{"id":10604,"date":"2021-08-22T07:32:22","date_gmt":"2021-08-22T05:32:22","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/sensations-auto-produites-et-fonctionnement-compulsif-une-solution-limite-2\/"},"modified":"2021-09-16T09:58:39","modified_gmt":"2021-09-16T07:58:39","slug":"sensations-auto-produites-et-fonctionnement-compulsif-une-solution-limite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/sensations-auto-produites-et-fonctionnement-compulsif-une-solution-limite\/","title":{"rendered":"Sensations auto-produites et fonctionnement compulsif : une solution limite"},"content":{"rendered":"<p>Pour aborder les liens entre la contrainte addictive, les troubles de l\u2019humeur et les troubles limites, il me semble important de revenir au pr\u00e9alable sur quelques hypoth\u00e8ses m\u00e9tapsychologiques communes \u00e0 ces \u00ab\u00a0fonctionnements limites\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&#8211; La pr\u00e9carit\u00e9 des limites\u00a0: la m\u00e9taphore de Didier Anzieu d\u2019un \u00ab\u00a0Moi passoire\u00a0\u00bb<sup>1<\/sup> donne bien \u00e0 entendre comment la porosit\u00e9 des limites entre le dedans et le dehors du Moi est \u00e0 la source de la d\u00e9sorganisation, de d\u00e9bordements divers, d\u2019angoisses de vidage et des si nombreuses \u00ab\u00a0h\u00e9morragies \u00e9motionnelles\u00a0\u00bb qui caract\u00e9risent les sujets <em>borderline<\/em>. Ces derni\u00e8res, souvent prises dans les montagnes russes de l\u2019alternance entre l\u2019id\u00e9alisation primitive et la d\u00e9ception, donnent au clinicien une impression d\u2019inconstance des \u00e9motions et des \u00e9tats d\u2019\u00e2me pouvant parfois \u00e0 tort faire penser \u00e0 un trouble de l\u2019humeur. On sait que dans ce type de configuration o\u00f9 une distance relationnelle harmonieuse est difficile \u00e0 \u00e9tablir, cette derni\u00e8re l\u2019est tout particuli\u00e8rement au plan transf\u00e9rentiel, dans les th\u00e9rapies individuelles o\u00f9 tout peut \u00eatre mis en place pour transformer la relation th\u00e9rapeutique en sc\u00e8ne de m\u00e9nage. Dans ces logiques domin\u00e9es par les logiques paradoxales, la passion, la d\u00e9tresse, et o\u00f9 l\u2019affect, en quelque sorte, \u00ab\u00a0avale\u00a0\u00bb la repr\u00e9sentation et les capacit\u00e9s \u00e9laboratives qui lui sont associ\u00e9es, le sujet peut passer tr\u00e8s rapidement d\u2019un \u00e9tat d\u2019ouverture \u00e0 un \u00e9tat de fermeture donnant souvent au clinicien l\u2019impression manifeste d\u2019une grande inconstance des humeurs. L\u2019hypoth\u00e8se m\u00e9tapsychologique d\u2019une d\u00e9faillance de la fonction de contenance du Moi laisse mieux comprendre cette extr\u00eame difficult\u00e9 \u00e0 contenir conflits, pens\u00e9es et souvenirs. Si cette pr\u00e9carit\u00e9 des limites peut favoriser l\u2019angoisse d\u2019empi\u00e9tement ou celle d\u2019\u00eatre devin\u00e9, elle peut dans le sens oppos\u00e9 soutenir les tendances \u00e0 l\u2019identification projective qui colonisent de fa\u00e7on totalitaire l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019autre. On n\u2019a sans doute pas assez explor\u00e9 au niveau psychopathologique les liens de l\u2019organisation <em>borderline<\/em> avec la psychose parano\u00efaque. Et l\u2019ouvrage <em>Les m\u00e9fiants<\/em>, de Vladimir Marinov <sup>2<\/sup> constitue une piste dynamique pour repenser au plan psychopathologique et m\u00e9tapsychologique la probl\u00e9matique du d\u00e9lire de relation au sein de certains fonctionnements limites.<\/p>\n<p>&#8211; Parall\u00e8lement \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 des limites, l\u2019organisation pr\u00e9g\u00e9nitale de la personnalit\u00e9 n\u2019est pas \u00e0 n\u00e9gliger\u00a0: qu\u2019il s\u2019agisse du \u00ab\u00a0caract\u00e8re schizo\u00efde\u00a0\u00bb (W.R.D. Fairbairn, M. Khan) de la \u00ab\u00a0pr\u00e9g\u00e9nitalit\u00e9\u00a0\u00bb (M. Bouvet) des pulsions partielles (S. Freud), de \u00ab\u00a0l\u2019oranalit\u00e9\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0l\u2019analit\u00e9 primaire\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0relation anale\u00a0\u00bb (A. Green), de la \u00ab\u00a0relation d\u2019emprise\u00a0\u00bb (R. Dorey), de la \u00ab\u00a0relation d\u2019objet f\u00e9tichique\u00a0\u00bb (E. Kestemberg), de \u00ab\u00a0l\u2019oralit\u00e9 cannibalique\u00a0\u00bb (K. Abraham), ou encore dans un \u00ab\u00a0auto-\u00e9rotisme mortif\u00e8re\u00a0\u00bb (V. Estellon)\u2026 ces stylisations portent l\u2019accent sur la dimension d\u2019emprise sur l\u2019objet, par d\u00e9faut d\u2019\u00e9laboration de la s\u00e9paration, et d\u00e9faillance des aptitudes transitionnelles. N\u2019aidant en rien la construction de la fonction objectalisante (A. Green) cette fixation \u00e0 l\u2019organisation pr\u00e9g\u00e9nitale favorise le caract\u00e8re anarchique des pulsions partielles et conforte la psychopathologie du lien. Au plan clinique, on observe fr\u00e9quemment l\u2019enfermement du sujet dans une forme contemporaine de <em>fausse libert\u00e9<\/em> pouvant se traduire par la devise \u00ab\u00a0Je fais ce que je veux, quand je veux, et o\u00f9 je veux\u00a0\u00bb aboutissant paradoxalement souvent \u00e0 des conduites de d\u00e9pendances compulsives et ali\u00e9nantes. Or, si la libert\u00e9 n\u2019est pas la toute puissance, l\u2019ali\u00e9nation manifestement assum\u00e9e \u00e0 la logique radicale du principe de plaisir ne laisse plus d\u00e9couvrir que la libert\u00e9 est une conqu\u00eate\u2026 qu\u2019elle se construit patiemment et souvent dans un effort non d\u00e9pourvu de souffrance &#8211; les r\u00e9sistants \u00e0 des syst\u00e8mes totalitaires le savent bien, en t\u00e9moigne la fragilit\u00e9 des d\u00e9mocraties dans le monde. Le clinicien peut \u00e9ventuellement faire entendre progressivement au patient que son mod\u00e8le op\u00e9ratoire de la libert\u00e9 (mal contenue, sans v\u00e9ritable but, qui vire souvent du c\u00f4t\u00e9 du chaos, de l\u2019ali\u00e9nation et de la destructivit\u00e9) est un v\u00e9ritable enfermement. Mais c\u2019est justement de cette patience et de direction dont semblent priv\u00e9s les sujets <em>borderline<\/em>, d\u00e9sorient\u00e9s, scotch\u00e9s aux perceptions externes, comme drogu\u00e9s au r\u00e9gime temporel de l\u2019urgence et de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9. Face \u00e0 la d\u00e9multiplication des situations d\u2019urgence, de d\u00e9tresse, de mise en danger, le soignant peut \u00eatre tent\u00e9 d\u2019adopter une attitude th\u00e9rapeutique de sauvetage. Mais s\u2019il c\u00e8de \u00e0 cette tentation secouriste, il mord \u00e0 l\u2019hame\u00e7on. En nous lan\u00e7ant continuellement des d\u00e9fis, ces sujets invitent en effet \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 th\u00e9rapeutique. Difficile de prendre le temps de penser lorsqu\u2019on est confront\u00e9 \u00e0 une clinique des limites, o\u00f9 le recours \u00e0 l\u2019agir prime sur l\u2019int\u00e9riorisation du conflit et o\u00f9 pr\u00e9vaut l\u2019urgence. Lorsque tout est fait pour cliver l\u2019\u00e9quipe, il s\u2019agit d\u2019\u00eatre en mesure de penser que quelque chose du clivage interne est en train de se transf\u00e9rer au niveau institutionnel, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance des r\u00e9unions de r\u00e9gulation de la pratique ou de supervision.<\/p>\n<p>&#8211; La dysr\u00e9gulation de l\u2019activit\u00e9 fantasmatique, enfin, semble \u00e9galement impliqu\u00e9e dans les stylistiques pathologiques limites. Tandis que certains auteurs ont reli\u00e9 la propension \u00e0 agir \u00e0 un \u00ab\u00a0vide fantasmatique\u00a0\u00bb ou encore \u00e0 un \u00ab\u00a0d\u00e9faut de mentalisation\u00a0\u00bb caract\u00e9ristique, nous privil\u00e9gions la piste d\u2019une \u00ab\u00a0inhibition de la conflictualit\u00e9 intrapsychique qui semble assigner \u00e0 l\u2019activit\u00e9 fantasmatique un traitement bimodal des \u00e9mergences pulsionnelles, oscillant entre l\u2019inhibition et le d\u00e9bordement sans qu\u2019une sc\u00e9narisation r\u00e9gulatrice et \u00e9laboratrice puisse v\u00e9ritablement s\u2019op\u00e9rer\u00a0\u00bb <sup>3<\/sup>. Lorsqu\u2019elle d\u00e9borde, l\u2019activit\u00e9 fantasmatique, servant la toute puissance de l\u2019id\u00e9al du Moi, devient ais\u00e9ment projective. En contraste, lorsqu\u2019elle est inhib\u00e9e, \u00ab\u00a0c\u2019est le vide\u00a0\u00bb. Cliniquement, diff\u00e9rents types de fantasmes sont observ\u00e9es\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>les fantasmes crus (sans trop de d\u00e9guisements) t\u00e9moignant d\u2019une d\u00e9faillance