{"id":10730,"date":"2021-08-22T07:32:37","date_gmt":"2021-08-22T05:32:37","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/entretien-avec-catherine-chabert-2\/"},"modified":"2021-10-03T15:17:14","modified_gmt":"2021-10-03T13:17:14","slug":"entretien-avec-catherine-chabert","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/entretien-avec-catherine-chabert\/","title":{"rendered":"Entretien avec Catherine Chabert"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Catherine Chabert est Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Descartes, Laboratoire de Psychologie clinique et de Psychopathologie, psychanalyste, membre de l\u2019Association Psychanalytique de France<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa1\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Afin de mieux conna\u00eetre votre parcours, pourriez-vous tout d\u2019abord nous parler de votre formation&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa2\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;J\u2019ai une formation litt\u00e9raire, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve en Hypokh\u00e2gne et Kh\u00e2gne sans pr\u00e9senter les concours parce que je ne voulais surtout pas enseigner\u2026 et j\u2019ai commenc\u00e9 mes \u00e9tudes par une licence de philosophie. Quand je me suis inscrite en psychologie \u00e0 Aix en Provence, c\u2019\u00e9tait d\u2019une part la psychologie exp\u00e9rimentale, la psychologie de l\u2019enfant d\u2019inspiration Piag\u00e9tienne, et d\u2019autre part la psychologie sociale qui \u00e9taient privil\u00e9gi\u00e9es&nbsp;; la psychologie clinique \u00e9tait vraiment tr\u00e8s r\u00e9duite, la psychopathologie absente. Aussi bizarre que cela puisse para\u00eetre, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s port\u00e9e vers la psychologie exp\u00e9rimentale. Je me suis bien gard\u00e9e alors de m\u2019inscrire dans le moindre certificat de psychologie clinique\u2026 J\u2019ai m\u00eame \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue Major de la promotion de psychologie exp\u00e9rimentale&nbsp;! Et puis en 2<sup>\u00e8<\/sup>&nbsp;ann\u00e9e de ma formation en psycho \u00e0 Aix, j\u2019ai rencontr\u00e9 Ren\u00e9 Ka\u00ebs qui enseignait en psychologie sociale. Il m\u2019a demand\u00e9 d\u2019\u00eatre observateur dans des sessions de dynamique de groupe.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa3\">Ren\u00e9 Ka\u00ebs \u00e9tait alors un \u00e9l\u00e8ve ou un disciple de Didier Anzieu, il \u00e9tait jeune assistant \u00e0 Aix, et il nous parlait de psychologie sociale clinique, de dynamique de groupe et de psychodrame. J\u2019ai termin\u00e9 ma licence et d\u00e9cid\u00e9 de venir faire du psychodrame \u00e0 Paris. J\u2019ai pris contact avec le CEFFRAP et je me suis install\u00e9e \u00e0 Paris. Il y avait une r\u00e9forme universitaire \u00e0 ce moment l\u00e0 et je ne savais pas qu\u2019avec l\u2019ancienne licence \u00e0 5 certificats, je pouvais \u00eatre dispens\u00e9e de ma\u00eetrise. Donc j\u2019ai rallong\u00e9 mes \u00e9tudes, mais par un hasard absolument formidable, alors que je voulais m\u2019inscrire \u00e0 Censier en psychologie clinique et en psychologie sociale -toujours avec le souci d\u2019\u00e9viter la psychopathologie- j\u2019ai \u00e9t\u00e9 localis\u00e9e \u00e0 Nanterre parce que j\u2019habitais le 18<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;arrondissement. Et l\u00e0, j\u2019ai fait une rencontre exceptionnelle. Il y avait une permanence \u00e0 Nanterre o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 voir Didier Anzieu. J\u2019ai eu un entretien avec lui, je lui ai expliqu\u00e9 mon cursus. Je voulais suivre les cours de psychologie sociale et de psychologie clinique, et je voulais qu\u2019il m\u2019autorise \u00e0 suivre le certificat de psychologie clinique \u00e0 Censier et celui de Psychologie sociale \u00e0 Nanterre, et surtout, surtout pas de psychopathologie&nbsp;! En fait, je suis sortie de mon entretien avec lui, inscrite en psychopathologie \u00e0 Nanterre&nbsp;!! Magie de la rencontre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa4\">C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai eu comme professeurs Daniel Widl\u00f6cher, Roger Dorey et Didier Anzieu. A l\u2019\u00e9poque, en premi\u00e8re ann\u00e9e de ma\u00eetrise, nous \u00e9tions 20 et nous assistions \u00e0 des pr\u00e9sentations de malades \u00e0 Sainte-Anne avec Roger Dorey, des pr\u00e9sentations d\u2019enfants \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re avec Daniel Widl\u00f6cher, bref c\u2019\u00e9tait vraiment magnifique.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa5\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Dans votre formation, comment en \u00eates-vous arriv\u00e9e \u00e0 vous int\u00e9resser tout particuli\u00e8rement aux m\u00e9thodes projectives et comment avez-vous d\u00e9but\u00e9 votre carri\u00e8re universitaire&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa6\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Evidemment, je me suis prise d\u2019une passion absolue pour la psychopathologie. J\u2019ai fait du psychodrame. J\u2019\u00e9tais dans une situation tr\u00e8s particuli\u00e8re parce que tous les participants de mon groupe \u00e9taient plus \u00e2g\u00e9s que moi (j\u2019avais 20 ans), ils \u00e9taient tous en analyse ou ils l\u2019avaient termin\u00e9e. L\u2019ann\u00e9e suivante, je me suis inscrite au DESS de Psychopathologie de Paris V et au Certificat de M\u00e9thodes Projectives. C\u2019\u00e9tait Th\u00e9r\u00e8se Lemperri\u00e8re et Pierre Pichot qui dirigeaient le dipl\u00f4me. Dans cette universit\u00e9, (comme dans d\u2019autres, nombreuses \u00e0 l\u2019\u00e9poque), il n\u2019y avait pas de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la psychanalyse, sauf dans le Certificat de M\u00e9thodes Projectives qui \u00e9tait cr\u00e9\u00e9 par Nina Rausch de Traubenberg. Cette femme remarquable avait v\u00e9cu aux USA et avait travaill\u00e9 avec Klopfer et Schaefer, qui&nbsp;\u00e9taient tr\u00e8s engag\u00e9s dans l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique des \u00e9preuves projectives. Donc j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 et r\u00e9ussi le Certificat de m\u00e9thodes projectives et comme j\u2019\u00e9tais assez jeune apr\u00e8s ces 2 ann\u00e9es \u00e0 Paris et que c\u2019\u00e9tait trop t\u00f4t pour arr\u00eater mes \u00e9tudes, j\u2019ai demand\u00e9 un rendez-vous \u00e0 Daniel Widl\u00f6cher pour m\u2019inscrire en th\u00e8se avec lui. J\u2019ai eu un poste d\u2019assistante \u00e0 la facult\u00e9 et c\u2019est comme cela que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 22-23 ans ma carri\u00e8re universitaire. J\u2019ai commenc\u00e9 ma th\u00e8se avec Daniel Widl\u00f6cher et j\u2019ai pu assurer quelques vacations en tant que psychologue clinicienne \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re au Laboratoire de psychologie dirig\u00e9 par Nina Rausch. A l\u2019Institut de Psychologie, \u00e0 cette \u00e9poque, il y avait un nombre extr\u00eamement limit\u00e9 d\u2019enseignants pris dans le mouvement analytique. J\u2019ai particip\u00e9, \u00e0 la fois en tant que jeune doctorante et jeune enseignante, au d\u00e9veloppement de la psychanalyse et de la psychopathologie clinique \u00e0 l\u2019Institut de Psychologie qui \u00e9tait quand m\u00eame alors le fief de la psychologie exp\u00e9rimentale en France.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa7\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>La rencontre avec les psychanalystes que vous venez de citer semble avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa8\"><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/pro?thematique=psy&amp;WT.tsrc=CairnProArticleLCP_136_0036\"><\/a><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Oui, au point que j\u2019avais l\u2019id\u00e9e d\u2019entreprendre ma th\u00e8se sur le Surmoi&nbsp;! Daniel Widl\u00f6cher m\u2019a dit, avec sagesse, que le sujet \u00e9tait trop vaste, il m\u2019a conseill\u00e9 alors de circonscrire mon sujet et m\u2019a donn\u00e9 une bibliographie \u00e9norme. Il y avait eu en particulier tout un rapport sur le Surmoi, \u00e0 partir d\u2019un Congr\u00e8s des Psychanalystes de Langues Romanes, que j\u2019avais enti\u00e8rement pris en notes. Finalement je suis arriv\u00e9e \u00e0 une curieuse id\u00e9e, j\u2019ai un peu oubli\u00e9 comment mais c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 Daniel Widl\u00f6cher qui m\u2019avait sugg\u00e9r\u00e9 que peut-\u00eatre, il serait int\u00e9ressant que je r\u00e9fl\u00e9chisse sur cette question \u00e0 propos de l\u2019enfance. J\u2019avais lu un livre de Piaget tr\u00e8s peu connu qui s\u2019appelle&nbsp;<em>La formation du jugement moral chez l\u2019enfant<\/em>. Il y avait tout un protocole de recherche. Les observations de Piaget montraient des changements essentiels au niveau du jugement moral entre les enfants de 5 \u00e0 7 ans et ceux de 11 \u00e0 13 ans. Il interpr\u00e9tait ces modifications par l\u2019\u00e9volution des processus de pens\u00e9e et en faisait un processus uniquement cognitif. Il avait mis en place une exp\u00e9rience avec des enfants de ces deux tranches d\u2019\u00e2ge auxquels il racontait des petites sc\u00e9nettes et o\u00f9 il cherchait \u00e0 saisir les modes de jugement&nbsp;; pas en termes de culpabilit\u00e9, mais plut\u00f4t en termes de faute\/punition. Il a montr\u00e9, ce qui correspond absolument aux observations analytiques et \u00e0 la conception freudienne du Surmoi, que jusqu\u2019\u00e0 un certain \u00e2ge, les interdits demeurent purement ext\u00e9rieurs. Si personne ne se rend compte que le petit enfant a vol\u00e9 du chocolat ou qu\u2019il a cass\u00e9 une assiette, il n\u2019y a pas de probl\u00e8me, par contre si c\u2019est sous le regard des parents, \u00e0 ce moment-l\u00e0 il est fautif, mais quand il a 12-13 ans, peu importe, la faute est l\u00e0, il n\u2019y a pas besoin d\u2019un regard externe. J\u2019ai repris l\u2019exp\u00e9rience de Piaget avec des groupes d\u2019enfants mais j\u2019ai critiqu\u00e9 son point de vue&nbsp;: l\u2019hypoth\u00e8se de ma th\u00e8se \u00e9tait qu\u2019il ne s\u2019agissait pas seulement d\u2019une affaire de d\u00e9veloppement cognitif. Je me suis servie de ses sayn\u00e8tes que je racontais aux enfants et je poursuivais avec des entretiens cliniques dans une perspective analytique, prenant en compte l\u2019associativit\u00e9. Je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 les m\u00eames r\u00e9sultats que Piaget, car il y avait des enfants qui, \u00e0 12 ans, continuaient \u00e0 fonctionner dans le registre d\u2019une ext\u00e9riorit\u00e9 absolue, sans r\u00e9f\u00e9rence interne \u00e0 un interdit et d\u2019autres, un peu plus jeunes, qui pouvaient avoir acc\u00e8s \u00e0 un jugement int\u00e9rieur. C\u2019\u00e9tait mon premier travail de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa9\">Quand j\u2019ai voulu engager mon Doctorat d\u2019Etat, assez t\u00f4t finalement apr\u00e8s la soutenance de ma th\u00e8se de 3<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;Cycle, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 voir \u00e0 nouveau Daniel Widl\u00f6cher qui m\u2019a conseill\u00e9 de m\u2019adresser \u00e0 un autre Directeur. J\u2019ai rencontr\u00e9 alors Didier Anzieu que je n\u2019avais plus vu depuis quelques ann\u00e9es mais je savais qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 l\u2019APF comme Daniel Widl\u00f6cher, j\u2019\u00e9tais en analyse mais pas encore en formation \u00e0 l\u2019APF. Didier Anzieu m\u2019a soutenue pour mon Doctorat d\u2019Etat sur&nbsp;<em>La psychopathologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des m\u00e9thodes projectives<\/em>. Il \u00e9tait tr\u00e8s exigeant, je ne le voyais pas tr\u00e8s souvent, mais il \u00e9tait un excellent directeur, en ce sens que, comme il \u00e9tait fin analyste, il savait fort bien lever des inhibitions tr\u00e8s importantes. Il faut dire que le transfert marchait bien de mon c\u00f4t\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa10\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Une de vos originalit\u00e9s a r\u00e9sid\u00e9 dans le fait que vous avez su \u00e9tablir un pont particuli\u00e8rement enrichissant entre les m\u00e9thodes projectives et la psychanalyse. Comment cela a-t-il pu se faire&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa11\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;A l\u2019\u00e9poque, il y avait d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les gens qui pratiquaient le Rorschach et de l\u2019autre, ceux qui pratiquaient le TAT, et les enseignements \u00e9taient organis\u00e9s de fa\u00e7on assez s\u00e9par\u00e9e. Moi, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois l\u2019\u00e9tudiante de Nina Rausch de Traubenberg pour le Rorschach et celle de Vica Shentoub pour le TAT. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es, j\u2019ai propos\u00e9 que l\u2019on suive une double formation Rorschach + TAT. Pour moi, la formation aux tests projectifs a \u00e9t\u00e9 plus qu\u2019une initiation vers la psychanalyse, car c\u2019est une formation \u00e0 l\u2019analyse du discours, dans ses doubles composantes manifestes et latentes, sans compter l\u2019appel associatif, les liens entre les images et les mots, la mobilisation des affects et des repr\u00e9sentations. C\u2019est vraiment une exp\u00e9rience susceptible d\u2019\u00eatre r\u00e9f\u00e9r\u00e9e non seulement \u00e0 la psychopathologie psychanalytique mais aussi \u00e0 la m\u00e9tapsychologie dans un syst\u00e8me clinique particulier, dans le champ de ce qu\u2019on a appel\u00e9 la psychanalyse appliqu\u00e9e. J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment enseign\u00e9 les \u00e9preuves projectives et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 passionn\u00e9e par l\u2019analyse du discours.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa12\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Je fais un lien dans ce que vous dites avec l\u2019int\u00e9r\u00eat que vous portez au psychodrame, o\u00f9 on retrouve l\u2019association entre narration, discours et figuration<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa13\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je pense qu\u2019il y a des liens entre la mise en sc\u00e8ne d\u2019un r\u00e9cit au TAT et une mise en sc\u00e8ne au niveau du psychodrame, du fait de la dramatisation sollicit\u00e9e par le jeu psychodramatique d\u2019une part et d\u2019autre part par la construction des r\u00e9cits au TAT \u00e0 partir d\u2019images qui repr\u00e9sentent des sc\u00e8nes. En revanche, le Rorschach reste plus singulier parce qu\u2019il n\u2019est pas figuratif\u2026 on pourrait trouver des liens avec le psychodrame du fait de la projection privil\u00e9gi\u00e9e du corps, et aussi, des liaisons entre repr\u00e9sentations et affects. Les processus ou les op\u00e9rations de figuration sont tr\u00e8s fortement mobilis\u00e9es&nbsp;: c\u2019est \u00e0 partir de la masse perceptive des planches du Rorschach que l\u2019on cherche \u00e0 \u00e9tablir des contours, des formes, \u00e0 mettre en place des figures. Le travail de symbolisation est potentiellement requis \u00e0 partir du d\u00e9placement et de la condensation, comme dans le r\u00eave\u2026 Mais la situation peut aussi s\u2019apparenter aux ph\u00e9nom\u00e8nes de l\u2019aire transitionnelle de Winnicott. Aujourd\u2019hui, les travaux sur le Rorschach, dans une perspective analytique permettent des \u00e9tudes tr\u00e8s fines sur les jeux et les r\u00e9seaux subtils entre perception et repr\u00e9sentation, entre mouvements pulsionnels et processus de pens\u00e9e, entre corps et psych\u00e9. Par ailleurs, l\u2019association des deux \u00e9preuves permet la construction d\u2019un diagnostic, au sens de la psychopathologie psychanalytique, extr\u00eamement sophistiqu\u00e9 et approfondi. J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment appris et je continue d\u2019apprendre et de d\u00e9couvrir gr\u00e2ce \u00e0 cette m\u00e9thode clinique.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa14\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Comment votre ouverture sur les diff\u00e9rents champs de psychologie, de la psychologie exp\u00e9rimentale \u00e0 la psychanalyse en passant par Piaget, un des pr\u00e9curseurs de la psychologie cognitive contemporaine, vous permet-t-elle aujourd\u2019hui de voir les \u00e9volutions en France dans le champ de l\u2019enseignement en psychologie&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa15\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Piaget \u00e9tait un homme extr\u00eamement intelligent, ses d\u00e9couvertes demeurent tr\u00e8s int\u00e9ressantes. Il avait le parti-pris de laisser le mouvement analytique se d\u00e9velopper sans y participer en laissant finalement en dehors de ses travaux la place des affects (il y a n\u00e9anmoins un cours de Piaget dans les ann\u00e9es 50 qui porte sur les affects). Il ne disait pas que cela n\u2019existait pas, il disait seulement qu\u2019il ne s\u2019occupait pas de cela. Cela dit, la r\u00e9sistance forte portait quand m\u00eame sur la question de la nature largement inconsciente du fonctionnement psychique et cette r\u00e9sistance l\u00e0 demeure. Par ailleurs, il y avait un certain nombre de psychologues exp\u00e9rimentalistes, mais ils ne s\u2019int\u00e9ressaient absolument pas \u00e0 la psychopathologie, ce n\u2019\u00e9tait pas leur domaine. En psychologie, ils proc\u00e9daient \u00e0 des exp\u00e9rimentations en laboratoire sur la perception, sur la m\u00e9moire, mais ils ne se m\u00ealaient absolument pas de la psychopathologie.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa16\">La psychopathologie restait l\u2019objet privil\u00e9gi\u00e9 des psychologues cliniciens et des psychiatres, \u00e0 orientation psychanalytique ou pas. La psychanalyse relevait d\u2019un courant de pens\u00e9e puissant, moderne, \u00e0 l\u2019origine d\u2019un mouvement culturel extraordinaire touchant tous les domaines en Sciences humaines&nbsp;: la litt\u00e9rature, la sociologie, la philosophie, l\u2019anthropologie, la peinture, le cin\u00e9ma, etc. Un changement consid\u00e9rable, un mouvement formidable peut-\u00eatre presque trop \u00e0 la mode cependant.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa17\">Aujourd\u2019hui, les choses sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes&nbsp;: d\u2019abord les exp\u00e9rimentalistes continuent leurs travaux de laboratoire en psychologie et \u00e0 mon avis, s\u2019ils ne vont pas vers les neurosciences, ils ne pourront pas vraiment avancer, car eux aussi doivent tenir compte des progr\u00e8s de la science. Cela dit, je pense (mais ce n\u2019est qu\u2019un avis et je ne pr\u00e9tends pas avoir des comp\u00e9tences dans ce domaine) que les psychologues qui s\u2019engagent dans les neurosciences se font peut-\u00eatre des illusions, \u00e0 part quelques-uns, car les m\u00e9decins sont beaucoup plus forts qu\u2019eux dans ce domaine du fait de leur formation initiale (en physiologie, en neurologie) que les psychologues n\u2019ont pas n\u00e9cessairement. Certains se d\u00e9brouillent pour y avoir acc\u00e8s, certains seulement parce qu\u2019ils sont tr\u00e8s dou\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa18\">La psychologie cognitive qui touche un certain nombre de secteurs de la psychologie de fa\u00e7on tr\u00e8s importante&nbsp;: la psychologie sociale, la psychopathologie et le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant. Je pense que la psychologie cognitive, \u00e0 ne pas confondre avec l\u2019ensemble du cognitivisme, manque de d\u00e9veloppements th\u00e9oriques, et reste tr\u00e8s descriptive, tr\u00e8s pr\u00e8s du ph\u00e9nom\u00e8ne, du plus manifeste\u2026 C\u2019est dommage, parfois un peu court&nbsp;! Je n\u2019ai pas l\u2019impression qu\u2019il y ait des d\u00e9couvertes exceptionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa19\">Beaucoup de psychologues qui ne sont pas vraiment des cliniciens essaient de s\u2019approcher de la psychopathologie. Ils proposent une forme de m\u00e9lange entre la psychiatrie moderne (avec les DSM, etc.), un petit peu de cognitivisme, \u00e9ventuellement pourquoi pas un petit peu de psychanalyse. C\u2019est ce mouvement de pens\u00e9e qu\u2019on appelle \u00ab&nbsp;int\u00e9gratif&nbsp;\u00bb. Les partisans de la psychologie int\u00e9grative ne sont officiellement contre rien et cela peut \u00eatre tr\u00e8s s\u00e9duisant d\u2019avoir plusieurs approches et d\u2019essayer de les articuler mais \u00e0 mon avis il n\u2019y a encore personne qui ait des fondements \u00e9pist\u00e9mologiques suffisants pour pouvoir vraiment articuler les choses alors qu\u2019il existe des confrontations fort int\u00e9ressantes, un vrai d\u00e9bat entre neurosciences et pychanalyse. Il faudrait r\u00e9soudre ce probl\u00e8me \u00e9pist\u00e9mologique majeur que constitue la reconnaissance de l\u2019inconscient et de sa part inconnaissable. On peut chercher les supports biologiques de la vie psychique, c\u2019est vraiment int\u00e9ressant, on se trouvera de toutes mani\u00e8res confront\u00e9 \u00e0 cette part de m\u00e9connaissance qu\u2019il nous faut non seulement admettre mais respecter&nbsp;: ni le transfert, ni l\u2019inconscient ne peuvent \u00eatre \u00ab&nbsp;int\u00e9gr\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;! Et par ailleurs, quelle m\u00e9thode peut remplacer v\u00e9ritablement les apports de la clinique au sens propre du terme aussi bien en termes d\u2019investigation que de psychoth\u00e9rapie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa20\">Aujourd\u2019hui, dans certaines universit\u00e9s o\u00f9 l\u2019orientation analytique est tr\u00e8s pr\u00e9sente, mais tr\u00e8s associ\u00e9e \u00e0 d\u2019autres sp\u00e9cialit\u00e9s, il y a un hiatus entre l\u2019attente des \u00e9tudiants et les r\u00e9ponses qui leur sont donn\u00e9es. Les tr\u00e8s nombreux d\u2019\u00e9tudiants qui viennent essentiellement pour devenir cliniciens sont \u00e9ventuellement d\u00e9\u00e7us au d\u00e9but car ils ont une formation tr\u00e8s cognitiviste&nbsp;; la psychologie clinique a beaucoup perdu dans l\u2019organisation du cursus en nombre d\u2019heures d\u2019enseignement et de formation. Depuis quelques ann\u00e9es, il faut vraiment se battre pour maintenir la formation en clinique psychopathologique et psychanalytique comme nous voudrions qu\u2019elle soit transmise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de notre universit\u00e9. Nous nous transformons quasiment en militants. Maintenant certains voudraient \u00e9tablir un&nbsp;<em>numerus clausus<\/em>&nbsp;de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019on forme moins de cliniciens. A Paris 5, c\u2019est tr\u00e8s particulier. Pour l\u2019instant, la clinique psychanalytique reste tr\u00e8s forte, tr\u00e8s vivante, mais je ne sais pas ce qui va se passer dans les ann\u00e9es qui