{"id":10510,"date":"2021-08-22T07:32:10","date_gmt":"2021-08-22T05:32:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-soignants-et-laccueil-de-la-mort-perinatale-entre-angoisse-et-anticipation-3\/"},"modified":"2021-12-05T21:49:19","modified_gmt":"2021-12-05T20:49:19","slug":"les-soignants-et-laccueil-de-la-mort-perinatale-entre-angoisse-et-anticipation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-soignants-et-laccueil-de-la-mort-perinatale-entre-angoisse-et-anticipation\/","title":{"rendered":"Les soignants et l&rsquo;accueil de la mort p\u00e9rinatale : entre angoisse et anticipation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\">La mobilisation importante des soignants, lors d\u2019un s\u00e9minaire r\u00e9cent sur le deuil p\u00e9rinatal organis\u00e9 par le service de p\u00e9dopsychiatrie de Necker, montre, qu\u2019outre la fascination pour la mort, les soignants sont en demande d\u2019une r\u00e9flexion sur le deuil p\u00e9rinatal et d\u2019une \u00e9laboration autour des prises en charges des patientes confront\u00e9es \u00e0 la perte de leur b\u00e9b\u00e9 autour de la naissance. Alors m\u00eame que le mouvement spontan\u00e9 des \u00e9quipes soignantes tend \u00e0 se focaliser sur le d\u00e9veloppement f\u0153tal et le v\u00e9cu des parents, il semble essentiel de ne pas isoler le v\u00e9cu comportemental, \u00e9motionnel et fantasmatique des soignants de celui des patients puisque se joue un jeu interactionnel complexe entre les diff\u00e9rents protagonistes : les \u00e9motions des uns entrent in\u00e9vitablement en r\u00e9sonnance avec celles des autres. Les acteurs du soin autour du f\u0153tus n\u2019\u00e9chappent pas aux angoisses archa\u00efques et \u00e0 la violence fondamentale mobilis\u00e9e par ce contenu ut\u00e9rin, inqui\u00e9tant et familier \u00e0 la fois. Car le f\u0153tus, objet de soin, est \u00e9galement un objet nostalgique venant raviver en chacun son histoire pr\u00e9natale : \u00ab cet \u00e9trangement inqui\u00e9tant est l\u2019entr\u00e9e de l\u2019antique terre natale du petit d\u2019homme, du lieu dans lequel chacun a s\u00e9journ\u00e9 une fois et d\u2019abord \u00bb (Freud, 1919).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\"><strong>1- Les soignants et la mort en maternit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Les situations de mort peuvent \u00eatre plus ou moins soudaines, plus ou moins attendues : la mort f\u0153tale in utero (MFIU), qui surprend par sa brutalit\u00e9, emp\u00eache toute anticipation puisqu\u2019elle survient alors que la grossesse s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e sans encombre jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019arr\u00eat de l\u2019activit\u00e9 cardiaque f\u0153tale. Au sentiment fugace d\u2019effondrement &#8211; agonies primitives de Winnicott- \u00e9prouv\u00e9 par certaines sages-femmes au moment du diagnostic peut s\u2019ajouter un sentiment de culpabilit\u00e9 s\u2019il existe un doute sur une d\u00e9faillance professionnelle, venant interroger le paternalisme m\u00e9dical en vigueur. Contrairement \u00e0 ces situations de mort f\u0153tale o\u00f9 pr\u00e9domine un sentiment de solitude, les situations d\u2019interruption m\u00e9dicale de grossesse (IMG) sont port\u00e9es par toute une \u00e9quipe pluridisciplinaire. La pr\u00e9sence d\u2019un centre de diagnostic ant\u00e9natal au sein m\u00eame de la maternit\u00e9 rappelle que la malformation f\u0153tale n\u2019est pas que fantasm\u00e9e et implique une sensibilisation des \u00e9quipes \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre totalement refoul\u00e9e. Une r\u00e9flexion pluridisciplinaire constante, synonyme d\u2019une anticipation institutionnelle par l\u2019\u00e9laboration de protocoles r\u00e9guli\u00e8rement revisit\u00e9s, permettra aux sages-femmes de rencontrer les parents dans leur souffrance et de leur offrir un accompagnement contenant. Ainsi, les interruptions m\u00e9dicales de grossesse s\u2019inscrivent dans un processus d\u00e9cisionnel favorisant, contrairement aux morts f\u0153tales, une