rencontr\u00e9e dans l\u2019actuel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Poursuivant la proposition freudienne<\/strong> d\u2019un traumatisme cr\u00e9\u00e9 par un exc\u00e8s d\u2019excitation, Ferenczi et Winnicott d\u00e9crivent comment ces exp\u00e9riences archa\u00efques de d\u00e9tresse traumatique plongent l\u2019infans dans des \u00e9tats de retrait ou d\u2019agonie psychique, dans des v\u00e9cus de mort psychique dont la caract\u00e9ristique principale de mettre le sujet \u00ab&nbsp;hors de lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb se retrouve dans les \u00e9tats d\u2019effacement psychique. L\u2019effacement prend cette forme que d\u00e9crira A. Green (1973)&nbsp;\u00ab&nbsp;d\u2019aspiration vertigineuse au vide de la pens\u00e9e, \u00e0 la vacance\u2026\u00e0 l\u2019\u00e9tat de mort psychique&nbsp;\u00bb (P260). Il s\u2019inscrira dans cette \u00ab&nbsp;s\u00e9rie blanche&nbsp;\u00bb qu\u2019il d\u00e9finit dans <em>La m\u00e8re morte<\/em> (1980) marqu\u00e9e par un d\u00e9sinvestissement massif et radical qui laissent \u00ab&nbsp;des trous psychiques&nbsp;\u00bb (P 226). Ces moments d\u2019effacement psychique signent des ruptures dans la continuit\u00e9 d\u2019\u00eatre, ils mettent en sc\u00e8ne des sujets coup\u00e9s de pans entiers de leur subjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, ces deux auteurs placent ces exp\u00e9riences dans la relation \u00e0 l\u2019objet&nbsp;: ce sont les qualit\u00e9s et les modalit\u00e9s de r\u00e9ponse de l\u2019objet aux besoins du Moi de l\u2019infans qui vont d\u00e9terminer l\u2019impact traumatique de ces exp\u00e9riences, lesquelles laissent l\u2019infans soumis \u00e0 des exp\u00e9riences le plongeant dans une d\u00e9tresse sans secours. Le retour de ces exp\u00e9riences est pour le sujet une exp\u00e9rience traumatique. Winnicott propose alors que le sujet, terrifi\u00e9 de sentir \u00e0 nouveau les \u00e9tats archa\u00efques d\u2019agonie qu\u2019il a v\u00e9cus dans un temps premier de son existence, anticipe le retour de ces exp\u00e9riences, en mettant en place des d\u00e9fenses par retournement qui installent activement l\u2019exp\u00e9rience traumatique que le sujet craint de se voir imposer. Ainsi mieux vaut rompre que se faire quitter, mieux vaut abandonner qu\u2019\u00eatre abandonn\u00e9, mieux vaut mettre en place l\u2019\u00e9chec qu\u2019\u00eatre mis en \u00e9chec\u2026mieux vaut s\u2019effacer qu\u2019\u00eatre effac\u00e9. C\u2019est ainsi que l\u2019effacement psychique surgissant en s\u00e9ance d\u2019abord sous forme corporelle t\u00e9moigne d\u2019une exp\u00e9rience archa\u00efque d\u2019effacement traumatique faisant retour dans le cours de la s\u00e9ance sous forme brute. Il vient signifier une exp\u00e9rience traumatique qui n\u2019a pu \u00eatre ni transform\u00e9e ni appropri\u00e9e par le sujet. Il signe le retour, sous forme hallucinatoire, de v\u00e9cus catastrophiques issus de la relation \u00e0 l\u2019objet primaire et la modalit\u00e9 de d\u00e9fense mise en place contre leur retour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>DU VECU ARCHA\u00ceQUE AUX SIGNIFIANTS FORMELS<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Le retour de ces exp\u00e9riences traumatiques archa\u00efques<\/strong> sur un mode hallucinatoire organise, dans les mouvements transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentiels, un temps qui concentre indistinctement les v\u00e9cus du patient et de l\u2019analyste sous une forme englobante&nbsp;: \u00eatre effac\u00e9\/effacer\/s\u2019effacer. En effet, avec Sabine, Hypnosa, Kodiak, Piera\u2026 le mouvement d\u2019effacement que je rep\u00e9rai en moi \u00e9tait toujours li\u00e9 \u00e0 un