{"id":10721,"date":"2021-08-22T07:32:37","date_gmt":"2021-08-22T05:32:37","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-clinique-des-troubles-instrumentaux-aujourdhui-au-regard-du-cas-de-melodie-2\/"},"modified":"2021-10-08T04:31:31","modified_gmt":"2021-10-08T02:31:31","slug":"la-clinique-des-troubles-instrumentaux-aujourdhui-au-regard-du-cas-de-melodie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-clinique-des-troubles-instrumentaux-aujourdhui-au-regard-du-cas-de-melodie\/","title":{"rendered":"La clinique des troubles instrumentaux aujourd&rsquo;hui au regard du cas de M\u00e9lodie"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">I \u2013 Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>La p\u00e9dopsychiatrie est aujourd\u2019hui travers\u00e9e par de vifs d\u00e9bats&nbsp;: on sait en effet que l\u2019orientation psychodynamique qui donne une place prioritaire \u00e0 l\u2019analyse psychopathologique est battue en br\u00e8che par le retour de mod\u00e8les m\u00e9dicaux traditionnels, habill\u00e9s de technicit\u00e9 \u00ab&nbsp;post-moderne&nbsp;\u00bb. Ces mod\u00e8les sont bas\u00e9s sur les travaux, certes passionnants, de la psychologie cognitive et de la neuropsychologie et sur une s\u00e9miologie descriptive valorisant le comportement et le sympt\u00f4me devenu \u00ab&nbsp;trouble&nbsp;\u00bb \u00e0 r\u00e9duire ou d\u00e9ficit \u00e0 combler au d\u00e9triment de l\u2019analyse du fonctionnement mental et du contexte relationnel, familial et social qui leur donne sens et permet d\u2019en saisir les enjeux intrapsychiques et interpersonnels. Un exemple caricatural de ce que nous ne pouvons que baptiser de r\u00e9gression dans la pratique quotidienne tant les conceptions th\u00e9oriques et surtout les propositions th\u00e9rapeutiques en sont pauvres (abord m\u00e9dicamenteux et\/ou r\u00e9\u00e9ducatif exclusif) vient de nous en \u00eatre fourni par le rapport si d\u00e9cri\u00e9 de l\u2019INSERM sur le trouble des conduites et son utilisation d\u00e9magogique \u00e0 des fins \u00e9lectoralistes et le plus r\u00e9cent rapport sur les troubles des apprentissages. Ce mod\u00e8le est maintenant devenu dominant au sein de l\u2019\u00c9ducation Nationale par le biais de la circulaire du 4\/05\/2001, reprise dans le Bulletin Officiel (n?6 du 7\/02\/2002) qui d\u00e9clare que \u00ab&nbsp;les troubles sp\u00e9cifiques du langage oral et \u00e9crit (dysphasies, dyslexies) sont \u00e0 situer dans l\u2019ensemble plus vaste des troubles sp\u00e9cifiques des apprentissages qui comportent aussi les dyscalculies, les dyspraxies et les troubles attentionnels avec ou sans hyperactivit\u00e9 (&#8230;). Ces troubles sont consid\u00e9r\u00e9s comme primaires, c\u2019est-\u00e0-dire que leur origine est suppos\u00e9e d\u00e9veloppementale, ind\u00e9pendante de l\u2019environnement socioculturel d\u2019une part, et d\u2019une d\u00e9ficience av\u00e9r\u00e9e ou d\u2019un trouble psychique d\u2019autre part&nbsp;\u00bb. Le risque est donc grand de voir aujourd\u2019hui les troubles des apprentissages et les troubles instrumentaux qui les sous-tendent d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leur complexit\u00e9 au profit d\u2019un \u00ab&nbsp;tout instrumental&nbsp;\u00bb \u00e0 \u00e9tiologie organique exclusive, devenu un \u00ab&nbsp;tout c\u00e9r\u00e9bral&nbsp;\u00bb isol\u00e9 de la dimension psychique et contextuelle, visant l\u2019\u00e9radication du sujet et de l\u2019intersubjectivit\u00e9. Je ne nie pas le fait que d\u2019\u00e9ventuelles difficult\u00e9s maturatives neurologiques puissent intervenir dans un certain nombre de cas, mais il est non conforme \u00e0 la clinique et donc peu scientifique de soutenir l\u2019ind\u00e9pendance de ces troubles de la relation avec l\u2019environnement (familial, p\u00e9dagogique) et du reste de la vie mentale, en particulier comme je le montrerai plus avant du traitement des excitations pulsionnelles par le biais de la symbolisation. Cette conception est certes en vogue aupr\u00e8s des parents et de certains enseignants, mais un minimum d\u2019analyse nous montre qu\u2019elle participe d\u2019une intol\u00e9rance grandissante du socius vis \u00e0 vis de sa propre conflictualit\u00e9 psychique. Le public est en effet davantage attir\u00e9 aujourd\u2019hui par l\u2019espoir de solutions id\u00e9alis\u00e9es, magiques et toutes puissantes \u00ab&nbsp;au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019int\u00e9r\u00eats financiers et politiques effectivement puissants&nbsp;\u00bb (G. Lucas, 2002, p. 96) que par l\u2019\u00e9laboration mentale plus incertaine, angoissante et moins imm\u00e9diate.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle orientation \u00e0 propos des conceptions explicatives des troubles des apprentissages a toutefois pu \u00eatre favoris\u00e9e par l\u2019apparent d\u00e9dain des cliniciens et psychopathologues pour les fonctions du \u00ab&nbsp;Moi&nbsp;\u00bb, les troubles des dites fonctions dont les troubles instrumentaux (troubles cognitifs, dyspraxies, dyslexies-dysorthographies, etc.) qui sous-tendent les difficult\u00e9s d\u2019apprentissage, troubles souvent d\u00e9laiss\u00e9s du fait de leur apparente liaison \u00e0 des facteurs organiques et en raison de leur aspect m\u00e9caniciste. Leur prise en charge \u00e9tait alors d\u00e9laiss\u00e9e par les cliniciens au profit des r\u00e9\u00e9ducateurs dont le travail pouvait \u00eatre d\u00e9daign\u00e9, l\u2019absence de reconnaissance de ceux-ci les amenant \u00e0 renoncer \u00e0 leur identit\u00e9 et \u00e0 ambitionner des fonctions th\u00e9rapeutiques v\u00e9cues comme plus nobles. Ou alors les troubles instrumentaux \u00e9taient l\u2019objet d\u2019interpr\u00e9tations psychanalytiques plaqu\u00e9es sur le mod\u00e8le de la n\u00e9vrose et du conflit intrapsychique ou encore l\u2019objet de conceptions \u00e9tiologiques psychog\u00e9n\u00e9tiques lin\u00e9aires bas\u00e9es sur un suppos\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u00e9sir n\u00e9gatif de la m\u00e8re&nbsp;\u00bb ce qui ne leur faisait pas justice. Heureusement de nouveaux travaux, bas\u00e9s sur une conception unitaire de la personne et ancr\u00e9s sur les recherches contemporaines concernant la pathologie du narcissisme et du lien \u00e0 autrui, voient aujourd\u2019hui le jour et renouvellent les mod\u00e8les psychopathologiques aptes \u00e0 permettre de comprendre et mieux soigner ces troubles car ils d\u00e9cloisonnent les th\u00e9ories et les modes de prise en charge (Gibello, 1995&nbsp;; Boimare, 1999&nbsp;; Flagey, 2002&nbsp;; Jumel, 2005&nbsp;; Berger, 2006). Nous savions pourtant de longue date que \u00ab&nbsp;dans une perspective dynamique du d\u00e9veloppement psychique de l\u2019enfant, le domaine des fonctions instrumentales, c\u2019est-\u00e0-dire des modes de ma\u00eetrise du milieu, des moyens utilis\u00e9s par un sujet pour se conna\u00eetre, conna\u00eetre le monde ext\u00e9rieur, agir sur lui, ne peut \u00eatre dissoci\u00e9 de la vie affective&nbsp;\u00bb (Mazet et Houzel, 1979, p.