anticipation ; pr\u00e9paration des parents et anticipation \u00e0 l\u2019accueil du b\u00e9b\u00e9 d\u00e9c\u00e9d\u00e9 lorsque la date de l\u2019IMG est pos\u00e9e et anticipation soignante avec l\u2019organisation institutionnelle de l\u2019IMG. Parfois, le choix des parents va dans le sens de l\u2019accueil de leur b\u00e9b\u00e9 avec un projet d\u2019accompagnement palliatif ; l\u00e0 encore, l\u2019anticipation est de rigueur tant d\u2019un point de vue parental que m\u00e9dical : les parents rencontrent \u00e0 plusieurs reprises l\u2019\u00e9quipe de n\u00e9onatologistes en ant\u00e9natal suite aux staffs pluridisciplinaires qui ont pour fonction de pr\u00e9parer l\u2019accueil particulier de ce b\u00e9b\u00e9 qui ne va pas vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Le fonctionnement de tout service hospitalier est r\u00e9gi par des protocoles de conduites \u00e0 tenir, protocoles issus d\u2019une r\u00e9flexion pluridisciplinaire encadrant la prise en charge des patientes. Mais ces protocoles ne mettent pas \u00e0 l\u2019abri de l\u2019irruption de la mort, ce que les soignants per\u00e7oivent bien et expriment par un sentiment d\u2019angoisse car la situation la plus \u00e9trangement inqui\u00e9tante, m\u00eal\u00e9e \u00e0 l\u2019effroyable est caract\u00e9ris\u00e9e par la relation \u00e0 la mort mais \u00ab il y a dans notre inconscient actuel aussi peu de place que jadis pour la repr\u00e9sentation de notre propre mortalit\u00e9 \u00bb (Freud, 1919). Les soignants ne sont donc pas \u00e9pargn\u00e9s par cette angoisse sous-jacente, toujours singuli\u00e8re et \u00e9volutive pour chaque sujet, qui se distribue le long d\u2019un continuum entre deux polarit\u00e9s oppos\u00e9es : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle fait sympt\u00f4me suite \u00e0 l\u2019effraction du moi devant un danger venant de l\u2019ext\u00e9rieur : c\u2019est l\u2019angoisse automatique ou traumatique qui sanctionne et succ\u00e8de au d\u00e9bordement des capacit\u00e9s d\u00e9fensives insuffisantes du moi. De l\u2019autre, le signal d\u2019angoisse pr\u00e9c\u00e8de le possible \u00e9v\u00e8nement tragique : il est mobilisateur pour le sujet et pr\u00e9curseur d\u2019une anticipation cr\u00e9atrice protectrice (Freud, 1926). Ce sc\u00e9nario implique n\u00e9cessairement que l\u2019institution soutienne et rende possible, en termes de moyens, cet apprivoisement des angoisses traumatiques au profit de la conqu\u00eate d\u2019une culture de l\u2019angoisse signal.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\"><strong>2- De la r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9dicale \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 psychique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">En effet, objet mall\u00e9able pour les parents, le f\u0153tus l\u2019est \u00e9galement pour les soignants : objet en voie d\u2019humanisation au fil de la grossesse, objet d\u2019investigation scientifique lorsqu\u2019il est confront\u00e9 \u00e0 la&nbsp; maladie, il devient alors objet de lutte ou objet \u00e0 \u00e9liminer lorsqu\u2019il est trop monstrueux. Le f\u0153tus, investi narcissiquement par la m\u00e8re fait n\u00e9cessairement l\u2019objet d\u2019amour et de haine. Lorsqu\u2019une anomalie est suspect\u00e9e et qu\u2019une interruption de grossesse est \u00e9voqu\u00e9e, vont se c\u00f4toyer dans l\u2019inconscient maternel et parental des mouvements destructeurs \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un objet non-moi avec un investissement positif d\u2019un b\u00e9b\u00e9 cr\u00e9\u00e9, fut-il encore f\u0153tus m\u00e9dicalement. Le risque d\u2019\u00e9volution pathog\u00e8ne par destruction est \u00e0 craindre, augment\u00e9 de celui d\u2019un deuil pathologique si un minimum de temporalit\u00e9 psychique n\u2019est pas respect\u00e9 pour permettre une liaison entre les pulsions destructrices et les<br \/>\npulsions libidinales ainsi qu\u2019une symbolisation cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Dans un premier temps suite \u00e0 l\u2019annonce de l\u2019anomalie, les