mouvement d\u2019effacement en eux non rep\u00e9rable d\u2019embl\u00e9e. Cela cr\u00e9ait un moment ind\u00e9finissable lors duquel les deux protagonistes de la rencontre analytique \u00e9taient saisis par un mouvement d\u2019effacement. Ce v\u00e9cu brut sans repr\u00e9sentations de mots, surgissant corporellement, \u00e9tait \u00e0 r\u00e9int\u00e9grer dans la cha\u00eene associative du sujet et dans son histoire. Il se pr\u00e9sentait comme un <em>effacement partag\u00e9<\/em>, lequel se construisait sur la base des signifiants formels partag\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;formes de contre-transfert corporels des th\u00e9rapeutes permettant aux cliniciens de se repr\u00e9senter des exp\u00e9riences subjectives traumatiques des patients&nbsp;\u00bb (A. Brun, 2015, p 40). Ces signifiants formels (D. Anzieu, 1987) sont des v\u00e9cus corporels qui s\u2019imposent sous la forme de sensation hallucinatoire de mouvement et de transformation dans laquelle le sujet ne se distingue pas de l\u2019espace ext\u00e9rieur et qu\u2019il vit comme \u00e9trang\u00e8re \u00e0 lui-m\u00eame. Les signifiants formels apparaissent sous formes d\u2019images proprioceptives, tactiles, posturales\u2026 li\u00e9es uniquement \u00e0 des configurations du corps et des objets dans l\u2019espace&nbsp;: \u00e7a tombe, \u00e7a glisse, \u00e7a d\u00e9chire\u2026 L\u2019effacement partag\u00e9 vient ainsi mettre en sc\u00e8ne, dans la s\u00e9ance, un mouvement de disparition psychique traumatique dans une modalit\u00e9 propre \u00e0 chacun. Les premi\u00e8res formes de symbolisation prenant forme dans le transfert corporel pour le psychologue&nbsp;:\u00ab&nbsp;\u00e7a scotomise, \u00e7a asphyxie, \u00e7a statufie, \u00e7a disparait, \u00e7a s\u2019\u00e9vapore, \u00e7a se dilue, \u00e7a se retire, \u00e7a oublie, \u00e7a troue, \u00e7a coupe, \u00e7a englue (dans le vide), \u00e7a assimile (dans le rien), \u00e7a r\u00e9tr\u00e9cit\u2026 \u00bb sont les pr\u00e9curseurs des signifiants formels par lesquels l\u2019effacement prendra forme pour les patients eux-m\u00eames. En effet, cette exp\u00e9rience v\u00e9cue par le psychologue, et partag\u00e9e avec le patient, permet \u00e0 ce dernier de prendre contact avec ce moment d\u2019effacement psychique jusqu\u2019alors insaisissable et non v\u00e9cu par lui parce que non per\u00e7u.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019EFFACEMENT PARTAG\u00c9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Cet effacement partag\u00e9<\/strong> cr\u00e9e un lieu de rencontre entre les deux protagonistes de la rencontre. Sabine me r\u00e9pondit un jour \u00ab&nbsp;vous \u00eates partie comme moi, on dispara\u00eet ensemble&nbsp;\u00bb, Hypnosa amor\u00e7a sa capacit\u00e9 \u00e0 sentir en elle ces moments d\u2019effacement quand elle sentit dans mon regard qu\u2019elle s\u2019\u00e9vaporait, Kodiak suspendait un fragment de seconde son discours qui tournait en boucle et changeait de position sur sa chaise en percevant ma pens\u00e9e-au-souffle-coup\u00e9e, ce qui lui permit peu \u00e0 peu d\u2019entrevoir en moi quelque chose venant de lui. Piera put acc\u00e9der \u00e0 un \u00e9tat que nous comprendrons \u00eatre de la sid\u00e9ration, un \u00e9tat \u00ab&nbsp;inconnu&nbsp;\u00bb pour elle avant que je ne l\u2019interroge, dans ces moments-l\u00e0, sur ce qui se passait en elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au fil des s\u00e9ances<\/strong>, le travail avec ces patients permit de rapprocher ces modalit\u00e9s d\u2019effacement avec des modalit\u00e9s de pr\u00e9sence de leur objet primordial. Sabine raconta une m\u00e8re m\u00e9lancolique qui s\u2019\u00ab&nbsp;enfon\u00e7ait&nbsp;\u00bb dans le