viennent. J\u2019aimerais bien en partant pouvoir transmettre quand m\u00eame quelque chose, je ne suis pas affol\u00e9e ni inqui\u00e8te de la pr\u00e9sence d\u2019autres orientations, au contraire, cela peut \u00eatre une source de travail indispensable de pouvoir confronter des points de vue diff\u00e9rents, c\u2019est m\u00eame la vocation universitaire par excellence, et, en plus, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e9lev\u00e9e&nbsp;\u00bb l\u00e0-dedans, mais ce n\u2019est pas la m\u00eame chose d\u2019avoir la psychanalyse devant soi ou de consid\u00e9rer qu\u2019elle est derri\u00e8re soi comme certains le d\u00e9clarent, en disant que la psychanalyse n\u2019est qu\u2019un moment de l\u2019histoire de la pens\u00e9e, maintenant obsol\u00e8te voire termin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa21\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Vous \u00eates de toutes fa\u00e7ons tr\u00e8s bien plac\u00e9e pour aborder une question qui a \u00e9t\u00e9 et reste d\u00e9battue&nbsp;: celle de la psychanalyse \u00e0 l\u2019universit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa22\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Pendant des ann\u00e9es \u00e0 Paris 5, la psychopathologie \u00e9tait tenue par des psychiatres puis il y a eu l\u2019arriv\u00e9e d\u2019enseignants psychologues, l\u2019orientation&nbsp;soutenue de la psychanalyse avec probablement des exc\u00e8s, peut-\u00eatre une p\u00e9riode o\u00f9 il y a eu un dogmatisme excessif. J\u2019ai vraiment assist\u00e9 au d\u00e9veloppement et au d\u00e9ploiement de la psychanalyse \u00e0 l\u2019universit\u00e9 quand, \u00e0 l\u2019Institut de Psychologie, les professeurs \u00e9taient tous psychanalystes comme Bernard Brusset, Rosine Debray, Colette Chiland, Roland Doron, sans compter tous les autres. A partir du milieu des ann\u00e9es 90, les choses ont commenc\u00e9 \u00e0 changer, c\u2019est-\u00e0-dire que la psychopathologie int\u00e9grative et la psychopathologie cognitive sont apparues, en opposition avec les paradigmes essentiels de la psychopathologie psychanalytique, toujours aussi scandaleux\u2026 l\u2019inconscient, la sexualit\u00e9, la dialectique du normal et du pathologique\u2026 Tout ce qui, d\u00e9j\u00e0, du temps de Freud, avait suscit\u00e9 tant de r\u00e9sistances et de rejets. Cela dit, la psychanalyse ne peut exister sans r\u00e9sistances et \u00e0 mon avis, le consensus la dessert. Les mouvements contradictoires, les \u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, ce que Freud appelle \u00ab&nbsp;la bigarrure&nbsp;\u00bb de la psych\u00e9 humaine demeurent, heureusement\u2026 jusque dans les esprits \u00ab&nbsp;scientifiques&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa23\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Venons-en \u00e0 votre carri\u00e8re de psychanalyste.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa24\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Avant d\u2019entreprendre une analyse, j\u2019ai commenc\u00e9 par le psychodrame pendant 1 an au CEFFRAP, ensuite j\u2019ai poursuivi mes \u00e9tudes puis je suis entr\u00e9e comme assistante \u00e0 la facult\u00e9. J\u2019ai commenc\u00e9 ma premi\u00e8re analyse en 1973, j\u2019avais alors 26 ans. A l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 plus que convaincue et tr\u00e8s engag\u00e9e sur le plan de la th\u00e9orie analytique et de la clinique projective. C\u2019\u00e9tait le courant de pens\u00e9e soutenu \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re, par Daniel Widl\u00f6cher, et par le laboratoire de Nina Rausch de Traubenberg qui privil\u00e9giait le mod\u00e8le analytique au niveau de l\u2019examen psychologique, dans l\u2019\u00e9tude du fonctionnement psychique.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa25\">Donc en 1973, j\u2019ai commenc\u00e9 mon analyse, puis j\u2019ai quitt\u00e9 la Salp\u00eatri\u00e8re en 1975 pour aller travailler chez Philippe Jeammet \u00e0 la Cit\u00e9 Universitaire, o\u00f9 j\u2019ai pratiqu\u00e9 le psychodrame de fa\u00e7on tr\u00e8s intensive. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 Philippe Jeammet de pouvoir m\u2019engager dans des psychoth\u00e9rapies d\u2019adolescents quand mon exp\u00e9rience personnelle de l\u2019analyse a \u00e9t\u00e9 suffisante. J\u2019ai commenc\u00e9 mes premi\u00e8res th\u00e9rapies, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 en contr\u00f4le avec Annie Anzieu \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re pour la seule psychoth\u00e9rapie d\u2019enfant de mon exp\u00e9rience d\u2019analyste. Ensuite je suis entr\u00e9e en 1980 pour ma formation \u00e0 l\u2019APF, et je me suis install\u00e9e comme psychanalyste \u00e0 temps tr\u00e8s partiel car j\u2019avais tr\u00e8s peu de patients. La formation \u00e0 l\u2019APF a \u00e9t\u00e9 et demeure essentielle. L\u2019accent est mis tr\u00e8s fortement sur les supervisions bien s\u00fbr, et sur la vie scientifique d\u2019autre part. Pour moi, ce sont les deux grands pivots de la formation analytique&nbsp;: pour dire les choses un peu vite, la clinique du transfert et la m\u00e9tapsychologie. J\u2019ai eu la chance d\u2019arriver \u00e0 un moment f\u00e9cond, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 la th\u00e9orie et la m\u00e9thode pouvaient cesser d\u2019\u00eatre trop dogmatiques et o\u00f9 la mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve \u00e9tait authentique, effective, ce qui, pour moi, rel\u00e8ve de l\u2019essence de la pens\u00e9e analytique.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa26\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Daniel Widl\u00f6cher a \u00e9t\u00e9 important pour vous \u00e0 vos d\u00e9buts, mais on a l\u2019impression que votre ma\u00eetre \u00e0 penser, c\u2019\u00e9tait Didier Anzieu. Vous avez \u00e9t\u00e9 port\u00e9e par cet homme, \u00e0 la fois psychologue, clinicien, humaniste incontestable, et psychanalyste cr\u00e9atif, entre autre dans le domaine du psychodrame et du groupe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa27\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je ne sais pas si on peut dire \u00ab&nbsp;ma\u00eetre \u00e0 penser&nbsp;\u00bb. J\u2019ai rencontr\u00e9 Didier Anzieu \u00e0 Nanterre quand j\u2019\u00e9tais \u00e9tudiante. Il est vrai qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 pour moi un peu un mod\u00e8le d\u2019identification du fait de sa triple fonction&nbsp;: professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9, clinicien (il travaillait \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur ce qu\u2019on appelait avec un certain m\u00e9pris la psychanalyse appliqu\u00e9e), et analyste (j\u2019ai d\u2019ailleurs suivi son s\u00e9minaire \u00e0 l\u2019APF quand j\u2019\u00e9tais analyste en formation). Je pr\u00e9f\u00e8re dire qu\u2019il \u00e9tait un mod\u00e8le identificatoire plut\u00f4t que \u00ab&nbsp;ma\u00eetre \u00e0 penser&nbsp;\u00bb. Il m\u2019a permis de concilier sans trop de difficult\u00e9 le fait d\u2019\u00eatre universitaire et psychanalyste. Il a \u00e9t\u00e9 d\u2019un soutien constant, c\u2019\u00e9tait un homme d\u2019une d\u00e9licatesse exceptionnelle, c\u2019est lui qui m\u2019a fait publier mes premiers livres.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa28\">Je trouvais s\u00e9duisant chez lui son sens de la dramatisation, (je trouve que c\u2019est un m\u00e9canisme psychique tr\u00e8s puissant, tr\u00e8s porteur d\u2019attraction), et aussi son humour. Je me suis identifi\u00e9e \u00e0 lui presque \u00e0 mon insu, par exemple je ne laisse pas de courrier en retard, lui, il r\u00e9pondait \u00e0 tous ses courriers. J\u2019ai repris comme cela des choses de lui.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa29\">Je trouvais qu\u2019il \u00e9tait formidable pour \u00e0 la fois savoir soutenir et ne pas \u00eatre intrusif, il laissait un sentiment de compl\u00e8te libert\u00e9 sans qu\u2019on se sente abandonn\u00e9 par lui. L\u00e0 o\u00f9 je me suis sentie magnifiquement reconnue, c\u2019est quand Paul Denis a cr\u00e9\u00e9 la collection \u00ab&nbsp;Psychanalystes d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb et qu\u2019ils ont propos\u00e9 que ce soit moi qui \u00e9crive le petit livre sur Didier Anzieu.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa30\">C\u2019\u00e9tait un peu comme un p\u00e8re, du c\u00f4t\u00e9 de la pens\u00e9e, mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 aussi influenc\u00e9e par d\u2019autres que lui. Je l\u2019ai vraiment suivi jusqu\u2019au \u00abMoi-Peau\u00bb&nbsp;; apr\u00e8s probablement moins, et en particulier dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie o\u00f9 il avait une perspective plus psychog\u00e9n\u00e9tique dans ses derniers ouvrages. Mais j\u2019ai toujours eu une tr\u00e8s grande admiration et beaucoup de reconnaissance envers lui.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa31\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>En dehors de Didier Anzieu, du point de vue psychanalytique, par qui avez-vous surtout \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9e&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa32\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Daniel Widl\u00f6cher, j\u2019ai beaucoup suivi ses cours, j\u2019ai lu ce qu\u2019il \u00e9crivait, Roger Dorey que j\u2019ai eu comme professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9, j\u2019ai suivi aussi ses s\u00e9minaires, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 aussi tr\u00e8s s\u00e9duite et tr\u00e8s influenc\u00e9e par les travaux de J.-B. Pontalis qui ont occup\u00e9 une place essentielle pour moi\u2026 Quand je travaillais \u00e0 l\u2019Institut Mutualiste Montsouris (IMM) chez Philippe Jeammet, j\u2019ai suivi le s\u00e9minaire d\u2019Andr\u00e9 Green pendant plusieurs ann\u00e9es, ce qui m\u2019a profond\u00e9ment marqu\u00e9e aussi (vous imaginez quelle \u00e9poque&nbsp;: le s\u00e9minaire hebdomadaire d\u2019Andr\u00e9 Green pour nous tous, pendant le temps de travail&nbsp;!). Donc je pense que je ne suis pas issue d\u2019une seule filiation, j\u2019ai trac\u00e9 mon chemin \u00e0 travers toutes ces grandes voies ouvertes par ceux de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente, j\u2019ai eu la chance de rencontrer toutes ces grandes figures de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa33\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Non pas en termes d\u2019hommes mais en terme de r\u00e9flexions th\u00e9oriques, de pens\u00e9es et de pratiques analytiques, que vous ont-ils apport\u00e9 chacun&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa34\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je ne reviendrai pas sur Daniel Widl\u00f6cher dont j\u2019ai parl\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, si ce n\u2019est que concernant Widl\u00f6cher, ce sont plut\u00f4t ses travaux sur les identifications qui m\u2019ont attir\u00e9e et marqu\u00e9e, puisque moi aussi, je m\u2019y suis attach\u00e9e. Bien s\u00fbr, aussi, la question du changement et de la co-pens\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 Roger Dorey, je me suis beaucoup int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la n\u00e9vrose, dans une perspective de psychopathologie analytique \u00e9videmment. Je d\u00e9fends toujours le paradigme de la n\u00e9vrose aujourd\u2019hui, je pense que \u00e7a existe toujours et qu\u2019on bascule trop souvent du c\u00f4t\u00e9 des fonctionnements limites. Sur le plan analytique, c\u2019est tr\u00e8s important de suspendre justement son jugement quand on n\u2019est pas dans une perspective diagnostique. J\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 avec Roger Dorey sur la n\u00e9vrose obsessionnelle et la perversion. Je pense que mes travaux sur les troubles alimentaires, \u00e0 propos desquels je me suis beaucoup interrog\u00e9e sur les am\u00e9nagements pervers chez les patients, sont un peu li\u00e9s aussi \u00e0 mon initiation \u00e0 la psychopathologie psychanalytique lorsque j\u2019\u00e9tais l\u2019\u00e9tudiante de Roger Dorey.