{"id":10722,"date":"2021-08-22T07:32:37","date_gmt":"2021-08-22T05:32:37","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/ecueils-et-entraves-de-la-bisexualite-psychique-a-lepreuve-de-lenfance-et-de-ladolescence-2\/"},"modified":"2021-09-17T14:04:32","modified_gmt":"2021-09-17T12:04:32","slug":"ecueils-et-entraves-de-la-bisexualite-psychique-a-lepreuve-de-lenfance-et-de-ladolescence","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/ecueils-et-entraves-de-la-bisexualite-psychique-a-lepreuve-de-lenfance-et-de-ladolescence\/","title":{"rendered":"\u00c9cueils et entraves de la bisexualit\u00e9 psychique \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9ambule<\/h2>\n\n\n\n<p>Mettre au travail la question de la bisexualit\u00e9 psychique \u00e0 l\u2019aune des exp\u00e9riences du corps d\u2019une part et dans une travers\u00e9e de l\u2019enfant \u00e0 l\u2019adolescent d\u2019autre part est une gageure.<\/p>\n\n\n\n<p>Ancr\u00e9e \u00e0 la clinique de l\u2019enfant, c\u2019est sur l\u2019exp\u00e9rience aupr\u00e8s d\u2019hermaphrodites, bisexualit\u00e9 anatomique par excellence (!), que notre r\u00e9flexion sur la bisexualit\u00e9 psychique s\u2019\u00e9taye. Si l\u2019hermaphrodisme brouille les rep\u00e8res de la condition humaine et nous saisit, ce saisissement constitue l\u2019indice de l\u2019effacement de la dimension du refoul\u00e9 propre au sentiment d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9. L\u2019hermaphrodisme \u00e9branle \u00e9galement le socle de la th\u00e9orie psychanalytique freudienne qui affirme d\u00e8s 1923, \u00ab&nbsp;<em>l\u2019anatomie, c\u2019est le destin<\/em>&nbsp;\u00bb. Les sujets n\u00e9s avec un trouble du d\u00e9veloppement du sexe, ou encore avec une d\u00e9viance anatomique par rapport \u00e0 une norme, g\u00e9n\u00e8rent en chacun une exp\u00e9rience de confusion voire de vertige tant l\u2019ind\u00e9termination du sexe \u00e0 la naissance constitue un point de but\u00e9e autour de la diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept de \u00ab&nbsp;bisexualit\u00e9&nbsp;\u00bb n\u2019appara\u00eet que rarement dans la m\u00e9tapsychologie. Quand Freud l\u2019aborde, c\u2019est pour mettre l\u2019accent sur son statut incontournable chez l\u2019\u00eatre humain et sa nature psychique en regard de la proposition de Fliess d\u2019une bisexualit\u00e9 organique (Freud, 1908). Elle est pr\u00e9sente d\u00e8s les premiers temps de la vie pour Freud qui affirme que \u00ab&nbsp;<em>na\u00eetre bisexuel est aussi \u00e9vident que na\u00eetre avec deux yeux. Un m\u00e2le ou une femme sans bisexualit\u00e9 serait aussi inhumain qu\u2019un cyclope<\/em>&nbsp;\u00bb (Freud &amp; Bullitt, 1930-1938). L\u2019intrication entre le visuel et la bisexualit\u00e9 est ainsi avanc\u00e9e tout comme le risque de la monstruosit\u00e9 incarn\u00e9e par la figure du cyclope. L\u2019int\u00e9gration de la bisexualit\u00e9 passe donc par le regard&nbsp;: voir ce qui manque chez les unes et pas chez les autres au niveau manifeste, sous-tendu par un invisible intrapsychique contenant une part de masculin et de f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 d\u2019une bisexualit\u00e9 originaire pr\u00e9sente chez tout \u00eatre humain, la bisexualit\u00e9 de la fin de l\u2019\u0153uvre freudienne est une bisexualit\u00e9 qui, avec les pulsions de mort et le refus du f\u00e9minin, est l\u2019un des plus puissants obstacles \u00e0 l\u2019analyse (Freud, 1937). Il y aurait ainsi une configuration du f\u00e9minin particuli\u00e8re unie dans une impossible int\u00e9gration d\u2019une passivit\u00e9 et d\u2019une bisexualit\u00e9 temp\u00e9r\u00e9es&nbsp;: permettant d\u2019\u00eatre un peu de l\u2019un et de l\u2019autre des deux sexes, de tol\u00e9rer une ouverture \u00e0 une passivit\u00e9 source de plaisir et pas seulement d\u2019effraction. La qu\u00eate identitaire est un des enjeux centraux de l\u2019adolescence, il s\u2019agit d\u2019\u00eatre et non pas d\u2019avoir. La bisexualit\u00e9 accompagne cette mise en tension entre \u00eatre et avoir, notamment \u00e0 travers les bigarrures identificatoires primaires, secondaires