{"id":10517,"date":"2021-08-22T07:32:13","date_gmt":"2021-08-22T05:32:13","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/pourquoi-la-psychotherapie-psychanalytique-corporelle-2\/"},"modified":"2021-09-15T18:51:17","modified_gmt":"2021-09-15T16:51:17","slug":"pourquoi-la-psychotherapie-psychanalytique-corporelle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/pourquoi-la-psychotherapie-psychanalytique-corporelle\/","title":{"rendered":"Pourquoi la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle ?"},"content":{"rendered":"\n<p>La Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle (PPC) est un am\u00e9nagement du dispositif analytique. Tout en conservant les outils que Freud nous a l\u00e9gu\u00e9s, nous avons approfondi l\u2019op\u00e9rativit\u00e9 de certains param\u00e8tres qui se r\u00e9v\u00e8lent fondamentaux dans l\u2019am\u00e9nagement du cadre. En effet nous introduisons la perception, la sensori-motricit\u00e9, l\u2019utilisation du divan comme param\u00e8tre de la cure.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1895 dans <em>L\u2019Esquisse<\/em>, Freud voyait le mim\u00e9tisme \u00e0 la base du fonctionnement psychique, donc par la perception, une certaine repr\u00e9sentation sp\u00e9culaire. Le nourrisson imite \u00e0 partir d\u2019une perception primitive qu\u2019il ressent comme une modification de son propre corps. Tout en percevant, on imite soi-m\u00eame le mouvement, on innerve sa propre image motrice qui co\u00efncide avec la perception, au point de reproduire r\u00e9ellement le mouvement. On a l\u00e0 le m\u00e9canisme physiologique pr\u00e9coce des bases des identifications et des traces de m\u00e9moire. C\u2019est ainsi par les r\u00e9sonances de son propre corps que l\u2019on peut comprendre la mimique et les gestes d\u2019autrui. Les formes tonico-\u00e9motionnelles ont une histoire : celle de la relation.<br><br>Ajuriaguerra constate que le tonus musculaire toujours en \u00e9veil soutient le mode de relation. Il note que le fond tonique dynamique et la r\u00e9activit\u00e9 se modifient aussi par la relation. \u00c0 la naissance \u00ab L\u2019hypertonie et l\u2019emprise orale digestive et respiratoire sont des modes d\u2019\u00eatre de l\u2019enfant \u00bb (<em>La Psychiatrie de l\u2019enfant<\/em>, Ajuriaguerra, 1974). Cette hypertonicit\u00e9 va diminuer avec la maturation. Elle est \u00e9galement sensible aux premi\u00e8res satisfactions, aux premiers refus et frustrations.<\/p>\n\n\n\n<p>La reconnaissance des d\u00e9faillances des premi\u00e8res relations nous a orient\u00e9s vers un travail de renforcement de l\u2019appareil psychique lui-m\u00eame. Angoisse, douleur, plaisir affectent l\u2019enfant par son corps et dans son corps. Les excitations se manifestent dans le corps. Le corps est pulsionnel, \u00e9rog\u00e8ne affect\u00e9 par l\u2019autre semblable.<\/p>\n\n\n\n<p>D.W. Winnicott disait qu\u2019un b\u00e9b\u00e9 sans sa m\u00e8re n\u2019existait pas. Pour Joyce McDougall, la vie psychique commence avec un corps pour deux. Ajuriaguerra va dire \u00ab Mon corps n\u2019est rien sans le corps de l\u2019autre complice de son existence. \u00bb. Quand Freud recherche la nature du psychisme et sa gen\u00e8se, il trouve le corps, pas le corps organique, mais le corps somatique, le corps en relation avec l\u2019autre semblable. Du fait de sa n\u00e9ot\u00e9nie, l\u2019autre est indispensable au b\u00e9b\u00e9 pour lui traduire et lui r\u00e9v\u00e9ler ses potentialit\u00e9s constitutionnelles et pour le secourir dans ses expressions de d\u00e9tresse en assurant une fonction de pare-excitation.