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa35\">Bien s\u00fbr, plus tard, j\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment travaill\u00e9 avec Philippe Jeammet notamment pour les traitements psychiques des adolescents mais nous avons travaill\u00e9 ensemble, nous sommes de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration&nbsp;: il \u00e9tait un peu plus avanc\u00e9 que moi pour r\u00e9fl\u00e9chir sur les \u00e9tats psychotiques et les conduites compulsives \u00e0 l\u2019adolescence, tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 aussi par la mise en place de modalit\u00e9s de traitement dans un cadre institutionnel qui pr\u00e9serverait les psychoth\u00e9rapies individuelles. J\u2019ai vraiment beaucoup appris et ma longue exp\u00e9rience d\u2019analyste \u00e0 l\u2019IMM a profond\u00e9ment marqu\u00e9 mon parcours aussi bien th\u00e9orique que clinique. Il faut dire aussi que, l\u00e0 encore, nous travaillions en grande libert\u00e9, un respect des points de vue qui permettait de d\u00e9couvrir et parfois d\u2019inventer&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa36\">Avec Didier Anzieu, ce qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour moi dans ses travaux, rel\u00e8ve de la question des limites, le psychodrame \u00e9videmment et tout ce qui concerne les repr\u00e9sentations m\u00e9taphoriques du corps. Je me suis beaucoup bagarr\u00e9e pour d\u00e9fendre vraiment la pens\u00e9e de Didier Anzieu, c\u2019est-\u00e0-dire pour ne pas confondre le Moi-Peau et le corps, car il l\u2019utilise vraiment comme une m\u00e9taphore. C\u2019est tr\u00e8s important de conserver cette dimension m\u00e9tapsychologique de la pens\u00e9e d\u2019Anzieu. Il m\u2019a \u00e9galement appris \u00e0 lire Freud car j\u2019ai suivi son s\u00e9minaire \u00e0 l\u2019APF pendant trois ans. On passait une ann\u00e9e&nbsp;enti\u00e8re sur les&nbsp;<em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, une ann\u00e9e enti\u00e8re sur&nbsp;<em>Constructions en analyse<\/em>, et l\u00e0 j\u2019ai retrouv\u00e9 mon \u00e9ducation philosophique dans la m\u00e9thodologie de l\u2019\u00e9tude de textes&nbsp;: savoir lire.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa37\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Concernant l\u2019influence de J.B. Pontalis&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa38\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je l\u2019ai d\u2019abord connu par ses \u00e9crits analytiques. Par exemple des livres comme&nbsp;<em>Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>,&nbsp;<em>La force d\u2019attraction<\/em>,&nbsp;<em>Perdre de vue<\/em>&nbsp;m\u2019ont plus qu\u2019impressionn\u00e9e, je les ai lus et relus. Il a \u00e9t\u00e9 un des grands initiateurs vers l\u2019\u0153uvre de Winnicott, je partage avec lui le go\u00fbt de l\u2019incertitude et de l\u2019inach\u00e8vement. De lui viennent aussi mes int\u00e9r\u00eats pour les limites troubl\u00e9es, pour la douleur, pour la m\u00e9lancolie.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa39\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Est-ce que J.B. Pontalis ne vous a pas influenc\u00e9 sur votre style, la fa\u00e7on dont vous relatez un cas, un style \u00e0 la fois litt\u00e9raire, fluide mais j\u2019oserais dire r\u00e9ellement m\u00e9tapsychologique, c\u2019est-\u00e0-dire construit et organis\u00e9. Est-ce que la partie litt\u00e9raire de votre style n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 implicitement influenc\u00e9e par J.B. Pontalis&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa40\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;J\u2019ai rencontr\u00e9 J.B. Pontalis comme analyste beaucoup plus tard, il y a longtemps que j\u2019\u00e9cris mais ma rencontre avec lui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9terminante parce que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 soutenue dans mon attraction pour l\u2019\u00e9criture. Je crois que je n\u2019ai peut-\u00eatre pas la m\u00eame libert\u00e9 que lui dans l\u2019alliage de la psychanalyse et de la litt\u00e9rature, il trouve d\u2019ailleurs que je devrais \u00e9crire davantage, peut-\u00eatre avec plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, que je suis beaucoup trop m\u00e9tapsychologique, trop th\u00e9orique, que je vais beaucoup trop du c\u00f4t\u00e9 de Freud. A vrai dire, j\u2019ai toujours aim\u00e9 \u00e9crire&nbsp;; adolescente, je voulais \u00eatre \u00e9crivain&nbsp;! Finalement, l\u2019\u00e9criture de l\u2019analyse, c\u2019est ma litt\u00e9rature&nbsp;! C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 J.-B. Pontalis que je peux me laisser entrainer par l\u2019\u00e9criture, la passion des mots et surtout de l\u2019adresse.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa41\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Si la psychanalyse contemporaine reste vivante c\u2019est aussi parce qu\u2019elle a \u00e9largi son champ de questionnements \u00e0 partir de probl\u00e9matiques qui \u00e9taient jusque-l\u00e0 laiss\u00e9es dans l\u2019ombre, je pense notamment aux fonctionnements limites ou \u00e0 des \u00e2ges de la vie, en particulier l\u2019adolescence. Vous repr\u00e9sentez -\u00e0 travers votre int\u00e9r\u00eat pour ce type de probl\u00e9matiques, fonctionnements limites, et adolescence- une psychanalyse contemporaine. Je trouve que pour les jeunes en formation, vous donnez l\u2019image d\u2019une psychanalyste exp\u00e9riment\u00e9e qui a ouvert un champ d\u2019une r\u00e9flexion psychanalytique sur des probl\u00e9matiques qui n\u2019\u00e9taient pas tellement abord\u00e9es m\u00eame par des s\u00e9niors.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa42\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;oui, peut-\u00eatre mais attention, en France, Anzieu, Green et Pontalis se sont beaucoup int\u00e9ress\u00e9s aussi aux fonctionnements limites. Quand on a organis\u00e9 le colloque en 2007 sur l\u2019\u0153uvre de Didier Anzieu, j\u2019ai dirig\u00e9 avec Ren\u00e9 Ka\u00ebs la publication d\u2019un livre qui s\u2019intitulait&nbsp;<em>Didier Anzieu et la psychanalyse des limites<\/em>. En fait j\u2019ai r\u00e9pertori\u00e9 tous les textes dans lesquels la question des limites est pr\u00e9sente chez Anzieu.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa43\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>C\u2019est en fait vous qui avez fait ressortir cela, apport\u00e9 cet \u00e9clairage<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa44\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;oui peut-\u00eatre, car il ne les identifiait pas d\u2019un point de vue diagnostique et psychopathologique comme des fonctionnements limites. En fait le Moi-Peau, est une notion qui condense les enveloppes psychiques, il d\u00e9signe, en premi\u00e8re approche, les membranes, les fronti\u00e8res entre dedans-dehors, entre moi et autre&nbsp;: il s\u2019agit absolument de probl\u00e9matiques de limites. Je continue \u00e0 me r\u00e9f\u00e9rer tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Anzieu, quand j\u2019utilise la notion de \u00ab&nbsp;Moi-Peau passoire&nbsp;\u00bb quand les limites sont poreuses, floues. Il a quand m\u00eame \u00e9crit un livre entier sur les enveloppes psychiques, peut-\u00eatre qu\u2019il ne les a pas assign\u00e9es directement aux fonctionnements limites mais ses travaux m\u2019ont \u00e9norm\u00e9ment aid\u00e9e de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. Quant \u00e0 J.B. Pontalis, il a \u00e9crit un article fondamental que je fais r\u00e9guli\u00e8rement travailler \u00e0 mes \u00e9tudiants, paru en 1978, \u00abNaissance et reconnaissance du soi\u00bb dans&nbsp;<em>Entre le r\u00eave et la douleur<\/em>. C\u2019est un des premiers textes sur Winnicott, sur la question du Moi, en mettant en perspective l\u2019<em>ego psychology<\/em>&nbsp;et le&nbsp;<em>Self<\/em>, en reprenant les travaux sur les personnalit\u00e9s&nbsp;<em>as if<\/em>&nbsp;d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Deutsch. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 baign\u00e9e dans cette litt\u00e9rature analytique l\u00e0. Je m\u2019en suis inlassablement servie pour r\u00e9fl\u00e9chir sur les fonctionnements limites, en m\u00eame temps que de ceux de Green bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa45\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Il me semble qu\u2019\u00e0 propos des fonctionnements limites, vous avez quand m\u00eame reparcouru les travaux de Pontalis et d\u2019Anzieu en en donnant une repr\u00e9sentation plus sp\u00e9cifique et plus approfondie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa46\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;C\u2019est peut-\u00eatre li\u00e9 \u00e0 deux choses, d\u2019abord \u00e0 mon travail d\u2019analyste o\u00f9 effectivement du fait de l\u2019\u00e9largissement des indications de la psychanalyse, pour des patients que peut-\u00eatre, il y a 40 ans, on n\u2019allongeait pas. Je pense aussi que j\u2019ai rassembl\u00e9 et propos\u00e9 cette r\u00e9flexion sur les fonctionnements limites gr\u00e2ce \u00e0 la collection que je dirige chez Dunod&nbsp;<em>Psychopathologie et psychanalyse<\/em>. J\u2019ai \u00e9crit des ouvrages un peu didactiques pour les \u00e9tudiants, dans l\u2019esprit de la psychopathologie psychanalytique pour aller \u00e0 l\u2019encontre de classifications excessives et trop formelles.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa47\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Il y a toujours un cas clinique dans vos interventions. Vous vous appuyez constamment sur la clinique pour \u00e9tayer vos r\u00e9flexions. Pourquoi cela vous para\u00eet important, est-ce que c\u2019est naturel pour vous&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa48\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je ne peux pas faire autrement. Au d\u00e9but, quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer des communications ou \u00e0 \u00e9crire des articles, j\u2019\u00e9tais toujours oblig\u00e9e de partir de la clinique parce que je consid\u00e9rais que je n\u2019\u00e9tais pas assez arm\u00e9e sur le plan th\u00e9orique, et apr\u00e8s je me suis rendue compte que c\u2019\u00e9tait seulement comme cela que c\u2019\u00e9tait possible pour moi. Une th\u00e9orie compl\u00e8tement coup\u00e9e de la clinique n\u2019a pas de sens pour moi, et une clinique sans th\u00e9orie risque de sombrer dans une esp\u00e8ce de pragmatisme probl\u00e9matique. Je pense que la notion de m\u00e9ta-psychologie est tr\u00e8s importante \u00e0 conserver pour cette raison, car c\u2019est une r\u00e9flexion \u00ab&nbsp;sur&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;au-dessus de&nbsp;\u00bb, surplombante.