{"id":10548,"date":"2021-08-22T07:32:15","date_gmt":"2021-08-22T05:32:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/clivages-biotechnologiques-2\/"},"modified":"2021-09-19T15:26:09","modified_gmt":"2021-09-19T13:26:09","slug":"clivages-biotechnologiques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/clivages-biotechnologiques\/","title":{"rendered":"Clivages biotechnologiques"},"content":{"rendered":"\n<p>Les biotechnologies p\u00e9rinatales semblent permettre de franchir toutes les limites. Jusqu\u2019o\u00f9 faut-il aller\u00a0? Quelle position prendre\u00a0? \u00catre du c\u00f4t\u00e9 des techno-proph\u00e8tes, pris par la fascination technologique, ou des bio-catastrophistes<sup>1<\/sup> qui d\u00e9noncent le pire, en prenant leurs exemples dans les situations les plus extr\u00eames. Les biotechnologies de la procr\u00e9ation d\u00e9bouchent sur un monde d\u2019autant plus impossible \u00e0 penser qu\u2019il est issu d\u2019une s\u00e9rie de clivages qu\u2019elles r\u00e9alisent dans la r\u00e9alit\u00e9, qui font aller aux fronti\u00e8res de ce qui est pensable. Des clivages qui d\u00e9sarticulent les rep\u00e8res propres au symbolique. Allons-nous vers une abolition symbolique\u00a0? S\u2019agit-il d\u2019une crise du symbolique provoqu\u00e9e par les possibilit\u00e9s offertes par les biotechnologies\u00a0? Faut-il consid\u00e9rer que la science aurait irr\u00e9m\u00e9diablement fait \u00ab\u00a0un pacte avec la barbarie\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup>. Ou au contraire faut-il aller au-del\u00e0 de toute position catastrophiste, en consid\u00e9rant plut\u00f4t que le curseur du symbolique se d\u00e9place plus vite que notre capacit\u00e9 de le suivre<sup>3<\/sup>. S\u2019il y a un enjeu pour le psychanalyste, comme a pu le dire Lacan, c\u2019est en effet d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur du temps qu\u2019il vit<sup>4<\/sup>. Il s\u2019agit de veiller \u00e0 ne pas se laisser aller \u00e0 glisser sur une pente conservatrice. On ne peut maudire son propre temps. Quoi qu\u2019il en soit, il faut bien reconna\u00eetre que les possibilit\u00e9s offertes par les biotechnologies d\u00e9concertent. Si classiquement, la science visait d\u2019abord \u00e0 produire un savoir nouveau, pour en d\u00e9duire des techniques, aujourd\u2019hui la science op\u00e8re d\u2019abord sur le monde \u00e0 travers ses techniques, qui produisent un monde nouveau, un monde invent\u00e9, dont on ne sait pas ce qu\u2019il est. \u00c0 travers les avanc\u00e9es contemporaines des biotechnologies, on bute sur ce qu\u2019il est impossible \u00e0 penser, impossible \u00e0 dire. Les biotechnologies confrontent in\u00e9vitablement \u00e0 une \u00ab\u00a0but\u00e9e logique\u00a0\u00bb<sup>5<\/sup>\u00a0: c\u2019est une but\u00e9e qu\u2019on peut dire logique, parce qu\u2019elle est issue du d\u00e9faut structural du symbolique \u00e0 dire, \u00e0 penser, \u00e0 traiter tout le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019on entre dans un cercle sans fin&nbsp;: plus on intervient sur la r\u00e9alit\u00e9, plus on la force, moins on sait sur quoi on d\u00e9bouche. Plus la panique augmente. D\u2019o\u00f9 les questions qu\u2019on adresse, comme en urgence, aux comit\u00e9s d\u2019\u00e9thique, qui deviennent du m\u00eame coup des observatoires de la perplexit\u00e9 contemporaine, des observatoires de l\u2019angoisse contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Entre disjonctions et clivages<\/h2>\n\n\n\n<p>On pourrait faire l\u2019hypoth\u00e8se que les bouleversements introduits par les inventions biotechnologiques passent aussi par une s\u00e9rie de clivages qu\u2019ils introduisent. Avant d\u2019aller plus avant dans leur \u00e9num\u00e9ration, la premi\u00e8re question est