{"id":10541,"date":"2021-08-22T07:32:15","date_gmt":"2021-08-22T05:32:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lenfant-et-le-psychanalyste-au-telephone-stop-ou-encore-2\/"},"modified":"2021-09-15T20:36:36","modified_gmt":"2021-09-15T18:36:36","slug":"lenfant-et-le-psychanalyste-au-telephone-stop-ou-encore","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lenfant-et-le-psychanalyste-au-telephone-stop-ou-encore\/","title":{"rendered":"L&rsquo;enfant et le psychanalyste au t\u00e9l\u00e9phone. Stop ou encore ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Le travail psychoth\u00e9rapique avec l\u2019enfant n\u2019obtient que difficilement le statut de psychanalyse. Cette restriction du signifiant psychanalytique au traitement de l\u2019adulte est parfois justifi\u00e9e par des arguments m\u00e9tapsychologiques pourtant de moins en moins convaincants, au regard du d\u00e9veloppement des traitements analytiques pr\u00e9coces. Ces derniers ont pris appui, non seulement sur l\u2019h\u00e9ritage freudien, mais \u00e9galement sur les h\u00e9ritages kleinien et bionien ainsi que celui des auteurs latino-am\u00e9ricain. Depuis le cas <em>princeps<\/em> du \u00ab&nbsp;petit Hans&nbsp;\u00bb (Freud 1909), en passant par les redoutables controverses (1940-1945), jusqu\u2019\u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 faire reconna\u00eetre une \u00ab&nbsp;psychanalyse de l\u2019enfant \u00e0 part enti\u00e8re&nbsp;\u00bb (Edy, 2011) dans nos institutions psychanalytiques, le statut de l\u2019enfant en psychanalyse et de l\u2019analyse de l\u2019enfant n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00e9voluer. Aujourd\u2019hui, en accord avec Antonino Ferro (1992, 1996, 2002, 2009), dont l\u2019\u0153uvre est une invitation \u00e0 repenser l\u2019actualit\u00e9 de la technique analytique avec l\u2019enfant, \u00ab&nbsp;je pense et depuis longtemps, qu\u2019il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence entre l\u2019analyse des enfants, celle des adolescents et celle des adultes (\u2026). Si, comme je le crois, l\u2019objectif d\u2019une analyse est non pas tant la reconstruction des contenus que le d\u00e9veloppement des instruments qui servent \u00e0 penser ou \u00e0 contenir les \u00e9motions et les pens\u00e9es, il est clair qu\u2019il ne peut y avoir aucune diff\u00e9rence&nbsp;\u00bb (Ferro, 2011, p.&nbsp;127).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019actualit\u00e9 de ce printemps 2020, s\u2019il est excessif de comparer la r\u00e9alit\u00e9 de la pand\u00e9mie \u00e0 une p\u00e9riode de guerre, le confinement dans lequel l\u2019Europe est plong\u00e9e pourrait r\u00e9sonner comme un lointain \u00e9cho de l\u2019atmosph\u00e8re o\u00f9 se d\u00e9roul\u00e8rent les d\u00e9bats d\u00e9vastateurs qui oppos\u00e8rent les groupes kleinien et Anna freudien, au sein du mouvement psychanalytique britannique entre 1941 et 1945 (King et Steiner, 1998). Les tr\u00e8s vives confrontations opposaient alors les tenants d\u2019une stricte orthodoxie freudienne, au premier rang desquels se trouvait Anna Freud, contre de nouvelles perspectives m\u00e9tapsychologiques et cliniques, port\u00e9es par M\u00e9lanie Klein. Actuellement, la menace diffuse, mais bien r\u00e9elle, qui infiltre tous les \u00e9changes relationnels, a conduit les psychanalystes \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation, \u00e0 marche forc\u00e9e, de nouveaux modes de rencontre des patients, par t\u00e9l\u00e9phone ou visio, eux aussi g\u00e9n\u00e9rateurs de confrontations th\u00e9oriques et cliniques. Ce bouleversement est susceptible de produire son lot de pol\u00e9miques et\/ou de transformations dans la pratique, et ce, \u00e0 partir des s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phonique aujourd\u2019hui pratiqu\u00e9es par la majorit\u00e9 des analystes. Au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces lignes, les enseignements possibles d\u2019un authentique apr\u00e8s-coup, ne sont pas encore pensables, mais ces pr\u00e9mices de r\u00e9flexion participeront peut-\u00eatre aux fructueux \u00e9changes d\u00e9j\u00e0 en cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Je propose ici de discuter certains \u00e9l\u00e9ments de la pratique analytique, \u00e0 partir des s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phoniques r\u00e9alis\u00e9es durant les huit semaines de confinement, de mi-mars \u00e0 mi-mai 2020, avec des enfants et des adolescents, \u00e2g\u00e9s de 8 \u00e0 17&nbsp;ans. Dans un tel contexte, j\u2019interrogerai l\u2019alliance th\u00e9rapeutique, en termes de coop\u00e9ration des parents, et l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019intime dans le cadre de ces s\u00e9ances essentiellement articul\u00e9es \u00e0 la sensorialit\u00e9 auditive.