hyst\u00e9riques ou narcissiques. Comme le souligne D. Widl\u00f6cher (2005) \u00ab&nbsp;<em>Les identifications primaires recherchent et accomplissent la similitude pour elle-m\u00eame. Elles cr\u00e9ent un cadre identitaire. Elles coexistent avec la recherche de l\u2019objet. C\u2019est l\u2019un et l\u2019autre. Les identifications secondaires organisent dans le cadre d\u2019\u00c9ros des figures destin\u00e9es \u00e0 accomplir les jeux du d\u00e9sir et de l\u2019objet. C\u2019est l\u2019un ou l\u2019autre<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Se savoir ou se sentir gar\u00e7on ou fille<\/h2>\n\n\n\n<p>Savoir si l\u2019on est une fille ou un gar\u00e7on ne va pas de soi sans compter que, plus que de le savoir, il s\u2019agit de l\u2019\u00e9prouver et de le ressentir. L\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e chez l\u2019enfant s\u2019alimente et se forge probablement aux confluents de deux mouvements. D\u2019une part, la reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes par le rep\u00e9rage sur son corps, sur ceux qui l\u2019entourent et sur les objets de son monde environnant d\u2019indices de la sexuation&nbsp;; d\u2019autre part, sa prise dans le regard de ses parents, p\u00e8re et m\u00e8re, mais avant tout homme et femme, qui l\u2019identifient, l\u2019authentifient et le reconnaissent comme gar\u00e7on ou fille (Golse &amp; Jardin, 2003&nbsp;; Gueniche, 2010 b). Ainsi, l\u2019entourage serait impliqu\u00e9 dans une dynamique relationnelle qui participe de la gen\u00e8se de son identit\u00e9 sexuelle&nbsp;; dynamique relationnelle toute impr\u00e9gn\u00e9e de messages \u00e9nigmatiques du p\u00e8re et de la m\u00e8re que le b\u00e9b\u00e9 d\u2019abord, puis l\u2019enfant, va interpr\u00e9ter, traduire, dirait Laplanche.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019enfant, \u00eatre reconnu comme gar\u00e7on ou fille par ses parents est la premi\u00e8re appartenance n\u00e9cessaire pour l\u2019engager dans la spirale relationnelle avec eux (Rajon, 1998, 2008). Cette spirale relationnelle est un jeu d\u2019identifications r\u00e9ciproques entre les parents et l\u2019enfant. Ce jeu s\u2019initie donc par une identification par les parents \u00e0 leur enfant (l\u2019<em>infans<\/em>) avant que ce dernier ne puisse s\u2019identifier \u00e0 eux (Gueniche, 2010 b).<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, le p\u00e8re, la m\u00e8re nomment l\u2019enfant, le reconnaissent comme son semblable et l\u2019assigne dans un genre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>tu es un gar\u00e7on<\/em>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<em>tu es une fille<\/em>&nbsp;\u00bb (Gueniche, 2010 a). Cette assignation de genre pr\u00e9c\u00e8derait donc le rep\u00e9rage de la diff\u00e9rence des sexes qui lui se constate visuellement&nbsp;; elle convie la proposition th\u00e9orique traductive de Laplanche. L\u2019assignation de genre formul\u00e9e par les parents \u00e0 l\u2019enfant est impr\u00e9gn\u00e9e de messages \u00e9nigmatiques, de prescriptions et <em>de facto<\/em> (d\u00e8s l\u2019\u00e9nonciation) frapp\u00e9e d\u2019ambigu\u00eft\u00e9s&nbsp;; ambigu\u00eft\u00e9s car elle leur \u00e9chappe, ils ne peuvent en rendre compte pour eux-m\u00eames<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, il appara\u00eet que le processus dynamique d\u2019interpr\u00e9tation \/ symbolisation de l\u2019assignation \u00e9nigmatique de genre par les parents participe de l\u2019\u00e9laboration de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e de l\u2019enfant et ce faisant de sa subjectivation (Gueniche, 2010 b). Mais que se passe-t-il lorsque l\u2019assignation de genre est impossible et prend la forme d\u2019une \u00e9nonciation de type&nbsp;: \u00ab&nbsp;tu n\u2019es ni un gar\u00e7on, ni une fille&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;tu es entre les sexes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;deux sexes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;hors sexes&nbsp;\u00bb&nbsp;? Que se passe-t-il encore lorsque cette impossibilit\u00e9 se double de