{"id":10600,"date":"2021-08-22T07:32:22","date_gmt":"2021-08-22T05:32:22","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/psychodynamique-de-la-reconnaissance-au-travail-et-identite-2\/"},"modified":"2021-10-01T16:55:43","modified_gmt":"2021-10-01T14:55:43","slug":"psychodynamique-de-la-reconnaissance-au-travail-et-identite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/psychodynamique-de-la-reconnaissance-au-travail-et-identite\/","title":{"rendered":"Psychodynamique de la reconnaissance au travail et identit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Parmi les patients qui frappent \u00e0 la porte des psychiatres, psychologues et psychanalystes, certains arrivent avec une demande centr\u00e9e par une souffrance dans le travail. L\u2019investigation clinique ou la poursuite d\u2019un travail psychoth\u00e9rapeutique permet parfois de d\u00e9gager de cette souffrance une probl\u00e9matique de la reconnaissance. Cette derni\u00e8re peut surgir \u00e9galement avec des patients dont la demande initiale n\u2019est pas centr\u00e9e par la question du travail, dans le cours du suivi psychoth\u00e9rapeutique. Comment entendre et \u00e9couter cette question, \u00e0 partir de quelle(s) th\u00e9ories&nbsp;? La psychodynamique du travail (PDT) a permis de d\u00e9gager un certain nombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui peuvent \u00e9clairer le clinicien dans ce questionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan th\u00e9orique, la reconnaissance constitue un concept pivot entre la psychodynamique du travail et la psychanalyse, permettant d\u2019articuler autrement les th\u00e9orisations freudiennes autour de la sublimation et, ainsi, de faire une place au travail dans la th\u00e9orie psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept de reconnaissance a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9, en psychodynamique du travail, dans une histoire scientifique partag\u00e9e avec des ergonomes, des sociologues et des philosophes, pour r\u00e9pondre \u00e0 une question issue de la clinique&nbsp;: pourquoi travaillons-nous&nbsp;? Car ce qu\u2019am\u00e8ne la clinique du travail au quotidien, c\u2019est bien, aujourd\u2019hui comme hier, que l\u2019engagement subjectif dans le travail va au-del\u00e0 de la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00abgagner sa vie\u00bb et la question de la reconnaissance, telle que la con\u00e7oit la psychodynamique du travail, est en effet \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019identit\u00e9. Cette notion, \u00e9trang\u00e8re au corpus freudien, a n\u00e9anmoins une grande importance dans la psychanalyse post-freudienne, en particulier anglo-saxonne et dans certains champs cliniques sp\u00e9cifiques, comme ceux du genre ou des cliniques non-n\u00e9vrotiques ou \u00abextr\u00eames\u00bb. Il s\u2019agira donc de tenter d\u2019\u00e9clairer, dans cet article, ce que l\u2019on entend par \u00abpsychodynamique de la reconnaissance\u00bb, \u00e0 travers une br\u00e8ve histoire de la question de la reconnaissance en psychodynamique du travail et un r\u00e9sum\u00e9 th\u00e9orique, puis de montrer comment la question de la reconnaissance s\u2019articule \u00e0 celle de la sublimation, pour aboutir \u00e0 celle de l\u2019identit\u00e9, et discuter cette notion et son usage, en psychodynamique du travail et dans le champ psychanalytique. Il s\u2019agira enfin de d\u00e9gager quelques questions que pose la th\u00e9orie actuelle de la reconnaissance en psychodynamique du travail, du point de vue psychanalytique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">I \u2013 La reconnaissance en Psychodynamique du Travail<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I.1 \u2013 Bref itin\u00e9raire historique<\/h3>\n\n\n\n<p>La reconnaissance est devenue en quelques d\u00e9cennies un \u00abph\u00e9nom\u00e8ne social total\u00bb (Caille A.,2007) et un th\u00e8me extr\u00eamement f\u00e9cond dans les sciences humaines et sociales sans pour autant constituer un concept unifi\u00e9. \u00abLe succ\u00e8s du th\u00e8me de la reconnaissance tient sans doute autant \u00e0 son \u00e9tonnante polys\u00e9mie (Ric\u0153ur, 2004) qu\u2019\u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 rendre compte des ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux les plus divers\u00bb \u00e9crivent Haud Gu\u00e9guen et Guillaume Malochet (Gueguen H. et Malochet G., 2012, p. 5). Les premi\u00e8res formulations abouties \u00e0 propos de la reconnaissance dans ce qui s\u2019appelle encore \u00abpsychopathologie du travail\u00bb datent de 1990 (Dejours C. et Abdoucheli E., 1990). En 2007, dans un examen r\u00e9trospectif, C. Dejours revient sur l\u2019histoire de la conceptualisation de la reconnaissance en <em>Psychodynamique du Travail<\/em> et sur son contexte \u00e9pist\u00e9mologique et clinique&nbsp;: \u00abcette conception s\u2019est forg\u00e9e avant que les travaux d\u2019Axel Honneth ne soient connus en France, c\u2019est-\u00e0-dire dans un contexte o\u00f9 le champ \u00e9tait domin\u00e9 par la controverse avec J\u00fcrgen Habermas. Le contexte de cette conceptualisation, ce sont les enqu\u00eates de 1986 dans les centres de production nucl\u00e9aire et l\u2019analyse th\u00e9orique des situations soumises \u00e0 l\u2019investigation en termes de \u00abpathologie de la communication\u00bb entre ouvriers et cadres, dans un travail men\u00e9 sous la direction de Paul Ladri\u00e8re et Alain Cottereau (1992) sur le th\u00e8me habermassien de l\u2019espace public.\u00bb (Dejours C., 2007b, p. 63).