{"id":19900,"date":"2021-12-19T15:20:22","date_gmt":"2021-12-19T14:20:22","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=19900"},"modified":"2021-12-21T10:13:57","modified_gmt":"2021-12-21T09:13:57","slug":"etre-garcon-ou-fille-la-co-construction-de-lidentite-sexuee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/etre-garcon-ou-fille-la-co-construction-de-lidentite-sexuee\/","title":{"rendered":"Etre gar\u00e7on ou fille\u00a0: la co-construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">LES TROIS NIVEAUX DE L\u2019IDENTITE<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00catre gar\u00e7on ou fille, \u00eatre homme ou femme Se sentir attir\u00e9 par les hommes et\/ou par les femmes quel que soit notre propre sexe \u2026 Se vivre au masculin ou au f\u00e9minin au regard de la soci\u00e9t\u00e9 \u2026 Ce sont l\u00e0 des probl\u00e9matiques certes distinctes et pourtant interd\u00e9pendantes voire indissociables.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous le terme d\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e, on regroupe g\u00e9n\u00e9ralement trois niveaux identitaires diff\u00e9rents&nbsp;: l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e proprement dite, l\u2019identit\u00e9 sexuelle et l\u2019identit\u00e9 de genre qui ensemble concourent au fait de se sentir fille ou gar\u00e7on, homme ou femme, ou \u00e0 la fois homme et femme d\u00e8s lors que les choses sont d\u00e9sormais pens\u00e9es de mani\u00e8re moins binaire que cela a pu l\u2019\u00eatre pendant longtemps. Savoir si l\u2019on est fille ou gar\u00e7on ne va pas de soi, tant s\u2019en faut. S\u2019agit-il d\u2019ailleurs de le savoir, ou plut\u00f4t de l\u2019\u00e9prouver et de le ressentir&nbsp;? En tout \u00e9tat de cause, m\u00eame si cette identit\u00e9 se constitue pr\u00e9cocement, il est clair aujourd\u2019hui qu\u2019elle se co-construit progressivement au sein de la triade et des interactions pr\u00e9coces qui s\u2019y d\u00e9ploient. Mais \u00e0 partir de quand s\u2019instaure-t-elle v\u00e9ritablement et sur quelles bases se fonde-t-elle&nbsp;? D\u2019immenses questions demeurent ouvertes \u00e0 propos de cette question pourtant fondamentale et fondatrice mais longtemps m\u00e9connue par les professionnels de la petite enfance alors m\u00eame qu\u2019elles nous aident \u00e0 penser le passage de l\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">QUELQUES RAPPELS THEORIQUES<\/h2>\n\n\n\n<p>Comme la croissance et la maturation psychiques de l\u2019enfant dans leur ensemble \u2013 et le langage en est un exemple particuli\u00e8rement d\u00e9monstratif \u2013 la construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e, de l\u2019identit\u00e9 sexuelle et de l\u2019identit\u00e9 de genre se fait au point de rencontre exact entre certains facteurs endog\u00e8nes (la part personnelle du sujet) et certains facteurs exog\u00e8nes (notamment relationnels), les effets de rencontre entre ces deux types de facteurs s\u2019av\u00e9rant ici tout \u00e0 fait d\u00e9terminants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Remarques terminologiques<\/h3>\n\n\n\n<p>Nombre d\u2019auteurs &#8211; dont L\u00e9on Kreisler lui-m\u00eame qui a \u00e9t\u00e9 ind\u00e9niablement, en France, l\u2019un des initiateurs de la r\u00e9flexion sur cette question \u00e0 partir de ses recherches sur les \u00e9tats intersexu\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Saint-Vincent de Paul (Paris) &#8211; parlent volontiers <i>d\u2019identit\u00e9 sexuelle<\/i>.<\/p>\n\n\n\n<p>Colette Chiland qui s\u2019est activement pench\u00e9e sur la question du transsexualisme \u2013 r\u00e9futait ce terme et lui pr\u00e9f\u00e9rait celui <i>d\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e<\/i>. En effet, selon elle, le terme de <i>sexu\u00e9<\/i> renvoie \u00e0 ce qui a trait \u00e0 la sexuation, soit \u00e0 la division de l\u2019esp\u00e8ce ou genre humain en deux sexes distincts, tandis que le terme de <i>sexuel<\/i> renverrait plut\u00f4t \u00e0 ce qui a trait \u00e0 la sexualit\u00e9, soit aux relations entre les deux sexes. Autrement dit, avec le terme de <i>sexu\u00e9<\/i> nous parlons plut\u00f4t de sexuation alors qu\u2019avec celui de <i>sexuel<\/i> nous parlerions plut\u00f4t de sexualit\u00e9, ce qui, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, n\u2019est pas superposable \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, dans l\u2019usage courant, les choses ne sont pas aussi simples car le terme de <i>sexu\u00e9<\/i> recouvre aussi bien le sexe biologique que le sexe psychologique, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9ciser o\u00f9 l\u2019on se situe, sur l\u2019un ou l\u2019autre plan, par rapport \u00e0 la division en deux sexes, et c\u2019est l\u2019introduction du terme de <i>genre<\/i> qui est venu quelque peu clarifier le d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette distinction entre sexe et genre (<i>sex and gender<\/i>) a \u00e9t\u00e9 reprise par Robert Stoller partir des travaux de John Money et des Hampson et elle permet, en effet, de bien faire la diff\u00e9rence entre ce qui revient au sexe biologique (le sexe) et ce qui revient au sexe psychologique et social (le genre).