{"id":10709,"date":"2021-08-22T07:32:34","date_gmt":"2021-08-22T05:32:34","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/quand-la-psychanalyse-nous-aide-a-accompagner-les-sujets-violents-a-partir-de-quelques-concepts-cles-de-loeuvre-de-claude-balier-2\/"},"modified":"2021-10-01T18:09:32","modified_gmt":"2021-10-01T16:09:32","slug":"quand-la-psychanalyse-nous-aide-a-accompagner-les-sujets-violents-a-partir-de-quelques-concepts-cles-de-loeuvre-de-claude-balier","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/quand-la-psychanalyse-nous-aide-a-accompagner-les-sujets-violents-a-partir-de-quelques-concepts-cles-de-loeuvre-de-claude-balier\/","title":{"rendered":"Quand la psychanalyse nous aide \u00e0 accompagner les sujets violents. A partir de quelques concepts cl\u00e9s de l\u2019\u0153uvre de Claude Balier"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Un psychanalyste en prison<\/em>&nbsp;\u00bb c\u2019est ainsi que Claude Balier intitulait un de ses premiers articles sur son travail clinique en milieu p\u00e9nitentiaire. Cultivant et assumant l\u2019antith\u00e8se, ses deux premiers livres auront pour titre <em>Psychanalyse des comportements violents<\/em> et <em>Psychanalyse des comportements sexuels violents<\/em>. C\u2019est bien en effet \u00e0 une psychanalyse des agirs qu\u2019il nous invite en convoquant ces titres provocateurs et paradoxaux et o\u00f9 il th\u00e9orise la fonction du recours \u00e0 l\u2019acte comme \u00ab&nbsp;ultime preuve d\u2019existence face \u00e0 un d\u00e9faut de repr\u00e9sentation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi \u00e0 une clinique du vide, du clivage et de l\u2019emprise \u00e0 laquelle il nous propose d\u2019acc\u00e9der en posant les jalons d\u2019un possible accompagnement th\u00e9rapeutique de sujets dont la violence, parfois d\u00e9vastatrice, r\u00e9v\u00e8le en \u00e9cho un traumatisme indicible. Comment faire face \u00e0 grandes quantit\u00e9s d\u2019\u00e9nergie&nbsp;? Comment restaurer une fonction pare-excitatrice gr\u00e2ce \u00e0 un travail d\u2019\u00e9quipe qui rend possible l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une esquisse de mentalisation&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C. Balier a su, inlassablement, nous indiquer \u00e0 quel point nos patients demeurent primordialement humains. C\u2019est ce que nous pourrons percevoir avec ces patients en acceptant le partage affectif et en donnant toute sa valeur \u00e0 l\u2019\u00e9change de regard \u00e0 regard. C\u2019est ainsi que le th\u00e9rapeute pourra aider ces sujets \u00e0 cheminer, pris dans leur violence individuelle et la diffusion de celle-ci dans la violence institutionnelle. \u00ab&nbsp;Il est ainsi difficile de travailler cliniquement avec des individus violents car ils d\u00e9voilent notre propre destructivit\u00e9 potentielle qui implique une rencontre traumatique avec soi-m\u00eame (\u2026). Penser la violence comme si c\u2019\u00e9tait un probl\u00e8me de plus et non un probl\u00e8me constitutif de l\u2019identit\u00e9 nous met sur un faux chemin dans le traitement de la violence&nbsp;\u00bb (F. Ansermet).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette remarque lumineuse nous semble introduire de mani\u00e8re remarquable la rencontre avec une humanit\u00e9 particuli\u00e8rement mise \u00e0 mal telle que Claude Balier l\u2019a profess\u00e9e et mise en pratique autant dans son approche du vieillissement, dans une premi\u00e8re partie de sa carri\u00e8re, que dans son exercice en milieu carc\u00e9ral, tel qu\u2019il l\u2019a v\u00e9cu, th\u00e9oris\u00e9 et transmis. Elle souligne le risque de ces rencontres et ce qui s\u2019y joue dans une relation th\u00e9rapeutique dans un univers marqu\u00e9 par la violence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Psychanalyse et criminologie<\/h2>\n\n\n\n<p>C. Balier n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le premier psychanalyste \u00e0 se pencher sur la psychocriminogen\u00e8se. Un seul texte de Freud aborde v\u00e9ritablement la question de la criminalit\u00e9 apr\u00e8s un premier expos\u00e9 effectu\u00e9 en 1906 sur <em>Les m\u00e9thodes diagnostiques utilis\u00e9es en mati\u00e8re judiciaire pour l\u2019\u00e9tablissement des faits<\/em>. Il s\u2019agit du court texte concernant le criminel par sentiment de culpabilit\u00e9, publi\u00e9 en 1916 o\u00f9 il explique comment certains individus aux prises avec un sentiment de culpabilit\u00e9 inconscient et trop oppressant en sont venus \u00e0 commettre un d\u00e9lit dans le but tout aussi inconscient d\u2019\u00eatre punis (cit\u00e9 par D. Casoni et L. Brunet, <em>Psychocriminologie<\/em>, Dunod). Par la suite, de nombreux psychanalystes se sont pench\u00e9s sur le fait criminel, en essayant d\u2019int\u00e9grer leurs r\u00e9flexions dans les cadres propos\u00e9s par les conceptualisations criminologiques. Labadie (1979, 1995) identifie trois voies de recherche qui aident \u00e0 se rep\u00e9rer dans les diff\u00e9rentes voies que la psychanalyse a emprunt\u00e9es pour revisiter la criminologie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2212 La recherche d\u2019un \u00ab&nbsp;lieu&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du psychisme marqu\u00e9 par l\u2019absence et l\u2019archa\u00efque. C\u2019est ce qu\u2019a d\u00e9velopp\u00e9 Aichhorn, \u00e9ducateur et \u00e9l\u00e8ve de Freud, \u00e0 travers la description du moi d\u00e9faillant des jeunes adolescents d\u00e9linquants. Appliquant le mod\u00e8le de la n\u00e9vrose, il distinguait d\u00e9linquance manifeste et d\u00e9linquance latente. Pr\u00e9curseur des travaux sur l\u2019attachement, il estimait que la fragilit\u00e9 de la premi\u00e8re relation objectale provoque un \u00e9tat latent qui met le sujet au risque de ne pas \u00eatre capable de pouvoir diff\u00e9rer aucune satisfaction au titre du principe de r\u00e9alit\u00e9 et faire ainsi le lit des comportements d\u00e9linquants.