l\u2019effroi des parents \u00e0 la vue, sur le corps de l\u2019enfant, de son sexe non identifiable&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab&nbsp;assignation \/ non assignation&nbsp;\u00bb du genre fonctionnerait comme une proscription dans les messages \u00e9nigmatiques parentaux implant\u00e9s dans l\u2019enfant (Dejours, 2009). Loin de l\u2019engager dans un travail de symbolisation, elle peut interdire la pens\u00e9e de l\u2019enfant &#8211; au sens de ne pas la faire advenir, comme une non-pens\u00e9e dans l\u2019enclave du corps genr\u00e9, du fait de son caract\u00e8re inappropriable (Gueniche, 2010 b). En t\u00e9moigne les enfants ou les adolescents rencontr\u00e9s qui ne veulent (ou ne peuvent&nbsp;?) rien savoir de leur histoire, qui sont aux prises avec des questions du type&nbsp;: suis-je un gar\u00e7on ou une fille&nbsp;? Et qui s\u2019isolent (s\u2019excluent&nbsp;?), ne veulent pas grandir, ne peuvent pas choisir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019impossible nomination<\/h2>\n\n\n\n<p>A la naissance, \u00ab&nbsp;priv\u00e9s de la certitude et de l\u2019\u00e9tayage biologique&nbsp;\u00bb, les parents sont dans l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019interagir avec leur enfant&nbsp;\u00bb (Rajon, 2008). Ce nourrisson, en attente d\u2019inscription sexu\u00e9e et civile, ne peut \u00eatre l\u2019objet d\u2019investissement&nbsp;; la m\u00e8re, le p\u00e8re ne peuvent interagir avec un \u00ab&nbsp;b\u00e9b\u00e9 neutre&nbsp;\u00bb. Pour les parents, leur b\u00e9b\u00e9 \u00ab&nbsp;ni gar\u00e7on, ni fille&nbsp;\u00bb ne parvient pas \u00e0 na\u00eetre. Sans identit\u00e9 sexu\u00e9, sans pr\u00e9nom, ce b\u00e9b\u00e9 est vou\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019effroi et \u00ab&nbsp;l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9&nbsp;\u00bb (Freud, 1919) que g\u00e9n\u00e8re la naissance d\u2019un b\u00e9b\u00e9 intersexu\u00e9 plongent les parents dans une confusion \u00e0 l\u2019allure psychotique et les conduisent souvent d\u2019embl\u00e9e \u00e0 des d\u00e9bordements comportementaux de nature sensitive (surtout les p\u00e8res) et au retrait d\u00e9pressif (notamment les m\u00e8res). Le sentiment \u00ab&nbsp;d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9&nbsp;\u00bb est provoqu\u00e9 par la confusion des limites entre la r\u00e9alit\u00e9 et le fantasme propre \u00e0 la pr\u00e9histoire personnelle infantile du p\u00e8re et de la m\u00e8re&nbsp;: celui de la n\u00e9gation de la diff\u00e9rence des sexes et de l\u2019id\u00e9al bisexuel. Le retour du refoul\u00e9, forc\u00e9 par la confrontation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, provoque une mont\u00e9e d\u2019angoisse majeure. Son surgissement dans le r\u00e9el \u00e9branle toute l\u2019organisation psychique. Pour s\u2019en sortir, les parents mettent en place un am\u00e9nagement d\u00e9fensif inversement proportionnel au doute identificatoire qui accompagne leur v\u00e9cu et emp\u00eache la naissance de leur enfant dans leur t\u00eate (Michel, 2008). La conviction parentale, souvent pr\u00e9coce et in\u00e9branlable, quant \u00e0 l\u2019appartenance de leur enfant \u00e0 l\u2019un ou l\u2019autre sexe constitue la pierre angulaire de la restructuration psychique de la triade p\u00e8re-m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 (Rajon, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette conviction parentale intense devient l\u2019agent de la naissance de l\u2019enfant (Rajon, <em>op.cit<\/em>.) et s\u2019associe \u00e0 la nomination enfin autoris\u00e9e (Gueniche, 2010 b). Notons que cette conviction parentale n\u00e9cessaire peut \u00eatre empreinte de rigidit\u00e9 et g\u00eaner l\u2019advenue de la bisexualit\u00e9 psychique de l\u2019enfant. Cette rigidit\u00e9 est inversement proportionnelle \u00e0 l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 dans la t\u00eate de tel ou tel parent, laquelle se nourrit des tiraillements de sa propre bisexualit\u00e9 psychique. Ainsi donc, l\u2019assignation sexu\u00e9e (m\u00e9dicale et chirurgicale, parfois parentale) engage l\u2019enfant