femmes ont besoin de maintenir cliv\u00e9es les repr\u00e9sentations d\u2019un f\u0153tus malade, ab\u00eem\u00e9, inhumain voire monstrueux \u00e0 enlever d\u2019urgence avec celles d\u2019un b\u00e9b\u00e9 parfait, vivant et en bonne sant\u00e9. L\u2019introduction d\u2019un espace psychique de pens\u00e9e est alors n\u00e9cessaire pour r\u00e9unir ces deux figures et acc\u00e9der \u00e0 une figure de b\u00e9b\u00e9 charg\u00e9e d\u2019ambivalence par la cr\u00e9ation d\u2019un compromis entre le b\u00e9b\u00e9 id\u00e9alis\u00e9 que porte toute femme enceinte et le f\u0153tus malade de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, et arriver ainsi \u00e0 un b\u00e9b\u00e9 ordinaire malade. Alors seulement un deuil sera possible : ayant surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019amour maternel comme \u00e0 la destruction imaginaire, ce nouvel objet cr\u00e9\u00e9 sera fondateur d\u2019une possibilit\u00e9 de deuil. Mais le d\u00e9lai n\u00e9cessaire \u00e0 ce travail psychique peut \u00eatre v\u00e9cu comme insupportable du fait de l\u2019\u00e9tat de tension qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re et peut provoquer, tant chez les parents que chez les soignants, une d\u00e9charge aboutissant \u00e0 un passage \u00e0 l\u2019acte &#8211; par une mise en acte de l\u2019interruption : notamment lorsque le diagnostic de la pathologie f\u0153tale fait consensus, il peut \u00eatre difficile de ne pas r\u00e9pondre \u00e0 la demande urgente des parents. Mais emp\u00eacher ce travail psychique de liaison en r\u00e9pondant \u00e0 l\u2019urgence par l\u2019urgence ne fait que r\u00e9p\u00e9ter la situation traumatique, en attente de sc\u00e9narisation : \u00ab le traumatisme dont un sujet est porteur est contagieux du fait qu\u2019il pousse \u00e0 l\u2019ext\u00e9riorisation et \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition \u00bb (Aubert Godart, 2008). Pour \u00e9viter une confusion entre r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9dicale et r\u00e9alit\u00e9 psychique, introduire un espace de pens\u00e9e pour les parents implique l\u2019introduction d\u2019une temporalit\u00e9 \u00e9galement pour les soignants, qui n\u2019est rendue possible qu\u2019au prix d\u2019une \u00e9laboration des projections d\u00e9fensives \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e9galement chez les soignants.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Boltanski (2004) dans l\u2019\u00e9tude sociologique qu\u2019il lui a consacr\u00e9e, met au jour les deux statuts entre lesquels oscille le f\u0153tus. Au f\u0153tus \u00ab authentique \u00bb, valoris\u00e9, adopt\u00e9 par les parents et institu\u00e9 en tant que futur \u00eatre humain par la parole s\u2019oppose le f\u0153tus \u00ab tumoral \u00bb, accidentel, qui ne fera pas l\u2019objet d\u2019un projet de vie. Dans le cadre particulier du diagnostic ant\u00e9natal, il conclut que le f\u0153tus est inclassable ou constitue un cas litigieux. Contrairement \u00e0 ce que sugg\u00e8re Boltanski, Allamel-Raffin et al. (2008) rel\u00e8vent, \u00e0 travers l\u2019analyse du discours des soignants charg\u00e9s d\u2019accompagner les patientes, l\u2019existence d\u2019une cat\u00e9gorisation pour le f\u0153tus. Les auteurs constatent la g\u00e9om\u00e9trie variable de ce statut selon les acteurs et le moment o\u00f9 l\u2019on se place dans le processus de r\u00e9alisation de l\u2019IMG : jusqu\u2019\u00e0 la formulation d\u2019un diagnostic, le f\u0153tus est pleinement per\u00e7u comme \u00ab authentique \u00bb par les parents et les soignants ; il est investi comme un enfant en devenir. Alors qu\u2019il conserve ce statut pour les soignants \u00e0 l\u2019annonce d\u2019une anomalie, il devient \u00ab tumoral \u00bb pour les parents ; et il s\u2019agit alors de s\u2019en d\u00e9barrasser au plus vite. C\u2019est la contradiction que rel\u00e8ve Golse (2002) o\u00f9 le f\u0153tus, fortement investi pendant la grossesse par les parents, peut \u00eatre brutalement d\u00e9sinvesti lorsqu\u2019une anomalie f\u0153tale est