{"id":21756,"date":"2022-03-06T14:20:00","date_gmt":"2022-03-06T13:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=21756"},"modified":"2022-03-06T14:53:20","modified_gmt":"2022-03-06T13:53:20","slug":"accompagnement-psychotherapeutique-en-esat-handicap-liminalite-et-co-construction-de-lidentite-professionnelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/accompagnement-psychotherapeutique-en-esat-handicap-liminalite-et-co-construction-de-lidentite-professionnelle\/","title":{"rendered":"Accompagnement psychoth\u00e9rapeutique en ESAT\u00a0: handicap, liminalit\u00e9 et co-construction de l\u2019identit\u00e9 professionnelle"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">TRAVAIL ET IDENTIT\u00c9<\/h2>\n\n\n\n<p><b>Travailler constitue, pour bon nombre de personnes<\/b>, une composante essentielle de la vie quotidienne&nbsp;: outre le temps majeur que l\u2019\u00eatre humain y consacre et la souffrance qui peut d\u2019ailleurs en d\u00e9couler, l\u2019activit\u00e9 professionnelle porte \u00e9galement souvent des valeurs associ\u00e9es \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019aboutissement apr\u00e8s une formation, la conformit\u00e9 \u00e0 une norme sociale, l\u2019\u00e9volution et l\u2019\u00e9panouissement\u2026 Mais pour les personnes en situation de handicap, atteintes de d\u00e9ficience intellectuelle et\/ou de troubles psychiques, ces notions prennent une r\u00e9sonance particuli\u00e8re dans le cadre d\u2019un milieu de travail \u00ab&nbsp;prot\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb lorsqu\u2019elles b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une orientation en ESAT<sup>1<\/sup> par la MDPH<sup>2<\/sup>. Apr\u00e8s un parcours scolaire sp\u00e9cialis\u00e9 en milieu m\u00e9dico-social ou plus tardivement suite \u00e0 une d\u00e9compensation psychiatrique apr\u00e8s avoir connu le milieu de travail dit \u00ab&nbsp;ordinaire&nbsp;\u00bb, l\u2019int\u00e9gration en ESAT s\u2019av\u00e8re cruciale car elle concentre de nombreuses potentialit\u00e9s de mouvements et remaniements du d\u00e9veloppement psychique, dans la mesure o\u00f9 elle concerne la structuration d\u2019une partie non n\u00e9gligeable de l\u2019identit\u00e9, celle de l\u2019identit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Envisag\u00e9e comme \u00ab&nbsp;composante de l\u2019identit\u00e9 globale [et se d\u00e9veloppant<\/b><strong>] sur la base de l\u2019identit\u00e9 personnelle&nbsp;\u00bb<\/strong>, l\u2019identit\u00e9 professionnelle se d\u00e9finit en relation avec trois \u00e9l\u00e9ments&nbsp;: \u00ab&nbsp;le monde v\u00e9cu du travail : la situation objective de travail et la signification que lui accorde l\u2019individu&nbsp;; les relations de travail : la perception subjective des relations interpersonnelles et le sentiment d\u2019appartenance aux groupes informels&nbsp;; les trajectoires professionnelles et la perception de l\u2019avenir : description des diff\u00e9rentes \u00e9tapes et des changements aff\u00e9rents \u00e0 l\u2019activit\u00e9 professionnelle&nbsp;\u00bb (Fray et Picouleau,, 2010). Mais pour un sujet en situation de handicap, ce parcours \u2013 propice \u00e0 de potentielles m\u00e9tamorphoses psychiques \u2013 rev\u00eat une dimension tout \u00e0 fait singuli\u00e8re. Au-del\u00e0 des complications objectives induites par le handicap, l\u2019activit\u00e9 en ESAT s\u2019av\u00e8re surtout probl\u00e9matique en ce qu\u2019elle confronte le sujet \u00e0 une infinit\u00e9 de paradoxes avec lesquels il doit composer pour trouver son identit\u00e9 professionnelle\u2026 Car cette identit\u00e9 n\u2019est pas donn\u00e9e d\u2019embl\u00e9e avec la RQTH<sup>3<\/sup>, elle se construit psychiquement, et en partie en collaboration avec le psychologue de l\u2019institution.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><b>TRAVAILLER EN ESAT&nbsp;: UNE CONFRONTATION \u00c0 UN ENVIRONNEMENT PARADOXAL<\/b><\/h2>\n\n\n\n<p>En ESAT, le monde v\u00e9cu du travail, vecteur d\u2019identit\u00e9 professionnelle pour le sujet, rec\u00e8le ainsi de multiples paradoxes se laissant appr\u00e9hender sous forme de couples d\u2019oppos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un lieu de travail mais aussi de soutien<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>Tout d\u2019abord, l\u2019ESAT est \u00e0 la fois un lieu de travail mais aussi de soutien<\/b>. Ce premier paradoxe tient \u00e0 la d\u00e9finition m\u00eame de l\u2019ESAT&nbsp;: \u00ab&nbsp;offrir aux personnes handicap\u00e9es des activit\u00e9s diverses \u00e0 caract\u00e8re professionnel et un soutien m\u00e9dico-social et \u00e9ducatif