{"id":18735,"date":"2021-11-06T10:45:26","date_gmt":"2021-11-06T09:45:26","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/?p=18735"},"modified":"2021-11-07T13:25:32","modified_gmt":"2021-11-07T12:25:32","slug":"trajectoires-de-la-violence-dans-les-couples-et-les-familles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/trajectoires-de-la-violence-dans-les-couples-et-les-familles\/","title":{"rendered":"Trajectoires de la violence dans les couples et les familles"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Trajectoires de la violence dans les couples et les familles<\/h2>\n\n\n\n<p>Parler d\u2019\u00e9chec ou de r\u00e9ussite \u00e0 propos des couples et familles est complexe. En effet ces derniers sont des formations groupales avec leur structure et leur fonctionnement singulier qu\u2019il ne suffit pas de comprendre. Elles imposent de s\u2019en laisser saisir tout entier pour en appr\u00e9hender les rouages. Ainsi dans les cas o\u00f9 la violence domine les modes d\u2019\u00eatre en famille ou en couple, la question de l\u2019\u00e9chec ou de la r\u00e9ussite n\u2019a pas de r\u00e9ponse simple. L\u2019expression de la violence peut \u00eatre signe d\u2019un bouleversement profond&nbsp;mais lorsqu\u2019il appara\u00eet dans le travail clinique psychanalytique, on peut esp\u00e9rer un mouvement \u00e9conomique mutatif r\u00e9ussi. Son absence signerait-il un \u00e9chec du processus en marche&nbsp;? Afin d\u2019avancer sur cette probl\u00e9matique d\u2019\u00e9chec ou de r\u00e9ussite de la violence dans les couples et les familles, je ferai appel \u00e0 deux exp\u00e9riences cliniques qui se relieront entre elles pour appr\u00e9cier les capacit\u00e9s cr\u00e9atives de transformation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du dispositif de th\u00e9rapie. Cette appr\u00e9ciation permet de saisir la fa\u00e7on dont tous les participants vivent le processus dans le champ analytique<b>.<\/b> Il s\u2019y d\u00e9ploie le mode de fonctionnement et les forces vives en jeu pour \u00e9voluer ou r\u00e9sister au changement, ces r\u00e9sistances sont d\u00e9nomm\u00e9es \u00ab&nbsp;bastions&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><b>&nbsp;<\/b><\/h5>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">QUELLES VIOLENCES DANS LES COUPLES ET FAMILLES&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Je ne r\u00e9siste pas \u00e0 citer le Marquis de Sade&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>La cruaut\u00e9, bien loin d&rsquo;\u00eatre un vice, est le premier sentiment qu&rsquo;imprime en nous la nature ; l&rsquo;enfant brise son hochet, mord le t\u00e9ton de sa nourrice, \u00e9trangle son oiseau, bien avant que d&rsquo;avoir l&rsquo;\u00e2ge de raison&nbsp;\u00bb. <\/i>Il s\u2019agit des premiers temps de naissance \u00e0 la vie psychique qui se nourrit d\u2019impulsions violentes, pr\u00e9datrices dans le lien primaire sans intention de d\u00e9truire (Winnicott). Mais peut-\u00eatre s\u2019agit-il aussi d\u2019une cruaut\u00e9 qui perdure bien au-del\u00e0 de l\u2019\u00e2ge de raison et constitue parfois une arme, une d\u00e9fense contre la menace de disparition. Cette cruaut\u00e9 peut prendre une forme en creux, je pense \u00e0 l\u2019auto effacement pour se pr\u00e9server d\u2019une disparition radicale. Antoine Nastasi \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans l\u2019obscur, une part est pr\u00e9serv\u00e9e, invisible pour ne pas \u00eatre effac\u00e9e ; c\u2019est une protection dangereuse mais la pleine lumi\u00e8re entamerait, voire, emporterait les contours.