<\/p>\n\n\n\n<p>Citons aussi Alexander qui s\u2019est essay\u00e9 \u00e0 d\u00e9gager le r\u00f4le du Moi dans l\u2019acte criminel, s\u2019appuyant sur un mod\u00e8le proche de l\u2019organodynamisme de Henri Ey, et distinguant les groupes criminels en fonction des diff\u00e9rents obstacles que rencontre le Moi du sujet. \u00ab&nbsp;Alexander et Staub, le m\u00e9decin et le juriste, (\u2026) soutiendront astucieusement que criminel et justice forment ensemble ce que le n\u00e9vros\u00e9 r\u00e9unit seul dans ses sympt\u00f4mes intrapsychiques&nbsp;: crime et expiation&nbsp;\u00bb. (Assoun, 2004). M\u00e9lanie Klein insistait, de son c\u00f4t\u00e9, dans une m\u00eame pr\u00e9occupation localisatrice, sur le Surmoi pers\u00e9cuteur et primitif \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le psychisme de ces sujets.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2212 Le r\u00eave d\u2019une organisation psychique qui expliquerait de mani\u00e8re globalisante le rapport interactionnel entre le groupe et l\u2019individu en rendant compte des conduites criminelles est poursuivi par nombre d\u2019auteurs. Selon Labadie, \u00ab&nbsp;la d\u00e9linquance a pu aussi \u00eatre envisag\u00e9e (\u2026) comme un rapport sp\u00e9cifique du sujet avec son environnement et ce, \u00e0 partir de deux concepts, la socialisation et l\u2019identification&nbsp;\u00bb. Lagache, dans une sorte de \u00ab&nbsp;clinique du travail social&nbsp;\u00bb (Labadie,1995) concevait la conduite criminelle comme un ajustement de la personnalit\u00e9 du criminel, la mise en acte d\u2019un conflit de valeurs, qui, en raison de perturbations graves de la relation m\u00e8re\/enfant n\u2019a pu r\u00e9ussir une identification permettant au sujet de s\u2019accommoder progressivement aux exigences des groupes sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott situait le fondement d\u2019une organisation anti-sociale dans la perte \u00e9v\u00e9nementielle de quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme bon et indispensable par l\u2019enfant. \u00ab&nbsp;Le vol, le mensonge peuvent ainsi tout \u00e0 la fois devenir l\u2019expression d\u2019un espoir et la demande compensatoire faite \u00e0 l\u2019environnement&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2212 La recherche d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9, ce dont a rendu compte Freud en \u00e9tudiant le \u00ab&nbsp;criminel par sentiment de culpabilit\u00e9&nbsp;\u00bb. Ainsi, pour Friedlander, les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9linquants sont en corr\u00e9lation soit avec une structure caract\u00e9rielle plus ou moins accus\u00e9e, soit avec des conflits inconscients divers qui se modulent avec cette structure caract\u00e9rielle en fonction des individus.<\/p>\n\n\n\n<p>Lacan, dans son c\u00e9l\u00e8bre article \u00e9crit avec Cenac et pr\u00e9sent\u00e9 au congr\u00e8s de criminologie de 1950 <em>Introduction th\u00e9orique aux fonctions de la psychanalyse en criminologie<\/em>, rappelle que \u00ab&nbsp;les structures de la soci\u00e9t\u00e9 sont symboliques&nbsp;; l\u2019individu en tant qu\u2019il est normal s\u2019en sert pour des conduites r\u00e9elles, en tant qu\u2019il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques&nbsp;\u00bb. La d\u00e9linquance serait ainsi \u00ab&nbsp;la r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 travers la biographie du sujet des frustrations pulsionnelles qui se seraient arr\u00eat\u00e9es comme en court-circuit sur la situation \u0153dipienne sans jamais plus s\u2019engager dans l\u2019\u00e9laboration de structure&nbsp;\u00bb. Il esquisse ainsi \u00ab&nbsp;l\u2019autre sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb du crime comme l\u2019a magistralement expos\u00e9e Legendre et sa r\u00e9f\u00e9rence au parricide.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce dernier type de parcours que l\u2019on peut inscrire la pens\u00e9e de C. Balier qui, comme on le verra plus tard, mettra l\u2019accent sur les processus qui conduisent au recours \u00e0 l\u2019acte. A la diff\u00e9rence de bien d\u2019autres, il choisira d\u2019aller \u00e0 la rencontre des d\u00e9linquants, l\u00e0 o\u00f9 leur parcours criminel les conduit&nbsp;: le monde carc\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La prison comme v\u00e9cu traumatique<\/h2>\n\n\n\n<p>C. Balier a invit\u00e9 la psychanalyse dans le soin psychique en milieu p\u00e9nitentiaire. Ce n\u2019\u00e9tait pas une mince affaire&nbsp;! Pr\u00e9curseur, son travail a aussi \u00e9t\u00e9 fondateur en permettant d\u2019int\u00e9grer ce monde particulier dans la r\u00e9flexion clinique et l\u2019accompagnement psychoth\u00e9rapeutique. Dans un pr\u00e9c\u00e9dent travail (Gravier, 1998), j\u2019\u00e9crivais que le monde p\u00e9nitentiaire est le domaine par excellence d\u2019une clinique du traumatisme&nbsp;: violence de l\u2019acte, rupture dans l\u2019histoire du d\u00e9tenu, mais aussi violence de l\u2019institution. Murs, r\u00e8gles, tensions, surpopulation, promiscuit\u00e9 et rapports de force ont toujours sembl\u00e9, jusqu\u2019au travail de C. Balier, constituer des obstacles infranchissables pour toute entreprise psychoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n\n\n<p>Travailler dans une prison, dans une soci\u00e9t\u00e9 de droit, implique <em>de facto<\/em> la reconnaissance que la sanction existe et s\u2019exerce, et, en cons\u00e9quence que la prison a une certaine l\u00e9gitimit\u00e9 quelles qu\u2019en soient ses insuffisances, les outrances et les violences qu\u2019on peut y trouver. Reconna\u00eetre une l\u00e9gitimit\u00e9 ne signifie pas cependant qu\u2019on reste passif lorsqu\u2019on se retrouve dans des situations o\u00f9 l\u2019indignit\u00e9 r\u00e8gne. Pour les soignants, la position de neutralit\u00e9 th\u00e9orique implique un exercice constant de positionnement dans l\u2019\u00e9coute. Indispensable exercice d\u2019\u00e9quilibriste pour construire une relation th\u00e9rapeutique sans faire abstraction du lieu o\u00f9 se fait la rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque soignant peut osciller entre une position empathique qui lui fait tant\u00f4t percevoir le patient d\u00e9tenu comme victime d\u2019un syst\u00e8me d\u00e9shumanisant, et tant\u00f4t le conduit \u00e0 rejeter ce m\u00eame patient comme l\u2019auteur d\u2019un acte parfois monstrueux et qui doit donc subir. La question de la prise en charge des