<\/p>\n\n\n\n<p>Le concept est ensuite d\u00e9velopp\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019appareil th\u00e9orique de la psychodynamique du travail dans l\u2019<em>addendum<\/em> \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9\u00e9dition de <em>Travail, usure mentale<\/em> (Dejours C., 1993), texte important dans la mesure o\u00f9 il prend acte d\u2019un certain nombre de transformations, interd\u00e9pendantes les unes des autres&nbsp;: la psychopathologie du travail laisse place \u00e0 la psychodynamique du travail, qui prend d\u00e9sormais pour objet non seulement la pathologie mais aussi la normalit\u00e9, la souffrance et le plaisir dans le travail, l\u2019individuel et le collectif (\u00e0 travers l\u2019\u00e9tude des strat\u00e9gies collectives de d\u00e9fense), l\u2019homme et le travail, l\u2019organisation du travail et la situation de travail. L\u2019<em>addendum<\/em> d\u00e9gage une m\u00e9thodologie de recherche-action et un programme scientifique autour d\u2019une nouvelle d\u00e9finition du travail. La reconnaissance y appara\u00eet \u00e0 partir de la question de la mobilisation subjective dans le travail et du constat, issu de la clinique, que cette mobilisation ne peut pas \u00eatre prescrite et qu\u2019il est d\u2019ailleurs inutile de la prescrire dans la mesure o\u00f9 elle est pr\u00e9sente d\u2019embl\u00e9e. La question est davantage&nbsp;: \u00abcomment ne pas briser cette mobilisation&nbsp;?\u00bb La r\u00e9ponse est justement la reconnaissance, au deux sens du terme&nbsp;\u2013&nbsp;constat du travail accompli et gratitude pour l\u2019apport des travailleurs \u2013 r\u00e9tribution symbolique de la mobilisation subjective. C\u2019est la reconnaissance qui permet \u00e0 la souffrance, inh\u00e9rente \u00e0 la rencontre avec le r\u00e9el du travail, de prendre sens et de pouvoir \u00eatre transform\u00e9e en plaisir&nbsp;\u2013&nbsp;dans un mouvement bien diff\u00e9rent de celui du masochisme qui \u00e9rotise la souffrance elle-m\u00eame. C\u2019est \u00e9galement par la reconnaissance que le travail peut tenir ses \u00abpromesses\u00bb en termes d\u2019accomplissement de soi, puisque, \u00e0 partir des jugements de reconnaissance port\u00e9s sur le faire, dans un second temps \u00abla reconnaissance du travail accompli peut s\u2019inscrire au niveau de la personnalit\u00e9 en termes de gain dans le registre de l\u2019identit\u00e9.&nbsp;\u00bb On verra plus loin ce que cela signifie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.1.a \u2013 Les sources<\/h4>\n\n\n\n<p>Pascale Molinier retrace l\u2019histoire du concept de reconnaissance en psychodynamique du travail \u00e0 partir de Hegel et de Koj\u00e8ve, m\u00e9diatis\u00e9e par l\u2019influence&nbsp;\u2013&nbsp;tr\u00e8s&nbsp;\u2013&nbsp;souterraine de Lacan et, plus explicitement, celle d\u2019Habermas. \u00abLa th\u00e9orie de la reconnaissance en psychodynamique du travail vise avant tout \u00e0 introduire le travail l\u00e0 o\u00f9 Habermas&nbsp;\u2013&nbsp;et la plupart des psychologues et sociologues&nbsp;\u2013&nbsp;consid\u00e8rent que l\u2019intercompr\u00e9hension entre ego et autrui s\u2019op\u00e8re par la m\u00e9diation du langage seulement. La psychodynamique du travail, appuy\u00e9e sur l\u2019anthropologie des techniques, propose une th\u00e9orie quasi invers\u00e9e de la reconnaissance o\u00f9 <em>l\u2019exp\u00e9rience de la r\u00e9sistance du r\u00e9el se situe dans un temps premier par rapport \u00e0 l\u2019agir communicationnel<\/em>. L\u2019interaction et le langage, en soi, ne sont pas porteurs de l\u2019\u00e9mancipation. Celle-ci est subordonn\u00e9e \u00e0 la ma\u00eetrise de la r\u00e9sistance du r\u00e9el, d\u2019abord, de l\u2019effort des sujets engag\u00e9s dans l\u2019agir communicationnel ensuite.\u00bb (Molinier P., 2008, p. 140-141). La reconnaissance appara\u00eet d\u2019abord comme \u00abune sorte de panac\u00e9e en mati\u00e8re de sant\u00e9 mentale\u00bb. (Dejours C., 2007b, p. 66).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.1.b \u2013 D\u00e9bats et \u00e9volution dans la question de la reconnaissance en Psychodynamique du travail<\/h4>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement de la clinique, en particulier vers des m\u00e9tiers&nbsp;\u2013&nbsp;souvent exerc\u00e9s par des femmes&nbsp;\u2013&nbsp;o\u00f9 la reconnaissance est rare ou absente (Molinier P., 2010, p.105, Rolo D., 2013) ainsi que l\u2019approfondissement de la th\u00e9orie de la reconnaissance&nbsp;\u2013&nbsp;en particulier \u00e0 travers les discussions avec l\u2019\u00e9cole de Francfort, dont la th\u00e9orie de la lutte pour la reconnaissance constitue l\u2019\u00e9tape actuelle (voir en particulier le dossier \u00abLa reconnaissance\u00bb, <em>Travailler<\/em>, n\u00b0 18, 2007)&nbsp;\u2013&nbsp;et de ses articulations avec la sublimation et l\u2019identit\u00e9 (Dejours C., 2007b) ont permis de prendre acte, th\u00e9oriquement, de la complexit\u00e9 de la psychodynamique de la reconnaissance. Cela a ainsi permis de comprendre pourquoi la reconnaissance n\u2019est pas forc\u00e9ment synonyme de plaisir, en particulier quand elle porte sur un travail que le sujet d\u00e9sapprouve moralement, ni d\u2019\u00e9mancipation lorsqu\u2019elle est manipul\u00e9e, falsifi\u00e9e. \u00ab&nbsp;D\u2019un m\u00e9canisme de subversion de la souffrance au travail, la reconnaissance se transforme (alors) en instrument de manipulation et de soumission.&nbsp;\u00bb (Rolo D., 2013, p. 281)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I.2 \u2013 Qu\u2019est-ce que la reconnaissance en Psychodynamique du travail&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour la psychodynamique du travail (PDT), la reconnaissance constitue, on l\u2019a vu, la r\u00e9tribution symbolique du travail, pour le sujet. Elle est ce qu\u2019attendent les travailleurs en \u00e9change de la mobilisation subjective qu\u2019ils engagent dans le travail de <em>production<\/em> et dans le travail de <em>coop\u00e9ration<\/em>, de production de r\u00e8gles, d\u00e9sign\u00e9 sous le nom d\u2019activit\u00e9 <em>d\u00e9ontique<\/em>, qui est au fondement du collectif de travail et de la coop\u00e9ration. Cette mobilisation subjective implique investissement de l\u2019\u00e9nergie pulsionnelle, du corps \u00e9rotique et de la subjectivit\u00e9 toute enti\u00e8re dans le travail en tant qu\u2019affrontement au r\u00e9el du travail (r\u00e9el de la mati\u00e8re, de l\u2019organisation du travail, r\u00e9el de l\u2019autre, r\u00e9el de soi\u2026), construction de coop\u00e9rations ou engagement dans des strat\u00e9gies collectives de d\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.2.a \u2013 Sur quoi porte-t-elle&nbsp;?