&nbsp;\u00bb La violence destructrice est ici une \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite&nbsp;\u00bb pour ne pas chuter dans le vide et certains couples s\u2019entretuent pour rester vivants. De m\u00eame certaines familles se barricadent dans un univers loin du monde et du principe de r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cu comme pers\u00e9cuteur, pour ne pas subir \u00e0 en mourir leur propre violence expuls\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;! Nombreuses sont les familles dont la violence des non-dits, des h\u00e9ritages ali\u00e9nants, des fant\u00f4mes \u00e0 porter, des traumatismes, des collusions mort-naissance sont lest\u00e9es de charges mortif\u00e8res non \u00e9labor\u00e9es, les amputant d\u2019une part de leur histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La violence que l\u2019on traverse (toujours), patente ou voil\u00e9e dans la rencontre avec les couples et les familles est le t\u00e9moignage de leur mode d\u2019\u00eatre ensemble qui se rejoue dans les multiples liens de transfert et de contre-transfert. Elle est assez bien partag\u00e9e par tous ceux qui composent le groupe, acteurs ou spectateurs comme par exemple&nbsp;: dans les relations d\u2019emprise, les rapports de domination victime\/bourreau, les m\u00e9canismes de d\u00e9ni ou d\u2019identification projective\u2026 En effet, la violence est l\u00e0 d\u00e8s l\u2019origine dans la construction d\u2019un espace psychique commun tiss\u00e9 par le \u00ab&nbsp;travail du n\u00e9gatif&nbsp;\u00bb, th\u00e9oris\u00e9 par Andr\u00e9 Green. Cette violence prend diff\u00e9rentes formes tout au long de la croissance psychique des sujets et des entit\u00e9s form\u00e9es \u00e0 deux ou \u00e0 plusieurs (couple et famille).<\/p>\n\n\n\n<p>La lecture qui en est faite s\u2019appuie sur certains aspects de la m\u00e9tapsychologie freudienne. Elle s\u2019appuie aussi sur la dimension groupale du psychisme, autant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019espace psychique propre du sujet &#8211; identifications, surmoi &#8211; que dans les ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques d\u2019ensemble &#8211; par exemple unisson<sup>2<\/sup>, alliances inconscientes&#8230;. Les multiples oscillations paradoxales entre l\u2019aspiration \u00e0 l\u2019\u00e9tat de fusion archa\u00efque et l\u2019appropriation d\u2019un cadre interne convoquent dans nos couples et familles de violentes angoisses archa\u00efques de d\u00e9personnalisation (trop pr\u00e8s) ou de vide d\u00e9shumanisant (trop loin).<b> <\/b>V\u00e9ritables vacillements identitaires des partenaires du lien, ces moments aigus t\u00e9moignent de la puissance, de la violence des mouvements pulsionnels en souffrance d\u2019introjection. Pour le dire autrement, ceci peut traduire la difficult\u00e9 de r\u00eaverie dans leur espace commun, une temporalit\u00e9 qui se fige, des r\u00e9cits qui restent morcel\u00e9s et ne parviennent pas \u00e0 raconter une histoire riche de ses fantasmes originaires. Lorsque l\u2019enceinte psychique du couple ou de la famille est incapable d\u2019entrer dans la polys\u00e9mie o\u00f9 l\u2019imaginaire se d\u00e9ploie et de supporter l\u2019incertitude et l\u2019inachev\u00e9 (la s\u00e9paration et le manque), il est bien difficile de partager inconsciemment une mythologie vivante. Or, c\u2019est cette histoire singuli\u00e8re qui donne sens \u00e0 l\u2019espace commun, histoire commune, partag\u00e9e, vivante.&nbsp;Les mouvements d\u2019appropriation subjective de chacun, avec son propre espace psychique, peuvent \u00eatre entrav\u00e9s, interdisant toutes sortes de distinctions dans l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Nous sommes ici dans des modalit\u00e9s d\u2019\u00eatre psychotique en couple et en famille, insuffisamment structur\u00e9s par la diff\u00e9rence des sexes et des g\u00e9n\u00e9rations. Les familles incestuelles, et \u00e0 fortiori incestueuses, exercent une violence meurtri\u00e8re sur leurs membres pour qu\u2019ils ne pr\u00e9tendent \u00e0 aucune existence propre. Paul-Claude Racamier a montr\u00e9 la r\u00e9ussite puissante de ce fonctionnement anti-s\u00e9parateur. En effet, il est impossible de se s\u00e9parer et d\u2019engager un processus de deuil originaire, il s\u2019agit de pr\u00e9server la possession absolue de l\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<p>A propos des couples, la violence peut s\u2019inscrire dans des processus de croissance pour un espace psychique commun, permettant \u00e0 la fois l\u2019\u00e9panouissement du \u00ab&nbsp;Je&nbsp;\u00bb de ses membres et l\u2019\u00e9quilibre psychique conjugal qu\u2019ils forment (le \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb).&nbsp;Parfois, elle porte en elle le risque de la destruction du couple. C\u2019est alors un \u00e9chec ou pour \u00eatre plus juste, la fin de ce pourquoi le couple \u00e9tait ensemble, c\u2019est-\u00e0-dire, ce qu\u2019il avait construit plus ou moins consciemment en terme de fonctions, projets, sens.<\/p>\n\n\n\n<p>La famille peut favoriser les processus de s\u00e9paration-individuation de ses membres mais vivre le d\u00e9part des enfants comme une amputation. Quitter la maison \u00ab&nbsp;sans se retourner&nbsp;\u00bb peut para\u00eetre r\u00e9ussi mais cela laisse croire qu\u2019ils sont \u00ab&nbsp;bien partis&nbsp;\u00bb dans la vie&nbsp;! C\u2019est oublier les conflits de loyaut\u00e9 intra psychiques, conflits qui tentent de traiter la violence et le sentiment de culpabilit\u00e9 (plus ou moins conscient) \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur famille interne avec ses imagos et repr\u00e9sentations face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Ceci peut favoriser des comportements d\u2019\u00e9chec t\u00e9moignant qu\u2019ils ne sont pas s\u00e9par\u00e9s, qu\u2019ils \u00e9chouent sur le plan personnel mais restaurent un \u00e9quilibre familial.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">CONFIGURATIONS CLINIQUES ENTRE REUSSITE ET ECHEC&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>En clinique, c\u2019est l\u2019\u00e9conomie psychique des couples et familles qui importe, sans pr\u00e9sumer des \u00e9checs ou r\u00e9ussites des bouleversements li\u00e9s aux crises que tout processus de croissance impose. J\u2019essaierai d\u2019\u00eatre attentive au niveau de lecture et \u00e0 quelle r\u00e9ussite ou \u00e9chec je fais r\u00e9f\u00e9rence.<b>&nbsp;<\/b>Je vous propose deux parcours cliniques v\u00e9cus avec des couples et familles mais bien-s\u00fbr traduits en fictions. Le r\u00e9cit de ces vignettes portera la marque de la r\u00eaverie, de l\u2019imaginaire qui se lib\u00e8re. En effet, les histoires peuvent \u00eatre en modification (polys\u00e9mie) et en construction ou au contraire irrepr\u00e9sentables, restant des r\u00e9cits morcel\u00e9s sans intrication possible. Il s\u2019agira alors, de mesurer la valeur structurante ou d\u00e9sorganisante de la violence permettant de pouvoir appr\u00e9cier la r\u00e9ussite (peut-\u00eatre) ou l\u2019\u00e9chec du couple ou de la famille. A moins qu\u2019il ne faille accepter de faire danser les deux, telles des oscillations paradoxales&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>1<sup>er<\/sup> cas&nbsp; clinique : r\u00e9ussite ou \u00e9chec de notre trajectoire \u00e0 trois&nbsp;?<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p>J\u2019ai suivi ce jeune couple jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une s\u00e9paration d\u00e9chirante advienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont affol\u00e9s lorsqu\u2019ils demandent un rendez-vous. Ils ont trois enfants dont les deux derniers ont \u00e0 peine 10 mois, des jumeaux qui sont peut-\u00eatre en rapport avec cette sensation que je sens en moi d\u2019une implosion interne, au c\u0153ur de leur lien soudainement effondr\u00e9. Ce bouleversement du couple les atteint dans leur \u00eatre de femme et d\u2019homme et je les vis comme ensevelis dans leur parentalit\u00e9 qui semble pers\u00e9cutrice, surtout pour elle. En fait, dans notre rencontre, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre au bord de la chute (violence de la rencontre), une catastrophe imminente qui t\u00e9moignerait de la crainte de l\u2019effondrement mais qui cependant, tel que le propose Winnicott, a d\u00e9j\u00e0 eu lieu&nbsp;! En effet je vois, per\u00e7ois dans leur fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, embarrass\u00e9e et contrainte, une tentative maladroite pour dissimuler une fissure profonde dans l\u2019\u00e9toffe, l\u2019enveloppe de leur espace commun. Beaucoup de civilit\u00e9s contenues et de surface dans leur communication entre eux et avec moi cachent mal le silence meurtrier d\u2019un lien fusionnel, fraternel, g\u00e9mellaire o\u00f9 le moindre \u00e9cart entre eux, les fait dispara\u00eetre. C\u2019est sans doute la venue des jumeaux si lourds \u00e0 porter, t\u00e9moignage secret, ancestral d\u2019une monstruosit\u00e9, qui a \u00e9branl\u00e9 leur unisson \u00e0 tous les deux, unisson qu\u2019ils avaient su pr\u00e9server avec la venue de leur premier enfant.