silence, comme \u00ab&nbsp;morte dedans&nbsp;\u00bb et qui restait absorb\u00e9e dans un silence sans vie pendant de longs moments. Hypnosa d\u00e9crivit une m\u00e8re dont les envahissements atteignant tous ses espaces psychiques et corporels, l\u2019\u00e9touffaient, cr\u00e9ant en elle une sorte de suffocation. Piera partagea avec moi la violence sid\u00e9rante des \u00e9clats d\u2019une m\u00e8re d\u00e9bordante de col\u00e8re, de hargne, de d\u00e9sespoir. Kodiak d\u00e9couvrit le temps de couveuse qui avait suivi sa naissance pr\u00e9matur\u00e9e et l\u2019absence de sa m\u00e8re, trop fatigu\u00e9e pour venir le voir pendant ces semaines-l\u00e0\u2026 Ces moments d\u2019effacement surgissaient dans la s\u00e9ance lorsque les v\u00e9cus de ces exp\u00e9riences archa\u00efques \u00e9taient r\u00e9actualis\u00e9s par la dynamique transf\u00e9rentielle&nbsp;: \u00e7a s\u2019efface, s\u2019est effac\u00e9, \u00e7a efface l\u2019objet et le sujet indiff\u00e9remment dans un m\u00eame mouvement. En effet dans ces moments-l\u00e0, l\u2019effacement t\u00e9moignait de la r\u00e9activation des exp\u00e9riences archa\u00efques d\u2019effacement sous l\u2019effet de l\u2019impact traumatique et de l\u2019instauration d\u2019une d\u00e9fense primaire contre l\u2019effacement par la reprise active du proc\u00e9d\u00e9 d\u2019effacement subi. Hypnosa d\u00e9couvrit qu\u2019elle \u00ab&nbsp;s\u2019\u00e9vaporait&nbsp;\u00bb dans les groupes ou dans les relations duelles lorsqu\u2019elle craignait d\u2019\u00eatre envahie, Sabine lorsqu\u2019elle craignait la disparition de l\u2019autre, Kokiak lorsqu\u2019il \u00e9tait terrifi\u00e9 par ces trous laiss\u00e9s par l\u2019absence, Piera sous l\u2019effet de la terreur quand les autres, dans la rencontre, se rapprochaient trop. Dans ces moments, l\u2019effacement effa\u00e7ait de fa\u00e7on aussi indiff\u00e9renci\u00e9e le lien entre les deux protagonistes de la rencontre, ou bien l\u2019un des deux, ou bien les deux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019ENVELOPPE<\/strong><strong> D\u2019<\/strong><strong>E<\/strong><strong>FFACEMENT&nbsp;<\/strong><strong>: UN LIEU DE RENCONTRE.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Cette obligation de se laisser impr\u00e9gner<\/strong> par ce mouvement traumatique d\u2019effacement qui s\u2019abat corporellement et psychiquement, effa\u00e7ant toute possibilit\u00e9 de trier ce qui appartient ou vient de l\u2019un ou de l\u2019autre, ce qui tient de la r\u00e9p\u00e9tition ou de la d\u00e9fense m\u2019a conduite \u00e0 envisager l\u2019effacement psychique comme une enveloppe d\u2019effacement. Sous l\u2019impact de la violence des exp\u00e9riences archa\u00efques d\u2019effacement, les deux couches de l\u2019appareil psychique cr\u00e9ant la structure \u00e0 double enveloppe qui donne naissance au Moi, l\u2019enveloppe d\u2019excitation et l\u2019enveloppe d\u2019inscription (D Anzieu), se seraient organis\u00e9es selon des modalit\u00e9s d\u2019effacement psychique, les emp\u00eachant de jouer leur r\u00f4le de pare-excitation pour la couche externe, et d\u2019inscription pour la couche interne. L\u2019enveloppe psychique ne peut plus alors jouer son r\u00f4le d\u2019interface et de pellicule entre le monde interne et le monde externe. L\u2019effacement met \u00e0 jour une indiff\u00e9renciation des deux couches de l\u2019appareil psychique et t\u00e9moigne des \u00e9checs des processus de diff\u00e9renciation et donc de subjectivation. Tomber dans le blanc, glisser dans le silence, s\u2019effacer par scotomisation, \u00e9vaporation, dissolution etc. serait \u00eatre pris dans un effacement sans fin, sans issu, sans secours par l\u2019impossibilit\u00e9 de discerner, de