dans un destin particulier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De l\u2019indiff\u00e9renciation des sexes au d\u00e9ni de la diff\u00e9rence des sexes<sup>2<\/sup><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est en tentant d\u2019expliquer les motifs et les causes de l\u2019homosexualit\u00e9 (l\u2019inversion) que Freud convoque l\u2019hermaphrodisme (Freud, 1905, p. 45, Gallimard, 1987). Il \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un certain degr\u00e9 d\u2019hermaphrodisme anatomique appartient en effet \u00e0 la norme (\u2026). La conception qui d\u00e9coule de ces faits anatomiques depuis longtemps connus est celle d\u2019une disposition bisexuelle originelle (\u2026) Il \u00e9tait tentant de transf\u00e9rer cette conception au domaine psychique et de comprendre l\u2019inversion dans ses variantes comme l\u2019expression d\u2019un hermaphrodisme psychique (\u2026). Mais cette attente a \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7ue (\u2026). Aussi, doit-on reconna\u00eetre que l\u2019inversion et l\u2019hermaphrodisme somatique sont dans l\u2019ensemble ind\u00e9pendants l\u2019un de l\u2019autre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019exp\u00e9rience clinique aupr\u00e8s d\u2019hermaphrodites montre avec force que non seulement il n\u2019y pas de continuit\u00e9 ni de causalit\u00e9 directe entre la bisexualit\u00e9 somatique et la bisexualit\u00e9 psychique mais qu\u2019au contraire la bisexualit\u00e9 fantasmatique repose sur l\u2019ancrage anatomique de la diff\u00e9rence des sexes. Ainsi, c\u2019est \u00e0 ne souffrir d\u2019aucun doute quant \u00e0 l\u2019appartenance \u00e0 un sexe biologique que l\u2019on peut laisser s\u2019\u00e9clore sa bisexualit\u00e9 psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste malgr\u00e9 tout l\u2019intensit\u00e9 de cette croyance imaginaire particuli\u00e8rement sollicit\u00e9e chez les p\u00e8res vis-\u00e0-vis de leur b\u00e9b\u00e9 gar\u00e7on. L\u00e0, tout se passe comme si ces p\u00e8res rabattaient l\u2019indiff\u00e9renciation des sexes anatomiques sur le d\u00e9ni de la diff\u00e9rence des sexes en appr\u00e9hendant la sexualit\u00e9 d\u00e9viante de leur prog\u00e9niture. Lors de l\u2019annonce diagnostique, les p\u00e8res parlent quant \u00e0 eux beaucoup et de fa\u00e7on \u00e9tonnante. Ils t\u00e9moignent ainsi d\u2019un traitement particulier de leur angoisse de castration face \u00e0 leur prog\u00e9niture hybride et se projettent avec une imm\u00e9diatet\u00e9 saisissante dans la sexualit\u00e9 de leur rejeton d\u00e8s sa naissance. Dans l\u2019alc\u00f4ve de la consultation avec le psychanalyste, les inqui\u00e9tudes honteuses s\u2019associent vite dans les entretiens \u00e0 la confusion entre ambigu\u00eft\u00e9 des organes g\u00e9nitaux et anomalie, voire d\u00e9viance, de la sexualit\u00e9, pour ne pas dire sexualit\u00e9 d\u00e9viante. Les p\u00e8res superposent \u00ab&nbsp;sexe&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;sexualit\u00e9&nbsp;\u00bb, comme si le trouble du d\u00e9veloppement du sexe contaminait le d\u00e9veloppement (psycho)-sexuel de leur enfant&nbsp;; comme si l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 anatomique pouvait <em>de facto<\/em> affecter le choix d\u2019objet sexuel. Leurs fantasmes s\u2019expriment souvent ouvertement et frontalement avec des projections sur l\u2019homosexualit\u00e9, le travestisme voire m\u00eame le transsexualisme de leur enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout se passe comme si les destins pervers de ces \u00ab&nbsp;intersexes&nbsp;\u00bb \u00e9taient particuli\u00e8rement sollicit\u00e9s chez les p\u00e8res au sujet des \u00ab&nbsp;gar\u00e7ons&nbsp;\u00bb, alors que les \u00ab&nbsp;filles&nbsp;\u00bb semblent moins alimenter ces craintes fantasmatiques\u2026 comme si m\u00eame au c\u0153ur de l\u2019hermaphrodisme, c\u2019\u00e9tait toujours le f\u00e9minin qui faisait probl\u00e8me&nbsp;! Ces p\u00e8res soup\u00e7onneraient-ils sur \/ dans le corps ambigu de leur b\u00e9b\u00e9 gar\u00e7on une menace de l\u2019ombre du f\u00e9minin d\u00e9bordant