&nbsp;Puis des infid\u00e9lit\u00e9s dans le cours de notre trajectoire ont suivi, de toutes parts, comme un&nbsp;d\u00e9ferlement \u00e9rotique sans frein \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mis \u00e0 la connaissance de l\u2019autre. Il fallait, semble-t-il, que la honte circule bien entre eux, au milieu, avec des sensations partag\u00e9es de rabaissement, d\u2019humiliation comme si pour se distinguer, il fallait r\u00e9gresser \u00e0 \u00eatre un objet sexuel \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et f\u00e9cal \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Il y avait l\u00e0 comme la r\u00e9ussite d\u2019un processus de d\u00e9shumanisation par la honte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du couple (pour quel b\u00e9n\u00e9fice&nbsp;?) et la vie pulsionnelle intense, voire dangereuse \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Ces modifications radicales de comportement ont violemment attaqu\u00e9 la repr\u00e9sentation d\u2019un couple id\u00e9alis\u00e9, pour les familles d\u2019origine, repr\u00e9sentation qui exorcisait ou d\u00e9niait leurs histoires respectives violentes, traumatiques, excitantes. Le bon couple et la bonne famille avant la chute pouvait appara\u00eetre comme une \u00ab&nbsp;r\u00e9ussite&nbsp;\u00bb de bel \u00e9quilibre mais au prix d\u2019un sentiment d\u2019existence tr\u00e8s vuln\u00e9rable, d\u2019une absence d\u2019authenticit\u00e9 personnelle, d\u2019une amputation de la psychosexualit\u00e9 dans le plaisir de la diff\u00e9rence des sexes et d\u2019une incapacit\u00e9 \u00e0 se s\u00e9parer sans catastrophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Longtemps, le travail de th\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 travers\u00e9 par une grande violence report\u00e9e sur moi&nbsp;: ils ne s\u2019entendaient pas, loin d\u2019une v\u00e9ritable intimit\u00e9 et avec un sentiment de grande solitude&nbsp;: j\u2019avais la sensation de ne pas exister pour eux, de ne pouvoir entrer en contact intime avec eux, d\u2019\u00e9chouer \u00e0 me faire entendre sur ce qui se rejouait en s\u00e9ance&nbsp;: une d\u00e9pendance dangereuse d\u00e9ni\u00e9e et pourtant soup\u00e7onn\u00e9e par le climat, le v\u00e9cu en s\u00e9ance. En effet, je devenais une menace pour eux, capable de toucher \u00e0 leur fusion fantasmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait dire que j\u2019\u00e9chouais \u00e0 vivre avec eux un sentiment de protection suffisante dans une enveloppe commune pour devenir dans leur duo, avec un pas de c\u00f4t\u00e9 tol\u00e9rable, un tiers diff\u00e9renciateur. Lorsque le danger devenait imminent, les infid\u00e9lit\u00e9s s\u2019exer\u00e7aient contre moi, dans notre duo&nbsp;: l\u2019un d\u2019eux se levait, au beau milieu, apr\u00e8s un mot de trop (par exemple sur le fait d\u2019une violence \u00e0 deux, dans leur couple sans d\u00e9signer un coupable) et rompait la s\u00e9ance ; l\u2019autre le suivait aussit\u00f4t, tr\u00e8s solidaire, (car c\u2019\u00e9tait moi la coupable) et sans attendre l\u2019heure. Ils disparaissaient pour, plus tard et sans pr\u00e9venir, (j\u2019\u00e9tais sous leur contr\u00f4le), r\u00e9appara\u00eetre comme des revenants mais un peu plus vivants, en constatant que rien n\u2019\u00e9tait d\u00e9truit ! La r\u00e9ussite, ici, n\u2019\u00e9tait pas tant l\u2019expression de la violence par l\u2019attaque brutale de notre cadre mais notre fa\u00e7on de survivre \u00e0 son d\u00e9ferlement avec des mots cassants, en acceptant pour ma part, de repr\u00e9senter l\u2019\u00eatre mal\u00e9fique. Cette valse triste et angoissante s\u2019est reproduite plusieurs fois jusqu\u2019\u00e0 devenir poignante et faire ressentir un lent arrachement aux familles d\u2019origine domin\u00e9es par un fonctionnement incestueux. Dans