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous garderons donc d\u00e9sormais le terme global d\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e dans la mesure o\u00f9 ce niveau de l\u2019identit\u00e9 se fonde sur les m\u00e9canismes de la sexuation (diff\u00e9rence des sexes) mais sans qu\u2019on puisse, bien entendu, faire abstraction de la question (plus tardive&nbsp;?) des relations entre les sexes et des r\u00f4les d\u00e9volus \u00e0 chacun d\u2019entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il importe donc de ne pas confondre l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e <i>objective<\/i> (ou objectiv\u00e9e par la biologie et l\u2019\u00e9tat civil), et l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e <i>subjective<\/i> telle qu\u2019elle est v\u00e9cue par le sujet. C\u2019est \u00e9videmment cette derni\u00e8re qui int\u00e9resse au premier chef les psychiatres, les psychologues et les psychanalystes d\u2019enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 cette ligne de d\u00e9marcation entre objectivit\u00e9 et subjectivit\u00e9, R. Green (Green, 1987) propose d\u2019envisager trois composantes diff\u00e9rentes, mais articul\u00e9es entre elles, de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e&nbsp;: la \u00ab&nbsp;<i>core-morphologic identity<\/i>&nbsp;\u00bb ou identit\u00e9 anatomique (\u00eatre m\u00e2le ou femelle), le \u00ab&nbsp;<i>gender-role behavior<\/i>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<i>sex-typed behavior<\/i>&nbsp;\u00bb (la masculinit\u00e9 ou la f\u00e9minit\u00e9) et l\u2019orientation sexuelle enfin (ou choix d\u2019objet).<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, et c\u2019est bien l\u00e0 le probl\u00e8me, le fait <i>d\u2019\u00eatre<\/i> un m\u00e2le ou une femelle et le fait de <i>se sentir<\/i> m\u00e2le ou femelle sont deux choses bien diff\u00e9rentes, qui ne se recouvrent pas toujours, comme le montrent les d\u00e9bats actuels \u00e0 propos de ce d\u00e9calage qui serait \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 admettre tr\u00e8s t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Citons enfin John Money qui, \u00e0 propos des comportements sexu\u00e9s (<i>gender-role behavior<\/i>) propose la formulation suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019identit\u00e9 de genre est l\u2019exp\u00e9rience priv\u00e9e du r\u00f4le de genre, et le r\u00f4le de genre est l\u2019expression publique de l\u2019identit\u00e9 de genre&nbsp;\u00bb, le terme d\u2019identit\u00e9 de genre \u00e9tant entendu, ici, comme un \u00e9quivalent de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e subjective, soit le sentiment d\u2019\u00eatre un homme ou une femme, ce que Robert Stoller d\u00e9nomme, quant \u00e0 lui, la \u00ab&nbsp;<i>core-gender identity<\/i>&nbsp;\u00bb ou noyau de l\u2019identit\u00e9 de genre (Stoller, 1971, 1989).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les diff\u00e9rents niveaux de d\u00e9finition de l\u2019identit\u00e9 sexuelle<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e, on peut distinguer<i>&nbsp;:<\/i><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique (caryotype 46 XX pour le sexe f\u00e9minin et 46 XY pour le sexe masculin)<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019identit\u00e9 biologique et notamment endocrinienne, en grande partie command\u00e9e par la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019identit\u00e9 anatomique diff\u00e9rente, selon le sexe, tant au niveau des organes g\u00e9nitaux externes qu\u2019au niveau des organes g\u00e9nitaux internes. La pubert\u00e9 entra\u00eene un ensemble de modifications qui ne font qu\u2019accentuer, en r\u00e9alit\u00e9, les diff\u00e9rences anatomiques pr\u00e9alables (apparition des seins, croissance de la verge, sp\u00e9cificit\u00e9 de la r\u00e9partition de la pilosit\u00e9 \u2026). Les diff\u00e9rences d\u00e9crites au niveau de l\u2019anatomie c\u00e9r\u00e9brale sont, jusqu\u2019\u00e0 maintenant minimes, et difficiles \u00e0 impliquer directement dans la constitution de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019identit\u00e9 sexuelle, c\u2019est la question du choix d\u2019objet sexuel (choix homo, h\u00e9t\u00e9ro ou bisexuel) qui se trouve pos\u00e9e. Si l\u2019on veut, comme R. Green, ajouter cette dimension aux deux autres dimensions classiques de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e (soit la dimension g\u00e9n\u00e9tique, biologique et anatomique, soit le fait d\u2019\u00eatre m\u00e2le ou femelle) et de l\u2019identit\u00e9 de genre (l\u2019identit\u00e9 sociale \u00e9voqu\u00e9e ci-dessous), il importe toutefois que cette prise en compte de l\u2019identit\u00e9 sexuelle ne nous am\u00e8ne pas \u00e0 d\u00e9crire l\u2019homo et la bisexualit\u00e9 en termes de d\u00e9viances, ce qui n\u2019irait pas sans poser quelques difficult\u00e9s de fond \u00e0 notre \u00e9poque \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019identit\u00e9 sociale enfin ou identit\u00e9 de genre, il s\u2019agit des r\u00f4les plus ou moins st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s qui sont d\u00e9volus de mani\u00e8re diff\u00e9rentielle \u00e0 chacun des deux sexes par une soci\u00e9t\u00e9 ou une culture donn\u00e9e, \u00e0 tel ou tel moment de son histoire et de son \u00e9volution politique. Cette identit\u00e9 de genre est sous-tendue par l\u2019identit\u00e9 symbolique, l\u00e9gale ou institu\u00e9e, soit les diverses inscriptions au niveau de l\u2019\u00e9tat civil notamment (choix du pr\u00e9nom, inscription du sexe sur les diff\u00e9rents documents ou papiers officiels \u2026) qui d\u00e9finissent le sexe dit d\u2019assignation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">POINTS DE REPERE DEVELOPPEMENTAUX<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e (au sens large) se forge probablement \u00e0 la confluence de deux mouvements.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une part, il faut que l\u2019enfant rep\u00e8re en lui (par l\u2019\u00e9veil de ses organes g\u00e9nitaux) et autour de lui, des indices de l\u2019existence de la diff\u00e9rence des sexes, et d\u2019autre part il faut qu\u2019il soit pris dans le regard d\u2019adultes, p\u00e8re et m\u00e8re qui l\u2019authentifient en tant que gar\u00e7on ou fille.