{"id":10619,"date":"2021-08-22T07:32:25","date_gmt":"2021-08-22T05:32:25","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/robert-walser-le-musardeur-voyage-dans-lenvironnement-2\/"},"modified":"2021-10-01T14:19:00","modified_gmt":"2021-10-01T12:19:00","slug":"robert-walser-le-musardeur-voyage-dans-lenvironnement","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/robert-walser-le-musardeur-voyage-dans-lenvironnement\/","title":{"rendered":"Robert Walser le musardeur : voyage dans l&rsquo;environnement"},"content":{"rendered":"\n<p>Robert Walser fut un homme du d\u00e9placement, tant\u00f4t en train, pour ses voyages en Suisse ou en Allemagne, tant\u00f4t \u00e0 pied, pour aller d\u2019un point \u00e0 un autre ou pour une promenade, une boucle dans le paysage. Dans cet article, nous allons suivre Robert Walser, le marcheur-\u00e9crivain ou l\u2019\u00e9crivain-marcheur. Depuis l\u2019antiquit\u00e9 grecque et les p\u00e9ripat\u00e9ticiens, marche et pens\u00e9e sont li\u00e9s&nbsp;: ainsi des multiples formes de p\u00e8lerinages de l\u2019antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours, ainsi de Rousseau, des r\u00eaveries du promeneur solitaire, des voyages europ\u00e9ens et initiatiques des romantiques, des jeunes adultes d\u2019aujourd\u2019hui et de leurs p\u00e9riples mondiaux. Dans tous ces cas, \u00e0 plus ou moins grande \u00e9chelle, l\u2019environnement g\u00e9ographique se fait lieu de circulation, de mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, de projection\u2026 d\u2019un mouvement ou d\u2019un questionnement interne. Chacun de ces voyages est tout \u00e0 la fois d\u00e9couverte du monde et voyage en soi, en soi-m\u00eame comme un autre, voyage de l\u2019ici de soi dans l\u2019ailleurs du monde, mani\u00e8re de s\u2019approcher aux confins.<\/p>\n\n\n\n<p>En pr\u00e9parant ce texte, je me suis d\u2019abord interrog\u00e9 sur le terme pour qualifier le marcheur, voyageur, arpenteur que fut R. Walser. J\u2019ai finalement retenu \u00ab&nbsp;musardeur&nbsp;\u00bb car ce terme condense la dimension de la marche, une marche qui prend son temps, ne se pr\u00e9cipite pas, et celle de l\u2019\u00e9criture \u00e0 travers la recherche de la muse qui, pour les grecs, se tenait dans la nature. Les promenades de R. Walser sont, elles, tant\u00f4t urbaines (dans des petites villes comme dans des grandes, telles Berlin o\u00f9 il v\u00e9cut un temps proche d\u2019un de ses fr\u00e8res) tant\u00f4t rurales, campagnardes. Dans cette perspective, R. Walser s\u2019inscrit dans la tradition romantique du voyage dans la nature&nbsp;: le <em>Wanderer<\/em> des po\u00e8mes de F. von Schlegel ou d\u2019Y. von L\u00fcbeck mis en musique par F. Schubert mais aussi de F. Novalis et de son cheminement mystique, \u00e9piphanique (<em>La fleur bleue<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>La promenade est une constante de la vie et de l\u2019\u0153uvre de R. Walser, de celle des personnages qui sont ses doubles d\u2019\u00e9criture dans ses trois grands romans de formation&nbsp;: <em>Les enfants Tanner<\/em> (1906), <em>Le commis<\/em> (1907) et <em>L\u2019institut Benjaminta<\/em> (1908), mais aussi de celle du narrateur des milliers de chroniques qu\u2019il \u00e9crivit et publia tout un temps dans la presse, sans oublier celles rapport\u00e9es par R. Seeling qui le visita durant les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie et en rendit compte dans <em>Promenades avec Robert Walser<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Robert Walser, qui \u00eates-vous&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>R. Walser se d\u00e9crit ainsi, \u00e0 la troisi\u00e8me personne, dans une notice biographique \u00e9crite en 1920<sup>1<\/sup> \u00e0 la demande de son \u00e9diteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Walser est n\u00e9 le 15 avril 1878, \u00e0 Brienne, dans le canton de Berne. Avant-dernier d\u2019une famille de huit enfants, il fr\u00e9quenta l\u2019\u00e9cole jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatorze ans et se pr\u00e9para \u00e0 la profession d\u2019employ\u00e9 de banque. A dix-sept ans, il quitta sa famille, s\u2019installa \u00e0 B\u00e2le, o\u00f9 il fut employ\u00e9 chez <em>Von Speyr et