en vue de favoriser leur \u00e9panouissement personnel et social&nbsp;\u00bb (ANESM , 2013). Cette double vocation de mise au travail et d\u2019accompagnement m\u00e9dico-social s\u2019articule elle-m\u00eame avec un double mode de financement public et priv\u00e9&nbsp;: cela aboutit \u00e0 un \u00e9cart\u00e8lement entre des logiques contradictoires d\u2019ordre \u00e9conomique et d\u2019ordre social. Les ESAT, comme les entreprises classiques, sont fortement impact\u00e9s par la d\u00e9localisation des activit\u00e9s industrielles, la crise \u00e9conomique et le Covid. Il n\u2019est donc pas rare que les personnes se retrouvent face au non-sens paradoxal absolu de venir travailler alors qu\u2019il n\u2019y a pas de travail. Ces p\u00e9riodes de vide anxiog\u00e8ne, parfois combl\u00e9es par des loisirs occupationnels, menacent leur identit\u00e9 d\u2019adulte au travail. Le pr\u00e9texte de venir travailler en ESAT pour ne pas se retrouver au ch\u00f4mage, parfois utilis\u00e9 pour \u00e9viter de se confronter \u00e0 la douloureuse question du handicap, s\u2019\u00e9croule.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un statut de travailleur mais ne relevant pas du Code du Travail<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>Un second paradoxe, dans la droite ligne du premier, concerne l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du statut de travailleur<\/b>. Qu\u2019ils soient appel\u00e9s \u00ab&nbsp;usagers&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;ouvriers&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;travailleurs&nbsp;\u00bb au sein de l\u2019\u00e9tablissement, les sujets sont avant tout \u00ab&nbsp;accueillis&nbsp;\u00bb en ESAT. Les personnes n\u2019y sont ni \u00ab&nbsp;employ\u00e9es&nbsp;\u00bb, ni \u00ab&nbsp;salari\u00e9es&nbsp;\u00bb et ne rel\u00e8vent donc pas du Code du Travail,&nbsp;mais du Code de l\u2019Action Sociale et des Familles, et le contrat sign\u00e9 avec l\u2019ESAT n\u2019est pas un contrat de travail mais un \u00ab&nbsp;contrat d\u2019aide et de soutien&nbsp;\u00bb. En outre, la logique de r\u00e9mun\u00e9ration est elle-m\u00eame assez paradoxale&nbsp;: il existe en effet un principe de vases communicants o\u00f9 l\u2019AAH<sup>4<\/sup> diminue proportionnellement \u00e0 l\u2019augmentation de salaire et vice-versa. Cela signifie concr\u00e8tement que la diff\u00e9rence financi\u00e8re est faible entre travailler ou pas. Alors bien s\u00fbr, l\u2019activit\u00e9 professionnelle apporte bien plus qu\u2019une simple paye. N\u00e9anmoins, gagner, \u00e0 quelques euros pr\u00e8s, la m\u00eame somme en restant chez soi a de quoi d\u00e9stabiliser. De m\u00eame, ceux qui travaillent en d\u00e9tachement pour une entreprise n\u2019en tirent pas non plus un grand b\u00e9n\u00e9fice financier \u00e0 part une modique prime de prestation ext\u00e9rieure, sans r\u00e9elle perspective d\u2019embauche.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un salaire mais une contrainte par les protections juridiques<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>La question du salaire ouvre la voie \u00e0 un troisi\u00e8me paradoxe<\/b>, celui de l\u2019autonomisation financi\u00e8re suppos\u00e9e gr\u00e2ce au salaire, mais limit\u00e9e par des mesures de protection. Malgr\u00e9 l\u2019expression populaire selon laquelle on travaille pour \u00ab&nbsp;gagner sa vie&nbsp;\u00bb, on sait bien que l\u2019autonomie ne s\u2019obtient pas seulement avec la fiche de paye. Bien s\u00fbr, l\u2019autonomie mat\u00e9rielle ne peut prendre sens que sur la base d\u2019une autonomie psychique suffisamment solide. Mais l\u2019espoir d\u2019une prise d\u2019ind\u00e9pendance gr\u00e2ce au travail en ESAT s\u2019av\u00e8re fr\u00e9quemment un leurre, d\u2019autant que certains ouvriers sont sous tutelle ou curatelle. Ces mesures de protection, indispensables, les placent l\u00e0 encore face \u00e0 un paradoxe \u00e9vident&nbsp;: se retrouver d\u00e9pendants du tuteur pour pouvoir acc\u00e9der \u00e0 l\u2019argent cens\u00e9 les rendre ind\u00e9pendants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Une illusion de normalit\u00e9 mais une confrontation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du handicap<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>D\u2019autre part, l\u2019ESAT engendre une illusion de normalit\u00e9<\/b> mais confronte \u00e9galement douloureusement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du handicap. Certains sont persuad\u00e9s que leur admission rel\u00e8ve uniquement d\u2019une \u00e9tape transitoire. Ce fantasme sous-jacent d\u2019un passage ponctuel