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le rep\u00e9rage de la diff\u00e9rence des sexes<\/h3>\n\n\n\n<p><i>Le rep\u00e9rage du sexuel&nbsp;:&nbsp;<\/i><\/p>\n\n\n\n<p>Avant de d\u00e9couvrir la diff\u00e9rence des sexes, le b\u00e9b\u00e9 a d\u2019abord \u00e0 rep\u00e9rer le registre du sexuel, comme l\u2019a bien montr\u00e9 un auteur comme Guy Rosolato (Rosolato, 1969), avec le concept \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9cart diff\u00e9renciateur des satisfactions&nbsp;\u00bb. Nous n\u2019y insisterons pas dans le cadre de ce travail, mais il s\u2019agit \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019un pr\u00e9alable important, puisqu\u2019en d\u00e9couvrant qu\u2019il y a des satisfactions pour l\u2019obtention desquelles il peut ne compter que sur lui-m\u00eame (les auto-\u00e9rotismes), et d\u2019autres pour l\u2019obtention desquelles il est contraint de s\u2019en remettre \u00e0 autrui (les besoins auto-conservatoires), le b\u00e9b\u00e9 d\u00e9couvre du m\u00eame coup que le registre du sexuel est d\u2019embl\u00e9e connot\u00e9 par une dimension d\u2019intime, de secret et de priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><i>Le rep\u00e9rage de la diff\u00e9rence des sexes \u00e0 partir de soi<\/i>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, une fois d\u00e9marqu\u00e9 ce registre du sexuel, l\u2019enfant va devoir rep\u00e9rer sur lui-m\u00eame, sur ceux qui l\u2019entourent et sur les objets de son monde environnant les marques de la diff\u00e9rence des sexes.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur lui-m\u00eame, en termes de v\u00e9cu subjectif, les choses ne se posent peut-\u00eatre pas exactement en ces termes dans la mesure o\u00f9, d\u00e8s sa naissance et en lien avec les soins dont il est l\u2019objet, l\u2019enfant sent des excitations dans son corps, des choses diff\u00e9rentes selon qu\u2019il est gar\u00e7on ou fille, les manifestations masturbatoires en t\u00e9moignent, mais il les vit comme un absolu sans savoir que d\u2019autres que lui \u00e9prouvent d\u2019autres choses et donc, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, sans point de comparaison possible sur lui-m\u00eame et sur autrui (adultes, autres enfants \u2026), en revanche, et en termes de marques objectives, l\u2019enfant va pouvoir travailler l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes.<\/p>\n\n\n\n<p><i>Une dynamique progressive et conflictuelle&nbsp;:<\/i><\/p>\n\n\n\n<p>Disons seulement ici que d\u2019une part cette dynamique de la reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes est extr\u00eamement progressive et que d\u2019autre part, une grande \u00e9nergie va se trouver en fait consacr\u00e9e \u00e0 la lutte contre cette perception de la diff\u00e9rence qui s\u2019impose \u00e0 l\u2019enfant de mani\u00e8re plus ou moins angoissante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;en avoir ou pas&nbsp;\u00bb propre \u00e0 cette p\u00e9riode centr\u00e9e sur la question du p\u00e9nis est en effet pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 par toute une s\u00e9rie d\u2019interrogations dialectiques qui viennent s\u2019inscrire dans le champ des probl\u00e9matiques orales et anales en amont du stade phallique&nbsp;: celle \u00ab&nbsp;de l\u2019avaler ou du cracher&nbsp;\u00bb comme pr\u00e9curseur de l\u2019opposition entre la r\u00e9ceptivit\u00e9 f\u00e9minine et l\u2019expulsion ou la p\u00e9n\u00e9tration masculine, celle \u00ab&nbsp;du retenir ou de l\u2019\u00e9vacuer&nbsp;\u00bb qui sous-tend en r\u00e9alit\u00e9 les autres oppositions partielles (montrer\/cacher, actif\/passif, grand\/petit et fort\/faible) qui annoncent et pr\u00e9figurent certains de nos st\u00e9r\u00e9otypes diff\u00e9rentiels entre le masculin et le f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une dynamique conflictuelle \u00e9galement en ce sens que l\u2019enfant va longtemps lutter contre la perception et l\u2019int\u00e9gration de ces diff\u00e9rences entre les deux sexes relevant de l\u2019acceptation de la castration.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ambitions phalliques des petites filles qui se comportent comme des \u00ab&nbsp;gar\u00e7ons manqu\u00e9s&nbsp;\u00bb (soit comme des gar\u00e7ons \u00e0 qui il ne manque que cela, le p\u00e9nis), les diverses th\u00e9ories sexuelles infantiles qui font penser au gar\u00e7on que le p\u00e9nis des filles leur a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 mais qu\u2019il repoussera, le fantasme de m\u00e8re p\u00e9nienne qu\u2019on peut retrouver dans les dessins des enfants des deux sexes comme dernier baroud d\u2019honneur avant d\u2019admettre que toutes les femmes sont effectivement d\u00e9pourvues de p\u00e9nis, et m\u00eame le d\u00e9sir de la petite fille d\u2019avoir un enfant du p\u00e8re en tant que p\u00e9nis interne qui viendrait la d\u00e9dommager de son manque de p\u00e9nis externe, toutes ces formations et configurations psychiques ont en fait valeur de d\u00e9ni actif de la perception de la diff\u00e9rence des sexes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette perception ne sera finalement int\u00e9gr\u00e9e par l\u2019enfant qu\u2019assez tardivement, vers deux ou trois ans dans le sch\u00e9ma freudien, et comme \u00e0 regret, sur un mode quelque peu r\u00e9sign\u00e9, \u00e0 son corps d\u00e9fendant pourrait-on dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fr\u00e9quents \u00e9l\u00e9ments d\u00e9pressifs de la p\u00e9riode \u0153dipienne t\u00e9moignent probablement en partie de ce renoncement \u00e0 une vision unisexu\u00e9e du monde, et l\u2019on sait tous les m\u00e9canismes de d\u00e9saveu de la castration f\u00e9minine que l\u2019on retrouvera encore, longtemps apr\u00e8s, au niveau de l\u2019\u00e9laboration des positions f\u00e9tichistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ajoutons ici que les travaux de H. Roiphe et E. Galenson (Roiphe, Galenson, 1987) ont bien montr\u00e9 \u00e9galement les \u00ab&nbsp;angoisses g\u00e9nitales pr\u00e9coces&nbsp;\u00bb que l\u2019enfant va vivre, bien avant la p\u00e9riode \u0153dipienne, dans sa rencontre avec les diff\u00e9rences per\u00e7ues par lui au niveau des organes g\u00e9nitaux externes (les siens et ceux des adultes qui l\u2019entourent).