&nbsp;147). L\u2019intrication est en effet serr\u00e9e entre l\u2019\u00e9volution intellectuelle, le d\u00e9veloppement de la motricit\u00e9, les acquisitions du langage, voire leurs dysfonctionnements dans lesquels d\u2019ind\u00e9niables facteurs organiques peuvent intervenir, et l\u2019ensemble de la vie psychique. Toute fonction qu\u2019elle soit corporelle, motrice, intellectuelle ou langagi\u00e8re est in\u00e9vitablement objet d\u2019investissements narcissiques et objectaux par l\u2019enfant et ses parents dans un jeu relationnel et identificatoire o\u00f9 le plaisir de la dite fonction occupe une place centrale. Ainsi, pris entre le corps et le langage, la nature et la culture, le psychisme trouve-t-il des voies originales orient\u00e9es dans le sens de la libert\u00e9 et de la cr\u00e9ativit\u00e9 ou au contraire dans le sens de la r\u00e9p\u00e9tition et de l\u2019ali\u00e9nation. L\u2019aspect apparemment d\u00e9ficitaire de ces troubles instrumentaux ne doit pas nous faire oublier qu\u2019ils n\u2019en constituent pas moins des solutions d\u00e9fensives singuli\u00e8res face \u00e0 des angoisses souvent archa\u00efques li\u00e9es \u00e0 des perturbations dans la constitution des rep\u00e8res identitaires, des assises narcissiques, des pr\u00e9mices de la symbolisation et entrent ainsi dans des syst\u00e8mes d\u2019\u00e9quilibre difficilement mobilisables ou le refus de l\u2019apport de l\u2019autre prend une place cons\u00e9quente.<br>Dans une enqu\u00eate de 1998 r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019aide de la CFTMEA cit\u00e9e par R. Mis\u00e8s (2004), il est constat\u00e9 que \u00ab&nbsp;la grande majorit\u00e9 des troubles des fonctions instrumentales sont pris dans des perturbations \u00e9volutives complexes, principalement dans des pathologies limites de l\u2019enfance&nbsp;\u00bb (p. 354). Selon Mis\u00e8s \u00ab&nbsp;dans ces organisations limites, les retards et les dysharmonies des grandes fonctions cognitives et instrumentales s\u2019inscrivent dans un processus marqu\u00e9 par les d\u00e9faillances du narcissisme et de l\u2019auto-\u00e9rotisme, par les d\u00e9fauts d\u2019\u00e9laboration des angoisses d\u00e9pressive et de s\u00e9paration, par la pr\u00e9carit\u00e9 du fonctionnement du pr\u00e9conscient&nbsp;\u00bb (Mis\u00e8s, 2004, p.&nbsp;354). L\u2019enfant est touch\u00e9 dans ses capacit\u00e9s de symbolisation et de repr\u00e9sentation, il \u00e9choue \u00e0 penser l\u2019objet absent et dans le processus d\u2019int\u00e9gration psych\u00e9-soma. Pourtant des capacit\u00e9s adaptatives peuvent se d\u00e9velopper en secteur \u00e0 travers un fonctionnement en faux self, ce qui am\u00e8ne l\u2019enfant \u00e0 consulter tardivement pour des troubles instrumentaux et des troubles des conduites ayant pes\u00e9 sur les processus d\u2019apprentissage alors que la souffrance du sujet et la complexit\u00e9 du probl\u00e8me a longtemps \u00e9t\u00e9 minimis\u00e9e ou d\u00e9ni\u00e9e par l\u2019entourage. Aussi le temps de l\u2019analyse psychopathologique reste essentiel pour \u00e9viter la collusion contemporaine entre un abord explicatif r\u00e9ducteur et le d\u00e9ni du monde interne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">II \u2013 Le cas \u00ab&nbsp;M\u00e9lodie&nbsp;\u00bb (cf protocoles p.29-31)<\/h2>\n\n\n\n<p>Que nous apporte l\u2019analyse du cas de M\u00e9lodie \u00e0 cet \u00e9gard&nbsp;? Je me centrerai ici sur l\u2019\u00e9tude de l\u2019entretien, des projectifs et du dessin en essayant de d\u00e9gager les caract\u00e9ristiques essentielles du fonctionnement psychique de M\u00e9lodie, \u00e0 bien des \u00e9gards non seulement complexe mais \u00e9nigmatique, pour tenter de relier ces caract\u00e9ristiques \u00e0 certains aspects relatifs \u00e0 la dyspraxie d\u00e9gag\u00e9s par Catherine Weismann-Arcache, sp\u00e9cialement les dimensions de l\u2019investissement du corps, de l\u2019espace et de la pens\u00e9e. Ce faisant je serai amen\u00e9 \u00e0 poser un certain nombre de questions qui pourront \u00eatre \u00e9clair\u00e9es par l\u2019expos\u00e9 de Fabien Joly (cf p.39-48) et reprises dans la discussion.<\/p>\n\n\n\n<p>Un mot d\u2019abord sur la clinique de l\u2019entretien. M\u00e9lodie est donc la jeune fille unique de 14 ans d\u2019un couple tr\u00e8s soud\u00e9 mais dont la place de la m\u00e8re, telle qu\u2019elle est rapport\u00e9e ici, doit susciter, j\u2019imagine, un certain nombre d\u2019\u00e9mois contre-transf\u00e9rentiels n\u00e9gatifs tant pour le personnel qui s\u2019occupe de M\u00e9lodie que pour l\u2019examinatrice. L\u2019omnipr\u00e9sence, l\u2019hyperprotection anxieuse, le barrage \u00e0 l\u2019\u00e9gard des tiers, du p\u00e8re en particulier, aliment\u00e9 par des fantasmes mortif\u00e8res et probablement incestueux (\u00ab&nbsp;Si je te la laisse au bout d\u2019une semaine elle est morte&nbsp;\u00bb), la pr\u00e9sentation du monde (de l\u2019espace) ext\u00e9rieur v\u00e9cu comme massivement dangereux, pourraient faire se poser imm\u00e9diatement des questions concernant la pathog\u00e9nie maternelle&nbsp;: l\u2019empi\u00e8tement (donc le d\u00e9faut de contenance et de pare-excitation) voire l\u2019identification projective intrusive dont elle semble faire preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard de sa fille ne seraient-elles pas responsables des difficult\u00e9s de M\u00e9lodie&nbsp;? Une s\u00e9paration n\u2019aurait-elle pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour d\u00e9gager M\u00e9lodie de son emprise&nbsp;? Je me demande pour ma part si la m\u00e8re a toujours fonctionn\u00e9 de cette mani\u00e8re ou si son anxi\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 induite ou renforc\u00e9e par la dyspraxie et la dysharmonie de sa fille auquel cas elle l\u2019aurait certes maladroitement, mais largement aid\u00e9e \u00e0 se sortir d\u2019un malaise initial probablement massif en particulier en soutenant ses investissements intellectuels, m\u00eame si elle n\u2019appara\u00eet gu\u00e8re en mesure de modifier ses positions maternelles en ce d\u00e9but d\u2019adolescence. Il me semble en effet que les projectifs et l\u2019ensemble du bilan t\u00e9moignent, m\u00eame si nous n\u2019avons pas de comparaison longitudinale possible avec un premier temps, d\u2019une \u00e9volution consid\u00e9rable probablement actualis\u00e9e par le mouvement pubertaire qui jouerait ici un r\u00f4le favorable sur des probl\u00e9matiques archa\u00efques, j\u2019y reviendrai.