{"id":10745,"date":"2021-08-22T07:32:39","date_gmt":"2021-08-22T05:32:39","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/place-et-statut-du-secret-dans-loeuvre-de-freud-2\/"},"modified":"2021-10-03T15:08:43","modified_gmt":"2021-10-03T13:08:43","slug":"place-et-statut-du-secret-dans-loeuvre-de-freud","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/place-et-statut-du-secret-dans-loeuvre-de-freud\/","title":{"rendered":"Place et statut du secret dans l&rsquo;oeuvre de Freud"},"content":{"rendered":"\n<p>Engag\u00e9s dans une recherche universitaire sur le secret, il nous a paru pertinent de centrer, en premier lieu, notre attention sur les occurrences du terme \u00ab secret \u00bb dans l\u2019\u0153uvre freudienne, puis de tenter d\u2019en d\u00e9terminer quel(s) sens, quelle(s) fonctions successives Freud attribue \u00e0 ce terme et enfin comment celui-ci \u00e9volue-t-il au gr\u00e9 des d\u00e9couvertes de l\u2019auteur et de l\u2019avanc\u00e9e du mouvement psychanalytique. L\u2019occurrence du terme \u00ab <em>secret<\/em> \u00bb dans les \u00e9crits freudiens n\u2019est pas fr\u00e9quente. En effet, Freud ne s\u2019est pas attach\u00e9 \u00e0 th\u00e9oriser le secret. Cependant, nous pouvons quand m\u00eame souligner que ce terme est r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9sent dans les premiers \u00e9crits freudiens (dans les <em>Lettres \u00e0 W. Fliess<\/em>, <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie, L\u2019interpr\u00e9-tation du r\u00eave<\/em> \u2026). Puis, au fil des textes, le mot \u00ab secret \u00bb vient progressivement occuper une autre fonction ; l\u2019occurrence de celui-ci s\u2019estompera jusqu\u2019\u00e0 ce que le terme n\u2019apparaisse plus dans certains des \u00e9crits suivants. Pourquoi ce terme, r\u00e9current dans les premiers textes de Freud, dispara\u00eet-il ensuite ? Que vient r\u00e9v\u00e9ler l\u2019abandon progressif du mot \u00ab secret \u00bb des avanc\u00e9es th\u00e9orico-cliniques de Freud et peut-\u00eatre de l\u2019histoire de la psychanalyse ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">I \u2013 L\u2019\u00e9poque pr\u00e9-psychanalytique : les premiers secrets dans la correspondance \u00e0 W. Fliess<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les premiers textes freudiens, particuli\u00e8rement les <em>Lettres<\/em> que Freud adresse \u00e0 Fliess, le terme de \u00ab secret \u00bb, autrement dit \u00ab <em>geheim<\/em> \u00bb (adjectif) ou \u00ab <em>geheimnis<\/em> \u00bb (nom commun) dans les textes allemands, est fr\u00e9quent. Dans ces \u00e9crits \u00e9pistolaires, Freud livre ses d\u00e9couvertes, mais \u00e9galement ses doutes. Un climat de secret entoure cette correspondance. Il semble que la notion de \u00ab <em>secret<\/em> \u00bb concerne l\u00e0 une premi\u00e8re forme de transfert de Freud vers Fliess. D\u2019ailleurs Freud \u00e9voquera par la suite le secret en terme de confidentialit\u00e9 comme condition de l\u2019exp\u00e9rience analytique. En effet, Freud met Fliess dans la confidence de ses recherches, lui demande de garder le secret sur ce qu\u2019il lui soumet \u00e0 lecture, lui notant par exemple : \u00ab (\u2026) <em>mais motus l\u00e0-dessus pour le moment<\/em> \u00bb, \u00ab (\u2026) <em>bouche-cousue<\/em> \u00bb<sup>1<\/sup>, ou lorsqu\u2019il lui demande conseil sur la n\u00e9cessit\u00e9 de garder secr\u00e8tes ses d\u00e9couvertes sur les n\u00e9vroses \u00ab <em>Crois-tu r\u00e9ellement que je doive attirer l\u2019attention sur ce gribouillage en \u00e9crivant un article pr\u00e9liminaire ? Je pense qu\u2019il vaut mieux le garder pour nous<\/em> \u00bb<sup>2<\/sup>. Freud, malgr\u00e9 ses doutes, malgr\u00e9 l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 narcissique qui semble l\u2019habiter, comme en t\u00e9moigne ci-dessus le terme de \u00ab gribouillage \u00bb, va tout de m\u00eame publier ses d\u00e9couvertes. Il remet seulement cette r\u00e9v\u00e9lation publique des secrets \u00e0 plus tard : \u00ab <em>N\u00e9anmoins, je ne songe pas \u00e0 garder le silence en ce qui concerne mes d\u00e9couvertes dans le domaine des n\u00e9vroses<\/em> \u00bb<sup>3<\/sup>. L\u2019occurrence du mot \u00ab secret \u00bb semble aller de pair avec l\u2019avanc\u00e9e de ses recherches, et particuli\u00e8rement lorsque celles-ci s\u2019orientent vers une \u00e9tiologie sexuelle des n\u00e9vroses, autrement dit ce qui concerne alors l\u2019hyst\u00e9rie et la n\u00e9vrose obsessionnelle. Il dira \u00e0 ce sujet \u00e0 Fliess \u00ab <em>T\u2019ai-je r\u00e9v\u00e9l\u00e9, oralement ou par \u00e9crit, le grand secret clinique ? L\u2019hyst\u00e9rie r\u00e9sulte d\u2019un effroi sexuel pr\u00e9sexuel, la n\u00e9vrose obsessionnelle, d\u2019une volupt\u00e9 sexuelle pr\u00e9sexuelle transform\u00e9e ult\u00e9rieurement en sentiment de culpabilit\u00e9<\/em> \u00bb<sup>4<\/sup>. En effet, le terme de \u00ab <em>secret<\/em> \u00bb devient fr\u00e9quent lorsque Freud traite de contenus sexuels. Le secret devient alors secret sexuel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 se renforcent les r\u00e9sistances de Freud qui ne publie pas spontan\u00e9ment ses innovations notamment parce qu\u2019il appr\u00e9hende les r\u00e9sistances du public, r\u00e9sistances qu\u2019il d\u00e9couvre chez ses patients en analyse. Sa crainte semble se justifier car il constate face \u00e0 ses hypoth\u00e8ses \u00e9tiologiques sur la sexualit\u00e9 les m\u00eames r\u00e9sistances de la part de ses lecteurs. Ces derni\u00e8res vont se manifester par des critiques plus ou moins virulentes, et surtout le retrait qui s\u2019effectue autour de lui, particuli\u00e8rement de la part de ses patients qui se font rares \u00e0 cette p\u00e9riode : \u00ab <em>Tu ne saurais te figurer jusqu\u2019\u00e0 quel point je suis isol\u00e9\u2026 Le vide se fait autour de moi<\/em> <sup>5<\/sup>\u00bb. Freud interpr\u00e8te ici, du fait de ses propres r\u00e9sistances le manque de fr\u00e9quentation de son cabinet en rapport avec la r\u00e9v\u00e9lation de ses d\u00e9couvertes, alors qu\u2019il n\u2019y a peut-\u00eatre pas de lien. Ce que Freud entend comme une non-adh\u00e9sion de ses lecteurs \u00e0 ses d\u00e9couvertes, il l\u2019avancera d\u00e8s 1894, conscient de l\u2019impact que celles-ci auraient sur le public : \u00ab <em>Mon interpr\u00e9tation des n\u00e9vroses fait ici de moi un isol\u00e9. Ils me consid\u00e8rent \u00e0 peu pr\u00e8s comme un monomane et j\u2019ai la nette impression d\u2019avoir abord\u00e9 l\u2019un des grands secrets de la nature<\/em> <sup>6<\/sup>\u00bb. Le secret dont parle ici Freud est une d\u00e9couverte qu\u2019il pense avoir effectu\u00e9e et qui est alors m\u00e9connue de tous, qu\u2019il dissimule pour le moment, except\u00e9 \u00e0 Fliess, \u00e9lu comme confident. Les secrets de Freud sur ses d\u00e9couvertes et ses h\u00e9sitations deviennent des secrets partag\u00e9s avec Fliess.