<\/p>\n\n\n\n<p><i>Le rep\u00e9rage de la diff\u00e9rence des sexes \u00e0 partir de l\u2019autre&nbsp;:<\/i><\/p>\n\n\n\n<p>Sur le fond de tout ceci, l\u2019enfant va alors travailler ces diff\u00e9rentes questions en les projetant sur son environnement mat\u00e9riel et Genevi\u00e8ve Haag (Haag, 1983) a ainsi d\u00e9crit, de mani\u00e8re tr\u00e8s parlante, le v\u00e9ritable travail de cat\u00e9gorisation auquel les b\u00e9b\u00e9s vont se livrer tr\u00e8s t\u00f4t, en diff\u00e9renciant ce qu\u2019elle appelle des \u00ab&nbsp;objets-maman&nbsp;\u00bb (rond, doux, mous, creux ou concaves&nbsp;&#8230;) et des \u00ab&nbsp;objets-papa&nbsp;\u00bb (pointus, rugueux, durs, pleins ou convexes \u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau non plus des objets concrets mais des objets parentaux eux-m\u00eames, les enfants vont \u00e9galement distinguer progressivement entre ce que Didier Houzel (Houzel, 1992) appelle les \u00ab&nbsp;saillances paternelles&nbsp;\u00bb et les \u00ab&nbsp;pr\u00e9gnances maternelles&nbsp;\u00bb, diff\u00e9rences interactives qui vont participer \u00e0 son \u00e9laboration de la diff\u00e9rence des sexes et \u00e0 son int\u00e9gration graduelle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant semble capable de reconna\u00eetre et de diff\u00e9rencier tr\u00e8s t\u00f4t certaines caract\u00e9ristiques parentales telles que la voix, l\u2019odeur, le grain de&nbsp;la peau, la fa\u00e7on dont il est port\u00e9 \u2026 (Mehler et Dupoux, 1990) et de pouvoir, de ce fait, se positionner beaucoup plus pr\u00e9cocement qu\u2019on ne pensait par rapport \u00e0 la triade, et pas seulement par rapport \u00e0 la dyade qu\u2019il forme avec sa m\u00e8re (Fivaz-Depeursinge et Corboz-Warnery, 1999&nbsp;; Fivaz-Depeursinge, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses recherches ont \u00e9galement montr\u00e9 que les p\u00e8res et les m\u00e8res n\u2019interagissent pas de la m\u00eame mani\u00e8re avec leur enfant, que ce soit en termes d\u2019attachement, d\u2019utilisation des objets et m\u00eame d\u2019interactions comportementales. Les sch\u00e9mas d\u2019attachement des enfants peuvent \u00eatre diff\u00e9rents vis-\u00e0-vis de la figure primaire d\u2019attachement (g\u00e9n\u00e9ralement la m\u00e8re mais pas toujours) et vis-\u00e0-vis des figures d\u2019attachement secondaires et l\u2019on sait que ces sch\u00e9mas d\u2019attachement se mettent en place d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e de la vie. Les m\u00e8res, quand elles jouent avec leur b\u00e9b\u00e9, utilisent plus souvent les objets dans leur fonction usuelle que les p\u00e8res qui font davantage preuve d\u2019inventivit\u00e9 symbolique ou semi-symbolique, comme si ces derniers voulaient activement capter l\u2019attention de leur enfant vis-\u00e0-vis duquel ils peuvent se sentir coupables d\u2019\u00eatre souvent moins pr\u00e9sents que les m\u00e8res, avec une \u00e9ventuelle envie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de celles-ci. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit un lancer-des-b\u00e9b\u00e9s-en-l\u2019air, pour jouer, qui seraient davantage le fait des p\u00e8res que des m\u00e8res \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, m\u00eame si d\u2019un point de vue exp\u00e9rimental, nous n\u2019avons pas encore beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui nous permettent de dire avec pr\u00e9cision comment, avant dix-huit mois, le b\u00e9b\u00e9 parvient \u00e0 cat\u00e9goriser le registre maternel et le registre paternel, on sent bien cependant que tout ceci concoure, progressivement, au rep\u00e9rage par l\u2019enfant d\u2019objets relationnels distincts et \u00e0 son acc\u00e8s \u00e0 la question de la diff\u00e9rence des sexes.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout se passe un peu comme si le p\u00e8re et la m\u00e8re fournissaient \u00e0 l\u2019enfant un \u00ab&nbsp;r\u00e9pertoire&nbsp;\u00bb de signaux que l\u2019enfant se devait alors d\u2019explorer et de d\u00e9chiffrer activement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le r\u00f4le de la pr\u00e9sence de l\u2019autre&nbsp;: regard, toucher, porter, paroles\u2026<\/h3>\n\n\n\n<p>Tout le travail psychique que nous venons d\u2019\u00e9voquer n\u2019aboutit pas cependant, \u00e0 lui seul, \u00e0 la mise en place, chez l\u2019enfant, du v\u00e9cu d\u2019\u00eatre un gar\u00e7on ou une fille. Il faut encore que vienne s\u2019y ajouter une sorte de confirmation identitaire dans son interrelation avec les adultes qui prennent soin de lui. C\u2019est donc toute la question du regard que l\u2019adulte pose sur l\u2019enfant qui se trouve ici interrog\u00e9e. C\u2019est dans la psych\u00e9 des parents que se joue d\u2019abord la question de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019enfant et d\u00e8s la naissance &#8211; voire avant, <i>via<\/i> l\u2019\u00e9chographie \u2013 les parents vont penser leur enfant en termes de gar\u00e7on ou de fille en fonction du rep\u00e9rage des organes g\u00e9nitaux<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la naissance, les parents vont interagir avec leur enfant diff\u00e9remment selon qu\u2019ils le consid\u00e8rent comme un gar\u00e7on ou comme une fille. Sans m\u00eame parler des choix vestimentaires qui peuvent \u00eatre faits et qui d\u00e9pendent largement du contexte culturel (notamment en ce qui concerne l\u2019attribution du rose ou du bleu \u00e0 tel ou tel sexe, par exemple), l\u2019adulte ne s\u2019occupe pas d\u2019un b\u00e9b\u00e9 gar\u00e7on comme d\u2019un b\u00e9b\u00e9 fille, il ne dit pas les m\u00eames choses de l\u2019un et de l\u2019autre et il ne leur dit pas les m\u00eames choses \u00e0 chacun. Dans cette perspective, certaines \u00e9tudes ont montr\u00e9, par exemple, que dans la situation d\u2019allaitement, les m\u00e8res contrarient plus le rythme de la succion de leurs filles que de leurs gar\u00e7ons (Ir\u00e8ne L\u00e9zine, Monique Robin et Christine Cortial, 1975).