de se demander si ces clivages sont vraiment nouveaux&nbsp;? Sont-ils cr\u00e9\u00e9s par les biotechnologies&nbsp;? Ou sont-ils propres \u00e0 toute vie psychique&nbsp;? On pourrait faire en effet l\u2019hypoth\u00e8se que les biotechnologies p\u00e9rinatales r\u00e9alisent concr\u00e8tement des clivages qui existent d\u00e9j\u00e0 subjectivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Origine, sexualit\u00e9, procr\u00e9ation, gestation, naissance et filiation sont en effet des univers subjectifs disjoints. On pourrait faire l\u2019hypoth\u00e8se que les biotechnologies de la procr\u00e9ation transforment ces disjonctions d\u00e9j\u00e0 existantes sur le plan subjectif en les transformant en des clivages concrets, en les mettant en acte mat\u00e9riellement dans la r\u00e9alit\u00e9. Par l\u2019impact des biotechnologies, on passerait ainsi de la disjonction au clivage. Rep\u00e9rons donc les clivages introduits par les biotechnologies, en pr\u00eatant attention \u00e0 leurs cons\u00e9quences.<sup>6<\/sup><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clivage entre sexualit\u00e9 et procr\u00e9ation<\/h2>\n\n\n\n<p>Les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es permettent de cliver concr\u00e8tement sexualit\u00e9 et procr\u00e9ation. Mais on pourrait dire aussi que ce clivage ne fait que r\u00e9v\u00e9ler une disjonction majeure propre \u00e0 la vie psychique qui ne fait pas le lien entre ces deux registres. L\u2019enqu\u00eate que l\u2019enfant fait autour de savoir d\u2019o\u00f9 il provient court-circuite en effet le sexe&nbsp;: les th\u00e9ories sexuelles infantiles impliquent tous les orifices du corps, sauf les parties sexuelles. Le lien sexualit\u00e9 et procr\u00e9ation est certainement le plus difficile \u00e0 penser. Comme a pu l\u2019\u00e9crire Pascal Quignard&nbsp;: nos parents faisaient autre chose en nous faisant<sup>7<\/sup>. On vient d\u2019une sc\u00e8ne o\u00f9 on n\u2019\u00e9tait pas, qui \u00e9tait une sc\u00e8ne sexuelle. Il n\u2019y a peut-\u00eatre que dans <em>Tristram Shandy<\/em> de Laurence Sterne<sup>8<\/sup> o\u00f9 l\u2019on peut lire le r\u00e9cit de celui qui a assist\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne sexuelle dans laquelle il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u &#8211; un clivage extr\u00eamement avanc\u00e9, encore non r\u00e9alis\u00e9 par les technologies contemporaines&nbsp;! On pourrait retrouver ce clivage dans les romans familiaux, o\u00f9 un enfant imagine tout sauf \u00eatre le fils ou la fille de cet homme-l\u00e0 ou de cette femme-l\u00e0. Il reconstruit son origine sur la base de son d\u00e9sir, de ses id\u00e9aux, de r\u00eaveries, qui peuvent \u00e9vacuer l\u2019\u00e9vidence du couple de l\u2019homme et de la femme. Finalement, le seul couple dans l\u2019inconscient est le p\u00e8re et la m\u00e8re et non pas l\u2019homme et la femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le clivage entre sexualit\u00e9 et procr\u00e9ation peut donc \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 aujourd\u2019hui par les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es. Avec l\u2019aide de ce type de bio- technologies, on peut d\u00e9sormais procr\u00e9er hors sexualit\u00e9. Finalement, elles r\u00e9alisent scientifiquement, technologiquement, ce qui \u00e9tait vis\u00e9 par les th\u00e9ories sexuelles infantiles. Finalement, sur le plan fantasmatique, on serait tous issus de procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es. C\u2019est peut-\u00eatre d\u2019ailleurs un mode de procr\u00e9ation plus rassurant que la procr\u00e9ation sexuelle. Et on pourrait m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 dire que paradoxalement les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es, court-circuitant