Cie<\/em>, puis \u00e0 Stuttgart, o\u00f9 il trouva une place dans une maison d\u2019\u00e9dition allemande, <em>L\u2019Union<\/em>. Au bout d\u2019un an il partit pour Zurich, en passant par T\u00fcbingen, Hechingen, Schaffhouse, etc\u2026 Employ\u00e9 tant\u00f4t dans une banque, tant\u00f4t dans une compagnie d\u2019assurances, il r\u00e9sida tant \u00e0 Aussershil que sur les hauteurs de Zurich, et se mit \u00e0 \u00e9crire des po\u00e8mes. Notons que ce n\u2019est pas l\u00e0 une activit\u00e9 accessoire, mais que, pour pouvoir s\u2019y consacrer, il quittait chaque fois son emploi, \u00e9tant \u00e9videmment convaincu que l\u2019art est quelque chose de grand. De fait, \u00e9crire des po\u00e8mes \u00e9tait pour lui un acte presque sacr\u00e9. D\u2019aucun, peut-\u00eatre, trouveront cela excessif. Quand il avait mang\u00e9 ses \u00e9conomies, il cherchait une nouvelle place \u00e0 sa convenance (\u2026). A cette \u00e9poque, il se rendit en Allemagne, avec fort peu d\u2019argent en poche, et certains pr\u00e9tendent qu\u2019il se serait plac\u00e9 chez un comte, comme domestique. Quoi qu\u2019il en soit, il est s\u00fbr qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 secr\u00e9taire de la S\u00e9cession berlinoise<sup>2<\/sup>, pas longtemps, il est vrai, car il se rendit compte qu\u2019il \u00e9tait mieux fait pour \u00e9crire et vivre des romans (\u2026).&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Ecrire et vivre des romans&nbsp;\u00bb, la formule a sa part d\u2019\u00e9nigme, comme si la vie \u00e9tait dans les romans, mani\u00e8re peut-\u00eatre de lui donner forme, de la transformer en une narration possible. Cet aspect renvoie \u00e0 un axe que je d\u00e9velopperai dans un autre travail&nbsp;: le passage de R. Walser par le roman puis son abandon pour des formes courtes.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce m\u00eame homme est mort en 1956. Apr\u00e8s la publication, en 1906, 1907 et 1908, de ses trois romans<sup>3<\/sup> (tr\u00e8s fortement autobiographiques et \u00e9crits chacun en quelques semaines), il n\u2019\u00e9crivit et ne publia plus que des petites proses. En proie \u00e0 des hallucinations et \u00e0 l\u2019alcool, il se sentit par moment si menac\u00e9 qu\u2019il fut mena\u00e7ant pour sa s\u0153ur qui prenait soin de lui et pour quelques autres. C\u2019est elle qui, apr\u00e8s un acc\u00e8s de violence et plusieurs tentatives de suicide, le convainquit de se faire hospitaliser en psychiatrie, \u00e0 Waldau puis \u00e0 Herison\u00a0: il y passa, de mani\u00e8re volontaire, le reste de ses jours. Sans doute y trouva-t-il un abri, un lieu o\u00f9 tout \u00e0 la fois s\u2019effacer du monde et suffisamment se rassembler dans une existence r\u00e9guli\u00e8re, voire chronique. Ceci \u00e9claire autrement la vie qu\u2019il mena ant\u00e9rieurement, lui qui circula beaucoup, souvent \u00e0 pied, en Suisse, en Autriche, en Allemagne, ce qui lui permit de faire l\u2019exp\u00e9rience physique et sensorielle du monde. On crut longtemps qu\u2019il cessa d\u2019\u00e9crire d\u00e8s lors qu\u2019il fut hospitalis\u00e9\u00a0; en fait il continua d\u2019\u00e9crire les premi\u00e8res ann\u00e9es ce que l\u2019on appelle ses \u00ab\u00a0microgrammes\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ses \u00e9critures minuscules\u00a0: textes sur des papiers de rebut, \u00e9crits en caract\u00e8res minuscules, quasi illisibles, au crayon \u00e0 papier. Si R. Walser circula et marcha beaucoup au temps de sa jeunesse, il continua ses promenades quotidiennes durant tout son internement ainsi que le rapporte C. Seelig dans son beau t\u00e9moignage. Ce fut au cours de l\u2019une d\u2019elles, seul, que R. Walser trouva la mort (crise cardiaque)\u00a0: on le retrouva mort dans la neige. Or, il avait d\u00e9crit la d\u00e9couverte du corps mort d\u2019un po\u00e8te dans la neige d\u00e8s 1906 dans\u00a0<em>Les enfants Tanner<\/em>\u00a0puis repris r\u00e9guli\u00e8rement cette sc\u00e8ne et ses variations dans ses brefs \u00e9crits autour des figures de la promenade, du\u00a0<em>Retour dans la neige<\/em>, de la variation des saisons et des lumi\u00e8res qui ont une importance particuli\u00e8re dans son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa6\">Arr\u00eatons-nous