en ESAT avant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un \u00ab&nbsp;vrai&nbsp;\u00bb travail n\u2019est pas probl\u00e9matique en soi et peut m\u00eame soutenir l\u2019activit\u00e9 de pens\u00e9e et les projections futures mais cela r\u00e9active quelquefois chez les parents des projections et des illusions de normalit\u00e9. Si le parcours en milieu sp\u00e9cialis\u00e9 de type IME\/EMPRO<sup>5<\/sup> a oblig\u00e9 les parents \u00e0 faire le deuil de la normalit\u00e9 de leur enfant qui n\u2019est \u00ab&nbsp;pas comme les autres&nbsp;\u00bb, l\u2019entr\u00e9e en ESAT semble parfois autoriser une reprise du d\u00e9ni du handicap et une reviviscence des illusions parentales.&nbsp;L\u2019int\u00e9gration en ESAT entretient cette illusion en offrant une image socialement acceptable&nbsp;: aller au travail comme tout le monde, avoir une fiche de paye, \u00eatre ins\u00e9r\u00e9. Mais pour le sujet, le semblant est difficile \u00e0 maintenir et la confrontation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 entra\u00eene son lot de d\u00e9sillusions narcissiques brutales. Cette r\u00e9activation des fantasmes de normalit\u00e9 entrave le sujet lui-m\u00eame dans la construction de son identit\u00e9 professionnelle. Comment en effet \u00e9laborer une identit\u00e9 propre d\u2019adulte au travail avec un handicap, en ad\u00e9quation aussi bien avec la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019avec les souhaits parentaux&nbsp;? Le hiatus entre les attentes parentales et la r\u00e9alit\u00e9 devient m\u00eame parfois trop insupportable comme le fait remarquer Octave avec v\u00e9h\u00e9mence&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon p\u00e8re d\u00e9teste les EMPRO, les ESAT et les psy&nbsp;! Je lui dis que je viens vous voir. Il r\u00e9pond qu\u2019il ne veut pas en entendre parler&nbsp;!&nbsp;Ils me disent que je suis normal. Mais c\u2019est des menteurs&nbsp;: si j\u2019\u00e9tais normal, je ne travaillerais pas en ESAT&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Le sujet se retrouve ainsi souvent pris dans une contradiction manifeste,<\/b> avec laquelle il peut tenter de s\u2019accommoder par une adaptation et un collage de surface, au d\u00e9triment de sa subjectivit\u00e9. Une organisation en faux self (Winnicott, 1960) peut alors appara\u00eetre, caract\u00e9ris\u00e9e par une soumission docile \u00e0 l\u2019environnement (Winnicott, 1952), et une forte \u00ab&nbsp;culpabilit\u00e9 implant\u00e9e&nbsp;\u00bb (De Parseval, C., 2007),&nbsp;: la culpabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre n\u00e9 handicap\u00e9 s\u2019associe \u00e0 l\u2019introjection de la culpabilit\u00e9 parentale (d\u2019avoir mis au monde un enfant handicap\u00e9), et le sujet tente alors ind\u00e9finiment de r\u00e9parer les v\u0153ux infanticides et la destructivit\u00e9 inconsciente de l\u2019environnement en s\u2019y soumettant sans possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019ambivalence.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un travail rassurant mais aussi anxiog\u00e8ne<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>L\u2019entr\u00e9e en ESAT comporte par ailleurs un cinqui\u00e8me paradoxe,<\/b> relatif au travail comme source de r\u00e9assurance mais aussi d\u2019angoisse. Si le travail contient, stabilise et \u00e9taye, il contraint \u00e9galement. Se plier au cadre (horaires, concentration, responsabilit\u00e9 du travail effectu\u00e9) peut \u00eatre anxiog\u00e8ne&nbsp;; la routine peut oppresser&nbsp;; les angoisses des moniteurs qu\u2019un travail ne soit pas fini dans les d\u00e9lais ou mal ex\u00e9cut\u00e9 peuvent \u00eatre \u00ab&nbsp;absorb\u00e9es&nbsp;\u00bb par les ouvriers.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Se saisir du cadre de l\u2019\u00e9tablissement pour que le travail prenne sens n\u2019est pas \u00e9vident<\/b>&nbsp;: certains s\u2019ex\u00e9cutent de mani\u00e8re un peu \u00ab&nbsp;automatique&nbsp;\u00bb, r\u00e9p\u00e9tant une t\u00e2che isol\u00e9e, et ne s\u2019interrogent pas n\u00e9cessairement sur le sens plus global de leur travail. Ce non-sens du travail s\u2019inscrit parfois chez des personnes qui ne travaillent pas pour elles-m\u00eames mais pour un autre, comme \u00ab&nbsp;offrande r\u00e9paratrice&nbsp;\u00bb de leur handicap. Cette question renvoie aux sentiments de honte et de culpabilit\u00e9 li\u00e9s au handicap&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si l\u2019on pose que la culpabilit\u00e9 a rapport \u00e0 ce que l\u2019on a fait, tandis que la honte se rapporte \u00e0 ce que l\u2019on est, on peut se sentir