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je vois ou j\u2019entends une telle m\u00e8re, il me revient en t\u00eate l\u2019adage de Rosine Debray \u00ab&nbsp;plus la m\u00e8re fait mal, plus il faut \u00eatre de son c\u00f4t\u00e9&nbsp;\u00bb, entendre la soutenir narcissique-ment, condition d\u2019une modification d\u2019inter-investissements parents-enfants. Je pense \u00e9galement \u00e0 l\u2019avertissement de Ren\u00e9 Diatkine qui faisait remarquer qu\u2019une consultation &#8211; fut-elle de bilan psychologique \u00e0 l\u2019issue d\u2019une longue prise en charge &#8211; prend toujours une valeur traumatique et mobilise donc de ce fait les d\u00e9fenses de caract\u00e8re, ce qui fait que les parents se pr\u00e9sentent toujours sous leur plus mauvais jour, position a priori non d\u00e9finitive. S\u2019est-on int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de cette m\u00e8re (\u00e9trang\u00e8re honteuse nous dit-on) dont certains aspects pourraient, bien que je ne sois nullement un sp\u00e9cialiste des cryptes et autres fant\u00f4mes, hanter certaines pr\u00e9occupations plus ou moins conscientes de M\u00e9lodie et parfois infiltrer mais pas parasiter la cognition&nbsp;: pensons \u00e0 sa r\u00e9action de d\u00e9go\u00fbt face \u00e0 la croix gamm\u00e9e qu\u2019elle per\u00e7oit dans la derni\u00e8re figure des cubes de Khos. Pour autant le p\u00e8re n\u2019est pas absent, il partage avec M\u00e9lodie un certain nombre d\u2019activit\u00e9s qui ont leur importance, et il semble largement \u00e9tayer ou contenir sa femme. Lui-m\u00eame tient cependant des formules \u00e9tranges condensant sexualit\u00e9 et menaces de s\u00e9paration voire de destruction quand il dit refuser les entretiens familiaux pour ne pas \u00ab&nbsp;baiser&nbsp;\u00bb son couple. En bref \u00ab&nbsp;\u00e7a chauffe&nbsp;\u00bb dans la famille et nous allons tenter de comprendre comment M\u00e9lodie traite plus ou moins bien cette excitation d\u00e9cupl\u00e9e par la pubert\u00e9.<br>Concernant son style personnel, sa mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et son adaptation \u00e0 l\u2019examen, j\u2019ai un certain de nombre de questions \u00e0 poser \u00e0 Catherine Weismann-Arcache&nbsp;: l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de sa r\u00e9action face \u00e0 la s\u00e9paration d\u2019avec sa m\u00e8re qui lui laisse son chapeau comme on le fait d\u2019ordinaire avec un petit de 3 ans, ne peut manquer d\u2019interpeller. M\u00e9lodie est-elle \u00e0 ce moment l\u00e0 tr\u00e8s angoiss\u00e9e voire d\u00e9sorganis\u00e9e, et alors quelle qualit\u00e9 d\u2019angoisse (s\u00e9paration, perte, effondrement narcissique, autre&nbsp;?) ou n\u2019y a t-il pas une nette composante histrionique adress\u00e9e tant \u00e0 l\u2019examinatrice qu\u2019\u00e0 sa m\u00e8re. M\u00e9lodie n\u2019aurait-elle pas saisi de longue date que l\u2019adh\u00e9sion plus ou moins authentique \u00e0 ses craintes \u00e9tait la condition du maintien de l\u2019amour maternel \u00e0 son \u00e9gard, voire la condition de la non d\u00e9sorganisation de celle ci, ce qui ne pourra de toute fa\u00e7on manquer de peser sur le travail de s\u00e9paration inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;? En dit-elle quelque chose et \u00e9voque-t-elle son ambivalence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses parents autrement que sur un mode anecdotique (\u00ab&nbsp;j\u2019insupporte mon p\u00e8re, ma m\u00e8re m\u2019a vol\u00e9 mon adolescence&nbsp;\u00bb). Comment se reprend-t-elle ensuite, dans la mesure o\u00f9 elle semble tr\u00e8s bien investir le bilan, voire m\u00eame s\u2019amuser franchement face \u00e0 certaines \u00e9preuves, atteignant \u00e0 ce moment-l\u00e0 (je pense au WISC) un r\u00e9el plaisir de fonctionnement (\u00ab&nbsp;j\u2019adore ce genre d\u2019exercice&nbsp;\u00bb) m\u00eame si celui ci, probablement instable, est r\u00e9-envahi par l\u2019excitation et la perte de distance \u00e0 certaines \u00e9preuves comme \u00ab&nbsp;Compr\u00e9hension&nbsp;\u00bb. Que dit-elle de ses difficult\u00e9s, comment se prononce-t-elle par rapport \u00e0 elles, quel projet et quel choix imagine-t-elle en lien avec la probl\u00e9matique identificatoire&nbsp;? Il me semble que ces questions et les r\u00e9ponses qu\u2019elle a pu formuler conditionnent non seulement la question pos\u00e9e de la r\u00e9orientation, mais \u00e9galement celle du diagnostic et du pronostic.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Commentons maintenant les \u00e9preuves projectives<\/h2>\n\n\n\n<p>On sait depuis les travaux de C. Chabert (1993) que le Rorschach est une \u00e9preuve identitaire mettant \u00e0 l\u2019\u00e9preuve la qualit\u00e9 de la repr\u00e9sentation de soi, son int\u00e9grit\u00e9, le maintien d\u2019un investissement narcissique suffisant, probl\u00e9matiques particuli\u00e8rement aigu\u00ebs chez l\u2019adolescent, contraint \u00e0 faire face aux modifications de son image du corps, aux bouleversements pulsionnels et aux probl\u00e9matiques de perte. Je n\u2019effectue ce bref rappel que pour souligner que le Rorschach de M\u00e9lodie me para\u00eet exemplaire de la r\u00e9activation de l\u2019excitation pulsionnelle pubertaire traduite ici par un nombre \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9ponses et une efflorescence de r\u00e9ponses kinesth\u00e9siques et sensorielles (total des K = 11, S = 9, 5).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais frappent chez M\u00e9lodie les contrastes saisissants entre l\u2019utilisation de ces d\u00e9terminants, certaines planches n\u2019\u00e9tant trait\u00e9es qu\u2019\u00e0 l\u2019aide des proc\u00e9d\u00e9s sensoriels (C, C\u2019, Clob, E) exprimant une sensibilit\u00e9 anxio-d\u00e9pressive majeure, alors que d\u2019autres planches sont trait\u00e9es uniquement par le biais de kinesth\u00e9sies signant un investissement important de la pens\u00e9e. Cependant l\u2019articulation entre ces deux ordres de facteurs manque singuli\u00e8rement de souplesse d\u00e9voilant un hiatus entre impr\u00e9gnation, voire absorption passive du stimulus et r\u00e9activit\u00e9 fantasmatique sth\u00e9nique d\u2019ailleurs porteuse de sc\u00e9narios mettant en sc\u00e8ne d\u2019intenses charges pulsionnelles agressives. D\u2019autres contrastes marquent \u00e9galement ce protocole, situ\u00e9 \u00ab&nbsp;entre g\u00e9nie et folie&nbsp;\u00bb dit Catherine Weismann-Arcache&nbsp;: au niveau des contenus symbolis\u00e9s\/crus, actifs\/passifs, id\u00e9alis\u00e9s\/d\u00e9sid\u00e9alis\u00e9s ou des affects agr\u00e9ables\/d\u00e9sagr\u00e9ables sans nuance et enfin des m\u00e9canismes de d\u00e9fense de diff\u00e9rents niveaux&nbsp;: \u00e9labor\u00e9s\/archa\u00efques. Cette succession de mises en contrastes peut bien s\u00fbr \u00e9voquer des m\u00e9canismes de clivage.