{"id":10509,"date":"2021-08-22T07:32:10","date_gmt":"2021-08-22T05:32:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/levaluation-clinique-dans-la-pratique-de-lexpertise-judiciaire-2\/"},"modified":"2021-10-01T17:04:09","modified_gmt":"2021-10-01T15:04:09","slug":"levaluation-clinique-dans-la-pratique-de-lexpertise-judiciaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/levaluation-clinique-dans-la-pratique-de-lexpertise-judiciaire\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9valuation clinique dans la pratique de l&rsquo;expertise judiciaire"},"content":{"rendered":"\n<p>La majorit\u00e9 des expertises judiciaires en mati\u00e8re p\u00e9nale sont actuellement demand\u00e9es en pr\u00e9sentenciel, c\u2019est-\u00e0-dire avant le jugement. La demande d\u2019\u00e9valuation n\u2019envisage pas explicitement et\/ou syst\u00e9matiquement la mise en place d\u2019une m\u00e9thodologie ouvertement bas\u00e9e sur l\u2019appr\u00e9ciation du risque de r\u00e9cidive. C\u2019est cependant \u00e0 cette place que l\u2019on souhaiterait parfois confiner l\u2019expert psychiatre ou psychologue, dans une moindre mesure. Dans ce contexte, on voit fleurir depuis quelques ann\u00e9es nombre d\u2019outils d\u2019\u00ab&nbsp;\u00e9valuation clinique structur\u00e9e&nbsp;\u00bb visant l\u2019estimation d\u2019un risque sur la base de donn\u00e9es objectives et pr\u00e9\u00e9tablies. Cette approche consid\u00e8re alors le sujet dans son appartenance \u00e0 un groupe d\u2019individus semblables pour lesquels il est relev\u00e9 un certain nombre de crit\u00e8res pr\u00e9cis susceptibles de jouer un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la pr\u00e9vision. D. Zagury (2006) rappelle en ces termes que la psychiatrie ne peut accepter de se voir d\u00e9l\u00e9guer le fantasme collectif du risque z\u00e9ro, l\u2019appr\u00e9ciation clinique repr\u00e9sentant toujours une \u00ab&nbsp;mission \u00e0 risque&nbsp;\u00bb (P. Lamothe, 2006) qui engage personnellement l\u2019expert dans une rencontre clinique, o\u00f9 il reste libre de construire sa m\u00e9thodologie de rencontre, en vue de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019exercice de sa mission. Force est de constater que les logiques d\u2019\u00e9valuations dites structur\u00e9es, qui donnent l\u2019allure d\u2019une approche scientifique \u00e0 la pratique expertale (D. Casoni, 1999), reposent essentiellement sur l\u2019examen de crit\u00e8res objectifs et mesurables qui semblent repr\u00e9senter la garantie scientifique n\u00e9cessaire et suffisante. Parmi les nombreuses d\u00e9marches d\u2019\u00e9valuation de la subjectivit\u00e9, on peut \u00e9galement citer les travaux d\u2019 A. Ciavaldini (2008) et de l\u2019<em>\u00e9cole vaudoise<\/em> (B. Gravier, 2008) impliquant un jeu entre d\u2019une part des param\u00e8tres d\u2019\u00e9valuation de la subjectivit\u00e9 et ses dimensions pathologiques et d\u2019autre part des crit\u00e8res associ\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement dans la trajectoire individuelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cadre g\u00e9n\u00e9ral de la rencontre<\/h2>\n\n\n\n<p>Le droit fran\u00e7ais caract\u00e9rise une infraction p\u00e9nale par la constitution de trois \u00e9l\u00e9ments essentiels&nbsp;: l\u2019\u00e9l\u00e9ment l\u00e9gal, qui est le texte de loi constitutif de l\u2019infraction&nbsp;; l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel, qui repr\u00e9sente la mat\u00e9rialit\u00e9 du fait commis&nbsp;; et enfin l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral, qui est l\u2019appr\u00e9ciation de la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale. C\u2019est afin d\u2019appr\u00e9cier la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale qui d\u00e9termine si l\u2019action commise est imputable ou non \u00e0 l\u2019auteur pr\u00e9sum\u00e9 des faits (jug\u00e9s au tribunal correctionnel ou en cour d\u2019assises) que l\u2019expert est d\u00e9sign\u00e9 (par le juge d\u2019instruction essentiellement) afin d\u2019estimer le niveau de conscience subjective du sujet, ses \u00e9ventuels troubles psychiques et ses motivations internes. C\u2019est donc l\u2019ad\u00e9quation entre le sujet et sa conduite que le clinicien doit interroger en vue de donner des \u00e9l\u00e9ments permettant \u00e0 la justice de d\u00e9cider si l\u2019action lui est imputable.