{"id":10642,"date":"2021-08-22T07:32:27","date_gmt":"2021-08-22T05:32:27","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/agenesie-et-prothese-approche-psychanalytique-du-corps-repare-2\/"},"modified":"2021-09-18T18:00:46","modified_gmt":"2021-09-18T16:00:46","slug":"agenesie-et-prothese-approche-psychanalytique-du-corps-repare","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/agenesie-et-prothese-approche-psychanalytique-du-corps-repare\/","title":{"rendered":"Ag\u00e9n\u00e9sie et proth\u00e8se : approche psychanalytique du corps \u00ab r\u00e9par\u00e9\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p>Un paradigme s\u2019est impos\u00e9 sur la sc\u00e8ne sociale, celui de \u00ab&nbsp;l\u2019humain augment\u00e9&nbsp;\u00bb, analys\u00e9 dans ce texte \u00e0 travers la probl\u00e9matique du corps \u00ab&nbsp;r\u00e9par\u00e9&nbsp;\u00bb par une proth\u00e8se. Aujourd\u2019hui plus que jamais, la m\u00e9decine fait appel \u00e0 la robotique et aux objets de synth\u00e8se pour r\u00e9parer, remplacer, voire augmenter les capacit\u00e9s d\u2019un membre ou d\u2019un organe d\u00e9faillant<sup>1<\/sup>. Gr\u00e2ce au progr\u00e8s technique actuel, il est possible aujourd\u2019hui de remplacer une jambe ou un bras manquant, une articulation de genou ou de la hanche, voire m\u00eame de \u00ab&nbsp;r\u00e9parer&nbsp;\u00bb un organe aussi vital que le c\u0153ur. Ces techniques proth\u00e9tiques peuvent aussi \u00eatre utilis\u00e9es dans le domaine sensoriel en \u00ab&nbsp;ressuscitant&nbsp;\u00bb la vue et l\u2019ou\u00efe. Le cerveau est \u00e9galement concern\u00e9 par ces prouesses techniques, au moyen d\u2019\u00ab&nbsp;implants c\u00e9r\u00e9braux&nbsp;\u00bb ins\u00e9r\u00e9s dans sa profondeur et capables d\u2019agir sur les sympt\u00f4mes parkinsoniens. Et ce progr\u00e8s technologique n\u2019a pas fini de nous surprendre puisque le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome et l\u2019introduction dans les recoins les plus inimaginables de notre corps de nano-robots t\u00e9moignant des avanc\u00e9es actuelles de la robotisation appartiennent d\u00e9sormais au champ des possibles. Cette technologisation in\u00e9dite va de pair avec une pr\u00e9tention de mutation anthropologique, que porte \u00e0 l\u2019expression le mouvement \u00ab&nbsp;transhumaniste&nbsp;\u00bb dont il est important d\u2019examiner les pr\u00e9suppos\u00e9s id\u00e9ologiques<sup>2<\/sup>. Mouvement philosophique et sp\u00e9culatif qui annonce l\u2019av\u00e8nement d\u2019une \u00e8re pr\u00e9tendant \u00e0 terme rectifier la r\u00e9alit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame s\u2019il ne s\u2019agit pas de m\u00e9conna\u00eetre, ni de m\u00e9sestimer, le gain de techniques offrant aux sujets un acc\u00e8s \u00e0 des traitements qui leur restituent un espace d\u2019autonomie, force est de constater que ces m\u00eames techniques les engagent simultan\u00e9ment dans un mouvement de \u00ab&nbsp;d\u00e9pendance technologis\u00e9e&nbsp;\u00bb. Ce que vient corroborer la clinique puisque nous observons l\u2019apparition croissante de sympt\u00f4mes non pr\u00e9vus par ces transformations que les avanc\u00e9es technologiques s\u2019autorisent \u00e0 l\u00e9gitimer. C\u2019est dire combien ce contexte d\u2019une apparente clart\u00e9 technique soul\u00e8ve un flot de questions complexes. La symbiose humain-technologie est devenue incontournable, alli\u00e9e \u00e0 une int\u00e9gration de plus en plus pr\u00e9gnante de la technologie dans notre vie quotidienne. Ce qui pr\u00e9sente un certain int\u00e9r\u00eat pour la psychanalyse puisque ces exp\u00e9riences innovantes, inscrites au c\u0153ur de ce nouvel id\u00e9al n\u00e9o-prom\u00e9th\u00e9en, font ressurgir de nombreuses questions.