diagnostiqu\u00e9e. Le r\u00f4le des soignants, par des pratiques ritualis\u00e9es visant \u00e0 humaniser le f\u0153tus, va alors consister \u00e0 encourager les parents \u00e0 revenir vers une repr\u00e9sentation \u00ab authentique \u00bb plus favorable au d\u00e9roulement du travail de deuil. Soubieux (2008)<br \/>\ncependant, s\u2019interroge sur le bien-fond\u00e9 de telles pratiques. Son exp\u00e9rience r\u00e9v\u00e8le en effet, combien il est difficile de savoir ce qu\u2019un f\u0153tus repr\u00e9sente pour une m\u00e8re, un p\u00e8re, l\u2019un et l\u2019autre pouvant m\u00eame lui donner un statut diff\u00e9rent. Nous sommes l\u00e0 au c\u0153ur de la sp\u00e9cificit\u00e9 de la probl\u00e9matique du deuil p\u00e9rinatal.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">La situation clinique suivante illustre l\u2019interaction complexe de ce qui peut se jouer dans ces situations o\u00f9 les repr\u00e9sentations conscientes et inconscientes parentales viennent rencontrer celles des soignants.<br \/>\nMme A. est enceinte de sa 4\u00e8me grossesse. Son premier enfant, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 2 ans d\u2019un syndrome polymalformatif r\u00e9v\u00e8le au couple qu\u2019ils sont porteurs d\u2019une anomalie g\u00e9n\u00e9tique pour laquelle le risque de transmission est statistiquement d\u2019une grossesse sur 4. La grossesse suivante donne naissance \u00e0 un gar\u00e7on en bonne sant\u00e9. S\u2019ensuit une autre grossesse ; le diagnostic ant\u00e9natal montre que le f\u0153tus est porteur de l\u2019anomalie et la grossesse est interrompue. Rapidement, le couple d\u00e9marre une nouvelle grossesse et \u00e0 nouveau, le f\u0153tus s\u2019av\u00e8re \u00eatre \u00e9galement porteur de l\u2019anomalie. Du fait de la pr\u00e9cocit\u00e9 du diagnostic, la possibilit\u00e9 d\u2019une interruption de grossesse par aspiration est possible ; ce qui est propos\u00e9 \u00e0 la patiente pour lui \u00e9viter l\u2019\u00e9preuve d\u2019un accouchement, mais dans une certaine urgence pour que techniquement le geste soit r\u00e9alisable. Peut-\u00eatre aussi comme s\u2019il fallait effacer l\u2019insupportable des al\u00e9as statistiques ? Celle-ci refuse et sollicite du temps pour pouvoir penser ce b\u00e9b\u00e9, certes porteur de l\u2019anomalie g\u00e9n\u00e9tique et pr\u00e9f\u00e8re envisager l\u2019accouchement, pour pouvoir rencontrer son b\u00e9b\u00e9, ce qui suscite l\u2019interrogation des soignants. Cette situation montre combien la r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9dicale peut diff\u00e9rer de la r\u00e9alit\u00e9 intrapsychique de la patiente : le f\u0153tus de 13 SA \u00e0 \u00e9liminer du fait de sa pathologie grave pour les m\u00e9decins \u00e9tait pour la femme un b\u00e9b\u00e9 en devenir qu\u2019elle voulait rencontrer pour pouvoir l\u2019inscrire dans l\u2019histoire familiale et mieux pouvoir s\u2019en s\u00e9parer secondairement. R\u00e9pondre dans l\u2019urgence \u00e0 l\u2019insupportable ne ferait dans ce cas que majorer l\u2019effet traumatique de l\u2019annonce d\u2019une nouvelle atteinte et emp\u00eacherait toute \u00e9laboration cr\u00e9ative permettant l\u2019inscription symbolique de cette grossesse et ce b\u00e9b\u00e9 dans la psych\u00e9 maternelle. Le maintien d\u2019un espace o\u00f9 s\u2019enracine la pens\u00e9e va permettre \u00e0 la patiente de d\u00e9sinvestir l\u2019objet et d\u2019introjecter ses qualit\u00e9s au lieu de r\u00e9p\u00e9ter la violence traumatique pour se d\u00e9barrasser d\u2019un exc\u00e8s de tension insupportable.