largement l\u2019angoisse de castration, elle-m\u00eame pourtant massivement convoqu\u00e9e&nbsp;? Si en premi\u00e8re instance les corps de ces b\u00e9b\u00e9s ne correspondent pas \u00e0 une anatomie \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb de gar\u00e7on, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019ils sont aussi des corps passiv\u00e9s et ouverts lesquels r\u00e9activent in\u00e9vitablement la probl\u00e9matique de la passivit\u00e9 chez ces p\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Adolescence et bisexualit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>A l\u2019adolescence, la bisexualit\u00e9 convoque les figures mythologiques d\u2019Hermaphrodite et de C\u00e9n\u00e9e sur le devant de la sc\u00e8ne laissant dans les coulisses celles plus habituelles de Narcisse et d\u2019\u0152dipe qui feront aussi leur entr\u00e9e, mais plus tard. Hermaphrodite, jeune adolescent parfait, d\u2019une beaut\u00e9 inou\u00efe, fils d\u2019Aphrodite d\u00e9esse de l\u2019amour et d\u2019Herm\u00e8s messager des dieux. Rejetant les avances d\u2019une nymphe, celle-ci demande aux dieux de ne faire qu\u2019un avec lui&nbsp;; elle est exhauss\u00e9e. Ovide d\u00e9crit leur union&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>Ils (\u2026) ne sont plus deux corps distincts&nbsp;: sous une double forme ils ne sont ni homme ni femme&nbsp;: ils semblent n\u2019avoir aucun sexe et les avoir tous les deux<\/em>&nbsp;\u00bb (Ovide). Deuxi\u00e8me figure mythologique, Cenis. Vierge d\u2019une beaut\u00e9 extraordinaire qui repousse tous les pr\u00e9tendants, viol\u00e9e par Neptune celui-ci lui offre la possibilit\u00e9 d\u2019un v\u0153u, elle choisit de ne plus subir ce qu\u2019elle vient de souffrir et d\u2019\u00eatre transform\u00e9e en homme&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Mon affront, me fait former cet unique v\u0153u, de ne pouvoir plus d\u00e9sormais en souffrir de pareils. Que je ne sois plus femme, et tu m\u2019auras tout accord\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle devient C\u00e9n\u00e9e, guerrier belliqueux et quasi invincible&nbsp;; d\u00e9fait par ruse, il se m\u00e9tamorphose en Ph\u00e9nix \u00ab&nbsp;<em>oiseau maintenant unique entre tous les oiseaux<\/em>&nbsp;\u00bb (Ovide). Deux destins tragiques d\u2019adolescents confront\u00e9s \u00e0 la violence de la sexualit\u00e9 adulte&nbsp;: l\u2019un n\u2019est ni homme ni femme et tout \u00e0 la fois homme et femme&nbsp;; l\u2019autre demande \u00e0 \u00eatre un homme pour ne plus subir passivement la sexualit\u00e9. Les deux sont confront\u00e9s \u00e0 une passivit\u00e9 traumatique&nbsp;: le premier condamne tout homme qui se baigne dans les m\u00eames eaux que lui \u00e0 perdre sa puissance&nbsp;; la seconde renonce \u00e0 son identit\u00e9 de femme et abandonne toute passivit\u00e9 au profit d\u2019une activit\u00e9 phallique triomphante. Le sexuel \u00e0 l\u2019adolescence fait doublement effraction&nbsp;: par la sexualit\u00e9 qui expose aux enjeux de passivit\u00e9 et d\u2019activit\u00e9 et par le fantasme qui permet d\u2019occuper toutes les places homme\/femme, actif\/passif, p\u00e8re\/m\u00e8re tels que le complexe d\u2019\u0152dipe les condensera. Narcisse reste tapi dans l\u2019ombre. Il craint de trop souffrir \u00e0 devoir choisir. Si Eros est le fr\u00e8re d\u2019Hermaphrodite, Narcisse pourrait en \u00eatre une figure jumelle. Ne renoncer \u00e0 rien, \u00e0 condition de ne pas croiser de regard (le sien ou celui d\u2019un autre), au risque d\u2019un d\u00e9sir effractant, porteur de destructivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enjeux de la bisexualit\u00e9 sont au c\u0153ur de l\u2019adolescence en raison de la r\u00e9activation \u0153dipienne flamboyante \u00e0 cet \u00e2ge car comme le souligne Green (1997), quand Freud dans <em>Le Moi et le \u00c7a<\/em> d\u00e9finit le complexe d\u2019\u0152dipe et le r\u00e9seau complexe des identifications, \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est \u00e0 la bisexualit\u00e9 qu\u2019il confie le r\u00f4le de la structuration fondamentale de ce complexe<\/em>&nbsp;\u00bb (Green, <em>op.cit.