distinguer les deux enveloppes qui organisent le fonctionnement psychique dans un embo\u00eetement d\u2019effacement. D. Anzieu&nbsp;(1999) parlait d\u2019inclusion r\u00e9ciproque des deux enveloppes dans les pathologies limites, je propose un autre trouble des enveloppes psychiques, celui de leur effacement mutuel dans une enveloppe d\u2019effacement psychique. Cette enveloppe d\u2019effacement abriterait une rencontre s\u2019\u00e9tablissant dans des modalit\u00e9s d\u2019adh\u00e9sivit\u00e9&nbsp;: \u00e7a colle. Tous les espaces de rencontre alors bouch\u00e9s ne laisseraient aucune place \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Cette modalit\u00e9 d\u2019adh\u00e9sivit\u00e9 porte en elle son pendant&nbsp;: il ne faut pas que \u00e7a se touche, se rencontre, dont les modalit\u00e9s de mise en \u0153uvre r\u00e9p\u00e9taient paradoxalement le tout coll\u00e9. Ces mouvements rendent compte de la terreur pour le sujet de la rencontre entre le moi et l\u2019objet. La rencontre deviendrait comme un objet agglutin\u00e9 (J. Bl\u00e9ger, 1967), comme le conglom\u00e9rat d\u2019exp\u00e9riences primitives du moi form\u00e9 par une indiff\u00e9renciation entre les objets ext\u00e9rieurs et les parties du moi identifi\u00e9s aux objets ext\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aussi n\u2019est-il pas surprenant <\/strong>de d\u00e9couvrir aux fondements de cette enveloppe des processus m\u00e9lancoliques. La m\u00e9lancolie est la constitution d\u2019un \u00ab&nbsp;corps-m\u00eal\u00e9&nbsp;\u00bb lorsque le moi est transform\u00e9 par l\u2019ombre de l\u2019objet qui tombe sur lui (Freud 1917). Le moi du sujet, en s\u2019identifiant \u00e0 l\u2019objet perdu s\u2019ampute alors d\u2019une partie de lui-m\u00eame pour que celle-ci occupe la place de l\u2019objet. La perte d\u2019objet se transforme en perte du moi. L\u2019effacement psychique est li\u00e9 \u00e0 cette amputation du moi et \u00e0 la m\u00e9connaissance, pour le sujet, de ce sacrifice de son sentiment d\u2019exister. Dans les processus m\u00e9lancoliques le sujet se dissout, dispara\u00eet sous les effets des incorporations m\u00e9lancoliques d\u2019avec un objet, dont l\u2019\u00e9chec des capacit\u00e9s r\u00e9flexives n\u2019a pas pu soutenir les processus de diff\u00e9renciation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00c9FLEXIVIT\u00c9 ET TRANSITIONNALIT\u00c9&nbsp;: LE POTENTIEL DE L\u2019ILLUSION<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Au fil des s\u00e9ances l\u2019effacement psychique<\/strong> est devenu entre les patients et moi un objet de relation (Thaon, 1985). Il est venu caract\u00e9riser un espace-temps dans lequel le patient rep\u00e9rait qu\u2019il se r\u00e9fugiait ou partait, dans lequel il se passait quelque chose pour lui. C\u2019est devenu un lieu psychique, paradoxalement dans et hors de la s\u00e9ance puisqu\u2019il surgissait comme un ailleurs \u00e0 l\u2019espace de la s\u00e9ance dans le temps de la s\u00e9ance. Peu \u00e0 peu ce lieu prenait figure. Goewin \u00e9tait \u00ab&nbsp;partie&nbsp;\u00bb comme elle disparaissait d\u2019elle-m\u00eame lorsqu\u2019elle \u00e9tait enferm\u00e9e dans le placard par sa m\u00e8re. C\u00e9leste partait hors d\u2019elle en allant se coller au plafond comme elle allait se coller dans les \u00e9toiles quand, r\u00e9fugi\u00e9e sur le toit de sa maison, elle tentait d\u2019\u00e9chapper aux viols de son p\u00e8re. Hypnosa s\u2019\u00e9vaporait dans la n\u00e9antisation d\u2019elle-m\u00eame comme elle se sentait dispara\u00eetre et an\u00e9antie par les intrusions de sa s\u0153ur et de sa m\u00e8re. Les v\u00e9cus d\u2019effacement non seulement prenaient corps dans la relation \u00e0 un objet mais peu \u00e0 peu, en r\u00e9int\u00e9grant les lieux dans lesquels ils avaient mis le sujet hors de lui-m\u00eame, ils r\u00e9int\u00e9graient ces exp\u00e9riences traumatiques dans l\u2019histoire de ces sujets.