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\"><strong>3- Voir ou ne pas voir ? telle est la question\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">La r\u00e9flexion sur les pratiques actuelles est active et des publications r\u00e9centes m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre relev\u00e9es : D. Memmi (2011), dans son ouvrage \u00ab La seconde vie des b\u00e9b\u00e9s morts \u00bb, constate une \u00e9volution notable des pratiques entourant les pertes p\u00e9rinatales depuis 1990. En effet en l\u2019espace de 10 ans, les pratiques entourant la mort du f\u0153tus ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9volutionn\u00e9es, passant d\u2019un silence (accoucher sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, ne pas voir) \u00e0 un faire voir, proposer des obs\u00e8ques, une photo, inscrire sur le livret de famille&#8230; Les initiateurs de ce changement, E. Lewis en 1971 aux USA et P. Rousseau en 1994 en Belgique, se sont appuy\u00e9s sur leur clinique pour r\u00e9v\u00e9ler combien pouvait \u00eatre d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour les femmes ce \u00ab blanc \u00bb autour de la naissance de leur enfant mort. L\u2019\u00e9volution des pratiques s\u2019est poursuivie gr\u00e2ce au travail des \u00e9quipes pluridisciplinaires et aux r\u00e9flexions des \u00ab psy \u00bb ; compte tenu de la sp\u00e9cificit\u00e9 du deuil p\u00e9rinatal, pour lequel le travail de deuil est rendu complexe du fait de la \u00ab non-existence \u00bb de l\u2019objet perdu, la mise en r\u00e9alit\u00e9 viendrait favoriser cette reconnaissance et contribuer ainsi au processus de deuil. Cependant, D. Memmi (2011) constate que la corr\u00e9lation entre l\u2019incarnation et le niveau de deuil ne se v\u00e9rifie pas ; il existe alors une contradiction entre le \u00ab caract\u00e8re relativement ind\u00e9cidable scientifiquement de ce qui est pourtant devenu une \u00e9vidence clinique \u00bb. Cette \u00e9volution n\u2019est pas tant li\u00e9e \u00e0 une demande sociale collective qu\u2019\u00e0 une mise en pratique des r\u00e9flexions th\u00e9oriques sur le deuil p\u00e9rinatal ; \u00e9volution qui a rencontr\u00e9 une satisfaction aupr\u00e8s des parents. Que l\u2019\u00e9tude de Hughes et al. (2002) viennent questionner ces changements en r\u00e9v\u00e9lant le risque de morbidit\u00e9 maternelle \u00e0 moyen terme, cela permet de questionner les protocoles en cours et de garder une clinique vivante. Cependant, critiqu\u00e9e par Cacciatore et al. (2008), cette \u00e9tude montre que l\u2019impact traumatique n\u2019est pas uniquement li\u00e9 au fait de voir ou ne pas voir. Radestad et al. (1996), soulignent d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments tels que le fait de ne pas garder le b\u00e9b\u00e9 aussi longtemps que souhait\u00e9, la pratique de rituels ou l\u2019existence de souvenirs. Interviennent \u00e9galement le contexte socio-culturel (absence de vie maritale, jeune \u00e2ge des patientes, faible niveau d\u2019\u00e9ducation) et l\u2019histoire obst\u00e9tricale de la femme (parit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e au moment de la perte, absence de grossesse suivante, interruption m\u00e9dicale de grossesse). C\u2019est donc de mani\u00e8re plus globale qu\u2019il faut consid\u00e9rer les pratiques, sans oublier la dimension inconsciente et les repr\u00e9sentations in\u00e9vitablement mobilis\u00e9es. Car les repr\u00e9sentations que se font les parents, tant individuellement que conjugalement, de la grossesse et du foetus-b\u00e9b\u00e9 s\u2019inscrivent dans un continuum allant \u00abde quelque part entre rien et tout, entre chose et personne dans le processus continu de l\u2019humanisation\u00bb (Missonnier, 2009). La ritualisation doit donc \u00eatre adapt\u00e9e, autant que faire se peut, \u00e0 la maturation des parents, au risque d\u2019\u00eatre traumatique s\u2019il y a un d\u00e9calage trop important entre r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure et r\u00e9alit\u00e9 psychique.