{"id":10552,"date":"2021-08-22T07:32:17","date_gmt":"2021-08-22T05:32:17","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/des-bebes-dans-une-coque-de-noix-naitre-en-temps-depidemie-2\/"},"modified":"2021-09-16T09:34:39","modified_gmt":"2021-09-16T07:34:39","slug":"des-bebes-dans-une-coque-de-noix-naitre-en-temps-depidemie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/des-bebes-dans-une-coque-de-noix-naitre-en-temps-depidemie\/","title":{"rendered":"Des b\u00e9b\u00e9s dans une coque de noix &#8230; Na\u00eetre en temps d\u2019\u00e9pid\u00e9mie"},"content":{"rendered":"\n<p>Les lecteurs de Ian McEwan verront dans ce titre le petit clin d\u2019\u0153il que je lui adresse pour son roman <em>Dans une coque de noix<\/em>, ce dr\u00f4le de r\u00e9cit entre thriller et r\u00e9flexion philosophique sur le statut du f\u0153tus<sup>1<\/sup>. L\u2019\u00e9crivain nous m\u00e8ne <em>in utero<\/em> o\u00f9 il pr\u00eate sa voix \u00e0 un f\u0153tus en pleine interrogation sur la qualit\u00e9 de son environnement et sur le sens de ce qui va lui arriver \u00e0 la naissance. Il faut dire que personne ne semble dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019accueillir correctement. Ce qu\u2019il vit dans l\u2019abri, \u00e0 la fois fragile et fort, du cocon ut\u00e9rin passe inaper\u00e7u pour l\u2019entourage sens\u00e9 l\u2019accompagner dans ses premiers v\u00e9cus. Je compris ce qui m\u2019avait pouss\u00e9e \u00e0 le relire quand, refermant le livre, je me fis la r\u00e9flexion suivante. N\u2019\u00e9tions-nous pas occup\u00e9s \u00e0 laisser dans l\u2019ombre de la crise sanitaire les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s durant les longs mois de confinement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la vie<\/h2>\n\n\n\n<p>Lors de la premi\u00e8re vague de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, l\u2019urgence sanitaire a supplant\u00e9 l\u2019urgence humaine. Le focus a \u00e9t\u00e9 mis sur la protection des a\u00een\u00e9s, du fait du taux d\u2019hospitalisation et de d\u00e9c\u00e8s dans cette partie de la population consid\u00e9r\u00e9e alors comme la plus vuln\u00e9rable. Un isolement drastique leur a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9, sans qu\u2019on r\u00e9alise la douleur qui en d\u00e9coulerait, ni les cons\u00e9quences tragiques d\u2019une telle d\u00e9privation relationnelle pour eux et leurs proches. Leur raison de vivre, leur vitalit\u00e9 psychique et physique en ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es, conduisant \u00e0 des situations dramatiques dans l\u2019accompagnement de leur quotidien, de la maladie, voire de leur fin de vie. Tandis que l\u2019attention se focalisait sur la protection des grands et arri\u00e8res grands-parents, l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 de la vie semblait oubli\u00e9e. De fait, on ne s\u2019est pas vraiment souci\u00e9 ni des b\u00e9b\u00e9s \u00e0 na\u00eetre, ni des nourrissons, ni de leurs parents. Ceux-ci se sont retrouv\u00e9s dans une solitude extr\u00eame, cruellement silencieuse. C\u2019\u00e9tait comme si on oubliait que la vitalit\u00e9 de la g\u00e9n\u00e9ration naissante est reli\u00e9e \u00e0 celle des g\u00e9n\u00e9rations a\u00een\u00e9es. Comme si on oubliait le caract\u00e8re essentiel des appuis sociaux et familiaux dans le temps p\u00e9rinatal et l\u2019indispensable s\u00e9curit\u00e9 \u00e9motionnelle que ces \u00e9tayages font gagner aux m\u00e8res dans ce moment de vuln\u00e9rabilit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019enfantement et \u00e0 la rencontre du nouveau-n\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A pr\u00e9sent que nous ouvrons la voie au travail psychique concernant cette crise exceptionnelle, j\u2019esp\u00e8re voir cet article contribuer \u00e0 lever ce voile d\u2019invisibilit\u00e9 qui couvre le temps de la naissance afin d\u2019en prendre davantage soin dans les suites de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Pour avancer sur cette question, voyons d\u2019abord comment la crise sanitaire a malmen\u00e9 nos structures d\u2019aide et de soin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La d\u00e9gradation brutale des dispositifs d\u2019accueil, de pr\u00e9vention