rapidement sur la sc\u00e8ne de la d\u00e9couverte d\u2019un mort dans la neige dans&nbsp;<em>Les enfants Tanner<\/em>&nbsp;: Simon, lors d\u2019un de ses voyages \u00e0 pied, trouve dans la neige le corps mort de S\u00e9bastian, un po\u00e8te qu\u2019il juge trop id\u00e9aliste, figure double de lui-m\u00eame. Il lui fait une sorte de s\u00e9pulture naturelle en le recouvrant de branchages. Cette sc\u00e8ne, forte de ce qu\u2019elle condense dans le roman, appelle deux commentaires, outre celui de la troublante pr\u00e9figuration de la mort de l\u2019auteur&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa7\">&#8211; D\u2019une part la mort dans la neige de ce po\u00e8te perdu, seul, \u00e9gar\u00e9 (qui avait trouv\u00e9 un substitut maternel dans la s\u0153ur de Simon, comme R. Walser dans sa propre s\u0153ur), convoque la figure de la nature comme m\u00e8re froide. Le po\u00e8te couch\u00e9 dans la neige semble y avoir retrouv\u00e9 la m\u00e8re qui l\u2019engloutit dans sa propre mort, psychique et physique. Ceci ouvre la piste de la question du deuil m\u00e9lancolique chez R. Walser.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa8\">&#8211; D\u2019autre part la figure de l\u2019effacement est redoubl\u00e9e. Simon est frapp\u00e9 par l\u2019absence de traces de pas dans la neige. Certes, il rationnalise&nbsp;: \u00ab&nbsp;On pouvait donc supposer qu\u2019il \u00e9tait l\u00e0 depuis longtemps&nbsp;\u00bb (p.135). Mais \u00e9crivant ainsi, R. Walser renforce l\u2019image d\u2019un homme qui ne laisse pas de trace dans le monde (sinon peut-\u00eatre, et encore, celles de son \u00e9criture). Apr\u00e8s sa macabre d\u00e9couverte, Simon recouvre S\u00e9bastian de branchage, le faisant ainsi dispara\u00eetre, effa\u00e7ant d\u00e8s lors jusqu\u2019\u00e0 la pr\u00e9sence du corps. S\u00e9bastian est donc doublement effac\u00e9&nbsp;: par la neige puis par les branchages. Ceci ne figure-t-il pas qu\u2019au fond il n\u2019a jamais vraiment exist\u00e9 pour autrui et de ce fait pour lui-m\u00eame&nbsp;? Simon conclut&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il suffisait de le voir pour se dire qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas de taille \u00e0 affronter les froides exigences de la vie.&nbsp;\u00bb Les froides exigences de la vie sont celles rencontr\u00e9es dans le regard tant\u00f4t froid, tant\u00f4t br\u00fblant de col\u00e8re hostile de la m\u00e8re de R. Walser. Cet environnement pr\u00e9coce, hostile, mortif\u00e8re, devient le tombeau de l\u2019adulte en souffrance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En marchant, en \u00e9crivant&nbsp;: la promenade<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa9\"><em>La promenade<\/em>&nbsp;peut \u00eatre lue, \u00e0 travers le rapport \u00e0 l\u2019environnement, comme le condens\u00e9 du rapport au monde de R. Walser, et, conjointement, de sa dynamique cr\u00e9atrice. En effet ce r\u00e9cit est la narration d\u2019une multitude de rencontres&nbsp;: avec des humains, avec des animaux, avec des lieux, des paysages, des choses. Si certaines donnent lieu \u00e0 une description circonstanci\u00e9e ou \u00e0 un petit r\u00e9cit dans le r\u00e9cit, d\u2019autres se r\u00e9sument \u00e0 une ligne, voire \u00e0 une nomination. Mais sur le fond, l\u2019objet semble moins rencontr\u00e9 dans son alt\u00e9rit\u00e9 que comme support projectif du monde, qui ne parvient pas \u00e0 demeurer interne, voire \u00e0 se construire durablement comme tel, de l\u2019auteur. Ce monde a r\u00e9guli\u00e8rement besoin de la rencontre avec un ext\u00e9rieur dont la r\u00e9alit\u00e9 propre c\u00e8de le pas \u00e0 des mouvements qui alternent l\u2019extr\u00eame id\u00e9alisation et son envers, l\u2019attaque haineuse. Mais, dans un temps diff\u00e9r\u00e9, ce mouvement a aussi besoin de sa reprise dans et par l\u2019\u00e9criture, une \u00e9criture parfois elle-m\u00eame d\u00e9routante pour le lecteur. Cette multitude de rencontre et sa narration va maintenant \u00eatre reprise selon deux axes&nbsp;: celui du discontinu de l\u2019exp\u00e9rience et de la tentative de cr\u00e9er une continuit\u00e9 dans une tension entre narration et accumulation et, celui du sc\u00e9nario r\u00e9p\u00e9titif, qui peine \u00e0 se construire en fantasme, des rencontres au cours de la promenade.