<\/p>\n\n\n\n<p>Les interactions et le discours des parents refl\u00e8tent en grande partie nos st\u00e9r\u00e9otypes socio-culturels en mati\u00e8re de f\u00e9minit\u00e9 et de masculinit\u00e9 et certaines recherches ont bien montr\u00e9 que devant un m\u00eame b\u00e9b\u00e9, les adultes peuvent se comporter et choisir des qualificatifs tr\u00e8s diff\u00e9rents selon qu\u2019on leur dit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un gar\u00e7on ou d\u2019une fille. Il y a donc, bien entendu, ici, une grande part de subjectivit\u00e9, mais c\u2019est sur la base de cette subjectivit\u00e9 de la part des adultes que l\u2019enfant va construire son identit\u00e9 sexu\u00e9e et ceci, de mani\u00e8re quelque peu ind\u00e9pendante de son \u00e9quipement objectif de m\u00e2le ou de femelle comme nous le reverrons ci-dessous.<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019est toutefois demand\u00e9 si certaines caract\u00e9ristiques du b\u00e9b\u00e9 pouvaient influencer le positionnement des parents face \u00e0 lui en termes d\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, peu de diff\u00e9rences entre les b\u00e9b\u00e9s gar\u00e7ons et les b\u00e9b\u00e9s filles ont pu \u00eatre v\u00e9ritablement objectiv\u00e9es&nbsp;: on a pu penser que les comp\u00e9tences tactiles et olfactives \u00e9taient peut-\u00eatre plus pr\u00e9coces et plus efficientes chez les filles, mais ceci ne suffit sans doute pas, \u00e0 soi seul, \u00e0 induire un style interactif parental particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Une place doit \u00eatre faite enfin \u00e0 la dynamique du contre-\u0153dipe parental quant au r\u00f4le du regard de l\u2019autre dans le processus d\u2019\u00e9mergence de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e. En effet, de m\u00eame que certains auteurs ont pu soutenir, dans le champ de la cure, que le contre-transfert de l\u2019analyste pr\u00e9c\u00e9dait et induisait le transfert du patient (Neyraut, 1980), on observe parfois que le contre-\u0153dipe parental pr\u00e9c\u00e8de, et de loin, l\u2019instauration de la dynamique \u0153dipienne pleine et enti\u00e8re chez l\u2019enfant. Il y a sans doute, l\u00e0, une dialectique interactive mais il est tout \u00e0 fait pensable que les anticipations fantasmatiques des parents pr\u00e9parent et induisent le mouvement \u0153dipien de l\u2019enfant. Ce faisant, les parents positionnent leur enfant en tant que futur enfant \u0153dipien sexu\u00e9 (gar\u00e7on ou fille) et d\u00e8s lors, le contre-\u0153dipe parental participe tr\u00e8s directement \u00e0 l\u2019instauration de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019enfant en le d\u00e9clarant, en quelque sorte \u00e0 l\u2019avance, fils ou fille de leurs fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Finalement, la construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e est donc une co-construction \u00e9minemment interactive<\/h4>\n\n\n\n<p>Il y aurait \u00e9videmment une tr\u00e8s grande na\u00efvet\u00e9 \u00e0 penser que le terrain biologique peut suffire \u00e0 instaurer le v\u00e9cu d\u2019un enfant d\u2019\u00eatre un gar\u00e7on ou une fille. Les sp\u00e9cificit\u00e9s biologiques ne constituent qu\u2019un facteur qui va orienter les interactions parents-b\u00e9b\u00e9, qui va en constituer la base. La dimension interactive est donc essentielle et cette dimension interactive est d\u2019ailleurs tr\u00e8s nette quand on s\u2019aper\u00e7oit que devant un b\u00e9b\u00e9 tout seul, hors relation, il est parfois difficile de savoir, pour un observateur \u00e9tranger \u00e0 la famille, s\u2019il s\u2019agit d\u2019un gar\u00e7on ou d\u2019une fille alors m\u00eame que son sexe devient \u00e9vident pour ce m\u00eame observateur d\u00e8s lors que les parents interagissent avec l\u2019enfant et s\u2019occupent de lui, nous y reviendrons. C\u2019est \u00e0 la suite du mouvement d\u2019individuation que s\u2019enclenche v\u00e9ritablement l\u2019instauration de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e et l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e fondamentale (la \u00ab&nbsp;<i>core-gender identity<\/i>&nbsp;\u00bb de Robert Stoller) semble \u00e9tablie de mani\u00e8re d\u00e9finitive et irr\u00e9versible vers l\u2019\u00e2ge de deux ans et demi ou trois ans. La conviction est alors, d\u00e9sormais, solidement \u00e9tablie chez l\u2019enfant d\u2019\u00eatre un gar\u00e7on ou d\u2019\u00eatre une fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce noyau de l\u2019identit\u00e9 de genre se constitue donc de mani\u00e8re interactive entre z\u00e9ro et trois ans et il va ensuite s\u2019enrichir de toutes les diff\u00e9rentes mani\u00e8res &#8211; au sein d\u2019une famille, d\u2019une culture ou d\u2019un groupe social donn\u00e9s &#8211; d\u2019\u00eatre m\u00e2le ou femelle et de se sentir homme ou femme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">PROBLEMATIQUES GENERALES<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e de base est \u00e9videmment que la construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e d\u2019un sujet est d\u2019essence fondamentalement interactive et qu\u2019elle se fait \u00e0 la rencontre de ce que le b\u00e9b\u00e9 apporte dans l\u2019interaction (son identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique, anatomique et biologique) et de ce que les parents apportent dans leurs fantasmes, conscients ou inconscients, lesquels vont organiser tr\u00e8s t\u00f4t leur style interactif avec leur enfant. L\u2019\u00e9veil sensuel des organes g\u00e9nitaux au travers des satisfactions dus aux soins fournit la base de l\u2019identification pr\u00e9dominante au parent du m\u00eame sexe. Ceci