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme de \u00ab secret \u00bb peut \u00eatre ici entendu comme synonyme de dissimulation, dissimulation de ce que Freud r\u00e9v\u00e8le \u00e0 Fliess de ses pens\u00e9es, mais qu\u2019il ne veut pour l\u2019instant partager avec d\u2019autres. Il est \u00e9galement synonyme de non-savoir chez autrui, c\u2019est-\u00e0-dire ce que Freud croit savoir de par ses recherches et que les autres ne connaissent pas, parfois de non-savoir aussi le concernant, autrement dit ce qu\u2019il n\u2019a pas encore d\u00e9couvert. D\u2019autre part, il h\u00e9sitera \u00e0 publier ses innovations qui lui paraissent encore difficiles \u00e0 affirmer par crainte qu\u2019un autre ne vienne invalider celles-ci. Au-del\u00e0, il semble qu\u2019il appr\u00e9hende que ne lui soient vol\u00e9es ses id\u00e9es, id\u00e9es qu\u2019il pressent d\u00e9j\u00e0 d\u2019une grande importance.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, ce secret autour des premiers \u00e9crits psychanalytiques et des pr\u00e9misses du mouvement psychanalytique sera par la suite formalis\u00e9 lorsque Jones proposera en 1912 \u00e0 Freud de cr\u00e9er le \u00ab <em>Comit\u00e9 Secret<\/em> \u00bb. Celui-ci permettra alors \u00e0 Freud de rassembler autour de lui ses fid\u00e8les disciples, dont Fliess, fid\u00e9lit\u00e9 qu\u2019il scellera par l\u2019offre d\u2019une bague \u00e0 chacun d\u2019entre eux. Cette bague vient symboliser ce qui lie chaque membre du Comit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire le secret. Cette suggestion de Jones en 1912 interviendra d\u2019ailleurs dans un contexte particulier, c\u2019est-\u00e0-dire suite aux conflits qui opposeront Freud et Jung d\u00e8s 1911. Le \u00ab <em>Comit\u00e9 secret<\/em> \u00bb sera cr\u00e9e en 1913, ann\u00e9e de la rupture entre les deux hommes. Donc il semble que le \u00ab <em>Comit\u00e9 Secret<\/em> \u00bb visa, en premi\u00e8re instance, \u00e0 d\u00e9fendre la Psychanalyse freudienne des divergences th\u00e9orico- pratiques de Jung et ses disciples, et certainement plus largement de possibles autres dissidents. Cette dimension secr\u00e8te semble ici avoir fonction de protection. En limitant la diffusion de la Psychanalyse, Freud tentait ainsi de la prot\u00e9ger de tout danger ou intrusion et contr\u00f4lait ainsi l\u2019orientation et l\u2019avenir de celle-ci, comme s\u2019il pressentait d\u00e9j\u00e0 une menace quant \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de celle-ci. L\u00e0, le secret noue, renforce et prot\u00e8ge une forme d\u2019alliance. D\u2019ailleurs Freud dira \u00e0 Jones au sujet du Comit\u00e9 : \u00ab L\u2019existence et l\u2019action de ce comit\u00e9 devraient rester absolument secr\u00e8tes \u00bb (soulign\u00e9 par Freud)<sup>7<\/sup>.<br>Freud a toujours craint les r\u00e9sistances d\u2019autrui \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses d\u00e9couvertes et plus largement en rapport \u00e0 la Psychanalyse. Cependant, il semble que cette r\u00e9sistance se situe en premier lieu chez Freud, notamment dans la transmission de la th\u00e9orie et de la technique psychanalytiques, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour lui de dissimuler par le biais du secret. Le secret renvoie ici \u00e0 la dissimulation d\u2019\u00e9l\u00e9ments connus, mais \u00e9galement au \u00ab tri \u00bb (un des sens premiers du terme \u00ab secret \u00bb) effectu\u00e9 par Freud entre ceux qui peuvent \u00eatre dans le secret et ceux qui n\u2019y ont pas acc\u00e8s. Nous voyons ici se dessiner chez Freud ce conflit psychique, cette ambivalence psychique marqu\u00e9e entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le d\u00e9sir d\u2019\u00eatre reconnu pour ses d\u00e9couvertes, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 la crainte de ne pas l\u2019\u00eatre ainsi que la peur qu\u2019on ne lui d\u00e9robe ses id\u00e9es, entre le d\u00e9sir de publier et l\u2019angoisse que cette id\u00e9e fait na\u00eetre. Le terme de \u00ab secret \u00bb particuli\u00e8rement pr\u00e9sent dans les premiers \u00e9crits freudiens, notamment dans la correspondance que Freud adresse \u00e0 Fliess, ne sera cependant jamais autant utilis\u00e9 par Freud qu\u2019au d\u00e9but de sa pratique clinique et dans ses \u00e9crits traitant de l\u2019hyst\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">II \u2013 Secret et hyst\u00e9rie<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.1 \u2013 Hyst\u00e9rie et secrets de famille : th\u00e9orisation de la \u00ab Neurotica \u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Freud, au d\u00e9but de sa <em>praxis<\/em>, s\u2019int\u00e9resse principalement aux patients hyst\u00e9riques et va alors tenter de d\u00e9couvrir les secrets que renferment ces sujets. Cependant, il est \u00e9tonn\u00e9 de ses d\u00e9couvertes car les patientes rencontr\u00e9es relatent, pour la plupart, des incestes v\u00e9cus dans l\u2019enfance. Elles incriminent d\u2019ailleurs des hommes de la famille, le plus souvent le p\u00e8re, d\u00e9couverte que Freud met au secret, dissimule, pr\u00e9f\u00e9rant parler d\u2019un oncle<sup>8<\/sup>. Ces secrets concernent des sc\u00e8nes de s\u00e9duction. Il r\u00e9dige alors sa th\u00e9orie de la s\u00e9duction, sa <em>Neurotica<\/em>. Puis, il s\u2019apercevra que ces faits relat\u00e9s par les sujets constituent ce qu\u2019il d\u00e9finira, par la suite, en termes de fantasmes. Les secrets familiaux deviennent alors fantasmes.