<\/p>\n\n\n\n<p>On rencontre ainsi l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du cr\u00e9ateur de la psychanalyse qui, d\u00e8s 1930, avance dans son texte <em>Malaise dans la culture<\/em> que l\u2019homme du futur deviendra, \u00e0 travers ses connaissances scientifiques et ses performances technologiques, \u00ab&nbsp;une sorte de dieu proth\u00e9tique&nbsp;\u00bb. Et m\u00eame si l\u2019expression \u00ab&nbsp;angoisse de castration&nbsp;\u00bb n\u2019appara\u00eet pas explicitement dans le texte, on ne saurait \u00eatre dupe de sa pr\u00e9sence sensible dans le souci de l\u2019homme de perfectionner ses organes jusqu\u2019\u00e0 faire \u00ab&nbsp;<em>dispara\u00eetre les limites de leurs performances<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup> par la voie du progr\u00e8s technique. Cela dit, se d\u00e9p\u00eache de rajouter Freud, comme les proth\u00e8ses ne feront jamais corps avec le sujet, elles \u00ab&nbsp;<em>lui donnent \u00e0 l\u2019occasion encore beaucoup de mal<\/em>&nbsp;\u00bb. Autrement dit, pass\u00e9 le temps de l\u2019illusion vient le temps de la rencontre avec le malaise anthropologique fondamental qui tient \u00e0 l\u2019humain tout autant qu\u2019il lui appartient.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est anim\u00e9e par ce questionnement que je rejoins un groupe de chercheurs<sup>4<\/sup> (m\u00e9decins, neurobiologiste, anthropologue, sociologue, philosophe, ing\u00e9nieur en robotique) int\u00e9ress\u00e9s par les effets de l\u2019hybridation technique du corps humain. Nous cr\u00e9ons alors une recherche sur la question de l\u2019utilisation de proth\u00e8ses dans les cas de \u00ab&nbsp;r\u00e9paration&nbsp;\u00bb d\u2019un membre malform\u00e9 de naissance. Ainsi est n\u00e9e le projet PICRI<sup>*<\/sup> \u00ab&nbsp;Ag\u00e9n\u00e9sie&nbsp;: des corps incomplets&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma participation \u00e0 cette recherche s\u2019inscrit dans l\u2019objectif d\u2019examiner et de prendre la mesure de ce double mouvement que la promesse d\u2019int\u00e9gration d\u2019outils techniques peut venir cr\u00e9er chez le sujet appareill\u00e9. En effet, ces situations d\u2019hybridation technique du corps me donnent l\u2019occasion de d\u00e9velopper davantage ma r\u00e9flexion et mes recherches autour de la dialectique corps-psych\u00e9 avec une hypoth\u00e8se de travail autour de la probl\u00e9matique de la passivit\u00e9-activit\u00e9, masculin-f\u00e9minin, deux composantes essentielles de la vie pulsionnelle particuli\u00e8rement sollicit\u00e9es dans les situations de recours aux proth\u00e8ses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ag\u00e9n\u00e9sie<\/h2>\n\n\n\n<p>Le terme d\u2019ag\u00e9n\u00e9sie vient de \u00ab&nbsp;<em>a-gen\u00e8se<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;: ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9. Il est utilis\u00e9 pour d\u00e9signer tout cas de malformation ou d\u2019amputation cong\u00e9nitale d\u2019une partie d\u2019un ou de plusieurs membres ext\u00e9rieurs (bras, mains, pieds, jambes). Du fait d\u2019\u00eatre une malformation cong\u00e9nitale, elle est caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019arr\u00eat du d\u00e9veloppement normal d\u2019un membre survenu au d\u00e9but de la grossesse et sans cause m\u00e9dicamenteuse ni g\u00e9n\u00e9tique. M\u00eame si les sujets ag\u00e9n\u00e9siques se confondent souvent avec les sujets amput\u00e9s, leur exp\u00e9rience corporelle est diff\u00e9rente de celle de ces derniers, car il n\u2019y a pas pour ces sujets ag\u00e9n\u00e9siques une perte subite d\u2019un membre. Et pourtant, leur r\u00e9cit de vie porte en filigrane la question du membre manquant ou mal engendr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de quelques moments de la cure avec Mathilde, petite fille ag\u00e9n\u00e9sique d\u2019une partie de son bras, je vous propose de pr\u00e9senter la fa\u00e7on dont cette situation de la naissance d\u2019un enfant malform\u00e9 va r\u00e9veiller chez ses parents certaines angoisses et comment la proth\u00e8se, solution m\u00e9dicale propos\u00e9e, s\u2019inscrit ensuite dans une logique f\u00e9tichiste. Logique dont la perspective li\u00e9e au f\u00e9tiche proth\u00e9tique a pour but de r\u00e9parer imaginairement le corps maternel, lequel a engendr\u00e9 la