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019enveloppe d\u2019effacement<\/strong>, tout en t\u00e9moignant des traumatismes ayant conduit aux \u00e9checs de la subjectivation, va cr\u00e9er un espace protecteur pour le sujet dans lequel la rencontre va se d\u00e9rouler. Cette rencontre r\u00e9flexive avec le psychologue va rendre possible l\u2019\u00e9laboration de cette enveloppe, et l\u2019espace de la s\u00e9ance entre lui et le patient va se substituer \u00e0 cette enveloppe. Lentement, progressivement, la situation th\u00e9rapeutique en accueillant et en transformant les exp\u00e9riences traumatiques d\u2019effacement psychique et les processus qui les ont organis\u00e9es va accueillir l\u2019\u00e9mergence de processus archa\u00efques subjectivants. Ainsi l\u2019effacement psychique va devenir un espace-temps abritant une rencontre qui viendra rebattre la donne de la rencontre primordiale traumatique. C\u2019est ainsi que va se cr\u00e9er, dans la dyade th\u00e9rapeute-patient, un espace, \u00ab&nbsp;une zone habitable&nbsp;\u00bb (Bullinger, 2007) o\u00f9 pourra advenir ce qui n\u2019a pas eu lieu pour le sujet. Cette \u00ab&nbsp;zone habitable&nbsp;\u00bb accueillera le dialogue tonico-postural, les formes primaires de symbolisation, les v\u00e9cus corporels qui donneront corps \u00e0 la rencontre initiale avec l\u2019environnement, avec l\u2019objet. Cet espace abritera les modalit\u00e9s d\u2019une rencontre relan\u00e7ant les processus de diff\u00e9renciation et de subjectivation. Ainsi Herma aimait parfois se calfeutrer dans une couverture et, tout en parlant, donnait \u00e0 son corps des mouvements d\u2019enroulement ou de d\u00e9tente. Ces mouvements reproduisaient le sch\u00e9ma d\u2019extension caract\u00e9risant l\u2019appui tonique contre la paroi ut\u00e9rine et d\u2019enroulement celui d\u2019appui contre le ventre maternel. Goewin s\u2019absorbait un moment dans mon parfum qu\u2019elle disait \u00ab&nbsp;t\u00e9ter&nbsp;\u00bb. Sabine se perdait dans ma voix \u00ab&nbsp;sans les mots&nbsp;\u00bb, Herma dans les variations de bleus de mes lunettes selon la lumi\u00e8re du jour\u2026L\u2019enveloppe d\u2019effacement prend ainsi la forme d\u2019une \u00ab&nbsp;cavit\u00e9 primitive&nbsp;\u00bb (Spitz) o\u00f9 pourront s\u2019accomplir des accordages corporels, sensori-moteurs et gesto-posturaux ainsi qu\u2019une relation pouvant se construire en \u00ab&nbsp;double&nbsp;\u00bb dans laquelle les ajustements r\u00e9ciproques offriront l\u2019illusion d\u2019une satisfaction pulsionnelle en trouv\u00e9-cr\u00e9\u00e9 (R. Roussillon, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais avant d\u2019offrir l\u2019illusion d\u2019une satisfaction<\/strong> pulsionnelle en trouv\u00e9-cr\u00e9\u00e9, la rencontre, dans cette \u00ab&nbsp;zone habitable&nbsp;\u00bb terrain de jeu de la sexualit\u00e9 infantile, devra se d\u00e9gager des formations traumatiques incestuelles. Venant \u00e0 la fois tenter de maintenir co\u00fbte que co\u00fbte le lien \u00e0 un objet auquel il est impossible de renoncer, \u00e0 la fois r\u00e9p\u00e9ter une modalit\u00e9 de rencontre primaire, elles sont \u00e0 entendre comme une r\u00e9ponse aux angoisses diss\u00e9cantes (Winnicott) li\u00e9es \u00e0 l\u2019individuation-s\u00e9paration. Dans un premier temps, la formation incestuelle des exp\u00e9riences traumatiques viendra se substituer \u00e0 une homosexualit\u00e9 en double qui a \u00e9t\u00e9 en \u00e9chec de construction. Elle permettra le