coupable d\u2019avoir fait souffrir ses parents et honteux d\u2019exister&nbsp;\u00bb (ANCET, P., 2011). Certains travaillent ainsi pour r\u00e9parer le pr\u00e9judice fait aux parents et leur \u00ab&nbsp;offrir&nbsp;\u00bb cette forme de normalit\u00e9 sociale, car il n\u2019est pas rare qu\u2019il soit plus important pour les parents de pouvoir dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;mon fils ou ma fille travaille&nbsp;\u00bb que pour le sujet lui-m\u00eame<sup>6<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un effet d\u2019identification mais aussi de miroir insupportable<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>Les coll\u00e8gues, enfin, offrent paradoxalement au sujet un point d\u2019identification possible <\/b>en m\u00eame temps qu\u2019un miroir intol\u00e9rable de son propre handicap. Les relations de travail en g\u00e9n\u00e9ral ne sont jamais simples, mais dans le cas de l\u2019ESAT, l\u2019ambivalence est particuli\u00e8rement forte. Le handicap fait na\u00eetre des repr\u00e9sentations de monstruosit\u00e9 o\u00f9 celui qui fait figure de monstre est seul de son esp\u00e8ce (KORFF-SAUSSE, S., 2001). Le cercle de coll\u00e8gues permet alors de se sentir moins stigmatis\u00e9 et de rompre cette unicit\u00e9 radicale caract\u00e9ristique de la monstruosit\u00e9 (DEMEULE, C., 2015) en trouvant des semblables. Comme me l\u2019explique Farid, cet \u00e9tayage sur la similitude du statut de \u00ab&nbsp;personne handicap\u00e9e&nbsp;\u00bb s\u2019av\u00e8re primordial, non sans une certaine ambivalence pourtant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des fois, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre un monstre de foire. \u00c7a me fait du bien d\u2019\u00eatre l\u00e0 parce que je suis avec des gens comme moi, des gens qui me comprennent. \u00c7a m\u2019aide de voir des gens comme moi. Pour moi, je vois pas de diff\u00e9rence, qu\u2019on soit handicap\u00e9 ou dans la norme on est tous pareils. Je crois que mes fr\u00e8res ont honte. Eux, ils sont normaux&nbsp;\u00bb. Pour Patrick, l\u2019identification aux coll\u00e8gues permet de s\u2019\u00e9loigner du danger de glissement vers l\u2019animalit\u00e9 qui guette le sujet porteur de handicap&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je me sens dans mon \u00e9l\u00e9ment ici\u2026 parce qu\u2019ailleurs on nous traite comme des b\u00eates parce qu\u2019on est des handicap\u00e9s&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Les autres deviennent donc de potentielles figures identificatoires. Cette intersubjectivit\u00e9 joue un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la structuration de l\u2019identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Mais elle repr\u00e9sente aussi pour beaucoup un miroir insupportable <\/b>de leur propre handicap. C\u2019est pourquoi certains refusent les activit\u00e9s de groupe, surtout \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les autres foutent la honte dans la rue, on passe pour des gogols&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Les autres sont plus handicap\u00e9s que moi&nbsp;\u00bb sont des phrases r\u00e9guli\u00e8rement entendues. Pour d\u2019autres, ce reflet du handicap s\u2019exprime d\u00e8s le stage sous la forme d\u2019une barri\u00e8re ind\u00e9passable&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c7a me g\u00eane un peu d\u2019\u00eatre avec des handicap\u00e9s mentaux alors que moi c\u2019est psychique. Je pensais pas \u00eatre avec des \u201cmongoliens\u201d\u00bb me confie par exemple une stagiaire au bout de quelques jours. Parfois, ce n\u2019est pas la mixit\u00e9 de la population qui pose probl\u00e8me mais bien l\u2019image m\u00eame d\u2019un handicap non reconnu par le sujet&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est pas \u00e9vident du tout de travailler avec les handicap\u00e9s&nbsp;! C\u2019est pas du tout un travail qui me valorise. On me dit que ce serait bien de travailler en milieu prot\u00e9g\u00e9. Mais c\u2019est pas tr\u00e8s valorisant le travail prot\u00e9g\u00e9. D\u00e9j\u00e0 passer la journ\u00e9e avec eux et en plus manger avec les d\u00e9ficiences intellectuelles, c\u2019est pas valorisant&nbsp;! Ici je peux pas cr\u00e9er de liens, vous le sentez bien qu\u2019ils sont pas normaux\u2026 \u00c7a reste entre nous, mais j\u2019ai l\u2019impression que les \u00e9ducateurs me voient comme eux, comme un handicap\u00e9 mental&nbsp;!