malformation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le traumatisme de la naissance d\u2019un enfant ag\u00e9n\u00e9sique<\/h2>\n\n\n\n<p>Au moment de la naissance d\u2019un enfant ag\u00e9n\u00e9sique, cette situation de malformation conduit, de fa\u00e7on \u00e9vidente, \u00e0 une exacerbation des \u00e9l\u00e9ments op\u00e9rant dans la vie fantasmatique des parents. Ceci nous am\u00e8ne, tout naturellement, aux fantasmes et \u00e0 l\u2019angoisse de castration pr\u00e9sents dans l\u2019instauration de la sexualit\u00e9 infantile de tout sujet car ils constituent les m\u00e9diateurs, les transporteurs vers des v\u00e9cus fantasmatiques plus archa\u00efques. (Le cas du p\u00e8re de Mathilde viendra illustrer cela). Une fois ces fantasmes connect\u00e9s, les angoisses s\u2019immiscent dans leur trace et peuvent amener les protagonistes, p\u00e8re, m\u00e8re, vers des formes de liens pr\u00e9coces s\u2019inscrivant dans des organisations archa\u00efques perverses du lien. Au moment de la naissance d\u2019un enfant ag\u00e9n\u00e9sique la question se pose&nbsp;: \u00e0 qui la faute&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation de malformation alli\u00e9e au sentiment de culpabilit\u00e9 vient relancer les questions li\u00e9es aux origines et les th\u00e9ories sexuelles infantiles, refoul\u00e9es chez l\u2019adulte. Les fantasmes et l\u2019angoisse de castration, r\u00e9activ\u00e9s par la situation, font ainsi leur entr\u00e9e et le primat du phallus, soigneusement soutenu par le discours social, prend le devant de la sc\u00e8ne. C\u2019est alors par le truchement d\u2019une promesse fascinante de r\u00e9paration, et donc au c\u0153ur d\u2019une politique phallique, que le discours et la pratique technoscientifique vont plonger et maintenir les protagonistes. La confrontation des parents \u00e0 un enfant ag\u00e9n\u00e9sique s\u2019inscrit alors dans la r\u00e9activation de cette cicatrice narcissique infantile. Car comment une m\u00e8re peut-elle occuper une fonction maternelle, c\u2019est-\u00e0-dire mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart les courants sexuels et ambivalents qui habitent le d\u00e9sir d\u2019enfant de toute femme, lorsque l\u2019enfant porte en lui la marque d\u2019un corps malform\u00e9\u00a0? La question, \u00ab\u00a0<em>Est-ce de ma faute, celle de mes organes d\u00e9fectueux\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb peut alors se poser avec une certaine acuit\u00e9. Tout se passe comme si la malformation manifeste du corps de son enfant donnait une visibilit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9ception de la petite fille d\u2019avant. Vision d\u2019un corps manquant qui s\u2019impose ainsi comme lieu du sentiment de pr\u00e9judice du pass\u00e9. Comment alors investir un enfant qui porte en lui le rappel visible de cette cicatrice propre \u00e0 la sexualit\u00e9 f\u00e9minine\u00a0? Comment, dans ce contexte, \u00e9laborer les fantasmes infanticides issus des pulsions agressives refoul\u00e9es\u00a0? Dans certains cas, ces fantasmes infanticides feront l\u2019objet d\u2019un contre-investissement par l\u2019adoption de comportements de super-protection. Ce faisant, l\u2019enfant se voit ainsi captur\u00e9 dans la probl\u00e9matique de castration de la m\u00e8re. De la capacit\u00e9 du p\u00e8re \u00e0 assurer une fonction paternelle et \u00e0 supporter la r\u00e9surgence d\u2019angoisses raviv\u00e9es par cette situation, d\u00e9pendra aussi le destin de la configuration pulsionnelle et fantasmatique de l\u2019enfant. C\u2019est sur fond de cette configuration traumatique pour les deux parents que les proth\u00e8ses apparaissent alors comme une solution. On pourrait penser que le m\u00e9decin intervient en toute objectivit\u00e9, mais cela n\u2019est que pure apparence. En d\u00e9finitive, le m\u00e9decin se trouve aussi confront\u00e9 \u00e0 la vision inqui\u00e9tante du membre d\u00e9fectueux, l\u2019amenant \u00e0 la rencontre avec \u00ab\u00a0le continent noir\u00a0\u00bb<sup>5<\/sup> constitu\u00e9 