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Narration, accumulation, \u00e9piphanie<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa10\">Sur le premier axe, il ressort que l\u2019exp\u00e9rience de la marche, de la promenade, fait l\u2019objet de tr\u00e8s peu de notations de la part de R. Walser, sinon dans des mouvements d\u2019\u00e9lation, dans des moments que je qualifierai d\u2019\u00e9piphanie, pour reprendre le terme de J. Joyce. Durant ces promenades, peu de notes sur le ressenti musculaire mais des notes sur le vu, l\u2019entendu, le senti, c\u2019est-\u00e0-dire le sensoriel tourn\u00e9 vers le dehors. Physiquement, sur le plan moteur, par l\u2019encha\u00eenement des pas, la marche cr\u00e9e une mani\u00e8re de continuit\u00e9 en mouvement. Cette continuit\u00e9 est redoubl\u00e9e de celle de l\u2019\u00e9criture \u00e0 deux niveaux&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>au niveau physique de ce que M. Enriquez nomme l\u2019\u00e9criture repr\u00e9sentative. Dans l\u2019\u00e9criture repr\u00e9sentative, ce qui compte n\u2019est pas le sens de ce qui est \u00e9crit mais l\u2019acte m\u00eame d\u2019\u00e9crire, mani\u00e8re de liaison sur le plan psychomoteur et sur celui de la trace, m\u00eame minimale, laiss\u00e9e sur le papier (ce qui serait \u00e0 approfondir \u00e0 la lumi\u00e8re des micrographies de R. Walser).<\/li><li>au niveau de la narration, de la mise en r\u00e9cit, m\u00eame minimale.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p id=\"pa11\">C\u2019est l\u00e0 un point essentiel du rapport au monde de R. Walser, tant sur le plan perceptivo-moteur (durant la marche) que sur le plan moteur-repr\u00e9sentatif (durant l\u2019\u00e9criture). Le choix des formes br\u00e8ves (hormis dans les trois romans autobiographiques), de \u00ab&nbsp;petits&nbsp;\u00bb textes juxtapos\u00e9s et non li\u00e9s, permet&nbsp;d\u2019avancer l\u2019hypoth\u00e8se que la personnalit\u00e9 de R. Walser est, \u00e0 l\u2019image de ces textes, organis\u00e9e en archipel (M. de M\u2019Uzan 1968, 1973), archipel dont il tente de rassembler les ilots dans et par des promenades-\u00e9critures ou promenades d\u2019\u00e9criture. Anticipant ce que je d\u00e9velopperai plus loin, je propose que&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>cette organisation en archipel t\u00e9moigne moins d\u2019une difficult\u00e9 de synth\u00e8se du moi que d\u2019un mouvement d\u00e9fensif vis-\u00e0-vis du v\u00e9cu de danger \u00e0 mettre en lien diff\u00e9rentes parties du moi (ce serait \u00e0 rapprocher des attaques contre le lien conceptualis\u00e9 par W. Bion).<\/li><li>les diff\u00e9rentes \u00eeles et ilots de cet archipel t\u00e9moignent des diff\u00e9rents \u00e9tats de l\u2019objet maternel (absence, haine\u2026) lors de sa rencontre avec R. Walser enfant. La non-synth\u00e8se du moi va de pair avec la non-synth\u00e8se de l\u2019objet&nbsp;: le moi en archipel r\u00e9pond \u00e0 un objet en fragments, un objet qui n\u2019aurait pas int\u00e9gr\u00e9 la position d\u00e9pressive, un objet qui se pr\u00e9sente de diff\u00e9rentes mani\u00e8res et demeure ainsi largement impr\u00e9visible.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p id=\"pa12\">Le processus de rassemblement tend vers la liaison narrative, une liaison toujours pr\u00e9caire qui est souvent plut\u00f4t de l\u2019ordre, plus \u00e9l\u00e9mentaire, de la collection. Cependant il y a aussi, par rapport \u00e0 ce processus d\u2019unification (fonction de synth\u00e8se du moi, dirait S. Freud, 1938), une toute autre dynamique de la liaison \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les petites proses comme dans les r\u00e9cits plus longs tels que&nbsp;<em>La promenade<\/em>, l\u2019\u00e9piphanie, qui est de l\u2019ordre de ce que J. Lacan propose de nommer \u00ab&nbsp;jouissance&nbsp;\u00bb. En ce sens,&nbsp;<em>La promenade<\/em>&nbsp;peut se lire comme une succession d\u2019\u00e9piphanies ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, comme une succession d\u2019\u00e9piphanies et de d\u00e9ceptions \u00e9piphaniques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, \u00e0 quelques variations pr\u00e8s, \u00e0 chaque rencontre ou presque, fors en effet celles que le promeneur-narrateur conserve en lui comme rencontre id\u00e9alis\u00e9e d\u2019un objet qui demeure inaccessible.