<\/p>\n\n\n\n<p>La sensorialit\u00e9 peut pr\u00eater \u00e0 deux analyses non forc\u00e9ment contradictoires&nbsp;: la couleur, mais \u00e9galement le blanc, le noir et les d\u00e9grad\u00e9s peuvent \u00eatre utilis\u00e9es comme \u00e9cran face aux repr\u00e9sentations sexuelles difficilement int\u00e9grables car angoissantes (pl. II&nbsp;: \u00ab&nbsp;du brouillard, une sorte de brouillard, beaucoup de brouillard, ambiance glauque et flamboyante \u00e0 la fois, un peu de sang, un peu de t\u00e9n\u00e8bres, \u00e7a fascine&nbsp;\u00bb&nbsp;; pl. IV&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ouh alors l\u00e0 je vois du sombre, beaucoup de sombre, je vois deux ombres noires&nbsp;\u00bb&nbsp;; pl. IX&nbsp;: \u00ab&nbsp;des nuages color\u00e9s, au milieu, \u00e0 peine visible, une sorte de ch\u00e2teau. Une longue tour se dresse un peu comme un ob\u00e9lisque. Elle domine un monde perdu, cach\u00e9&nbsp;\u00bb etc.), \u00e9cran auquel s\u2019associe une verbalisation labile assez caract\u00e9ristique qui pourrait faire penser \u00e0 l\u2019enveloppe d\u2019excitation hyst\u00e9rique d\u00e9crite par A. Anzieu et M. Khan. Mais un autre aspect plus inqui\u00e9tant caract\u00e9rise ces r\u00e9ponses globales impressionnistes associ\u00e9es aux d\u00e9terminants sensoriels&nbsp;: le d\u00e9faut d\u2019enveloppe formelle des images (F% tr\u00e8s bas&nbsp;: 31%) signe que la d\u00e9limitation perceptive des objets est parfois tr\u00e8s mal d\u00e9gag\u00e9e, laissant \u00e0 voir une enveloppe fragile, \u00e9vanescente voire franchement absente, et ce en lien avec deux planches (I et IX) sollicitant les repr\u00e9sentations maternelles archa\u00efques. La planche I est de ce point de vue tr\u00e8s caract\u00e9ristique des aspects \u00e0 la fois flous, peu contenants, voire liquides (\u00ab&nbsp;une horrible cro\u00fbte, un insecte \u00e9cras\u00e9, de la bave d\u2019extraterrestre&nbsp;\u00bb) de l\u2019imago maternelle archa\u00efque tr\u00e8s r\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 des dimensions destructrices. En miroir de ces aspects peu contenants la repr\u00e9sentation de soi au f\u00e9minin chez M\u00e9lodie, et donc les identifications f\u00e9minines, sont tr\u00e8s singuli\u00e8res&nbsp;: au meilleur niveau il y a une association entre le registre f\u00e9minin orificiel et le registre phallique (VIII, IX&nbsp;: \u00ab&nbsp;canyon super profond\/tour perdue&nbsp;\u00bb), alors que dans un autre registre il y a une saturation pr\u00e9g\u00e9nitale de la sexualit\u00e9 qui de ce fait prend, par projection, une coloration \u00ab&nbsp;d\u00e9moniaque&nbsp;\u00bb inqui\u00e9tante pr\u00eatant peu \u00e0 sourire malgr\u00e9 la formulation (pl. VII&nbsp;: \u00ab&nbsp;des demoiselles qui se montrent leur derri\u00e8re, elles ont de grosses jupes pour cacher le d\u00e9mon qu\u2019elles portent&nbsp;\u00bb, le d\u00e9mon \u00e9tant une t\u00eate de chien loup aux dents ac\u00e9r\u00e9es&nbsp;: Cerb\u00e8re qui garde la porte des enfers). Je pense qu\u2019une des probl\u00e9matiques difficiles \u00e0 \u00e9laborer par M\u00e9lodie sera celle de l\u2019assomption d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9 f\u00e9minine et d\u2019une g\u00e9nitalit\u00e9 qui ne soit ni trop envahie par des fantasmes destructeurs oraux-anaux, ni trop connot\u00e9e de vide sans fond \u00e0 l\u2019image de la faible contenance de l\u2019image maternelle. Le surinvestissement des repr\u00e9sentations phalliques, \u00e9rig\u00e9es, sensible \u00e9galement au TAT \u00e0 la pl. 11, prendrait alors non seulement le sens convenu d\u2019une revendication phallique mais \u00e9galement le sens d\u2019un contre-investissement maniaque d\u2019une repr\u00e9sentation de soi plus \u00e9vanescente et vide. Sur ce plan il y a condensation entre repr\u00e9sentations phalliques et repr\u00e9sentation du corps verticalis\u00e9, \u00e9rig\u00e9, en appui sur l\u2019axe m\u00e9dian qui fonde la topographie corporelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais M\u00e9lodie a des ressources dans le registre de la pens\u00e9e et de la cr\u00e9ativit\u00e9 dont t\u00e9moignent les nombreuses kinesth\u00e9sies souvent moul\u00e9es dans des G organis\u00e9s qui jalonnent son protocole. Elles v\u00e9hiculent et \u00e9laborent l\u2019intense excitation pulsionnelle agressive essentiellement, r\u00e9activ\u00e9e par certaines planches. Elles servent \u00e9galement de contenant \u00e0 une image de soi, souvent dynamique, sth\u00e9nique, \u00e9rig\u00e9e (pl. II&nbsp;: \u00ab&nbsp;des b\u00e9liers dress\u00e9s sur leurs pattes arri\u00e8res&nbsp;\u00bb, pl. III&nbsp;: \u00ab&nbsp;deux ballerines qui se tiennent sur leurs deux jambes jointes et qui se penchent en avant pour regarder quelque chose&nbsp;\u00bb). La pl. X voit une surench\u00e8re de mises en sc\u00e8nes, guerri\u00e8res port\u00e9es par de petits personnages nantis mais mena\u00e7ants voire pers\u00e9cuteurs, mise en sc\u00e8ne condens\u00e9e avec un sc\u00e9nario sexuel (se battre pour deux femmes qui se sauvent). Mais cette hyperactivit\u00e9 intellectuelle aurait aussi le sens d\u2019une lutte maniaque contre toute repr\u00e9sentation de vide \u00e0 cette derni\u00e8re planche. Le registre libidinal n\u2019est pas absent de ce protocole mais plus difficile \u00e0 traiter et vite recouvert par l\u2019id\u00e9alisation et l\u2019abstraction, l\u2019ambivalence des sentiments semblant peu \u00e9laborable. Enfin les m\u00e9canismes de d\u00e9fense rel\u00e8vent de registres diff\u00e9rents&nbsp;: intellectualisation, abstraction, refoulement mais aussi clivage, projection et id\u00e9alisation renvoyant pour l\u2019essentiel \u00e0 un registre de fonctionnement limite labile (ou hyst\u00e9rique pr\u00e9g\u00e9nital), l\u2019excitation relevant tant de l\u2019hyperr\u00e9activit\u00e9 pulsionnelle que d\u2019un registre hypomaniaque contre une d\u00e9pression narcissique sensible \u00e0 travers certains aspects de la repr\u00e9sentation de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le TAT s\u2019av\u00e8re beaucoup plus restrictif, moins cr\u00e9atif que le Rorschach, voire m\u00eame \u00ab&nbsp;engourdi&nbsp;\u00bb \u00e0 certaines planches, ce qui constitue un nouveau contraste propre au fonctionnement de M\u00e9lodie. En fait il existe une diversit\u00e9 de la productivit\u00e9 selon les planches, de m\u00eame qu\u2019il existe une grande disparit\u00e9 dans les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9criture des r\u00e9cits et donc des am\u00e9nagements d\u00e9fensifs ainsi qu\u2019au niveau des probl\u00e9matiques. L\u2019ensemble \u00e9voque une certaine discontinuit\u00e9 sinon irr\u00e9gularit\u00e9 du fonctionnement mental, propre aux organisations dites de caract\u00e8re d\u00e9crites par les psychosomaticiens et qu\u2019on peut consid\u00e9rer comme un am\u00e9nagement des \u00e9tats-limites.