mat\u00e9riellement la sexualit\u00e9 dans la procr\u00e9ation (m\u00eame si cela reste une procr\u00e9ation sexu\u00e9e), montrent paradoxalement la place de la sexualit\u00e9 dans les procr\u00e9ations. C\u2019est ce qui explique peut-\u00eatre l\u2019intensit\u00e9 de certains d\u00e9bats politiques, parlementaires, sociaux ou \u00e9thiques qui entourent ces technologies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clivage entre procr\u00e9ation et gestation<\/h2>\n\n\n\n<p>Par le fait de la gestation par autrui, pour autant qu\u2019on l\u2019admette<sup>9<\/sup>, le lien entre procr\u00e9ation et gestation ne serait plus un lien oblig\u00e9. On peut le contourner en confiant la gestation \u00e0 une autre femme, en dehors des protagonistes de la procr\u00e9ation, que celle-ci soit autologue ou h\u00e9t\u00e9rologue. Un nouveau tiers pourrait donc intervenir dans la procr\u00e9ation, la femme qui porte la grossesse pour une autre, pour d\u2019autres g\u00e9niteurs, pour ceux qu\u2019on d\u00e9signe d\u00e9sormais comme les parents d\u2019intention<sup>10<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u2019origine ut\u00e9rine est encore la seule qui est reconnue juridiquement. On a une date de naissance et pas une date de procr\u00e9ation, c\u2019est le ventre dont on est issu qui repr\u00e9sente le crit\u00e8re principal de la provenance d\u2019un enfant. Et c\u2019est la m\u00e8re qui certaine, laissant le p\u00e8re \u00e0 l\u2019incertitude. Le p\u00e8re, c\u2019est celui que la m\u00e8re d\u00e9signe comme \u00e9tant le p\u00e8re. Avec la gestation pour autrui\u202f<sup>11<\/sup>, la m\u00e8re peut devenir aussi incertaine pour le p\u00e8re. Quelles sont les cons\u00e9quences de ces disjonctions en s\u00e9rie sur l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la filiation et de la g\u00e9n\u00e9alogie. Tout cela est \u00e0 explorer. Faut-il voir la gestation pour autrui comme une exploitation du corps de l\u2019autre, d\u00e9bouchant sur une marchandisation de la femme, voire une forme nouvelle d\u2019esclavagisme. Ou bien s\u2019agit-il au contraire de nouveaux modes de fabrication des enfants, dans un monde en mouvement, ce qui am\u00e8nerait \u00e0 consid\u00e9rer avec Maurice Godelier, que les m\u00e8res porteuses ne sont finalement qu\u2019un \u00e9largissement de la parent\u00e9<sup>12<\/sup>. Dans la m\u00eame s\u00e9rie, mais un peu d\u00e9cal\u00e9e, il y aussi le don d\u2019ut\u00e9rus, qui a m\u00eame pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 entre m\u00e8re et fille. Que veut dire de porter son enfant, l\u00e0 o\u00f9 on a \u00e9t\u00e9 soi-m\u00eame port\u00e9\u00a0? Entre procr\u00e9ation et gestation et naissance, tout peut \u00eatre cliv\u00e9, disjoint, r\u00e9alis\u00e9 par d\u2019autres protagonistes. Cette disjonction entre procr\u00e9ation et gestation disjoint aussi l\u2019origine g\u00e9n\u00e9tique et l\u2019origine ut\u00e9rine. Mais comment savoir de quel ventre maternel on provient\u00a0: cette question sur l\u2019origine ne trouve pas encore un test biologique, m\u00eame si la grossesse peut laisser son empreinte \u00e0 travers la dimension \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, en particulier significative par rapport aux stress pr\u00e9nataux ou p\u00e9rinataux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clivages h\u00e9t\u00e9rologues<\/h2>\n\n\n\n<p>Le don de sperme, le don d\u2019ovules ou le don de zygotes introduisent \u00e0 une clinique des procr\u00e9ations h\u00e9t\u00e9rologues, marqu\u00e9es par le clivage entre la lign\u00e9e g\u00e9n\u00e9tique et la filiation. Ce fait est d\u2019autant plus significatif que la repr\u00e9sentation contemporaine de la filiation donne une place majeure au biologique, qui