d\u00e9linquants sexuels prend ici toute sa mesure. Tout soignant travaillant en prison doit donc se poser la question du sens et des limites du soin. En quoi ce soin s\u2019adresse-t-il \u00e0 l\u2019individu plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019institution ou \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;? Ce soin ne prend-il pas le risque de faire taire un sympt\u00f4me qui pourrait \u00eatre entendu comme une r\u00e9volte l\u00e9gitime&nbsp;? Permet-il, au contraire, au d\u00e9tenu de cheminer dans la confrontation \u00e0 ses actes et la prise de conscience d\u2019un fonctionnement psychique probl\u00e9matique&nbsp;? En quoi est-il licite de proposer cette d\u00e9marche \u00e0 un d\u00e9tenu qui n\u2019est pas forc\u00e9ment demandeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces propos, esquiss\u00e9s il y a plus de quinze ans (Gravier, 1998), restent d\u2019une br\u00fblante actualit\u00e9. Le psychiatre et le psychoth\u00e9rapeute sont maintenant d\u00e9sign\u00e9s comme les acteurs cl\u00e9s de l\u2019entreprise de pr\u00e9vention de la r\u00e9cidive. S\u2019ils ne sont pas attentifs au sens de leur action th\u00e9rapeutique, \u00e0 l\u2019\u00e9thique de leur positionnement, ils sont au risque de la confusion quant \u00e0 la place qu\u2019ils occupent dans le syst\u00e8me p\u00e9nal.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le cadre p\u00e9nitentiaire et la rencontre clinique<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte pesant, le travail f\u00e9cond de C. Balier qui a inlassablement interrog\u00e9 la violence de ses patients est particuli\u00e8rement \u00e9clairant car il a d\u00e9velopp\u00e9 certaines n\u00e9cessit\u00e9s sp\u00e9cifiques au travail avec ces patients dans ce milieu si difficile. Il insiste notamment, sur l\u2019importance d\u2019un cadre th\u00e9rapeutique s\u2019inscrivant dans l\u2019institution p\u00e9nitentiaire, non seulement, comme support th\u00e9rapeutique mais comme articulation avec le psychisme de nos patients et possibilit\u00e9 d\u2019une m\u00e9diation apaisante ouvrant \u00e0 un possible \u00e9change avec ceux-ci. Encore faut-il que ce cadre ne devienne pas une contrainte \u00e0 la parole, \u00e0 un point tel que celle-ci s\u2019en d\u00e9vitalise et qu\u2019il ne place pas celui qui doit pouvoir l\u2019\u00e9couter en position de pers\u00e9cuteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail du th\u00e9rapeute commence par la restauration de la parole et l\u2019introduction d\u2019une m\u00e9diation dans le face \u00e0 face qui oppose le d\u00e9tenu \u00e0 une histoire brutalement fig\u00e9e. Le plus grand obstacle aux soins est parfois le th\u00e9rapeute lui-m\u00eame, trop bienveillant, trop press\u00e9 d\u2019aider le d\u00e9tenu \u00e0 se r\u00e9ins\u00e9rer, \u00e0 se r\u00e9\u00e9duquer, \u00e0 comprendre ce qu\u2019il pense, lui, avoir compris. Le d\u00e9sir du th\u00e9rapeute a vite tendance \u00e0 prendre la place de celui du patient, ici, encore plus qu\u2019en d\u2019autres lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif th\u00e9rapeutique majeur d\u2019une \u00e9quipe psychiatrique tel que C. Balier l\u2019a th\u00e9oris\u00e9 dans la premi\u00e8re partie de ses \u00e9crits peut se d\u00e9cliner ainsi&nbsp;: de quelle fa\u00e7on, par quel moyen, avec quelle qualit\u00e9 relationnelle peut-on int\u00e9grer l\u2019\u00e9nergie des pulsions agressives dans un mouvement de r\u00e9organisation du fonctionnement mental que l\u2019on souhaiterait toujours plus riche et plus complexe&nbsp;? En poursuivant la pens\u00e9e de C. Balier, cr\u00e9er un espace th\u00e9rapeutique en milieu p\u00e9nitentiaire impose ainsi de prendre en compte un triple niveau de lecture et de compr\u00e9hension de la r\u00e9alit\u00e9 psychique des patients qui vient articuler 3 cadres&nbsp;: loi, prison, th\u00e9rapeutique (Gravier, 1998).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le cadre symbolique<\/em> est constitu\u00e9 par la dimension l\u00e9gale et r\u00e9glementaire \u00e0 laquelle les d\u00e9tenus s\u2019affrontent. Les d\u00e9ficiences dans la structuration psychique s\u2019actualisent dans la transgression r\u00e9p\u00e9t\u00e9e consciente ou inconsciente des lois et r\u00e8glements. C\u2019est \u00e0 ce niveau que peut souvent se lire ce qui a manqu\u00e9 dans la reconnaissance de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le cadre de vie<\/em> est le quotidien p\u00e9nitentiaire avec la brutalit\u00e9 des relations ou parfois la mise en \u00e9vidence de facult\u00e9s adaptatives surprenantes. Les multiples entrechocs rendent bien compte de ce qui se joue de col\u00e8re, de difficult\u00e9s dans l\u2019expression des affects, voire de v\u00e9cus r\u00e9gressifs et infantiles dans des rapports interpersonnels o\u00f9, <em>a priori<\/em>, n\u2019intervient pas directement une dimension th\u00e9rapeutique. Cependant l\u2019observation de ce qui s\u2019y joue a valeur de t\u00e9moignage de la r\u00e9p\u00e9tition de ce qui a rendu impossible les processus de socialisation et d\u2019\u00e9laboration des conflits.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le cadre th\u00e9rapeutique<\/em> est selon Bleger le d\u00e9positaire de la partie la plus archa\u00efque de la personnalit\u00e9. En pr\u00e9sence d\u2019identit\u00e9s morcel\u00e9es, emergeant violemment d\u00e8s que surgit la frustration, le cadre est ce qui va faire m\u00e9diation, tampon, ce qui va accueillir la violence psychique ni\u00e9e par celui-qui s\u2019y trouve pris. Cette violence, \u00e9ject\u00e9e par l\u2019agir, est major\u00e9e par la souffrance abandonnique qui tapisse l\u2019inconscient de nos patients agissants. Le cadre doit \u00eatre alors suffisamment consistant et solide pour apaiser celle-ci alors que le patient vit dans la crainte de sa r\u00e9activation. \u00ab&nbsp;Il faut en quelque sorte un cadre vivant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un cadre patent, tangible, \u00e9nonc\u00e9. C\u2019est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 un niveau intime ce que j\u2019ai appel\u00e9 le double cadre&nbsp;: celui du droit, du monde carc\u00e9ral avec lequel nous devons entretenir des