<\/p>\n\n\n\n<p>La frange labile, dramatis\u00e9e, assurant une vivacit\u00e9 libidinale et affective est pr\u00e9sente \u00e0 travers l\u2019investissement de la relation, une certaine th\u00e9\u00e2tralisation des situations appuy\u00e9e par la mise en dialogue, le recours aux affects plus ou moins forts, mais cette frange labile s\u2019av\u00e8re insuffisante \u00e0 d\u00e9ployer et \u00e9laborer les probl\u00e9matiques car souvent elle est stopp\u00e9e par l\u2019inhibition qui n\u00e9cessite alors la relance de l\u2019examinatrice. L\u2019exemple caricatural en est fourni aux planches 4, 6 et 7 o\u00f9 un sc\u00e9nario conflictuel dramatis\u00e9 engageant parfois une grande quantit\u00e9 d\u2019agressivit\u00e9 s\u2019amorce avant de retomber comme un soufflet. Du c\u00f4t\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s rigides, ceux-ci ne sont pas absents, ils ancrent les r\u00e9cits dans la r\u00e9alit\u00e9, tamisent parfois l\u2019excitation au besoin en recourant au fictif (un film, un Hitchcock, pl. 4) ou encore contre-investis-sent certains mouvements agressifs par le biais de formations r\u00e9actionnelles comme \u00e0 la pl. 8BM. Notons \u00e0 l\u2019intersection du A1-1 et du CL2 une sensibilit\u00e9-sensitivit\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 la physionomie ou l\u2019air des personnages (Pl. 2&nbsp;: la jeune femme a l\u2019air l\u00e9g\u00e8rement inqui\u00e8te&nbsp;; Pl. 4&nbsp;: il a l\u2019air g\u00ean\u00e9 et boudeur&nbsp;; Pl. 6&nbsp;: \u00e7a m\u2019a l\u2019air d\u2019\u00eatre un requin, un maffieux, etc.), sans me semble t-il que cette sensibilit\u00e9 ne d\u00e9passe la dimension de parano\u00efa ordinaire de l\u2019adolescent (Marty, 1997). Par ce biais M\u00e9lodie attribue aux personnages ses propres affects ou repr\u00e9sentations non traitables autrement. Except\u00e9 \u00e0 la derni\u00e8re planche blanche les proc\u00e9d\u00e9s narcissiques ne sont pas surrepr\u00e9sent\u00e9s comme c\u2019est parfois le cas chez les adolescents pour soutenir les atteintes \u00e0 l\u2019image de soi. Les \u00e9mergences des processus primaires ne sont pas envahissantes que ce soit du c\u00f4t\u00e9 de la massivit\u00e9 de la projection (on aurait pu s\u2019y attendre) comme du c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9sorganisation identitaire. Le langage est d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de bonne qualit\u00e9, tant sur le plan syntaxique que sur le plan du vocabulaire malgr\u00e9 quelques tournures populaires adolescentes, d\u2019allure hypomane. Notons enfin la capacit\u00e9 \u00e0 organiser un sc\u00e9nario inscrit dans une temporalit\u00e9 pass\u00e9\/ pr\u00e9sent\/futur malgr\u00e9 le poids de l\u2019inhibition.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant les probl\u00e9matiques, si l\u2019investissement libidinal soutenant les relations est bien pr\u00e9sent dans ses dimensions \u00e9rotiques (pl. 9) ou tendre (pl. 10) l\u2019\u0153dipe n\u2019appara\u00eet cependant gu\u00e8re structurant&nbsp;: la pl. 2 voit un scotome du personnage maternel ce qui laisse la place \u00e0 une relation de couple entre l\u2019homme et la femme du premier plan, sans r\u00e9f\u00e9rence triangulaire. La conflictualit\u00e9 est alors rabattue sur une dimension de d\u00e9munition ou de manque oral (ils auront rien \u00e0 manger pour l\u2019hiver) possiblement sous-tendue par l\u2019envie. Sur question le personnage tiers devient une servante ce qui situe la relation \u00e0 un niveau de domination\/soumission. Les probl\u00e9matiques pr\u00e9g\u00e9nitales de vol, d\u2019agression violente reviennent aux pl. 5 et 6 confrontant \u00e0 la relation aux images parentales. La probl\u00e9matique de perte est trait\u00e9e diff\u00e9remment selon les planches&nbsp;: \u00e0 la pl. 3, l\u2019affect d\u00e9pressif se relie \u00e0 une probl\u00e9matique de perte d\u2019objet d\u2019amour, assez bon niveau d\u2019\u00e9laboration m\u00eame si la fin est un peu maniaque dans une identification masculine surprenante (\u00ab&nbsp;je suis un beau gosse et j\u2019ai toutes les filles qui veulent bien de moi&nbsp;\u00bb). En revanche la pl. 13B d\u00e9voile la d\u00e9pendance aux images parentales. La pl. 6 montre les limites de l\u2019hyst\u00e9risation chez M\u00e9lodie, me semble t-il&nbsp;: en effet si l\u2019homme est per\u00e7u comme nanti, il en devient aussit\u00f4t mena\u00e7ant sinon destructeur et l\u2019h\u00e9ro\u00efne n\u2019a de cesse de \u00ab&nbsp;lui piquer&nbsp;\u00bb son flingue pour le tuer, occupant une position tr\u00e8s active et castratrice \u00e0 son \u00e9gard. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es les derni\u00e8res planches (11, 12, 16) moins structur\u00e9es, confrontant \u00e0 un univers maternel primaire sont assez inhib\u00e9es, t\u00e9moignant des difficult\u00e9s de r\u00e9gression vers des positions passives positives. Cet aspect \u00ab&nbsp;caract\u00e9riel&nbsp;\u00bb qui est en fait une sauvegarde narcissique phallique, me para\u00eet infiltrer la plupart des r\u00e9cits potentiellement violents, violence exposant d\u00e8s lors au risque de perte (pl. 1: le petit gar\u00e7on a cass\u00e9 son violon&nbsp;; pl. 4&nbsp;: la femme contrarie alors que l\u2019homme boude, pl. 19&nbsp;: le d\u00e9cor a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 la va-vite par des coups de pinceaux, etc.). Par rapport aux jeunes filles pr\u00e9pub\u00e8res et pub\u00e8res rencontr\u00e9es lors de ma th\u00e8se (Chagnon, 2002) me frappe la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9voquer la th\u00e9matique de s\u00e9paration qui \u00e9tait r\u00e9currente, parce que tol\u00e9r\u00e9e et \u00e9laborable, chez celles qui allaient bien, \u00e0 la mesure de la resexualisation des relations, les deux probl\u00e9matiques sexuelles et de perte \u00e9tant in\u00e9luctablement conjointes. Ici les issues sont souvent brusques, probablement \u00e0 l\u2019image de M\u00e9lodie