{"id":10579,"date":"2021-08-22T07:32:20","date_gmt":"2021-08-22T05:32:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/exposition-barbara-hepworth-2\/"},"modified":"2021-09-16T09:09:43","modified_gmt":"2021-09-16T07:09:43","slug":"exposition-barbara-hepworth","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/exposition-barbara-hepworth\/","title":{"rendered":"Exposition : Barbara Hepworth"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Barbara Hepworth, Mus\u00e9e Rodin. Jusqu\u2019au 22&nbsp;mars 2020<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Mus\u00e9e Rodin pr\u00e9sente une sculptrice britannique peu connue en France, Barbara Hepworth (1903-1975). Elle \u00e9tait pourtant un membre important du renouveau de la \u00ab&nbsp;sculpture anglaise&nbsp;\u00bb, qui est apparue \u00e0 Londres \u00e0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e tout au long du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, avec de nombreux artistes, dont Henry Moore.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, devant certaines \u0153uvres, on s\u2019arr\u00eate en se disant \u00ab&nbsp;c\u2019est du Moore&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Ainsi avec <em>Forme trou\u00e9e<\/em> (1931), Hepworth transperce une masse compacte, comme l\u2019a fait Moore, puis elle cr\u00e9e, en 1933, une sculpture en deux morceaux, ressemblant aussi en tout point aux \u0153uvres de Moore. Ou encore des repr\u00e9sentations m\u00e8re\/enfant. Ils \u00e9taient contemporains, se connaissaient bien car ils ont \u00e9tudi\u00e9 au m\u00eame moment \u00e0 <em>l\u2019\u00c9cole des Beaux-Arts<\/em>. Barbara Hepworth \u00e9tait la cadette de cinq ans de Henry Moore. Ne serait-elle qu\u2019une imitatrice de Moore&nbsp;? En fait on est \u00e9tonn\u00e9 d\u2019apprendre que ces \u0153uvres de Barbara Hepworth pr\u00e9c\u00e9daient de deux ans les cr\u00e9ations analogues de Henry Moore. Mais c\u2019est pourtant Henry Moore qui a \u00e9t\u00e9 reconnu comme le repr\u00e9sentant principal de la sculpture britannique, exposant partout dans le monde, alors que le nom de Barbara Hepworth est rest\u00e9 peu connu. Pourtant elle a beaucoup innov\u00e9 dans l\u2019art de la sculpture et a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des rares femmes \u00e0 jouer un r\u00f4le actif dans l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle sculpture dans les ann\u00e9es 30. Ce n\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui que les sculptures de Barbara Hepworth sortent de l\u2019ombre de celles de son ami et rival Henry Moore.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des affinit\u00e9s apparentes, les deux \u0153uvres sont compl\u00e8tement diff\u00e9rentes. Moore a d\u00e9velopp\u00e9 des repr\u00e9sentations du paysage et de la figure humaine, tandis que Barbara Hepworth est rest\u00e9e une artiste abstraite ind\u00e9pendante. Elle va \u00e9purer sa qu\u00eate de formes organiques, qui peuvent para\u00eetre r\u00e9p\u00e9titives, aust\u00e8res, m\u00eame un peu ennuyeuses. En effet, il n\u2019y a rien de spectaculaire dans ces formes \u00e9l\u00e9mentaires, qui tentent de donner forme \u00e0 une exp\u00e9rience, une vision du monde. Ce sont des objets de m\u00e9ditation plus que des \u0153uvres d\u2019art. Malheureusement dans les salles trop exigu\u00ebs de l\u2019exposition, install\u00e9es dans l\u2019ancienne chapelle, elles sont mal mises en valeur, pos\u00e9es les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, alors que chaque pi\u00e8ce demanderait un espace pour d\u00e9ployer son aura spirituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sculptures de Barbara Hepworth \u00e9voquent des objets de