<br>Ces remaniements th\u00e9oriques entra\u00eenent chez l\u2019auteur un renoncement \u00e0 sa th\u00e9orie de la s\u00e9duction, ce qu\u2019il avoue \u00e0 Fliess, apr\u00e8s avoir exprim\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises des doutes au sujet de sa th\u00e9orie des n\u00e9vroses : \u00ab <em>Il faut que je te confie tout de suite le grand secret qui, au cours de ces derniers mois, s\u2019est lentement r\u00e9v\u00e9l\u00e9. Je ne crois plus \u00e0 ma neurotica<\/em> \u00bb<sup>9<\/sup>. Cependant, ce que Freud met encore au secret par rapport \u00e0 ses lecteurs est, semble-t-il, ce qu\u2019il n\u2019ose, \u00e0 cette \u00e9poque-ci, encore avouer au public, c\u2019est-\u00e0-dire la non-pertinence de sa <em>Neurotica<\/em>. Ce secret partag\u00e9 avec Fliess restera dissimul\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que Freud publie ce renoncement et rectifie les \u00e9crits ant\u00e9rieurs<sup>10<\/sup>, n\u2019en faisant ainsi plus un secret.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.2 \u2013 Secrets conscients et secrets inconscients : th\u00e9orisation de l\u2019inconscient<\/h3>\n\n\n\n<p>Le travail du th\u00e9rapeute consiste donc, \u00e0 ce moment-ci, \u00e0 d\u00e9couvrir les secrets des patients, secrets qui constituent, au sein de la cure, des r\u00e9sistances. Freud s\u2019attache \u00e0 lib\u00e9rer les sujets de leurs secrets, alors per\u00e7us comme pathog\u00e8nes, ceci par le biais de la m\u00e9thode cathartique. D\u2019ailleurs, l\u2019occurrence du mot \u00ab secret \u00bb est particuli\u00e8rement fr\u00e9quente au moment o\u00f9 Freud utilise la m\u00e9thode cathartique, et surtout lorsqu\u2019il traite de l\u2019hyst\u00e9rie (nous pouvons \u00e0 ce sujet constater la pr\u00e9sence r\u00e9currente du terme dans le cas de Dora, tandis que dans le cas du <em>petit Hans<\/em>, le mot n\u2019est pr\u00e9sent qu\u2019\u00e0 deux reprises, alors que trois ans seulement s\u00e9parent les parutions des deux cas). Il parle par exemple de \u00ab secret de l\u2019incident de jeunesse \u00bb<sup>11<\/sup>, d\u2019\u00ab un triste secret quelconque qui se trouve ramen\u00e9 \u00e0 sa source premi\u00e8re \u00bb<sup>12<\/sup>, de l\u2019effet abr\u00e9actif que peut avoir \u00ab <em>la r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un secret pesant<\/em> \u00bb<sup>13<\/sup>, des \u00ab <em>motifs secrets<\/em> \u00bb<sup>14<\/sup> que peuvent cacher les r\u00e9sistances. Ainsi, il tente de combattre les r\u00e9sistances des sujets, non sans une certaine violence parfois : \u00ab (\u2026) <em>il s\u2019agit surtout pour moi de deviner le secret du patient et de le lui lancer au visage. Il est g\u00e9n\u00e9ralement oblig\u00e9 de renoncer \u00e0 le nier<\/em> \u00bb<sup>15<\/sup>. Freud est, \u00e0 ce moment-ci, persuad\u00e9 que ce que les patients ne lui r\u00e9v\u00e8lent pas, ils le gardent intentionnellement cach\u00e9 d\u2019o\u00f9 cette \u00ab lutte \u00bb qu\u2019il instaure lors de la relation th\u00e9rapeutique, comme il l\u2019\u00e9voque par exemple avec Elisabeth Von R. : \u00ab <em>D\u00e8s le d\u00e9but, je soup\u00e7onnais que Fr\u00e4ulen Elisabeth devait conna\u00eetre les motifs de sa maladie, donc qu\u2019elle renfermait dans son conscient non point un corps \u00e9tranger, mais seulement un secret<\/em> \u00bb<sup>16<\/sup>. Il reviendra ensuite sur ses propos, en ajoutant une note compl\u00e9mentaire : \u00ab <em>On verra que je me trompais sur ce point<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e9rapeute est ici dans une position de puissance par rapport au patient, ce dernier encore dans une position passive. En effet, le m\u00e9decin cherche \u00e0 d\u00e9couvrir les secrets du sujet pour lui en faire part. Freud abandonnera ensuite la m\u00e9thode cathartique au profit de la r\u00e8gle de la libre association. A partir de ces avanc\u00e9es th\u00e9orico-cliniques, divers concepts tels que l\u2019inconscient, le refoulement vont permettre une autre compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes psychiques. La disparition du recours au secret pour saisir le fonctionnement psychique va de pair avec la progression, l\u2019avanc\u00e9e dans une conception proprement psychanalytique de l\u2019inconscient : le secret devient \u00e9l\u00e9ment refoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud avance alors en effet que les patientes elles-m\u00eames n\u2019ont pas connaissance de certains secrets. Ceux-ci constituent donc des \u00e9l\u00e9ments refoul\u00e9s, des contenus inconscients. Il d\u00e9crit pr\u00e9sents, au sein d\u2019un m\u00eame psychisme, des secrets volontairement gard\u00e9s, que l\u2019auteur justifie par une certaine r\u00e9serve \u00ab (\u2026) <em>la malade garde pour elle une partie de ce qui lui est bien connu et qu\u2019elle devrait raconter, ceci consciemment, \u00e0 dessein, pour des motifs de timidit\u00e9 et de pudeur qu\u2019elle n\u2019a pas encore surmont\u00e9s (discr\u00e9tion lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une tierce personne)<\/em> \u00bb<sup>17<\/sup>, et des secrets dont les patientes elles-m\u00eames n\u2019ont pas ou plus connaissance, donc des secrets inconscients.<\/p>\n\n\n\n<p>Du secret jusqu\u2019ici entendu comme r\u00e9sistance du patient, Freud en vient ici \u00e0 \u00e9voquer la possible co-existence de deux types de secrets chez une m\u00eame personne : d\u2019abord, des secrets interpersonnels, secrets que le sujet conna\u00eet, mais qu\u2019il ne partage pas avec autrui. Il \u00e9voque par exemple un secret conscient que Dora lui r\u00e9v\u00e8le alors qu\u2019elle l\u2019avait jusqu\u2019\u00e0 ce moment en analyse, conserv\u00e9, concernant le baiser entre elle et M. K. \u00ab (\u2026)\u00a0<em>aussi pr\u00e9tend-elle l\u2019avoir gard\u00e9e secr\u00e8te (la sc\u00e8ne du baiser) jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle ne l\u2019\u00e9voqu\u00e2t au cours du traitement<\/em>\u00a0\u00bb<sup>18<\/sup>. Mais peuvent \u00e9galement exister des secrets intrapsychiques, inconscients. Le secret devient alors aussi possiblement contenu inconscient.