par le corps f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors une question se pose&nbsp;: dans quelle mesure la promesse des outils techniques peut-elle venir cr\u00e9er l\u2019illusion de r\u00e9parer, ou pire, d\u2019installer le d\u00e9ni de la malformation&nbsp;? Comment un enfant travers\u00e9 de plein fouet par l\u2019ambivalence des affects de cette situation va-t-il s\u2019y prendre&nbsp;? Comment va-t-il s\u2019approprier son corps lorsque le d\u00e9sir de le r\u00e9parer s\u2019impose aux parents comme un imp\u00e9ratif vital et ce, \u00e0 un point tel que, dans certains cas, le sujet exprime le sentiment d\u2019en \u00eatre dessaisi&nbsp;? En t\u00e9moigne l\u2019exemple de cet homme ag\u00e9n\u00e9sique qui me dira \u00ab&nbsp;<em>Pendant longtemps, j\u2019ai eu l\u2019impression que je n\u2019existais pas. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019adolescence que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 me reconna\u00eetre comme quelqu\u2019un<\/em>&nbsp;\u00bb. Pris dans la tentation m\u00e9lancolique maternelle, certains sujets paraissent mandat\u00e9s inconsciemment \u00e0 r\u00e9parer leurs blessures.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La promesse technico-scientifique<\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut savoir que les proth\u00e8ses sont propos\u00e9es par les \u00e9quipes m\u00e9dicales de fa\u00e7on diff\u00e9rente. Certains m\u00e9decins proposent l\u2019appareillage tr\u00e8s t\u00f4t (quand le nourrisson a quelques semaines) alors que d\u2019autres attendent l\u2019acquisition par l\u2019enfant de la position verticale (autour de huit mois). Ceux-l\u00e0 privil\u00e9gient les aspects fonctionnels et une optique diff\u00e9renci\u00e9e selon le membre touch\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019enfant, son rapport subjectif \u00e0 la proth\u00e8se n\u2019est pas moins important. Il faut savoir que dans l\u2019appareillage d\u2019un membre, la douleur, ainsi que d\u2019autres sensations corporelles occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante. Et elles exerceront une influence directe sur la fa\u00e7on dont l\u2019enfant va investir son corps ainsi que sur les modalit\u00e9s de construction de sa sexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question de l\u2019\u00e9rotisation de la douleur est un des points essentiels, puisqu\u2019elle interroge la probl\u00e9matique du plaisir et du d\u00e9plaisir, du passif\/actif int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie libidinale du sujet ag\u00e9n\u00e9sique. Quand la douleur et le d\u00e9plaisir ne sont plus le signe de quelque chose qui ne va pas, mais deviennent un des \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019\u00e9conomie libidinale du sujet, comment pourrait-il concevoir de s\u2019en passer&nbsp;? La pratique analytique nous apprend que lorsque des traumatismes pr\u00e9coces ont envahi le processus d\u2019instauration de la sexualit\u00e9, cette derni\u00e8re verra son organisation ult\u00e9rieure fortement compromise<sup>6<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mathilde<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est autour de cette probl\u00e9matique que je rencontre Mathilde, 5 ans, une petite fille ag\u00e9n\u00e9sique de la moiti\u00e9 de son bras. Comment Mathilde s\u2019y prend-elle avec sa malformation&nbsp;? Elle s\u2019\u00e9rige toute enti\u00e8re comme l\u2019objet de r\u00e9paration d\u2019une m\u00e8re coinc\u00e9e dans la n\u00e9gation de sa malformation et d\u00e9veloppe une hyperactivit\u00e9 qui inqui\u00e8te son entourage et son \u00e9cole. En effet, elle ne s\u2019arr\u00eate jamais et para\u00eet dans une impossibilit\u00e9 de se mettre au repos. Depuis ses trois ans, Mathilde va \u00e0 l\u2019\u00e9cole maternelle et son agitation permanente ne fait qu\u2019augmenter selon sa ma\u00eetresse. L\u2019acte d\u00e9clencheur de la demande de consultation arrive au moment d\u2019une sieste \u00e0 l\u2019\u00e9cole. L\u00e0, sans que sa ma\u00eetresse