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La coop\u00e9ration des parents<\/h2>\n\n\n\n<p>En mars 2020, la fermeture de la majorit\u00e9 de nos institutions de psychoth\u00e9rapie et de bon nombre de cabinets a conduit, dans l\u2019urgence, \u00e0 exp\u00e9rimenter de nouveaux dispositifs psychoth\u00e9rapiques avec l\u2019enfant et l\u2019adolescent. Si la majorit\u00e9 des analystes avaient eu l\u2019occasion de travailler au t\u00e9l\u00e9phone, par Skype, avec certains de leurs analysants adultes, il n\u2019en est pas de m\u00eame du traitement psychoth\u00e9rapique de l\u2019enfant que nous avions du mal \u00e0 nous repr\u00e9senter en dehors d\u2019une rencontre \u00ab&nbsp;en chair et en os&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019<em>Institut de Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique de l\u2019Enfant et de l\u2019Adolescent<\/em> (IPPEA) (Dupuis-Gauthier et <em>coll.<\/em>, 2017), nous avons pratiqu\u00e9 cet exercice de fa\u00e7on scrupuleuse. Apr\u00e8s une discussion en \u00e9quipe, chacun de nos patients engag\u00e9s dans une psychoth\u00e9rapie, s\u2019est vu proposer le suivi de son traitement par t\u00e9l\u00e9phone. Parall\u00e8lement, les synth\u00e8ses et r\u00e9unions institutionnelles \u00e9taient maintenues par les moyens techniques offerts par Internet.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un tout premier temps, nous f\u00fbmes surpris par l\u2019aisance avec laquelle cette forme de travail fut possible. Les parents, ici en qualit\u00e9 d\u2019acteur majeur du dispositif analytique, ont coop\u00e9r\u00e9 dans leur grande majorit\u00e9 en mettant \u00e0 disposition leurs propres t\u00e9l\u00e9phones portables et\/ou un lieu o\u00f9 leur enfant pourrait discuter tranquillement avec nous. Leur accueil de notre proposition de s\u00e9ance au t\u00e9l\u00e9phone, nous laissait m\u00eame entrevoir une certaine forme de gratitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019attention et de la continuit\u00e9 que nous proposions. Au cours des toutes premi\u00e8res s\u00e9ances, il \u00e9tait fr\u00e9quent que l\u2019un des parents r\u00e9ponde le premier, pour nous saluer et partager quelques politesses d\u2019usage&nbsp;: \u00ab&nbsp;comment allez-vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;n\u2019est-ce pas trop difficile&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Celles-ci avaient tendance \u00e0 reproduire la prise de contact dont nous avions l\u2019habitude lorsque nous allions chercher leur enfant dans la salle d\u2019attente. Cependant, ce premier contact t\u00e9l\u00e9phonique semblait propice \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une atmosph\u00e8re \u00e9motionnelle plus famili\u00e8re qu\u2019\u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e. Il est vrai que nous entrions d\u2019une certaine mani\u00e8re chez eux et qu\u2019ils avaient ainsi, en quelque sorte, \u00e0 nous accueillir. L\u2019attention du ou des parents \u00e0 notre \u00e9gard, et parfois m\u00eame \u00e0 celui de nos proches suppos\u00e9s par eux, r\u00e9sonnait \u00e0 nos oreilles comme une petite distorsion relationnelle \u00e0 l\u2019aune de la tonalit\u00e9 habituellement plus r\u00e9serv\u00e9e de nos \u00e9changes. Spontan\u00e9ment, nous avions plut\u00f4t tendance \u00e0 nous en r\u00e9jouir, comme le signe d\u2019une pr\u00e9sence bien vivante (Alvarez&nbsp;; 1997) de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fil, mais aussi \u00e0 \u00ab&nbsp;nos&nbsp;\u00bb c\u00f4t\u00e9s. L\u2019absence de contact direct, les sentiments de solitude voire d\u2019abandon li\u00e9s au confinement engendraient-ils, chez eux, le besoin de signaler plus activement leur gratitude&nbsp;? Si la coop\u00e9ration des parents dans le traitement psychanalytique de l\u2019enfant est une condition g\u00e9n\u00e9ralement indispensable \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 du traitement, la qualit\u00e9 de leur pr\u00e9sence au t\u00e9l\u00e9phone semblait la remplir largement. Mais se pouvait-il que nous ayons aussi \u00e0 faire avec \u00ab&nbsp;des transferts positifs, voire des transferts id\u00e9alisants et magiques pour \u00e9chapper aux blessures narcissiques \u00e9prouv\u00e9es par les