et de soin<\/h2>\n\n\n\n<p>Lorsque le confinement et la distanciation sociale se sont impos\u00e9s \u00e0 tous, cela s\u2019est fait du jour au lendemain. Une sorte d\u2019arr\u00eat sur image. Le temps s\u2019est litt\u00e9ralement suspendu, sans que personne ait le temps de r\u00e9aliser ce qui s\u2019\u00e9tait produit. Ne plus \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 se voir, se toucher, ne plus circuler, puis devoir avancer masqu\u00e9s et rester \u00e0 distance les uns des autres, risquer les contr\u00f4les policiers\u2026 Nous avons \u00e9prouv\u00e9 la violence de ces pertes de libert\u00e9, bien avant de r\u00e9aliser qu\u2019un ennemi invisible s\u2019\u00e9tait bel et bien infiltr\u00e9 dans l\u2019air commun\u00e9ment respir\u00e9. Oscillant entre d\u00e9ni, banalisation, catastrophisme et sentiment d\u2019irr\u00e9alit\u00e9, chacun a peu \u00e0 peu fait face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie et en a mesur\u00e9 la gravit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le recul, nous r\u00e9alisons combien le v\u00e9cu des soignants et des patients \u00e9tait en totale sym\u00e9trie. La maladie et la mort ont impact\u00e9 les professionnels autant dans leurs liens de travail que dans leurs liens intimes et familiaux, en tant que fils\/fille, parent, grand-parent, fr\u00e8re ou s\u0153ur. Cette proximit\u00e9 de la mort, avec son cort\u00e8ge d\u2019angoisse et de douleur li\u00e9es aux deuils escamot\u00e9s par d\u00e9faut de pr\u00e9sence et de rituels a maximis\u00e9 la p\u00e9trification des affects et la sid\u00e9ration de la pens\u00e9e. Il me semble que c\u2019est alors qu\u2019a surgi cette formule lapidaire \u00ab&nbsp;Portez-vous bien&nbsp;\u00bb, partag\u00e9e en guise d\u2019au revoir, comme pour amortir le risque de contamination.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain palpable, la possibilit\u00e9 de la mort semblait couvrir de son ombre tout le champ du vivant, comme je l\u2019ai \u00e9crit dans un autre texte<sup>2<\/sup>. Manifestation de l\u2019effervescence de l\u2019\u00e9laboration psychique, le travail du r\u00eave s\u2019en est trouv\u00e9 pour certains fortement dynamis\u00e9, tandis qu\u2019il s\u2019\u00e9teignait pour d\u2019autres. Entre coll\u00e8gues et dans la population g\u00e9n\u00e9rale, c\u2019est <em>via<\/em> l\u2019humour, les images, les vid\u00e9os montages (les fantaisies autour du papier toilette et autre\u2026) partag\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux qu\u2019ont commenc\u00e9 \u00e0 se dire \u00e9motions et strat\u00e9gies de survie. Les pr\u00e9parations de potager, la musique, les marches dans la nature (particuli\u00e8rement resplendissante ce printemps-l\u00e0), les notes d\u2019humour n\u2019ont cess\u00e9 de circuler sur les plateformes num\u00e9riques, lieu collectif plein de vie alors qu\u2019\u00e9tait frapp\u00e9e d\u2019interdit toute rencontre <em>live<\/em>. Pass\u00e9e cette immersion au pays des \u00e9crans, nous avons d\u00e9couvert le t\u00e9l\u00e9travail &#8211; inhabituel dans notre champ psy -, exp\u00e9riment\u00e9 de nouveaux moyens de rendez-vous, ajust\u00e9 nos dispositifs aux contraintes sanitaires. Nous avons d\u00fb composer avec les \u00e9carts g\u00e9n\u00e9rationnels cr\u00e9\u00e9s au sein des \u00e9quipes par les donn\u00e9es m\u00e9dicales. Par s\u00e9curit\u00e9, les coll\u00e8gues plus \u00e2g\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s tandis que les jeunes coll\u00e8gues composaient, eux, avec la pr\u00e9sence de leurs propres enfants suite aux fermetures d\u2019\u00e9tablissements scolaires et d\u2019accueil et \u00e0 l\u2019interdiction de faire appel aux grands-parents. Quant \u00e0 moi, pas trop vieille mais d\u00e9j\u00e0 grand-m\u00e8re, je recevais bien mes petits patients en consultation alors qu\u2019il m\u2019\u00e9tait interdit de voir mes petits-enfants&nbsp;! L\u2019un d\u2019eux me dit \u00e0 juste titre que je faisais partie des \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0 assez vieux donc \u00e0 risque&nbsp;\u00bb. Heureusement, me faire rattraper par les statistiques \u00e9pid\u00e9miologiques et les contradictions inh\u00e9rentes aux prescriptions gouvernementales ne m\u2019a gu\u00e8re