<\/h4>\n\n\n\n<p>Ce qui caract\u00e9rise la reconnaissance en PDT et la diff\u00e9rencie d\u2019autres th\u00e9ories, en particulier celle d\u2019Axel Honneth, c\u2019est qu\u2019elle porte sur le travail et non sur la personne, sur le faire et non sur l\u2019\u00eatre. \u00ab&nbsp;Dans la clinique du travail, (\u2026) la reconnaissance de l\u2019\u00eatre est contre-productive. Elle g\u00e9n\u00e8re encore davantage de sentiments d\u2019injustice parmi les travailleurs. (\u2026) Ce que demandent les travailleurs, c\u2019est la reconnaissance de la contribution qu\u2019ils apportent \u00e0 la production, d\u2019une part, \u00e0 la coop\u00e9ration, d\u2019autre part.\u00bb (Dejours C., 2007b, p. 66)<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.2.b \u2013 Jugements de beaut\u00e9 et d\u2019utilit\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p>Elle est m\u00e9di\u00e9e par deux jugements&nbsp;: le jugement de beaut\u00e9 et le jugement d\u2019utilit\u00e9. Le premier vient surtout des pairs, cons\u0153urs et confr\u00e8res de m\u00e9tier, qui partagent les m\u00eames r\u00e8gles de m\u00e9tiers&nbsp;\u2013&nbsp;techniques, langagi\u00e8res, \u00e9thiques&nbsp;\u2013&nbsp;et une commune exp\u00e9rience du r\u00e9el du travail. Ils sont seuls \u00e0 m\u00eame de juger de la conformit\u00e9 du travail avec ces r\u00e8gles de m\u00e9tier&nbsp;\u2013&nbsp;les \u00abr\u00e8gles de l\u2019art\u00bb&nbsp;\u2013&nbsp;et de l\u2019originalit\u00e9 du travail, de son style particulier. Le second \u00e9mane plus particuli\u00e8rement de la hi\u00e9rarchie. Il se concr\u00e9tise souvent sous la forme de gratifications financi\u00e8res ou statutaires&nbsp;\u2013&nbsp;primes, salaire, promotion, etc.&nbsp;\u2013&nbsp;et porte pr\u00e9f\u00e9rentiellement sur les r\u00e9sultats du travail, leur conformit\u00e9 avec les objectifs. Cette \u00abreconnaissance verticale\u00bb, ce jugement d\u2019utilit\u00e9 pourrait inspirer de nouvelles mani\u00e8res d\u2019\u00e9valuer le travail, alternatives \u00e0 l\u2019\u00e9valuation individuelle des performances, fond\u00e9e sur des crit\u00e8res quantitatifs, \u00ab&nbsp;objectifs&nbsp;\u00bb, par mesurage. (Gernet I. et Dejours C., 2009, p. 34).<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res formulations th\u00e9oriques distinguaient clairement jugement de beaut\u00e9 des pairs et jugement d\u2019utilit\u00e9 par la hi\u00e9rarchie. La poursuite des explorations cliniques et leur \u00e9largissement \u00e0 des univers professionnels diff\u00e9rents ont permis de constater que ce qui \u00e9tait vrai dans certains milieux professionnels ne l\u2019\u00e9tait pas partout. En effet, les organisations du travail auxquelles \u00e9taient alors confront\u00e9s les chercheurs en psychodynamique du travail se caract\u00e9risaient par une s\u00e9paration hi\u00e9rarchique et \u00abtechnique\u00bb importante&nbsp;: ceux qui organisent le travail ne partagent pas les m\u00eames r\u00e8gles de m\u00e9tier que leurs subordonn\u00e9s. Ils ne peuvent donc pas juger du travail, qui \u00e9chappe \u00e0 leur mode d\u2019appr\u00e9hension mais uniquement de ses r\u00e9sultats. Dans d\u2019autres univers de travail, la psychodynamique de la reconnaissance se d\u00e9roule diff\u00e9remment. Dans le travail d\u2019acteur par exemple, le metteur en sc\u00e8ne formule des jugements de beaut\u00e9 (Potiron M., 2010).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">I.2.c \u2013 Reconnaissance et gratitude<\/h4>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle vient des usagers, clients, patients, destinataires ou b\u00e9n\u00e9ficiaires du travail, on ne parle pas de reconnaissance mais de \u00abgratitude\u00bb. Il arrive fr\u00e9quemment que, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une reconnaissance vainement attendue, l\u2019on se rabatte sur la gratitude. Pourtant reconnaissance et gratitude n\u2019ont pas le m\u00eame statut th\u00e9orique, ni la m\u00eame r\u00e9sonance clinique. En effet, usagers, patients, clients, spectateurs n\u2019ont pas connaissance des contraintes du r\u00e9el du travail et ne peuvent juger de la conformit\u00e9 du travail avec les \u00abr\u00e8gles de l\u2019art\u00bb, ni de son \u00abstyle singulier\u00bb, ni de son utilit\u00e9 quant aux objectifs. Confondre reconnaissance et gratitude ne peut donc que mener \u00e0 la d\u00e9ception et \u00e0 la frustration. Ainsi, lors d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e avec une troupe th\u00e9\u00e2trale, \u00e9voquant le public fid\u00e8le de la troupe, l\u2019un des com\u00e9diens fait part de sa d\u00e9ception face \u00e0 la posture de \u00ab<em>fan<\/em>\u00bb adopt\u00e9e par certains spectateurs fid\u00e8les. \u00abAu bout d\u2019un moment, t\u2019as l\u2019impression que tu pourrais faire n\u2019importe quoi, ils trouveraient toujours \u00e7a super. Des fois, j\u2019ai l\u2019impression de jouer pour des midinettes.\u00bb (Potiron M., 2011). Ces diff\u00e9rents jugements ne sont, bien entendu, pas forc\u00e9ment congruents. Des conflits existent entre les uns et les autres, qui n\u00e9cessitent le d\u00e9ploiement d\u2019une activit\u00e9 de discussion et de confrontation&nbsp;\u2013&nbsp;ce qui suppose, en particulier, de la <em>confiance<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I.3 \u2013 A quoi m\u00e8ne la reconnaissance&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>La reconnaissance de la contribution des travailleurs ouvre d\u2019abord la voie \u00e0 une \u00abaffiliation\u00bb (Castel R., 1995), qui se traduit, tr\u00e8s concr\u00e8tement, par l\u2019obtention de droits sociaux, voire par la citoyennet\u00e9 (<em>cf<\/em>. Reberioux M.). A un autre niveau, la \u00ablutte pour la reconnaissance\u00bb au sens de la psychodynamique du travail se r\u00e9v\u00e8le comme le ressort fondamental de la mobilisation des hommes \u00e0 travailler ensemble et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la mobilisation de l\u2019intelligence individuelle (l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9) et de l\u2019intelligence collective (la coop\u00e9ration). La reconnaissance appara\u00eet comme la raison pour laquelle les agents se mobilisent dans l\u2019activit\u00e9 d\u00e9ontique et dans la production de r\u00e8gles de travail. Reconnaissance et vivre-ensemble,voire conjuration de la violence, apparaissent comme unis dans une m\u00eame dynamique.