ne s\u2019en rende compte, Mathilde coupe avec sa paire de ciseaux tous les dessins que ses camarades de classe avaient achev\u00e9s le matin m\u00eame, et qui repr\u00e9sentaient l\u2019\u00e9l\u00e9phant qu\u2019on leur avait demand\u00e9 de dessiner. Tous les dessins y passent, ceux des gar\u00e7ons et ceux des filles. Mathilde me dit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00e9l\u00e9phant \u00ab&nbsp;<em>\u00e9norme, avec une \u00e9norme trompe. Il \u00e9tait moche<\/em>&nbsp;\u00bb insiste-t-elle. Interrog\u00e9e sur cet acte, Mathilde ne dit rien, mais cela suscite en moi des associations relatives aux questions sur la diff\u00e9rence sexuelle soulev\u00e9es par sa malformation et ainsi exprim\u00e9es dans son acte. Mathilde est une petite fille souriante, au regard coquin qui n\u2019a aucun probl\u00e8me pour entrer en contact avec moi et me parle avec une ma\u00eetrise parfaite de la langue. De son handicap, sa m\u00e8re dit que tout va bien, m\u00eame si cela a \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 sa naissance. Mathilde a \u00e9t\u00e9 appareill\u00e9e quand elle avait un mois et selon sa m\u00e8re, elle se d\u00e9brouille tr\u00e8s bien avec sa proth\u00e8se. Elle est suivie par des m\u00e9decins attentifs \u00e0 son d\u00e9veloppement et, toujours selon sa m\u00e8re, n\u2019a pas de probl\u00e8me pour g\u00e9rer sa \u00ab&nbsp;<em>diff\u00e9rence<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>7<\/sup>. Sur le fait d\u2019avoir \u00ab&nbsp;coup\u00e9&nbsp;\u00bb les \u00e9l\u00e9phants, sa m\u00e8re dit que ce n\u2019est pas tr\u00e8s grave et que la ma\u00eetresse exag\u00e8re. A un moment, Mathilde glisse et se fait mal \u00e0 son moignon, mais ne pleure pas. Sa m\u00e8re fait alors le commentaire que \u00ab&nbsp;<em>sa fille est forte, qu\u2019elle ne pleure pas pour des b\u00eatises<\/em>&nbsp;\u00bb. Devenant le t\u00e9moin de cette sc\u00e8ne, je pense alors \u00e0 la difficult\u00e9 de sa m\u00e8re de reconna\u00eetre sa souffrance ainsi qu\u2019\u00e0 cette fille me regardant interloqu\u00e9e par la parole maternelle. La m\u00e8re me raconte comment s\u2019est pass\u00e9e la d\u00e9couverte de l\u2019ag\u00e9n\u00e9sie de sa fille unique. C\u2019est \u00e0 la fin du troisi\u00e8me mois de sa grossesse que le m\u00e9decin \u00e9chographiste diagnostique le manque d\u2019une partie de son bras. Plusieurs examens sont mis en place et la cause s\u2019est av\u00e9r\u00e9e n\u2019\u00eatre ni g\u00e9n\u00e9tique, ni en liaison avec des m\u00e9dicaments. Cette situation \u00e9nigmatique, caract\u00e9ristique des malformations cong\u00e9nitales, laisse libre cours \u00e0 des questions pos\u00e9es par les parents. A la question, <em>d\u2019o\u00f9 et de qui vient la faille&nbsp;?<\/em>, souvent s\u2019attachent des fantasmes de tous ordres. Il n\u2019est pas rare que des fantasmes contenant des sc\u00e9narios incestueux fassent surface et certains ne sont pas sans rappeler les sc\u00e9narios complexes dont Freud soutient, dans <em>Totem et Tabou<\/em> (1912), leur importance \u00e0 imposer des contraintes qui maintiendront la coh\u00e9sion des groupes.<\/p>\n\n\n\n<p>En sortant de l\u2019\u00e9chographie, apr\u00e8s l\u2019annonce de la malformation et l\u2019affirmation de son irr\u00e9versibilit\u00e9 par le m\u00e9decin, la m\u00e8re boulevers\u00e9e appelle imm\u00e9diatement le p\u00e8re de son enfant. Ce dernier lui pose la question d\u2019une possible IVG, mais ce handicap n\u2019\u00e9tant pas m\u00e9dicalement sous-tendu par une atteinte fonctionnelle majeure, c\u2019est-\u00e0-dire affect\u00e9 d\u2019une atteinte neurologique, cette solution sera vite \u00e9cart\u00e9e et la solution d\u2019une proth\u00e8se sera envisag\u00e9e et propos\u00e9e par le m\u00e9decin. Cependant, c\u2019est le p\u00e8re de Mathilde qui r\u00e9pondra \u00e0 cette naissance par le r\u00e9veil de peurs enfantines agissant en lui comme un risque de chute de \u00ab&nbsp;sa propre image&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019annonce de la malformation