&nbsp;\u00bb s\u2019inqui\u00e8te un autre stagiaire. Cet effet de miroir teinte pareillement les relations amoureuses d\u2019une \u00e9vidente contradiction, comme chez cette travailleuse qui rompt avec son coll\u00e8gue parce qu\u2019elle ne veut \u00ab&nbsp;pas \u00eatre en couple avec un handicap\u00e9&nbsp;\u00bb \u2026 Alors comment trouver sa place&nbsp;au milieu de tous ces paradoxes ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b>PERTINENCE DE L\u2019ACCOMPAGNEMENT PSYCHOTH\u00c9RAPEUTIQUE EN ESAT<\/b><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse de ces paradoxes souligne la dimension fonci\u00e8rement contradictoire d\u2019une activit\u00e9 en ESAT. Pour le sujet, tous ces paradoxes se d\u00e9clinent en effet \u00e0 partir de la coexistence \u2013 plus ou moins probl\u00e9matique psychiquement \u2013 de deux sentiments oppos\u00e9s&nbsp;: se sentir socialement int\u00e9gr\u00e9 et normalis\u00e9 par le travail, tout en occupant un statut particulier dans un monde du travail \u00ab&nbsp;non ordinaire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Un lieu de travail au seuil des normes sociales&nbsp;: l\u2019ESAT comme espace de liminalit\u00e9<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>Fondamentalement, le handicap pose toujours la question de l\u2019autonomie<\/b> et de ses lisi\u00e8res. Le statut du sujet handicap\u00e9 est caract\u00e9ris\u00e9 par la liminalit\u00e9 (CALVEZ, M., 1994), par cet entre-deux&nbsp;: ni compl\u00e8tement dans la soci\u00e9t\u00e9, ni compl\u00e8tement en dehors, le sujet handicap\u00e9 se trouve aux limites de l\u2019inclusion et de l\u2019exclusion. Et comme le travail repr\u00e9sente la norme sociale par excellence, l\u2019ESAT me semble \u00eatre le lieu d\u2019accueil m\u00e9dico-social qui incarne peut-\u00eatre le plus parfaitement cette image du seuil&nbsp;: on y travaille comme tout le monde en n\u2019\u00e9tant pas comme tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><b>Travailler en ESAT, lieu paradigmatique de la liminalit\u00e9 et du paradoxe<\/b>, n\u2019emp\u00eache pas la pr\u00e9carit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;le fait d\u2019\u00eatre toujours sur le fil, y compris sous la menace d\u2019une condamnation des autres sans lesquels il est impossible de continuer \u00e0 d\u00e9velopper son autonomie du fait de sa d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb (ANCET, P., 2011). Cette pr\u00e9carit\u00e9, c\u2019est ne pas pouvoir envisager psychiquement d\u2019\u00eatre autrement que ce que l\u2019autre veut qu\u2019on soit&nbsp;; c\u2019est le contraire de l\u2019autonomie psychique qui consiste \u00e0 ne \u00ab&nbsp;pas seulement savoir se d\u00e9brouiller avec ce que l\u2019on a [mais] devenir ce que l\u2019on est \u00bb (ANCET, P., 2011). Devenir ce que l\u2019on est n\u2019est pas chose facile avec un handicap, mais le psychologue peut participer avec le sujet \u00e0 la co-construction de son identit\u00e9 professionnelle, de fa\u00e7on parfois paradoxale l\u00e0 encore. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><i>Psychoth\u00e9rapeute en ESAT : une place elle-m\u00eame paradoxale<\/i><\/h3>\n\n\n\n<p>Si l\u2019activit\u00e9 en ESAT participe \u00e0 la reconnaissance sociale n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019autonomie et contribue ainsi au sentiment d\u2019existence, elle confronte aussi \u00e0 de multiples paradoxes qui prennent corps dans une forme de \u00ab double bind \u00bb : travailler comme quelqu\u2019un de normal dans un lieu r\u00e9serv\u00e9 aux handicap\u00e9s ! Farid t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 \u00e0 se positionner face \u00e0 cette contradiction et du risque de fonctionnement en faux self qui en r\u00e9sulte sur le lieu de travail : \u00ab Il faut prouver que je suis apte \u00e0 travailler. Les psychologues disent que je suis malade. Je le cache sur un faux-semblant. M\u00eame si c\u2019est un travail qui me pla\u00eet pas, je le fais quand m\u00eame. Je fais semblant que \u00e7a va au travail : \u00eatre gentil, ne pas faire de crise, ne pas \u00eatre violent\u2026 \u00bb. C\u2019est pourquoi l\u2019accompagnement psychoth\u00e9rapeutique se r\u00e9v\u00e8le pr\u00e9cieux en ESAT, afin que cette activit\u00e9 professionnelle ne se r\u00e9sume pas \u00e0 une adaptation de surface en faux self qui tenterait de r\u00e9pondre \u00e0 une injonction paradoxale en tenant tant bien que mal une place intenable. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, le psychologue occupe une place psychoth\u00e9rapeutique elle-m\u00eame paradoxale, car elle lui est le plus souvent refus\u00e9e en ESAT. Il soutient pourtant le sujet dans ce travail d\u2019appropriation et de mise en tension f\u00e9conde de tous ces paradoxes pour co-construire avec lui son identit\u00e9 professionnelle subjective. Certains psychologues eux-m\u00eames diront que ce n\u2019est pas le lieu pour une th\u00e9rapie puisque l\u2019ESAT n\u2019est pas un lieu de soin. Je soutiens au contraire que cette place de psychoth\u00e9rapeute est extr\u00eamement pertinente : elle permet d\u00e9j\u00e0 \u00e0 de nombreux travailleurs, qui sinon n\u2019en auraient aucun, de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un suivi psychologique<sup>7<\/sup>. Il arrive m\u00eame que le travail de co-construction engag\u00e9 en th\u00e9rapie aboutisse \u00e0 une paradoxale et bienvenue d\u00e9construction de l\u2019identit\u00e9 professionnelle gr\u00e2ce \u00e0 laquelle le sujet peut s\u2019autoriser \u00e0 arr\u00eater de travailler pour r\u00e9parer ses parents \u00e0 tout prix et s\u2019orienter vers un autre type d\u2019activit\u00e9s. Mais surtout, cette place elle-m\u00eame paradoxale permet pr\u00e9cis\u00e9ment aux ouvriers de faire avec le paradoxe intrins\u00e8que de l\u2019institution et de se positionner de fa\u00e7on \u00e0 (re)trouver une forme de coh\u00e9rence et de sentiment d\u2019existence dans l\u2019\u00eatre-au-travail, au lieu de renforcer une adaptation socio-professionnelle de surface en faux self.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>Illustration clinique&nbsp;: Alice, du faux self \u00e0 une subjectivit\u00e9 authentique<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p><b>Apr\u00e8s un parcours scolaire sp\u00e9cialis\u00e9, <\/b>Alice est arriv\u00e9e avec un discours plaqu\u00e9 sur le handicap et sa motivation \u00e0 travailler. Rapidement, des points de d\u00e9stabilisation se cristallisent autour de la confrontation aux multiples paradoxes de l\u2019ESAT&nbsp;et son identit\u00e9 professionnelle de surface en tant que \u00ab&nbsp;travailleuse handicap\u00e9e&nbsp;\u00bb vacille. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de th\u00e9rapie, elle s\u2019autorise \u00e0 laisser se fissurer sa construction adaptative en faux self, en posant la question fondamentale de sa situation liminale entre inclusion et exclusion. Elle se rend fr\u00e9quemment \u00e0 des manifestations de d\u00e9fense de diverses minorit\u00e9s pour y chercher des r\u00e9ponses collectives autant qu\u2019individuelles et des identifications possibles&nbsp;: \u00ab&nbsp;Au moins avec ce mouvement, j\u2019ai une petite place, pas comme d\u2019habitude. L\u00e0 j\u2019ai une petite place dans la soci\u00e9t\u00e9. Je leur ai dit que j\u2019avais un handicap et ils m\u2019ont dit \u201cOn est tous handicap\u00e9s\u201d. \u00c7a se voit que les gens en ont ras-le-bol. Moi mon ras-le-bol, ce serait que j\u2019en ai marre d\u2019\u00eatre un peu \u00e0 l\u2019\u00e9cart des gens&nbsp;\u00bb. Elle interroge ainsi tr\u00e8s finement sa place paradoxale au seuil, non seulement de l\u2019ESAT, mais \u00e9galement de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des fois je me sens un peu perdue. C\u2019est comme si j\u2019avais pas ma place ici. J\u2019ai l\u2019impression que je me sens entre deux plateaux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alice se sent m\u00eame d\u00e9sormais suffisamment en s\u00e9curit\u00e9<\/strong> pour aborder les v\u0153ux de mort dont la personne handicap\u00e9e est l\u2019objet et sur lesquels se fonde la pr\u00e9carit\u00e9 radicale li\u00e9e \u00e0 la liminalit\u00e9. Cette douloureuse question s\u2019av\u00e8re essentielle dans la psychoth\u00e9rapie et fait partie des \u00ab&nbsp;cinq th\u00e8mes fondamentaux \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour qu\u2019un changement puisse advenir&nbsp;: le handicap&nbsp;; la perte&nbsp;; la d\u00e9pendance&nbsp;; la sexualit\u00e9&nbsp;; la peur d\u2019\u00eatre tu\u00e9&nbsp;\u00bb (SINASON,V., 2009). Elle se situe en plein c\u0153ur de ce travail d\u2019\u00e9laboration psychique lorsqu\u2019elle associe des actes de violence dans l\u2019actualit\u00e9 avec la Seconde Guerre Mondiale&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pendant la guerre, y a m\u00eame des handicap\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s\u2026 d\u00e9port\u00e9s\u2026 c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on dit&nbsp;?