le travail avec moi, le niveau d\u2019angoisse est rest\u00e9 \u00e9lev\u00e9, peut-\u00eatre une forme d\u2019excitation brute pour enrayer, ne pas penser, ne pas \u00e9laborer le processus de diff\u00e9renciation psychique entre eux et l\u2019esquisse de s\u00e9paration. Ce processus s\u2019est pourtant amorc\u00e9 dans notre travail et la douleur des mots qui attaquent leurs enfants, leurs familles, d\u2019o\u00f9 ils viennent, en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de sens pour chacun, a permis un d\u00e9but de liaison entre de violents affects et les imagos parentales. Lorsque la temporalit\u00e9 revient, la travers\u00e9e des fantasmes de destruction plus conscients, est v\u00e9cue comme meurtri\u00e8re -faire table rase des enfants et tout recommencer &#8211; mais avec la douleur m\u00e9lancolique d\u2019avoir tout perdu. C\u2019est un moment particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable avec un v\u00e9cu t\u00e9r\u00e9brant d\u2019\u00e9chec&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail avec eux aura dur\u00e9 deux ans jusqu\u2019\u00e0 la rupture \u00e0 la fois de notre cadre et de leur couple sans r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019emparer de leurs passages \u00e0 l\u2019acte sexuel \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pour transformer leurs duels en jeux compl\u00e9mentaires, en histoires de leur couple avec moi et entre eux&nbsp;: nous sommes rest\u00e9s un peu fragment\u00e9s ! Je dirais qu\u2019\u00e0 la fois, nous avons \u00e9chou\u00e9 \u00e0 faire grandir ce couple et \u00e0 la fois, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 nous distinguer apr\u00e8s la chute ; chacun d\u2019entre eux engageant un travail personnel, pour \u00ab&nbsp;grandir&nbsp;\u00bb, individuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les couples ont de multiples raisons d\u2019\u00eatre et existent le temps de remplir leurs fonctions. Ceux-l\u00e0 auront r\u00e9ussi en couple \u00e0 propos de la fonction pr\u00e9valente qui lui \u00e9tait d\u00e9volue&nbsp;: maintenir les familles d\u2019origine entre eux, au milieu d\u2019eux (et ainsi, les fantasmes incestueux), jusqu\u2019\u00e0 pouvoir quitter le port psychique de ces derni\u00e8res, sans les faire dispara\u00eetre, et gr\u00e2ce \u00e0 une progressive diff\u00e9renciation l\u2019un de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Vivre davantage pour eux-m\u00eames mais avec beaucoup de souffrance, d\u2019angoisse et de destructivit\u00e9&nbsp;; \u00e9chec et r\u00e9ussite&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><b><i>2<sup>\u00e8me<\/sup> cas clinique&nbsp;: sous le signe de la perte<\/i><\/b><\/h3>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me situation est celle d\u2019une famille que je re\u00e7ois quelque temps avant de poursuivre avec le couple seul\u2026 Malheur ou bonheur&nbsp;? Peut-\u00eatre encore une fois, les deux ! Comment surmonter la disparition de proches, en particulier lorsque le drame s\u2019est produit \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente&nbsp;? Ce drame est au milieu de nous lorsque je rencontre les parents et leur petit gar\u00e7on qui ne peut pas dormir, un vaillant petit vigile, plus fort que tout, pour ne pas laisser les cauchemars emporter toute la famille. Je me sens happ\u00e9e par leur angoisse qui se formule sans refoulement : l\u2019angoisse folle que leur fils meure. Je les laisse d\u00e9rouler (c\u2019est surtout Vincent, le p\u00e8re, qui en parle) les \u00e9v\u00e8nements chronologiques depuis sa pr\u00e9histoire \u00e0 lui, violente, mena\u00e7ante encore et maintenant, sans pouvoir ni eux ni moi les tisser, les arrondir pour ouvrir \u00e0 d\u2019autres interpr\u00e9tations que le meurtre : \u00ab&nbsp;on a tu\u00e9 un enfant&nbsp;\u00bb. Tristan pleure toutes les nuits\u2026 mais o\u00f9 est la douleur&nbsp;? Injecte-t-il la vie dans leur trio agit\u00e9 et p\u00e9trifi\u00e9&nbsp;? Vont-ils pouvoir me laisser une place lorsque, accul\u00e9s par la menace d\u2019effondrement, ils viennent me trouver\u2026 mais pour me mettre o\u00f9&nbsp;? Il est hors de question