inqui\u00e9t\u00e9e. Par sa dimension collective, cette premi\u00e8re vague a vraiment fait perdre pied \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019\u00e9voque Laura Spinney<sup>3<\/sup>, le sens premier du mot \u00e9pid\u00e9mie signifie justement \u00ab&nbsp;ce qui se propage sur le peuple&nbsp;\u00bb, tel un brouillard couvrant le paysage, image illustrant \u00e0 merveille la diffusion sournoise de ces invisibles particules virales. De nombreuses structures d\u2019aide se sont retrouv\u00e9es en pleine pur\u00e9e de pois. Ne sachant s\u2019orienter faute d\u2019informations valides, manquant de mat\u00e9riel de protection et de protocoles, la plupart des dispositifs collectifs se sont brutalement arr\u00eat\u00e9s, se contentant parfois d\u2019un service minimum. Pris par surprise, directions et pouvoirs subsidiants ont tard\u00e9 \u00e0 fixer les protocoles sanitaires permettant ensuite de reprendre les activit\u00e9s, malheureusement de fa\u00e7on r\u00e9duite et en limitant les \u00e9quipes. A Bruxelles et en Wallonie o\u00f9 je travaille, la plupart des lieux de pr\u00e9vention de type <em>Maison verte<\/em> ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s. Les groupes th\u00e9rapeutiques et de parole ont \u00e9t\u00e9 suspendus. Dans ce chaos, de nombreuses consultations ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9es et les nouvelles demandes mises en suspens. Quant aux r\u00e9unions inter-secteurs (sant\u00e9 mentale, aide \u00e0 l\u2019enfance et monde p\u00e9rinatal hospitalier), elles se sont arr\u00eat\u00e9es du jour au lendemain d\u00e8s le confinement de mars et n\u2019ont pas encore repris en cette fin d\u2019ann\u00e9e 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si les r\u00e9unions d\u2019\u00e9quipe ont repris en visio, le c\u0153ur des \u00e9quipes ne pulsent plus comme avant. A ce stade, cela fait d\u00e9j\u00e0 dix mois que des coll\u00e8gues ne se sont plus vus. Ceci met profond\u00e9ment \u00e0 mal la groupalit\u00e9 des \u00e9quipes. Reprendre ainsi le fil du d\u00e9but de crise me fait \u00e9prouver la brutalit\u00e9 de cet \u00e9v\u00e9nement qui nous est litt\u00e9ralement tomb\u00e9 dessus. En nous obligeant \u00e0 rompre subitement avec la structuration du temps et de l\u2019espace qui \u00e9tait coutumi\u00e8re dans nos organisations, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie a occasionn\u00e9 une r\u00e9elle fracture du <em>socius<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Derri\u00e8re l\u2019urgence sanitaire, l\u2019urgence humaine<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous comptions sans doute sur la fin rapide de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie pour reprendre le cours ordinaire de la vie. Ce ne fut pas le cas&nbsp;! Rendus \u00e0 l\u2019\u00e9vidence de la cohabitation avec le virus, nous avons sorti de l\u2019ombre ce que nous avons appel\u00e9 l\u2019urgence humaine, jusque-l\u00e0 minor\u00e9e par l\u2019urgence sanitaire. D\u00e8s la mi-mai, sauvegarder les liens avec les familles et reprendre les traitements interrompus devient une priorit\u00e9. Il nous semble urgent d\u2019accueillir les d\u00e9tresses et angoisses des enfants, des tout-petits, des parents et devenant parents, des grands-parents, de les aider \u00e0 sortir de la sid\u00e9ration et \u00e0 retrouver un peu de s\u00e9curit\u00e9 interne pour explorer les ressources disponibles en eux-m\u00eames et autour d\u2019eux. Cela se fait par t\u00e9l\u00e9phone, visio-rencontre ou en pr\u00e9sence, voire en visite \u00e0 domicile pour les courageux (ou t\u00e9m\u00e9raires), avec masque et visi\u00e8re. Certains initient des groupes et espaces de rencontres en visio. En \u00e9crivant, je m\u2019aper\u00e7ois que je ne sais plus trop quel temps choisir. Je chipote pour tenter d\u2019accorder la conjugaison. Cela me donne la sensation d\u2019\u00e9crire une histoire encore en train de se vivre. Sans doute, l\u2019\u00e9criture vient-elle trop t\u00f4t. Mais elle participe \u00e0 la remise en marche du temps et \u00e0 la relance de nos dispositifs. Tr\u00e8s progressive, je constate que cette relance prend un bon coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur d\u00e8s que la r\u00e9flexion clinique (r\u00e9unions, intervisions, webinaires) reprend ses droits. La vitalit\u00e9 des \u00e9quipes en est r\u00e9anim\u00e9e. Et cet adossement professionnel permet aux intervenants de sortir de leur sym\u00e9trie de v\u00e9cu pour revenir en position professionnelle vers les familles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Grossesses et naissances en temps de Covid19<\/h2>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne les situations p\u00e9rinatales, les choses s\u2019av\u00e8rent compliqu\u00e9es. Car mis \u00e0 part les accompagnements p\u00e9rinataux d\u00e9j\u00e0 en cours pour lesquels nous sommes rapidement revenus en insistant pour poursuivre en distanciel, tr\u00e8s peu de nouvelles demandes nous sont parvenues. Bien entendu, certaines familles ont profit\u00e9 de ces mois difficiles, ce dont sages-femmes et p\u00e9diatres t\u00e9moignent. Dans les milieux favoris\u00e9s, il y a eu moins de cas de pr\u00e9maturit\u00e9s durant le confinement g\u00e9n\u00e9ral. Le climat paisible de certains accouchements et s\u00e9jours en maternit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 manifeste, d\u00e9gag\u00e9 des tensions li\u00e9es aux pressions et visites familiales. Certains parents se r\u00e9jouissent d\u2019avoir pu prendre le temps de d\u00e9couvrir b\u00e9b\u00e9 en couple et de trouver leurs marques, avant les premi\u00e8res visites. Mais ceci n\u2019est pas la majorit\u00e9. Ce qui est marquant, c\u2019est que les parents disent qu\u2019il leur a \u00e9t\u00e9 impossible d\u2019appeler \u00e0 l\u2019aide pendant la premi\u00e8re vague. Immobilis\u00e9s, ils se sont tenus cois, faisant le gros dos en attendant que cela passe. Eux aussi, pensaient devoir tenir quinze jours, un mois, pas plus. Ils confirment combien ce fut important que nous revenions spontan\u00e9ment vers eux et insistions pour utiliser le t\u00e9l\u00e9phone en cas d\u2019impossibilit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9placer. Ces familles font largement part des v\u00e9cus douloureux li\u00e9s au confinement, \u00e0 l\u2019isolement et \u00e0 l\u2019arr\u00eat des accompagnements m\u00e9dicaux et psycho-sociaux. Des devenant parents nous ont dit vivre une sorte de triple confinement&nbsp;; celui de la grossesse ou de la maternit\u00e9 (qui vous met \u00e0 l\u2019\u00e9cart de vos cercles professionnels et sociaux), se doublant du confinement sanitaire (radical celui-l\u00e0), et enfin cette troisi\u00e8me forme de confinement li\u00e9 \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en partager le v\u00e9cu (confinement de parole subjective adress\u00e9e \u00e0 un autre, \u00e9coutant et r\u00e9pondant de sa pr\u00e9sence). Quand la parole leur est rendue, c\u2019est une d\u00e9ferlante de v\u00e9cus difficiles, voire traumatiques dont je voudrais conserver ici la trace de fa\u00e7on assez brute. Au fil de ma m\u00e9moire, cette longue liste se d\u00e9roule comme une litanie collective maintes fois entendue, et sur fond de laquelle chaque famille \u00e9crira ensuite la singularit\u00e9 de son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici cette d\u00e9ferlante, en un seul paragraphe continu\u2026 <em>la d\u00e9privation sensorielle et affective &#8211; ne plus avoir \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e depuis des semaines (des mois) &#8211; la perte de la notion du temps &#8211; l\u2019inqui\u00e9tude pour la sant\u00e9 du f\u0153tus &#8211; la crainte de d\u00e9ranger les soignants &#8211; la peur de la contamination qui fait taire le besoin de consultation &#8211; la peur de l\u2019h\u00f4pital &#8211; d\u2019aller y accoucher &#8211; l\u2019absence \u00e0 l\u2019accouchement du conjoint test\u00e9 covid &#8211; la s\u00e9paration avec le nouveau-n\u00e9 en cas de m\u00e8re positive, puis le savoir tout seul en n\u00e9onatologie plusieurs jours &#8211; la peur d\u2019accoucher avec le masque, de s\u2019\u00e9touffer &#8211; l\u2019absence de pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019accouchement &#8211; l\u2019absence de suivi en post-partum imm\u00e9diat &#8211; la culpabilit\u00e9 du papa malade &#8211; la perte du point d\u2019appui des parents &#8211; l\u2019impossibilit\u00e9 de pr\u00e9senter le nouveau-n\u00e9 \u00e0 la