parents devant les difficult\u00e9s de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb (Edy, 2011, p.120), et devant les leurs&nbsp;? Tout comme leurs enfants, les parents n\u2019\u00e9taient-ils pas confront\u00e9s \u00e0 la rupture d\u2019avec les dispositifs dont ils pouvaient b\u00e9n\u00e9ficier jusqu\u2019alors au travers de l\u2019analyse de leur enfant&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019IPPEA, la majorit\u00e9 des parents d\u2019enfants en analyse est parall\u00e8lement engag\u00e9e dans un travail de guidance ou de psychoth\u00e9rapie. L\u2019institut repr\u00e9sente ainsi un lieu d\u2019accueil de leurs propres interrogations et\/ou souffrances. La rivalit\u00e9 parentale \u00e0 l\u2019endroit des soins donn\u00e9s \u00e0 l\u2019enfant est moins vive dans ce contexte qui favorise, en outre, la confiance envers ce v\u00e9ritable espace groupal comprenant l\u2019enfant, mais aussi la famille, l\u2019analyste de l\u2019enfant, le consultant et parfois m\u00eame l\u2019\u00e9cole. \u00ab&nbsp;Ce groupe n\u2019est pas seulement le lieu des demandes et des d\u00e9cisions de l\u2019analyse de l\u2019enfant. Il n\u2019est pas seulement le lieu de rencontres dyadiques, de relations entre les membres et l\u2019ensemble du groupe. Ce groupe est proche de ce que W.R. Bion appelle un groupe de travail&nbsp;\u00bb (<em>ibid.<\/em>, p.&nbsp;123). Ce groupe constitue un v\u00e9ritable espace o\u00f9 partager, sentir, r\u00eaver et penser \u00e0 plusieurs, les significations sous-jacentes et les facteurs \u00e9motionnels influen\u00e7ant les comportements d\u2019enfants plong\u00e9s dans des probl\u00e9matiques somatiques et\/ou psychiques, d\u2019apprentissage ou d\u2019appartenance. Si cet espace analytique \u00e9largi venait brutalement \u00e0 dispara\u00eetre, pourrait-il entra\u00eener une v\u00e9ritable angoisse de chute dans la famille qui s\u2019en verrait brutalement priv\u00e9e&nbsp;? Ce groupe th\u00e9rapeutique faciliterait ainsi l\u2019identification des parents au potentiel th\u00e9rapeutique de l\u2019analyse de leur enfant, avec laquelle ils pourraient se sentir solidaire. La coop\u00e9ration analytique, \u00ab&nbsp;c\u2019est la part prise \u00e0 une \u0153uvre faite en commun, le sens devient ensuite celui de coop\u00e9rer \u00e0 une entreprise&nbsp;\u00bb (Edy, 2011, p.120). La coop\u00e9ration des parents \u00e0 l\u2019entreprise psychanalytique de leur enfant ne semble pas entrav\u00e9e par le dispositif du t\u00e9l\u00e9phone, il est m\u00eame possible qu\u2019elle en soit soutenue.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019analyste au t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;: une \u00e9preuve de l\u2019intime<\/h2>\n\n\n\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, nos jeunes patients ne semblaient pas \u00e9tonn\u00e9s de cette premi\u00e8re prise de contact et pas davantage de notre proposition de s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phoniques, au jour et \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous nous retrouvions habituellement dans \u00ab&nbsp;le bureau de la rue de Bourgogne&nbsp;\u00bb. Parmi ceux que je recevais une ou deux fois par semaine en psychoth\u00e9rapie, deux adolescents, respectivement \u00e2g\u00e9s de 17&nbsp;ans et 20&nbsp;ans, n\u2019ont pas souhait\u00e9 continuer les s\u00e9ances dans ces conditions. Mais pour chacun d\u2019eux, la question de l\u2019intime dans ses liens avec l\u2019incestuel, (Racamier, 1995) semblait tenir lieu de r\u00e9sistance \u00e0 un \u00e9change exclusivement port\u00e9 par la sensorialit\u00e9 auditive.<\/p>\n\n\n\n<p>Maxence, 17&nbsp;ans, refusa d\u2019embl\u00e9e les s\u00e9ances au t\u00e9l\u00e9phone en \u00e9voquant son malaise \u00e0 imaginer me parler de sa chambre \u00ab&nbsp;aux murs de papier&nbsp;\u00bb. Sa d\u00e9cision serait sans retour. Comme avec les autres adolescents, j\u2019avais pris le parti de lui envoyer d\u2019abord un texto, gr\u00e2ce auquel nous correspondions habituellement, pour proposer de l\u2019appeler au t\u00e9l\u00e9phone au jour et \u00e0 l\u2019heure habituels de la s\u00e9ance. A l\u2019Institut, la majorit\u00e9 des psychoth\u00e9rapeutes organise ses rendez-vous directement avec les patients au t\u00e9l\u00e9phone ce qui favorise probablement l\u2019investissement transf\u00e9rentiel r\u00e9ciproque. Depuis quelques mois d\u00e9j\u00e0, Maxence laissait transpara\u00eetre une interrogation quant \u00e0 la probl\u00e9matique des limites au sein de sa famille. Il