partage de l\u2019effacement psychique tout en le renfor\u00e7ant pour \u00e9viter les angoisses diss\u00e9cantes li\u00e9es aux processus de s\u00e9paration-individuation. Ce sera la reconstruction des enveloppes psychiques dans leurs fonctions de pare-excitation et d\u2019inscription qui permettra d\u2019aborder la reconnaissance d\u2019un autre sujet et la construction d\u2019une rencontre en homosexualit\u00e9 en double ouvrant \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019effacement psychique caract\u00e9rise<\/strong> une modalit\u00e9 d\u2019\u00eatre du sujet. Celui-ci appara\u00eet comme coup\u00e9 de lui-m\u00eame, amput\u00e9 d\u2019une partie de sa subjectivit\u00e9. Cette amputation touchant autant le corps que le syst\u00e8me de repr\u00e9sentation, laisse un sujet qui ne peut ni sentir ni se repr\u00e9senter ce qui se passe en lui. Il dispara\u00eet, englouti dans un mouvement d\u2019effacement psychique qui le soustrait \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 l\u2019environnement. C\u2019est par l\u2019effacement partag\u00e9 saisissant le psychologue dans la dynamique transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle, que l\u2019effacement va pouvoir \u00eatre rep\u00e9r\u00e9. L\u2019effacement devient alors le t\u00e9moin d\u2019exp\u00e9riences archa\u00efques traumatiques non symbolis\u00e9es et du syst\u00e8me de d\u00e9fenses primaires utilis\u00e9es par le sujet pour se prot\u00e9ger du danger de leur retour. L\u2019effacement partag\u00e9 permet de d\u00e9celer les processus ayant induit chez le sujet une construction psychique \u00e9tablissant une enveloppe d\u2019effacement. Cette enveloppe d\u2019indiff\u00e9renciation cr\u00e9e un espace-temps qui non seulement abritera ces exp\u00e9riences hors sujet qui se partageront et acc\u00e9deront \u00e0 leur r\u00e9int\u00e9gration psychique, mais aussi qui offrira les conditions n\u00e9cessaires pour que puisse se r\u00e9aliser une rencontre \u00ab&nbsp;en double&nbsp;\u00bb r\u00e9alisant l\u2019illusion primaire n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019installation des processus de diff\u00e9renciation et de subjectivation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BIBLIOGRAPHIE&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>ANZIEU D., (1990) L\u2019attachement au n\u00e9gatif, in <em>L\u2019\u00e9piderme nomade et la peau psychique<\/em>, Paris, Ed Apsyg\u00e9e, p 115-129.<\/p>\n\n\n\n<p>BLEGER J., (1967), <em>Symbiose et ambigu\u00eft\u00e9<\/em>, Paris, PUF, trad Fran\u00e7aise 1981<\/p>\n\n\n\n<p>BRUN A., (2007), <em>M\u00e9diations th\u00e9rapeutiques et psychose infantile<\/em>, Paris, Dunod<\/p>\n\n\n\n<p>BRUN A., (2011), <em>Les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques<\/em>, Carnet psy, Paris, Eres.<\/p>\n\n\n\n<p>BULLINGER A., (2007) <em>Le d\u00e9veloppement sensori-moteur de l\u2019enfant et ses avatars, Un parcours de recherche,<\/em> La vie de l\u2019enfant, Paris, Eres.<\/p>\n\n\n\n<p>FERENCZI S., (1930), R\u00e9flexions sur le traumatisme, in <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, Psychanalyses 2, 1927-1933, Paris, Payot, 1982, p. 139-147.<\/p>\n\n\n\n<p>GREEN A, DONNET JL, (1973) <em>L\u2019enfant de \u00e7a<\/em>, Paris, Edition de minuit.<\/p>\n\n\n\n<p>GRENN A, (1979) L\u2019angoisse et le narcissisme, in <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, Paris, Edition de minuit, 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>GRENN A, (1980) La m\u00e8re morte, in <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, Paris, Edition de minuit.<\/p>\n\n\n\n<p>GRENN A, (1993) L\u2019analit\u00e9 primaire, in <em>Travail du n\u00e9gtaif<\/em>, Paris, Edition de minuit.