l\u2019emporte sur d\u2019autres rep\u00e8res anthropologiques, culturels ou sociaux. Cette pr\u00e9\u00e9minence de la repr\u00e9sentation biologique se retrouve dans l\u2019insistance \u00e0 rechercher sa filiation \u00e0 travers des tests de paternit\u00e9. Ceux-ci pourraient aujourd\u2019hui \u00e9voluer vers des tests de maternit\u00e9 relatifs au don d\u2019ovules, ou des tests de parentalit\u00e9 procr\u00e9ative lorsqu\u2019il s\u2019agit de don de zygotes. Les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es h\u00e9t\u00e9rologues, en rompant le lien biologique, r\u00e9v\u00e8lent encore plus la place pr\u00e9pond\u00e9rante des rep\u00e8res symboliques et imaginaires dans la filiation, les rendant encore plus n\u00e9cessaires que dans les procr\u00e9ations autologues, o\u00f9 la correspondance entre la transmission g\u00e9n\u00e9tique et la filiation est conserv\u00e9e. Les procr\u00e9ations h\u00e9t\u00e9rologues obligent \u00e0 penser comment s\u2019\u00e9tablissent une g\u00e9n\u00e9alogie et une filiation au-del\u00e0 des explications biologiques. Les dimensions imaginaires et symboliques doivent \u00eatre paradoxalement red\u00e9couvertes au del\u00e0 des clivages introduits par les procr\u00e9ations h\u00e9t\u00e9rologues.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clivages des diff\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<p>Les biotechnologies p\u00e9rinatales permettent de r\u00e9aliser encore un autre clivage, celui de la diff\u00e9rence des sexes et de la diff\u00e9rence des g\u00e9n\u00e9rations. Elles permettent \u00e0 ces diff\u00e9rences de suivre chacune leur destin, ind\u00e9pendamment, sans plus se trouver nou\u00e9es, crois\u00e9es. On pourrait prendre comme exemple le cas d\u2019un transsexuel &#8211; FtM (<em>Female to Male<\/em>) &#8211; qui, ayant conserv\u00e9 ses organes g\u00e9nitaux internes, a port\u00e9 un enfant suite \u00e0 une ins\u00e9mination. Que faire lorsqu\u2019il demande ensuite \u00e0 \u00eatre reconnu en tant p\u00e8re, tout en \u00e9tant concr\u00e8tement la m\u00e8re biologique de cet enfant&nbsp;? Ou \u00e0 l\u2019inverse, comment penser la situation introduite par une femme transsexuelle -MtF (<em>Male to Female<\/em>) \u2013 qui, ayant procr\u00e9\u00e9 avec ses propres spermatozo\u00efdes, fait ensuite des d\u00e9marches pour \u00eatre reconnue p\u00e8re en tant que femme&nbsp;? Bref, on pourrait aujourd\u2019hui \u00eatre femme et p\u00e8re, mais aussi homme et m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Clivages temporels<\/h2>\n\n\n\n<p>La cryoconservation \u2013 que ce soit du spermatozo\u00efde, de l\u2019ovule \u00e0 travers la vitrification, du zygote ou de l\u2019embryon &#8211; cr\u00e9e un clivage temporel. La cryoconservation permet de suspendre le temps. Elle s\u00e9pare les temporalit\u00e9s du spermatozo\u00efde et de l\u2019ovule quant \u00e0 leur utilisation dans la procr\u00e9ation, ouvrant un hiatus temporel entre leur pr\u00e9l\u00e8vement et leur utilisation. Ce clivage temporel trouve une actualit\u00e9 particuli\u00e8re autour de la conservation ovocytaire. Pour encourager le don d\u2019ovocytes, certains proposent que les femmes puissent en conserver pour elles-m\u00eames, pour \u00eatre implant\u00e9s \u00e0 leur convenance, r\u00e9alisant ainsi des conditions nouvelles du don, avec la possibilit\u00e9 de faire une sorte de don \u00e0 soi-m\u00eame \u00e0 travers le temps. Suite \u00e0 cette possibilit\u00e9 nouvelle, on pourrait craindre par contre que des entreprises forcent les femmes \u00e0 ne pas avoir de grossesse et \u00e0 reporter leur projet en les poussant \u00e0 cryoconserver leurs ovocytes&nbsp;: c\u2019est ce qu\u2019ont tout de suite introduit, plus vite qu\u2019on ne pouvait le