<\/em>). La bisexualit\u00e9 de l\u2019adolescent s\u2019int\u00e8gre aussi aux pertes inh\u00e9rentes \u00e0 cet \u00e2ge de passage&nbsp;: perte de l\u2019id\u00e9al de tout ce qui pourrait se r\u00e9aliser mais qui une fois \u00ab&nbsp;devenu grand&nbsp;\u00bb semble se d\u00e9rober dans une confrontation cruelle \u00e0 la banalit\u00e9 de son \u00eatre et de l\u2019existence. Perte aussi des figures parentales toutes-puissantes, porteuses de consolation et de r\u00e9assurance&nbsp;; perte enfin d\u2019une bisexualit\u00e9 infantile apaisante qui permet d\u2019\u00eatre l\u2019un et l\u2019autre\/ou ni l\u2019un ni l\u2019autre des deux sexes \u2026 mais qui peut le tourmenter faute de n\u2019\u00eatre ni vraiment l\u2019un, ni vraiment l\u2019autre. Le processus adolescent actualise directement les enjeux de la bisexualit\u00e9 et souligne les contradictions dont elle est porteuse. Il s\u2019agit de renoncer \u00e0 sa part infantile et aux sir\u00e8nes de la toute-puissance narcissique qui l\u2019accompagne, tout en la maintenant comme support de la vie psychique, de la dualit\u00e9 fantasmatique et identificatoire qu\u2019elle comporte. La mise en tension de l\u2019int\u00e9gration de la bisexualit\u00e9 psychique et l\u2019acceptation de la diff\u00e9rence des sexes sollicitent fortement les capacit\u00e9s de traitement psychique des adolescents. Ces capacit\u00e9s peuvent \u00eatre d\u00e9bord\u00e9es ou mises \u00e0 mal conduisant \u00e0 des modes d\u2019expression comportementaux ou sexuels singuliers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je suis bisexuelle, pas vous&nbsp;? Vous devriez c\u2019est parfait pour le sexe<\/em>&nbsp;\u00bb. Voil\u00e0 ce que lance en entretien Diane, jeune fille de 16 ans. Il y a dans sa voix du d\u00e9fi, un sentiment de toute-puissance et une invitation \u00e0 se confronter \u00e0 une envie face \u00e0 ce qu\u2019elle d\u00e9crit comme la perfection pour le sexe. Mais de quel sexe parle-t-elle&nbsp;? Du sien, de celui du th\u00e9rapeute, de celui qu\u2019elle n\u2019a pas, de celui qu\u2019elle voudrait avoir, qu\u2019elle voudrait \u00eatre&nbsp;? Ou bien encore du sexe qu\u2019elle fait, qu\u2019elle pourrait cr\u00e9er&nbsp;? La revendication phallique, implicite dans son invite, semble moins manifeste qu\u2019une envie de puissance et de reconnaissance d\u2019avant la prise en compte de la diff\u00e9rence des sexes, illusion bisexuelle pour Mc Dougall&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>r\u00eave de l\u2019enfant incestueux (\u2026) en qu\u00eate de toute puissance d\u2019avant la chute<\/em>&nbsp;\u00bb (Mc Dougall 1973, p. 140), c\u2019est-\u00e0-dire confrontation \u00e0 la diff\u00e9rence des sexes et \u00e0 l\u2019angoisse de castration et de perte de l\u2019amour de l\u2019objet qui l\u2019accompagnent.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Diane, pas de confrontation douloureuse \u00e0 la bisexualit\u00e9. Celle-ci fonctionne parfaitement dans un \u00ab&nbsp;<em>circulez il n\u2019y a rien \u00e0 voir<\/em>&nbsp;\u00bb dont on ne peut \u00eatre dupe. Diane est hospitalis\u00e9e pour une tentative de suicide par phl\u00e9botomie&nbsp;; elle se scarifie depuis plusieurs ann\u00e9es. A propos de son passage-\u00e0-l\u2019acte suicidaire, elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>une b\u00eatise parce que ma petite amie m\u2019a quitt\u00e9e. Mais depuis que je suis hospitalis\u00e9e, on s\u2019est r\u00e9concili\u00e9es et tout va bien<\/em>&nbsp;\u00bb. Il n\u2019y a donc rien \u00e0 voir, peut-\u00eatre \u00e0 entendre alors&nbsp;? En d\u00e9pit de \u00ab&nbsp;<em>la force de l\u2019illusion de la bisexualit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb (F\u00e9dida, 1973), l\u2019artefact des petites diff\u00e9rences propres \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, \u00e0 l\u2019instar du narcissisme comme figure sp\u00e9culaire par excellence, est \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Dans la relation amoureuse de Diane, tout en \u00e9loignant \u00ab&nbsp;<em>le m\u00eame<\/em>&nbsp;\u00bb