<br>En 1906, Freud pr\u00e9cisera cette distinction entre secret conscient et secret inconscient : le secret de l\u2019hyst\u00e9rique est un secret inconscient, qui aurait subi le coup du refoulement ou n\u2019aurait jamais atteint le stade pr\u00e9-conscient\/conscient ; il s\u2019agit donc d\u2019un secret pour le sujet lui-m\u00eame. Freud ne parle plus dans ce cas de secret volontairement cach\u00e9 \u00e0 autrui, comme ant\u00e9rieurement. Il r\u00e9serve ce secret conscient au criminel : \u00ab <em>Chez le criminel, il s\u2019agit d\u2019un secret que celui-ci conna\u00eet et qu\u2019il vous cache, chez l\u2019hyst\u00e9rique, d\u2019un secret que lui-m\u00eame ignore, et qui se cache \u00e0 lui<\/em> \u00bb<sup>19<\/sup>. Que le secret soit conscient ou refoul\u00e9, Freud lui donne, \u00e0 cette \u00e9poque, le m\u00eame nom \u00ab <em>geheimnis<\/em> \u00bb. La diff\u00e9rence pour lui se situe entre une m\u00e9connaissance v\u00e9ritable concernant le patient n\u00e9vrotique et une ignorance feinte chez le criminel : \u00ab <em>chez un n\u00e9vropathe, il y a un secret pour sa propre conscience ; chez le criminel, il n\u2019y a de secret que pour vous ; chez le premier existe une ignorance r\u00e9elle (\u2026) ; chez le dernier il n\u2019y a qu\u2019une simulation de l\u2019ignorance<\/em> \u00bb<sup>20<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2.3 \u2013 Le secret dans la cure et au sein du transfert<\/h3>\n\n\n\n<p>Freud pense que le patient garde secr\u00e8te une sc\u00e8ne de s\u00e9duction v\u00e9cue dans l\u2019enfance, donc un secret sexuel, qui serait \u00e0 l\u2019origine de la n\u00e9vrose que manifeste celui-ci dans le pr\u00e9sent et notamment par le biais du transfert. Cependant, il ne d\u00e9veloppera pas cette fonction que le secret occupe au sein de la relation transf\u00e9rentielle, pourtant Dora le convoque dans ce questionnement lorsqu\u2019elle cache sous ses yeux une lettre. Il assimilera d\u2019ailleurs, en \u00e9voquant l\u2019acte de Dora, le secret dans la cure \u00e0 la masturbation : \u00ab (\u2026) <em>Dora voulait seulement faire semblant d\u2019avoir un \u00ab\u00a0secret\u00a0\u00bb et me montrer que ce secret, je le lui arrachais. Je m\u2019explique maintenant son aversion secr\u00e8te de tout nouveau m\u00e9decin. Elle craignait que ce dernier (\u2026) ne devin\u00e2t chez elle la masturbation<\/em> \u00bb<sup>21<\/sup>. Dora, dans la relation transf\u00e9rentielle, semble vouloir attirer l\u2019attention de Freud sur ses secrets, lui montrant ainsi qu\u2019elle lui cache certains \u00e9l\u00e9ments, et ainsi qu\u2019elle garde la ma\u00eetrise d\u2019une partie de son intimit\u00e9, posant une limite au savoir du th\u00e9rapeute. Elle tente peut-\u00eatre ainsi \u00e9galement de le s\u00e9duire, ce que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 dans un autre \u00e9crit<sup>22<\/sup>. M\u00eame si Freud modifie sa pratique th\u00e9rapeutique, il continue de chercher \u00e0 d\u00e9couvrir les secrets des sujets. En effet, plus il d\u00e9veloppe la m\u00e9thode de l\u2019association libre, moins le terme de \u00ab secret \u00bb sera pr\u00e9sent ; cependant, il appara\u00eet encore dans certains \u00e9crits ult\u00e9rieurs. Freud l\u2019utilise dans divers contextes que ce soit concernant les r\u00eaves, les actes manqu\u00e9s, les lapsus, les s\u00e9ries de chiffres\u2026 dont il s\u2019attache \u00e0 lire le \u00ab <em>sens<\/em> secret \u00bb<sup>23<\/sup>, comprenant ces lapsus, actes manqu\u00e9s et autres comme des r\u00e9v\u00e9lateurs de la \u00ab <em>pens\u00e9e<\/em> secr\u00e8te \u00bb de celui qui les effectue<sup>24<\/sup>. Pour lui, la lev\u00e9e des secrets ne passe donc plus syst\u00e9matiquement par la parole ; le corps peut, par ses manifestations (ex : actes manqu\u00e9s), trahir des secrets inconscients enfouis. D\u2019ailleurs, d\u00e8s 1905, Freud pr\u00e9cisera les raisons pour lesquelles le secret perd pour lui de son importance : \u00ab <em>Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret. Celui dont les l\u00e8vres se taisent bavarde avec le bout des doigts ; il se trahit par tous les pores. C\u2019est pourquoi la t\u00e2che de rendre conscientes les parties les plus dissimul\u00e9es de l\u2019\u00e2me est parfaitement r\u00e9alisable<\/em> \u00bb<sup>25<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble que ce que ce qu\u2019il qualifie encore de \u00ab secret \u00bb \u00e0 cette \u00e9poque est ce qui reste, sur un plan th\u00e9orique encore secret pour lui, c\u2019est-\u00e0-dire, ce qu\u2019il m\u00e9conna\u00eet encore, qu\u2019il n\u2019a pas th\u00e9oris\u00e9, et qu\u2019il cherche \u00e0 d\u00e9couvrir. Le secret sera progressivement qualifi\u00e9 non plus en ces termes, mais avec plus de pr\u00e9cision dans les ouvrages ult\u00e9rieurs. Cette recherche de d\u00e9couverte des secrets et la constitution de ceux-ci, Freud va \u00e9galement l\u2019aborder au cours du parcours psycho-sexuel de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">III \u2013 La naissance du secret au fil du d\u00e9veloppement psycho-sexuel<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.1 \u2013 Les th\u00e9ories sexuelles infantiles<\/h3>\n\n\n\n<p>Nous retrouvons en effet le mot \u00ab secret \u00bb lorsque Freud traite du d\u00e9veloppement psycho-sexuel de l\u2019enfant, particuli\u00e8rement dans cette p\u00e9riode o\u00f9 ce dernier va s\u2019interroger sur l\u2019origine des enfants, et questionner ses parents. L\u00e0, l\u2019enfant va se rendre compte, par la nature des r\u00e9ponses donn\u00e9es ou des interdits \u00e0 cet endroit, que ses parents lui cachent quelque chose, autrement dit, il constate que ceux-ci ont des secrets qu\u2019ils ne partagent pas avec lui. Il va alors, progressivement, sur le mod\u00e8le parental, exp\u00e9rimenter cette capacit\u00e9 au secret : \u00ab (\u2026)\u00a0<em>ils (les enfants) en viennent \u00e0 soup\u00e7onner qu\u2019il y a quelque chose d\u2019interdit que \u00ab\u00a0les grandes personnes\u00a0\u00bb gardent pour elles, et, pour cette raison, ils enveloppent de secret leurs recherches<\/em>\u00a0\u00bb<sup>26<\/sup>. Ce d\u00e9sir de savoir et cette mise au secret sont le fruit des pulsions sexuelles. L\u2019enfant veut conna\u00eetre les secrets touchant \u00e0 la sexualit\u00e9 des adultes. Cependant, sa curiosit\u00e9 sexuelle va conna\u00eetre des limites que celles-ci soient internes (immaturit\u00e9 sexuelle de l\u2019enfant) ou ext\u00e9rieures (interdits parentaux) \u00e0 l\u2019enfant. Ces limites parentales (interdits, secrets\u2026) impos\u00e9es aux pulsions sexuelles de l\u2019enfant favorisent, chez ce dernier, le passage du principe de plaisir au principe de r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019insatisfaction que suscitent les r\u00e9ponses parentales et les interdits pos\u00e9s \u00e0 cet endroit, l\u2019enfant va secr\u00e8tement chercher des r\u00e9ponses \u00e0 ses questions sexuelles : \u00ab <em>Si les enfants ne re\u00e7oivent pas les explications qu\u2019ils ont demand\u00e9es \u00e0 leurs a\u00een\u00e9s, ils continuent en secret \u00e0 se tourmenter pour ce probl\u00e8me et \u00e9chafaudent des tentatives de solution<\/em> (\u2026) \u00bb<sup>27<\/sup>. Freud situe d\u2019ailleurs \u00e0 ce moment-ci, le premier conflit psychique de l\u2019enfant ; en effet, celui-ci va \u00eatre tiraill\u00e9 entre son d\u00e9sir de savoir, ses pulsions sexuelles et les exigences surmo\u00efques. La r\u00e9solution du conflit est apport\u00e9e par le refoulement des id\u00e9es r\u00e9prim\u00e9es. Freud situe en ce lieu \u00ab <em>le complexe nucl\u00e9aire de la n\u00e9vrose<\/em> \u00bb<sup>28<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les pens\u00e9es qui se rapprochent le plus de la \u00ab v\u00e9rit\u00e9 sexuelle \u00bb des adultes et donc le contenu de certains secrets qui vont, chez l\u2019enfant, \u00eatre refoul\u00e9s, ceci afin de r\u00e9soudre le conflit psychique dont ceux-ci sont la source. Les th\u00e9ories sexuelles infantiles vont donc venir remplir un manque auquel est confront\u00e9 le d\u00e9sir de savoir de l\u2019enfant, mais \u00e9galement un vide laiss\u00e9 par le refoulement : \u00ab <em>Les enfants produisent beaucoup de choses fausses dans le but de contredire une connaissance plus ancienne, meilleure, mais devenue inconsciente et refoul\u00e9e<\/em> \u00bb<sup>29<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant constate \u00e9galement \u00e0 cette p\u00e9riode que ses parents peuvent lui mentir sans qu\u2019il puisse savoir ce qu\u2019ils pensent et il va lui aussi pouvoir exp\u00e9rimenter l\u2019herm\u00e9ticit\u00e9 de sa psych\u00e9, ce qui inspirera \u00e0 Freud l\u2019article \u00ab Deux mensonges d\u2019enfants \u00bb<sup>30<\/sup>. Puis, en 1915, Freud compl\u00e8tera ses recherches sur les th\u00e9ories sexuelles infantiles, expliquant que celles-ci favorisent d\u00e9j\u00e0, chez l\u2019enfant, une autonomisation sur le plan psychique par le biais, notamment, de cette capacit\u00e9 au secret : \u00ab <em>Les recherches sexuelles de ces premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019enfance sont toujours solitaires ; elles repr\u00e9sentent un premier pas vers l\u2019orientation autonome dans le monde et \u00e9loignent consid\u00e9rablement l\u2019enfant des personnes de son entourage, qui jusque-l\u00e0 jouissaient de sa pleine confiance<\/em> \u00bb<sup>31<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, le \u00ab sentiment de pudeur \u00bb que Freud \u00e9voque concernant les parties g\u00e9nitales que l\u2019enfant montrait et qu\u2019il va progressivement cacher<sup>32<\/sup>, se porte \u00e9galement sur les pens\u00e9es de celui-ci, pens\u00e9es qui vont subir le m\u00eame mouvement. L\u2019enfant va devoir garder secret ce qui a trait \u00e0 sa sexualit\u00e9, que ce soit en cachant ses attributs sexuels physiques ou ses pens\u00e9es concernant la sexualit\u00e9. Pour Freud, c\u2019est ce sentiment de pudeur, la moralit\u00e9\u2026 qui vont entra\u00eener le refoulement<sup>33<\/sup>. Il donnera cependant aussi la pudeur comme raison de la mise au secret intentionnelle du sujet par rapport \u00e0 autrui (cf. note 14). Si l\u2019on pr\u00eate attention au terme allemand signifiant \u00ab pudeur \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab <em>scham<\/em> \u00bb nous pouvons \u00e9galement penser le sentiment de honte comme raison du refoulement ou de la mise au secret \u00e9tant donn\u00e9 que le terme allemand signifie \u00e0 la fois \u00ab pudeur \u00bb et \u00ab honte \u00bb. Pour la premi\u00e8re fois, Freud reconna\u00eet l\u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9, une fonction au secret. Celui-ci n\u2019est plus seulement per\u00e7u comme une r\u00e9sistance qu\u2019il faut supprimer de par le travail analytique. Le secret devient \u00e0 ce moment de la d\u00e9marche freudienne, une fonction indispensable \u00e0 l\u2019autonomisation psychique du sujet et une \u00e9tape constitutive de celle-ci. L\u2019enfant peut avoir des pens\u00e9es qu\u2019il garde pour lui, sans qu\u2019autrui puisse y acc\u00e9der. Le secret permet de s\u00e9parer ce qui est du domaine de l\u2019intime de ce qui est du registre interpersonnel. Gr\u00e2ce \u00e0 celui-ci, le sujet peut instaurer une limite \u00e0 la connaissance d\u2019autrui. Il est important de souligner que le secret prend alors un autre relief dans la description du fonctionnement psychique : il ne doit plus \u00eatre lev\u00e9 \u00e0 tout prix, il devient condition de l\u2019autonomie psychique. De plus cette autonomie psychique est articul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9mergence des pulsions sexuelles dans la constitution subjective.<br>Freud n\u2019approfondira cependant pas cette fonction du secret, m\u00eame apr\u00e8s le passage \u00e0 la seconde topique alors qu\u2019il \u00e9voque les limites du moi avec le monde ext\u00e9rieur dont le sujet a conscience, et qui permet ainsi de disposer de secrets, mais il ne les nomme pas en tant que tels. Il parle alors de \u00ab <em>conservation dans le psychique \u00bb<\/em> regrettant que celle-ci n\u2019ait <em>\u00ab encore gu\u00e8re trouv\u00e9 d\u2019\u00e9laboration<\/em> \u00bb<sup>34<\/sup>. Il distingue ainsi le sentiment oc\u00e9anique de cette capacit\u00e9 \u00e0 poss\u00e9der des limites internes et garder pour soi certaines de ses pens\u00e9es \u00ab (\u2026) <em>\u00e0 l\u2019origine le moi contient tout, ult\u00e9rieurement il s\u00e9pare de lui un monde ext\u00e9rieur<\/em> \u00bb<sup>35<\/sup>. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une des fonctions primordiales du secret, c\u2019est-\u00e0-dire la s\u00e9paration psychique d\u2019avec autrui et la capacit\u00e9 de contenance interne, ce que Freud situerait, sur un plan intrapsychique, au sein du moi.