d\u2019oublier, laisser \u00ab&nbsp;dormir&nbsp;\u00bb le drame qui a d\u00e9vast\u00e9 la famille d\u2019origine de Vincent. Ce p\u00e8re ne doit ni partir ni se d\u00e9lester d\u2019une lourde charge et le gar\u00e7on, Tristan, pourra-t-il vivre&nbsp;? Ce premier temps familial permet de consid\u00e9rer la toute-puissance de l\u2019enfant qui \u00e9puise, affole les parents et donne \u00e0 notre champ, l\u2019impression d\u2019une \u00e9tendue d\u00e9sol\u00e9e et infinie o\u00f9 rien ne se distingue ni ne s\u2019arr\u00eate, ni ne peut vraiment commencer, ni \u00eatre pens\u00e9&#8230; Jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019esquisse (cette fois-ci, non op\u00e9ratoire) d\u2019un enfant mort de mort violente \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente dans la famille de Vincent, dessine une ouverture sans r\u00e9it\u00e9rer l\u2019accident. En effet ces fragments traumatiques de l\u2019enfance du p\u00e8re se rattachent \u00e0 la terrible perte d\u2019un temps idyllique avec ce fr\u00e8re qui s\u2019est donn\u00e9 la mort avant sa naissance. Vincent n\u2019a pas remplac\u00e9 ce fr\u00e8re absolument in\u00e9galable mais il garde, chevill\u00e9 au corps, son fant\u00f4me qui a tout emport\u00e9. Quant \u00e0 sa femme Sandie, elle reste en retrait comme si elle s\u2019effa\u00e7ait au profit d\u2019une autre figure, une autre sc\u00e8ne, un autre temps. Elle semble triste et pas faite pour le bonheur. Elle ne peut pas parler de sa famille d\u2019origine\u2026 mais lorsque je lui pose une question, j\u2019ai la sensation de devenir une Erinye qui la juge et la poursuit. Cette imago redoutable et arbitraire s\u2019est install\u00e9e entre nous mais en la repr\u00e9sentant, la nommant, lui donnant une histoire de m\u00e8re intrusive qui confisque la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre heureux, et plus encore qui peut tuer son enfant, elle perd un peu de son pouvoir. Tristan a \u00e9cout\u00e9 tous ces bouts d\u2019histoire \u00e0 moiti\u00e9 imaginaires et senti que ses parents devenaient un peu plus vivants. D\u2019ailleurs, il est plus calme et \u00e0 un moment, il se l\u00e8ve, vient s\u2019asseoir sur mon fauteuil \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Nous jouons alors tous les deux \u00e0 \u00eatre le Docteur qui ne peut rien pour le disparu mais qui raconte des histoires et cherche les mots m\u00e9dicaments pour l\u2019enterrer sans faire un trou b\u00e9ant dans la famille, dans le berceau, dans le vivant. Un mouvement partag\u00e9 de r\u00e9paration psychique familiale o\u00f9 l\u2019on peut na\u00eetre sans mourir et grandir sans faire mourir, dessiner des fronti\u00e8res g\u00e9n\u00e9rationnelles, des limites int\u00e9rieures pour faire place aux distinctions et \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9&nbsp;: c\u2019est-\u00e0-dire faire place \u00e0 des parents qui ont moins peur du pesant fardeau transmis.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons en quelques mois et, je dois dire, avec un certain plaisir, donner naissance \u00e0 une famille plus vivante et plus apais\u00e9e&nbsp;! Nous nous sentions dans la r\u00e9ussite mais le chemin est plus ou moins charg\u00e9 d\u2019emb\u00fbches et quelques mois plus tard, ils m\u2019ont demand\u00e9 des entretiens de couple&nbsp;: ils se sentent davantage parents qui prot\u00e8gent, mais vivent un \u00e9chec quant \u00e0 leur relation conjugale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9chec&nbsp;? Le poison s\u2019est peut-\u00eatre d\u00e9plac\u00e9 de la relation de filiation \u00e0 celle, intime, entre l\u2019homme et la femme. Ils ne trouvent aucun plaisir dans la diff\u00e9rence des sexes mais plut\u00f4t, dans la violence fantasm\u00e9e entre possession et rejet. Beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments coexistent dans ce duo de haine et d\u2019amour&nbsp;: la porosit\u00e9 des fronti\u00e8res invitant \u00e0 de mauvais m\u00e9langes (le meurtre est un peu moins au rendez-vous mais, par contre, de vifs fantasmes incestueux emp\u00eachent toute s\u00e9paration) ; un rapport de forces pour tenter de ma\u00eetriser la destructivit\u00e9&nbsp;; d\u2019intenses angoisses primaires en qu\u00eate d\u2019un lien s\u00e9cure plus que d\u2019un lien libidinal.