non seulement de certaines fonctions de l\u2019activit\u00e9 pr\u00e9consciente, mais aussi de l\u2019activit\u00e9 du refoulement. Dans ce cas, certains contenus (agressifs et\/ou sexuels) peuvent \u00eatre \u00e9tal\u00e9s, \u00e0 vif, sans filtres, dans des contextes inad\u00e9quats\u00a0;<\/li>\n<li>les fantasmes projet\u00e9s non dissociables du m\u00e9canisme d\u2019identification projective, au sein desquels une imagination projet\u00e9e tient l\u2019ensemble de la production fantasmatique, donnant aux productions une allure m\u00e9galomane ou pers\u00e9cutive\u00a0;<\/li>\n<li>les fantasmes id\u00e9alis\u00e9s, st\u00e9r\u00e9otypes ou \u00ab\u00a0clich\u00e9s\u00a0\u00bb qui \u00ab\u00a0collent\u00a0\u00bb avec certains id\u00e9aux peu \u00e9labor\u00e9s. De type \u00ab\u00a0faux <em>self<\/em>\u00a0\u00bb, ils r\u00e9duisent les ressources de l\u2019activit\u00e9 fantasmatique \u00e0 une sorte d\u2019imagination id\u00e9alis\u00e9e ou plaqu\u00e9e. Si le contenu de ce qui a \u00e9t\u00e9 fantasm\u00e9 dans l\u2019id\u00e9alisation ne \u00ab\u00a0colle pas\u00a0\u00bb \u00e0 ce qui est v\u00e9cu, c\u2019est le drame. Ce type de fantasmes, caricaturaux, peuvent donner au clinicien l\u2019impression de sortir tout droit d\u2019un sc\u00e9nario digne du \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9-achat\u00a0\u00bb dans lequel l\u2019objet id\u00e9alis\u00e9, pr\u00e9sent\u00e9 comme la solution pour acc\u00e9der au bonheur, lorsqu\u2019il devient r\u00e9el, est non seulement d\u00e9cevant mais insatisfaisant. Au plan \u00e9conomique, on peut dire de cette activit\u00e9 fantasmatique qu\u2019elle est largement excessive dans ses modalit\u00e9s d\u2019apparition, dans sa positivit\u00e9 comme dans sa n\u00e9gativit\u00e9\u00a0: elle imagine \u00ab\u00a0trop ou \u00ab\u00a0pas assez\u00a0\u00bb. Rappelant plus les qualit\u00e9s d\u2019une imagination projective, cette activit\u00e9 fantasmatique se repr\u00e9sente et imagine plus qu\u2019elle ne se figure. Satur\u00e9e par la projection, il n\u2019est pas rare qu\u2019elle \u00ab\u00a0sache\u00a0\u00bb comment l\u2019exp\u00e9rience attendue est susceptible de se passer. On per\u00e7oit l\u00e0 combien ces \u00e9tats de fermeture du Moi \u00e0 la surprise abondent dans ces cliniques qui conf\u00e8rent \u00e0 la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition une force d\u00e9moniaque.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Au niveau clinique, les passages \u00e0 l\u2019acte interviennent souvent comme une solution de d\u00e9charge \u00e0 une excitation pulsionnelle int\u00e9rieure qui, ne pouvant \u00eatre contenue ni conflictualis\u00e9e sur la sc\u00e8ne interne, se joue sur la sc\u00e8ne externe. Les passages \u00e0 l\u2019acte, les compulsions, les agirs impulsifs, les prises de risque, comme la solution addictive, ont souvent comme but premier de \u00ab\u00a0vider la t\u00eate\u00a0\u00bb. Agir dans la r\u00e9alit\u00e9 externe permet de fuir une r\u00e9alit\u00e9 interne trop mena\u00e7ante. C\u2019est dans ce sens qu\u2019on parle de l\u2019externalisation du conflit chez les \u00e9tats limites en contraste avec l\u2019int\u00e9riorisation du conflit (cette aptitude \u00e0 se fabriquer un th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9) qui caract\u00e9rise le n\u00e9vros\u00e9. Ici, la solution \u00ab\u00a0Je te prends la t\u00eate\u00a0\u00bb &#8211; comme disent les adolescents &#8211; remplace l\u2019\u00e9nonc\u00e9 \u00ab\u00a0je me prends la t\u00eate\u00a0\u00bb. Pour fuir le malaise int\u00e9rieur, la qu\u00eate des sensations corporelles est de mise\u00a0: les nombreux comportements auto-sacrificiels qui attaquent l\u2019enveloppe du corps \u00e9rotique (scarifications, auto-mutilations, traumatophilie, mises en danger de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 corporelle) contiennent dans leur r\u00e9alisation m\u00eame une dimension de pare-excitation vis-\u00e0-vis de conflits introjectifs et d\u2019angoisses primitives qui menacent d\u2019atomisation identitaire. Dans ces moments de crises, le corps &#8211; pris dans la fr\u00e9n\u00e9sie de la crise compulsive &#8211; se sent vivant, exulte, en d\u00e9pit de la d\u00e9subjectivation qu\u2019elle impose conjuguant le plaisir de se laisser gagner par l\u2019automatisme du comportement, et l\u2019angoisse de perdre le