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019environnement primaire (la m\u00e8re premi\u00e8re traductrice), l\u2019objet secourable vont r\u00e9pondre \u00e0 la d\u00e9tresse du nourrisson. Ainsi le sevrage est un moment particulier pour le b\u00e9b\u00e9, il y a un d\u00e9gagement du corps \u00e0 corps qui am\u00e8ne une angoisse de s\u00e9paration, de perte d\u2019objet, un manque de perception. L\u2019attention de la m\u00e8re est indispensable pour accompagner cette s\u00e9paration. Elle va dire des mots qui vont aider \u00e0 supporter cette s\u00e9paration. Le b\u00e9b\u00e9 va organiser de nouveaux rep\u00e8res. Il faut distinguer les perceptions sensorielles venues du monde ext\u00e9rieur, celles c\u00e9nesth\u00e9siques venues du monde interne et celles endopsychiques, venues du monde psychique (mouvements \u00e9motionnels et repr\u00e9sentations).<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps du sujet lui-m\u00eame est du fait de la n\u00e9cessit\u00e9 de ce long apprentissage le premier \u00ab objet transitionnel \u00bb pour la psych\u00e9. Le Moi s\u2019organise dans la relation. Le Moi est l\u2019organe psychique \u00e0 la fronti\u00e8re somato-psychique. Le travail du corps psychique s\u2019accompagne de l\u2019instauration du moi corporel et psychique qui ensuite participera \u00e0 l\u2019installation des processus psychiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail de transformation va se faire gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019objet secourable, l\u2019environnement primaire, les objets nourriciers. Et il va se faire dans une th\u00e9rapie en Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle gr\u00e2ce au dialogue tonico-\u00e9motionnel centr\u00e9 sur les \u00e9tats du corps en relation avec l\u2019analyste pour des patients en difficult\u00e9s. En effet, nous travaillons sur le ressenti perceptif, y compris les ressentis d\u00e9sagr\u00e9ables ou douloureux. Nous prenons en compte le d\u00e9ni du corps. Nous aidons les patients \u00e0 s\u2019\u00e9tayer sur ce qui se passe en s\u00e9ance et sur ce qui ressurgit des souvenirs de traces sensorielles. L\u2019id\u00e9e est de r\u00e9tablir le contact perceptif avec soi-m\u00eame et de permettre un r\u00e9ajustement des relations d\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1937, dans <em>Analyse avec fin et analyse sans fin<\/em>, Freud s\u2019oriente vers l\u2019originaire dans la cure. Il pose le probl\u00e8me de la trace non trac\u00e9e et de la n\u00e9cessit\u00e9 de sa transformation. C\u2019est un moment o\u00f9 il pense aux travaux de Ferenczi. On sait que ce dernier recevait des patients en grandes difficult\u00e9s, des patients qui pr\u00e9sentaient des troubles graves de la personnalit\u00e9, des failles dans la relation primitive du maternage. En effet pour Ferenczi, il \u00e9tait indispensable de toucher le noyau de la faille primaire et de faire face au transfert maternel archa\u00efque. Sa fa\u00e7on de penser nous concerne car le cadre que nous proposons en&nbsp; Psychopathologie Psychanalytique Corporelle favorise la constitution d\u2019un transfert d\u2019\u00e9tayage qui peut dans le processus de la cure servir de contrepoint au transfert archa\u00efque sauvage et projectif. Freud, apr\u00e8s la mort de Ferenczi ouvre une nouvelle dynamique qui interroge davantage la relation \u00e0 l\u2019objet plut\u00f4t que les m\u00e9canismes internes li\u00e9s au conflit psychique. C\u2019est une ouverture vers les pathologies des failles primaires du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui sont les patients concern\u00e9s par les indications ? Les patients que nous rencontrons pr\u00e9sentent un sympt\u00f4me organique tr\u00e8s identifi\u00e9, dont ils veulent se d\u00e9barrasser : des c\u00e9phal\u00e9es, des maux de ventre, une rectocolique h\u00e9morragique, un b\u00e9gaiement, une boulimie, une anorexie, une hypersudation, des troubles du sommeil etc\u2026 Le discours tourne autour de cette plainte. Le travail corporel permet une prise de conscience sur le r\u00f4le de la demande dans le sympt\u00f4me.