n\u2019\u00e9tait pas question d\u2019inceste mais plut\u00f4t de sa capacit\u00e9 naissante \u00e0 se repr\u00e9senter le fonctionnement incestuel ou le claustrum familial. Appartenir \u00e0 une famille symbiotique, li\u00e9e par un \u00e9v\u00e9nement traumatique renfor\u00e7ant une conception id\u00e9alis\u00e9e du groupe famille rendait difficile l\u2019appropriation du travail subjectif de s\u00e9paration si crucial \u00e0 cette \u00e9tape de la vie. La maison, n\u2019assurait pas, selon lui, la confidentialit\u00e9 n\u00e9cessaire au travail analytique, elle ne pouvait pas fonctionner comme un cadre respectueux de l\u2019intime. Cette hypoth\u00e8se interpr\u00e9tative laissait supposer que Maxence comprenait bien les enjeux diff\u00e9renciateurs et identificatoires du travail analytique, qu\u2019il souhaitait prot\u00e9ger d\u2019intrusions potentiellement pers\u00e9cutantes et\/ou d\u00e9sorganisatrices. Cette nouvelle donne t\u00e9l\u00e9phonique confirmait certes l\u2019une des fonctions du travail analytique mais elle en emp\u00eachait ponctuellement le cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Caroline, tout juste \u00e2g\u00e9e de 18&nbsp;ans, j\u2019assistais en quelque sorte, \u00e0 l\u2019envers de la situation pr\u00e9c\u00e9dente. Nous \u00e9tions depuis quelques temps d\u00e9j\u00e0 au travail, deux fois par semaine, pour lui permettre d\u2019authentifier la teneur des agirs incestueux dont elle fut victime dans l\u2019enfance. Il s\u2019agissait d\u2019un processus douloureux, Caroline avait peur de me parler, comme avec sa m\u00e8re qui n\u2019a jamais entendu ce que sa fille cherchait \u00e0 lui dire. Caroline semblait craindre le transfert o\u00f9 elle s\u2019appuyait sur le regard pour \u00e9valuer mon attention. Pendant plusieurs mois, mon int\u00e9r\u00eat porterait sur notre exp\u00e9rience transf\u00e9rentielle largement infiltr\u00e9e de sa peur, non seulement que je ne l\u2019entende pas, mais aussi que mes interventions la pers\u00e9cutent. Caroline interrogeait tout ce qu\u2019elle pensait ou ressentait, ses \u00e9prouv\u00e9s semblaient avoir toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9ni\u00e9s, au-del\u00e0 m\u00eame de ceux qui concernaient l\u2019inceste. La solitude et l\u2019agressivit\u00e9 contenues dans ces identifications projectives, lui \u00e9taient difficiles \u00e0 r\u00eaver et \u00e0 penser. Le manque d\u2019un bon objet interne et les difficult\u00e9s identificatoires \u00e9taient cependant abord\u00e9es progressivement \u00e0 la faveur d\u2019exp\u00e9riences sensorielles et transf\u00e9rentielles supports \u00ab&nbsp;d\u2019un r\u00eaver ensemble&nbsp;\u00bb (Grotstein, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s deux s\u00e9ances au t\u00e9l\u00e9phone o\u00f9 je n\u2019avais pas per\u00e7u de difficult\u00e9s sp\u00e9cifiques, Caroline m\u2019informa qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e9rait arr\u00eater les s\u00e9ances, elle se tenait pr\u00eate \u00e0 reprendre d\u00e8s que nous pourrions nous retrouver en face \u00e0 face. Apr\u00e8s la surprise, j\u2019imaginais qu\u2019une s\u00e9ance t\u00e9l\u00e9phonique en appui presque unique sur la sensorialit\u00e9 auditive pouvait lui \u00eatre difficile. Dans ces conditions particuli\u00e8res, elle \u00e9tait certes soustraite \u00e0 mon regard, mais dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la voix qui nous liait toutes deux inextricablement. Ne pas pouvoir fermer les oreilles, \u00ab&nbsp;d\u00e9pourvues de sphincters&nbsp;\u00bb, repr\u00e9sentait possiblement un lien renouant avec l\u2019incestueux et le d\u00e9-n\u00e9gatif. L\u2019intimit\u00e9 que nous partagions au t\u00e9l\u00e9phone \u00e9tait-elle trop forte&nbsp;? Les s\u00e9ances \u00e0 venir, devraient nous permettre d\u2019\u00e9laborer ces questions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les adolescents aux prises avec les probl\u00e9matiques de l\u2019inceste et de l\u2019incestuel interrogent la fonction du cadre dans la dynamique analytique. Malgr\u00e9 sa place hautement privil\u00e9gi\u00e9e dans les \u00e9changes priv\u00e9s, la conversation t\u00e9l\u00e9phonique avec l\u2019analyste rapprocherait d\u2019un fantasme transgressif impensable et ininterpr\u00e9table dans ce contexte. Pour les plus jeunes, cependant, cette m\u00eame situation semblait se vivre bien diff\u00e9remment.