contr\u00f4le. On retrouve souvent au sein de ces crises compulsives une \u00e9trange association entre la contrainte addictive et la variation d\u2019\u00e9tats thymiques alternant entre l\u2019\u00e9lan fr\u00e9n\u00e9tique du besoin imp\u00e9rieux \u00e0 satisfaire, suivie souvent d\u2019un \u00e9tat d\u2019\u00e2me plus n\u00e9gatif lorsque l\u2019intensit\u00e9 de la sensation auto-produite par la conduite compulsive s\u2019estompe, et que le principe de r\u00e9alit\u00e9 revient \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un boomerang reprendre les r\u00eanes de la vie psychique. Tandis que l\u2019obsessionnel pour ainsi dire se <em>shoote<\/em> \u00e0 l\u2019angoisse que lui procure ses crises compulsives, l\u2019\u00e9tat limite se <em>d\u00e9fonce<\/em> par d\u2019autres biais (drogues, attaques du corps, conduites \u00e0 risque, passages \u00e0 l\u2019acte destructifs\u2026) La valence auto-sacrificielle est souvent au premier plan\u00a0: dans ces cas, le surmoi, plus cruel que protecteur, fait vivre aux sujets ses d\u00e9sirs comme des forces d\u00e9moniaques, mauvaises et impures. Comme si on se trouvait en pr\u00e9sence d\u2019une forme particuli\u00e8re de surmoi externalis\u00e9 qui punit le Moi \u00e0 travers les actes compulsivement produits. Du fait de la porosit\u00e9 des limites entre les syst\u00e8mes conscients et inconscient, la culpabilit\u00e9 inconsciente &#8211; ici non contenue par les digues psychiques &#8211; est retourn\u00e9e directement sur le Moi par la voie des attaques du corps \u00e9rotique. Dans ces logiques o\u00f9 le soulagement est cherch\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ou bien \u00e0 la limite du dedans et du dehors (dans l\u2019attaque de la peau) une solution tr\u00e8s utilis\u00e9e est celle de la projection parano\u00efaque\u00a0: il s\u2019agir de trouver un pers\u00e9cuteur externe qui vient prot\u00e9ger d\u2019un pers\u00e9cuteur interne tyrannique et totalitaire. Et comme la projection n\u2019est gu\u00e8re encline \u00e0 inviter \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019affects nuanc\u00e9s &#8211; haine visc\u00e9rale ou amour fou &#8211; tout est con\u00e7u pour \u00e9viter le malaise que l\u2019ambivalence affective &#8211; bien connue des n\u00e9vros\u00e9s -est susceptible de faire \u00e9prouver. Et lorsque le principe de plaisir n\u2019est pas au rendez-vous avec l\u2019objet grandiose aim\u00e9 ou ha\u00ef, la solution destructrice est souvent de mise, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une attaque de l\u2019autre ou bien plus souvent, de soi. Ce pers\u00e9cuteur interne ne manque jamais \u00e0 l\u2019appel pour faire souffrir le sujet dans sa relation avec lui-m\u00eame et avec ses objets.<\/p>\n<p>Joyce Mc Dougall, dans ses recherches sur les addictions sexuelles, a mis en relief dans quelle mesure cette contrainte addictive r\u00e9pond \u00e0 une mauvaise maturation des objets et des ph\u00e9nom\u00e8nes transitionnels. Utilis\u00e9e compulsivement pour fuir les moments de stress et de souffrance d\u00e9pressive, autocratique, auto-th\u00e9rapeutique, elle ne laisse gu\u00e8re de place \u00e0 la part de l\u2019autre. Luttant contre le danger d\u2019\u00eatre englouti par une m\u00e9lancolie int\u00e9rieure vorace, la <em>mania<\/em> sexuelle &#8211; en s\u2019imposant comme solution anti-d\u00e9pressive vient tenter de se d\u00e9barrasser d\u2019\u00e9tats affectifs implosifs\u00a0: le corps vient chercher du \u00ab\u00a0chaud\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur lorsqu\u2019il se sent menac\u00e9 par le froid gla\u00e7ant et d\u00e9sesp\u00e9rant de l\u2019agonie de soi. Comme si ce qui comptait le plus dans ces \u00ab\u00a0rencontres\u00a0\u00bb anonymes tenait plus dans la mise en contact de peau \u00e0 peau, dans la retrouvaille d\u2019une chaleur corporelle que dans la recherche d\u2019un lien ou d\u2019un affect. On entend aussi combien du fait de la porosit\u00e9 des limites du moi, l\u2019utilisation de la sexualit\u00e9 peut permettre de contre-investir des angoisses de vidage ou bien de trop plein. Les fameuses angoisses anaclitiques intrusion\/abandon peuvent alors se relire \u00e0 la faveur de la dialectique castration\/p\u00e9n\u00e9tration. Dans certains cas, ce qui est recherch\u00e9 semble encore plus archa\u00efque, \u00e0 la fa\u00e7on de la recherche d\u2019une seconde peau.