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous recevons \u00e9galement des patients \u00e9tats-limites, psychosomatiques et psychotiques. Ce sont des patients qui pr\u00e9sentent des maladies du Moi avec des troubles narcissiques, failles identitaires, probl\u00e9matiques des limites. Chez ces patients la souffrance reste dans le corps, accroch\u00e9e au corps, elle est peu mentalis\u00e9e. La douleur se dit dans le corps ou dans l\u2019agir mais pas dans les mots.<\/p>\n\n\n\n<p>La souffrance maintenue dans le corps, non mentalis\u00e9e, non transform\u00e9e psychiquement serait-elle comme la r\u00e9p\u00e9tition infinie de la plainte, de l\u2019appel \u00e0 l\u2019autre ? Ce sont des patients qui ont besoin du perceptif pour d\u00e9velopper la capacit\u00e9 de mentalisation. Nous les aidons \u00e0 s\u2019appuyer sur ce qui se passe en s\u00e9ance avec nous. Cela permet de r\u00e9tablir le contact perceptif avec lui-m\u00eame. Ces patients ne se voient pas. Revenir au corps par la perception permet un r\u00e9ajustement des relations d\u2019objet, par exemple la prise de conscience des mouvements agressifs rep\u00e9r\u00e9s par une tension musculaire inconsciente permet de mieux relier les r\u00e9ponses motrices aux mouvements internes de rage narcissique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous remarquons chez ces patients une angoisse, une perte de confiance dans leur capacit\u00e9 psychique \u00e0 contenir leurs difficult\u00e9s. Les patients sont int\u00e9ress\u00e9s par ce travail d\u2019auto-observation. L\u2019\u00e9coute du corps est une d\u00e9couverte, un nouveau rep\u00e8re. \u00ab Je n\u2019ai jamais \u00e9cout\u00e9 mon corps. Il n\u2019existe pas. Cela n\u2019a pas d\u2019importance. Je suis g\u00ean\u00e9 par les bruits de mon corps. Je n\u2019ose pas respirer devant vous, j\u2019ai honte. Je ne peux pas bailler, je ne peux pas bouger \u00bb. Il y a un \u00e9tonnement devant ces sensations qui apparaissent : quelque chose se passe, un espoir peut s\u2019envisager, une possibilit\u00e9 de changement, de se faire du bien, de se faire confiance en passant par le corps. Ces patients ont eu des \u00e9preuves de vie, ce qui frappe c\u2019est la grande souffrance qu\u2019ils ont travers\u00e9e dans leur petite enfance. Il y a chez eux des failles narcissiques qui mettent en danger la capacit\u00e9 de s\u2019autocalmer. La Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle va permettre d\u2019aborder cette d\u00e9pression primaire, la ressentir dans le corps, l\u2019accepter, mettre des mots \u00e0 partir des sensations, en parler pour reconstruire une enveloppe corporelle et une enveloppe psychique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous rencontrons aussi des patients qui ont des probl\u00e8mes corporels et qui r\u00e9alisent qu\u2019une partie d\u2019eux-m\u00eames leur \u00e9chappe. Il y a une alerte, un \u00e9tonnement, un clivage. Interroger le corps peut-\u00eatre ressenti comme une honte. C\u2019est un sujet tabou et pourtant il y a l\u00e0 des manifestations qui d\u00e9rangent. Une souffrance accroch\u00e9e au corps comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous recevons aussi des patients qui ont d\u00e9j\u00e0 de nombreuses ann\u00e9es d\u2019analyse et qui souhaitent mieux vivre dans leur corps ou mieux se comprendre. Mais aussi des analystes qui pourront par cette compr\u00e9hension corporelle, par cette formation, ouvrir le champ analytique contre-transf\u00e9rentiel tant sur le plan psychique que sur le plan corporel.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel est le cadre que nous proposons ?