\u00bb (Dejours C., 2007b, p.65). \u00ab&nbsp;Etre reconnu pour ce que l\u2019on fait, ind\u00e9pendamment de qui l\u2019on est, ouvre une issue \u00e0 la souffrance intrins\u00e8que des hommes et des femmes confront\u00e9s \u00e0 la radicalit\u00e9 du manque, aux \u00e9checs de l\u2019accomplissement de soi dans le champ \u00e9rotique.\u00bb (Guilho-Bailly M.P., 1998, p. 33). On le voit, les enjeux de la reconnaissances sont essentiels en termes individuels et collectifs, voire politiques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I.4 \u2013 Et le manque de reconnaissance&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Sans reconnaissance, tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de n\u2019a pas lieu\u00a0: l\u2019affiliation se d\u00e9fait, comme la mobilisation individuelle et collective. Le manque durable de reconnaissance a des cons\u00e9quences importantes, parfois tragiques, sur la sant\u00e9 mentale, qui s\u2019en trouve d\u00e9stabilis\u00e9e. Lorsqu\u2019existe un espoir de reconnaissance, celui-ci peut soutenir une volont\u00e9 de coop\u00e9rer. Il faut donc distinguer \u00able <em>d\u00e9ficit<\/em> de reconnaissance\u00a0\u2013\u00a0il est banal de \u00abmanquer de reconnaissance\u00bb\u00a0\u2013\u00a0du d\u00e9ni de reconnaissance, qui appara\u00eet comme beaucoup plus d\u00e9l\u00e9t\u00e8re.\u00bb (Molinier P., 2010, p.106)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I.5 \u2013 Reconnaissance et sublimation<\/h3>\n\n\n\n<p>Si l\u2019absence de reconnaissance a de telles cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 mentale, c\u2019est parce que, pour la psychodynamique du travail, la psychodynamique de la reconnaissance constitue le second niveau de la sublimation, qui en compte trois&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier, intrapsychique, est celui de la corpspropriation&nbsp;\u2013&nbsp;terme emprunt\u00e9 \u00e0 Michel Henry (1987)&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;familiarit\u00e9 subjective et affective entre le corps et le r\u00e9el&nbsp;\u00bb (Dejours C., 2014, p. 25). Le second, donc, est celui de la reconnaissance et le troisi\u00e8me est celui de la dimension \u00e9thique, \u00ablorsque le travail vivant est effectivement jug\u00e9 et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment orient\u00e9 en vue d\u2019honorer la vie.\u00bb (Dejours C., 2014, p.32)<\/p>\n\n\n\n<p>Ces formulations \u00e9largissent quelque peu de celles de Freud, qui \u00e9voque la sublimation d\u2019abord comme une \u00ab&nbsp;capacit\u00e9 (de la pulsion) d\u2019\u00e9changer le but sexuel originaire contre un autre but.&nbsp;\u00bb (Freud S., 1908) pour finir par \u00abune certaine sorte de modification du but et de changement de l\u2019objet dans laquelle notre \u00e9chelle de valeurs sociale entre en ligne de compte.\u00bb (Freud S., 1933), sans pour autant constituer jamais une v\u00e9ritable th\u00e9orie de la sublimation&nbsp;\u2013&nbsp;l\u2019essai qui devait lui \u00eatre consacr\u00e9 dans le recueil <em>M\u00e9tapsychologie<\/em> de 1915 ayant \u00e9t\u00e9 perdu ou d\u00e9truit.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychodynamique de la reconnaissance et de la souffrance \u00e9thique vient \u00e9clairer les formules freudiennes quant \u00e0 \u00abnotre \u00e9chelle de valeurs sociale\u00bb et \u00e0 la fa\u00e7on dont elle entre en jeu dans le processus sublimatoire. En ce sens, elle constitue une contribution \u00e0 une th\u00e9orie de la sublimation.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la psychodynamique du travail, \u00e0 la diff\u00e9rence des propositions de Freud, la sublimation ne constitue pas un luxe r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une minorit\u00e9 (masculine) de savants et d\u2019artistes mais fait partie du travail ordinaire, pour autant que l\u2019organisation du travail et les conditions sociales ne l\u2019emp\u00eachent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>La reconnaissance permet donc de saisir, \u00ab&nbsp;de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e (\u2026) les voies de passage de l\u2019\u00e9conomie subjective \u00e0 la dimension collective&nbsp;\u00bb (Gernet I. et Dejours C., 2009). Si la reconnaissance porte sur le faire et non sur l\u2019\u00eatre, comme on l\u2019a vu, la question de la reconnaissance et celle de l\u2019identit\u00e9 sont n\u00e9anmoins, en psychodynamique du travail, \u00e9troitement li\u00e9es l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, dans la mesure o\u00f9 les jugements de reconnaissance port\u00e9s sur le faire peuvent \u00eatre, dans un second temps, rapatri\u00e9s dans le registre de l\u2019identit\u00e9. Ainsi, \u00abil appara\u00eet que la reconnaissance dont on peut b\u00e9n\u00e9ficier gr\u00e2ce au travail s\u2019inscrit tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment dans la dynamique de construction et de stabilisation de l\u2019identit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 la reconnaissance, le travail peut s\u2019inscrire dans la dynamique dite de l\u2019accomplissement de soi\u00bb (Dejours C., 2007a, p. 272). La puissance de la reconnaissance s\u2019appuie sur l\u2019attente dont elle est l\u2019objet de la part des \u00eatres humains, qui elle-m\u00eame s\u2019appuie sur les failles identitaires h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence. Notre identit\u00e9 ne d\u00e9pend pas que de nous. Elle implique une dynamique qui fait intervenir