<\/p>\n\n\n\n<p>Bient\u00f4t \u00e2g\u00e9e de 11&nbsp;ans, L\u00e9a me fut adress\u00e9e par une coll\u00e8gue psychologue \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 8&nbsp;ans, apr\u00e8s deux ann\u00e9es de travail de groupe. Elle semblait alors pr\u00eate \u00e0 s\u2019inscrire dans une relation individuelle que l\u2019exp\u00e9rience psychoth\u00e9rapique groupale avait pr\u00e9par\u00e9e. L\u00e9a m\u2019\u00e9tait alors apparue comme un joli oisillon tout juste tomb\u00e9 du nid, qu\u2019il fallait accueillir avec douceur et prudence pour respecter sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 et sa m\u00e9fiance. Au d\u00e9but de notre travail, nous avons d\u2019abord beaucoup jou\u00e9 au b\u00e9b\u00e9 et \u00e0 la maman. Je devais souvent incarner un b\u00e9b\u00e9 maltrait\u00e9 par une \u00ab&nbsp;maman L\u00e9a&nbsp;\u00bb exigeante qui supportait mal l\u2019immaturit\u00e9 d\u2019un petit encore incapable de se d\u00e9brouiller seul. Le b\u00e9b\u00e9 ne devait pas pleurer m\u00eame quand maman L\u00e9a criait fort. Mais apr\u00e8s plusieurs mois de cette mise en sc\u00e8ne, le sc\u00e9nario commen\u00e7a \u00e0 \u00e9voluer. L\u00e9a avait confectionn\u00e9 un lit bien douillet pour le b\u00e9b\u00e9, sur le divan du bureau. J\u2019imaginais que ses propres \u00ab&nbsp;parties b\u00e9b\u00e9s&nbsp;\u00bb pouvaient maintenant se sentir envelopp\u00e9es par les \u00ab&nbsp;bras-divan&nbsp;\u00bb de l\u2019analyste. L\u2019instauration de cette s\u00e9curit\u00e9 partag\u00e9e, d\u2019un \u00ab&nbsp;transfert de base&nbsp;\u00bb (Parat, 1995), me donnait le sentiment d\u2019une possibilit\u00e9 interpr\u00e9tative nouvelle en m\u00eame temps que le renforcement du Moi lui permettait de cr\u00e9er d\u2019autres situations. Tandis qu\u2019elle s\u2019asseyait \u00e0 ma place au bureau, L\u00e9a aimait beaucoup que nous jouions \u00e0 la ma\u00eetresse. Elle m\u2019attribuait volontiers le nom de l\u2019une de ses camarades pour incarner une ma\u00eetresse exigeante et disqualifiante. La correction des exercices qu\u2019elle m\u2019imposait, favorisait l\u2019expression d\u2019un sadisme que l\u2019\u00e9l\u00e8ve, que j\u2019\u00e9tais, tentait de verbaliser&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est trop difficile Madame&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e7a ne va jamais ce que je fais&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Ces sc\u00e9narios permettaient \u00e0 L\u00e9a de faire appara\u00eetre l\u2019objet maternel sous la forme d\u2019une imago id\u00e9alis\u00e9e \u00e0 laquelle l\u2019enfant souhaitait secondairement se confier et obtenir du r\u00e9confort.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Premier entretien apr\u00e8s le confinement<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u00e9a \u00e9tait inform\u00e9e de mon appel dont nous avions convenu au pr\u00e9alable, elle me r\u00e9pondit directement au t\u00e9l\u00e9phone. Notre premi\u00e8re s\u00e9ance t\u00e9l\u00e9phonique m\u2019apparut d\u2019une grande qualit\u00e9. J\u2019\u00e9tais sensible \u00e0 la sympathie dont elle faisait preuve au t\u00e9l\u00e9phone que je vivais comme une v\u00e9ritable invitation \u00e0 l\u2019\u00e9change.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a&nbsp;: <em>Oui, bonjour Madame Dupuis.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C.D.&nbsp;: Bonjour L\u00e9a, comment vas-tu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a&nbsp;: <em>Je vais bien, je fais mes petits bricolages avec mes legos. L\u00e0 j\u2019\u00e9tais encore en train de manger, j\u2019ai mang\u00e9 plus tard que les autres parce que je faisais mes devoirs\u2026 Quand je me l\u00e8ve, je regarde si j\u2019ai des devoirs, je les fais de 10 \u00e0 12h et de 14h \u00e0 16h. Je pr\u00e9f\u00e8re en classe, c\u2019est plus difficile par internet\u2026 \u00c7a m\u2019emb\u00eate un peu le confinement, parce que je ne vois pas mes ami-e-s et je n\u2019ai pas de t\u00e9l\u00e9phone portable. J\u2019ai pas d\u2019ami-e-s \u00e0 la maison alors, je fais le jardin et je m\u2019occupe dans ma chambre\u2026 De ma chambre j\u2019ai une fen\u00eatre et derri\u00e8re j\u2019ai une terrasse et j\u2019ai un genre de jardin, je fais le jardinage, on met des fleurs, on coupe des branches\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens bien l\u2019impression que m\u2019a faite le d\u00e9but de cette s\u00e9ance, j\u2019entendais une \u00ab&nbsp;grande fille&nbsp;\u00bb s\u2019exprimant mieux que je l\u2019imaginais dans mon souvenir. Comme si L\u00e9a avait rev\u00eatu le costume d\u2019une vrai petite standardiste. Son discours \u00e9tait