<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plusieurs entretiens, nous pouvons d\u00e9cider avec le patient de poursuivre par une psychoth\u00e9rapie corporelle. Nous utilisons alors le divan. Le patient s\u2019allonge et l\u2019analyste reste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du patient dans son fauteuil. Le patient pourra ainsi voir l\u2019analyste. Il peut le regarder dans les yeux si il le souhaite. La consigne que nous donnons au patient est d\u2019essayer d\u2019\u00eatre attentif aux sensations qui viennent dans son corps. Sentir comment les sensations se d\u00e9placent et quand il le souhaitera, il pourra en parler. Nous lui demandons aussi de faire attention aux images, aux pens\u00e9es. La consigne est la m\u00eame que celle de l\u2019association libre, mais \u00e9tendue aux \u00e9motions, aux perceptions, \u00e0 la motricit\u00e9 issue des divers \u00e9tats toniques musculaires.<br><br> Le patient, au d\u00e9part, sait ainsi notre int\u00e9r\u00eat pour les sensations corporelles. Nous proposons un am\u00e9nagement du dispositif analytique. Nous introduisons la perception de l\u2019analyste et l\u2019utilisation du divan comme param\u00e8tre de la cure. Dans ce dispositif, nous mettons au travail la relation transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle \u00e0 travers le corps et ses ressentis. Le travail va se d\u00e9velopper de l\u2019interrelationnel \u00e0 l\u2019intrapsychique.<\/p>\n\n\n\n<p>En Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle (PPC), nous cherchons le point de jonction entre le corps et le langage. Nous favorisons l\u2019apaisement. Nous proposons un cadre pour renforcer le narcissisme, pour favoriser l\u2019\u00e9tayage et le pare-excitation afin de permettre l\u2019int\u00e9gration libidinale.Tous les analystes rencontrent ce type de patients avec lesquels il leur faut am\u00e9nager le dispositif au coup par coup. Notre approche par la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle nous offre un outil facilitateur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une vignette clinique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Eric, apr\u00e8s deux \u00e9checs de psychoth\u00e9rapie, vient me voir pour une Psychopathologie Psychanalytique Corporelle. Il souffre de c\u00e9phal\u00e9es invalidantes. Il se d\u00e9teste, se trouve gros. Il a honte de lui. Il sent de la haine en lui. Il a envie de se tuer. Au service militaire il voulait tuer son sup\u00e9rieur avec son arme. Ses parents sont s\u00e9par\u00e9s. Il ne veut plus les voir.<\/p>\n\n\n\n<p>En Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle, pendant certaines s\u00e9ances, je le sens \u00e0 la limite de l\u2019explosion, voulant partir. Il se sent inutile, un d\u00e9chet, un tout \u00e0 l\u2019\u00e9gout. Il ne se supporte plus et trouve que je ne l\u2019aide pas. Eric est envahi par une angoisse extr\u00eame, par une excitation de d\u00e9tresse, par une impuissance devant une hausse d\u2019excitation. C\u2019est un moment de perte de la relation d\u2019objet, de d\u00e9sespoir, de d\u00e9liaison, d\u2019autodestruction. Je ne peux et ne dois rien dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces moments inqui\u00e9tants, je suis tr\u00e8s attentive \u00e0 mes propres sensations. Je cherche l\u2019unit\u00e9 en moi, la pesanteur. J\u2019\u00e9coute ma respiration, la respiration de mon patient. Je ne suis pas d\u00e9truite par la violence d\u2019Eric. Une tierc\u00e9it\u00e9 corporelle est introduite par le dispositif. Je lui demande alors de suivre sa respiration. Je lui propose d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 ses points de contact avec le divan pour lui permettre la sensation du divan. Le divan repr\u00e9sente le portage, les contours, les limites. Le divan est un \u00e9l\u00e9ment important du dispositif dans la cure de Psychopathologie Psychanalytique Corporelle. Citons Monique Dechaud-Ferbus : \u00ab Le divan sert d\u2019indice r\u00e9el et m\u00e9taphorique du pare-excitation maternel dans sa fonction de porter et de toucher, mais aussi d\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue du corps dans la relation \u00e0 l\u2019objet et \u00e0 ses objets. Il repr\u00e9sente la fonction d\u2019\u00e9tayage du th\u00e9rapeute \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Eric pr\u00e9sente une grande immaturit\u00e9 du