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Une autre \u00e9tude sur le sujet a retenu notre attention: Erlandsson et al. (2013) ont interrog\u00e9 des femmes ayant v\u00e9cu une perte f\u0153tale apr\u00e8s 23 SA sur le fait de voir ou non leur f\u0153tus d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Dans 51% des cas, l\u2019\u00e9quipe a fait la demande aux m\u00e8res, dans 26% des cas le b\u00e9b\u00e9 leur a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re naturelle sans leur demander pr\u00e9alablement, dans 15% des cas, c\u2019est la m\u00e8re qui a demand\u00e9 et les 11% restant repr\u00e9sente les m\u00e8res qui l\u2019ont fait d\u2019elles-m\u00eames sans demander. Il ressort que si les femmes se sont vues pr\u00e9senter leur b\u00e9b\u00e9 spontan\u00e9ment sans qu\u2019aucune demande ne leur soit faite, elles le vivent positivement, comme quelque chose de naturel. En revanche, le fait de leur poser la question ouvre la porte \u00e0 la peur, \u00e0 l\u2019appr\u00e9hension et au refus. Ces r\u00e9sultats sont int\u00e9ressants car ils viennent pr\u00e9senter sous un autre angle les pratiques actuelles et introduisent la position du soignant avec le r\u00f4le important qu\u2019il joue \u00e0 ce moment-l\u00e0. Le d\u00e9bat qui portait sur l\u2019impact b\u00e9n\u00e9fique ou non de voir ou de ne pas voir le b\u00e9b\u00e9 d\u00e9c\u00e9d\u00e9, sur le fait de poser la question aux m\u00e8res sur ce qu\u2019elles souhaitent, se d\u00e9place sur l\u2019interaction Soignant-M\u00e8re-F\u0153tus\/b\u00e9b\u00e9; l\u00e0, lorsque la pr\u00e9sentation du b\u00e9b\u00e9 est faite spontan\u00e9ment comme quelque chose de naturel, les femmes le vivent positivement. Les auteurs prennent en compte l\u2019attitude du professionnel ; l\u2019aisance du soignant normaliserait un d\u00e9sir naturel de toute m\u00e8re de voir son b\u00e9b\u00e9, m\u00eame d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Pose-t-on la question \u00e0 une m\u00e8re de voir son b\u00e9b\u00e9 lorsque celui-ci est vivant ? Interroger une m\u00e8re sur son d\u00e9sir lorsque le b\u00e9b\u00e9 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 renverrait \u00e0 quelque chose d\u2019anormal et ouvrirait n\u00e9cessairement la porte \u00e0 l\u2019effroi et au refus. Les \u00e9quipes savent bien que la r\u00e9ponse spontan\u00e9e des m\u00e8res \u00e0 la possibilit\u00e9 de voir leur b\u00e9b\u00e9 mort est souvent n\u00e9gative dans un premier temps. Secondairement, lorsque les m\u00e8res sortent de l\u2019\u00e9tat de sid\u00e9ration li\u00e9 \u00e0 l\u2019annonce et qu\u2019une pens\u00e9e se remet en marche, leur demande \u00e9volue. Nombreuses sont celles qui souhaitent rencontrer leur b\u00e9b\u00e9, m\u00eame d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ; et rares sont celles qui le regrettent. Notre clinique nous montre d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 distance, les femmes qui n\u2019ont pas vu leur b\u00e9b\u00e9 expriment fr\u00e9quemment un sentiment de culpabilit\u00e9, comme si le fait de ne pas l\u2019avoir vu revenait \u00e0 l\u2019avoir abandonn\u00e9 ; abandonn\u00e9 une deuxi\u00e8me fois notamment dans les interruptions m\u00e9dicales de grossesse o\u00f9 la d\u00e9cision de mettre fin \u00e0 la vie du f\u0153tus peut d\u00e9j\u00e0 susciter ce sentiment de m\u00e8re pas \u00ab suffisamment bonne \u00bb.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019int\u00e9r\u00eat de la publication de Erlandsson et al. (2013) r\u00e9side dans la prise en compte du r\u00f4le de l\u2019\u00e9quipe soignante dans l\u2019accompagnement des patientes endeuill\u00e9es. Les soignants ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s par l\u2019impact potentiellement traumatisant de l\u2019accueil d\u2019un b\u00e9b\u00e9 mort (de Wailly-Galembert, Vernier, Rossigneux-Delage et Missonnier, 2012). La repr\u00e9sentation qu\u2019ils en ont est marqu\u00e9e par le filtre de la lecture m\u00e9dicale d\u2019une part mais aussi ils accompagnent les patientes avec leur histoire, histoire infantile certes mais histoire pr\u00e9natale \u00e9galement ; le respect de l\u2019application d\u2019un protocole ne sera pas une barri\u00e8re suffisante face \u00e0 l\u2019\u00e9mergence in\u00e9vitable des repr\u00e9sentations inconscientes \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e9galement chez les soignants. Il peut arriver que les soignants \u00e9prouvent de la g\u00eane devant la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un b\u00e9b\u00e9 d\u00e9c\u00e9d\u00e9 ou que la malformation suscite le silence ou l\u2019\u00e9vitement. Ces