factuel et visiblement adaptatif dans ce contexte nouveau \u00e0 de nombreux \u00e9gards. Toutefois, n\u2019\u00eatre au contact que de notre voix nous conduisait aussi \u00e0 nous \u00e9couter diff\u00e9remment, \u00e0 moins que l\u2019absence de regard et d\u2019investissement du canal visuel aient ouvert un champ de libert\u00e9 de parole que le face \u00e0 face ne permettait pas tout-\u00e0-fait&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a me parlerait-elle du processus analytique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019imaginais qu\u2019elle me rassurait sur sa capacit\u00e9 \u00e0 continuer d\u2019explorer et de construire ses objets internes en mon absence \u00e0 travers d\u2019autres sc\u00e9narios qu\u2019elle me racontait. Mais tout cela se d\u00e9roule dans un \u00ab&nbsp;cadre nouveau&nbsp;\u00bb pour moi comme pour elle, qui comprend sa chambre, qu\u2019elle tente de partager avec moi. L\u00e9a prend du temps pour me d\u00e9crire l\u2019environnement o\u00f9 se d\u00e9roulent dor\u00e9navant ses s\u00e9ances. Qu\u2019il s\u2019agisse du lit double \u00ab&nbsp;pour recevoir les copines&nbsp;\u00bb, du bureau o\u00f9 elle fait ses devoirs, de son armoire \u00e0 v\u00eatements compl\u00e8tement en bazar&nbsp;\u00bb, chacun de ces objets m\u2019\u00e9voquent des images de son int\u00e9rieur, ce qui ne sera pas moins vrai avec l\u2019\u00e9vocation de son chat \u00ab&nbsp;qui est venu la rejoindre ce matin et qui perd tous ses poils&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un tel contexte, nous pourrions penser la s\u00e9ance au t\u00e9l\u00e9phone, \u00e0 la lumi\u00e8re de la notion de \u00ab&nbsp;champ bipersonnel&nbsp;\u00bb conceptualis\u00e9 par Willy et Madeleine Baranger (1961) et si cher \u00e0 Antonino Ferro (2000, 2010, 2019). D\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre du fil t\u00e9l\u00e9phonique, r\u00e9el ou virtuel, des ondes relient l\u2019appareil auditif des deux protagonistes de la s\u00e9ance qui se rejoignent dans un entre-deux imag\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience sensorielle de l\u2019un et de l\u2019autre. Les repr\u00e9sentations imaginaires ainsi construites, constituent le champ bipersonnel \u00ab&nbsp;dans lequel seul le <em>fantasme inconscient du couple<\/em> peut \u00eatre connu, fantasme qui se structure \u00e0 partir de l\u2019apport des deux vies mentales et des identifications projectives crois\u00e9es qui se d\u00e9veloppent entre analyste et patient (en escomptant bien-s\u00fbr que les identifications projectives soit plus importantes dans le sens patient analyste)&nbsp;\u00bb (Ferro, 2010, p.&nbsp;41). Une telle conception suppose en effet que les fantasmes inconscients propres au contenu de la s\u00e9ance ne soient pas uniquement ceux du patient, mais aussi ceux de l\u2019analyste dont le fonctionnement mental est organis\u00e9 par celui du patient, qu\u2019il va organiser en retour (<em>ibid.<\/em> p.&nbsp;42). Comme ce fut le cas d\u2019un grand nombre des patients, par la description de son propre cadre, L\u00e9a structurait ma repr\u00e9sentation de son univers psychique autant que j\u2019ai pu le faire moi-m\u00eame \u00e0 partir du cadre dans lequel je la recevais dans mon bureau. Apr\u00e8s cette mise en perspective et sans lien apparent avec ce qui pr\u00e9c\u00e8de, elle m\u2019annonce&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a&nbsp;: <em>mon fr\u00e8re a fait une b\u00eatise, il a fissur\u00e9 le carreau de la fen\u00eatre en jouant au ballon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A travers l\u2019objet \u00ab&nbsp;carreau&nbsp;\u00bb, L\u00e9a me parle sans doute de l\u2019int\u00e9rieur du cadre de la fen\u00eatre qui est ab\u00eem\u00e9. L\u2019\u00e9vocation de l\u2019agressivit\u00e9 du fr\u00e8re pourrait-elle repr\u00e9senter la sienne&nbsp;? Le cadre de la s\u00e9ance au t\u00e9l\u00e9phone, ne permettrait-il pas de contenir les objets destructeurs de la s\u00e9ance, menac\u00e9e elle aussi de se fissurer&nbsp;? La situation analytique para\u00eet \u00eatre plus ins\u00e9curisante qu\u2019il n\u2019y para\u00eet \u00e0 priori. Puis, elle continue en \u00e9voquant un certain nombre de frustrations li\u00e9es \u00e0 la situation de confinement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a&nbsp;: <em>Je devais mettre mes bagues mercredi, c\u2019est report\u00e9, \u00e7a m\u2019emb\u00eate\u2026 \u00c7a m\u2019emb\u00eate un peu le confinement, je n\u2019ai pas de t\u00e9l\u00e9phone portable, alors