&nbsp;Le probl\u00e8me, c\u2019est que moi-m\u00eame je parle pas aux personnes handicap\u00e9es&nbsp;\u00bb. En s\u2019interrogeant ainsi sur sa propre r\u00e9ticence envers le handicap des autres, Alice avance sur le chemin de l\u2019\u00e9mergence de son self authentique, passant notamment par la reconnaissance de ces v\u0153ux meurtriers, ceux dont elle est l\u2019objet, mais aussi les siens propres envers les autres personnes handicap\u00e9es&nbsp;: \u00ab&nbsp;le souhait toxique de mort int\u00e9rioris\u00e9 est une des zones de changement qui doivent \u00eatre travers\u00e9es pour qu\u2019un changement advienne dans la th\u00e9rapie&nbsp;\u00bb (SINASON,V., 2009). Se dessinent en effet chez Alice une r\u00e9flexion profonde sur son identit\u00e9 et la potentialit\u00e9 d\u2019une transition subjective&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je sais pas si je suis si autonome que \u00e7a en fait. \u00catre autonome, c\u2019est pouvoir bien g\u00e9rer sa vie. C\u2019est \u00e7a le probl\u00e8me, est-ce qu\u2019on a vraiment sa place ici&nbsp;? Moi je me demande o\u00f9 est la mienne en tout cas\u2026&nbsp;\u00bb. Avoir un espace de travail psychique sur son lieu de travail prend alors tout son sens. Il s\u2019agit ainsi pour le sujet de co-construire ce self avec le psychologue dans l\u2019espace psychoth\u00e9rapeutique, et, par le biais de l\u2019\u00eatre-au-travail et de l\u2019identit\u00e9 professionnelle, d\u2019interroger son \u00ab&nbsp;\u00eatre-au-monde-avec-un-handicap&nbsp;\u00bb pour s\u2019approprier son \u00ab&nbsp;\u00eatre-sujet \u00bb \u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VERS UNE AUTONOMIE RELATIONNELLE DANS LE <em>CARE<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019accompagnement psychoth\u00e9rapeutique aide le sujet <\/strong>\u00e0 naviguer autour de tous ces possibles \u00e9cueils identitaires engendr\u00e9s par les paradoxes d\u2019un travail en ESAT. Ce positionnement th\u00e9rapeutique du psychologue y a sa place l\u00e9gitime, en ce qu\u2019il permet un travail psychique de co-construction et d\u2019\u00e9tayage de l\u2019identit\u00e9 professionnelle&nbsp;: si l\u2019ESAT n\u2019est pas \u00e0 proprement parler un lieu de soin (au sens anglais de \u00ab&nbsp;<em>to cure<\/em>&nbsp;\u00bb), il doit en revanche \u00eatre un vrai lieu du \u00ab&nbsp;prendre soin&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;<em>to care<\/em>&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p><a><\/a><strong>Comprendre les mouvements complexes inh\u00e9rents au travail e<\/strong>n ESAT am\u00e8ne \u00e0 proposer une meilleure prise en charge globale des personnes accueillies. Le travail ne se r\u00e9sume pas \u00e0 un geste technique, il donne lieu \u00e0 des perceptions, des affects et des repr\u00e9sentations. Le th\u00e9rapeute peut justement co-construire avec le sujet des \u00e9laborations et des pens\u00e9es autour de l\u2019objet-travail. En somme, le travail est <em>produit<\/em> mais il est \u00e9galement <em>cr\u00e9\u00e9<\/em> et l\u2019ESAT doit veiller \u00e0 maintenir cet \u00e9quilibre subtil entre cr\u00e9ativit\u00e9 et production. L\u2019accompagnement par le travail favorise alors le d\u00e9veloppement de \u00ab&nbsp;l\u2019autonomie relationnelle&nbsp;\u00bb (WINANCE, M., 2016) du sujet&nbsp;: selon une perspective \u00e9thique du <em>care<\/em> et dans une dynamique transdisciplinaire, le sujet \u00e9tend ses capacit\u00e9s \u00e0 agir et \u00e0 faire des choix, non pas dans une illusion de totale ind\u00e9pendance, mais en s\u2019appuyant sur diverses relations d\u2019accompagnement suffisamment souples et soutenantes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup> \u00c9tablissement et Service d\u2019Aide par le Travail (anciennement nomm\u00e9 CAT&nbsp;: Centre d\u2019Aide par le Travail)<\/p>\n\n\n\n<p><sup>2<\/sup> Maison D\u00e9partementale des Personnes Handicap\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p><sup>3<\/sup> Reconnaissance de la Qualit\u00e9 de Travailleur Handicap\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><sup>4<\/sup> Allocation aux Adultes Handicap\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p><sup>5<\/sup> Institut m\u00e9dico-\u00e9ducatif \/ Externat m\u00e9dico-professionnel<\/p>\n\n\n\n<p><sup>6<\/sup> C\u2019est ainsi qu\u2019on voit des ouvriers persister dans des prestations ext\u00e9rieures, qui leur co\u00fbtent beaucoup d\u2019\u00e9nergie psychique, pour ne pas d\u00e9cevoir leurs parents et risquer de les priver de cette image de l\u2019int\u00e9gration en entreprise \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>7<\/sup> La liste d\u2019attente est interminable pour entamer un suivi psychologique r\u00e9gulier en CMP&nbsp;; la d\u00e9ficience intellectuelle y constitue rarement un motif de consultation \u00e0 moins d\u2019\u00eatre associ\u00e9e \u00e0 de gros troubles psychiques concomitants&nbsp;; certains sont dans l\u2019impossibilit\u00e9 mat\u00e9rielle d\u2019entreprendre une th\u00e9rapie \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BIBLIOGRAPHIE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>ANCET, P. (2011), <em>Autonomie, vie psychique et reconnaissance<\/em>, in ANCET, P. &amp; MAZEN, N.