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut entre nous une invitation au voyage mais rien n\u2019\u00e9tait alors ordre, beaut\u00e9, luxe, calme et volupt\u00e9&nbsp;; je ne savais pas si le bout de notre chemin serait une telle r\u00e9ussite mais je sentais qu\u2019ils me prenaient pour leur guide, parfois une margelle, un parent grand et bienveillant, (je n\u2019\u00e9tais plus cette sorci\u00e8re redoutable et bien trop dangereuse) tout au plus (et c\u2019est beaucoup) un d\u00e9miurge dont il serait bien difficile de se d\u00e9faire&nbsp;! Leur d\u00e9pendance et relative soumission \u00e0 notre cadre valaient mieux que la perte effroyable des familles d\u2019origine (\u00eatre d\u00e9sarrim\u00e9s de tout lien d\u2019ascendance et d\u2019origine). Un tel transfert id\u00e9alis\u00e9 qui d\u00e9joue la violence plut\u00f4t que de l\u2019accueillir nous a permis au fil des s\u00e9ances o\u00f9 je suis tr\u00e8s touch\u00e9e par ces deux grands enfants, de sentir dans le long cours, une capacit\u00e9 de transformation dans leur mode d\u2019\u00eatre ensemble et les processus de deuil. Il y a un mot important qui, dans son \u00e9tymologie, condense et le mouvement interne des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux de la psych\u00e9 humaine pour traiter la violence pulsionnelle, et la destructivit\u00e9 : la <i>mythopoeisis<\/i>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois bien qu\u2019avec Vincent et Sandie, nous avons travers\u00e9 ce chemin entre r\u00e9cit et fable en train de s\u2019inventer. Nous sommes peu \u00e0 peu entr\u00e9s, \u00e0 force de faire couple entre leur couple comme entit\u00e9 et moi-m\u00eame, dans la fabrication d\u2019un mythe qui donne vie et sens. Je ne d\u00e9taille pas ici la suite de ce parcours o\u00f9 les enfants vont bien (un autre enfant est n\u00e9)\u2026 et se font oublier. C\u2019est une chance pour pouvoir parler de leur sexualit\u00e9 explosive dans leurs fantasmes, qui, parfois, est satisfaisante, lorsque les enfants ne sont pas dans la maison. Les mauvais m\u00e9langes r\u00f4dent toujours, la transgression para\u00eet parfois in\u00e9luctable mais, un \u00ab&nbsp;arracheur de dents&nbsp;\u00bb s\u2019en est m\u00eal\u00e9, un autre tiers que notre espace. Le dentiste de Sandie l\u2019a s\u00e9duite et elle a ressenti une vive excitation. Ce personnage ext\u00e9rieur a introduit dans notre \u00ab&nbsp;couple th\u00e9rapeutique&nbsp;\u00bb, une figure bien mal en point jusqu\u2019alors&nbsp;: le p\u00e8re qui peut \u00eatre s\u00e9duit par son enfant mais prot\u00e8ge et trace une bonne barri\u00e8re entre les maux dedans et ceux du dehors, les d\u00e9sirs et leur r\u00e9alisation. Cet homme venu \u00e0 point nomm\u00e9 r\u00e9veiller les rivalit\u00e9s, les d\u00e9sirs \u0153dipiens, est aussi devenu objet de railleries, jouet de fantasmes et garantie de limites \u00e0 ne pas franchir. A \u00eatre jaloux sans dommage et sentir le d\u00e9sir rapatri\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur couple, ils se mirent \u00e0 inventer des histoires secr\u00e8tes, tels deux potiers qui enfouissent dans leur tour, la m\u00e9moire du pass\u00e9 enfin vivante et inoffensive. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une construction mythique, \u00ab&nbsp;envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux&nbsp;\u00bb de l\u2019inconscient pulsionnel, selon la formule de J.-P. Valabr\u00e9ga. J\u2019ai le sentiment qu\u2019ils sont en train de vivre sous mes yeux, le bonheur de deux conteurs de leur histoire qu\u2019ils m\u00e9tamorphosent par la langue et le pouvoir germinatif de leur croyance en leur fabrique vivante capable de transformations.