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa49\">Je tiens beaucoup \u00e0 l\u2019articulation entre la clinique et la th\u00e9orie qui me permet probablement une ouverture sur des champs nouveaux. Ce qui m\u2019importe, c\u2019est qu\u2019effectivement on peut prendre en compte d\u2019autres cliniques, parce qu\u2019elles permettent de questionner d\u2019abord les fondements m\u00eames de la psychanalyse puis les mouvements de pens\u00e9e ult\u00e9rieurs. Par exemple, je ne suis pas tr\u00e8s preneuse de la cr\u00e9ation de nouveaux concepts, qui seraient plus aptes \u00e0 rendre compte de la clinique contemporaine. J\u2019ai appris \u00e0 conna\u00eetre l\u2019\u0153uvre de Freud de mieux en mieux et je n\u2019ai pas fini\u2026 Le temps passant, je trouve qu\u2019il y a d\u00e9j\u00e0 toute une p\u00e9riode chez Freud -\u00e0 partir de 1914-o\u00f9 on peut trouver des sources pour penser la clinique actuelle&nbsp;; par exemple le probl\u00e8me du masochisme, ou juste avant, l\u2019\u00e9chec devant le succ\u00e8s, toute cette p\u00e9riode un peu floue, celle de l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9\u2026 Ca ne veut pas dire qu\u2019il faut rester fix\u00e9 \u00e0 Freud et rien qu\u2019\u00e0 lui sur un mode qui deviendrait presque f\u00e9tichique. C\u2019est ce que je propose \u00e0 mes \u00e9tudiants, les grands mouvements de la pens\u00e9e freudienne avec les textes les plus porteurs pour chaque p\u00e9riode, pour chaque \u00e9tape.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa50\">Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est de m\u2019engager dans un travail clinique mais je vais chercher quand m\u00eame du c\u00f4t\u00e9 de la th\u00e9orie des articulations possibles. Widl\u00f6cher m\u2019a propos\u00e9 il y a d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es de contribuer \u00e0 son&nbsp;<em>Manuel de psychopathologie<\/em>. Il m\u2019avait confi\u00e9 le chapitre sur la notion de \u00ab&nbsp;structure&nbsp;\u00bb, c\u2019\u00e9tait donc un chapitre tr\u00e8s \u00e9pist\u00e9mologique. Freud dit que ce qui est int\u00e9ressant dans le mouvement de pens\u00e9e analytique c\u2019est qu\u2019on est pris dans la clinique, mais on a d\u00e9j\u00e0 un certain nombre de pr\u00e9-concepts qui sont l\u00e0, puis la clinique modifie ces pr\u00e9concepts et ouvre sur d\u2019autres concepts, et ainsi de suite. Je me retrouve tout \u00e0 fait dans cette m\u00e9thode o\u00f9 au fond ce n\u2019est pas seulement concept contre concept, les affrontements conceptuels quand ils sont trop abstraits, moi je suis perdue. C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela que j\u2019ai laiss\u00e9 tomber la philosophie pour la psychologie, car pour moi la philosophie \u00e9tait trop d\u00e9sincarn\u00e9e. Donc ce qui m\u2019int\u00e9resse fondamentalement et c\u2019est pour cela que j\u2019articule la clinique avec la th\u00e9orie&nbsp;: c\u2019est le transfert, c\u2019est une clinique habit\u00e9e, c\u2019est \u00e7a le c\u00f4t\u00e9 vivant, c\u2019est par la voie du transfert que vont appara\u00eetre finalement des modalit\u00e9s d\u2019exp\u00e9riences tr\u00e8s diff\u00e9rentes avec chaque patient.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa51\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Vous montrez \u00e0 chaque fois, lors de chacune de vos interventions, comment la psychanalyse agit, quelle est son action, sur quoi elle bute quand vous d\u00e9crivez un cas clinique. Ceci me semble-t-il vous est particulier.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa52\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je reste tr\u00e8s convaincue de l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019analyse m\u00eame si je sais aussi que tout ne peut pas \u00eatre r\u00e9solu par cette voie l\u00e0, m\u00eame si parfois j\u2019ai des doutes.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa53\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Accepteriez-vous de vous d\u00e9finir comme une psychanalyste clinicienne. Vous repr\u00e9sentez un courant de la psychanalyse, qui n\u2019est pas du c\u00f4t\u00e9 anglo-saxon o\u00f9 la d\u00e9rive est parfois uniquement du c\u00f4t\u00e9 de la clinique, perdant parfois le c\u0153ur de la th\u00e9orie psychanalytique&nbsp;; vous n\u2019\u00eates pas non plus du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une psychanalyse tr\u00e8s abstraite comme on peut lentendre dans certains \u00e9changes en France&nbsp;; vous \u00eates comme Freud l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9, dans un esprit de recherche, appuy\u00e9e sur la clinique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa54\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Oui, mais en m\u00eame temps je reste quand m\u00eame tr\u00e8s attach\u00e9e, et peut-\u00eatre de plus en plus d\u2019ailleurs, \u00e0 la m\u00e9tapsychologie, je reste tr\u00e8s prise par la clinique, pour moi c\u2019est absolument l\u2019essentiel, je ne pourrais pas y renoncer mais la r\u00e9flexion m\u00e9tapsychologique m\u2019int\u00e9resse aussi.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa55\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>En parlant de m\u00e9tapsychologie, le th\u00e8me de la m\u00e9lancolie, du deuil, de la perte et celui du complexe d\u2019\u0152dipe sont importants dans vos travaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa56\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Oui, ce qui m\u2019int\u00e9resse c\u2019est l\u2019articulation entre les deux&nbsp;: ce qui rel\u00e8ve de la perte et de son embo\u00eetement avec la probl\u00e9matique oedipienne et la sexualit\u00e9. Ce que je veux dire est relativement simple&nbsp;: il y a, dans la psychanalyse un int\u00e9r\u00eat majeur- initi\u00e9 par M\u00e9lanie Klein et Winnicott- pour les premiers temps de la vie, les interactions pr\u00e9coces, l\u2019importance des liens m\u00e8re-enfant\u2026 Et une interpr\u00e9tation des troubles tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 ces p\u00e9riodes de l\u2019enfance, d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de convoquer l\u2019angoisse de perdre l\u2019amour et ses modalit\u00e9s de traitement. De ce fait, le paradigme du narcissisme domine non seulement dans la psychopathologie mais aussi dans la conduite des traitements analytiques&nbsp;: on parle n\u00e9cessairement de carence, de d\u00e9faut de contenance, de s\u00e9parations impossibles, mais presque syst\u00e9matiquement en localisant la source du trouble dans les liens pr\u00e9coces. On oublie alors que la vue continue, la vie psychique, je veux dire, que le complexe d\u2019\u0152dipe nous traverse tous m\u00eame s\u2019il ne s\u2019organise pas de la m\u00eame mani\u00e8re chez chacun, m\u00eame si ses destins sont tributaires de la capacit\u00e9 \u00e0 se s\u00e9parer et surtout \u00e0 renoncer. Donc, mon id\u00e9e, c\u2019est qu\u2019il y a une dialectique de la perte qui se d\u00e9couvre aussi bien dans les relations pr\u00e9coces que dans la dynamique oedipienne.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa57\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Vous avez aussi beaucoup travaill\u00e9 sur la question du p\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa58\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Je me suis aper\u00e7ue en effet que je termine nombre de mes pr\u00e9sentations cliniques sur le p\u00e8re (<em>L\u2019oubli du p\u00e8re<\/em>). Et je travaille de plus en plus sur la question de la diff\u00e9rence des sexes&nbsp;: f\u00e9minin certes et masculin aussi. Dans le dernier ouvrage avec Jacques Andr\u00e9 sur&nbsp;<em>D\u00e9sirs d\u2019enfant<\/em>, j\u2019ai repris la question du d\u00e9sir d\u2019enfant chez les gar\u00e7ons, pas seulement chez les filles, une mise en perspective \u00e0 partir du complexe d\u2019\u0152dipe du gar\u00e7on et de la fille. Est-ce que le seul h\u00e9ritier du complexe d\u2019\u0152dipe, c\u2019est le surmoi&nbsp;? Comme le dit Freud et comme il le d\u00e9veloppe par rapport aux gar\u00e7ons, le surmoi des filles est-il plus faible, ou quasiment inexistant&nbsp;? Mon id\u00e9e est que le d\u00e9sir d\u2019enfant est aussi un h\u00e9ritier du complexe d\u2019\u0152dipe. On pourrait donc penser qu\u2019il y a un double h\u00e9ritage, le surmoi et les d\u00e9sirs d\u2019enfant, et qu\u2019au niveau manifeste, un sexe est davantage porteur du surmoi (les gar\u00e7ons, selon Freud), l\u2019autre du d\u00e9sir d\u2019enfant, les filles \u00e9videmment&nbsp;! Sauf que, du fait de la bisexualit\u00e9, il peut y avoir un croisement entre les deux, voire une condensation par exemple dans l\u2019interdiction, l\u2019emp\u00eachement non seulement d\u2019avoir des enfants mais m\u00eame de se repr\u00e9senter ces d\u00e9sirs.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa59\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Pouvez-vous aussi nous parler du f\u00e9minin m\u00e9lancolique, un autre th\u00e8me qui vous est cher&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa60\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Plusieurs courants ont abouti \u00e0 cela. Ma r\u00e9flexion a r\u00e9ellement pris forme lorsque j\u2019ai r\u00e9dig\u00e9 mon rapport pour le Congr\u00e8s des psychanalystes de langue fran\u00e7aise il y a 10 ans d\u00e9j\u00e0. J\u2019avais ant\u00e9rieurement, en 1997, publi\u00e9 un article qui s\u2019intitulait&nbsp;<em>F\u00e9minin m\u00e9lancolique<\/em>&nbsp;\u00e0 partir du traitement d\u2019une jeune femme boulimique. Plus g\u00e9n\u00e9ralement ce qui m\u2019avait beaucoup frapp\u00e9, c\u2019\u00e9tait la dimension m\u00e9lancolique du discours de certaines patientes, un courant fort d\u2019auto-mortification. En fait, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rience analytique avec des&nbsp;patientes qui pr\u00e9sentaient de graves troubles des conduites alimentaires sur le versant boulimique qui m\u2019a ouvert ces \u00ab&nbsp;voies int\u00e9rieures&nbsp;\u00bb. Le th\u00e8me de ce congr\u00e8s des langues fran\u00e7aises portait sur la question de la passivit\u00e9, c\u2019\u00e9tait \u00e7a qui m\u2019int\u00e9ressait. Chemin faisant, pour mon rapport, j\u2019ai essay\u00e9 de d\u00e9fendre comme point de vue, que la passivit\u00e9, au-del\u00e0 de la dimension comportementale qui ne m\u2019int\u00e9resse pas, rel\u00e8ve d\u2019une position interne o\u00f9 finalement, si on en vient \u00e0 la d\u00e9finition de base, originaire de Freud, revient \u00e0 \u00ab&nbsp;\u00eatre excit\u00e9 par l\u2019autre&nbsp;\u00bb. Ce qui m\u2019\u00e9tait apparu, au cours des cures, c\u2019est que, dans les fantasmes de s\u00e9duction tels qu\u2019ils apparaissaient chez ces patientes l\u00e0, je ne retrouvais pas la version hyst\u00e9rique&nbsp;: version classique du fantasme originaire dans laquelle l\u2019homme, le p\u00e8re ou son substitut a une position active, s\u00e9ductrice, transgressive et o\u00f9 la fille est la victime innocente. Chez mes jeunes patientes, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 une version diff\u00e9rente qui fait appara\u00eetre une conviction terrible&nbsp;: ce sont elles, elles et leur nouveau corps de femme qui sont une source d\u2019excitation extr\u00eame, une fonction excitante sur l\u2019autre, et d\u00e9vor\u00e9es par une culpabilit\u00e9 sans doute produite par un surmoi cruel et tyrannique, elles se punissent en attaquant l\u2019objet m\u00eame du d\u00e9lit c\u2019est-\u00e0-dire leur propre corps, justement dans ses attraits sexuels f\u00e9minins qu\u2019il faut ab\u00eemer ou d\u00e9truire. C\u2019est ce que j\u2019ai appel\u00e9 la version m\u00e9lancolique du fantasme de s\u00e9duction. C\u2019\u00e9tait \u00e7a mon \u00ab&nbsp;f\u00e9minin m\u00e9lancolique&nbsp;\u00bb, c\u2019\u00e9tait une autre version de la s\u00e9duction.