<br>Le secret vient perdre de son importance dans la conceptualisation freudienne au moment au Freud th\u00e9orise l\u2019inconscient et le refoulement. Ici, nous pouvons faire un parall\u00e8le avec le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant car c\u2019est au moment o\u00f9 celui-ci rencontre les interdits parentaux, qu\u2019il commence \u00e0 garder secr\u00e8tes certaines pens\u00e9es, et c\u2019est \u00e0 ce m\u00eame moment qu\u2019une partie des secrets est refoul\u00e9e. Le refoulement vient donc ici limiter les secrets de l\u2019enfant concernant la sexualit\u00e9 tout comme les th\u00e9orisations de l\u2019inconscient et du refoulement viennent limiter l\u2019int\u00e9r\u00eat de Freud pour le secret. Comment, au moment du complexe d\u2019\u0152dipe, \u00e9volue cette r\u00e9cente capacit\u00e9 au secret chez l\u2019enfant ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3.2 \u2013 Les secrets \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du Complexe \u0153dipien<\/h3>\n\n\n\n<p>Freud aura rarement recours \u00e0 la notion de \u00ab secret \u00bb dans les divers articles traitant du complexe d\u2019\u0152dipe, alors qu\u2019il utilise, comme nous venons de l\u2019aborder, \u00e0 plusieurs reprises ce dernier pour \u00e9voquer les recherches que va effectuer l\u2019enfant concernant la sexualit\u00e9, et qui pr\u00e9c\u00e9dent au complexe \u0153dipien. Freud, donnant \u00e0 ce moment de la vie de l\u2019enfant une place importante au refoulement, semble accorder un int\u00e9r\u00eat moindre au terme de \u00ab secret \u00bb. Il n\u2019aborde pas, \u00e0 ce moment-l\u00e0 de la vie de l\u2019enfant, les pens\u00e9es conscientes que celui-ci garde pour lui, \u00e0 l\u2019abri de la connaissance des adultes. L\u2019autorit\u00e9 parentale, que l\u2019enfant int\u00e9riorise au sortir de l\u2019\u0152dipe sous la forme surmo\u00efque, impose \u00e0 l\u2019enfant de tenir secret ce qui concerne la sexualit\u00e9 : \u00ab (\u2026) <em>l\u2019autorit\u00e9 des adultes (\u2026) s\u2019av\u00e8re incompatible avec le d\u00e9voilement de leur activit\u00e9 sexuelle<\/em> \u00bb<sup>36<\/sup>. L\u2019enfant, puis l\u2019adulte, vont donc garder secr\u00e8tes certaines pens\u00e9es afin d\u2019\u00e9viter le jugement d\u2019autrui. Cependant, Freud explique que m\u00eame si ces pens\u00e9es sont gard\u00e9es au sein du moi du sujet, elles n\u2019\u00e9chappent pas au jugement surmo\u00efque. Il ajoute que d\u00e8s l\u2019int\u00e9riorisation de ce surmoi, le sujet n\u2019aurait plus peur qu\u2019on d\u00e9couvre ses secrets. En effet, \u00e0 ce moment-l\u00e0 \u00ab <em>dispara\u00eet l\u2019angoisse d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert, et qui plus est, la diff\u00e9rence entre faire le mal et vouloir le mal, car rien ne peut se cacher du sur-moi, pas m\u00eame les pens\u00e9es<\/em> \u00bb<sup>37<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous entrapercevons ainsi comment se dessine cette fonction s\u00e9paratrice chez l\u2019enfant au cours de l\u2019\u00ab ante-\u0152dipe \u00bb et du complexe \u0153dipien. En effet, celui-ci d\u2019abord dans un d\u00e9sir de savoir, de conna\u00eetre les secrets parentaux, en particulier concernant la sexualit\u00e9, va progressivement constituer ses propres secrets et garder pour lui ce qui rel\u00e8ve de son intimit\u00e9. Freud exprime, par exemple, \u00e0 Fliess cette part de secret qu\u2019il gardera malgr\u00e9 l\u2019intimit\u00e9 de leur correspondance, lorsqu\u2019il lui \u00e9crit au sujet de son auto-analyse : \u00ab <em>Depuis que j\u2019ai entrepris d\u2019\u00e9tudier l\u2019inconscient<\/em>, <em>je m\u2019apparais \u00e0 moi-m\u00eame tr\u00e8s int\u00e9ressant. Dommage qu\u2019il faille garder bouche cousue pour ce qu\u2019il y a de plus intime<\/em> \u00bb<sup>38<\/sup>. Le terme de secret sera, apr\u00e8s la d\u00e9couverte et la th\u00e9orisation du refoulement, plut\u00f4t utilis\u00e9 pour \u00e9voquer la sexualit\u00e9, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des contenus sexuels que le sujet va volontairement cacher \u00e0 la connaissance d\u2019autrui. Il sera en g\u00e9n\u00e9ral associ\u00e9 \u00e0 la sexualit\u00e9 et\/ou aux relations amoureuses, comme lorsque Freud \u00e9voque par exemple les amours cach\u00e9es des adolescentes \u00ab rapport amoureux secret \u00bb<sup>39<\/sup>, des relations adult\u00e8res chez le sujet adulte \u00ab une liaison amoureuse secr\u00e8te \u00bb<sup>40<\/sup>, la vie sexuelle en g\u00e9n\u00e9ral \u00ab le secret de la vie sexuelle \u00bb<sup>41<\/sup>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, nous constatons que lorsque Freud \u00e9voque ces secrets amoureux et\/ou sexuels, il parle principalement de secrets f\u00e9minins. Il d\u00e9veloppera par la suite l\u2019id\u00e9e que ce qui semble constituer un secret est, pour l\u2019homme, la femme elle-m\u00eame \u00ab\u00a0<em>Ce qui fonde la crainte c\u2019est le fait que la femme est autre que l\u2019homme, qu\u2019elle appara\u00eet incompr\u00e9hensible, pleine de secret, \u00e9trang\u00e8re et pour cela ennemie<\/em>\u00a0\u00bb<sup>42<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secret devient l\u00e0 secret sexuel f\u00e9minin. Il renvoie ici \u00e0 la diff\u00e9rence, notamment la diff\u00e9rence des sexes comme possiblement source d\u2019angoisse : ce qui est diff\u00e9rent de moi m\u2019est \u00e9tranger et secret, ce qui, selon Freud a entra\u00een\u00e9 chez certains peuples une crainte \u00e0 laquelle est venue r\u00e9pondre la cr\u00e9ation de tabous. Ce secret concernant la femme, et plus particuli\u00e8rement la question de la jouissance f\u00e9minine, Freud l\u2019\u00e9voquera plus tard en termes d\u2019\u00e9nigme du f\u00e9minin<sup>43<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, Freud pr\u00e9f\u00e8rera ensuite parler d\u2019\u00ab \u00e9nigme \u00bb plut\u00f4t que de \u00ab secret \u00bb. Ce glissement de vocabulaire viendrait, nous semble-t-il, signer les avanc\u00e9es th\u00e9orico- pratiques de Freud, qui conna\u00eet des moments d\u2019obscurit\u00e9 dans ses recherches, mais l\u2019\u00e9volution de celles-ci lui permet de disposer d\u2019indices comme peut en t\u00e9moigner le mot \u00ab \u00e9nigme \u00bb.<br>Le terme de \u00ab secret \u00bb devient donc rare dans la conceptualisation th\u00e9orique freudienne, cependant nous le retrouvons dans quelques ouvrages ult\u00e9rieurs, particuli\u00e8rement dans le texte <em>Das unheimliche<\/em>. Ici le terme utilis\u00e9 est diff\u00e9rent, ce qui permet \u00e0 Freud d\u2019\u00e9clairer le secret d\u2019un jour nouveau.