m\u00e9ditation d\u2019Extr\u00eame Orient. Un cercle perc\u00e9 d\u2019un trou, ressemble \u00e0 un disque Pi Chinois, objet rituel qui met en \u00e9vidence l\u2019accord de la terre avec le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>Ou encore <em>Pelagos<\/em>, consid\u00e9r\u00e9 comme le chef-d\u2019\u0153uvre de Barbara Hepworth, qui \u00e9voque les <em>Rochers de lettr\u00e9s<\/em> chinois (qu\u2019on avait pu d\u00e9couvrir dans une exposition \u00e0 Paris en 2016). Les lettr\u00e9s posaient sur leur table des pierres, fragments de montagne qui repr\u00e9sentaient la montagne toute enti\u00e8re et amenaient ainsi la nature sur la table du lettr\u00e9. De m\u00eame, <em>Pelagos<\/em> contient en une boule tout un univers naturel, la lumi\u00e8re m\u00e9diterran\u00e9enne que Barbara Hepworth avait d\u00e9couverte lors d\u2019un voyage en Gr\u00e8ce, ainsi que l\u2019univers des vagues et des ressacs de Cornouailles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est essentiel dans son art, c\u2019est le rapport \u00e0 la nature. \u00ab&nbsp;Nous nous r\u00e9g\u00e9n\u00e9rons perp\u00e9tuellement dans la contemplation de la Nature, notre sens du myst\u00e8re et notre imagination demeurent vivants, et une fois bien comprise, elle nous donne le pouvoir de projeter dans un <em>m\u00e9dium<\/em> plastique un peu de sentiment de beaut\u00e9 universelle ou abstraite&nbsp;\u00bb. En qu\u00eate d\u2019une autre relation au monde, elle cherche des formes nouvelles, biomorphiques, organiques. On voit ainsi dans l\u2019exposition une suite de formes tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9es (elle a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la d\u00e9couverte de Brancusi), qui deviennent de plus en plus abstraites.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019est install\u00e9e en 1940 avec son deuxi\u00e8me mari, Ben Nicholson, peintre et sculpteur, en Cornouailles, dans le petit port de Saint Ives, qui est devenu un centre attirant de nombreux artistes, et o\u00f9 s\u2019est ouvert en 1976 un mus\u00e9e qui lui est consacr\u00e9. Elle y a v\u00e9cu de 1950 \u00e0 sa mort en 1975, m\u00eame apr\u00e8s sa s\u00e9paration d\u2019avec Ben Nicholson. C\u2019est dans ce village, petit port d\u2019ardoises et de granit, que Virginia Woolf passait ses vacances, enfant, et qui lui inspira <em>La Promenade<\/em> au phare en 1927.<\/p>\n\n\n\n<p>Les paysages de Cornouailles ont \u00e9t\u00e9 une grande source d\u2019inspiration pour Barbara Hepworth. Collines, dolmens, et surtout la mer et les rochers. Elle semble avoir incorpor\u00e9 la force des vagues se brisant sur les rochers, comme dans la vid\u00e9o de l\u2019exposition, o\u00f9 on la voit s\u2019attaquer \u00e0 de gros blocs de pierre avec la technique de la taille directe, qu\u2019elle pratiquait plut\u00f4t que le modelage. Elle utilisait un outillage traditionnel plut\u00f4t que des machines \u00e9lectriques et travaillait pendant longtemps sans assistant. C\u2019est un v\u00e9ritable corps \u00e0 corps avec la mati\u00e8re. On la voit compl\u00e8tement engag\u00e9e dans son travail tr\u00e8s physique de sculptrice, dont elle disait que c\u2019\u00e9tait comme d\u2019entrer dans une transe et qu\u2019il ne fallait surtout pas faire de bruit, car elle \u00e9coutait la musique que font les instruments taillant la mati\u00e8re.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10579?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Barbara Hepworth, Mus\u00e9e Rodin. Jusqu\u2019au 22&nbsp;mars 2020 Le Mus\u00e9e Rodin pr\u00e9sente une sculptrice britannique peu connue en France, Barbara Hepworth (1903-1975). 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