aux relants thanatiques, le travail d\u2019Eros soutient \u00ab&nbsp;<em>l\u2019identique<\/em>&nbsp;\u00bb dans sa potentialit\u00e9 diff\u00e9renciatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, la bisexualit\u00e9 est aussi au service de la sauvegarde narcissique qui gomme toute diff\u00e9rence, si minime soit-elle. Ainsi quand la petite amie de Diane la quitte, seule la mort peut la sauver d\u2019une h\u00e9morragie narcissique mortelle. La confrontation \u00e0 la perte n\u2019est pas supportable&nbsp;: perte de l\u2019objet aim\u00e9 (<em>alter ego<\/em> et prolongement d\u2019elle-m\u00eame), mais surtout perte de l\u2019illusion d\u2019un narcissisme infantile tout puissant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>les gar\u00e7ons, j\u2019ai essay\u00e9 c\u2019est bien mais pour s\u2019amuser&nbsp;; avec ma copine, c\u2019est du s\u00e9rieux<\/em>&nbsp;\u00bb. Nous voil\u00e0 ainsi pr\u00e9venus&nbsp;! Dans la revendication adolescente contemporaine, la bisexualit\u00e9 aconflictuelle \u00ab&nbsp;<em>ne peut donner \u00e0 voir que des malentendus<\/em>&nbsp;\u00bb (Fedida, <em>op.cit.<\/em>). La diff\u00e9rence des sexes la sert dans le traitement des diff\u00e9rences&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>les gar\u00e7ons, ce n\u2019est pas s\u00e9rieux alors qu\u2019avec ma petite amie, c\u2019est \u2018\u2019\u00e0 la vie \u00e0 la mort\u2019\u2019<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La sexualit\u00e9 bisexuelle de Diane autorise le traitement psychique des modalit\u00e9s du complexe d\u2019\u0152dipe dans leur valence incestueuse comme meurtri\u00e8re. Dans la suite de la rupture amoureuse, qui Diane a-t-elle voulu tuer dans son autolyse&nbsp;? La m\u00e8re doublement d\u00e9cevante&nbsp;: la femme du p\u00e8re et la m\u00e8re originaire perdue\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi la bisexualit\u00e9 porte-t-elle en elle-m\u00eame une fonction de m\u00e9diation entre fantasme et sexualit\u00e9 g\u00e9nitale, entre narcissisme et objectalit\u00e9, entre identification et choix d\u2019objet, entre rejet et int\u00e9gration de la diff\u00e9rence des sexes. Si elle menace les adolescentes les plus fragiles, elle peut aussi les accompagner vers des rivages plus accueillants (de Luca, 2017).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Inach\u00e8vement<\/h2>\n\n\n\n<p>J.B. Pontalis le rappelle (1973), avec la compl\u00e9tude, c\u2019est la survie de l\u2019esp\u00e8ce humaine qui est en danger. Il existe une \u00e9quation selon laquelle le bisexu\u00e9 \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019asexu\u00e9. La fusion mortif\u00e8re des deux sexes assigne la st\u00e9rilit\u00e9 et l\u2019impuissance, litote de la mort. La section qui fait entrer dans la sexuation inaugure pour l\u2019esp\u00e8ce humaine un nouvel ordre des g\u00e9n\u00e9rations. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la bissection de ces \u00eatres doubles que l\u2019union sexuelle devient indispensable \u00e0 la survie de l\u2019esp\u00e8ce&nbsp;! On passe ainsi de s\u2019unir \u00e0 l\u2019autre pour ne faire qu\u2019un (1+1=1) \u00e0 s\u2019unir \u00e0 l\u2019autre pour faire un (1+1=3) \u2026 on sort du narcissisme pour s\u2019engager sur la route de l\u2019objet et de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Dejours (2003) insiste&nbsp;: \u00ab&nbsp;lorsque les adultes assignent un genre \u00e0 un enfant, ils ne savent pas eux-m\u00eames exactement ce qu\u2019ils entendent par m\u00e2le ou femelle, masculin ou f\u00e9minin, homme ou femme&nbsp;\u00bb.<\/li><li>Ce paragraphe a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans Gueniche, K. (2014). La perversion est-elle anatomique&nbsp;? In Andr\u00e9, J. <em>La perversion, encore<\/em>, Paris, PUF, pp. 55-75.<\/li><\/ol>\n\n\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Dejours, C. (2003). Pour une th\u00e9orie psychanalytique de la diff\u00e9rence des sexes, In Green, Grunich-Simitis, Laplanche &amp; Schimek (dir.), <em> Sur la th\u00e9orie de la s\u00e9duction<\/em> , 55-67, Paris, In Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours, C. (2009). Le corps comme exigence de travail pour la pens\u00e9e In Chabert, C. (sous la direction), <em> Psychopathologie des limites<\/em> , Paris, Dunod, pp.52-88.