<\/p>\n<p>Les sujets limites laissent souvent d\u00e9couvrir quelque chose d\u2019une fragilit\u00e9 du point de vue de la qualit\u00e9 portante et enveloppante des interactions primaires. On peut songer aux injonctions de la m\u00e8re de Margaret Little qui pouvait lancer \u00e0 sa fille lorsqu\u2019elle continuait \u00e0 pleurer\u00a0: \u00ab\u00a0Courage, ch\u00e9rie, tu seras morte bient\u00f4t\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et \u00e0 Winnicott son analyste, choqu\u00e9 par ces propos, de se mettre en col\u00e8re, et de dire, malmenant la r\u00e8gle d\u2019abstinence\u00a0: \u00ab\u00a0Votre m\u00e8re, vraiment, je la hais\u00a0\u00bb<sup>4<\/sup>. Et Vladimir Marinov de retrouver cette injonction populaire gla\u00e7ante\u00a0: \u00ab\u00a0Pleure, pleure ma ch\u00e9rie, tu pisseras moins\u00a0!\u00a0\u00bb. Ici, l\u2019enfant qui pleure reste seul et ne se sent pas entendu.<\/p>\n<p>On comprend mieux dans quelle mesure plus tard, certains sujets ne vont pas tant aller chercher des sensations d\u2019ivresse mais plut\u00f4t, la sensation froide et d\u00e9sesp\u00e9rante de l\u2019esseulement. Ici, le clinicien se confronte \u00e0 un <em>refus absolu du plaisir de vivre<\/em>.<\/p>\n<p>Maurice Corcos dans <em>La terreur d\u2019exister<\/em> <sup>5<\/sup> propose l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0d\u00e9lire de chagrin\u00a0\u00bb, une forme de d\u00e9pression narcissique grave, exposant sans cesse au v\u00e9cu d\u2019abandon\u00a0: lorsqu\u2019on se sent menac\u00e9 d\u2019amour (m\u00eame si l\u2019on a tout fait pour le solliciter) la tentation est grande d\u2019attaquer le lien et de rompre pour retrouver la preuve du sentiment d\u2019abandon. Il ne serait pas abusif d\u2019entendre dans la r\u00e9p\u00e9tition compulsive de ce \u00ab\u00a0d\u00e9lire de chagrin\u00a0\u00bb la reproduction d\u2019une d\u00e9ception \u0153dipienne. Comme si le chagrin et la rage meurtri\u00e8re de la crise \u0153dipienne devaient \u00eatre maintenus pr\u00e8s de soi \u00e0 jamais, telle une enveloppe de ranc\u0153ur inalt\u00e9rable qui fige et entretient la part mauvaise en soi. Dans les investissements relationnels, se rejoue compulsivement cette s\u00e9quence\u00a0: apr\u00e8s l\u2019accordage et la passion fusionnelle du d\u00e9but, tout est mis en place pour provoquer la rupture et retrouver le d\u00e9sespoir de l\u2019abandon. Et comme l\u2019on projette, m\u00eame si l\u2019on a tout mis en place pour se faire abandonner, on pourra vivre ce dernier comme \u00e9manant de l\u2019autre. Pour survivre, rien n\u2019est ressenti, dans une forme de gel des affects. Cette \u00ab\u00a0d\u00e9saffectation\u00a0\u00bb (Mc Dougall <sup>6<\/sup>) peut \u00eatre lue comme une d\u00e9fense paradoxale pr\u00e9ventive contre le risque de s\u2019attacher et de souffrir de la perte. Il ne serait pas abusif d\u2019entendre dans la r\u00e9p\u00e9tition compulsive de ce \u00ab\u00a0d\u00e9lire de chagrin\u00a0\u00bb la reproduction d\u2019une d\u00e9ception \u0153dipienne. Comme si le chagrin et la rage meurtri\u00e8re de la crise \u0153dipienne devaient \u00eatre maintenus pr\u00e8s de soi \u00e0 jamais, telle une enveloppe de ranc\u0153ur inalt\u00e9rable qui fige et entretient la part mauvaise en soi. Andr\u00e9 Green, d\u00e8s 1993, d\u00e9crivait le \u00ab\u00a0syndrome de d\u00e9sertification psychique avec mort mentale apparente\u00a0\u00bb<sup>7<\/sup> comme expression des pulsions de destruction dans la cure avec les cas limites. Il importe que le clinicien entende ces expressions de mani\u00e8re dynamique\u00a0: comme une d\u00e9fense et non comme un trait de personnalit\u00e9 pathologique immuable. Pour Andr\u00e9 Green ou Maurice Corcos, le rep\u00e9rage dynamique de ces d\u00e9fenses rigidifi\u00e9es est extr\u00eamement important. Son d\u00e9chiffrement jusqu\u2019\u00e0 son traitement est essentiel pour permettre, dans un second temps, d\u2019approcher d\u2019autres couches plus profondes, comme les angoisses identitaires, les agonies primitives auxquelles le sentiment subjectif chronique de \u00ab\u00a0vide\u00a0\u00bb fait \u00e9cho.