peut \u00eatre entrav\u00e9 ou au contraire facilit\u00e9 par ce qui caract\u00e9rise la constitution de l\u2019enfant \u00e0 sa naissance et la rencontre avec la psych\u00e9 maternelle voire paternelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Identit\u00e9 primaire, identit\u00e9 sexu\u00e9e et identifications<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant se sent, probablement, exister avant de se sentir gar\u00e7on ou fille et ceci bien avant, \u00e9galement, de se penser comme un \u00eatre humain. Par ailleurs, on peut sans doute dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019identit\u00e9 qui ne soit pas sexu\u00e9e. L\u2019identit\u00e9 serait ainsi d\u2019embl\u00e9e sexu\u00e9e ou elle ne serait pas car, nous l\u2019avons vu, l\u2019entourage de l\u2019enfant a dans la t\u00eate que le b\u00e9b\u00e9 est un gar\u00e7on ou une fille, et c\u2019est en tant que tel(le) qu\u2019il l\u2019identifie d\u00e8s le d\u00e9but. Toutefois, les choses ne sont peut-\u00eatre pas aussi simples. Si l\u2019on consid\u00e8re la question de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e sur un mode structural, relativement statique et finalement binaire (en avoir ou pas, actif ou passif, gar\u00e7on ou fille \u2026), alors bien s\u00fbr, l\u2019identit\u00e9 ne peut \u00eatre qu\u2019imm\u00e9diatement sexu\u00e9e. Si en revanche, on appr\u00e9hende la question de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e sur un mode plus dynamique et plus progressif, comme une trajectoire existentielle, comme un parcours ontog\u00e9n\u00e9tique ou comme un processus \u00e0 maintenir en permanence, alors, dans ce cas, est-ce qu\u2019on ne pourrait pas d\u2019abord parler d\u2019une identit\u00e9 premi\u00e8re qui ne serait pas sexu\u00e9e mais seulement pr\u00e9-sexu\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce que le b\u00e9b\u00e9 ressent de tout ceci&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci est difficile \u00e0 dire mais les adultes pensent, leurs agirs d\u00e9pendent de ce qu\u2019ils pensent consciemment ou non, et le b\u00e9b\u00e9 doit se livrer \u00e0 un d\u00e9chiffrage actif de toute une s\u00e9rie de signes qui sont d\u2019abord des signaux. Quand on sait que chez le b\u00e9b\u00e9, la question de l\u2019identit\u00e9 se trouve infiniment proche de celle des identifications primaires, on comprend que celle de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e soit difficile \u00e0 approcher sans prendre en compte les processus intimes qui sous-tendent les identifications primaires et qui nous posent encore des probl\u00e8mes difficiles sur le plan th\u00e9orico-clinique. Doit-on penser, par exemple, que l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e est le fruit des identifications primaires (comme on le dit couramment \u00e0 propos de l\u2019identit\u00e9 au sens large) ou, au contraire, que les identifications primaires sont rendues possibles par l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e d\u2019embl\u00e9e projet\u00e9e sur l\u2019enfant par ses parents&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le renversement est de taille, on le voit, et l\u2019argument dialectique n\u2019aurait aujourd\u2019hui que valeur de pirouette th\u00e9orique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pr\u00e9f\u00e9rons donc laisser la question ouverte jusqu\u2019\u00e0 plus ample inform\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons fait assez r\u00e9cemment \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Necker une petite exp\u00e9rience qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e car elle \u00e9tait seulement exploratoire.Nous avons photographi\u00e9 des b\u00e9b\u00e9s le jour de leur naissance, des b\u00e9b\u00e9s habill\u00e9s en blanc (en tout cas, ni en bleu, ni en rose) et plac\u00e9s sur le dos dans leurs berceaux, puis nous avons demand\u00e9 \u00e0 des tiers &#8211; qui n\u2019\u00e9taient pas leurs parents &#8211; de nous dire s\u2019ils pensaient que ces nouveau-n\u00e9s \u00e9taient des filles ou des gar\u00e7ons. R\u00e9sultat&nbsp;: 30 \u00e0 40% d\u2019erreur&nbsp;! En revanche, avec les m\u00eames nouveau-n\u00e9s et les m\u00eames adultes, sur des vid\u00e9os de quelques minutes de ces b\u00e9b\u00e9s (toujours habill\u00e9s de mani\u00e8re neutre) dans les bras de leurs parents qui avaient la consigne de ne pas leur parler ni de prononcer leur pr\u00e9nom, le taux d\u2019erreur n\u2019est plus que de 5 \u00e0 6%&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en conclure&nbsp;? La mani\u00e8re dont un parent interagit gestuellement avec son b\u00e9b\u00e9 est d\u2019embl\u00e9e capable d\u2019informer un tiers sur l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019enfant ou en tout cas sur la mani\u00e8re dont le parent le voit et le ressent (fille ou gar\u00e7on). Si le tiers est inform\u00e9 de cette identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019enfant <i>via<\/i> l\u2019observation de ses interactions pr\u00e9coces, pour ne pas dire pr\u00e9cocissimes, on peut penser que l\u2019enfant lui-m\u00eame en est \u00e9galement inform\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">1.1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La part personnelle et le d\u00e9tour par l\u2019autre&nbsp;: la place pour une double m\u00e9prise<\/h4>\n\n\n\n<p>Il existe souvent une certaine inflation du concept de genre chez les sociologues pour qui seul le genre existe alors que le sexe n\u2019existerait pas. En r\u00e9alit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas construit le genre <i>ex nihilo<\/i>, elle a construit le genre sur la base, sur le roc du sexe. Autrement dit encore, il faut bien qu\u2019existent un sexe biologique et une diff\u00e9rence des sexes pour que le socius ait induit et sp\u00e9cifi\u00e9 des statuts diff\u00e9rents pour les hommes et pour les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore une fois, nous revenons donc sur les interrelations serr\u00e9es qui existent entre la part personnelle de l\u2019enfant (son \u00e9quipement g\u00e9n\u00e9tique, neurobiologique, anatomique \u2026) et la rencontre avec un environnement relationnel (et notamment parental) qui va le penser d\u2019embl\u00e9e comme un gar\u00e7on ou comme une fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il y a peut-\u00eatre, l\u00e0, la place pour une double m\u00e9prise. En effet, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019enfant peut se tromper dans l\u2019interpr\u00e9tation des signaux qui lui viennent de ses parents et \u00eatre ainsi amen\u00e9, \u00e0 tort, \u00e0 penser que c\u2019est l\u2019autre sexe que le sien qui se trouve id\u00e9alis\u00e9 par ses parents (Chiland, 1998). Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les interactions et le style interactif des parents peuvent effectivement \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9s par la r\u00e9f\u00e9rence fantasmatique inconsciente \u00e0 un enfant de l\u2019autre sexe alors qu\u2019habituellement, ces interactions et ce style interactif se voient d\u00e9clench\u00e9s, sur un mode masculin ou f\u00e9minin, par la rencontre avec le corps sexu\u00e9 du b\u00e9b\u00e9 et en congruence avec le sexe anatomique de celui-ci. Chaque histoire, ici, est sans doute singuli\u00e8re mais les deux hypoth\u00e8ses m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre retenues et, d\u2019ailleurs, elles ne s\u2019excluent pas obligatoirement. Dans un cas, l\u2019enfant se m\u00e9prend sur le b\u00e9b\u00e9 id\u00e9al que les parents auraient en t\u00eate, selon lui. Dans l\u2019autre, ce sont les parents qui se m\u00e9prennent sur l\u2019enfant auquel ils s\u2019adressent, en privil\u00e9giant l\u2019enfant de leurs fantasmes au d\u00e9triment de leur enfant r\u00e9el, de chair et d\u2019os.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux hypoth\u00e8ses se rejoignent peut-\u00eatre parfois et, alors, il n\u2019y aurait plus de m\u00e9prise mais au contraire une sorte de consensus tacite &#8211; probablement inconscient de part et d\u2019autre &#8211; pour co-construire une identit\u00e9 sexu\u00e9e, chez l\u2019enfant, en d\u00e9calage avec son sexe manifeste.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A propos des mod\u00e9lisations dont nous disposons<\/h3>\n\n\n\n<p>Quel que soit le mod\u00e8le auquel on se r\u00e9f\u00e8re quant \u00e0 la construction de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e, c\u2019est en tout cas le th\u00e8me de la diff\u00e9rence des sexes qui forme \u00e9videmment le vif de la question \u00e0 propos de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e chez le b\u00e9b\u00e9 et chez l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019on le veuille ou non, qu\u2019on le sache ou non, qu\u2019on l\u2019accepte ou non, cette diff\u00e9rence fait choc en ce qu\u2019elle nous confronte immanquablement \u00e0 l\u2019id\u00e9e que nous sommes tous des \u00eatres humains, n\u00e9s d\u2019un homme et d\u2019une femme mais que nous ne sommes pas tous constitu\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re. A partir de ce point central, de nombreuses questions demeurent parmi lesquelles, notamment, celle de savoir si le fait frappant est surtout que le p\u00e8re ait un p\u00e9nis ou plut\u00f4t que la m\u00e8re n\u2019en ait pas&nbsp;? Quelle que soit la r\u00e9ponse qu\u2019on donne \u00e0 cette question qui, une fois de plus, noue de mani\u00e8re \u00e9troite la probl\u00e9matique de l\u2019importance de l\u2019objet, de sa pr\u00e9sence et de son absence, il est clair en tout cas, que l\u2019angoisse de castration n\u2019est au fond qu\u2019une modalit\u00e9 particuli\u00e8re d\u2019\u00e9laboration de ce choc premier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant se sait et se sent probablement gar\u00e7on ou fille avant d\u2019avoir pu \u00e9laborer cette angoisse de castration, mais qu\u2019en est-il pour lui avant sa d\u00e9couverte des organes g\u00e9nitaux externes et de leurs diff\u00e9rences selon les sexes. C\u2019est toute la r\u00e9flexion \u00e0 laquelle ces quelques pages voulaient inviter le lecteur en montrant toutes les \u00e9nigmes qui subsistent encore &#8211; notamment au regard du concept freudien de bisexualit\u00e9 (David, 1973&nbsp;; Stoller, 1989) &#8211; et en ouvrant, si possible, un maximum de pistes de pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">DE L\u2019ETRE A L\u2019EXISTENCE<\/h2>\n\n\n\n<p>Avant de se sentir exister, tout organisme vivant peut probablement se sentir \u00eatre, soit \u00e9prouver tout simplement le fait de vivre, car il n\u2019y a pas besoin d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 d\u00e9couvert l\u2019objet externe pour cela (Golse, 2020). En revanche, le sentiment d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;ex-ister&nbsp;\u00bb fait par d\u00e9finition r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et au regard que les objets de notre environnement portent sur nous, et il suppose donc l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9 et \u00e0 la subjectivation. Le passage de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre peut \u00eatre traumatique comme c\u2019est probablement le cas dans le cadre des pathologies autistiques ou archa\u00efques, et c\u2019est l\u00e0 tout l\u2019enjeu de la p\u00e9rinatalit\u00e9 et de la qualit\u00e9 des soins pr\u00e9coces apport\u00e9s aux tout-petits que de rendre ce passage le plus continu et le plus graduel possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le de l\u2019adulte est donc essentiel du fait de l\u2019inach\u00e8vement fondamental et fondateur du b\u00e9b\u00e9 humain, soit sa n\u00e9ot\u00e9nie. D.W. Winnicott, \u00e0 la fin de sa vie, probablement du fait des angoisses de mort qui s\u2019accentuaient alors chez lui, a propos\u00e9 le concept de \u00ab&nbsp;<i>sense of being<\/i>&nbsp;\u00bb. Nous avons la chance, en fran\u00e7ais, de pouvoir traduire cette expression soit par celle de \u00ab&nbsp;sentiment d\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb, soit par celle de \u00ab&nbsp;sentiment d\u2019exister. Ces deux composantes du \u00ab&nbsp;<i>sense of being&nbsp;<\/i>\u00bb sont en r\u00e9alit\u00e9 fort diff\u00e9rentes, comme nous venons de le dire, le sentiment d\u2019\u00eatre \u00e9tant pr\u00e9objectal alors que le sentiment d\u2019&nbsp;\u00ab ex-ister&nbsp;\u00bb d\u00e9pend par essence de la d\u00e9couverte des objets.