<\/p>\n\n\n\n<p>FREUD S., (1915), Deuil et m\u00e9lancolie, in <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab collection id\u00e9es \u00bb 1978, p. 147-174<\/p>\n\n\n\n<p>FREUD S., (1920), Le moi et le \u00e7a, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>, paris, petite biblioth\u00e8que Payot, 2001<\/p>\n\n\n\n<p>ROUSSILLON R., (2009,) <em>Le transitionnel, le sexuel et la r\u00e9flexivit\u00e9<\/em>, Dunod, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>ROUSSILLON R., (2010) La perte du potentiel. Perdre ce qui n\u2019a pas eu lieu, in Alain Braconnier et al., D\u00e9pression du b\u00e9b\u00e9, d\u00e9pression de l\u2019adolescent, <em>Le Carnet psy<\/em>, Paris, Eres, p 251-264.<\/p>\n\n\n\n<p>ROUSSILLON R., (2013), Deux paradigmes pour les situations-limites&nbsp;: processus&nbsp;m\u00e9lancolique et processus autistique, in <em>Carnet psy<\/em>, Paris, Ed Cazaubon, N\u00b0161, p 37-41.<\/p>\n\n\n\n<p>SPITZ R., (1959) La cavit\u00e9 primitive (Etude de la gen\u00e8se de la perception), in <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, Colloque sur l\u2019utilisation du mat\u00e9riel onirique en th\u00e9rapie psychanalytique chez l\u2019adulte, tome XXII, n\u00b01, Janv-f\u00e9vrier.<\/p>\n\n\n\n<p>THAON&nbsp; &nbsp;M (1985), Introduction aux objets de relation, in <em>Apr\u00e8s Winnicott<\/em><em>, la place de l\u2019objet dans le travail clinique<\/em>, actes des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes du COR, rencontres cliniques, h\u00f4pital Joseph Imbert, Arles, p13-17.<\/p>\n\n\n\n<p>WINNICOTT D.W., (1971), <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, Paris, Folio, \u00e9d. 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>WINNICOTT D.W., (1974), La crainte de l\u2019effondrement, in <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, \u00e9d. 1989, p. 205-216.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>(1 et 2) Voir dossier sur les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques \u00e0 venir dans Carnet Psy, sous la direction de Anne Brun<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22475?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PERCEVOIR L\u2019EFFACEMENT L\u2019effacement psychique caract\u00e9rise une absence du sujet \u00e0 lui-m\u00eame, tant dans des formes psychiques que corporelles. Corporellement nous le trouvons dans une voix atone, une peau blanche, une absence de tonicit\u00e9 et de mouvements du corps, une absence&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1230,1214],"thematique":[2473],"auteur":[],"dossier":[2529],"mode":[60],"revue":[2528],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-22475","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-a-la-une","rubrique-psychanalyse","thematique-psychopathologie","dossier-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","mode-payant","revue-leffacement-psychique-retrait-absence-depression","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22475"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22475\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22489,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22475\/revisions\/22489"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=22475"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=22475"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=22475"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=22475"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=22475"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=22475"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=22475"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=22475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}