les autres, leur regard et leur jugement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">II \u2013 Identit\u00e9, psychanalyse et psychodynamique du travail<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">II. 1 \u2013 Psychanalyse et identit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9 n\u2019appartient pas au corpus freudien. L\u2019une des explications fr\u00e9quemment avanc\u00e9e est d\u2019ordre clinique&nbsp;: Freud, psychanalyste de n\u00e9vros\u00e9s, n\u2019\u00e9tait pas confront\u00e9 aux pathologies pr\u00e9sentant des troubles de l\u2019identit\u00e9, pathologies auxquelles s\u2019attaqueront ses successeurs, ainsi contraints de th\u00e9oriser l\u2019identit\u00e9. Pas d\u2019identit\u00e9 chez Freud, donc, qui utilise le terme de \u00abpersonnalit\u00e9\u00bb&nbsp;\u2013&nbsp;pour d\u00e9signer, la plupart du temps, la structure que composent les instances de la premi\u00e8re puis de la seconde topique&nbsp;\u2013, et se questionne \u00e0 propos du \u00ab&nbsp;caract\u00e8re&nbsp;\u00bb et th\u00e9orise l\u2019identification.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">II.1.a \u2013 L\u2019identification<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019identification est une notion pr\u00e9coce de l\u2019\u0153uvre freudienne puisqu\u2019elle appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois dans une lettre \u00e0 Fliess du 17 d\u00e9cembre 1896. Concept central, l\u2019identification est \u00ab&nbsp;l\u2019op\u00e9ration par laquelle le sujet humain se constitue.\u00bb (Laplanche J. et Pontalis J.B., 1994, p. 188-189) La th\u00e9orie freudienne de l\u2019identification a \u00e9volu\u00e9 au fil du temps, chaque grand remaniement th\u00e9orique donnant lieu \u00e0 un enrichissement du concept. Toutefois, cette \u00abf\u00e9condit\u00e9 de la notion\u00bb n\u2019a pas donn\u00e9 lieu \u00e0 \u00abune syst\u00e9matisation qui en ordonne les modalit\u00e9s\u00bb (<em>ibid<\/em>). Ce qui s\u2019en rapproche le plus constitue le chapitre 7 de <em>Psychologie des foules et analyse du moi<\/em> (1921)&nbsp;: \u00abL\u2019identification\u00bb. Freud indique que \u00abl\u2019identification est connue de la psychanalyse comme expression premi\u00e8re d\u2019un lien affectif \u00e0 une autre personne [identification primaire]. Elle joue un r\u00f4le dans la pr\u00e9histoire du complexe d\u2019\u0153dipe (\u2026), qu\u2019elle aide \u00e0 pr\u00e9parer. (\u2026) L\u2019identification est (\u2026) ambivalente d\u00e8s le d\u00e9but. (\u2026) Dans une formation de sympt\u00f4me n\u00e9vrotique, (\u2026) l\u2019identification est partielle, extr\u00eamement limit\u00e9e et n\u2019emprunte qu\u2019un seul trait \u00e0 la personne objet. (\u2026) Par voie r\u00e9gressive, elle (peut) devenir le substitut d\u2019un lien objectal libidinal, en quelque sorte par introjection de l\u2019objet dans le moi (identification \u00abm\u00e9lancolique\u00bb)&nbsp;; et (\u2026) elle peut na\u00eetre chaque fois qu\u2019est per\u00e7ue \u00e0 nouveau une certaine communaut\u00e9 avec une personne qui n\u2019est pas l\u2019objet des pulsions sexuelles (identification hyst\u00e9rique).\u00bb (Freud S., 1921, p. 167-170) Il d\u00e9veloppe \u00e9galement dans ce texte l\u2019identification au <em>leader<\/em>&nbsp;: \u00abidentification et installation de l\u2019objet \u00e0 la place de l\u2019id\u00e9al du moi.\u00bb (Freud S., 1921, p. 199). Freud diff\u00e9rencie ainsi des identifications au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une instance&nbsp;\u2013&nbsp;qui construisent ou enrichissent la personnalit\u00e9&nbsp;\u2013&nbsp;et le processus inverse, dans lequel c\u2019est l\u2019objet qui est mis \u00e0 la place d\u2019une instance (comme dans l\u2019identification au <em>leader<\/em>), conduisant ainsi vers l\u2019ali\u00e9nation. Laplanche \u00ab&nbsp;retourne&nbsp;\u00bb la perspective freudienne en proposant le concept d\u2019assignation pour d\u00e9signer une identification par \u00ab&nbsp;le petit groupe des <em>socii<\/em>&nbsp;\u00bb (Laplanche J., 2007, p. 168). Laplanche, \u00e0 la suite de Freud, ne fait pas sien le concept d\u2019identit\u00e9, qu\u2019il \u00e9voque cependant \u00e0 propos de Stoller sur l\u2019identit\u00e9 de genre (\u00ab&nbsp;<em>core gender identity<\/em>&nbsp;\u00bb, Stoller R., 1968, cit\u00e9 par Laplanche J., 2007, p. 157).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">II.1.b \u2013 L\u2019identit\u00e9 en psychanalyse<\/h4>\n\n\n\n<p>Si Freud ne parle pas d\u2019identit\u00e9, il s\u2019agit n\u00e9anmoins d\u2019une notion qui a et a eu ses th\u00e9oriciens et ses d\u00e9fenseurs dans la psychanalyse contemporaine (Michel de M\u2019Uzan, par exemple) et dans l\u2019histoire de la psychanalyse, \u00e0 partir des ann\u00e9es cinquante, particuli\u00e8rement aux Etats-Unis, o\u00f9 s\u2019est \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9e l\u2019<em>Ego-Psychology<\/em>. Les th\u00e9ories de l\u2019identit\u00e9 partagent avec celles-ci un certain nombre de vues, en particulier leur attention au Moi et \u00e0 ses relations avec le monde \u00abenvironnant\u00bb. Certaines s\u2019en r\u00e9clament. Phyllis Greenacre, Ralph Greenson, Margaret Malher et surtout Erik Erikson et Heinz Lichtenstein en sont les repr\u00e9sentants les plus significatifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Agn\u00e8s Oppenheimer r\u00e9sume ces approches en d\u00e9finissant l\u2019identit\u00e9 comme \u00abstructure rendant compte du narcissisme et faisant partie du Moi, capacit\u00e9 de demeurer le m\u00eame au travers des changements, sentiment de continuit\u00e9, somme des repr\u00e9sentations de soi\u00bb (Oppenheimer A., 2002). Erikson, qui a consacr\u00e9 une partie de sa vie \u00e0 introduire la psychanalyse dans les sciences sociales a forg\u00e9, dans cette perspective, la notion de psycho-histoire et, en 1956, le concept d\u2019identit\u00e9 du Moi. Celle-ci \u00abse d\u00e9finit par l\u2019identit\u00e9 individuelle, la qu\u00eate inconsciente de continuit\u00e9 