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la symptomatologie, on reconna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement aujourd\u2019hui le style \u00ab\u00a0limite\u00a0\u00bb dans un type de sympt\u00f4mes auto-sacrificiels o\u00f9 le corps \u00e9rotique est r\u00e9guli\u00e8rement attaqu\u00e9, mis en danger. Cela est tr\u00e8s manifeste dans la clinique des troubles du comportement alimentaire, des automutilations, des scarifications, des tentatives de suicide r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, des addictions s\u00e9v\u00e8res, o\u00f9 il s\u2019agit d\u2019attaquer le vivant du corps. En mobilisant une sensation corporelle de douleur et\/ou d\u2019ivresse, il per\u00e7oit quelque chose qui vit et survit en lui et qui prend le relais de l\u2019angoisse intol\u00e9rable d\u2019agonie psychique. Ici, l\u2019enveloppe d\u2019excitation ou de souffrance dont il s\u2019entoure, palie \u00e0 la porosit\u00e9 des limites de son Moi et lui procure une enveloppe fid\u00e8le. Dans ce \u00ab\u00a0d\u00e9lire de chagrin\u00a0\u00bb, le patient <em>borderline<\/em> reproduit sans cesse la s\u00e9quence o\u00f9 il s\u2019accorde, fusionne, puis soudain l\u00e2che, abandonne (ou fait tout pour se faire abandonner). Il s\u2019agit de reconna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 psychique de cette histoire tout en essayant de l\u2019ouvrir \u00e0 d\u2019autres mani\u00e8res d\u2019entendre \u00e0 la fa\u00e7on dont un concert de musique permet d\u2019entendre &#8211; au del\u00e0 du th\u00e8me m\u00e9lodique central &#8211; plusieurs instruments, diverses couleurs sonores, diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations\u2026 Ces ouvertures \u00e0 d\u2019autres perceptions invitent \u00e0 l\u2019appr\u00e9hension d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 moins rigide, moins cliv\u00e9e, plus nuanc\u00e9e. Pour Maurice Corcos ce \u00ab\u00a0d\u00e9lire de chagrin\u00a0\u00bb constitue la \u00ab\u00a0premi\u00e8re drogue\u00a0\u00bb<sup>8<\/sup> du sujet <em>borderline<\/em> avant toutes les autres drogues qu\u2019il nous laisse observer sa symptomatologie manifeste. Il rejoint Masud Khan (<em>Le soi Cach\u00e9<\/em>) pour qui ces patients intoxiqu\u00e9s \u00e0 la douleur et \u00e0 la souffrance se servent de cette douleur aig\u00fce comme un \u00e9cran d\u00e9fensif contre l\u2019angoisse et contre une v\u00e9ritable compr\u00e9hension de leur d\u00e9pendance et de leur privation affective.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9pendance au chagrin se double souvent aussi de la conviction int\u00e9rieure qu\u2019on est mauvais, qu\u2019on s\u00e8me le mal partout. Dans ce cas, \u00e0 quoi bon faire des efforts pour changer puisqu\u2019on est irr\u00e9cup\u00e9rable. Si les cas limites \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 croire <sup>9<\/sup>, ils semblent pourtant tr\u00e8s forts pour croire au pire\u00a0: le pire est toujours s\u00fbr, toujours disponible, d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 ind\u00e9fectible, on pourra toujours le retrouver. \u00ab\u00a0Plut\u00f4t rester malade que tomber gu\u00e9ri\u00a0\u00bb lan\u00e7ait J.-B. Pontalis dans son remarquable article \u00ab\u00a0<em>Non, deux fois non\u00a0; Tentative de d\u00e9finition et de d\u00e9mant\u00e8lement de la \u00ab\u00a0r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative<\/em>\u00a0\u00bb (p. 77). Le pire est un invit\u00e9 qui ne d\u00e9\u00e7oit pas, qui ne surprend pas\u00a0: si on l\u2019invite ou le convoque, on peut \u00eatre s\u00fbr qu\u2019il viendra pour donner raison \u00e0 cette certitude que \u00ab\u00a0partout o\u00f9 \u00e7a fait mal, c\u2019est moi.\u00a0\u00bb (Fritz Zorm, <em>Mars<\/em>, Paris, Gallimard, p. 205). Comme l\u2019\u00e9crivait J.-B. Pontalis\u00a0: \u00ab\u00a0le mauvais objet garantit au sujet sa propre permanence\u00a0\u00bb<sup>10<\/sup>.<\/p>\n<p>Je songe \u00e0 une s\u00e9quence clinique avec Jules\u00a0: il \u00e9voque avoir \u00e9cout\u00e9 la veille sur <em>France Musique<\/em> une \u00e9mission qui s\u2019appelle <em>Repassez moi l\u2019standard<\/em>, dans laquelle un standard de jazz est explor\u00e9 dans une quinzaine de variations et d\u2019interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes. Du tac au tac, je l\u2019interromps\u00a0: \u00ab\u00a0Avec Cl\u00e9mence, vous pensez qu\u2019on est dans quelle version\u00a0? Plut\u00f4t Theolonius Monk\u00a0? Plut\u00f4t Keith Jarett\u00a0?