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois bien que l\u00e0, nous approchons de leur r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><b>Conclusion<\/b><\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette \u00ab&nbsp;balade&nbsp;\u00bb, nous pouvons remarquer que les tableaux dessin\u00e9s ici pour \u00e9clairer, illustrer, ponctuer ou mieux encore, respecter la complexit\u00e9 des situations de couple et de famille, ne donnent qu\u2019un tout petit champ de perspective. Il ne s\u2019agit pas de comprendre mais de sentir les paradoxes de la souffrance, des dysfonctionnements, de la violence, de tout lien intime qui compose un espace commun. C\u2019est donc, \u00e0 partir de ces deux cas cliniques, moins la recherche d\u2019un \u00e9tat de r\u00e9ussite ou d\u2019\u00e9chec qui anime mon travail, que le souci du mouvement \u00e9conomique, des processus de croissance et de destructivit\u00e9, des trajectoires psychiques pour \u00eatre tout simplement et dans l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. On entend parler du chemin de la r\u00e9ussite ou bien, \u00ab&nbsp;la r\u00e9ussite, c\u2019est le chemin&nbsp;\u00bb&nbsp;; pourrais-je dire qu\u2019il n\u2019y a pas de chemin de l\u2019\u00e9chec, peut-\u00eatre tout au plus&nbsp;: l\u2019\u00e9chec du chemin survient lorsque celui-ci s\u2019arr\u00eate, se fige, dispara\u00eet. Ce n\u2019est alors plus un chemin mais un oc\u00e9an sans balise. Mes deux exemples parmi tant d\u2019autres se sont mis en chemin apr\u00e8s l\u2019effondrement. Pour l\u2019un, le disparu en travers de la route des vivants a regagn\u00e9 le cimeti\u00e8re ; pour l\u2019autre, le couple, la famille id\u00e9ale s\u2019est fissur\u00e9e pour se m\u00ealer aux hommes, \u00e0 la pulsion et \u00eatre vuln\u00e9rable. C\u2019est sans doute, l\u2019\u00e9chec des bouleversements \u00e9conomiques autour de l\u2019effondrement qui paralyse et peut mener \u00e0 l\u2019auto-disparition et \u00e0 la perte du principe de r\u00e9alit\u00e9. Mais l\u2019oreille voisine, (<i>Nebenmensch<\/i>, la personne proche) l\u00e0, au bon moment, peut favoriser d\u2019incroyables rencontres avec la d\u00e9tresse qui m\u00e8nent au c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je le tiens ici de Voltaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>L\u2019oreille est le chemin du c\u0153ur<\/i>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup> Le champ analytique est \u00e0 la fois cr\u00e9e par la rencontre analytique qui produit des ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques processuels structur\u00e9s par les deux, le psychanalyste et le couple et qui en m\u00eame temps les englobe. Ce champ cr\u00e9\u00e9 par la situation analytique est form\u00e9 sur la base d\u2019identifications projectives et favorise une production fantasmatique de base qui formalise les mouvements transf\u00e9ro-contre transf\u00e9rentiels avec ses points de r\u00e9sistance appel\u00e9s bastions. Ces derniers occupent un secteur cliv\u00e9 susceptible d\u2019entrer dans l\u2019exp\u00e9rience analytique subjective, source de remaniements apr\u00e8s un bouleversement catastrophique. Concept propos\u00e9 par Madeleine et Willy Baranger en 1960, repris dans le livre d\u2019A Ferro et coll., Champ analytique, concept clinique, Edition Ithaque, Paris, 2015.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>2<\/sup> C\u2019est un terme utilis\u00e9 en musique signifiant les notes \u00e9mises \u00e0 la m\u00eame hauteur par plusieurs voix en un parfait accord&nbsp;; dans les relations humaines, c\u2019est une forme d\u2019accord parfait, de r\u00e9sonances proches de l\u2019unanimit\u00e9, d\u2019une totale harmonie. Jacques Robion, Jean Maurice Blassel ont repris ce terme dans leur travail psychanalytique avec des couples o\u00f9 domine un fantasme oc\u00e9anique de fusion&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y a un tel unisson de votre \u00e2me \u00e0 la mienne que je retrouve dans ces pages \u00e9crites par vous en prison toutes mes paroles de la m\u00eal\u00e9e et du combat&nbsp;\u00bb&nbsp;(HUGO,&nbsp;Corresp., 1851, p. 33).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18735?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trajectoires de la violence dans les couples et les familles Parler d\u2019\u00e9chec ou de r\u00e9ussite \u00e0 propos des couples et familles est complexe. 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