personnelle, la synth\u00e8se du Moi et la solidarit\u00e9 \u00e0 un groupe\u00bb. Elle prend le relais des identifications et se constitue par la r\u00e9solution de crises successives de d\u00e9veloppement aboutissant \u00e0 des synth\u00e8ses successives du Moi, int\u00e9grant les oppositions pr\u00e9alables. Selon Erikson, \u00able Moi n\u2019est pas m\u00fb par les seules pulsions mais il a la t\u00e2che de s\u2019affronter aux d\u00e9fis lanc\u00e9s par l\u2019environnement\u00bb. \u00abL\u2019envers de l\u2019identit\u00e9 du Moi est la diffusion de l\u2019identit\u00e9, syndrome pathologique o\u00f9 les repr\u00e9sentations de soi et de l\u2019objet sont floues et non int\u00e9gr\u00e9es, l\u2019opposition et le passage \u00e0 l\u2019acte dominants\u00bb, ce qu\u2019Otto Kernberg reprendra comme crit\u00e8re diagnostique des \u00e9tats <em>borderline<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Heinz Lichtenstein, quant \u00e0 lui, reprend la m\u00e9tapsychologie freudienne sous le primat de l\u2019identit\u00e9, qui remplace la pulsion sexuelle, \u00abdans une perspective moniste qui r\u00e9cuse le concept dualiste d\u2019identification\u00bb (Oppenheimer A., 2002). Pour Lichtenstein, l\u2019identit\u00e9 n\u2019est jamais garantie, c\u2019est un \u00ab&nbsp;dilemne permanent&nbsp;\u00bb. Selon lui, il existe un th\u00e8me d\u2019identit\u00e9 invariant, form\u00e9 par une empreinte inconsciente venue de la m\u00e8re \u00e0 travers les processus de r\u00e9flexion en miroir. L\u2019enfant cr\u00e9e ensuite des variations sur ce th\u00e8me, qui constituent le sentiment d\u2019identit\u00e9 et sont la cr\u00e9ation propre de l\u2019enfant. Il comprend la pathologie comme issue de l\u2019impossibilit\u00e9 de satisfaire certains \u00abth\u00e8mes\u00bb pourtant indispensables au maintien de l\u2019identit\u00e9. Il parle \u00e9galement d\u2019un \u00abprincipe d\u2019identit\u00e9\u00bb, dont le maintien est la motivation centrale de l\u2019homme, qui supplante le principe de r\u00e9alit\u00e9 et gouverne les pulsions et la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition. L\u2019identit\u00e9 est assimil\u00e9e par Lichtenstein au narcissisme, consid\u00e9r\u00e9 comme une configuration th\u00e9matique primaire \u00e0 variations secondaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9ories de l\u2019identit\u00e9 pr\u00e9c\u00e8dent et annoncent les th\u00e9ories du <em>Self<\/em>, en particulier celle de Heinz Kohut ainsi que l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019identit\u00e9 sexuelle. Dans sa pr\u00e9sentation de ces th\u00e9ories, que je reprends ici, A. Oppenheimer conclut son d\u00e9veloppement par une \u00e9valuation de ces th\u00e9ories, qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 les qualifier de th\u00e9ories descriptives, psychologiques et non psychanalytiques, dans la mesure o\u00f9 \u00ables notions d\u2019inconscient et de sexuel apparaissent comme secondaires\u00bb et o\u00f9 \u00abelles r\u00e9cusent tout dualisme (\u2026), con\u00e7oivent le d\u00e9veloppement selon le seul point de vue g\u00e9n\u00e9tique au m\u00e9pris de la causalit\u00e9 apr\u00e8s-coup (\u2026) et coupent le Moi de son ancrage pulsionnel\u00bb. Elle ram\u00e8ne l\u2019origine de ces th\u00e9ories \u00e0 une \u00abr\u00e9sistance \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de l\u2019Inconscient\u00bb. On comprend que, selon elle, si l\u2019identit\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9e par Freud, c\u2019est bien parce que le concept en est \u00abanti-psychanalytique\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">II.2 \u2013 L\u2019identit\u00e9 en psychodynamique du travail<\/h3>\n\n\n\n<p>Il est probable que la th\u00e9orie de l\u2019identit\u00e9 de la psychodynamique du travail ne r\u00e9sisterait pas tr\u00e8s longtemps \u00e0 la psychanalyse selon A. Oppenheimer dans la mesure o\u00f9, comme le rel\u00e8ve Pascale Molinier, \u00abla th\u00e9orie de l\u2019identit\u00e9 en psychodynamique du travail a laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 le registre intrapsychique des autres internes, pour s\u2019int\u00e9resser davantage au registre de l\u2019intersubjectivit\u00e9 et des autres externes.\u00bb (Molinier P., 2008, p.133)<\/p>\n\n\n\n<p>Elle peut n\u00e9anmoins opposer une honorable r\u00e9sistance, dans la mesure o\u00f9 elle revendique son ancrage dans une psychanalyse principalement freudienne et laplanchienne, centr\u00e9e sur la pulsion, l\u2019inconscient et le sexuel et ne consid\u00e8re pas le monde comme un \u00abenvironnement\u00bb. Christophe Dejours, dans ses d\u00e9veloppements \u00e0 propos de l\u2019identit\u00e9, rejoint les r\u00e9ticences exprim\u00e9es par A. Oppenheimer en affirmant que \u00ab&nbsp;l\u2019identit\u00e9 n\u2019est pas un concept psychanalytique (et que) son utilisation pose donc des probl\u00e8mes s\u00e9rieux du point de vue th\u00e9orique&nbsp;\u00bb (Dejours C., 2002, p. 32) Mais c\u2019est pour, imm\u00e9diatement apr\u00e8s, affirmer qu\u2019il lui para\u00eet toutefois \u00ab&nbsp;impossible d\u2019en faire l\u2019\u00e9conomie, dans la mesure o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 comme la normalit\u00e9 et la sant\u00e9 sont tout au long de la vie l\u2019enjeu d\u2019une conqu\u00eate et conservent une certaine pr\u00e9carit\u00e9.&nbsp;\u00bb Une difficult\u00e9 th\u00e9orique mais une n\u00e9cessit\u00e9 clinique, donc\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pascale Molinier pr\u00e9sente en 2006 le concept d\u2019identit\u00e9 en psychodynamique du travail \u00e0 partir, en particulier, du concept d\u2019identit\u00e9 sociale \u00ab&nbsp;dont il se d\u00e9marque et s\u2019inspire \u00e0 la fois&nbsp;\u00bb. Elle s\u00e9pare donc tr\u00e8s clairement le concept d\u2019identit\u00e9 en Psychodynamique du Travail de ce que signifie ce terme en psychologie et ne d\u00e9veloppe pas davantage ce qu\u2019il en est de l\u2019identit\u00e9 en psychologie. Ce qui peut \u00eatre questionn\u00e9 dans la mesure o\u00f9 l\u2019identit\u00e9, telle qu\u2019elle est d\u00e9finie conceptuellement en Psychodynamique du Travail et telle qu\u2019elle est utilis\u00e9e, se rapproche par bien des points d\u2019autres approches de l\u2019identit\u00e9 se revendiquant du champ psychanalytique et justifie son recours \u00e0 une th\u00e9orie de l\u2019identit\u00e9 par des arguments comparables.