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">IV \u2013 Le secret dans l\u2019\u00e9volution de la th\u00e9orisation psychanalytique freudienne : du familier \u00e0 l\u2019\u00e9trange<\/h2>\n\n\n\n<p>En effet, jusqu\u2019alors, Freud utilisait g\u00e9n\u00e9ralement les termes allemands de <em>geheimnis<\/em> (nom masculin) ou <em>geheim<\/em> (adjectif) qui signifient \u00ab secret \u00bb. Dans son article <em>Das unheimliche<\/em>, non seulement r\u00e9apparait le terme <em>geheim<\/em>, mais Freud donne \u00e9galement le terme <em>heimlich<\/em> comme pouvant aussi, dans son sens second, signifier \u00ab secret \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, cet article est l\u2019occasion pour l\u2019auteur, apr\u00e8s une analyse \u00e9tymologique, de d\u00e9montrer comment le terme <em>heimlich<\/em> signifiant commun\u00e9ment, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00ab familier, intime, apprivois\u00e9 \u00bb, en vient \u00e0 avoir une signification semblable \u00e0 son antonyme initial : <em>unheimlich<\/em> (inqui\u00e9tant, \u00e9trange, sinistre) lorsque l\u2019on pr\u00eate attention \u00e0 son sens second, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab secret, cach\u00e9, dissimul\u00e9 \u00bb. Il conclut alors cette recherche en expliquant qu\u2019 \u00ab <em>Unheimlich<\/em> est en quelque sorte une esp\u00e8ce de <em>heimlich<\/em> \u00bb<sup>44<\/sup>. Aujourd\u2019hui, le terme de \u00ab secret \u00bb est couramment traduit en allemand par les deux termes : <em>geheim<\/em> et <em>heimlich<\/em>. Par contre le sens premier de <em>heimlich<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab familier \u00bb est de nos jours couramment traduit par <em>heimlig<\/em> <sup>45<\/sup>. Donc \u00ab secret \u00bb peut se traduire par <em>heimlich<\/em>, mais \u00e9galement par le terme <em>unheimlich<\/em> pour lequel Freud va utiliser une d\u00e9finition de Schelling : \u00ab On qualifie de <em>unheimlich<\/em> tout ce qui devrait rester\u2026 dans le secret, dans l\u2019ombre, et qui en est sorti \u00bb<sup>46<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par le biais de cet article, Freud nous conduit \u00e0 penser le secret comme \u00e0 la fois \u00e9trange et familier, familier dans ce qui peut \u00eatre rappel\u00e9 d\u2019une autre exp\u00e9rience v\u00e9cue ou connue, (il commence l\u00e0 d\u2019ailleurs \u00e0 introduire le concept de \u00ab compulsion de r\u00e9p\u00e9tition \u00bb), \u00e9trange par le sentiment que cette impression de r\u00e9p\u00e9tition peut cr\u00e9er, ceci du fait du refoulement de l\u2019exp\u00e9rience premi\u00e8re, ensuite r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, et dont le sujet n\u2019a plus souvenir, seulement l\u2019impression d\u2019une exp\u00e9rience connue. Le secret permet donc de se prot\u00e9ger en pr\u00e9servant l\u2019intime du sujet, donc ce qui lui est familier. Cependant ce qui reste secret pour autrui peut \u00eatre per\u00e7u, par ce dernier, comme une menace, dans ce qui lui est cach\u00e9, dans ce qui lui reste \u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude du cheminement du terme de \u00ab secret \u00bb permet de voir se profiler le parcours th\u00e9orico-clinique de Freud, ses remaniements, ses avanc\u00e9es mais \u00e9galement l\u2019instauration de la pens\u00e9e et du mouvement psychanalytique autour de Freud \u00e0 ce moment-l\u00e0. En effet, le terme de \u00ab secret \u00bb, particuli\u00e8rement pr\u00e9sent au d\u00e9but de l\u2019\u0153uvre freudienne, \u00e9volue au gr\u00e9 des d\u00e9couvertes th\u00e9oriques et de la pratique freudiennes. Cette pratique visant au d\u00e9but \u00e0 imposer au patient la confrontation d\u2019avec ses secrets, secrets alors consid\u00e9r\u00e9s par le th\u00e9rapeute comme pathog\u00e8nes, se modifiera progressivement en un travail d\u2019\u00e9laboration et de recherche de compr\u00e9hension du sujet qui occupera alors une place primordiale. Le secret jusqu\u2019ici simplement per\u00e7u comme r\u00e9sistance du patient au sein du transfert, devient alors \u00e9galement synonyme de contenu inconscient jusqu\u2019\u00e0 la th\u00e9orisation de l\u2019inconscient et du refoulement. Puis Freud reconna\u00eetra une fonction primordiale au secret dans ce qu\u2019il permet de contenance de l\u2019intime, du sexuel et donc d\u2019autonomisation psychique.<br>De m\u00eame, le secret est ce qui permettra \u00e0 Freud de tenter de dissimuler, de prot\u00e9ger tant ses avanc\u00e9es que le mouvement psychanalytique. Cependant, il semble que, par la suite, les secrets des patients deviendront plus difficiles \u00e0 lire pour Freud qu\u2019il ne le pensait ant\u00e9rieurement aux vues de ses derni\u00e8res d\u00e9couvertes th\u00e9orico-pratiques (seconde topique, narcissisme, pulsions de vie et de mort, compulsion de r\u00e9p\u00e9tition\u2026). Comment aujourd\u2019hui, dans la continuit\u00e9 de la d\u00e9marche freudienne, interroger le secret \u00e0 partir de ces concepts ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>S.Freud, (1887-1902), <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 31\/10\/1895, p. 117 et 210<\/li><li>Ibid, <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 8\/12\/1895, p. 122<\/li><li>Ibid, <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 16\/08\/1895, p. 109<\/li><li>Ibid, <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 15\/10\/1895, p. 113<\/li><li>Ibid, <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 4\/05\/1896, p. 144<\/li><li>Ibid, <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 21\/05\/1894, p. 76<\/li><li>S. Freud, <em>Correspondance avec E. Jones<\/em>, 1er Ao\u00fbt 1912<\/li><li>S. Freud et J.Breuer, 1895<\/li><li>S. Freud, (1897-1902), <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 21\/09\/1897, p. 190<\/li><li>S. Freud, 1896 p.66 (note rajout\u00e9e en 1924)<\/li><li>S. Freud, (1897-1902), <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 21\/09\/1897, p. 191<\/li><li>Ibid, p. 200<\/li><li>S. Freud et J.Breuer, 1895, p. 6<\/li><li>Ibid, p. 238<\/li><li>Ibid, p. 227<\/li><li>Ibid, p.109<\/li><li>S. Freud, 1905(a), p. 9<\/li><li>Ibid, p. 18<\/li><li>S. Freud, 1906, p. 51<\/li><li>Ibid, p. 55<\/li><li>S. Freud, 1905(a), p. 58<\/li><li>C. Cazorla, M\u00e9moire de Master II Recherche <em>La transaction amoureuse de l\u2019hyst\u00e9rique : du secret sexuel \u00e0 l\u2019amour<\/em>, Directeur de Recherche : B. Jacobi, Mai 2008, Laboratoire de Psychopathologie clinique et Psychanalyse, Universit\u00e9 de Provence, Marseille.