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu et l\u2019objectif de l\u2019expertise psychologique sont de tenir compte de variables individuelles li\u00e9es \u00e0 l\u2019infraction, ceci permettant de rendre une peine non pas juste mais \u00ab&nbsp;ajust\u00e9e&nbsp;\u00bb. Ainsi va se conflictualiser le positionnement de l\u2019expert qui est, d\u2019une part, un auxiliaire de justice (devant r\u00e9pondre \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 scopique de celle-ci) et d\u2019autre part, la position praticienne guid\u00e9e par le respect de la pudeur, des non-dits, des silences entendus, avec la r\u00e9serve du clinicien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019expertise a pour objectif de mettre en \u0153uvre \u00e0 la fois des conditions d\u2019observation et d\u2019objectivation de la subjectivit\u00e9&nbsp;; le professionnel est d\u00e9sign\u00e9 et missionn\u00e9 pour proc\u00e9der \u00e0 un examen psychologique lui permettant de r\u00e9pondre le plus clairement possible aux questions qui lui sont pos\u00e9es. Celles-ci se pr\u00e9sentent en g\u00e9n\u00e9ral selon trois grands axes d\u2019investigation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>1 &#8211; L\u2019investigation de la personnalit\u00e9&nbsp;: comment celle-ci est organis\u00e9e sur les plans affectif, intellectuel et sur le plan de la sociabilit\u00e9&nbsp;; existe-t-il des crit\u00e8res cliniques susceptibles de se prononcer en faveur d\u2019anomalies mentales&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>2 &#8211; L\u2019investigation de l\u2019acte&nbsp;: ce que peut en dire le sujet&nbsp;; comment celui-ci appr\u00e9hende l\u2019infraction commise et, si le sujet reconna\u00eet les faits, quelle est la place du moment infractionnel dans son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>3 &#8211; Envisager les mesures et\/ou les moyens susceptibles de permettre au sujet de se r\u00e9adapter. Il s\u2019agit en somme d\u2019envisager la capacit\u00e9 introspective du sujet, son rapport \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019inscrire dans une relation, qui plus est, dans une relation th\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, les questions pos\u00e9es \u00e0 l\u2019expert interrogent la capacit\u00e9 du sujet \u00e0 se situer dans le champ relationnel&nbsp;: comment, dans ce champ relationnel, l\u2019expression affective s\u2019organise, comment le sujet fait part de son v\u00e9cu \u00e0 un autre, c\u2019est-\u00e0-dire comment il appr\u00e9hende l\u2019histoire de la construction de ses liens en pr\u00e9sence d\u2019un autre qui sera porteur de sa parole. On peut ici rappeler que la majorit\u00e9 des faits infractionnels sont l\u2019expression de troubles psychopathologiques en lien avec des manifestations anxieuses et\/ou agressives li\u00e9es aux aspects relationnels (C. Balier, 1988). Le \u00ab&nbsp;passage \u00e0 l\u2019acte&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;passage par l\u2019acte&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;recours \u00e0 l\u2019acte&nbsp;\u00bb (quelle qu\u2019en soit la d\u00e9nomination) repr\u00e9sente une voie de d\u00e9gagement face aux ing\u00e9rences que suscitent les excitations qui n\u2019ont pas re\u00e7u de statut psychique, qui ne sont donc pas pensables ni int\u00e9riorisables, parce que justement les premi\u00e8res exp\u00e9riences de rencontre avec l\u2019objet \u00e9taient vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec des processus de symbolisation primaire (R. Roussillon, 1999).