facteurs d\u00e9fensifs vont influencer l\u2019accompagnement que les soignants seront \u00e0 m\u00eame de proposer aux patientes et peuvent provoquer chez la m\u00e8re un sentiment d\u2019abandon, de d\u00e9valorisation voire de culpabilit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 inh\u00e9rent \u00e0 la perte de l\u2019enfant. L\u2019\u00e9laboration des affects et des repr\u00e9sentations mobilis\u00e9es chez les soignants permettra un accompagnement empathique et bienveillant, contribuant&nbsp; \u00e0 une rencontre harmonieuse entre la m\u00e8re et son b\u00e9b\u00e9. C\u2019est donc dans un jeu interactif complexe que se joue, de mani\u00e8re comportementale certes mais fantasmatique \u00e9galement, l\u2019accueil de la mort dans le temps de la naissance.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Dans ce corps \u00e0 corps avec l\u2019intime, la naissance, la mort, le sexuel, les soignants sentent bien que les protocoles \u00e9labor\u00e9s en \u00e9quipe sont n\u00e9cessaires mais pas suffisants pour faire face aux exp\u00e9riences \u00e9motionnelles et fantasmatiques mobilis\u00e9es. Reprenant le concept d\u2019appareil \u00e0 penser les pens\u00e9es \u00e9labor\u00e9 par Bion (1962), les angoisses archa\u00efques mobilis\u00e9es ainsi que les excitations traumatiques devront n\u00e9cessairement \u00eatre transform\u00e9es, \u00e9labor\u00e9es pour que le soignant puisse assurer sa fonction de contenance face aux couples. Les impressions sensorielles et les exp\u00e9riences \u00e9motionnelles per\u00e7ues vont devoir \u00eatre converties en quelque chose de pensable pour accompagner l\u2019autre dans sa souffrance ; en rep\u00e9rant les m\u00e9canismes d\u2019identification projective, le soignant pourra se d\u00e9gager de la violence v\u00e9cue des parents (chagrin, col\u00e8re voire haine) et leur apporter un soutien contenant. Notre pratique professionnelle en institution r\u00e9v\u00e8le combien il est difficile pour les soignants de prendre le temps de s\u2019extraire de l\u2019activit\u00e9 incessante du service pour penser sa pratique, en d\u00e9pit d\u2019une souffrance exprim\u00e9e. Ainsi, compte tenu de la st\u00e9r\u00e9ophonie des \u00e9motions autour du p\u00e9rinatal et de la reviviscence nostalgique in\u00e9vitable des angoisses archa\u00efques et la violence fondamentale associ\u00e9e, il nous semble important de pouvoir proposer un espace d\u2019\u00e9laboration \u00e0 la traumatophilie soignante (Missonnier, 2009). Alors que l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un accompagnement psychologique est largement reconnu par les soignants et sollicit\u00e9 pour les patientes, cet int\u00e9r\u00eat diminue subitement lorsqu\u2019il s\u2019agit de s\u2019occuper des soignants et de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce qu\u2019ils vivent et \u00e9prouvent : pudeur, crainte de passer pour faible, se d\u00e9voiler devant les autres, perdre son temps\u2026 les raisons consciemment \u00e9voqu\u00e9es sont multiples. M\u00eame si la formation m\u00e9dicale des acteurs de sant\u00e9 est effectivement centr\u00e9e sur le faire, associ\u00e9 \u00e0 une activit\u00e9 importante dans les services, c\u2019est une \u00ab culture \u00bb qui peut se d\u00e9velopper, par une pr\u00e9sence discr\u00e8te dans la dur\u00e9e. L\u2019\u00e9coute bienveillante et la disponibilit\u00e9 psychique du psychologue finit par \u00eatre entendue et permet de recevoir les angoisses, les projections des soignants pour les transformer en quelque chose de pensable.<\/p>\n<p>Diane de Wailly<br \/>\n<em>Psychologue clinicienne<br \/>\nMaternit\u00e9 Necker Enfants Malades, Paris<br \/>\nDoctorante, Paris Descartes, Laboratoire PCPP.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Allamel-Raffin C., Rusterholtz T., Pons I., Weber J-C., Merg-Essadi D. (2008), \u00ab Le f\u0153tus dans l\u2019acte d\u2019IMG : un statut \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable \u00bb, <em>Revue des Sciences Sociales<\/em>, n\u00b039, Ethique et sant\u00e9<br \/>\nAubert-Godart A. (2008), \u00ab Un risque de confusion lourd de cons\u00e9quences \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019IMG \u00bb, In Braconnier A., Golse B., <em>B\u00e9b\u00e9s agressifs, b\u00e9b\u00e9s agress\u00e9s<\/em>. Eres, \u00ab 1001 b\u00e9b\u00e9s \u00bb, p 63-105.