\u00a0\u00bb. Il dit ne pas comprendre, mais me regarde avec un sourire malicieux. Sa relation avec Cl\u00e9mence a commenc\u00e9 et s\u2019est termin\u00e9e exactement comme celles avec Marion, Julie, Nathalie, Catherine\u00a0; et je lui fais entendre ainsi que Cl\u00e9mence n\u2019est que la derni\u00e8re version d\u2019un <em>standard<\/em> auquel il semble tr\u00e8s attach\u00e9. Il parvient \u00e0 s\u2019approprier quelque chose de son implication, de sa responsabilit\u00e9\u00a0: Jules voulait croire qu\u2019il n\u2019avait pas de chance, qu\u2019il tombait toujours sur des filles d\u00e9cevantes, super au d\u00e9but puis qui le jettent de fa\u00e7on plus ou moins d\u00e9chirante, qu\u2019il consid\u00e8re au final comme mauvaises. Il entend que j\u2019entends qu\u2019il est impliqu\u00e9 dans le sc\u00e9nario en boucle qui se rejoue. De mon c\u00f4t\u00e9, je vis la s\u00e9ance comme constructive et signifiante. Bien \u00e9videmment, il manque les deux s\u00e9ances suivantes\u2026 Cette discontinuit\u00e9 apparente, cette instabilit\u00e9 manifeste, avec remplacement des personnages actuels utilis\u00e9s et jet\u00e9s peut alors se comprendre comme une version en continuit\u00e9 absolument fid\u00e8le et stable avec quelque chose de son identit\u00e9 qui a pr\u00e9valu dans son histoire infantile plus ou moins traumatique. Le clinicien fait r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019exp\u00e9rience contre-transf\u00e9rentielle de quelque chose de la haine, de l\u2019exasp\u00e9ration (surtout lorsque le patient <em>borderline<\/em> s\u2019applique \u00e0 saboter tout ce qui est entrepris pour lui\u2026). Tout est mis en place pour reproduire une relation symbiotique par la haine, l\u2019emprise dans une lutte permanente laissant appara\u00eetre une forme particuli\u00e8re \u00ab\u00a0d\u2019inceste entre appareils psychiques cherchant \u00e0 s\u2019emparer l\u2019un de l\u2019autre, \u00e0 se poss\u00e9der mutuellement\u00a0: accouplement redout\u00e9-d\u00e9sir\u00e9 &#8211; jouissance et douleur &#8211; dans la fascination\u00a0\u00bb<sup>11<\/sup>.<\/p>\n<p>Que faire avec ces affects n\u00e9gatifs\u00a0? Il s\u2019agit tout d\u2019abord de l\u2019accepter comme une manifestation du transfert. Cette haine ne s\u2019adresse pas au clinicien et celle qu\u2019il pense \u00e9prouver pour le patient n\u2019est pas non plus vraiment la sienne. Ici, c\u2019est la haine qui prot\u00e8ge de la d\u00e9ception. <em>L\u2019autre tant ha\u00ef ne d\u00e9\u00e7oit pas, ne surprend pas en restant finalement l\u2019unique objet f\u00e9tichis\u00e9 de mon ressentiment, simultan\u00e9ment source et objet, double de mes propres tourments<\/em>. Il ne faut alors surtout pas commencer un bras de fer, du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9actions autoritaires tant on sait combien l\u2019autoritarisme commence lorsque l\u2019autorit\u00e9 ne tient plus. Il s\u2019agit d\u2019accueillir dans la constance et la continuit\u00e9 de sa pr\u00e9sence survivante ces attaques. Cela ne signifie pas tout accepter, mais \u00eatre capable de s\u2019opposer sans disqualifier, de proposer d\u2019autres versions de la situation, recadrer sans agressivit\u00e9, garantir quelque chose de l\u2019\u00e9thique, croire \u00e0 la construction du lien de confiance m\u00eame lorsque ce dernier est r\u00e9guli\u00e8rement attaqu\u00e9. En acceptant d\u2019\u00eatre l\u2019interlocuteur-garant d\u2019une continuit\u00e9 d\u2019existence avec l\u2019objet et en admettant cette haine bien temp\u00e9r\u00e9e en nous, il est \u00e0 parier que l\u2019on gagne progressivement du terrain sur la construction d\u2019un lien post-ambivalent. Une int\u00e9gration de la temporalit\u00e9 relationnelle vivante entre le sujet et lui-m\u00eame est susceptible d\u2019\u00eatre construite\u00a0: \u00ab\u00a0Au d\u00e9but, quand je venais, je n\u2019aurais pas pu r\u00e9agir comme \u00e7a\u2026\u00a0\u00bb. <em>Une forme de surmoi protecteur qui lui faisait d\u00e9faut est invit\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9rioriser \u00e0 partir de ce qui s\u2019est v\u00e9cu, construit et acquis dans le lien th\u00e9rapeutique<\/em>. Le sujet <em>borderline<\/em> peut alors commencer \u00e0 tenter de devenir lui-m\u00eame le propre psychoth\u00e9rapeute de sa vie.