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa13\">L\u2019\u00e9piphanie proc\u00e8de d\u2019un \u00e9bahissement, d\u2019un \u00e9blouissement, de l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une forme de perfection, comme si l\u2019objet rencontr\u00e9 \u00e9tait exactement l\u2019objet inconsciemment cherch\u00e9, ce qui fait qu\u2019en ce sens toute promenade (physique et d\u2019\u00e9criture) de R. Walser peut \u00eatre pens\u00e9e comme une qu\u00eate&nbsp;: qu\u00eate de la sensation forte de la rencontre avec un objet parfait. Que cette rencontre \u00e9piphanique ait lieu et elle laisse bient\u00f4t place \u00e0 une d\u00e9ception profonde, r\u00e9p\u00e9tition de la non rencontre avec une m\u00e8re accapar\u00e9e par sa propre d\u00e9tresse qui se manifeste soit dans la d\u00e9pression, soit dans la violence&nbsp;: une d\u00e9ception si profonde que le r\u00e9cit&nbsp;<em>La promenade<\/em>&nbsp;se termine ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa14\">\u00ab&nbsp;Ai-je cueilli des fleurs pour les d\u00e9poser sur mon malheur&nbsp;?&nbsp;\u00bb me demandai-je, et le bouquet tomba de ma main. Je m\u2019\u00e9tais lev\u00e9 pour rentrer chez moi, car il \u00e9tait tard d\u00e9j\u00e0 et tout \u00e9tait sombre (p.116).<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa15\">Comme ce paragraphe fait suite \u00e0 la rencontre avec une jeune fille id\u00e9alis\u00e9e qui dit \u00ab&nbsp;non&nbsp;\u00bb au narrateur sans qu\u2019il lutte pour la retenir, ressort nettement la proximit\u00e9, dans l\u2019\u00e9piphanie, de l\u2019id\u00e9alisation et de la mort, r\u00e9p\u00e9tant l\u2019histoire de la rencontre, non seulement rat\u00e9e mais surtout destructrice avec l\u2019objet maternel&nbsp;: l\u2019objet \u00e9merveillant ne parvient pas \u00e0 occulter la force destructrice du visage maternel, visage tant\u00f4t absent, tant\u00f4t souriant, tant\u00f4t absorb\u00e9 en lui-m\u00eame, tant\u00f4t haineux (R. Walser \u00e9voque clairement la violence maternelle, les coups, les nuits pass\u00e9es sur la paillasson de la maison\u2026). Ce dernier point est \u00e0 l\u2019articulation du sc\u00e9nario r\u00e9p\u00e9titif de&nbsp;<em>La promenade<\/em>, sc\u00e9nario non seulement d\u2019une rencontre rat\u00e9e mais surtout d\u2019une rencontre qui fait rejaillir la haine tant\u00f4t sous la forme masochique d\u2019une autopunition (il y a l\u00e0, au mieux, quelques jouissances perverses), tant\u00f4t sous celle de la pers\u00e9cution par une figure surmo\u00efque archa\u00efque que l\u2019on retrouve dans la vie de R. Walser, en particulier \u00e0 l\u2019\u00e9gard des figures protectrices telle sa propre s\u0153ur qui le recueillit et l\u2019h\u00e9bergea plusieurs mois avant l\u2019hospitalisation \u00e0 la demande de celle-ci apr\u00e8s qu\u2019il l\u2019eut violemment agress\u00e9e car il se sentait pers\u00e9cut\u00e9 par elle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9p\u00e9tition de la d\u00e9ception<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa16\">Le second sc\u00e9nario \u00e9voqu\u00e9 plus haut renvoie \u00e0 la dimension r\u00e9p\u00e9titive et d\u00e9ceptive de la rencontre. Dans la logique de ce qui pr\u00e9c\u00e8de,&nbsp;<em>La promenade<\/em>&nbsp;est, dans le redoublement avec changement de registre, la mise en acte et en \u00e9criture d\u2019une app\u00e9tence compulsive \u00e0 la rencontre, \u00e0 la recherche d\u2019un \u00e9blouissement d\u00e9finitif (\u00e9piphanie, jouissance avec ce que cela comporte d\u2019aspiration au z\u00e9ro, donc \u00e0 la mort) qui ne tient jamais ses promesses, c\u2019est-\u00e0-dire se retourne d\u00e8s lors que para\u00eet la part d\u2019abord exclue qui est la r\u00e9p\u00e9tition traumatique de l\u2019absence ou de la haine de la m\u00e8re tant\u00f4t afflig\u00e9e, tant\u00f4t violente.