elle m\u00eame, excit\u00e9e, maladroite, emp\u00eatr\u00e9e dans ses mouvements pulsionnels pubertaires vifs, sans trop de modulation entre l\u2019inhibition ou les repr\u00e9sentations d\u2019action abruptes mena\u00e7ant le lien \u00e0 l\u2019objet. Ainsi et r\u00e9actionnellement certaines positions prises \u00e0 l\u2019aube de l\u2019adolescence semblent \u00eatre excessivement r\u00e9paratrices et conciliatrices, quand l\u2019adolescent doit prendre le risque de \u00ab&nbsp;tuer&nbsp;\u00bb symboliquement ses parents pour s\u2019en d\u00e9gager&nbsp;: c\u2019est ce travail engageant n\u00e9cessairement des angoisses d\u00e9pressives qui para\u00eet le plus probl\u00e9matique dans l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je terminerai sur le r\u00e9cit de la derni\u00e8re planche (blanche) avant d\u2019associer sur le dessin car il me semble qu\u2019on peut voir se d\u00e9gager \u00e0 ce niveau les avanc\u00e9es, les potentialit\u00e9s et aussi les risques \u00e9volutifs chez M\u00e9lodie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cette feuille blanche \u00e7a me fait penser un peu \u00e0 mon histoire, une histoire qui se d\u00e9roule sur une autre plan\u00e8te, une fillette qui a le pouvoir de lire une carte indiquant un emplacement de 12 clefs permettant d\u2019ouvrir la faille du monde des d\u00e9mons, la zone obscure. A cause de \u00e7a cette pauvre petite a d\u00e9j\u00e0 perdu \u00e0 sa naissance ses parents, une amie de ses parents, et c\u2019est la s\u0153ur de celle-ci qui l\u2019a \u00e9lev\u00e9e avec son fils. Il a 16 ans et est beau gosse&nbsp;; c\u2019est un elfe du feu, immortel du moment qu\u2019il n\u2019est pas bless\u00e9&nbsp;\u00bb. Il me semble que ce r\u00e9cit ne doit pas trop inqui\u00e9ter quand aux risques \u00e9ventuellement d\u00e9lirants sur une th\u00e9matique \u00ab&nbsp;d\u00e9moniaque ou monstrueuse&nbsp;\u00bb que serait susceptible de d\u00e9velopper M\u00e9lodie.<br>Ce r\u00e9cit qui reprend, malgr\u00e9 la l\u00e9g\u00e8re perte de distance (mon histoire), un r\u00e9cit ou du moins les th\u00e8mes favoris des sc\u00e9narios qu\u2019elle \u00e9crit, condense toutes les probl\u00e9matiques de M\u00e9lodie et met en sc\u00e8ne une version narcissico-m\u00e9galomaniaque d\u2019elle-m\u00eame, tuant ses parents dans le roman familial mais leur restant fid\u00e8le par le proc\u00e9d\u00e9 d\u2019\u00e9criture (qui vient de sa m\u00e8re) et les th\u00e8mes (mythologiques et d\u00e9moniaques) qu\u2019elle partage avec son p\u00e8re (les clefs qui ouvrent la porte de l\u2019univers des d\u00e9mons \u00e9voque le jeu Age of Mythology). L\u2019amour n\u2019est pas absent du sc\u00e9nario et la r\u00e9f\u00e9rence aux Elfes, personnages myst\u00e9rieux, bons et graciles, a\u00e9riens, renvoie aux identifications certes grandioses mais f\u00e9minines et narcissisantes qu\u2019elle vise et qui soutiennent son narcissisme d\u2019enfant bless\u00e9e. L\u2019allusion r\u00e9it\u00e9r\u00e9e au monde des d\u00e9mons renverrait dans un clivage, qu\u2019A. Birraux (1996) soutient \u00eatre normal \u00e0 l\u2019adolescence, \u00e0 la projection de la part d\u2019ombre d\u2019elle-m\u00eame, li\u00e9e tant \u00e0 ses pulsions agressives et sexuelles m\u00eal\u00e9es, condens\u00e9e avec un monde interne\/externe dangereux h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019univers maternel archa\u00efque, part qu\u2019elle peine \u00e0 int\u00e9grer. Mais, \u00e0 sa d\u00e9charge, il ne semble pas qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un univers solipsiste, ferm\u00e9 sur lui-m\u00eame, puisqu\u2019il est partageable avec autrui tant dans le r\u00e9cit lui-m\u00eame (le beau gosse excitant, Elfe du feu), son p\u00e8re dans la r\u00e9alit\u00e9 puisqu\u2019elle joue avec lui, et que cet univers est import\u00e9 de nom breux films ou romans d\u2019actualit\u00e9 (Le seigneur des Anneaux, Harry Potter, etc.) qui sont objet de discussion intenses entre jeunes du m\u00eame \u00e2ge. Ainsi M\u00e9lodie poursuit \u00e0 sa mani\u00e8re par le biais d\u2019un intense travail de pens\u00e9e soutenu par la fantasmatisation inconsciente sa qu\u00eate du Graal vers la conqu\u00eate de sa f\u00e9minit\u00e9 et l\u2019assomption probablement difficile de son autonomie.<br>Le dessin de tr\u00e8s bonne facture, ce qui surprend tout de m\u00eame pour une dyspraxique, reprend ou mieux vient figurer cette image id\u00e9ale, sinon grandiose d\u2019elle-m\u00eame, \u00e0 la fois non humaine et d\u00e9livr\u00e9e des contingences terrestres par ses ailes, \u00e9vitant ainsi de tomber, mais \u00e9galement humaine jeune fille sexy illustrant la f\u00e9minit\u00e9 selon les Cournut (1993)&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019en montre suffisamment pour exciter le d\u00e9sir de l\u2019autre, mais pas trop pour \u00e9viter qu\u2019il ne s\u2019angoisse, ne parte et me laisse seule dans la d\u00e9r\u00e9liction de la perte&nbsp;\u00bb. Cette Elfe va faire comme sa m\u00e8re (signe d\u2019identification r\u00e9ussie&nbsp;?) se marier avec un Elfe d\u2019une autre race et avoir un enfant, un m\u00e9tis&nbsp;: la rencontre amoureuse est bien le lieu qui s\u00e9pare l\u2019enfant de sa m\u00e8re, l\u2019\u00e9chec de l\u2019union amoureuse signant souvent la difficult\u00e9 de la fille \u00e0 d\u00e9placer ses investissements de son objet d\u2019amour originaire, la m\u00e8re, vers l\u2019amant, sp\u00e9cialement quand le p\u00e8re n\u2019a pas triangul\u00e9 la situation. Deux \u00ab&nbsp;anomalies&nbsp;\u00bb marquent cependant ce dessin l\u2019une ayant valeur d\u2019acte manqu\u00e9 (elle oublie les mains), l\u2019autre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e&nbsp;: elle dessine son h\u00e9ro\u00efne sans pupilles. Bien s\u00fbr ces deux caract\u00e9ristiques ne manquent pas de faire associer&nbsp;: angoisse de castration, lutte contre la masturbation, conflictualisation des mouvements de ma\u00eetrise sinon d\u2019emprise dans l\u2019oubli des mains, interdit li\u00e9 au regard voyeuriste et\/ou s\u00e9ducteur ou encore \u00e9crasement de l\u2019espace et de la profondeur qui s\u00e9pare de l\u2019autre et que d\u00e9voile le regard dans l\u2019absence des pupilles.