penser, <em>Facebook<\/em> et <em>Apple<\/em> en offrant \u00e0 leurs employ\u00e9es, la possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser des cryoconservations ovocytaires, financ\u00e9es par l\u2019entreprise. Autrefois, l\u2019esclave \u00e9tait celui dont on poss\u00e9dait le corps, mis \u00e0 disposition pour le travail, avec un droit de vie et de mort. Aujourd\u2019hui, l\u2019esclavagisme est report\u00e9 sur la g\u00e9n\u00e9alogie, en gardant en otage des ovocytes cryoconserv\u00e9s par contrat \u00e0 travers l\u2019entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre clivage est introduit par la cryoconservation\u00a0: c\u2019est celui d\u2019une procr\u00e9ation au-del\u00e0 de la mort. La cryoconservation des gam\u00e8tes rend possible leur utilisation posthume. C\u2019est pourquoi les l\u00e9gislations tendent \u00e0 programmer aussi la destruction des gam\u00e8tes, et surtout aussi des zygotes ou des embryons cryoconserv\u00e9s &#8211; apr\u00e8s un certain temps, on demande en effet au couple s\u2019ils veulent les implanter, les d\u00e9truire, ou dans certaines soci\u00e9t\u00e9s les donner pour la recherche m\u00e9dicale, en particulier afin de produire des cellules souches. On mesure \u00e0 quel point la cryoconservation touche \u00e0 la mort dans la procr\u00e9ation. La procr\u00e9ation introduit au registre de la mort. Cette pr\u00e9sence de la mort dans la procr\u00e9ation est une des raisons de l\u2019irrepr\u00e9sentabilit\u00e9 de ce type de d\u00e9marche. La mort est irrepr\u00e9sentable, l\u2019origine est irrepr\u00e9sentable, la mort avant l\u2019origine est encore plus irrepr\u00e9sentable &#8211; ceci d\u2019autant plus que la procr\u00e9ation en elle-m\u00eame, comme le disait Platon, vise la part d\u2019immortel dans le vivant mortel<sup>13<\/sup>. On retrouve le projet d\u2019immortalit\u00e9 dans les perspectives du clonage, comme si on pouvait se survivre \u00e0 soi-m\u00eame en tant qu\u2019autre, ce qui est \u00e9videmment illusoire, puisque m\u00eame si un clone \u00e9tait rendu possible, il serait autre que celui dont il provient. Que un vienne de un &#8211; et pas de deux, comme c\u2019est le cas dans toute procr\u00e9ation &#8211; ne veut pas dire que un est \u00e9gal \u00e0 un. Bref, la cryoconservation touche au diff\u00e9rentiel temporel, permettant de bouleverser la succession dans le temps des \u00e9tapes qui suivent la procr\u00e9ation, amenant \u00e0 des clivages qui prennent des aspects radicaux, au-del\u00e0 de la mort, ou au-del\u00e0 de la succession des g\u00e9n\u00e9rations, permettant m\u00eame potentiellement d\u2019en sauter certaines, et de donner \u00e0 une femme son arri\u00e8re grand-oncle comme fils, pour prendre un exemple impossible sur le plan juridique, mais rendu possible sur le plan biotechnologique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du clivage \u00e0 une conjonction in\u00e9dite<\/h2>\n\n\n\n<p>Tous les clivages introduits par les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es ouvrent la voie \u00e0 une potentielle conjonction entre pr\u00e9diction et procr\u00e9ation. Au-del\u00e0 du traitement de la st\u00e9rilit\u00e9, au-del\u00e0 des d\u00e9bats sur les indications soci\u00e9tales des procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es pour permettre la procr\u00e9ation homosexuelle ou transsexuelle, le v\u00e9ritable enjeu des biotechnologies de la procr\u00e9ation est en effet aujourd\u2019hui celui d\u2019une conjonction concr\u00e8te entre procr\u00e9ation et pr\u00e9diction, rendue possible \u00e0 l\u2019\u00e9poque du s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain. On peut en effet d\u00e9chiffrer aujourd\u2019hui les potentialit\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques de deux