<\/p>\n\n\n\n<p>De Luca, M. (2017). La petite sir\u00e8ne In Chabert (sous la dir.), <em> P\u00e8re ou M\u00e8re<\/em> , Er\u00e8s, Toulouse, 191-201.<\/p>\n\n\n\n<p>Fedida, P. (1973). <em> D\u2019une essentielle dissym\u00e9trie de la psychanalyse<\/em> , NRP, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1905). <em> Trois essais sur la th\u00e9orie de la vie sexuelle<\/em> , Paris, Gallimard, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1908). Les fantasmes hyst\u00e9riques et leur relation \u00e0 la bisexualit\u00e9, <em> OCF VIII<\/em> , PUF, Paris, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud (1915-17). Le\u00e7ons d\u2019introduction \u00e0 la psychanalyse, XXI<sup> e<\/sup> Le\u00e7on&nbsp;: D\u00e9veloppement de la libido et organisations sexuelles, <em> \u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> , tome XIV, p. 332.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1919). <em> L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et autres essais<\/em> , Paris, Gallimard, 1985.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S. (1923). Le moi et le surmoi (id\u00e9al du moi), In <em> Le moi et le \u00e7a, \u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em> , Tome XVI, Paris, PUF, 1991, 255-303.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1937) \u00ab&nbsp;L\u2019analyse avec fin et l\u2019analyse sans fin&nbsp;\u00bb, <em> R\u00e9sultats, Id\u00e9es, Probl\u00e8mes<\/em> , Tome 2, Paris, Puf, 1995, 231-268.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, S., Bullitt, W. (1930-1938). Le Pr\u00e9sident Wilson, <em> OCF XVIII<\/em> , PUF, Paris, 2015.<\/p>\n\n\n\n<p>Golse, B., Jardin, F. (2003). Se savoir ou se sentir gar\u00e7on ou fille, <em> Journal de la Psychanalyse de l\u2019enfant<\/em> , 33, 131-142.<\/p>\n\n\n\n<p>Green A. (1997). Bisexualit\u00e9 et homosexualit\u00e9 (s) in <em> Les chaines d\u2019Eros<\/em> , Odile Jacob, Paris&nbsp;: pp. 207-218.<\/p>\n\n\n\n<p>Gueniche K. (2010a) Le processus d\u2019\u00e9laboration de l\u2019identit\u00e9 sexuelle &#8211; Le cas des enfants n\u00e9s avec un trouble du d\u00e9veloppement du sexe In&nbsp;: Ciccone A. ed. <em> Handicap, Identit\u00e9 sexu\u00e9e et vie sexuelle<\/em> . Paris, Er\u00e8s&nbsp;: 237-253.<\/p>\n\n\n\n<p>Gueniche, K. (2010b). Gar\u00e7on ou fille&nbsp;? Les destins de l\u2019anatomie. Approche clinique de l\u2019intersexuation. <em> Champ Psychosomatique<\/em> , 56, 101-112.<\/p>\n\n\n\n<p>Mac Dougall J. (1973). L\u2019id\u00e9al hermaphrodite et ses avatars, <em> NRP<\/em> , Gallimard, p. 410.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel, A. (2008). L\u2019annonce de l\u2019intersexualit\u00e9&nbsp;: enjeux psychiques, <em> Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em> , 56, 6, 365-369.<\/p>\n\n\n\n<p>Ovide (1992). <em> Les m\u00e9tamorphoses<\/em> , Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Pontalis, J-B. (1973). L\u2019insaisissable entre-deux, <em> NRP<\/em> , 7, 13-23.<\/p>\n\n\n\n<p>Rajon A.-M. (1998). La naissance de l\u2019identit\u00e9 dans le cas des ambigu\u00eft\u00e9s sexuelles, <em> Psychiatrie Enfant<\/em> , 1998&nbsp;; XLI, 1&nbsp;: 5-36.<\/p>\n\n\n\n<p>Rajon, A.-M. (2008). Ce que nos apprennent les parents d\u2019enfants porteurs d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 g\u00e9nitale, <em> Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em> , 56, 370-376.<\/p>\n\n\n\n<p>Widl\u00f6cher D. (2005). Narcissisme et identification, <em> Libres cahiers pour la psychanalyse<\/em> , 11 (1), 77-89.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10722?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9ambule Mettre au travail la question de la bisexualit\u00e9 psychique \u00e0 l\u2019aune des exp\u00e9riences du corps d\u2019une part et dans une travers\u00e9e de l\u2019enfant \u00e0 l\u2019adolescent d\u2019autre part est une gageure. 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