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9, en psychodynamique du travail est l\u2019armature de la sant\u00e9 mentale. Toute crise psychopathologique est une crise d\u2019identit\u00e9. En 2002, C. Dejours la d\u00e9finit comme \u00ab&nbsp;essentiellement une relation du sujet \u00e0 soi-m\u00eame (\u2026), la recherche d\u2019un sentiment <em>d\u2019unit\u00e9 de la personnalit\u00e9<\/em> (\u2026) et comme <em>un sentiment de continuit\u00e9<\/em> de cette unit\u00e9, en d\u00e9pit des contraintes qui tendent \u00e0 la morceler, que ces derni\u00e8res proviennent des circonstances ext\u00e9rieures ou des mouvements pulsionnels qui l\u2019affectent de l\u2019int\u00e9rieur.\u00bb (Dejours C., 2002, p.). L\u2019identit\u00e9, pour la psychodynamique du travail constitue donc le fruit d\u2019une lutte, d\u2019une recherche et de l\u2019invention de compromis entre les d\u00e9terminismes biologique (attachement), psycho-familial (cristallis\u00e9 dans l\u2019Inconscient sexuel), social (assignation de genre et ses suites). Elle se construit dans le champ de l\u2019amour et dans le champ du travail. Elle n\u2019est jamais d\u00e9finitivement conquise ou stabilis\u00e9e. A la diff\u00e9rence de la \u00ab&nbsp;personnalit\u00e9&nbsp;\u00bb, l\u2019identit\u00e9 permet de \u00abpenser la part instable, impr\u00e9dictible du devenir du sujet.\u00bb (Molinier P., 2008, p. 132).\u00ab&nbsp;C\u2019est au niveau de l\u2019identit\u00e9, si cela est humainement possible, que se concr\u00e9tise et s\u2019affirme, au niveau subjectif, ce qui rel\u00e8ve en propre de la libert\u00e9. (\u2026) Dans cette conception de l\u2019identit\u00e9, donc, l\u2019ali\u00e9nation est premi\u00e8re et l\u2019identit\u00e9 comme lutte pour l\u2019\u00e9mancipation est seconde. (\u2026) (Dejours C., 2002, p. 31-32)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9, en <em>Psychodynamique du Travail<\/em> est donc personnelle&nbsp;\u2013&nbsp;alors que l\u2019identit\u00e9 sociale est collective (Molinier P., 2008, p. 130) et relationnelle. Pascale Molinier distingue deux \u00abtemps\u00bb, deux \u00abvolets\u00bb de l\u2019identit\u00e9&nbsp;: un premier volet \u00abconformiste\u00bb, correspondant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 sociale, qui indexe un sujet \u00e0 un groupe social\u00bb quel qu\u2019il soit (\u00abimmigr\u00e9s\u00bb, \u00abhommes\u00bb, \u00abaristos\u00bb, \u00abnoires\u00bb, \u00abmodistes\u00bb\u2026)&nbsp;; un second volet par lequel il se \u00abdistingue\u00bb de tout autre, li\u00e9 \u00e0 \u00abl\u2019identit\u00e9 \u00e9thique du sujet\u00bb, l\u2019ips\u00e9it\u00e9&nbsp;\u2013&nbsp;emprunt\u00e9e \u00e0 Paul Ric\u0153ur. La question de l\u2019identit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement travaill\u00e9e autour de la question du genre, de l\u2019identit\u00e9 de genre, introduite par les travaux d\u2019Helena Hirata et de Dani\u00e8le Kergoat, puis de Pascale Molinier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour la psychodynamique du travail, la psychodynamique de la reconnaissance appara\u00eet donc essentielle d\u2019abord sur le plan individuel, pour la sant\u00e9 mentale, en alimentant la dynamique sublimatoire et identitaire, ensuite sur le plan collectif en soutenant la mobilisation collective et le vivre ensemble, en conjurant la violence. Elle est \u00e9galement risqu\u00e9e, d\u2019une part parce que nous ne sommes pas tous \u00e9gaux dans l\u2019attente de reconnaissance&nbsp;\u2013&nbsp;nous n\u2019avons pas tous les m\u00eames failles identitaires&nbsp;\u2013, d\u2019autre part parce que le d\u00e9ficit, le d\u00e9ni de reconnaissance, sa mise au service de buts dans lesquels nous ne nous reconnaissons pas, que nous d\u00e9sapprouvons en termes \u00e9thiques constituent des menaces bien r\u00e9elles. On l\u2019a vu, pour pouvoir se d\u00e9ployer, la psychodynamique de la reconnaissance n\u00e9cessite une organisation du travail, des conditions sociales et politiques propices. Or certaines organisations du travail se r\u00e9v\u00e8lent anti-sublimatoires&nbsp;\u2013&nbsp;parce qu\u2019elles \u00e9teignent les espaces de discussion, les possibilit\u00e9s de coop\u00e9ration et rendent impossible la psychodynamique de la reconnaissance. Dans quelles organisations du travail \u00e9voluent nos patients&nbsp;? Comment s\u2019organisent, pour eux, la dynamique de la reconnaissance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambigu\u00eft\u00e9, dans la question de la reconnaissance entre reconnaissance du faire et de l\u2019\u00eatre n\u2019est pas qu\u2019une discussion th\u00e9orique. Elle est aussi le fruit de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 qui existe dans l\u2019attente m\u00eame de reconnaissance. L\u2019identit\u00e9 se construit dans le champ du travail, <em>via<\/em> la reconnaissance et la sublimation et dans le champ de l\u2019amour. Lorsque la dynamique de la reconnaissance est durablement enray\u00e9e, l\u2019identit\u00e9 en est atteinte et l\u2019\u00e9conomie psychique et relationnelle de l\u2019amour en est boulevers\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la sph\u00e8re du travail, cette ambigu\u00eft\u00e9 dans l\u2019attente de reconnaissance peut conduire \u00e0 une confusion, un t\u00e9lescopage entre reconnaissance et amour&nbsp;\u2013&nbsp;entre autorit\u00e9 et amour, dans la coop\u00e9ration verticale (Dejours C., 2009). Sans la r\u00e9f\u00e9rence au travail et \u00e0 la dynamique de la reconnaissance, le risque, en clinique, est d\u2019alimenter cette confusion par des interpr\u00e9tations centr\u00e9es sur la n\u00e9vrose infantile quand il conviendrait, au