famille-l\u2019angoisse que la grand-m\u00e8re d\u00e9c\u00e8de avant d\u2019avoir vu la petite &#8211; la non reconnaissance du passage \u00e0 la parentalit\u00e9 par d\u00e9faut de rite de passage &#8211; la d\u00e9tresse du parent c\u00e9libataire qui doit tout faire tout seul &#8211; qui n\u2019a plus la force et se met au lit pour dormir sans fin &#8211; ou qui ne cesse de crier, de crier et pleurer &#8211; les m\u00e8res des devenant m\u00e8res coinc\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et qui ne sont pas l\u00e0 quand leur fille accouche &#8211; le projet de naissance an\u00e9anti &#8211; cette certitude que quelque chose est rat\u00e9 ou perdu pour cette grossesse &#8211; la perte de revenus qui va crescendo &#8211; l\u2019assistante sociale qu\u2019on n\u2019arrive plus \u00e0 voir &#8211; le foyer devenant une poudri\u00e8re du fait du t\u00e9l\u00e9travail du conjoint et de la pr\u00e9sence permanente des a\u00een\u00e9s &#8211; le spectre de la mort dans l\u2019air respir\u00e9 &#8211; la crainte visc\u00e9rale pour des proches et parents &#8211; le matraquage m\u00e9diatique des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s \u00e0 rallonge\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les devenant parents nous parlent aussi de la perte des pr\u00e9cieux espaces interstitiels de socialit\u00e9 &#8211; comme j\u2019aime les appeler &#8211; que sont les papotes sur le trottoir devant la cr\u00e8che ou l\u2019\u00e9cole, en balade au parc ou \u00e0 la consultation PMI. Et ceci encore qu\u2019il est difficile de dire&nbsp;: la crainte des contr\u00f4les policiers et du regard d\u00e9sapprobateur des voisins et passants pour qui toute sortie, surtout avec un b\u00e9b\u00e9, semble suspecte, voire r\u00e9pr\u00e9hensible. Le cercle autour du b\u00e9b\u00e9 s\u2019est amenuis\u00e9 et le groupe social s\u2019est fait \u00e9vanescent. La fatigue des parents est immense. Pleurs, regrets, col\u00e8re accompagnent ces r\u00e9cits de fin de grossesse, de naissance et des premiers temps avec le b\u00e9b\u00e9. Les familles ont bricol\u00e9 des strat\u00e9gies de survie pendant cette p\u00e9riode. L\u2019\u00e9tat de sid\u00e9ration des familles, crois\u00e9e \u00e0 celle de nos structures de soin, expliquerait-il le (trop) peu de demandes re\u00e7ues, y compris de deuil p\u00e9rinatal&nbsp;? De fait, suivis ant\u00e9nataux et postnataux se sont consid\u00e9rablement r\u00e9duits.<\/p>\n\n\n\n<p>A ce moment, peu de professionnels vont encore au domicile et de nombreux cliniciens ont cess\u00e9 de recevoir les b\u00e9b\u00e9s, faute de mat\u00e9riel sanitaire ou de protocoles institutionnels les y autorisant. Pour ceux qui accompagnent les familles les plus vuln\u00e9rables (violence, grossesse adolescente, v\u00e9cu ant\u00e9rieur traumatique, grossesse \u00e0 risque etc.), le d\u00e9fi est plus grand encore. D\u00e9j\u00e0 sur le fil, ils peinent \u00e0 garder le lien avec les familles en grande difficult\u00e9. Ils souffrent de voir filer le temps ant\u00e9natal, sans pouvoir le mettre \u00e0 profit pour accompagner le v\u00e9cu pr\u00e9natal dans des anticipations porteuses pour l\u2019accueil du b\u00e9b\u00e9. Et s\u2019ils renoncent, ils savent qu\u2019ils l\u00e2chent parents et b\u00e9b\u00e9, parfois le b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9natal, les laissant dans de dangereux huit-clos familiaux renforc\u00e9s par le confinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, au sortir de l\u2019\u00e9t\u00e9, beaucoup ne veulent plus de la visio consultation et demandent \u00e0 revenir en pr\u00e9sence, \u00e0 retrouver plus de libert\u00e9 de mouvement. La pr\u00e9sence r\u00e9elle manque cruellement. On r\u00eave de toucher, de sentir l\u2019autre, de voir son visage comme on verrait un paysage, de serrer des mains et se tenir tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Cette pr\u00e9sence du corps de l\u2019autre s\u2019av\u00e8re d\u2019autant plus cruciale pour le b\u00e9b\u00e9, dont les exp\u00e9riences sensori-motrices et relationnelles forment la matrice structurante de ses premiers liens et de son psychisme naissant. Or, c\u2019est dans la proximit\u00e9 de l\u2019autre que se jouent tous ces ajustements complexes et