si je ne peux pas appeler mes amies\u2026 Il faut que je te raconte un truc qui s\u2019est pass\u00e9 hier soir\u2026 maman n\u2019\u00e9tait pas contente, mais de toute fa\u00e7on, elle me dit toujours non, elle ne veut pas que j\u2019ai de t\u00e9l\u00e9phone portable, j\u2019arr\u00eate pas de lui demander\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Puis L\u00e9a continue en s\u2019attardant sur les contraintes qu\u2019elle doit supporter&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9a&nbsp;: <em>les devoirs, la vaisselle, jouer dans ma chambre et aider aussi ma m\u00e8re au jardinage. Plus tard, je voudrais une maison noire et blanche avec une voiture.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Son souhait d\u2019\u00e9mancipation commence \u00e0 poindre et se confirme m\u00eame dans la transgression o\u00f9 elle s\u2019est laiss\u00e9e entra\u00eener par son fr\u00e8re la veille. Ce que L\u00e9a voulait me dire concerne les jeux vid\u00e9os auxquels elle a jou\u00e9 la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, en compagnie de son fr\u00e8re qui a r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9jouer les codes parentaux. De quelle intimit\u00e9 me parle-t-elle alors&nbsp;? Celle qui renforce le moi, celle qu\u2019elle partage avec son fr\u00e8re &#8211; mais sur quel mode &#8211; ou celle dont elle fait l\u2019exp\u00e9rience partag\u00e9e avec le psychanalyste&nbsp;? Sans doute tout cela \u00e0 la fois mais l\u2019aurait-elle fait aussi facilement dans le <em>setting<\/em> habituel du bureau de la rue de Bourgogne&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>verbatim<\/em> de ces s\u00e9ances d\u00e9crit la premi\u00e8re \u00e9tape d\u2019un processus analytique dont la richesse se confirmera durant les dix semaines suivantes. Il constitue d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un contenu pertinent pour l\u2019analyse, apr\u00e8s coup, de l\u2019effet transf\u00e9rentiel de l\u2019utilisation du t\u00e9l\u00e9phone en s\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Le traitement psychanalytique avec l\u2019enfant est d\u2019une richesse et d\u2019une complexit\u00e9 incommensurables. S\u2019approcher du monde de l\u2019infantile et plus encore de l\u2019<em>infans<\/em>, avec un sujet en pleine construction psychique, suppose autant de sensibilit\u00e9 que de d\u00e9licatesse. La propre subjectivit\u00e9 de l\u2019analyste y est souvent mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve \u00e0 travers les projections de contenus encore impens\u00e9s que l\u2019enfant partage spontan\u00e9ment. A partir du mod\u00e8le bionien (1970), la capacit\u00e9 de l\u2019analyste \u00e0 transformer les angoisses sans nom, les proto-sensorialit\u00e9s, les proto-\u00e9motivit\u00e9s en \u00e9l\u00e9ments disponibles pour le r\u00eaver ensemble, int\u00e9ressera particuli\u00e8rement le travail analytique. \u00ab\u00a0La fonction <em>alpha<\/em>, \u0153uvre en continu \u00e0 la transformation en image de toute la sensorialit\u00e9 qui nous envahit, quelle que soit sa provenance\u00a0\u00bb (Ferro, 2014, p.\u00a080). L\u2019exp\u00e9rience de confinement et des s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phoniques qui l\u2019ont notamment caract\u00e9ris\u00e9e, invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux enjeux de la sensorialit\u00e9 en s\u00e9ance \u00e0 partir d\u2019une situation de d\u00e9privation sensorielle partielle. Grotstein (2007) appelle le <em>dreaming ensemble<\/em>, toutes les fonctions r\u00eavantes de l\u2019esprit. Ogden (2005) consid\u00e8re tous les sympt\u00f4mes comme la cons\u00e9quence d\u2019un <em>r\u00eave non r\u00eav\u00e9<\/em>. Dans l\u2019\u00e9tat actuel de notre exp\u00e9rience, les s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phoniques ne semblent pas emp\u00eacher ce travail de r\u00eaverie, m\u00eame si nous avons tent\u00e9 de montrer comment la sensorialit\u00e9 r\u00e9duite au canal auditif semblait constituer pour certains une v\u00e9ritable entrave. L\u2019\u00e9tude des enjeux des s\u00e9ances t\u00e9l\u00e9phoniques, comme ceux de la reprise des s\u00e9ances en face \u00e0 face, constituent dor\u00e9navant un r\u00e9servoir de contenus riches d\u2019enseignements, qu\u2019il nous faudra tenter de r\u00eaver afin d\u2019enrichir encore les mod\u00e8les techniques de l\u2019analyse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Alvarez, A., (1997),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Une pr\u00e9sence bien vivante<\/em>, \u00c9ditions du Hublot, Larmor-Plage.