<\/p>\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Notes bibliographiques<\/h1>\n\n\n\n<ol class=\"wrapper-children-biblio wp-block-list\"><li> Anzieu D. (1985), <em>Le Moi-Peau<\/em>, Paris, Dunod, collection psychisme. <\/li><li> Marinov V. (2019) <em>Les m\u00e9fiants<\/em>, Paris, PUF, Petite Biblioth\u00e8que de psychanalyse. <\/li><li> Boissi\u00e8re L., Estellon V., (2014) : \u00ab Figures et formes de la dysr\u00e9gulation fantasmatique chez les \u00e9tats-limites : le cas de suicidants r\u00e9it\u00e9rants \u00bb in&nbsp;<em>L\u2019\u00e9volution psychiatrique<\/em>, EVOPSY-D-13-00005R1, Elsevier, 2015. <\/li><li> Little M. (1985) \u00ab Lorsque Winnicott travaille dans des zones o\u00f9 dominent les angoisses psychotiques -un compte rendu personnel \u00bb, traduit de l\u2019anglais par Colette Seleir, paru dans la&nbsp;<em>Nouvelle Revue de Psychanalyse<\/em>&nbsp;n\u00b0 33, printemps 1986 repris avec quelques modifications par Caroline Thompson, in Andr\u00e9 J., Thompson C. et coll. (2002)&nbsp;<em>Transfert et \u00e9tats limites<\/em>, Paris, PUF, Petite Biblioth\u00e8que de Psychanalyse. <\/li><li> Corcos, M. (2013) <em>La terreur d\u2019exister<\/em>, Dunod, 2<sup class=\"exposant\" style=\"color: initial; font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, &quot;Segoe UI&quot;, Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, &quot;Helvetica Neue&quot;, sans-serif;\">e<\/sup>&nbsp;\u00e9dition. Voir aussi&nbsp;: Corcos, M. (2013)&nbsp;<em>La terreur d\u2019exister<\/em>, Chapitre 2, in&nbsp;<em>Les psychoses, Trait\u00e9 de Psychopathologie de l\u2019adulte<\/em>, Chabert, C. (dir.), Dunod, p. 61. <\/li><li> Mc Dougall J. (1989) <em>Th\u00e9\u00e2tres du corps<\/em>, Paris, Gallimard, Connaissance de l\u2019inconscient <\/li><li> Green A. (2005) \u00ab Le syndrome de d\u00e9sertification psychique \u00e0 propos de certaines tentatives d\u2019analyse entreprises suite aux \u00e9checs de la psychoth\u00e9rapie \u00bb, in&nbsp;<em>Le travail du psychanalyste en psychoth\u00e9rapie<\/em>, Richard, F. Paris, Dunod, 17-34. <\/li><li> Corcos M. (2014) \u00ab Le vide devant soi \u00bb, Journ\u00e9e&nbsp;<em>Addictions et personnalit\u00e9<\/em>, Colloque organis\u00e9 par le Pr. Silke Schauder, Universit\u00e9 Jules Vernes, Amiens, 13 juin 2014. <\/li><li> Anzieu D. (1978) \u00ab Machine \u00e0 d\u00e9croire : sur un trouble de la croyance dans les \u00e9tats limites \u00bb. In&nbsp;<em>Le travail de l\u2019inconscient<\/em>, textes choisis, pr\u00e9sent\u00e9s et annot\u00e9s par Ren\u00e9 Kaes, Paris, Dunod, 2009. <\/li><li> Pontalis, J.-B., (1988) \u00ab Non, deux fois non. Tentative de d\u00e9finition et de d\u00e9mant\u00e8lement de la \u00ab r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative \u00bb. In&nbsp;<em>Perdre de vue<\/em>, Paris, Gallimard, coll. Connaissance de l\u2019inconscient (pp. 73- 99), p. 87. <\/li><li> <em>Ibidem<\/em>, p. 89 <\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10604?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour aborder les liens entre la contrainte addictive, les troubles de l\u2019humeur et les troubles limites, il me semble important de revenir au pr\u00e9alable sur quelques hypoth\u00e8ses m\u00e9tapsychologiques communes \u00e0 ces \u00ab\u00a0fonctionnements limites\u00a0\u00bb. &#8211; La pr\u00e9carit\u00e9 des limites\u00a0: la m\u00e9taphore&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[252],"auteur":[1414],"dossier":[576],"mode":[60],"revue":[472],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10604","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-addictions","auteur-vincent-estellon","dossier-la-contrainte-addictive-entre-trouble-de-lhumeur-et-trouble-des-limites","mode-payant","revue-472","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10604"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10604\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13437,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10604\/revisions\/13437"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10604"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10604"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10604"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10604"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10604"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10604"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10604"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}