Moi, une fragilit\u00e9 narcissique. La relation \u00e0 la m\u00e8re est tr\u00e8s conflictuelle. Sa m\u00e8re est absente, d\u00e9prim\u00e9e. La relation \u00e0 l\u2019analyste est \u00e9galement conflictuelle. Face \u00e0 ses pulsionsdestructrices, le divan a permis de garder la distance avec l\u2019analyste. Il peut introjecter un objet pas trop proche. Le divan peut devenir un lieu d\u2019apaisement, de r\u00e9confort. Notre but est de proposer un contenant fiable, donc de renforcer le pare-excitation et non pas de rechercher une conflictualit\u00e9 ing\u00e9rable pour un appareil psychique fragile chez un sujet en difficult\u00e9 de symbolisation.<br><br>Lorsque nous demandons \u00e0 nos patients de nous dire ce qu\u2019ils ressentent dans leur corps, nous cherchons \u00e0 \u00e9viter la d\u00e9charge pulsionnelle pour la transformer dans un travail de mentalisation, d\u2019\u00e9laboration. Le patient pourra faire face \u00e0 ses angoisses d\u2019abandon, de solitude, de d\u00e9pression, d\u2019agressivit\u00e9. Le dispositif va permettre de construire un transfert de base et d\u2019\u00e9tayage qui apaisera le transfert archa\u00efque. C\u2019est un travail de repr\u00e9sentation et non pas d\u2019interpr\u00e9tation. Nous aidons le patient \u00e0 construire sa pens\u00e9e et \u00e0 la supporter.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, dans une autre s\u00e9ance, je reviens au corps et je lui demande comment il se sent sur le divan. Il est silencieux mais je vois que ses doigts bougent, touchent le tissu. Il r\u00e9p\u00e8te ce geste. Puis il va me dire : \u00ab mes mains sentent le tissu, cela me rappelle un tissu que je gardais pour dormir. J\u2019aimais la texture, je l\u2019ai gard\u00e9 longtemps \u00bb. Il a retrouv\u00e9 son objet transitionnel, une sensation qui calme, rassure et fait du bien. Une ouverture sur l\u2019enfance est possible, une capacit\u00e9 de curiosit\u00e9 appara\u00eet ainsi que de nouvelles associations.<\/p>\n\n\n\n<p>Eric va poursuivre sa cure. Il va retrouver du travail, revenir \u00e0 la musique. La relation \u00e0 sa m\u00e8re deviendra plus facile. L\u2019analyste peut utiliser le divan comme espace transitionnel, voire comme objet transitionnel. On pourrait dire que le divan, m\u00e9taphore du corps du th\u00e9rapeute, est support de l\u2019exp\u00e9rience correctrice de la carence de l\u2019objet primaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous conclurons avec Freud dans <em>L\u2019Esquisse<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab C\u2019est la personne attentive qui va donner sens aux cris de l\u2019enfant. Il y a un d\u00e9but de compr\u00e9hension mutuelle. Le Moi trouve son origine dans la satisfaction qui am\u00e8ne un apaisement \u00bb. L\u2019attention de l\u2019analyste \u00e0 la sensorialit\u00e9 dite et non dite du patient va lui permettre un processus de transformation qui va laisser place \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de la psych\u00e9. Il va alors pouvoir reprendre \u00e0 son compte cette activit\u00e9 d\u2019attention tourn\u00e9e vers lui-m\u00eame. Il pourra dans une dimension r\u00e9flexive sentir pour lui et donc se sentir, fondement pour l\u2019\u00e9tablissement du <em>sentiment d\u2019existence<\/em>. Le patient pourra alors, s\u2019inscrire dans une histoire avec le psychanalyste, pour ensuite reconstruire sa propre histoire, ou simplement transformer un v\u00e9cu insupportable en une histoire \u00e0 questionner.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10517?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle (PPC) est un am\u00e9nagement du dispositif analytique. Tout en conservant les outils que Freud nous a l\u00e9gu\u00e9s, nous avons approfondi l\u2019op\u00e9rativit\u00e9 de certains param\u00e8tres qui se r\u00e9v\u00e8lent fondamentaux dans l\u2019am\u00e9nagement du cadre. 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