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa61\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Parlons de vos activit\u00e9s \u00e9ditoriales. Est-ce votre lecture de Freud qui vous a donn\u00e9 envie de cr\u00e9er la revue \u00ab&nbsp;Libres cahiers pour la psychanalyse&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa62\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Oui sans doute, mais aussi la rencontre -encore une, essentielle-avec d\u2019autres analystes, avec Jean-Claude Rolland d\u2019abord, et avec tous ceux qui font partie de ce comit\u00e9 de r\u00e9daction depuis 10 ans. Nous avons d\u2019abord organis\u00e9 un s\u00e9minaire sur la communication analytique construit en trois temps pour chaque r\u00e9union&nbsp;: un texte de Freud, un \u00e9crit plus contemporain en r\u00e9sonance avec ce texte, et un fragment clinique en \u00e9cho\u2026 Une exp\u00e9rience vraiment passionnante\u2026 Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er une revue dans cet esprit&nbsp;: chaque num\u00e9ro des&nbsp;<em>Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em>&nbsp;prend pour argument un texte de Freud et le met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve par des auteurs analystes mais aussi des gens de Lettres, philosophes, ou autres encore. Nous pensons que c\u2019est important de revenir aux sources, surtout pas pour s\u2019engager dans un syst\u00e8me dogmatique sacralisant la pens\u00e9e freudienne, mais pour la mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve en permanence, et, de la clinique analytique, et aussi, de la pens\u00e9e des uns et des autres.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa63\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Et \u00e0 propos de votre collection chez Dunod \u00ab&nbsp;Psychopathologie et psychanalyse&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa64\"><strong>Catherine Chabert&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Mon id\u00e9e \u00e9tait de croiser les probl\u00e9matiques, de cr\u00e9er une collection avec chaque fois plusieurs auteurs mais pas tr\u00e8s nombreux, avec deux conditions, qu\u2019ils soient psychanalystes et universitaires. C\u2019est comme cela qu\u2019on a travaill\u00e9 tous ensemble. Il y avait un principe didactique important dans ce projet&nbsp;: je voulais que les auteurs connaissent vraiment la psychanalyse aussi bien au niveau th\u00e9orique qu\u2019en termes d\u2019exp\u00e9rience de la psychanalyse et de la psychopathologie clinique. Chez Dunod, nous sommes en train de rassembler les textes principaux et le premier ouvrage substantiel a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 l\u2019an dernier sous le titre&nbsp;<em>N\u00e9vroses<\/em>. Le second va sortir bient\u00f4t, il s\u2019appelle&nbsp;<em>Narcissisme et d\u00e9pression<\/em>&nbsp;et le troisi\u00e8me en 2010, sous le titre&nbsp;<em>Psychopathologie des limites<\/em>. C\u2019est un rassemblement des contributions ant\u00e9rieures r\u00e9organis\u00e9es par champ psychopathologique. Les premi\u00e8res \u00e9ditions de la collection ont \u00e9t\u00e9 comprises dans le m\u00eame esprit, par exemple le premier a \u00e9t\u00e9&nbsp;<em>Fonctionnements limites et n\u00e9vroses<\/em>, le deuxi\u00e8me,&nbsp;<em>Probl\u00e9matiques de l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, le troisi\u00e8me&nbsp;<em>La n\u00e9vrose obsessionnelle. Contraintes et limites<\/em>, puis&nbsp;<em>Phobie et parano\u00efa<\/em>, et ainsi de suite, c\u2019est une collection qui trouve ses lecteurs. Aussi bien chez les \u00e9tudiants que chez les cliniciens.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa65\"><strong>Alain Braconnier&nbsp;:<\/strong>&nbsp;<em>Parlons aussi des colloques que vous organisez ou co-organisez. \u00ab&nbsp;La psychanalyse de l\u2019adolescent existe-t-elle&nbsp;?&nbsp;\u00bb que vous avez organis\u00e9 le 7 f\u00e9vrier 2009 \u00e0 Paris, en collaboration avec notre revue Carnet-Psy, avec J. Andr\u00e9, M. Emmanuelli, F. Marty et F. Richard, a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s. Qu\u2019est-ce qui vous a motiv\u00e9 dans ce th\u00e8me et qu\u2019en retirez-vous&nbsp;? Quelle serait aujourd\u2019hui votre r\u00e9ponse \u00e0 la question pos\u00e9e \u00ab&nbsp;la psychanalyse de l\u2019adolescent existe-t-elle&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa66\"><strong>Catherine Chabert\u00a0:<\/strong>\u00a0En fait le colloque a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9bat entre deux points de vue radicalement diff\u00e9rents\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ceux qui consid\u00e9raient que la psychanalyse est \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb, et de l\u2019autre ceux qui consid\u00e9raient qu\u2019elle peut \u00eatre fragment\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0psychanalyse de l\u2019enfant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0psychanalyse de l\u2019adolescent\u00a0\u00bb, etc. Il y avait 2 positions tr\u00e8s marqu\u00e9es, celle de Jacques Andr\u00e9 et Fran\u00e7ois Richard. Moi je me r\u00e9f\u00e8re aux fondements m\u00eames de la psychanalyse car je suis d\u2019abord psychanalyste, mais je pense que les traitements psychiques avec les adolescents sont authentiquement analytiques m\u00eame si les am\u00e9nagements ou les modifications du cadre diff\u00e8rent de la cure-type, ce qui compte, finalement, c\u2019est le transfert, la cure de parole.<br>Je pense que l\u2019exp\u00e9rience est tr\u00e8s diff\u00e9rente dans les psychanalyses d\u2019enfant. Je ne dirais pas que la psychanalyse de l\u2019adolescent n\u2019existe pas, je pense qu\u2019elle existe mais encore une fois je suis convaincue qu\u2019il faut \u00eatre analyste pour pouvoir s\u2019engager dans un travail analytique quel qu\u2019il soit dans la mesure o\u00f9 on est pris dans un processus et dans un mouvement de transfert. J\u2019ai trouv\u00e9 que le colloque \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9ussi, avec une grande affluence, une \u00e9coute formidable, et j\u2019ai eu le sentiment que chacun pouvait librement exposer son point de vue et que chacun pouvait aussi se faire son id\u00e9e \u00e0 partir de ce qui avait mis en avant. Il y avait des voix de personnes plus \u00e2g\u00e9es, mais on a laiss\u00e9 la place aussi aux plus jeunes, je trouve que c\u2019est important.<br><strong>Alain Braconnier\u00a0:<\/strong>\u00a0<em>Vous avez \u00e9galement organis\u00e9 un colloque en 2005 avec F. Richard, S. Wainrib, R. Cahn, R. Roussillon sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Subjectivation\u00a0: un nouveau point de vue en psychanalyse\u00a0?\u00a0\u00bb. Ce colloque a bien march\u00e9 aussi, que pensez-vous de cette id\u00e9e\u00a0?<\/em><br><strong>Catherine Chabert\u00a0:<\/strong>\u00a0Je me suis pos\u00e9e en tant que contradicteur de l\u2019id\u00e9e selon laquelle la subjectivation pourrait \u00eatre un nouveau paradigme de la psychanalyse. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s passionnant car j\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 avec Raymond Cahn, qui, en tant que psychanalyste, s\u2019est beaucoup consacr\u00e9 aux adolescents tr\u00e8s souffrants. A vrai dire, il me semble que ce qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0subjectivation\u00a0\u00bb est un nouveau concept pour d\u00e9signer le processus de construction psychique et j\u2019ai essay\u00e9 de mettre en perspective le moi (freudien), le soi (winnicottien) et le sujet qui ne me semble pas \u00eatre un concept analytique.<br><strong>Alain Braconnier\u00a0:<\/strong>\u00a0<em>Il n\u2019y a pas beaucoup de femmes psychanalystes, y a-t-il une sp\u00e9cificit\u00e9 de la femme psychanalyste\u00a0? Pour moi, vous \u00eates dans le fil de Joyce Mc Dougall. Vous avez l\u2019humanit\u00e9, la clinique, le charme, la finesse, et en m\u00eame temps vous suscitez pour les plus jeunes un v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat intellectuel notamment lors des colloques, et pas seulement en France.<\/em><br><strong>Catherine Chabert\u00a0:<\/strong>\u00a0Oui mais il y a beaucoup de femmes lors des colloques\u00a0! Je suis heureuse d\u2019\u00eatre devenue psychanalyste et je suis heureuse d\u2019\u00eatre devenue une femme\u00a0! C\u2019est un peu compliqu\u00e9 et intime \u00e0 expliquer\u00a0: j\u2019essaie de travailler autrement sur le th\u00e8me du f\u00e9minin en ce moment, en m\u2019attachant davantage \u00e0 la question de la diff\u00e9rence (en opposition avec la m\u00e9lancolie qui rel\u00e8ve du narcissisme et conduit \u00e0 l\u2019effacement de la diff\u00e9rence) et \u00e9videmment \u00e0 partir de la diff\u00e9rence des sexes. On parle beaucoup de l\u2019\u00e9nigme du f\u00e9minin, c\u2019est peut-\u00eatre une parole d\u2019homme, moi je m\u2019int\u00e9resse beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9nigme du masculin. Comment devient-on un homme\u00a0?<br><strong>Alain Braconnier\u00a0:<\/strong>\u00a0<em>Vous avez toute votre place au sein de la psychanalyse et au sein de l\u2019APF, sans avoir jamais donner le sentiment d\u2019avoir des d\u00e9sirs de pouvoir.<\/em><br><strong>Catherine Chabert\u00a0:<\/strong>\u00a0Cela me fait tr\u00e8s plaisir ce que vous me dites. La dimension politique du pouvoir ne m\u2019int\u00e9resse pas, j\u2019aime bien pouvoir dire des choses et que l\u2019on prenne en compte ce que je pense, qu\u2019on m\u2019entende.<br><strong>Alain Braconnier\u00a0:<\/strong>\u00a0<em>Quelles recommandations donneriez-vous \u00e0 un \u00e9tudiant en psychologie\u00a0? Vous disiez tout \u00e0 l\u2019heure qu\u2019avant de terminer votre carri\u00e8re universitaire, vous souhaitiez transmettre quelque chose, quels seraient donc vos conseils aujourd\u2019hui\u00a0?<\/em><br><strong>Catherine Chabert\u00a0:<\/strong>\u00a0J\u2019aime raconter mon parcours en insistant sur les rencontres formidables que j\u2019ai faites. J\u2019ai eu beaucoup de chance mais je pense qu\u2019il faut tirer profit de ces rencontres, il ne faut pas manquer ces rendez-vous. Il a fallu beaucoup se battre au d\u00e9but pour la psychanalyse \u00e0\u00a0l\u2019universit\u00e9, il fallait s\u2019engager. Je pense qu\u2019aujourd\u2019hui, davantage encore, il faut travailler, et travailler \u00e0 plusieurs, il faut s\u2019engager vraiment sur le terrain clinique, parler, \u00e9couter, travailler, chercher \u00e0 la fois seul et avec les autres. Ce qui est formidable dans la psychanalyse, c\u2019est ce double mouvement, entre dedans et dehors, l\u2019attraction pour l\u2019interm\u00e9diaire, l\u2019entre-deux. Je pense aussi que c\u2019est important de conserver son ind\u00e9pendance et sa libert\u00e9 de penser tout en s\u2019\u00e9tayant sur celle des autres. Je crois que la transmission doit ressembler \u00e0 ce mouvement l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie (1998-2008)<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Articles dans revues \u00e0 comit\u00e9 de lecture (ACL) Internationales<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2001). La formaci\u00f3n en pruebas proyectivas&nbsp;: \u00bfqu\u00e9 transmitimos? <em>Revista de la Sociedad Espa\u00f1ola del Rorschach y m\u00e9todos proyectivos<\/em>, 2000-2001, 13-14, pp.