<br>J. Berg\u00e8s (1995) faisait remarquer que la dyspraxie s\u2019associait souvent \u00e0 un trouble de la vision binoculaire responsable d\u2019une phobie du regard. On ne peut pas non plus ne pas penser au regard-miroir maternel qui enrobe le corps du b\u00e9b\u00e9 et lui donne son unit\u00e9 selon la formule ch\u00e8re \u00e0 Winnicott, un regard qui ici serait manquant, non int\u00e9rioris\u00e9 chez l\u2019Elfe M\u00e9lodie et donc source de d\u00e9pressivit\u00e9. Quoiqu\u2019il en soit je pense que ce dessin montre un risque \u00e9volutif possible la concernant, celui d\u2019une trop grande sexualisation du corps et des relations, sexualisation d\u00e8s lors maniaque destin\u00e9e \u00e0 attirer le regard masculin pour pallier au regard interne d\u00e9faillant et j\u2019associerais ce risque \u00e0 l\u2019\u00e9rotisation masochiste de l\u2019angoisse, \u00e0 travers la fascination pour le sombre, l\u2019effrayant, le morbide. Si beaucoup d\u2019adolescents jouent \u00e0 se faire peur en visionnant des films d\u2019horreur ce qui leur permet de ma\u00eetriser l\u2019angoisse des transformations pubertaires et des pulsions d\u00e9moniaques, la dimension maniaque de lutte contre la d\u00e9pression mais \u00e9galement contre les angoisses pers\u00e9cutives &#8211; des repr\u00e9sentations Elfiques id\u00e9alis\u00e9es aux messes noires Sataniques &#8211; pourrait s\u2019envisager comme ultime moyen de lutter contre des troubles de l\u2019humeur en cas d\u2019\u00e9chec du travail de s\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">III \u2013 Conclusion&nbsp;: troubles instrumentaux versus troubles de la personnalit\u00e9&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>La dyspraxie se caract\u00e9rise par la difficult\u00e9 \u00e0 combiner l\u2019ensemble des gestes et des attitudes exig\u00e9s par l\u2019acte que le sujet se propose d\u2019effectuer, la pr\u00e9figuration, l\u2019anticipation de l\u2019acte \u00e9tant fauss\u00e9e dans son d\u00e9roulement spatial et temporel. L\u2019ad\u00e9quation entre le corps et l\u2019espace est perturb\u00e9e et \u00e0 l\u2019extr\u00eame l\u2019enfant ne sait plus distinguer son corps de celui d\u2019autrui, le dyspraxique \u00ab&nbsp;\u00e9tant perdu dans son corps propre et dans le monde des objets&nbsp;\u00bb (Berg\u00e8s, 1995, p.&nbsp;1585). On comprend qu\u2019un tel tableau conjoignant troubles conjoints de la motricit\u00e9, de l\u2019organisation de l\u2019espace et de l\u2019int\u00e9gration du sch\u00e9ma corporel ait pu faire penser \u00e0 des formes de psychose infantile mais Berg\u00e8s rappelle que ce tableau est constitutif du syndrome tardif de l\u2019ancien pr\u00e9matur\u00e9, ce qui doit appeler \u00e0 la prudence. Au minimum la r\u00e9alisation est lente, malhabile, dysharmonieuse et cognitivement tr\u00e8s co\u00fbteuse car l\u2019enfant pallie \u00e0 cette absence de planification globale par une succession de mouvements s\u00e9quentiels, la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies volontaires, contr\u00f4l\u00e9es consciemment. Les cons\u00e9quences scolaires en sont possiblement graves (difficult\u00e9s graphiques, de l\u2019\u00e9criture, de calcul li\u00e9s \u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 organiser l\u2019espace et le temps) mais elles sont souvent compens\u00e9es quand l\u2019enfant a un bon niveau par ailleurs et par l\u2019intellectualisation et le recours \u00e0 l\u2019abstraction. Selon M. Mazeau dont les travaux sont tr\u00e8s en vogue \u00e0 l\u2019heure actuelle, la dyspraxie a une origine neurologique et quand il n\u2019y a pas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dent neurologique connu on parlera alors de dyspraxie d\u00e9veloppementale dont il est bien soulign\u00e9 qu\u2019elle est ind\u00e9pendante de tout trouble psychoaffectif. Pour autant comment ne pas comprendre que des difficult\u00e9s profondes du d\u00e9veloppement psychique, dans la constitution d\u2019un psychisme autonome, coh\u00e9rent, structur\u00e9, s\u2019intriquent \u00e9troitement avec les troubles dyspraxiques&nbsp;? L\u2019exp\u00e9rience subjective du corps qui d\u00e9pend bien \u00e9videmment de l\u2019\u00e9quipement organique \u00e9taye, on le sait, l\u2019activit\u00e9 mentale (dont la planification de l\u2019action vers une satisfaction&nbsp;: processus secondaire) et c\u2019est sur l\u2019exp\u00e9rience de soi que se construit le sentiment d\u2019identit\u00e9, le Moi, via le Moi-Peau cher \u00e0 Anzieu, prenant appui sur le v\u00e9cu corporel.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense que cette d\u00e9ferlante du \u00ab&nbsp;sp\u00e9cifique&nbsp;\u00bb repose sur une confusion \u00e9pist\u00e9mologique majeure concernant l\u2019objet d\u2019\u00e9tude et la question de l\u2019\u00e9tiologie, confusion qui me parait n\u00e9faste \u00e0 la prise en charge de l\u2019enfant qui se doit de respecter celui-ci dans toutes ses composantes. Le cas de M\u00e9lodie, comme tous les cas peuvent se lire selon une double approche psychopathologique et cognitive, d\u00e9veloppementale ou neurologique, ce qui n\u2019implique aucunement l\u2019enfermement dans une \u00e9tiologie \u00e9troite et dans le d\u00e9bat psychogen\u00e8se\/organogen\u00e8se. Cette question me para\u00eet d\u00e9su\u00e8te et sans fondement, habilement et d\u00e9magogiquement entretenue d\u2019ailleurs par les non psychanalystes qui accusent les premiers de culpabiliser les parents. Pour la plupart des cliniciens (p\u00e9dopsychiatres et psychologues) de formation psychanalytique l\u2019\u00e9tiopathog\u00e9nie est un processus complexe, poly-factoriel, inscrit dans une temporalit\u00e9 (Golse, 2005). Dans ce processus o\u00f9 se combinent diff\u00e9rentes influences et o\u00f9 les effets peuvent devenir des causes (l\u2019apr\u00e8s-coup), ce qui invalide toute causalit\u00e9 lin\u00e9aire au profit de causalit\u00e9s circulaires et en r\u00e9seau, nier que des interactions comportementales, affectives ou fantasmatiques dans lesquelles l\u2019enfant prend une part active puissent \u00eatre pathog\u00e8nes ne para\u00eet gu\u00e8re plus scientifique que nier une \u00e9ventuelle organicit\u00e9. Par ailleurs reconna\u00eetre une participation relationnelle dans la gen\u00e8se ou la p\u00e9rennisation d\u2019un trouble n\u2019implique nullement une culpabilisation des parents qui n\u2019ont souvent pas besoin des cliniciens pour se sentir coupables. Compte ainsi pour nous beaucoup plus \u00ab&nbsp;le comment&nbsp;\u00bb (comment fonctionne la structure psychique, comment rem\u00e9dier en tablant sur le maillon le plus faible de la cha\u00eene disaient Lebovici et Diatkine) que \u00ab&nbsp;le pourquoi&nbsp;\u00bb \u00e0 jamais inconnaissable et surd\u00e9termin\u00e9. Notre objet d\u2019\u00e9tude ou notre mode d\u2019approche en tant que cliniciens ou psychopathologues est bien le fonctionnement mental appr\u00e9hend\u00e9 selon les coordonn\u00e9es de la m\u00e9tapsychologie contemporaine, ce qui n\u2019exclut pas, nous venons de le voir, le recours \u00e0 