relations saines, et celui du monde th\u00e9rapeutique, centr\u00e9 sur la vie personnelle du prisonnier-patient&nbsp;\u00bb (Balier, <em>La violence de vivre<\/em>, p.95, 2007)<\/p>\n\n\n\n<p>Identifier cette articulation entre les trois cadres permet d\u2019aider nos patients \u00e0 vivre leurs \u00e9motions de mani\u00e8re moins mortif\u00e8re en les aidant par une incessante mise en mots, des mots qui ne seraient plus alors des projectiles (les \u00e9l\u00e9ments <em>b\u00eata<\/em> de Bion) en les aidant aussi \u00e0 s\u2019affronter \u00e0 ce qui leur fait le plus peur, \u00e0 savoir leur effroyable vide psychique int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans le prolongement de cette logique d\u2019articulation entre les cadres que Ciavaldini th\u00e9orisera, \u00e0 propos du soin aux p\u00e9dophiles la notion d\u2019environnement th\u00e9rapeutique reposant \u00ab&nbsp;sur un syst\u00e8me d\u2019intercontenance des cadres&nbsp;: th\u00e9rapeutique, judiciaire et social&nbsp;\u00bb permettant de faire na\u00eetre la fonction tierc\u00e9isante qui fait d\u00e9faut chez ces sujets (Ciavaldini, 2006). Dans ce dispositif tel qu\u2019il le d\u00e9crit, \u00ab&nbsp;chaque intervenant tient une place singuli\u00e8re en relation avec le cadre dans lequel il exerce, mais transmet et re\u00e7oit des informations charg\u00e9es d\u2019affect\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Ciavaldini (2003, 2009), l\u2019intercontenance des cadres rend possible le travail th\u00e9rapeutique en permettant au regard de donner une existence humaine \u00e0 ce qui n\u2019\u00e9tait jusque-l\u00e0 que du domaine de la repr\u00e9sentance au sens neurologique. Reconna\u00eetre cette intercontenance c\u2019est accepter que chaque professionnel n\u2019est qu\u2019un parmi d\u2019autres, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne peut d\u00e9ployer sa propre \u00e9coute que parce que d\u2019autres professionnels existent aussi dans cet espace. \u00ab&nbsp;Ce qui est r\u00e9verb\u00e9r\u00e9 c\u2019est l\u2019existence d\u2019un autre dans un autre cadre lui m\u00eame en relation avec un autre dans un autre cadre et ainsi \u00e0 l\u2019infini\u2026.&nbsp;\u00bb (Balier, <em>La violence en abyme<\/em>, p. 369, 2006). C\u2019est ainsi que ce qui fera support d\u2019identification pour le sujet est ce qu\u2019il per\u00e7oit de la position empathique de l\u2019\u00e9quipe soignante (Ciavaldini, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>A partir du contexte p\u00e9nitentiaire, la pens\u00e9e de C. Balier nous a conduit \u00e0 envisager comme possible, sinon n\u00e9cessaire, le soin psychoth\u00e9rapeutique en appui sur un contexte plus large o\u00f9 chaque acteur social tient sa place structurante dans le cheminement possible du sujet. Il a \u00e9t\u00e9 ainsi parmi les premiers, en France du moins, \u00e0 oser ainsi une position h\u00e9r\u00e9tique qui autorise \u00e0 travailler dans l\u2019obligation de soin dans une perspective, non pas de contr\u00f4le social, mais authentiquement psychoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Prison et psychopathie<\/h2>\n\n\n\n<p>La prison est le monde de la psychopathie. Celle-ci donne \u00e0 voir un contour bien flou, auberge espagnole de la violence, qui \u00e9chappe \u00e0 rendre compte, en dehors de la sc\u00e8ne m\u00e9diatique, de ce qui se joue dans ce d\u00e9bordement d\u2019excitation qui envahit les \u00e9crans et les repr\u00e9sentations et qui produit des sujets fous dans leur violence, peu accessibles au soin tel qu\u2019on le con\u00e7oit et qui naviguent entre psychose et perversion. Ce sont ces patients que se renvoient psychiatres et hommes de loi. Trop inadapt\u00e9s pour jouer le jeu de l\u2019institution p\u00e9nitentiaire, trop violents et surtout trop au fait des r\u00e8gles et de la mani\u00e8re de les pervertir pour \u00eatre susceptibles d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme ayant perdu leur discernement. Trop r\u00e9volt\u00e9s et dans l\u2019acte pour \u00eatre susceptibles d\u2019\u00e9mettre une quelconque demande. Parfois d\u00e9lirants, souvent antisociaux, d\u2019une violence inqui\u00e9tante, beaucoup de sujets que nous rencontrons dans les prisons suscitent rejet et surtout incapacit\u00e9 des uns et des autres \u00e0 s\u2019en occuper.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils se trouvent dans un entre-deux, entre d\u00e9linquance et pathologie qui les rend, le plus souvent, incapables de s\u2019engager dans un quelconque traitement hors de situations aigu\u00ebs ou d\u2019un cadre comme celui que peut proposer le milieu p\u00e9nitentiaire. Le trouble grave de la personnalit\u00e9 se retrouve au voisinage de l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9lirante, sans que celle-ci s\u2019organise en destin\u00e9e comme dans la schizophr\u00e9nie. (Gravier, 2002). Nous sommes dans ce que Zagury appelle les \u00ab&nbsp;expressions d\u00e9concertantes de la violence pour le clinicien&nbsp;\u00bb en rappelant le livre de R. Melloy sur les psychopathes qui s\u2019interroge sur l\u2019\u00e9chec de l\u2019internalisation comme source du fonctionnement mental psychopathique. Ce trouble n\u2019est-il pas en train de devenir la norme, questionnent ces deux auteurs&nbsp;? Il subsiste cependant bien des interrogations quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 clinique de l\u2019entit\u00e9 psychopathique qui ne se d\u00e9finit plus actuellement que par un score \u00e0 une \u00e9chelle d\u2019\u00e9valuation, la <em>Psychopathie Check List<\/em> (Gravier, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p>Notre clinique se teinte, qu\u2019on le veuille ou non, de cette interrogation qui conduit \u00e0 nous demander devant chaque passage \u00e0 l\u2019acte&nbsp;: sommes-nous dans notre registre d\u2019aide et de compr\u00e9hension&nbsp;? Ces sujets sont-ils accessibles \u00e0 une entreprise th\u00e9rapeutique&nbsp;? Si la question se pose, parfois en termes acad\u00e9miques, au pr\u00e9toire, elle rev\u00eat une actualit\u00e9 cruciale au sein des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires. La pression, la violence des projections, le clivage \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les rapports quotidiens nous place dans une logique de survie o\u00f9 la principale exigence devient de remettre de la pens\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 le syst\u00e8me ne devient parfois plus qu\u2019un immense passage \u00e0 l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment nos interlocuteurs n\u2019y perdraient pas leur entendement face \u00e0 de \u00ab&nbsp;vrais&nbsp;\u00bb malades que la violence ou la d\u00e9sinsertion fait refuser des structures de soin psychiatriques ou face \u00e0 des d\u00e9tenus qui savent \u00e0 merveille faire perdre tout rep\u00e8re ou d\u00e9nier leur propre humanit\u00e9 comme celle de ceux \u00e0 qui ils s\u2019adressent&nbsp;? C. Balier loin de tenir les sujets d\u00e9sign\u00e9s comme psychopathes comme inaccessibles \u00e0 toute entreprise th\u00e9rapeutique, \u00e0 partir de son exp\u00e9rience p\u00e9nitentiaire donne des pistes pr\u00e9cieuses pour aborder ces sujets qui ne supportent pas \u00ab&nbsp;la communication des affects (\u2026) pourtant n\u00e9cessaire pour acc\u00e9der \u00e0 un v\u00e9ritable travail de mentalisation&nbsp;\u00bb. (Balier, 2005, p.151). Toutes ses strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques se tisseront autours d\u2019une compr\u00e9hension renouvel\u00e9e de l\u2019agir de ces sujets en s\u2019attachant \u00e0 en comprendre le r\u00e9gime pulsionnel \u00e0 travers l\u2019\u00e9tude de r\u00eaves d\u2019angoisse qui signent la faillite de l\u2019\u00e9laboration psychique et des phobies primaires. Les \u00e9tudes cliniques qu\u2019il propose dans son premier livre sont \u00e0 cet \u00e9gard particuli\u00e8rement \u00e9clairantes, t\u00e9moignant d\u2019une grande finesse clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi prise en compte de la fonction d\u2019objet externe, restauration de la continuit\u00e9 narcissique et travail en \u00e9quipe permettront d\u2019offrir l\u2019espace th\u00e9rapeutique permettant au sujet d\u2019entrevoir la possibilit\u00e9 d\u2019un plaisir du fonctionnement psychique (Balier, 1988).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une psychanalyse des agirs<\/h2>\n\n\n\n<p>C. Balier a rencontr\u00e9 et pens\u00e9 sa clinique, au-del\u00e0 des r\u00e9cits biographiques ou des reconstructions <em>a post\u00e9riori<\/em>, dans le cadre d\u2019une pratique active en milieu p\u00e9nitentiaire en organisant son \u00e9quipe autour d\u2019une r\u00e9flexion psychanalytique unifiante face \u00e0 la violence emprisonn\u00e9e. Le principal apport de C. Balier est d\u2019avoir pens\u00e9 ces situations en termes de processus qui renvoient \u00e0 une vision \u00e9conomique plus qu\u2019\u00e0 une vision topique de ce qui rend compte du fonctionnement psychique du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long du travail avec ces patients, c\u2019est \u00e0 de grandes quantit\u00e9s d\u2019\u00e9nergie que les th\u00e9rapeutes sont confront\u00e9s, celles-ci se diffusent comme autant d\u2019attaques contre les liens, de destructivit\u00e9 ou d\u2019agirs. De l\u00e0, l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les processus qui sous-tendent les contenus plut\u00f4t que pour ceux-ci, eux-m\u00eames peu exploitables par des interpr\u00e9tations en raison m\u00eame du d\u00e9faut d\u2019objets internes, C. Balier souligne la pr\u00e9valence de \u00ab&nbsp;La d\u00e9fense par le clivage du moi \u00e9tay\u00e9 par un d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 donne un sens aux manifestations comportementales si effrayantes de nos patients en prison&nbsp;\u00bb (Balier, 1998). Le clivage est ici plus radical que partout ailleurs, capable de mettre totalement de c\u00f4t\u00e9 la partie du Moi la plus fragile, donc la plus violente, celle qui risque d\u2019\u00eatre expos\u00e9e \u00e0 une souffrance intol\u00e9rable&nbsp;: celle du vide (Balier, 1996).<\/p>\n\n\n\n<p>On sous-estime trop souvent la violence du clivage qui donne toute sa puissance aux processus de destructivit\u00e9 qui ravagent les \u00e9quipes et se diffusent dans les institutions en rendant souvent impossible la mise en mot de la violence des patients. Loin d\u2019\u00e9viter d\u2019y \u00eatre confront\u00e9, pour C. Balier, l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019analyste doit insister sur ces processus conduisant \u00e0 la naissance de l\u2019objet. Il nous indique qu\u2019il y a un champ \u00e0 d\u00e9couvrir, en-de\u00e7\u00e0 m\u00eame des pulsions (<em>La violence de vivre<\/em>, p.82). Point de vue repris par A. Green, \u00ab&nbsp;la pulsion tend \u00e0 la satisfaction, (\u2026) mais quand elle devient recherche ou rencontre de la toute puissance ou de l\u2019an\u00e9antissement, nous sommes l\u00e0 beaucoup plus pr\u00e8s de la pulsion de mort. La relation avec la m\u00e8re est l\u00e0, il s\u2019agit de se l\u2019approprier enti\u00e8rement ou de la d\u00e9truire&nbsp;\u00bb (cit\u00e9 par Balier, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche de C. Balier se focalisera de plus en plus sur les violences sexuelles et lui permettra de d\u00e9cliner plus finement les processus qui conduisent \u00e0 l\u2019agir en essayant de pr\u00e9ciser les niveaux de diff\u00e9renciation. Ainsi, prolongeant les \u00e9laborations de P. Aulagnier, il d\u00e9finit 3 niveaux d\u2019organisation qui vont au del\u00e0 de l\u2019archa\u00efque et rendent compte, selon lui, de ce qui se joue dans l\u2019acte violent, et notamment l\u2019acte sexuel violent, entre originaire, primaire et secondaire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>l\u2019originaire fait r\u00e9f\u00e9rence au pictogramme de P. Aulagnier, il n\u2019y a pas de repr\u00e9sentation mais une menace indicible d\u2019aspiration par le vide, r\u00e9sultat du d\u00e9faut d\u2019existence de l\u2019enfant dans le regard des parents. La pulsion est l\u00e0 mais n\u2019a pu s\u2019inscrire dans une forme de r\u00e9alit\u00e9 humaine. Il ne reste que des traces sans repr\u00e9sentation des premi\u00e8res exp\u00e9riences corporelles. La fusion bouche-sein donnant lieu \u00e0 un pictogramme. C\u2019est pour Balier (2001, 2005) ce qui se passe dans le viol o\u00f9 le \u00ab&nbsp;p\u00e9n\u00e9trant-p\u00e9n\u00e9tr\u00e9&nbsp;\u00bb terrorisant est repris sur le mode de la toute puissance \u00ab&nbsp;pour replacer d\u00e9finitivement la perception \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, en faire un objet chose parfaitement ma\u00eetris\u00e9, parfois jusqu\u2019au meurtre, afin d\u2019\u00e9liminer la menace hallucinatoire&nbsp;\u00bb<\/li><li>Le primaire correspond \u00e0 une \u00e9bauche d\u2019identit\u00e9 o\u00f9 l\u2019autre est cens\u00e9 \u00e9prouver en miroir les m\u00eames d\u00e9sirs. La dynamique de l\u2019acte est fond\u00e9e sur la recherche du double. Ainsi C. Balier, identifie une gamme de comportements violents qui traduisent une \u00e9bauche d\u2019\u00e9laboration psychique, comme la f\u00e9tichisation de l\u2019objet chez les p\u00e9dophiles ou la substitution des objets parentaux \u00e0 travers les multiples provocations r\u00e9alis\u00e9es par les psychopathes.<\/li><li>Avec le secondaire, on entre dans le champ n\u00e9vrotique o\u00f9 certaines carences narcissiques peuvent \u00eatre colmat\u00e9es par des fixations p\u00e9do- philiques ou incestuelles.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un traumatisme indicible et le recours \u00e0 l\u2019acte<\/h2>\n\n\n\n<p>C. Balier d\u00e9crit, \u00e0 travers les observations qu\u2019il pr\u00e9sente dans ses publications, des \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s pr\u00e9cocement v\u00e9cus cr\u00e9ant une menace de disparition grav\u00e9e de mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile dans le fonctionnement psychique. La nature du traumatisme est essentiellement d\u2019ordre \u00e9conomique&nbsp;: un surcro\u00eet d\u2019excitation r\u00e9alisant une effraction du moi. Ce surplus d\u2019excitation peut-\u00eatre provoqu\u00e9 par des \u00e9v\u00e9nements produisant un choc ou, au contraire, par un non- \u00e9v\u00e9nement provoquant un vide dans la psych\u00e9 et conduisant \u00e0 l\u2019hallucination n\u00e9gative (C. Balier, <em>La psychanalyse et les agirs, extensions de la psychanalyse<\/em>, SPP). C\u2019est le grand m\u00e9rite de C. Balier d\u2019avoir explor\u00e9 cette clinique du vide &#8211; vide de sens &#8211; vide de repr\u00e9sentations &#8211; vide d\u2019\u00e9motion, qui met au d\u00e9fi de pouvoir penser et qui pr\u00e9vaut dans les comportements de grande violence.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les agirs, il distingue les passages \u00e0 l\u2019acte, qui contiennent malgr\u00e9 tout une certaine forme de mentalisation, des recours \u00e0 l\u2019acte dont la seule expression est la manifestation de toute puissance face \u00e0 un objet externe susceptible de r\u00e9veiller le traumatisme irrepr\u00e9sentable et suscitant une menace d\u2019an\u00e9antissement. En dehors de l\u2019acte, le sujet est prot\u00e9g\u00e9 par le clivage et le d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9. Le recours \u00e0 l\u2019acte signe une effraction \u00e9tendue du syst\u00e8me de pare-excitation, r\u00e9veille la d\u00e9tresse du nourrisson, et s\u2019accompagne d\u2019un d\u00e9bordement \u00e9conomique qui submerge et conduit \u00e0 l\u2019agir. Le sujet doit se sauver de cette d\u00e9tresse, ressentir d\u2019urgence un autre affect correcteur, un \u00e9tat de toute puissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recours \u00e0 l\u2019acte est un acte qui surgit brusquement comme un besoin imp\u00e9ratif d\u2019\u00e9craser l\u2019autre en le faisant litt\u00e9ralement dispara\u00eetre. Comment est-il possible d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une d\u00e9tresse qui repose, non sur des images mais sur des affects irrepr\u00e9sentables&nbsp;? L\u2019enjeu sera de pouvoir rencontrer \u00e0 un moment ou un autre ce v\u00e9cu d\u2019an\u00e9antissement, mais aussi de toute puissance, deux affects \u00e9prouv\u00e9s contraires et cependant coexistants sans en \u00eatre d\u00e9truits. \u00ab&nbsp;L\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur vient occuper la place laiss\u00e9e vide par l\u2019absence d\u2019organisateur, notamment l\u2019absence de construction et d\u2019investissement narcissique. C\u2019est aussi une mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter la catastrophe psychotique.&nbsp;\u00bb \u00e9crit C. Balier.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recours \u00e0 l\u2019acte pour \u00ab&nbsp;emp\u00eacher de penser&nbsp;\u00bb nous permet d\u2019associer sur la notion \u00ab&nbsp;d\u2019empreinte en creux&nbsp;\u00bb propos\u00e9e par Flavigny (1977) qui caract\u00e9riserait le noyau psychopathique. Il s\u2019agit de quelque chose de l\u2019ordre du manque et de la perte. Hochmann \u00e9voque \u00e0 ce propos la \u00ab&nbsp;recherche du paradis perdu&nbsp;\u00bb. Ceci illustre combien C. Balier a \u00e9labor\u00e9 sa pens\u00e9e dans un incessant aller-retour clinique entre transgressions et violences sexuelles d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et conduites psychopathiques de l\u2019autre. La rencontre psychoth\u00e9rapique en prison n\u2019en prend que plus de valeur pour tracer certaines lignes de force de cette approche.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le travail psychoth\u00e9rapique avec des d\u00e9tenus<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Restaurer une fonction pare-excitatrice<\/h3>\n\n\n\n<p>D\u00e8s son premier article de 1983, C. Balier esquisse les voies th\u00e9rapeutiques qu\u2019il balisera et d\u00e9veloppera comme axes centraux de sa pratique analytique en prison et qui lui permettront, en retour de f\u00e9conder une th\u00e9orisation qui ira en s\u2019enrichissant au fil de ses \u00e9crits et r\u00e9flexions. Il s\u2019agira donc de proposer au patient la reconstitution de sa capacit\u00e9 \u00e0 se prot\u00e9ger qui ira de pair avec la capacit\u00e9 des soignants \u00e0 transformer l\u2019excitation brute en quelque chose de compr\u00e9hensible donc \u00e0 fournir une r\u00e9ponse permettant la d\u00e9charge et la s\u00e9dation de l\u2019excitation. Ainsi, pourra se remettre en forme une fonction de pare-excitations, celle qui a fait d\u00e9faut dans l\u2019histoire pr\u00e9coce de ces patients.