g\u00e9niteurs. Le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique pourrait devenir un crit\u00e8re nouveau dans le choix des conjoints, comme l\u2019a \u00e9t\u00e9 autrefois le patrimoine financier ou d\u2019autres crit\u00e8res touchant au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La conjonction entre pr\u00e9diction et procr\u00e9ation ouvre aussi \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une s\u00e9lection de l\u2019enfant \u00e0 venir. Celle-ci pourrait \u00eatre introduite d\u00e8s la conception, sur la base de donn\u00e9es pr\u00e9conceptionnelles concernant le spermatozo\u00efde ou l\u2019ovule, ou en s\u00e9lectionnant un embryon au moment de la conception, comme dans le diagnostic pr\u00e9implantatoire, jusqu\u2019\u00e0 maintenant r\u00e9serv\u00e9 uniquement \u00e0 des probl\u00e9matiques de pr\u00e9vention de maladies, ou pour cr\u00e9er un b\u00e9b\u00e9 m\u00e9dicament &#8211; que Ren\u00e9 Frydman d\u00e9signe plut\u00f4t comme un b\u00e9b\u00e9 du double espoir<sup>14<\/sup> &#8211; permettant de faire vivre un enfant d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent qui est atteint d\u2019une maladie qui n\u00e9cessite des greffes, \u00e0 r\u00e9aliser depuis l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. Ce lien possible entre procr\u00e9ation et pr\u00e9diction, qui est une cons\u00e9quence directe des procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es, pose \u00e9videmment des questions \u00e9thiques majeures. Les d\u00e9marches de pr\u00e9diction pourraient se g\u00e9n\u00e9raliser et m\u00eame se banaliser. Avec le d\u00e9veloppement de la m\u00e9decine pr\u00e9dictive et les possibilit\u00e9s du s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome, il est possible de d\u00e9terminer des facteurs de risque. On pourrait en venir \u00e0 une exigence de plus en plus fr\u00e9quente de pr\u00e9diction procr\u00e9ative dans les situations \u00e0 risque. On pourrait m\u00eame utiliser la conjonction entre la procr\u00e9ation et la pr\u00e9diction \u00e0 des fins pr\u00e9ventives. La crise \u00e9conomique, la d\u00e9croissance, la d\u00e9natalit\u00e9, tout cela pourrait aboutir \u00e0 l\u2019exigence d\u2019obtenir un enfant non malade, un enfant parfait, un enfant r\u00e9pondant \u00e0 certains crit\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Un usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de la pr\u00e9diction autour de la conception d\u2019un enfant pourrait conduire \u00e0 une stratification des populations &#8211; qui pourrait faire \u00e9clater le financement du syst\u00e8me de sant\u00e9. Celui-ci est en effet bas\u00e9 sur la solidarit\u00e9 et la r\u00e9ciprocit\u00e9 qui tiennent au fait d\u2019une impossibilit\u00e9 de savoir ce qui va se produire. Avec le savoir procr\u00e9atif, on introduit par contre un risque s\u00e9gr\u00e9gatif. Si des g\u00e9niteurs veulent prendre le risque de procr\u00e9er un enfant malade, \u00e0 eux d\u2019assumer les co\u00fbts qui en r\u00e9sultent en contractant des assurances sp\u00e9cifiques. On voit donc se profiler de nouveaux clivages, cette fois \u00e9conomiques, avec en perspective une marchandisation du champ de la sant\u00e9 en fonction des risques encourus.