contraire, d\u2019analyser cette confusion, de permettre la d\u00e9liaison de ces deux registres&nbsp;\u2013&nbsp;la perlaboration de la diff\u00e9rence entre demande d\u2019amour et demande de reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous n\u2019avons pu aborder ici que tr\u00e8s rapidement la question de la th\u00e9orie de l\u2019identit\u00e9 en psychodynamique du travail et ses rapports avec d\u2019autres th\u00e9ories de l\u2019identit\u00e9. Ce qui diff\u00e9rencie puissamment l\u2019une des autres est, sans conteste, la r\u00e9f\u00e9rence au travail. C\u2019est aussi ce qui fait son int\u00e9r\u00eat. Il serait int\u00e9ressant d\u2019explorer plus avant les rapports entre la th\u00e9orie de l\u2019identit\u00e9 en psychodynamique du travail et les th\u00e9ories de l\u2019identit\u00e9 se r\u00e9clamant de la psychanalyse, contemporaines ou non, en particulier dans leur rapport \u00e0 la question du travail. Ce serait l\u00e0 l\u2019un des axes de discussion entre psychanalyse et psychodynamique du travail, autour de la probl\u00e9matique de la reconnaissance. De telles discussions viendraient poursuivre et enrichir celles auxquelles la th\u00e9orie de la reconnaissance en psychodynamique du travail a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 lieu, dont nous avons effleur\u00e9 quelques unes dans cette rapide pr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>[*] <em>Cet article s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019un projet doctoral soutenu par l\u2019attribution d\u2019une allocation GESTES \/ R\u00e9gion \u00cele-de-France<\/em>.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Caill\u00e9 A. (2007), <em>La qu\u00eate de reconnaissance<\/em>, La D\u00e9couverte \u00abTAP\/Biblioth\u00e8que du MAUSS\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Castel R., (1995), <em>Les M\u00e9tamorphoses de la question sociale<\/em>, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (dir.) (1988), <em>Plaisir et souffrance dans le travail<\/em>. S\u00e9minaire interdisciplinaire de psychopathologie du travail, 1986-1987, t. 2, Paris, AOCIP.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C., ABDOUCHELI E. (1990), \u00abLe concept de psychopathologie du travail. Itin\u00e9raire th\u00e9orique en psychopathologie du travail\u00bb, <em>Pr\u00e9venir<\/em>, n\u00b020, p. 127-151.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2000), <em>Travail, usure mentale<\/em>, Paris, Bayard<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2002), \u00ab\u00a0Les rapports domestiques entre amour et domination\u00a0\u00bb, <em>Travailler<\/em>, 2002\/2 n\u00b0 8, p. 27-43.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2007a), \u00abVuln\u00e9rabilit\u00e9 psychopathologique et nouvelles formes d\u2019organisation du travail (approche \u00e9tiologique), <em>L\u2019Information psychiatrique<\/em>, vol. 83, n\u00b0 4, p. 269-275.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2007b), \u00abPsychanalyse et psychodynamique du travail&nbsp;: ambigu\u00eft\u00e9s de la reconnaissance\u00bb, in Caill\u00e9 A., <em>La qu\u00eate de reconnaissance<\/em>, La D\u00e9couverte \u00abTAP\/Biblioth\u00e8que du MAUSS\u00bb, 2007, p. 58-70.<\/p>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2014), La sublimation\u00a0: entre clinique du travail et psychanalyse\u00bb, <em>Revue fran\u00e7aise de psychosomatique<\/em>, 2014\/2 n\u00b046, p. 21-37.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1908), \u00abLa morale sexuelle \u201fculturelle\u201d et la nervosit\u00e9 moderne\u00bb, <em>OCF.P<\/em>, vol.VIII, p.195-219.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud F. (1921), \u00abPsychologie des foules et analyse du moi\u00bb, <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1981.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1933), \u00abNouvelles suite des le\u00e7ons d\u2019introduction \u00e0 la psychanalyse\u00bb, <em>OCF.P<\/em>, vol. XIX, p. 83-268.<\/p>\n\n\n\n<p>GernetI., Dejours C. (2009), \u00abEvaluation du travail et reconnaissance\u00bb, <em>Nouvelle revue de psychosociologie<\/em>, 2009\/2 n\u00b08, p. 27-36.<\/p>\n\n\n\n<p>Gueguen H. Malochet G. (2012), L<em>es th\u00e9ories de la reconnaissance<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Guilho-Bailly M.-P. (1998), \u00ab&nbsp;La reconnaissance&nbsp;: un concept crucial&nbsp;\u00bb, <em>Le Journal des psychologues<\/em>, n\u00b0 155.<\/p>\n\n\n\n<p>Laplanche J. (2007), \u00abLe genre, le sexe, le sexual\u00bb, <em>Sexual, La sexualit\u00e9 \u00e9largie au sens freudien<\/em>, 2000-2006, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>LaplancheJ., Pontalis J.-B. (1994), <em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Molinier P. (2008), <em>Les enjeux psychiques du travail<\/em>, Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Molinier P. (2010), \u00abSouffrance, d\u00e9fenses, reconnaissance. Le point de vue du travail.\u00bb <em>Nouvelle revue de psychosociologie<\/em>, 2010\/2 n\u00b010, p. 99-108.<\/p>\n\n\n\n<p>Oppenheimer A. (2005), \u00abIdentit\u00e9\u00bb, <em>Dictionnaire international de la psychanalyse<\/em>, sous la direction de De Mijolla A., t. 1, p. 822-823.<\/p>\n\n\n\n<p>Potiron M. (2010), <em>Souffrance et plaisir au travail dans un groupe de com\u00e9diens en troupe<\/em>, m\u00e9moire de Master recherche, CNAM.<\/p>\n\n\n\n<p>Rolo D. (2013), <em>Contraintes organisationnelles, distorsion de la communication et souffrance \u00e9thique. Le cas des centres d\u2019appels t\u00e9l\u00e9phonique<\/em>s, Th\u00e8se pour le doctorat en psychologie, CNAM.<\/p>\n\n\n\n<p>Dossier \u00abLa reconnaissance\u00bb, <em>Travailler<\/em>, 2007\/2, n\u00b0 18, p. 7-135.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10600?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les patients qui frappent \u00e0 la porte des psychiatres, psychologues et psychanalystes, certains arrivent avec une demande centr\u00e9e par une souffrance dans le travail. 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