<\/p>\n\n\n\n<p>Les patients rencontr\u00e9s en prison se caract\u00e9risent par la pauvret\u00e9 de leurs fantasmes. En prison, souligne C. Balier, on fait des cauchemars, r\u00e9p\u00e9titifs, st\u00e9r\u00e9o-typ\u00e9s. Des sc\u00e8nes de violence qui surprennent, font irruption, reflets de pulsions agressives non int\u00e9gr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut faire ressurgir un fond d\u00e9qualifi\u00e9. Dans certains contacts th\u00e9rapeutiques \u00e9voqu\u00e9s par C. Balier, on parlera de \u00ab&nbsp;cadre maternel le fond d\u2019un tableau qui fait ambiance, tonalit\u00e9 affective apaisante&nbsp;\u00bb. Le cadre th\u00e9rapeutique offre une r\u00e9ponse essentielle pour le jeu des processus&nbsp;: pare-excitation sans lequel rien ne peut se construire, restauration du narcissisme par l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce qui se passe en soi,\u2026 Balier professe, en outre, l\u2019\u00ab&nbsp;indestructibilit\u00e9 du cadre rendant possible la prise de conscience du mouvement d\u2019agression, travail de s\u00e9paration&nbsp;\u00bb et c\u2019est l\u00e0 que la prison peut jouer son effet pare-excitatoire. Il en inf\u00e8re aussi un fonctionnement d\u2019\u00e9quipe qui emprunte \u00e0 la psychoth\u00e9rapie institutionnelle mais pose la question de sa viabilit\u00e9 dans un tel contexte. Mais toute indestructibilit\u00e9 a ses limites, nous ne devrons jamais l\u2019oublier.<\/p>\n\n\n\n<p>Le partage affectif, de regard \u00e0 regard, la recherche active de la rencontre avec des sujets primordialement humains Pour le patient, l\u2019autre est d\u2019embl\u00e9e un ennemi charg\u00e9 d\u2019une agressivit\u00e9 qui est en fait celle du sujet lui-m\u00eame, projet\u00e9e dans tout ce qu\u2019il rencontre. Il n\u2019y a pas d\u2019objet interne, pas de vie interne permettant de comprendre ce que peut vivre l\u2019autre, d\u2019\u00e9changer avec lui\u2026L\u2019enjeu sera bien de cr\u00e9er et proposer un lien humain en favorisant une rencontre avec l\u2019individu et son histoire enti\u00e8re et non pas seulement avec le d\u00e9linquant. C\u2019est une mani\u00e8re aussi de rappeler que ces sujets, avant d\u2019\u00eatre des auteurs d\u2019actes parfois effroyables, sont d\u2019abord des sujets primordialement humains.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la fonction du travail en \u00e9quipe de permettre avec ces patients de disposer d\u2019une caisse de r\u00e9sonance autorisant transferts, contre-transferts et inter-transferts, mais surtout interrelations qui autorisent \u00e0 se transmettre les uns aux autres ce dont on n\u2019a pas envie de parler et qui peut \u00e9clore autant du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 que du corporel. Les r\u00e8gles de fonctionnement d\u2019\u00e9quipe&nbsp;: co-th\u00e9rapie, \u00e9changer tout ce qui peut se dire pour parer \u00e0 l\u2019art de distiller et se diss\u00e9miner dans le clivage pour essayer de retrouver l\u2019affect menant le patient aux portes du traumatisme v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les soignants, on aura compris que ce n\u2019est pas une rencontre sans risque. Elle permet des rencontres inoubliables, des cheminements impr\u00e9vus, mais aussi des confrontations \u00e0 des points obscurs de notre histoire pour lesquels il faudra \u00eatre \u00e0 m\u00eame de recourir \u00e0 nos propres clivages fonctionnels (Bayle).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il faut descendre loin dans notre vie psychique pour entendre ce que transmettent nos patients et r\u00e9activer les processus originaires. Loin, jusqu\u2019aux peurs v\u00e9cues pr\u00e9cocement impossibles \u00e0 mettre en repr\u00e9sentation. Je parle naturellement de r\u00e9sonance, r\u00e9sonance qui va \u00eatre per\u00e7ue par le patient, par la voie du regard\u2026.&nbsp;\u00bb (Balier, 2007). En reprenant la notion de partage affectif et d\u2019\u00e9change de regard \u00e0 regard th\u00e9oris\u00e9s par C. Parat (1995), il donne une indication fondamentale pour l\u2019approche psycho- th\u00e9rapeutique de ces sujets&nbsp;: la rencontre, voire le transfert, ne peut se faire dans le dispositif classique de la psychoth\u00e9rapie psychanalytique. Elle n\u00e9cessite des cadres particuliers, protecteurs mais aussi rappelant l\u2019interdit de la transgression. Elle s\u2019appuie parfois sur des am\u00e9nageurs de la relation. Elle oblige, enfin, le th\u00e9rapeute \u00e0 un engagement relationnel particulier qui ne permet de rencontrer son patient qu\u2019au prix d\u2019une mise \u00e0 nu de sa propre vuln\u00e9rabilit\u00e9, celle qui lui permet d\u2019entendre les affects \u00e9l\u00e9mentaires du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Les situations limites sont profond\u00e9ment \u00e9l\u00e9mentaires, dit Labadie (1995). Nous sommes \u00e0 un seuil, imminence de la bascule, situation de bord \u00e0 bord. La relation th\u00e9rapeutique avec ces sujets ne se fonde pas dans la m\u00e9taphore, m\u00eame si \u00e0 travers notre travail d\u2019aide \u00e0 la mentalisation nous nous \u00e9puisons \u00e0 en chercher. Nous sommes dans la m\u00e9tonymie, dans le troc, violence contre \u00e9motion. La violence est contagieuse, elle nous envahit, nous prend la t\u00eate. \u00ab&nbsp;On ne quitte pas la violence comme \u00e7a&nbsp;\u00bb dit encore Labadie. Alors, avec lui, il faut bien admettre que ces rencontres th\u00e9rapeutiques rel\u00e8vent plus du frayage que de l\u2019\u00e9tayage.