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, une telle \u00e9volution pourrait \u00eatre facilit\u00e9e par les indications dites soci\u00e9tales des procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es. Le fait de devoir passer par une intervention m\u00e9dicale pour procr\u00e9er, comme chez les homosexuels, pourrait amener \u00e0 demander de passer par des d\u00e9marches pr\u00e9dictives afin de s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a pas de risque g\u00e9n\u00e9tique en jeu. Indirectement, tout le champ de la procr\u00e9ation pourrait s\u2019en trouver totalement boulevers\u00e9. Peut-\u00eatre au point de faire que ceux qui procr\u00e9ent sans assistance m\u00e9dicale \u00e0 la procr\u00e9ation pourraient \u00eatre progressivement consid\u00e9r\u00e9s comme des sujets irresponsables par rapport \u00e0 la communaut\u00e9. Si on force le trait, on pourrait imaginer assister \u00e0 une sorte de renversement&nbsp;: les h\u00e9t\u00e9rosexuels qui peuvent procr\u00e9er sans d\u00e9marche m\u00e9dicale et sans pr\u00e9diction, deviendraient les nouveau marginaux, par rapport aux homosexuels qui eux procr\u00e9eraient sous contr\u00f4le m\u00e9dical pr\u00e9dictif. On pourrait en venir \u00e0 ne plus vouloir laisser<sup>15<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans le film \u00ab&nbsp;<em>Bienvenue \u00e0 Gattaca<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>16<\/sup>, on pourrait vouloir se soustraire au hasard, en contr\u00f4lant au contraire les potentialit\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques du spermatozo\u00efde, de l\u2019ovule, et en s\u00e9lectionnant le zygote en fonction de crit\u00e8res, pour laisser le maximum de chance \u00e0 l\u2019enfant, loin des incidences de la contingence de la rencontre improbable entre un spermatozo\u00efde et un ovule.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour une clinique du devenir<\/h2>\n\n\n\n<p>Faut-il vraiment s\u2019alarmer&nbsp;? On ne peut tout ramener \u00e0 ces clivages. Ceux-ci n\u2019emp\u00eachent pas un devenir singulier, toujours possible au-del\u00e0 de toutes ces contraintes. Globalement, la s\u00e9rie des clivages qu\u2019on a d\u00e9fini va vers un clivage entre origine et devenir. On aurait donc deux destins \u00e0 ces clivages. Un destin ferm\u00e9, celui qu\u2019implique la conjonction entre la procr\u00e9ation et la pr\u00e9diction. Un destin ouvert, du fait de la disjonction entre origine et devenir &#8211; un clivage qu\u2019on pourrait voir comme positif, lib\u00e9rateur. Se dessine donc, au-del\u00e0 des clivages biotechnologiques, une voie possible vers un devenir qui reste ouvert, au-del\u00e0 de toute pr\u00e9diction. Parier sur le devenir, c\u2019est l\u2019envers de la pr\u00e9diction. Parier sur le devenir, c\u2019est parier sur un choix toujours possible du sujet au-del\u00e0 de ce qui le d\u00e9termine, au-del\u00e0 de ses conditions d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019origine, le devenir reste ouvert. Tout d\u00e9pend de ce que l\u2019enfant fera et pas seulement de comment il a \u00e9t\u00e9 fait. D\u2019une origine biotechnologique, il s\u2019agit de ne pas en faire un destin. Et \u00e0 cette fin, \u00eatre d\u2019abord attentif aux r\u00e9ponses du sujet, plut\u00f4t qu\u2019aux causes d\u00e9terminantes auxquelles il a \u00e9t\u00e9 soumis. Qu\u2019un enfant soit m\u00eame atteint dans son organisme ne dit pas quel sujet va en r\u00e9sulter. On ne peut ramener un enfant seulement \u00e0 ses conditions de fabrication. L\u2019enjeu est au contraire de suivre ses solutions, ses bricolages, ses inventions, qui souvent vont bien au-del\u00e0 des inventions de la science et des clivages biotechnologiques qui les accompagnent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Lecourt D., <em>Humain, Posthumain<\/em>, Paris, PUF, 2003.<\/li><li>Freud S., <em>L\u2019homme Mo\u00efse et la religion monoth\u00e9iste<\/em>, 1939, Paris, Gallimard, 1986, p. 131.<\/li><li>selon une expression de Marie-Jos\u00e9 Mondzain, philosophe, qui a utilis\u00e9 cette expression \u00e0 propos de l\u2019\u00e9volution de l\u2019art contemporain.