<\/p>\n\n\n\n<p>Baranger M., Baranger W. (1961-1962), \u00ab&nbsp;La situation nalaytique comme champ dynamique&nbsp;\u00bb, trad. L. de Urtubey,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 49, 6, 1985, p.&nbsp;1543-1571. -Bion W-R. (1970), L\u2019attention et l\u2019interpr\u00e9tation, Trad. J. Kalmanovitch, Paris, Payot, 1974.<\/p>\n\n\n\n<p>Dupuis-Gauthier, C., Delion, P., Butez, C., Dupisre, J. &amp; Billet, C. (2017). A propos d\u2019un Institut Public de Psychanalyse d\u2019Enfants et d\u2019Adolescents \u00e0 Lille&nbsp;: l\u2019IPPEA.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le Carnet PSY<\/em>, 210(7), 22-29. doi&nbsp;: 10.3917\/lcp.210.0022.<\/p>\n\n\n\n<p>Edy L. (2011), \u00ab&nbsp;Analyse des enfants \u00e0 part enti\u00e8re ou enti\u00e8rement \u00e0 part&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Journal de la Psychanalyse de l\u2019Enfant<\/em>, vol.&nbsp;1, n\u00b0&nbsp;1, p.&nbsp;109-126<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (1992),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019enfant et le psychanalyste. La question de la technique dans la psychanalyse des enfants<\/em>, trad. D. &amp; P. Faugeras, Toulouse, \u00c9ditions \u00e9r\u00e8s, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (1996),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La psychanalyse comme \u0153uvre ouverte<\/em>, trad. P. Faugeras, Paris, \u00c9ditions \u00e9r\u00e8s, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (2002),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Facteurs de maladie, facteurs de gu\u00e9rison&nbsp;: gen\u00e8se de la souffrance et cure psychanalytique<\/em>, Trad. N. Brissaud, Paris, In Press, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (2004), \u00ab&nbsp;R\u00e9alit\u00e9 de faits et r\u00e9alit\u00e9 interne&nbsp;: des d\u00e9riv\u00e9s narratifs aux \u00e9motions premi\u00e8res&nbsp;\u00bb, in B. Chouvier &amp; R. Roussillon,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La R\u00e9alit\u00e9 psychique<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A.&nbsp;; Basile R. (dir.), (2009),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le Champ analytique<\/em>, trad. Th. Van der Hallen, Paris, Ithaque, 2005<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (2011), \u00ab&nbsp;Quel statut proposer pour l\u2019analyse des enfants&nbsp;?&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Journal de la Psychanalyse de l\u2019Enfant<\/em>, vol.&nbsp;1, n\u00b0&nbsp;1, p.&nbsp;127-149.<\/p>\n\n\n\n<p>Ferro A. (2014),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Les visc\u00e8res de l\u2019\u00e2me. Alphabet des \u00e9motions et narrativit\u00e9<\/em>, trad. F. Caiazzo, Paris, Editions d\u2019Ithaque, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1909), \u00ab&nbsp;Analyse d\u2019une phobie d\u2019un petit gar\u00e7on de 5&nbsp;ans&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em class=\"marquage italique\">\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, vol. IX, tr. R. Lain\u00e9, J. Stude-Cadiot, Paris, PUF, 1998, p.&nbsp;5-129.<\/p>\n\n\n\n<p>Grotstein J.S. (2007),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Un rayon d\u2019intense obscurit\u00e9. Ce que Bion \u00e0 l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Trad. Groupe de travail Bion, Paris, Ithaque, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>King P., Steiner R. (1998),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Les controverses Anna Freud &#8211; M\u00e9lanie Klein.<\/em>&nbsp;1941-1945. Paris, PUF, Histoire de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ogden T.H., (2005),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Cet art qu\u2019est la psychanalyse. R\u00eaver des r\u00eaves inr\u00eav\u00e9s et des cris interrompus<\/em>. Paris, Ithaque, 2012.<\/p>\n\n\n\n<p>Parat C., (1995),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019Affect partag\u00e9<\/em>, Paris, PUF, collection \u00ab&nbsp;le fait psychanalytique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Racamier P-C., (1995),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019inceste et l\u2019incestuel<\/em>, Paris, Dunod, 2010.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10541?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail psychoth\u00e9rapique avec l\u2019enfant n\u2019obtient que difficilement le statut de psychanalyse. 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