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9rapeutique portera, avant toute chose sur l\u2019instauration d\u2019un narcissisme constructif \u00e0 partir de l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 au processus (Balier, 2000), mais aussi de l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 par le th\u00e9rapeute sur ce qui peut avoir fait d\u00e9faut dans des relations infantiles du patient et ce qui peut \u00eatre v\u00e9cu, \u00e9prouv\u00e9, par celui-ci dans une relation o\u00f9 l\u2019on prendra soin de lui, malgr\u00e9 l\u2019insupportable de ses actes. C\u2019est dans cette perspective que se situe une des derni\u00e8res \u00e9laborations th\u00e9rapeutiques de C. Balier qui professe la mise en abyme, l\u2019abyme \u00e9tant une \u0153uvre dans l\u2019\u0153uvre. \u00ab&nbsp;C\u2019est-\u00e0-dire que tout n\u00e9vrotique que nous soyons, nous pouvons percevoir au deuxi\u00e8me degr\u00e9 ce que nos patients ont v\u00e9cu au premier&nbsp;: la destructivit\u00e9 n\u00e9antisante avec la disparition de l\u2019autre et du coup de soi m\u00eame&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Clinicien hors-pair autant que subtil th\u00e9oricien, C. Balier aura su trouver les mots pour aider les th\u00e9rapeutes \u00e0 construire leur rencontre avec les sujets violents. Il aura aussi pu nous donner un espace de pens\u00e9e donnant acc\u00e8s \u00e0 une v\u00e9ritable repr\u00e9sentation d\u2019un monde pourtant irrepr\u00e9sentable.<\/p>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Assoun P.-L.(2004), \u00ab\u00a0L\u2019inconscient du crime. La \u201ccriminologie freudienne\u201d\u00a0\u00bb, <em>Recherches en psychanalyse<\/em>, 2, 23-39 URL\u00a0: <u><a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-recherches-en-psychanalyse-2004-2-page-23.htm\">www.cairn.info\/revue-recherches-en-psychanalyse-2004-2-page-23.htm<\/a><\/u>. DOI\u00a0: 10.3917\/rep.002.0023.<\/p>\n<p>Balier, C., (1983), \u00ab\u00a0Un psychanalyste en prison\u00a0\u00bb, <em>L\u2019information psychiatrique<\/em>, 59(2), 181-182<\/p>\n<p>Balier C. (1988), <em>Psychanalyse des comportements violents<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Balier C. (1996), <em>Psychanalyse des comportements sexuels violents<\/em>. Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Balier C. (1998), \u00ab\u00a0Rencontre en prison\u00a0\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>. 62(1), 51-62.<\/p>\n<p>Balier C.(2000), \u00ab\u00a0Psychopathologie des agresseurs sexuels selon un mod\u00e8le psychanalytique\u00a0\u00bb, in A. Ciavaldini, C. Balier (Eds) <em>Agressions sexuelles pathologies, suivis th\u00e9rapeutiques et cadre judiciaires<\/em> (9-16), Paris, Masson.<\/p>\n<p>Balier C. (2001), \u00ab\u00a0Comportements violents transgressifs\u00a0\u00bb <em>Psychanalyse et psychose<\/em>, 1, 51-64.<\/p>\n<p>Balier C. (2005), <em>La violence en abyme<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Balier C. (2007),\u00ab\u00a0La toute-puissance criminelle\u00a0: une forme d\u2019autodestructivit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>Revue fran\u00e7aise de psychosomatique<\/em> 2 (32), 117-128.<\/p>\n<p>Balier C. Lema\u00eetre V., Neau F., (2007), <em>La violence de vivre<\/em>, Ramonville Saint- Agne, Er\u00e8s.<\/p>\n<p>Balier C., <em>La psychanalyse et les agirs, extensions de la psychanalyse<\/em>, site de la SPP, <u><a href=\"http:\/\/www.spp.asso.fr\/wp\/?p=7932\">http:\/\/www.spp.asso.fr\/wp\/?p=7932<\/a><\/u><\/p>\n<p>Bayle G., (2003), \u00ab\u00a0Destructivit\u00e9, d\u00e9mentalisation, clivages et cadres\u00a0\u00bb in A. Ciavaldini (Ed.), <em>Violences sexuelles. Le soin sous contr\u00f4le judiciaire<\/em>. (97-114). Paris, In Press. Ansermet, F. (2009), <em>D\u2019o\u00f9 vient le mal\u00a0? Les sources de la violence<\/em>, In\u00a0: <em>Et si l\u2019on parlait diff\u00e9remment de la violence domestique\u00a0?<\/em> (pp 29-36) actes du 4<sup>\u00e8me<\/sup> forum violences domestiques, Gen\u00e8ve, 8 octobre 2009. Acc\u00e8s\u00a0: <u><a href=\"http:\/\/www.ge.ch\/violences-domestiques\/doc\/01-03-10\\_actes\\_forum\\_VD.pdf\">http:\/\/www.ge.ch\/violences-domestiques\/doc\/01-03-10\\_actes\\_forum\\_VD.pdf<\/a><\/u><\/p>\n<p>Casoni, D., Brunet, L. (2003), <em>La psychocriminologie<\/em>, Montr\u00e9al, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Ciavaldini A. (2003), \u00ab\u00a0Dispositif inter-institutionnel pour travailler avec les familles de sujets auteurs de violences sexuelles\u00a0\u00bb in A. Ciavaldini (Ed.) <em>Violences sexuelles. Le soin sous contr\u00f4le judiciaire<\/em>. (135-142), Paris, In Press.<\/p>\n<p>Ciavaldini A. (2006), \u00ab\u00a0La p\u00e9dophilie, figure de la d\u00e9pression primaire\u00a0\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 70(1), 117-195.<\/p>\n<p>Ciavaldini A. (2009), <em>Un dispositif multi et interdisciplinaire pour le suivi ambulatoire de l\u2019auteur de violence sexuelle<\/em>, Intervention aux journ\u00e9es nationales de l\u2019ARTAAS, Marseille, 18\/09\/2009.<\/p>\n<p>Flavigny H. (1977),\u00ab\u00a0De la notion de psychopathie\u00a0\u00bb, <em>Rev. Neuropsy. Inf<\/em>., 25 (1), 19-75.<\/p>\n<p>Freud S. (1906), \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tablissement des faits par voie diagnostique et par la psychanalyse\u00a0\u00bb in <em>L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard (1985).<\/p>\n<p>Freud S. (1916), \u00ab\u00a0Quelques types de caract\u00e8res d\u00e9gag\u00e9s par le travail psychanalytique\u00a0\u00bb In <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>. 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(eds) <em>Psychiatrie l\u00e9gale et Criminologie clinique<\/em> (257-265), Elsevier Masson.<\/p>\n<p>Labadie, J.M. (1995), <em>Les mots du crime\u00a0: approche \u00e9pist\u00e9mologique de quelques discours sur le criminel<\/em>\u00a0\u00bb, Bruxelles, De Boeck.<\/p>\n<p>Labadie J.M., (1979), \u00ab\u00a0Limites et chances d\u2019une r\u00e9flexion psychanalytique en criminologie, <em>D\u00e9viance et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, 3(4), 301-322.<\/p>\n<p>Lacan. J. (1950), \u00ab\u00a0Introduction th\u00e9orique aux fonctions de la psychanalyse en criminologie\u00a0\u00bb, In <em>Ecrits<\/em>, 125-149, Paris, Seuil (1966).<\/p>\n<p>Parat C. (1995), <em>L\u2019affect partag\u00e9<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Zagury, D. (2001), \u00ab\u00a0Le psychiatre face aux expressions actuelles de la violence\u00a0\u00bb, <em>Perspectives psychiatriques<\/em>, 40(3) 194-198<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10709?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Un psychanalyste en prison&nbsp;\u00bb c\u2019est ainsi que Claude Balier intitulait un de ses premiers articles sur son travail clinique en milieu p\u00e9nitentiaire. 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