polyphoniques que nous connaissons bien. Impossible de grandir en bonne sant\u00e9 sans cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, enfin, nous reprenons quelques accompagnements en pr\u00e9sence, avec masque et visi\u00e8re puisqu\u2019il le faut. Car il est impossible d\u2019accompagner ces processus en visio. Derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran, c\u2019est la d\u00e9tresse des parents qui s\u2019impose. Et le b\u00e9b\u00e9 se fait absent. Sa vuln\u00e9rabilit\u00e9, sa d\u00e9tresse et ses ajustements d\u00e9fensifs, ses potentialit\u00e9s et ses retards de d\u00e9veloppement deviennent tout simplement invisibles. Comment renouer avec les b\u00e9b\u00e9s&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quand le temps semble infini, pas de temps mort pour les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s depuis mars&nbsp;!<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec la seconde vague, nous entrons dans un troisi\u00e8me temps o\u00f9 la crise s\u2019annonce durable. L\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 devient la ligne m\u00e9lodique sur laquelle l\u2019exp\u00e9rience du temps se d\u00e9roule. Et cela ne cesse de durer. Le rebond de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie s\u2019accompagne d\u2019importantes pertes d\u2019emploi et \u00e9conomiques, ce qui majore le climat anxiog\u00e8ne. Chacun souffre de cette crise sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Et les b\u00e9b\u00e9s&nbsp;? Que se passe-t-il pour eux dont le premier chapitre de vie se d\u00e9roule dans un tel climat d\u2019incertitude et de stress, dans un univers social restreint o\u00f9 leurs parents n\u2019ont plus acc\u00e8s au support de la communaut\u00e9&nbsp;? Comment sont-ils touch\u00e9s par cette ambiance&nbsp;? Par l\u2019absence de construction de lien avec la parent\u00e8le&nbsp;? Et quelle est donc cette exp\u00e9rience \u00e9trange pour un b\u00e9b\u00e9 de rencontrer des adultes masqu\u00e9s&nbsp;? Quels en sont les effets alors qu\u2019on sait indispensable \u00e0 son d\u00e9veloppement cette rencontre anim\u00e9e et expressive avec le visage humain&nbsp;? Que se passe-t-il pour les \u00ab&nbsp;moyens-petits&nbsp;\u00bb occup\u00e9s \u00e0 apprendre les r\u00e8gles du vivre ensemble, \u00e0 d\u00e9couvrir de nouveaux espaces tels la cr\u00e8che, l\u2019\u00e9cole, les maisons ouvertes, quand ces lieux deviennent inaccessibles&nbsp;? Et que comprendre des r\u00e8gles quand elles changent constamment et sont critiqu\u00e9es, d\u00e9savou\u00e9es ou incomprises par leurs parents&nbsp;; quand la d\u00e9lation des voisins suscite incompr\u00e9hension, col\u00e8re et haine&nbsp;? Comment accompagner le petit en \u00e2ge d\u2019observer tout ce trafic de la vie collective pour que les interdits fassent sens pour lui et l\u2019ouvrent \u00e0 la socialit\u00e9&nbsp;? Nul doute que le r\u00e9cit de vie des b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s en cette p\u00e9riode sera empreint de l\u2019histoire de la pand\u00e9mie dans ces croisements discrets qui se r\u00e9v\u00e8lent plus tard essentiels, comme l\u2019ont montr\u00e9 les travaux de Davoine et Gaudilli\u00e8re<sup>4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans nos consultations, il nous semble essentiel de ne pas faire l\u2019impasse sur cette histoire toute singuli\u00e8re \u00e0 raconter sur fond de l\u2019Histoire collective. Au b\u00e9b\u00e9 et \u00e0 ses parents, nous disons que ce premier chapitre de vie ce n\u2019est pas rien, m\u00eame si la pand\u00e9mie leur para\u00eet avoir escamot\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la naissance. Nous reprenons le fil de l\u2019histoire, au fil des \u00e9motions qui se partagent (tristesse, honte, culpabilit\u00e9, rage de mettre au monde l\u2019enfant dans un tel contexte) et qui permettent d\u2019int\u00e9grer les v\u00e9cus \u00e0 la trame narrative familiale en pr\u00e9sence du b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour certains, cette reprise s\u2019apparente \u00e0 une restauration quand ce premier chapitre de vie peut enfin se transformer et se raconter comme un v\u00e9ritable \u00e9v\u00e9nement. Actuellement, notre clinique est tr\u00e8s engag\u00e9e dans