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, on peut proposer l\u2019id\u00e9e que l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e proprement dite (soit la sexuation biologique de notre esp\u00e8ce humaine) renverrait plut\u00f4t au sentiment d\u2019\u00eatre tandis que l\u2019identit\u00e9 de genre (<i>via<\/i> le sexe d\u2019assignation par la soci\u00e9t\u00e9) renverrait plut\u00f4t au sentiment d\u2019exister. Mais qu\u2019en est-il alors de l\u2019identit\u00e9 sexuelle&nbsp;? Elle emprunte probablement aux deux registres dans la mesure o\u00f9 elle se d\u00e9finit par rapport \u00e0 l\u2019objet de nos d\u00e9sirs, objet qui d\u00e9pend peut-\u00eatre en partie de ce que l\u2019on est mais aussi de ce que notre environnement nous enjoint de d\u00e9sirer en fonction des normes sociales ambiantes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">CONCLUSIONS<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour conclure, il importe de revenir sur la place du corps au sein de nos mod\u00e8les psychopathologiques. La th\u00e9matique de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e peut en effet nous servir de laboratoire conceptuel et de paradigme heuristique \u00e0 ce sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l\u2019avons soulign\u00e9 d\u2019embl\u00e9e, il est d\u00e9sormais clair que le d\u00e9veloppement psychique et les troubles de ce d\u00e9veloppement se jouent \u00e0 l\u2019exact entrecroisement d\u2019un certain nombre de facteurs endog\u00e8nes et d\u2019un certain nombre de facteurs exog\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a l\u00e0 aucune place pour quelque clivage que ce soit et la psychopathologie &#8211; qu\u2019elle soit psychanalytique, attachementiste, cognitive, syst\u00e9mique ou d\u00e9veloppementale &#8211; se doit imp\u00e9rativement d\u2019int\u00e9grer cette dialectique fondamentale et fondatrice entre d\u00e9terminants internes et d\u00e9terminants externes.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de l\u00e0, la dynamique de l\u2019instauration de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e ne renvoie ni \u00e0 une causalit\u00e9 strictement endog\u00e8ne (g\u00e9n\u00e9tique, en particulier), ni \u00e0 une causalit\u00e9 strictement exog\u00e8ne (psychog\u00e8ne, notamment), mais peut-\u00eatre \u00e0 une causalit\u00e9 dite \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique que l\u2019avenir nous aidera tr\u00e8s probablement \u00e0 pr\u00e9ciser.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup> Une question que l\u2019on peut se poser concerne l\u2019impact de la d\u00e9termination pr\u00e9natale du sexe de l\u2019enfant par l\u2019\u00e9chographie. De plus en plus de parents refusent aujourd\u2019hui de savoir trop t\u00f4t si leur enfant sera un gar\u00e7on ou une fille, comme s\u2019ils avaient besoin de pouvoir jouer dans leur t\u00eate, suffisamment longtemps, avec l\u2019id\u00e9e qu\u2019il sera l\u2019un ou l\u2019autre voire, fantasmatiquement, qu\u2019il sera les deux \u00e0 la fois \u2026 L\u2019\u00e9chographie jouerait alors comme \u00ab&nbsp;interrupteur volontaire de fantasmes&nbsp;\u00bb (Soul\u00e9, 1980), et si l\u2019on sait bien d\u00e9sormais que ceci n\u2019a pas les cons\u00e9quences interactives nocives que l\u2019on avait pu craindre, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019au niveau de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e il peut peut-\u00eatre y avoir l\u00e0, pour certains parents tout au moins, une relative difficult\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la r\u00e9duction de leur libert\u00e9 fantasmatique.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19900?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES TROIS NIVEAUX DE L\u2019IDENTITE \u00catre gar\u00e7on ou fille, \u00eatre homme ou femme Se sentir attir\u00e9 par les hommes et\/ou par les femmes quel que soit notre propre sexe \u2026 Se vivre au masculin ou au f\u00e9minin au regard de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1230,1231,1223,1214],"thematique":[172],"auteur":[1368],"dossier":[2499],"mode":[60],"revue":[2488],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-19900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-a-la-une","rubrique-enfance","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","thematique-genre","auteur-bernard-golse","dossier-genre-et-psychanalyse","mode-payant","revue-2488","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19900"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19900\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19954,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19900\/revisions\/19954"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=19900"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=19900"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=19900"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=19900"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=19900"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=19900"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=19900"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=19900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}