-J. (Dir.), \u00c9thique et handicap, Bordeaux, Les \u00c9tudes Hospitali\u00e8res, p.243-260.<\/p>\n\n\n\n<p>ANESM (Agence nationale de l\u2019\u00e9valuation et de la qualit\u00e9 des \u00e9tablissements et services sociaux et m\u00e9dico-sociaux). (2013), <em>Adaptation de l\u2019accompagnement aux attentes et besoins des travailleurs handicap\u00e9s en ESAT<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>CALVEZ, M. (1994), <em>Le handicap comme situation de seuil&nbsp;: \u00e9l\u00e9ments pour une sociologie de la liminalit\u00e9<\/em>, Sciences Sociales et Sant\u00e9, vol.XII, n\u00b01, p.61-88.<\/p>\n\n\n\n<p>DE PARSEVAL, C. (2007), <em>De Ferenczi \u00e0 Winnicott&nbsp;: le \u00ab&nbsp;nourrisson savant&nbsp;\u00bb et le faux self<\/em>, Le Coq-h\u00e9ron, 189, p.122-141.<\/p>\n\n\n\n<p>DEMEULE, C. (2015), <em>Approche psychologique du stigmate et de la monstruosit\u00e9 en chirurgie maxillo-faciale<\/em>, Champ Psy, n\u00b068, p.25-37.<\/p>\n\n\n\n<p>DEMEULE, C. (2016), Handicap et co-construction de l\u2019identit\u00e9 professionnelle&nbsp;: l\u2019entr\u00e9e en ESAT, in SCELLES, R. (Dir.) (2016), <em>Na\u00eetre, grandir, vieillir avec un handicap&nbsp;: transitions et remaniements psychiques<\/em>, Toulouse&nbsp;: \u00c9r\u00e8s, p.219-237.<\/p>\n\n\n\n<p>FRAY, A.-M. &amp; PICOULEAU, S. (2010), <em>Le diagnostic de l&rsquo;identit\u00e9 professionnelle : une dimension essentielle pour la qualit\u00e9 au travail,<\/em> Management &amp; Avenir, n\u00b0 38\/8, p. 72-88.<\/p>\n\n\n\n<p>KORFF-SAUSSE, S. (2001), <em>D\u2019\u0152dipe \u00e0 Frankenstein, Figures du handicap<\/em>, Paris, Descl\u00e9e de Brouwer.<\/p>\n\n\n\n<p>SINASON,V. (2009),Psychoth\u00e9rapie psychanalytique de patients atteints de d\u00e9ficience intellectuelle, in Korff-Sausse S. (Dir.) &amp; Ciccone, A. ; Missonnier, S. ; Salbreux, R., Scelles, R.,&nbsp;<em>La vie psychique des personnes handicap\u00e9es. Ce qu\u2019elles ont \u00e0 nous dire, ce que nous avons \u00e0 entendre<\/em>, Toulouse, \u00c9r\u00e8s, p.207-211.<\/p>\n\n\n\n<p>WINANCE, M. (2016), <em>Repenser le handicap : le\u00e7ons du pass\u00e9, questions pour l\u2019avenir. Apports et limites du mod\u00e8le social, de la sociologie des sciences et des techniques, de l\u2019\u00e9thique du care<\/em>, ALTER, European Journal of Disability Research, 10\/2, p.99-110.<\/p>\n\n\n\n<p>WINNICOTT, D.W. (1952), Psychose et soins maternels, in <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1969.<\/p>\n\n\n\n<p>WINNICOTT, D.W. (1960), Distorsion du Moi en fonction du vrai et du faux self, in&nbsp;<em>Processus de maturation chez l\u2019enfant<\/em>, Paris, Payot, 1989.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21756?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TRAVAIL ET IDENTIT\u00c9 Travailler constitue, pour bon nombre de personnes, une composante essentielle de la vie quotidienne&nbsp;: outre le temps majeur que l\u2019\u00eatre humain y consacre et la souffrance qui peut d\u2019ailleurs en d\u00e9couler, l\u2019activit\u00e9 professionnelle porte \u00e9galement souvent des&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1245],"thematique":[2504],"auteur":[2521],"dossier":[2500],"mode":[60],"revue":[2525],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-21756","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-soin","thematique-soin","auteur-caroline-demeule","dossier-handicap-et-vie-psychique","mode-payant","revue-2525","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21756","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21756"}],"version-history":[{"count":9,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21756\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21870,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21756\/revisions\/21870"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21756"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=21756"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=21756"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=21756"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=21756"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=21756"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=21756"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=21756"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=21756"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}