<br \/>\nBion, W.R. (1962), <em>Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em>, PUF, 1979.<br \/>\nBoltanski L. (2004),<em> La condition f\u0153tale, une sociologie de l\u2019engendrement et de l\u2019avortement<\/em>, Gallimard.<br \/>\nCacciatore J., Radestad I. et Froen J.-F. (2008), \u00ab Effect of contact with stillborn babies on maternal anxiety and depression \u00bb, <em>Birth<\/em> 35, 4, december 2008, 313-320.<br \/>\nDe Wailly-Galembert D., Vernier D., Rossigneux-Delage P., Missonnier S. (2012). \u00ab Lorsque naissance et mort co\u00efncident en maternit\u00e9, quel v\u00e9cu pour les sages-femmes ? Plaidoyer pour une \u00e9laboration des pratiques \u00bb. <em>Devenir <\/em>24, n\u00b02, 117-138.<br \/>\nErlandsson K., Warland J., Cacciatore J., Radestad I. (2013), \u00ab Seeing and holding a stillborn baby : Mothers\u2019 feelings in relation to how their babies werepresented to themafterbirth \u2013 Findingsfrom an online questionnaire \u00bb, <em>Midwifery<\/em> 29, 246-250.<br \/>\nFreud S. (1919), \u00ab L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 \u00bb in <em>L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et autres essais<\/em>, Gallimard, 1985, p.209-263.<br \/>\nFreud S. (1926),<em> Inhibition, Sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, Paris, PUF, 2005.<br \/>\nGolse B. (2002), \u00ab A propos des interruption de grossesse, deuil (du f\u0153tus) ou m\u00e9lancolie \u00bb, <em>Carnet Psy<\/em>, 2002\/5, n\u00b073, p. 24-25<br \/>\nHughes P., Turton P., Hopper E. et Evans C.D.H. (2002). \u00ab Assessment of guidelines for good practice in psychosocial care of mothers after stillbirth : a cohort study \u00bb,<em>The Lancet,<\/em> vol 36, July 13, 2002.<br \/>\nMemmi D. (2011), <em>La seconde vie des b\u00e9b\u00e9s morts<\/em>, EHESS, coll. \u00ab Cas de figure \u00bb.<br \/>\nMissonnier, S. (2009). \u00ab Les soignants du p\u00e9rinatal sont-ils traumatophiles ? \u00bb, <em>Devenir parents, na\u00eetre humain,<\/em>PUF<br \/>\nMissonnierS. (2009), <em>Devenir parents, na\u00eetre humain,<\/em>PUF.<br \/>\nRadestad I., Steineck G., Nordin C., Sjogren B. (1996). \u00ab Psychological complications after stillbirth. Influence of memories and immediate management : population based study \u00bb. <em>Brit. Med. J.<\/em>, n\u00b0412, 1996, 1505-1508.<br \/>\nSoubieux M-J. (2008), <em>Le berceau vide<\/em>, Eres.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mobilisation importante des soignants, lors d\u2019un s\u00e9minaire r\u00e9cent sur le deuil p\u00e9rinatal organis\u00e9 par le service de p\u00e9dopsychiatrie de Necker, montre, qu\u2019outre la fascination pour la mort, les soignants sont en demande d\u2019une r\u00e9flexion sur le deuil p\u00e9rinatal et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[1564],"dossier":[],"mode":[61],"revue":[631],"type_article":[451],"check":[],"class_list":["post-10510","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","auteur-diane-de-wailly","mode-gratuit","revue-631","type_article-articles"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10510"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19585,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10510\/revisions\/19585"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10510"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10510"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10510"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10510"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10510"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10510"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10510"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10510"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10510"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}