&nbsp;25-35. (\u2013)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abFantomi d\u2019amore\u00bb, in <em>Psicoterapia Psicoanalitica<\/em>, Anno IX, n\u00b0&nbsp;1 janvier-Juin 2002, pp.&nbsp;30-42, Sipped, Roma. (PsycINFO)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). El masoquismo y la melancolia&nbsp;: dos estados de dependecia del yo, <em>Revista de Psicoanalisis de l\u2019APM<\/em> (Association Psychanalytique de Madrid) n\u00b0&nbsp;45, 153-166. (\u2013)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). \u00abIl corpo ferito\u00bb, <em>Psicoterapia Psicoanalitica<\/em>, XII, 2, 13-25, Rome, Borla editors. (PsycINFO)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abDestini de la perdita\u00bb, <em>Psicoterapia Psicoanalitica<\/em>, XIII, 1, 119-135, Rome, Borla editors. (PsycINFO)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abAdoleszenz und Weiblichkeit, Arbeitshefte kinderpsychoanalyse\u00bb, <em>Die Adolezcenz in der Psychoanalyse &#8211; Nach den Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie<\/em>, 38, 2007, 57-75, Brandes and Apsel, Frankfurt.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abThe Malaise of Culture and the problem of the superego\u00bb, <em>Canadian Journal of psychoanalysis<\/em>, Vol .15, n\u00b0&nbsp;2, Falla 2007 Autumn, pp.&nbsp;238-261. (PsycINFO)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Nationales<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). \u00abActualit\u00e9 de la n\u00e9vrose\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, 4, 23-33 (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). \u00abUne place perdue, Le Fait de l\u2019analyse\u00bb, <em>Le d\u00e9mon de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, Mars 1998, n\u00b04, 287-299.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abLes voies int\u00e9rieures. Enjeux de la passivit\u00e9\u00bb. <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em> 5, 1445-1489. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abLes surprises du masochisme moral\u00bb, <em>Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em> \u00abL\u2019esprit de survie\u00bb, In Press, num\u00e9ro 1, pp 107-118. (\u2013)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abPourquoi le psychodrame \u00e0 l\u2019adolescence\u00bb&nbsp;? <em>Adolescence<\/em>, 18, 1, 173-187. (INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abCommencer sa vie d\u2019adulte\u00bb, <em>Adolescence<\/em>, (C. Chabert, dir.), 18, 2, 375-379. (INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2001). \u00abLa psychanalyse au service de la psychologie projective\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, \u00abHommage \u00e0 Didier Anzieu\u00bb, 7, 55-69. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2001). \u00abFant\u00f4mes d\u2019amour, Le fait de l\u2019analyse\u00bb, n\u00b0&nbsp;11, <em>La vie urgente, Autrement<\/em>, pp.&nbsp;143-155.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abLa psychanalyse est-elle une science du plaisir&nbsp;?\u00bb, <em>Libre cahiers pour la psychanalyse<\/em>, n\u00b0&nbsp;5 \u201c Le plaisir \u201d, In press, 101-116.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002) \u00abPour l\u2019histoire\u2026\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em> \u00abLe TAT. Vica Shentoub\u00bb, 8, 7-10. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abLes parents int\u00e9rieurs\u00bb, <em>La Psychiatrie de l\u2019enfant<\/em>, XLV, 2, 379-392. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). \u00abRegardez-moi&nbsp;!\u00bb <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, LXVII, 3, \u00abLa perversion narcissique\u00bb, 911-923. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2004). \u00abLe temps du pass\u00e9&nbsp;: une forme passive&nbsp;?\u00bb, <em>Adolescence<\/em>, 22, 4, 705-717 (INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). \u00abL\u2019ombre d\u2019\u0152dipe\u00bb, <em>Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em>, \u00abLe temps d\u2019\u0152dipe\u00bb, 12, 139-156, In Press. (-)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). \u00abLe plaisir\u00bb, <em>Confrontations psychiatriques<\/em>, \u00abCin\u00e9matographies\u00bb, 38, 45, 215-229.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abMasochisme et perversion. Approche psychanalytique et projective\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, 12, 83-100. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abPulsions, emprise et narcissisme\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em> \u00abRelations d\u2019objet et mod\u00e8le de la pulsion\u00bb, LXX, 5, 1307-1315. (PsycINFO, INIST)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Ouvrages scientifiques (ou chapitres) (OS), Internationaux, Ouvrages<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). <em>O Rorschach na clinica do adul-to. Interpretasao psicanalitica.<\/em> Climepsi editores, Lisboa, Portugal.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Anzieu D. (1999). <em>Vida y pensamiento psicoanalitico<\/em>, traduction en Espagnol, Editorial Biblioteca Nueva, S.L. Madrid, 1999<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). Traduction en h\u00e9breu de l\u2019ouvrage Didier Anzieu, Tel-Aviv, Bookworm Publishers.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Anzieu D. (2000), <em>I grandi psicoanalisti, traduction en Italien<\/em>, Armando Editore, Roma.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). <em>Psicopathologia e Rorschach<\/em>, Raffaello Cortina Editore, Milano, Italie (traduction de l\u2019\u00e9dition augment\u00e9e parue chez Dunod en 1998)<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). <em>Psicoanalisi e metodi proiettivi<\/em>, Rome, Borla.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert. C. (2007). <em>Feminile melancolico<\/em>, Piccola Biblioteca di Psicoanalisi, Borla, 143p.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Chapitres d\u2019ouvrages<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). Clinical and metapsychological reflections on \u00abA child is being beaten\u00bb, chapitre 13, in <em>Freud&nbsp;: A Modern Reader<\/em>, Whurr Publishers Limited, London, pp.&nbsp;224-233.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abCliniche della depressione. Metapsicologia della perdita\u00bb, in <em>Figure della depressione<\/em>, Rome, Borla, 17-53.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Nationaux<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). <em>Psychanalyse et m\u00e9thodes projectives<\/em>, Paris, Dunod, coll. \u201cLes Topos\u201d, 124p.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1987\/1998). <em>La psychopathologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du Rorschach<\/em>, Paris, Dunod, 1987, 242 p.&nbsp;2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition augment\u00e9e, 1998, 283p.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). <em>F\u00e9minin m\u00e9lancolique<\/em>, PUF, Collection \u00abPetite biblioth\u00e8que de psychanalyse\u00bb dirig\u00e9e par J. Andr\u00e9 et J. Laplanche, 186p.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Brelet-Foulard F. (dir.) (2003). <em>Nouveau Manuel du TAT. Approche psychanalytique<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu D., Chabert C. (2004). <em>Les m\u00e9thodes projectives<\/em> (1983) r\u00e9\u00e9dition dans Quadrige, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Verdon B., Chabert C. (2008). <em>Psychologie clinique et psychopathologie<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Chapitres d\u2019ouvrages<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). \u00abLa formation aux \u00e9preuves projectives&nbsp;: quelles transmissions&nbsp;?\u00bb <em>La psychologie projective en pratique professionnelle<\/em>, In Press, (sous la direction de Val\u00e9rie Boucherat-Hue), pp.&nbsp;35-40.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). \u00abChronique de la vie quotidienne dans un Centre de Jour pour adolescents. De la th\u00e9orie \u00e0 la pratique\u00bb (sous la direction de C. Chabert) en collaboration avec C. Azoulay, J.M. Benmussa, M. Gumy, M. Vibert, Expansion Scientifique Publications, collection \u201c Soignant, soign\u00e9 \u201d 120p.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1998). \u00abPsychodrame psychanalytique individuel\u00bb, <em>Encyclop\u00e9die m\u00e9dico-chirurgicale<\/em>, <em>Psychiatrie<\/em>, 37-817-C-10, 1998, 5p. (en collaboration avec P. Jeammet et M. Corcos).<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abProbl\u00e9matiques, N\u00e9vroses et fonctionnements limites\u00bb, coll. Psycho Sup, S\u00e9rie \u00abpsychopathologie et psychanalyse\u00bb dirig\u00e9e par Catherine Chabert, Paris, Dunod, pp.&nbsp;71-128. En collaboration avec B. Brusset et F. Brelet-Foulard.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abLes fonctionnements limites, quelles limites&nbsp;?\u00bb in <em>Les \u00e9tats-limites. Nouveau paradigme pour la psychanalyse&nbsp;?<\/em> En collaboration avec J. Andr\u00e9, J.L. Donnet, P. Fedida, A Green, D. Widl\u00f6cher, coll. \u00abPetite biblioth\u00e8que de psychanalyse\u00bb, Paris, PUF, pp.&nbsp;93-122.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abIntroduction. Etats de d\u00e9tresse\u00bb, in <em>Etats de d\u00e9tresse<\/em>, en collaboration avec J. Andr\u00e9, M. Bydlowski, B. Brusset, D. Candilis-Huisman, P. Sullivan, coll. \u00abBiblioth\u00e8que de psychanalyse\u00bb, PUF, pp.&nbsp;1-8.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abExcitation &#8211; Haine &#8211; Masochisme chez l\u2019adolescent &#8211; Masturbation &#8211; Projection\u00bb in <em>Dictionnaire de psychopathologie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent<\/em> (sous la direction de D. Ho.uzel M. Emmanuelli, F. Moggio), PUF, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Emmanuelli M., (2001). \u00abInterpr\u00e9tation des \u00e9preuves projectives \u00e0 l\u2019adolescence\u00bb, <em>Encycl. M\u00e9d. Chir.<\/em> (Editions Scientifiques et M\u00e9dicales Elsevier SAS Paris), <em>Psychiatrie<\/em>, 37-213-B-10, 6 p.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abPourquoi le psychodrame \u00e0 l\u2019adolescence\u00bb, in <em>Le travail du psychanalyste en psychoth\u00e9rapie<\/em> (sous la direction de F. Richard), Paris, Dunod, Juin 2002, pp.&nbsp;201-217.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abQuelques r\u00e9flexions m\u00e9tapsychologiques\u00bb, chapitre 4, <em>Processus de la schizophr\u00e9nie<\/em>. (C. Azoulay, C. Chabert, J. Gortais, P. Jeammet,) Paris, Dunod, Coll. Psycho Sup S\u00e9rie \u00abPsychanalyse et psychopathologie\u00bb dirig\u00e9e par C. Chabert, pp.&nbsp;167-196.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). \u00abMoments m\u00e9lancoliques\u00bb, in <em>Le temps du d\u00e9sespoir.<\/em> Ouvrage collectif sous la direction de J. Andr\u00e9, coll. \u00abPetite biblioth\u00e8que de psychanalyse\u00bb dirig\u00e9e par J. Andr\u00e9 et J. Laplanche, Paris, PUF, pp.&nbsp;43-66. (co-auteurs&nbsp;: J. Andr\u00e9, B. Brusset, M. David-M\u00e9nard, C. Enaudeau, B. Golse, R. Roussillon).<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). \u00abQuelle place pour la psychanalyse en psychologie clinique&nbsp;?\u00bb in M.C. Mietkiewicz et S. Bouyer (sous la direction de) <em>O\u00f9 en est la psychologie clinique&nbsp;?<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, pp.&nbsp;203-209.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). \u00abConfidentiel\u00bb, in <em>Parler avec l\u2019\u00e9tranger<\/em>, ouvrage collectif sous la direction de F. Gantheret et J.