d\u2019autres mod\u00e8les, et non la recherche de \u00ab&nbsp;La&nbsp;\u00bb cause unique, position id\u00e9alisante et illusionante qui peut s\u2019av\u00e9rer pers\u00e9cutrice en cas de remise en cause d\u2019o\u00f9 le reproche de culpabilisation. De ce point de vue le bilan psychologique complet tel que pr\u00e9sent\u00e9 ici, comportant entretiens, tests intellectuels, instrumentaux si besoin et \u00e9preuves projectives est un outil pr\u00e9cieux pour analyser le fonctionnement psychique global du sujet et soutenir l\u2019analyse psychopathologique, temps pr\u00e9alable \u00e0 un abord th\u00e9rapeutique diversifi\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chi et efficace<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>J\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 ces consid\u00e9rations dans trois travaux, l\u2019un g\u00e9n\u00e9ral portant sur la tentative d\u2019\u00e9radication de la conceptualisation clinique en mati\u00e8re de troubles instrumentaux (Chagnon, 2006a), les deux autres portant sur l\u2019hyperactivit\u00e9 (Chagnon, 2006b) et la dyslexie-dysorthographie (Chagnon, \u00e0 para\u00eetre).<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences Bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Berger M. (2006). Les troubles du d\u00e9veloppement cognitif, Paris, Dunod, 3<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p>Berges J. (1995). \u00ab&nbsp;Les troubles psychomoteurs chez l\u2019enfant&nbsp;\u00bb, in Lebovici, Soul\u00e9, Diatkine (1995), Nouveau trait\u00e9 de psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent, Paris, Puf, 1571-1590.<\/p>\n\n\n\n<p>Birraux A. (2008). La projection, in Marty F. (dir.), Les grands concepts de la psychologie clinique, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Boimare S. (1999). L\u2019enfant et la peur d\u2019apprendre, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Chabert C. (1993). \u00ab&nbsp;Narcissisme et relations d\u2019objet \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;: Apport des \u00e9preuves projectives&nbsp;\u00bb, Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 du Rorschach et des M\u00e9thodes Projectives de Langue Fran\u00e7aise, 1993, 37, 183-194.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J-Y (2002). Le pronostic \u00e0 la pr\u00e9adolescence, Presses Universitaires du Septentrion.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J.-Y. (2006). \u00ab&nbsp;Avant propos&nbsp;: les TOP, THADA et autres DYS ont-ils un fonctionnement mental&nbsp;? Si oui lequel, sinon pourquoi&nbsp;?&nbsp;\u00bb (Dossier \u00ab&nbsp;Regards cliniques sur des troubles d\u2019actualit\u00e9&nbsp;\u00bb), Perspectives Psy, Vol. 45, n\u00b0&nbsp;4, 314-317.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J.-Y. (2006). \u00ab Plaidoyer pour un abord psychopathologique de l\u2019hyperactivit\u00e9 \u00bb, Perspectives Psy, Vol. 45, n\u00b0 4, 331-338.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J-Y (2008 ou 2009). \u00ab&nbsp;Regard clinique sur un cas d\u2019enfant dyslexique-dysorthographique&nbsp;\u00bb, sous la direction de Marty F., Recueil de cas cliniques en psychopathologie de l\u2019enfant, Paris, In Press, \u00e0 para\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cournut-Janin M., Cournut J. (1993). \u00ab&nbsp;La castration et le f\u00e9minin dans les deux sexes&nbsp;\u00bb, Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse, n\u00b0 congr\u00e8s, 1993, 1333-1558.<\/p>\n\n\n\n<p>Flagey D. (2002). Mal \u00e0 penser, Mal \u00e0 \u00eatre, Troubles instrumentaux et pathologie narcissique, Toulouse, Er\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Gibello B. (1995). La pens\u00e9e d\u00e9contenanc\u00e9e, Bayard.<\/p>\n\n\n\n<p>Golse B. (2005). \u00ab&nbsp;Quelques r\u00e9flexions \u00e9pist\u00e9mologiques sur les mod\u00e8les de l\u2019hyperactivit\u00e9&nbsp;\u00bb, in Joly F, ed. 2005, L\u2019hyperactivit\u00e9 en d\u00e9bat, Toulouse, Er\u00e8s, 7-14.<\/p>\n\n\n\n<p>Jumel B. (2005). Comprendre et aider l\u2019enfant dyslexique, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Lucas G. (2002). \u00ab&nbsp;Les identifications chez l\u2019enfant&nbsp;\u00bb, Danon-Boileau L., Fine A., Wainrib S. (2002), Identifications, Monographies de Psychanalyse de la RFP, Puf, 71-109.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F. (1997). \u00ab&nbsp;A propos du parricide et du matricide \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;\u00bb, in Marty F. (dir.), L\u2019ill\u00e9gitime violence. La violence \u00e0 l\u2019adolescence et son d\u00e9passement, Toulouse, Er\u00e8s, 95-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Mazet P., Houzel D. (1979). Psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent, vol. 1, Paris, Maloine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mises R. (2004), \u00ab&nbsp;Troubles instrumentaux et psychopathologie&nbsp;\u00bb, Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence, vol. 52, n\u00b0&nbsp;6, 353-355.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10721?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I \u2013 Introduction La p\u00e9dopsychiatrie est aujourd\u2019hui travers\u00e9e par de vifs d\u00e9bats&nbsp;: on sait en effet que l\u2019orientation psychodynamique qui donne une place prioritaire \u00e0 l\u2019analyse psychopathologique est battue en br\u00e8che par le retour de mod\u00e8les m\u00e9dicaux traditionnels, habill\u00e9s de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1231,1215],"thematique":[],"auteur":[1626],"dossier":[275],"mode":[61],"revue":[380],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10721","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-enfance","rubrique-psychopathologie","auteur-jean-yves-chagnon","dossier-les-troubles-dits-instrumentaux","mode-gratuit","revue-380","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10721","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10721"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10721\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17202,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10721\/revisions\/17202"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10721"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10721"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10721"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10721"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10721"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10721"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10721"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}