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa17\">Avec quelques variantes, le sc\u00e9nario de la rencontre est celui qui suit et que l\u2019on trouve de mani\u00e8re quasi-paradigmatique dans la rencontre avec le libraire au d\u00e9but de l\u2019ouvrage (p.13-16), rencontre sur laquelle s\u2019\u00e9tayera notre propos&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>\u00e9ventuellement recherche de l\u2019objet (parfois celui-ci surgit \u00e0 l\u2019improviste, hors attente)&nbsp;: le narrateur entre dans \u00ab&nbsp;une somptueuse librairie&nbsp;\u00bb et demande \u00ab&nbsp;ce qui existe de plus fortement dense, de plus s\u00e9rieux et du m\u00eame coup, naturellement, ce qui est le plus lu, le plus promptement reconnu et achet\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/li><li>la rencontre avec l\u2019objet id\u00e9alis\u00e9&nbsp;: le libraire propose un livre qui, d\u2019apr\u00e8s lui, correspond en tout point \u00e0 ce qui est demand\u00e9.<\/li><li>la d\u00e9ception&nbsp;: comme tout le monde lit ce livre, le narrateur n\u2019en veut pas, comme s\u2019il cherchait l\u2019exclusivit\u00e9, comme si lui (membre d\u2019une fratrie nombreuse) ne voulait l\u2019objet que pour lui, \u00e0 lui seul disponible. Dans d\u2019autres situations, apr\u00e8s l\u2019avoir id\u00e9alis\u00e9, le narrateur per\u00e7oit \u00e0 l\u2019objet un d\u00e9faut,&nbsp;d\u00e9faut qui entra\u00eene l\u2019effondrement de l\u2019investissement (hautement id\u00e9alis\u00e9) de cet objet.<\/li><li>la pers\u00e9cution&nbsp;: \u00ab&nbsp;Esp\u00e8ce d\u2019ignorant et d\u2019inculte&nbsp;\u00bb lance le libraire au narrateur apr\u00e8s que celui-ci eut critiqu\u00e9 la proposition d\u2019un livre que tout le monde lit. Ainsi l\u2019id\u00e9alisation est suivie d\u2019une attaque (par le narrateur) d\u2019une pers\u00e9cution.<\/li><li><em>in fine<\/em>&nbsp;le narrateur bat en retraite, honteux.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p id=\"pa18\">Nous pouvons aussi penser \u00e0 la sc\u00e8ne terrible o\u00f9 une dame a invit\u00e9 le narrateur \u00e0 manger. Ce repas (lui qui est pauvre et ne mange pas toujours bien, \u00e0 sa faim) est le point de tension de la matin\u00e9e du musardeur&nbsp;: la dame lui a fait un bon repas qui vire petit \u00e0 petit au cauchemar, celle-ci le for\u00e7ant \u00e0 manger bien qu\u2019il refuse, soit \u00e9c\u0153ur\u00e9\u2026 Il y a l\u00e0 quelque chose d\u2019un conte, d\u2019une ogresse \u00e0 l\u2019envers, du retournement sadique d\u2019une figure d\u2019abord nourrici\u00e8re et bienveillante en un monstre gaveur. Cette sc\u00e8ne se termine sur l\u2019aveu, par la dame, que c\u2019\u00e9tait de l\u2019humour. Je n\u2019en suis pas si s\u00fbr, tant l\u2019auteur fait vivre avec force cette variante du sadisme oral qui consiste \u00e0 gaver l\u2019autre dans un retournement haineux de la m\u00e8re nourrici\u00e8re, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse de l\u2019exag\u00e9ration de cette imago.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa19\">L\u2019environnement, sous diff\u00e9rentes formes, lieu de la r\u00e9p\u00e9tition de la relation archa\u00efque \u00e0 la m\u00e8re, ne tient pas ses promesses. Pire, malgr\u00e9 la r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 du sc\u00e9nario qui le rend pr\u00e9visible, il ne l\u2019est pas pour le narrateur qui manifeste \u00e0 chaque fois une d\u00e9ception \u00e0 la hauteur de son attente, soit sur le mode d\u2019\u00eatre pers\u00e9cut\u00e9 par l\u2019objet (ce qui prot\u00e8ge de la d\u00e9pression li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9ception)&nbsp;; soit sur le mode de la honte, comme dans la rencontre avec le tailleur (p.70-71)&nbsp;: le narrateur le provoque, le tailleur l\u2019humilie, le narrateur bat en retraite, honteux&nbsp;; soit, enfin, sur le mode de l\u2019agressivit\u00e9 contre l\u2019objet qui se manifeste finalement dans le m\u00e9pris envers celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fin de promenade<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa20\">Pour conclure, nous nous arr\u00eatons sur trois aspects. Le premier concerne l\u2019\u00e9tayage vital de R. Walser sur la promenade et sur l\u2019\u00e9criture dans leur intrication. La promenade \u00e9crite peut \u00eatre pens\u00e9e comme une m\u00e9taphore (dans l\u2019\u00e9criture) de la pulsion entre source (dans le corps), but (la satisfaction ou pour le moins la diminution de la