-B. Pontalis, Paris, Gallimard, coll. \u201c Trac\u00e9s \u201d, pp.&nbsp;237-269.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). \u00abPerdre ou abandonner&nbsp;?\u00bb in <em>Le travail psychanalytique<\/em>, sous la direction de A. Green, Paris, PUF, 187-194.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2004). \u00abDu r\u00eave au fantasme&nbsp;: la cr\u00e9ation de l\u2019autre sc\u00e8ne\u00bb, chapitre 4, pp 71-85, in <em>La r\u00e9alit\u00e9 psychique<\/em>, (ouvrage collectif coordonn\u00e9 par Bernard Chouvier), Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2004). \u00abLa voix du p\u00e8re&nbsp;: une seconde chance\u00bb, in <em>L\u2019oubli du p\u00e8re<\/em>, (sous la direction de J. Andr\u00e9 et C. Chabert), Paris, PUF, coll. \u00abPetite biblioth\u00e8que de Psychanalyse\u00bb, pp.&nbsp;11-20.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2004). \u00abLes forces vives de l\u2019adolescence\u00bb, in <em>Id\u00e9es de vie, id\u00e9es de mort. La d\u00e9pression en question chez l\u2019adolescent<\/em>, Masson, 1-15.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). \u00abClinique de la d\u00e9pression. M\u00e9tapsychologie de la perte\u00bb, chapitre 1, <em>Figures de la d\u00e9pression<\/em> (C. Chabert, R. Ka\u00ebs, J. Lanouzi\u00e8re, A. Schniewind), Dunod, Coll. psycho Sup, S\u00e9rie \u00abPsychanalyse et psychopathologie\u00bb, pp.&nbsp;1-39.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2005). \u00abLe c\u0153ur est un chasseur solitaire\u00bb de Carson Mc Cullers, in <em>L\u2019adolescence entre les pages. Psychanalystes sous influence litt\u00e9raire<\/em> (sous la direction de M. Corcos), coll. \u00abPsychanalyse et litt\u00e9rature\u00bb, In Press, pp.&nbsp;75-91.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abCliniques\u00bb, chapitre 2, A<em>ctes et d\u00e9pendances<\/em> (C. Chabert, A. Ciavaldini, Ph. Jeammet, S. Schenckery) Paris, Dunod, coll. psycho Sup, S\u00e9rie \u00abPsychanalyse et psychopathologie\u00bb, dirig\u00e9e par C. Chabert, 61-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abLe moi, le soi et le sujet\u00bb, in Richard F. et Wainrib S. (dir.) <em>La subjectivation<\/em>, Dunod \u00abInconscient et culture\u00bb, pp.&nbsp;125-138.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abPerceptions int\u00e9rieures\u00bb, in Birot E., Chabert C., Jeammet Ph. (dir.) <em>Soigner l\u2019anorexie et la boulimie. Des psychanalystes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital<\/em>, Paris, PUF, \u201c le fil rouge \u201d, pp.23-51.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). \u00abAvant-propos et introduction\u00bb, pp.&nbsp;1-15, in <em>Didier Anzieu, Psychananalyse des limites<\/em>, Textes rassembl\u00e9s par C. Chabert, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abDestins de la perte\u00bb, in <em>Les brumes de la d\u00e9pression,<\/em> s\u00e9minaire Inter-Universitaire Europ\u00e9en d\u2019Enseignement et de Recherche en psychopathologie et Psychanalyse, PUF, pp.&nbsp;9-33.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abL\u2019interdit du toucher et le transfert paradoxal\u00bb, in Chabert C., Cupa D., Ka\u00ebs R., Rousillon R. (dir.), <em>Didier Anzieu&nbsp;: le Moi-peau et la psychanalyse des limites<\/em>, Eres, coll. \u00abCarnet\/PSY\u00bb, pp.&nbsp;31-47.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abLe complexe d\u2019\u0152dipe, entre renoncement et perte\u00bb, in <em>Actualit\u00e9 de l\u2019\u0152dipe Monographies et d\u00e9bats de Psychanalyse<\/em>, PUF, 85-117.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abLes \u00e9preuves projectives en psychopathologie de l\u2019adulte\u00bb, in R. Roussillon (dir.) <em>Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, Elsevier-Masson, 2007, pp.&nbsp;551-604.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2007). \u00abLes th\u00e9ories freudiennes de la s\u00e9duction et leurs rapports avec le traumatisme\u00bb, in Marty F. (dir.) <em>Transformer la violence&nbsp;? Traumatisme et symbolisation<\/em>, Paris, In Press, Coll. \u201c Champs Libres \u201d, pp.&nbsp;23-38.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Azoulay C. (2007). \u00abLes m\u00e9thodes projectives&nbsp;: approche psychodynamique\u00bb, in Ionescu S. et Blanchet A. (dir.) <em>Psychologie clinique, psychopathologie et psychoth\u00e9rapies<\/em>, Nouveau cours de psychologie \u2013 Master, Paris, PUF, Chapitre 9, pp.&nbsp;267-296.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert. C. (2007). \u00abEntre-deux, l\u2019attente\u00bb, in <em>Le royaume interm\u00e9diaire, psychanalyse, litt\u00e9rature autour de J.-B. Pontalis<\/em>, Gallimard, Folio Essais, pp.&nbsp;321-341.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert. C. (2008). \u00abActualit\u00e9 de la N\u00e9vrose. Introduction\u00bb in <em>Trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte&nbsp;: Les N\u00e9vroses<\/em>, (sous la direction de C. Chabert), Paris, Dunod, pp.&nbsp;1-19.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert. C. (2008), \u00abN\u00e9vroses et fonctionnements limites&nbsp;: quels paradigmes&nbsp;?\u00bb, Chapitre 6, in <em>Trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte&nbsp;: Les N\u00e9vroses<\/em>, (sous la direction de C. Chabert), Paris, Dunod, pp.&nbsp;357-425.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Direction d\u2019ouvrages<\/h3>\n\n\n\n<p>Birot E., Chabet C., Jeammet Ph. (dir.) (2006). <em>Soigner l\u2019anorexie et la boulimie. Des psychanalystes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital<\/em>, PUF, coll. \u00abLe fil rouge\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006) (Textes rassembl\u00e9s par C. Chabert). <em>Didier Anzieu, Psychananalyse des limites<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C., Cupa D., Ka\u00ebs R., Roussillon R. (dir.) (2007). <em>Didier Anzieu et la psychanalyse des limites<\/em>, Ramonville Saint-Agne, Er\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Direction de la collection \u201c Psychopathologie et psychanalyse \u201d, Paris, Dunod. S\u00e9rie Psycho Sup.<\/h3>\n\n\n\n<p>(1999) <em>N\u00e9vroses et fonctionnements limites<\/em> (C. Chabert, B. Brusset, F. Brelet-Foulard)<\/p>\n\n\n\n<p>(1999) <em>Probl\u00e9matiques de l\u2019hyst\u00e9rie<\/em> (J. Andr\u00e9, J. Lanouzi\u00e8re, F. Richard)<\/p>\n\n\n\n<p>(2000) <em>La n\u00e9vrose obsessionnelle. Contraintes et limites<\/em> (A. Cohen de Lara, V. Marinov, J. M\u00e9n\u00e9chal)<\/p>\n\n\n\n<p>(2001) <em>Phobie et parano\u00efa. Etude de la projection<\/em> (F. Couchard, J. Sipos, M. Wolf)<\/p>\n\n\n\n<p>(2002) <em>Psychopathologie de l\u2019exp\u00e9rience du corps<\/em> (R. Debray, C. Dejours&nbsp;; P F\u00e9dida)<\/p>\n\n\n\n<p>(2002) <em>Processus de la schizophr\u00e9nie<\/em> (C. Azoulay, C. Chabert, J. Gortais, Ph. Jeammet)<\/p>\n\n\n\n<p>(2003) <em>Narcissisme et perversion<\/em> (N. Jeammet, F. Neau, R. Roussillon)<\/p>\n\n\n\n<p>(2005) <em>Figures de la d\u00e9pression<\/em> (C. Chabert, R. Ka\u00ebs, J. Lanouzi\u00e8re, A. Schniewind)<\/p>\n\n\n\n<p>(2006) <em>Actes et d\u00e9pendances<\/em> (C. Chabert, A. Ciavaldini, Ph. Jeammet, S. Schenckery).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Direction du Trait\u00e9 de psychopathologie de l\u2019adulte<\/em>, Paris, Dunod coll. \u00abPsycho Sup\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(2008) Volume 1&nbsp;: <em>Les N\u00e9vroses<\/em> (B. Brusset, C. Chabert, J. Andr\u00e9, A. Cohen de Lara, J. Lanouzi\u00e8re, W. Marinov)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Autres publications<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abLes composantes du psychodrame analytique et leurs potentialit\u00e9s int\u00e9grative face aux traumatismes\u00bb, <em>Traumatisme et psychodrame<\/em>, Colloque CEFFRAP, oct. 1999, pp.&nbsp;81-86.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abDidier Anzieu, un psychanalyste d\u2019aujourd\u2019hui\u00bb, <em>Le Carnet Psy<\/em>, \u00abHommage \u00e0 Didier Anzieu\u00bb, n\u00b051, F\u00e9vrier 2000, 26-28.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abLes processus de pens\u00e9e \u00e0 l\u2019adolescence. Implications narcissiques et sexuelles\u00bb, <em>Association des amis du Centre Claude Bernard<\/em>, revue n\u00b0&nbsp;10, \u00abL\u2019emp\u00eachement de penser\u00bb, p 29-39.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2001). <em>Le transfert au psychodrame, singulier ou pluriel, Psychodrame analytique<\/em>. Conf\u00e9rences 2001, Paris, SPASM, pp.&nbsp;9-25.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2001). Pr\u00e9face, <em>Les \u00e9preuves projectives \u00e0 l\u2019adolescence, Approche psychanalytique<\/em>, M. Emanuelli, C. Azoulay, Paris, Dunod, pp. V \u00e0 VII.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2002). <em>D\u00e9pendance et masochisme&nbsp;: une liaison inqui\u00e9tante<\/em>. Bordeaux, colloque du CAPA (Centre Aquitain de Psychanalyse de l\u2019Adolescent).<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). Pr\u00e9face \u00e0 la traduction grecque du livre de Didier Anzieu, <em>Le moi-peau<\/em>, pp.&nbsp;13-29.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). Pr\u00e9face, <em>L\u2019examen psychologique en clinique<\/em>, ouvrage collectif sous la direction de M. Emmanuelli, Dunod, pp. XIII-XIV.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2003). Pr\u00e9face, \u00abSur la th\u00e9orie de la s\u00e9duction\u00bb. Etudes <em>Libres Cahiers pour la psychanalyse<\/em>, Paris, In Press, pp.&nbsp;7-17.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2004). \u00abEmpreintes des fantasmes originaires\u00bb, <em>Le Carnet PSY<\/em>, novembre 2004, 94, 35-37.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). Avant-propos, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, n\u00b0&nbsp;12 \u00abClinique du masochisme\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). Pr\u00e9ambule, <em>Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em>, \u00abPassions et caract\u00e8res\u00bb, In Press, 13, 7-11.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2006). Pr\u00e9face, in Consoli S. et Consoli S., <em>Psychanalyse, dermatologie, proth\u00e8ses. D\u2019une peau \u00e0 l\u2019autre<\/em>, Paris, PUF, pp.&nbsp;9-14.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Actes de colloques et congr\u00e8s<\/h3>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1999). \u00abLes composantes du psychodrame analytique et leurs potentialit\u00e9s int\u00e9gratives face aux traumatismes\u00bb, <em>Traumatisme et psychodrame<\/em>, Colloque du CEFFRAP, 2 0ctobre 1999, 81-86.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (2000). \u00abLes processus de pens\u00e9e \u00e0 l\u2019adolescence. Implications narcissiques et sexuelles\u00bb, <em>Association des amis du Centre Claude Bernard<\/em>, revue n\u00b0&nbsp;10, \u00abL\u2019emp\u00eachement de penser\u00bb, p 29-39.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10730?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Catherine Chabert est Professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Descartes, Laboratoire de Psychologie clinique et de Psychopathologie, psychanalyste, membre de l\u2019Association Psychanalytique de France Alain Braconnier&nbsp;:&nbsp;Afin de mieux conna\u00eetre votre parcours, pourriez-vous tout d\u2019abord nous parler de votre formation&nbsp;? 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