<\/li><li>\u00ab\u00a0Qu\u2019y renonce donc plut\u00f4t celui qui ne peut rejoindre \u00e0 son horizon la subjectivit\u00e9 de son \u00e9poque\u00a0\u00bb, Jacques Lacan, <em>Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse<\/em> (1953), In\u00a0: <em>Ecrits<\/em>, Seuil, Paris, 1966, 321.<\/li><li>\u00ab\u00a0\u2026 la but\u00e9e logique de ce qui, du symbolique, s\u2019\u00e9nonce comme impossible. C\u2019est l\u00e0 que le r\u00e9el surgit\u00a0\u00bb, Lacan J., <em>Le S\u00e9minaire<\/em>, Livre VII, <em>L\u2019envers de la psychanalyse<\/em>, 1969-1970, Le Seuil, 1991, p. 143.<\/li><li>La confrontation avec ces points de but\u00e9e d\u00e9clenche Lacan parle de point panique\u00a0: Lacan J., <em>Le S\u00e9minaire<\/em>, Livre VI, <em>Le d\u00e9sir et son interpr\u00e9tation,<\/em> 1958-1959, Paris, La Martini\u00e8re\/Champ Freudien, 2013, p. 108<\/li><li>\u00ab\u00a0L\u2019amn\u00e9sie est notre origine en ce qu\u2019elle concerne notre conception dans le croire des deux corps qui nous firent eux-m\u00eames dans le non-savoir de la cons\u00e9quence de ce qu\u2019ils \u00e9taient en train de faire en faisant tout autre chose\u00a0\u00bb. Quignard P., \u00ab\u00a0Petit trait\u00e9 sur M\u00e9duse\u00a0\u00bb, in <em>Le nom au bout de la langue<\/em>, Paris, Gallimard, 1993, p. 68.<\/li><li>Sterne L., <em>La vie et les opinions de Tristam Shandy<\/em>, Traduit de l\u2019anglais par Guy Jouvet, Editions Tristram, 1998.<\/li><li>Notre propos est juste de poser que la GPA implique un nouveau clivage. Il ne s\u2019agit pas d\u2019ouvrir ici le d\u00e9bat sur la GPA, ce qui n\u2019est pas l\u2019objet de cet article. Voir cependant \u00e0 ce propos la discussion pertinente de Muriel Fabre-Magnan, <em>La gestation pour autrui<\/em>, Paris, Fayard, 2013.<\/li><li>Voir \u00e0 ce propos le rapport de Th\u00e9ry I, Leroyer AM., <em>Filiation, origines, parentalit\u00e9\u00a0: le droit face aux nouvelles valeurs de responsabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rationnelle<\/em>\u00a0: rapport remis \u00e0 la Ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e charg\u00e9e de la Famille, Minist\u00e8re des affaires sociales et de la sant\u00e9. Paris, Odile Jacob, 2014.<\/li><li>de m\u00eame qu\u2019avec le don d\u2019ovule.<\/li><li>cit\u00e9 dans Daumas C., \u00ab\u00a0Deux camps distincts parmi les intellectuels\u00a0\u00bb, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 6.8.2014.<\/li><li>Platon, <em>Le Banquet<\/em>, trad. de L. Brisson, Paris, GF Flammarion, 2000, p. 152.<\/li><li>Fagniez P.L., Loriau J., Tayard C., \u00ab\u00a0Du \u00ab\u00a0b\u00e9b\u00e9- m\u00e9dicament\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0b\u00e9b\u00e9 du double espoir\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, <em>Gyn\u00e9cologie, Obst\u00e9trique et Fertilit\u00e9<\/em>, 2005, 33, 10, p. 828-832.<\/li><li>On pourrait vouloir soustraire la procr\u00e9ation au hasard des rencontres et de cette loufoquerie qu\u2019on appelle l\u2019amour, comme l\u2019\u00e9nonce Lacan\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00eates surgi de cette chose fabuleuse, totalement impossible, qu\u2019est la lign\u00e9e g\u00e9n\u00e9ratrice, vous \u00eates n\u00e9s de deux germes qui n\u2019avaient aucune raison de se conjuguer si ce n\u2019est cette sorte de loufoquerie qu\u2019on est convenu d\u2019appeler amour.\u00a0\u00bb Lacan J., \u00ab\u00a0Le ph\u00e9nom\u00e8ne lacanien\u00a0\u00bb [30 novembre 1974], <em>Les cahiers cliniques de Nice<\/em>, 1998, 1, p. 9-25.<\/li><li>Andrew Niccol (R\u00e9al.), <em>Bienvenue \u00e0 Gattaca<\/em>, 1997, Boulogne-Billancourt, Columbia Tristar Home Video, 2008.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10548?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les biotechnologies p\u00e9rinatales semblent permettre de franchir toutes les limites. 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