<\/li><li>S. Freud, 1908, p. 48 et 54<\/li><li>S. Freud, 1901, p. 114<\/li><li>S. Freud, 1905(a), p. 57<\/li><li>S. Freud, 1908, p. 18<\/li><li>S. Freud, 1907, p. 11-12<\/li><li>S. Freud, 1908, p. 18<\/li><li>Ibid, 1908, p. 26<\/li><li>S. Freud, 1913(b), p.183-187<\/li><li>S. Freud, 1905 (b), p. 127 (partie de texte rajout\u00e9e en 1915)<\/li><li>Ibid, p. 120<\/li><li>S. Freud, (1887-1902), <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 14\/11\/1897, p. 205<\/li><li>S. Freud, 1930, p. 10<\/li><li>Ibid, p. 9<\/li><li>S. Freud, 1918, p. 52<\/li><li>S. Freud, 1930, p. 68<\/li><li>S. Freud, (1887-1902), <em>Lettre \u00e0 W. Fliess<\/em> du 03\/12\/1897, p. 210<\/li><li>S. Freud, 1921, p. 190<\/li><li>S. Freud, 1912(b), p. 62<\/li><li>S. Freud, 1910, p. 52<\/li><li>S. Freud, 1918, p. 71<\/li><li>S. Freud, 1932<\/li><li>S. Freud, 1919, p. 223<\/li><li>Ibid, p. 219<\/li><li>Ibid, p. 221<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Freud S., (1887-1902), \u00ab Lettres &#8211; Esquisses &#8211; Notes \u00bb, in <em>La naissance de la Psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F., 2005, p.47-311.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S et BREUER J., 1895, <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, Paris, P.U.F., 2000, p. 247.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1896, \u00ab Nouvelles remarques sur les psychon\u00e9vroses de d\u00e9fense \u00bb, in <em>N\u00e9vrose, psychose et perversion<\/em>, Paris, P.U.F., 1999, p.61-81.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., (1899-1900), \u00ab L\u2019interpr\u00e9tation du r\u00eave \u00bb, in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> IV, Paris, P.U.F., 2004, p. 677.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1901, <em>Psychopathologie de la vie quotidienne<\/em>, Paris, Payot, 1997, p. 317.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1905(a), \u00ab Fragment d\u2019une analyse d\u2019hyst\u00e9rie : Dora \u00bb, in <em>Cinq psychanalyses<\/em>, P.U.F., 1999, p. 1-91.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1905(b), <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Paris, Folio Essais, 2005, p. 196.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1906, \u00ab La Psychanalyse et l\u2019\u00e9tablissement des faits en mati\u00e8re judiciaire par une m\u00e9thode diagnostique \u00bb, in <em>Essais de Psychanalyse appliqu\u00e9e<\/em>, Paris, Gallimard, 1976, p. 45-58.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1907, \u00ab Les explications sexuelles donn\u00e9es aux enfants\u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, P.U.F., 2004, p. 7-13.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1908, \u00ab Les th\u00e9ories sexuelles infantiles \u00bb, in La vie sexuelle, Paris, P.U.F., 2004, p. 14-27.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1909, \u00ab Analyse d\u2019une phobie chez un petit gar\u00e7on de 5 ans : le petit Hans\u00bb, in <em>Cinq psychanalyses<\/em>, Paris, P.U.F., 1999, p.93-198.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1910, \u00ab Un type particulier de choix d\u2019objet chez l\u2019homme \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 47-55.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1912(a), \u00ab Sur la dynamique du transfert \u00bb, in <em>La technique psychanalytique<\/em>, P.U.F., 2007, p.73-82.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1912(b), \u00ab Sur le plus g\u00e9n\u00e9ral des rabaissements de la vie amoureuse\u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 55-66.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1913(a), \u00ab Sur l\u2019engagement du traitement \u00bb, in <em>La technique psychanalytique<\/em>, Paris, P.U.F., 2007, p.107-128.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1913(b), \u00ab Deux mensonges d\u2019enfants \u00bb, in <em>N\u00e9vrose, psychose et perversion<\/em>, Paris, P.U.F., 1999, p. 183-187.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1914, \u00ab Remarques sur l\u2019amour de transfert\u00bb, in <em>La technique psychanalytique<\/em>, Paris, P.U.F., 2007, p.143-155.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1915, \u00ab L\u2019inconscient \u00bb, in <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>, Paris, Folio, 2001, p. 65-121.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1916-1917, <em>Introduction \u00e0 la Psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 2000, p. 441.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1917, \u00ab Sur les transpositions de pulsions plus particuli\u00e8rement dans l\u2019\u00e9rotisme anal \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 106-112.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1918, \u00ab Le tabou de la virginit\u00e9 \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 66-80.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1919, \u00ab L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 \u00bb in <em>L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et autres essais<\/em>, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2001, p. 211-263.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1920, \u00ab Au-del\u00e0 du principe de plaisir \u00bb, in <em>Essais de Psychanalyse<\/em>, Paris, Petite Biblioth\u00e8que Payot, 2001, p. 47-128.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1921, \u00ab Psychologie des foules et analyse du Moi \u00bb, in <em>Essais de Psychanalyse<\/em>, Paris, Petite Biblioth\u00e8que Payot, 2001, p. 131-242.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1923, \u00ab La disparition du complexe d\u2019\u0152dipe \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 117-122.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1930, <em>Malaise dans la culture<\/em>, Paris, Quadrige, P.UF., 1999, p. 89.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1931, \u00ab Sur la sexualit\u00e9 f\u00e9minine \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, P.U.F., 2004, p. 139-155.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1932, \u00ab XXXIIIe Conf\u00e9rence : La f\u00e9minit\u00e9 \u00bb, in <em>Nouvelles conf\u00e9rences d\u2019introduction \u00e0 la Psychanalyse<\/em>, Paris, Folio, 2006, p. 150-181.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., 1938, <em>Abr\u00e9g\u00e9 de Psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F., 2006, p. 84.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10745?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" 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