et de retour \u00e0 la maison, il sombre dans un \u00e9tat d\u2019incompr\u00e9hension, de \u00ab&nbsp;<em>sid\u00e9ration<\/em>&nbsp;\u00bb totale, et dispara\u00eet pendant quelques jours sans donner de nouvelles. Quand il r\u00e9appara\u00eet, c\u2019est pour annoncer son d\u00e9part et l\u2019obligation pour sa femme de retourner chez elle, aupr\u00e8s de sa famille. Dans la culture d\u2019origine du p\u00e8re de Mathilde, la naissance d\u2019un enfant malform\u00e9 est inadmissible, c\u2019est le signe du mauvais \u0153il et cela est susceptible d\u2019attirer sur lui et sur ses proches des malheurs infinis. En d\u00e9finitive, l\u2019id\u00e9e d\u2019avoir fait un enfant malform\u00e9 est v\u00e9cue par le p\u00e8re comme une effraction de son \u00eatre et risquant de le faire voler en \u00e9clats. Nous savons depuis \u00ab&nbsp;<em>Introduction du narcissisme<\/em>&nbsp;\u00bb (1914) que l\u2019enfant est celui que le parent est lui-m\u00eame, mais pour le p\u00e8re de Mathilde, il lui est impossible de se reconna\u00eetre dans l\u2019image que son enfant lui donne. Elle se transforme ainsi en l\u2019objet tabou, le p\u00e8re de la horde r\u00e9appara\u00eet, comme une hallucination du d\u00e9mon, transformant d\u2019un coup de main la joie de la naissance d\u2019un enfant en un geste de mal\u00e9diction. Mathilde est pour son p\u00e8re l\u2019effroyable face de son inconscient, objet tabou et t\u00e9moin de sa faute inconsciente.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour son p\u00e8re, c\u2019est l\u2019\u00e9loignement de sa fille qui sera la solution, marquant la victoire narcissique de son Moi. De la haine \u00e0 l\u2019amour, de l\u2019amour \u00e0 la haine, \u00ab&nbsp;transformation d\u2019une pulsion en son contraire&nbsp;\u00bb, nous rappelle Freud<sup>8<\/sup>, tel est le destin d\u2019une \u00e9conomie libidinale qui risque de faire d\u00e9border le Moi. Depuis, plus de contact, le p\u00e8re de Mathilde dispara\u00eet et elle se retrouve ainsi ag\u00e9n\u00e9sique du bras et ag\u00e9n\u00e9sique de p\u00e8re. Sa m\u00e8re qui affiche un discours ma\u00eetris\u00e9 pendant cette premi\u00e8re s\u00e9ance m\u2019explique pourtant que depuis la naissance de Mathilde, tout va bien. La m\u00e8re a repris sa vie et son travail tandis que Mathilde se d\u00e9veloppe tr\u00e8s bien avec ses proth\u00e8ses dont l\u2019\u00e9volution suit son d\u00e9veloppement. Quand sa m\u00e8re me raconte ce point essentiel de sa naissance, Mathilde \u00e9coute et est \u00e9tonnamment tranquille, assise sur un fauteuil qu\u2019elle a install\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. La m\u00e8re passe \u00e0 autre chose, mais Mathilde ne l\u00e2che pas son questionnement. Elle se l\u00e8ve, s\u2019approche de moi et tient dans sa main mon collier. Il s\u2019agit d\u2019un m\u00e9daillon en argent. Au centre de ce m\u00e9daillon un trou. Mathilde met son doigt dans le trou, me regarde et me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il y a un trou<\/em>&nbsp;\u00bb, et d\u2019un regard coquin elle poursuit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est ton amoureux qui te l\u2019a donn\u00e9&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb. J\u2019imaginais que par le biais de ce m\u00e9daillon, elle convoquait un corps de femme p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans son int\u00e9rieur dont un enfant \u00e9mergerait de cette liaison. \u00ab&nbsp;<em>D\u2019ou viennent les enfants&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est la premi\u00e8re d\u2019un flot de questions qui s\u2019abattent sur l\u2019enfant nous rappelle Freud en 1908. Cette question qui, par mon \u00e9coute, nous engageait dans les voies oniriques de l\u2019enfant, marquera le d\u00e9but de sa cure. Sa m\u00e8re me raconte qu\u2019un jour Mathilde lui a pos\u00e9 la question de sa naissance et de sa malformation. Cependant, pour \u00e9pargner \u00e0 Mathilde des explications sombres, rien de mieux, pensa sa m\u00e8re, que le recours \u00e0 des arguments