cette voie o\u00f9 nous veillons \u00e0 ne pas laisser pour morts les v\u00e9cus n\u00e9onataux \u00e9prouv\u00e9s par les b\u00e9b\u00e9s dans des interactions charg\u00e9es de tant d\u2019angoisse et d\u2019impens\u00e9. Notre espoir est que le b\u00e9b\u00e9 ne soit pas pi\u00e9g\u00e9 dans ce hors temps induit par la sid\u00e9ration qui a travers\u00e9 tout son environnement de naissance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Et le v\u00e9cu pr\u00e9natal alors\u2026 Des noix&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Et si nous revenions \u00e0 mon invitation de d\u00e9part visant \u00e0 donner droit de cit\u00e9 au v\u00e9cu du b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9natal, cach\u00e9 \u00e0 nos yeux dans le ventre maternel. Encore faut-il, dans le contexte d\u2019urgence sanitaire, consid\u00e9rer le portage maternel avec attention et respect et non comme une vulgaire coque de noix. Comme le pr\u00e9cise Alain Rey dans son fabuleux dictionnaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;au sens figur\u00e9, une coque de noix est une chose sans valeur&nbsp;\u00bb<sup>5<\/sup>. Les r\u00e9cits des familles montrent que prendre soin des v\u00e9cus pr\u00e9nataux dans cette crise Covid19 est un enjeu de sant\u00e9 mentale qu\u2019il faut sortir de dessous sa cape d\u2019invisibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on ne voit pas le f\u0153tus, qu\u2019il n\u2019est pas l\u00e0. Lorsque je travaillais dans un service de grossesse \u00e0 risque, je rencontrais les femmes hospitalis\u00e9es dans l\u2019espoir de postposer une naissance trop pr\u00e9matur\u00e9e. Leurs param\u00e8tres faisaient l\u2019objet de beaucoup d\u2019attention et leur s\u00e9curit\u00e9 m\u00e9dicale \u00e9tait magnifiquement assur\u00e9e. Les \u00e9quipes se montraient bienveillantes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces patientes alit\u00e9es sans bouger des semaines durant, tenaill\u00e9es par des pens\u00e9es et \u00e9motions \u00e0 la hauteur de leur angoisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, je me suis souvent dit que nous ne prenions pas en compte le v\u00e9cu et l\u2019activit\u00e9 propre du f\u0153tus dans son environnement ut\u00e9rin, ni la fa\u00e7on dont s\u2019organisent les \u00e9changes affectifs entre le b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9natal et ses parents dans ces circonstances si particuli\u00e8res. Ce n\u2019est que r\u00e9cemment qu\u2019on s\u2019y int\u00e9resse. Et encore\u2026 Au-del\u00e0 des questions de cortisol, nous demandons-nous comment le f\u0153tus est affect\u00e9 par les variations de tonicit\u00e9 de l\u2019ut\u00e9rus, sa souplesse, sa rigidit\u00e9&nbsp;? Par la position en permanence allong\u00e9e de sa m\u00e8re&nbsp;? Quelles sont alors l\u2019amplitude et la fr\u00e9quence de ses mouvements dans sa chambre ut\u00e9rine, la nature de ses \u00ab&nbsp;jeux&nbsp;\u00bb&nbsp;? Profite-t-il encore de contacts et \u00e9changes affectifs avec ses deux parents au travers du ventre maternel&nbsp;? Et leur voix, lui sont-elles adress\u00e9es, en quelles modulations et comment les accueille-t-il&nbsp;? Et la r\u00eaverie maternelle dans tout cela&nbsp;? Aujourd\u2019hui dans cette p\u00e9riode de stress intense que nous vivons, nous pourrions nous poser ces m\u00eames questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que vivent les femmes enceintes en temps de Covid-19 peut s\u2019apparenter \u00e0 ce long jour sans fin, o\u00f9 l\u2019on guette le terme dans l\u2019espoir que tout s\u2019y d\u00e9roule au mieux, sans covid, avec la pr\u00e9sence du conjoint \u00e0 l\u2019accouchement. Des tensions li\u00e9es \u00e0 l\u2019angoisse, au stress et \u00e0 une immobilit\u00e9 plus grande transforment certainement la souplesse, la tonicit\u00e9 et le rythme du portage ut\u00e9rin ainsi que la qualit\u00e9 des \u00e9changes affectifs et fantasmatiques avec le b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9natal. Des femmes enceintes disent se sentir tr\u00e8s mal dans cette crise. Cela peut les conduire \u00e0 sur-stimuler leur b\u00e9b\u00e9 <em>in ut\u00e9ro<\/em> pour s\u2019assurer de sa vitalit\u00e9. D\u2019autres nous disent qu\u2019elles ont diminu\u00e9 leurs \u00e9changes avec le b\u00e9b\u00e9, d\u00e8s le moment o\u00f9 s\u2019est enclench\u00e9 en elles une sorte d\u2019arr\u00eat sur image bloquant leur r\u00eaverie maternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si, nous allions vers elles pour en parler tranquillement, tout en \u00e9tant \u00e0 l\u2019\u00e9coute de la fa\u00e7on dont se passent les \u00e9changes pr\u00e9nataux&nbsp;? Accueillir et accompagner ces v\u00e9cus dans la dyade et dans la triade est une autre voie dans laquelle nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019engager notre attention clinique pour les grossesses en p\u00e9riode Covid-19. La vis\u00e9e en est clairement pr\u00e9ventive. Elle offre un creuset pour les premi\u00e8res identifications au b\u00e9b\u00e9. Et en explorant les alliances parentales autour du b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9natal, elle offre la possibilit\u00e9 de d\u00e9ployer ce que j\u2019aime appeler en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Trevarthen du \u00ab&nbsp;trafic intersubjectif&nbsp;\u00bb autour et avec \u00ab&nbsp;sa majest\u00e9 le b\u00e9b\u00e9&nbsp;\u00bb. Mais pour s\u2019engager dans ces voies cliniques, il y a une condition de taille. Il faut que les professionnels se d\u00e9brouillent au mieux avec la d\u00e9pressivit\u00e9 qui s\u2019\u00e9tend actuellement sur tout le social. Qu\u2019ils puissent prendre soin d\u2019eux-m\u00eames et de la groupalit\u00e9 de leur \u00e9quipe est un enjeu pr\u00e9alable, th\u00e8me qui m\u00e9riterait bien un autre article&nbsp;! Nous savons qu\u2019il faut se trouver en assez bonne sant\u00e9 pour se laisser toucher par la n\u00e9ot\u00e9nie du b\u00e9b\u00e9, s\u2019identifier \u00e0 lui et lui pr\u00eater notre voix. Comme l\u2019\u00e9crit Ian McEwan en pr\u00eatant sa voix \u00e0 celle du f\u0153tus dans le ventre maternel&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Ce confinement ne devrait pas \u00eatre une prison (\u2026) L\u2019attraction qu\u2019il me faut, c\u2019est le mur de la vie<\/em>&nbsp;\u00bb. Au final, n\u2019est-ce pas cela qu\u2019attend un b\u00e9b\u00e9, un ticket d\u2019entr\u00e9e pour le vivant&nbsp;? C\u2019est pour nous un fameux programme qui n\u2019attendra pas la fin de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Ian McEwan, <em>Dans une coque de noix<\/em>, Gallimard, 2016.<\/li><li>Gustin Pascale, \u00ab&nbsp;Bas les masques&nbsp;\u00bb, in <em>Tendresse et attachement. Au c\u0153ur du travail psychanalytique avec le traumatisme<\/em>, In Press, 2020.<\/li><li>Spinney Laura, <em>La grande tueuse. Comment la grippe espagnole a chang\u00e9 le monde<\/em>, Albin Michel, 2018.<\/li><li>Fran\u00e7oise Davoine et Jean-Max Gaudili\u00e8re, <em>Histoire et trauma-La folie des guerres<\/em>, Stock, 2006.<\/li><li>Alain Rey dir., <em>Dictionnaire historique de la langue fran\u00e7aise<\/em>, Le Robert Tome 1, 2012, p. 845.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Davoine Fran\u00e7oise et Gaudilli\u00e8re Jean-Max,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Histoire et trauma &#8211; La folie des guerres<\/em>, Stock, 2006<\/p>\n\n\n\n<p>Gustin Pascale, \u00ab&nbsp;Bas les masques&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Tendresse et attachement. Au c\u0153ur du travail psychanalytique avec le traumatisme<\/em>, In Press, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>McEwan Ian,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Dans une coque de noix<\/em>, Gallimard, 2016. Rey Alain dir.,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Dictionnaire historique de la langue fran\u00e7aise<\/em>, Le Robert Tome 1, 2012, p. 845.<\/p>\n\n\n\n<p>Spinney Laura,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La grande tueuse. Comment la grippe espagnole a chang\u00e9 le monde<\/em>, Albin Michel, 2018.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10552?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les lecteurs de Ian McEwan verront dans ce titre le petit clin d\u2019\u0153il que je lui adresse pour son roman Dans une coque de noix, ce dr\u00f4le de r\u00e9cit entre thriller et r\u00e9flexion philosophique sur le statut du f\u0153tus1. 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