tension, voire son \u00e9puisement&nbsp;: ainsi de la mort dans la neige, figure r\u00e9currente dans l\u2019\u0153uvre de R. Walser), objet (la rencontre plus que ce, celui, celle qui est rencontr\u00e9 et qui semble infiniment interchangeable) et trajet (le parcours). Mais la promenade est aussi en lien avec la pulsion et le v\u00e9cu archa\u00efque d\u2019un risque d\u2019\u00e9puisement, d\u2019extinction de la pulsion. La r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 de la promenade dit la relance pulsionnelle dans un sens que nous allons approfondir, d\u00e8s lors qu\u2019elle est pour le narrateur relance de l\u2019excitation face au risque de dess\u00e8chement du monde interne si le narrateur reste enferm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa21\">\u00ab&nbsp;La promenade, r\u00e9pliquai-je, m\u2019est indispensable pour me donner de la vivacit\u00e9 et maintenir mes liens avec le monde, sans l\u2019exp\u00e9rience sensible duquel je ne pourrais ni \u00e9crire la moiti\u00e9 de la premi\u00e8re lettre d\u2019une ligne, ni r\u00e9diger un po\u00e8me, en vers ou en prose. Sans la promenade, je serais mort et j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 contraint depuis longtemps d\u2019abandonner mon m\u00e9tier, que j\u2019aime passionn\u00e9ment. Sans promenade et collecte de faits, je serais incapable d\u2019\u00e9crire le moindre compte-rendu, ni davantage un article, sans parler d\u2019une nouvelle (\u2026). En me promenant longuement, il me vient mille id\u00e9es utilisables, tandis qu\u2019enferm\u00e9 chez moi je me g\u00e2terai et me dess\u00e9cherai lamentablement.&nbsp;\u00bb(p.75-76)<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa22\">Ainsi la promenade devient elle-m\u00eame objet d\u2019id\u00e9alisation. Ceci souligne la tension conflictuelle dans laquelle est prise la promenade-\u00e9criture, du fait du redoublement de l\u2019une par l\u2019autre. En effet, elle poursuit deux buts antagonistes dont les deux p\u00f4les se retrouvent dans l\u2019alternance \u00e9piphanie\/d\u00e9ception.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>sortir, marcher, pour rester en vie, l\u2019enfermement \u00e9tant v\u00e9cu comme mortif\u00e8re,<\/li><li>sortir, marcher pour \u00e9puiser la pulsion, ce qui arrive \u00e0 plusieurs personnages des \u00e9crits et,&nbsp;<em>in fine<\/em>, \u00e0 R. Walser lui-m\u00eame.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p id=\"pa23\">N\u2019est-ce pas ce qu\u2019il fait porter \u00e0 un personnage rencontr\u00e9 lors de la promenade, le g\u00e9ant Tomzack, double n\u00e9gatif de lui-m\u00eame dont il dit \u00ab&nbsp;A chaque instant il mourrait sans pourtant pouvoir mourir. (p. 43)&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa24\">Le second aspect, en lien avec le pr\u00e9c\u00e9dent, confirme ma proposition du musardeur. Ainsi que je l\u2019ai \u00e9voqu\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie R. Walser se promenait tous les jours&nbsp;; une fois \u00e0 l\u2019hospice, il \u00e9crivit d\u2019abord sur des chutes de papier, puis plus du tout. Etait-il enfin parvenu \u00e0 une \u00e9criture int\u00e9rieure ou \u00e0 un \u00e9puisement complet&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa25\">Le troisi\u00e8me aspect ajoute un autre niveau \u00e0 la promenade-\u00e9criture, celui de la lecture. R. Walser le dit explicitement, il emm\u00e8ne son lecteur en promenade. En ceci son projet fait penser \u00e0 ce que dit S. Freud (1913) du dispositif de la cure lorsque l\u2019analysant est invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire \u00e0 l\u2019analyste son paysage int\u00e9rieur, comme un voyageur ce qu\u2019il voit par la fen\u00eatre \u00e0 un autre voyageur. R. Walser nous fait voyager dans son paysage int\u00e9rieur ext\u00e9rioris\u00e9 ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, car ce serait l\u00e0 un mod\u00e8le bien n\u00e9vrotique qui occulterait de surcroit le transfert dans la dynamique de la narration et de la parole, il essaie de constituer le paysage, le fond et l\u2019objet dans la dynamique de la rencontre. Or, finalement, \u00e0 chaque fois le fond disparait, comme si le narrateur s\u2019an\u00e9antissait dans la rencontre \u00e9piphanique-d\u00e9ceptive&nbsp;: \u00ab&nbsp;Moi-m\u00eame j\u2019\u00e9tais devenu quelque chose d\u2019int\u00e9rieur et je me d\u00e9pla\u00e7ais comme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de quelque chose\u2026&nbsp;\u00bb (p.85-86).