m\u00e9dicaux et objectifs pour r\u00e9pondre \u00e0 ses attentes. Leur potentiel d\u2019objectivation, c\u2019est s\u00fbr, pensa la m\u00e8re, sera suffisante pour arr\u00eater la petite fille. Mais la curiosit\u00e9 sexuelle infantile, toute d\u00e9sob\u00e9issante qu\u2019elle est, ne se plie pas aux d\u00e9monstrations objectives, fussent-elles anim\u00e9es par la meilleure volont\u00e9 ou intention, et on comprend alors ais\u00e9ment pourquoi le d\u00e9sir de \u00ab&nbsp;bien&nbsp;\u00bb expliquer suscit\u00e9 par ces situations s\u2019inscrit souvent dans une \u00ab&nbsp;confusion de langues&nbsp;\u00bb. Or les situations de malformations sont des situations dont les fantasmes infantiles restent agissants, car sans cesse r\u00e9actualis\u00e9s par la vision de l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 ag\u00e9n\u00e9sique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La sc\u00e8ne primitive<\/h2>\n\n\n\n<p>Mathilde reviendra souvent \u00e0 ses questionnements sur comment naissent les enfants et le pourquoi de sa malformation. Comme <em>L\u2019Homme aux loups<\/em><sup>9<\/sup> qui construit sa probl\u00e9matique autour de la sc\u00e8ne primitive, Mathilde semble \u00e0 son tour se poser des questions sur les positions masculine et f\u00e9minine, passive et active, \u00e9laborant ainsi sa th\u00e9orie sur l\u2019acte sexuel. En s\u00e9ance, elle devient \u00ab&nbsp;<em>l\u2019enfant question<\/em>&nbsp;\u00bb pour reprendre la formule propos\u00e9e par J. B. Pontalis. Ses interrogations tournent autour de la question&nbsp;: <em>comment est fait le corps d\u2019une femme et d\u2019un homme&nbsp;? Et avec le sien comment va-t-elle faire&nbsp;? Que font un homme et une femme lorsqu\u2019ils sont amoureux&nbsp;?<\/em> Exclu de la sc\u00e8ne, l\u2019enfant construit ses th\u00e9ories. Ces constructions fantasmatiques, la fa\u00e7on dont il imagine les positions f\u00e9minines et masculines et la charge d\u2019angoisse qui leur sont associ\u00e9es viennent alors le pousser dans ses choix identificatoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons que la composante sadique de la sc\u00e8ne primitive est toujours pr\u00e9sente dans l\u2019imagination infantile. Cependant, une mobilit\u00e9 psychique concernant les positions passive\/active reste \u00e9galement pr\u00e9serv\u00e9e. Chez Mathilde, il n\u2019\u00e9tait pas rare que des fantasmes de s\u00e9duction accompagn\u00e9s de d\u00e9sirs angoissants de p\u00e9n\u00e9tration tout \u00e0 coup se transforment en agissements sadiques de destruction. Pour elle, \u00e9mergeaient dans un premier temps des processus primaires qu\u2019elle venait, la majorit\u00e9 du temps, d\u00e9poser de fa\u00e7on massive dans des actes violents. Ou encore, tout droit sortie des recoins les plus extravagants de l\u2019omnipotence infantile, la repr\u00e9sentation de la sc\u00e8ne primitive se figeait pour Mathilde, restant cruelle, monstrueuse et barbare, ce qui l\u2019amenait dans ses jeux ou dans ses dessins \u00e0 la mise en sc\u00e8nes de figures terrifiantes et la plongeait tout \u00e0 coup dans une excitation folle.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de fuir une position passive, une position f\u00e9minine, une position g\u00e9n\u00e9ratrice de sc\u00e9narios fantasmatiques trop dangereux pour Mathilde, elle est pr\u00eate \u00e0 tout, fut-ce au prix de la mise en place de sc\u00e9narios pervers. La difficile \u00e9laboration de la sc\u00e8ne primitive devient pour Mathilde une \u00e9vidence, \u00e0 la mesure du poids de la probl\u00e9matique de la castration maternelle et paternelle qui rendent difficile et compromettent largement sa mobilit\u00e9 fantasmatique. Le temps passa et, inqui\u00e8te de cette immobilit\u00e9 des choses, t\u00e9moin de mon sentiment d\u2019impuissance face \u00e0 ces sc\u00e9narios, je me demandais \u00e0 certains moments si nous n\u2019aurions r\u00e9ellement jamais le droit de nous d\u00e9faire de toutes ces attaques par lesquelles elle s\u2019exprimait et auxquelles elle donnait une