<\/p>\n\n\n\n<p id=\"pa26\">Mais si le lecteur est mis en position de double, de redoubler le regard du narrateur et d\u2019int\u00e9grer ce dernier, par le regard, dans la sc\u00e8ne&nbsp;; l\u2019histoire de la rencontre de R. Walser avec ses lecteurs r\u00e9p\u00e8te le sc\u00e9nario id\u00e9alisation-\u00e9piphanie-d\u00e9ception&nbsp;: alors qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 aux nues par de grands auteurs (R. Musil, F. Kafka, H. Hesse, W. Benjamin\u2026), alors qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 un temps beaucoup publi\u00e9, petit \u00e0 petit les \u00e9diteurs le refus\u00e8rent (refus\u00e8rent ses textes). De fait, les lecteurs se d\u00e9rob\u00e8rent \u00e0 cette fonction d\u2019effectuer un travail psychique pour lui, redoublant la d\u00e9ception et l\u2019impossibilit\u00e9 de la rencontre avec l\u2019objet\u2026 ce qui vient, aussi, questionner mon choix de travailler sur son \u0153uvre, mon propos et mon regard.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Cit\u00e9e par M. Robert dans sa pr\u00e9face \u00e0 L\u2019institut Benjamenta.<\/li><li>Dont faisait partie un de ses fr\u00e8res, peintre avec lequel il publia \u00e0 l\u2019occasion.<\/li><li>Les enfants Tannner, <em>Le commis<\/em>, L\u2019institut Benjamenta.<p><span style=\"background-color: rgb(255, 255, 255); color: initial; font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, &quot;Segoe UI&quot;, Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif;\"> <\/span><\/p><\/li><\/ol>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Benjamin W., (1929), \u00ab\u00a0Robert Walser\u00a0\u00bb, in <em>\u0152uvres III<\/em>, Paris, Gallimard, (2000), 156-161<\/p>\n<p>Bion W-R. (1959), \u00ab\u00a0Attaques contre les liens\u00a0\u00bb, <em>Nouvelle revue de psychanalyse<\/em>, n\u00b025, <em>Le trouble de penser<\/em>, Paris, Gallimard, (1982), 285-298.<\/p>\n<p>Deligny F. (2007), \u00ab\u00a0Fernand Deligny\u00a0\u00bb, <em>\u0152uvres<\/em>, Paris, \u00c9ditions L\u2019Arachn\u00e9en.<\/p>\n<p>Enriquez M., (1984). <em>Aux carrefours de la haine<\/em>, Epi.<\/p>\n<p>Freud S., (1913), <em>La technique psychanalytique<\/em>, Paris, Puf, (1977).<\/p>\n<p>Freud S., (1938), <em>Abr\u00e9g\u00e9 de psychanalyse<\/em>, Paris, Puf, (1975)<\/p>\n<p>Guillaumin J. (1998), <em>Le moi sublim\u00e9. Psychanalyse de la cr\u00e9ativit\u00e9<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n<p>Jaques E. (1963). \u00ab\u00a0Mort et crise du milieu de la vie\u00a0\u00bb, in Anzieu, D. et coll. <em>Psychanalyse du g\u00e9nie cr\u00e9ateur<\/em>, Paris, Dunod, (1974), 238-260.<\/p>\n<p>M\u2019Uzan M. de (1968), \u00ab\u00a0Transferts et n\u00e9vroses de transfert\u00a0\u00bb, <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 32, no. 2, 235-241.<\/p>\n<p>M\u2019Uzan, M. de, (1973), \u00ab\u00a0Psychanalyse et m\u00e9decine psychosomatique\u00a0\u00bb, Fortbildungskurse Schweiz. <em>Ges. Psych.<\/em>, 6, 4-13.<\/p>\n<p>Robert M., (1960), Pr\u00e9face, in Walser R., (1909), <em>L\u2019institut Benjamenta<\/em>, Paris, Gallimard, 7-30<\/p>\n<p>Walser R., (1904), <em>Les r\u00e9dactions de l\u2019\u00e9l\u00e8ve Koch<\/em>, Paris, Gallimard (1999).<\/p>\n<p>Walser R., (1907), <em>Les enfants Tanner<\/em>, Paris, Gallimard, (1985).<\/p>\n<p>Walser R., (1908), <em>Le commis<\/em>, Paris, Gallimard, (1985).<\/p>\n<p>Walser R., (1909), <em>L\u2019institut Benjamenta<\/em>, Paris, Gallimard, (1960)(1917a), <em>La promenade<\/em>, Gallimard, (1987).<\/p>\n<p>Walser R., (1917b), Retour dans la neige, in <em>Retour dans la neige<\/em>, Gen\u00e8ve, Editions Zo\u00e9, (1999).<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10619?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Walser fut un homme du d\u00e9placement, tant\u00f4t en train, pour ses voyages en Suisse ou en Allemagne, tant\u00f4t \u00e0 pied, pour aller d\u2019un point \u00e0 un autre ou pour une promenade, une boucle dans le paysage. 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