repr\u00e9sentation dans ses dessins ou une mise en sc\u00e8ne dans ses jeux. Ainsi se transformait-elle tout \u00e0 coup en la B\u00eate (personnage du film <em>La Belle et la B\u00eate<\/em>), nous emprisonnant dans un jeu qui n\u2019offrait aucune possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9vasion ni de mouvement et o\u00f9 personne ne volait \u00e0 notre secours. A ce moment de sa cure, aucune intervention ne pouvait permettre que s\u2019op\u00e8re chez elle un d\u00e9placement psychique susceptible de produire le d\u00e9samor\u00e7age de l\u2019excitation sadique contenue dans ses actes. Comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un danger dont il lui fallait le r\u00e9p\u00e9ter sans cesse, encore, encore et encore\u2026\u00e0 l\u2019instar du petit fils de Freud pris dans la circularit\u00e9 des allers-retours de sa bobine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cas de Mathilde et certains moments de sa cure favorisent ainsi la mise en exergue du caract\u00e8re agissant de sa malformation comme \u00e9l\u00e9ment constitutif essentiel de l\u2019instauration de sa sexualit\u00e9. Et ce, malgr\u00e9 la demande f\u00e9tichiste maternelle venant entretenir une relation de complaisance avec le discours moderne dont la volont\u00e9 se circonscrit tout autour de cette conviction qu\u2019un objet coll\u00e9 \u00e0 son corps ferait l\u2019affaire. Mais dans cette recherche sur l\u2019ag\u00e9n\u00e9sie, le cas de Mathilde m\u2019a \u00e9galement donn\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019attirer l\u2019attention sur ce noyau de la doctrine m\u00e9tapsychologique que constitue la sexualit\u00e9 infantile et dont l\u2019\u0153uvre est aussi sensible dans ces situations, tout en soutenant par l\u00e0 m\u00eame le rapport dialectique entre la proth\u00e8se et un certain d\u00e9sir de cr\u00e9ation de l\u2019humain qui finalement aimerait ignorer la castration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>L\u2019athl\u00e8te Olympique Oscar (Pistorius) en est l\u2019exemple le plus connu.<\/li><li>Ce th\u00e8me est d\u00e9velopp\u00e9 dans le s\u00e9minaire \u00ab&nbsp;Le corps augment\u00e9 et ses sympt\u00f4mes&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019Institut des sciences de la communication CNRS.<\/li><li>S. Freud (1930a [1929]), <em>Malaise dans la civilisation<\/em>, trad. R. M. Zeitlin, Gallimard, 1984&nbsp;; <em>OCF.P<\/em> XVIII, p. 277-278.<\/li><li>P\u00f4le de recherches \u00ab&nbsp;sant\u00e9 connect\u00e9e et humain augment\u00e9&nbsp;\u00bb, ISCC-CNRS.<\/li><li>[*] Projet PICRI \u00ab&nbsp;Ag\u00e9n\u00e9sie&nbsp;: Des corps incomplets&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;: projet financ\u00e9 par le dispositif Partenariat Institutions-Citoyens pour la Recherche et l\u2019Innovation (PICRI) de la r\u00e9gion Ile-de France.<\/li><li>S. Freud (1932), \u00ab&nbsp;XXXIII<sup>e<\/sup> Conf\u00e9rence&nbsp;: la f\u00e9minit\u00e9&nbsp;\u00bb, in <em>Nouvelles conf\u00e9rences d\u2019introduction \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab&nbsp;Folio Essais&nbsp;\u00bb, 1984<\/li><li>M. Khan, <em>Figures de la perversion<\/em>, Gallimard, Paris, 1981. J. McDougall, <em>Th\u00e9\u00e2tres du je<\/em>, Gallimard, 1982.<\/li><li>Cela est l\u2019expression utilis\u00e9e par sa m\u00e8re pour parler de son ag\u00e9n\u00e9sie.<\/li><li>S. Freud (1915), <em>Pulsions et destins des pulsions<\/em>, in <em>M\u00e9tapsychologie, OCF<\/em> XIII, Paris, PUF, 1988, p. 183.<\/li><li>S. Freud (1914), <em>L\u2019Homme aux loups<\/em>, Presses Universitaires de France &#8211; Quadrige, 1990<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10642?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un paradigme s\u2019est impos\u00e9 sur la sc\u00e8ne sociale, celui de \u00ab&nbsp;l\u2019humain augment\u00e9&nbsp;\u00bb, analys\u00e9 dans ce texte \u00e0 travers la probl\u00e9matique du corps \u00ab&nbsp;r\u00e9par\u00e9&nbsp;\u00bb par une proth\u00e8se. 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