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Logiques expertales et logiques th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n\n\n\n<p>Il importe donc de se pencher sur les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9coute que sous-tendent ces deux dispositifs. Dans le dispositif th\u00e9rapeutique, la rencontre est ajust\u00e9e au patient. C\u2019est lui seul qui d\u00e9cide de la rencontre qui contient une double demande, celle exprimable et une autre plus silencieuse voire \u00e9nigmatique. Au clinicien d\u2019en rep\u00e9rer les contours. L\u2019\u00e9coute du patient (de ce qu\u2019il dit de ses actes les plus incoh\u00e9rents) suppose une suspension du jugement qui est le fondement m\u00eame de l\u2019acte th\u00e9rapeutique. Percevoir, sentir, rep\u00e9rer, s\u2019av\u00e8rent sans suite dans la mesure o\u00f9 cette posture se fonde sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de la rencontre qui prime sur le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les choses sont bien diff\u00e9rentes dans la pratique de l\u2019expertise judiciaire\u2026 Le sujet n\u2019a d\u2019abord pas de demande manifeste et ne se positionne donc pas en terme de besoin. La rencontre est \u00e0 l\u2019initiative du juge qui est le seul interlocuteur de l\u2019expert. Celui-ci transmet \u00e0 l\u2019expert un nombre (parfois) tr\u00e8s exhaustif de pi\u00e8ces (auditions de t\u00e9moins, auditions des parties, expertises ant\u00e9rieures, curriculum vitae du justiciable, etc.) en vue de \u00ab&nbsp;fournir tous les \u00e9l\u00e9ments utiles \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb. Ces pi\u00e8ces occupent une place singuli\u00e8re dans la mesure o\u00f9 elles am\u00e8nent l\u2019expert \u00e0 une pr\u00e9-conception du sujet pr\u00e9c\u00e9dant la rencontre qui peut alors \u00eatre port\u00e9e par des enjeux moraux. Dans ce dispositif de type panoptique, les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9coute et de recueil du mat\u00e9riel clinique peuvent se convertir en une \u00ab&nbsp;obligation de voir&nbsp;\u00bb, contrainte qui se trouve renforc\u00e9e par le \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0 vu&nbsp;\u00bb des pi\u00e8ces judiciaires. La r\u00e9ponse de l\u2019expert peut alors \u00eatre celle d\u2019un \u00ab&nbsp;savoir oblig\u00e9&nbsp;\u00bb qui prend des formes vari\u00e9es notamment dans l\u2019utilisation accrue de crit\u00e8res diagnostics ou d\u2019une enflure du jargon de sa sp\u00e9cialit\u00e9. Usage r\u00e9torsif de la th\u00e9orie&nbsp;? \u00c9viction des processus mobilis\u00e9s dans la rencontre clinique au profit de la demande \u00e9manant de l\u2019institution judiciaire&nbsp;? G. Bonnet (2004) soulignait \u00e0 juste titre combien dans la clinique des actes les plus violents \u00ab&nbsp;l\u2019effort de th\u00e9orisation vivante et dynamique constitue \u00e0 la fois l\u2019arme et le bouclier de Pers\u00e9e&nbsp;\u00bb (p.12) l\u00e0 o\u00f9 l\u2019aveuglement est une condition <em>sine qua non<\/em> de la rencontre. Pour certains professionnels, il peut donc \u00eatre pr\u00e9f\u00e9rable de se situer dans une \u00ab&nbsp;distance suffisante&nbsp;\u00bb (une rencontre unique, un temps de consultation restreint, l\u2019appui fr\u00e9quent ou ponctuel sur les pi\u00e8ces du dossier judiciaire) afin d\u2019\u00e9viter la crainte d\u2019une alliance affective et identificatoire avec le sujet expertis\u00e9. D\u2019autres prennent le parti de penser la situation expertale comme \u00ab&nbsp;levier d\u2019une rencontre&nbsp;\u00bb. Ce sont alors les processus de la rencontre clinique, dans lesquels le clinicien est impliqu\u00e9, qui vont permettre de proposer des hypoth\u00e8ses de fonctionnement psychique contextualis\u00e9es \u00e0 partir du dispositif. Dans ce contexte l\u00e0, les \u00e9preuves projectives sont des outils pr\u00e9cieux qui permettent de d\u00e9caler l\u2019investigation clinique, de jouer entre perceptions et repr\u00e9sentations, en de\u00e7\u00e0 des mots, et en dehors des rep\u00e8res mat\u00e9riels judiciaires (M. Ravit et V. Di Rocco, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce prolongement, nous pensons que le dispositif de rencontre expertal organise la dynamique de rencontre clinique selon trois niveaux d\u2019investissement superposables. Nous proposons ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>le dispositif expertal est conduit par un processus associatif (du sujet et du clinicien en \u00e9cho au sujet expertis\u00e9). Le clinicien est l\u00e0 forcement de parti pris pour entendre les silences, les creux, les plis et replis de la subjectivit\u00e9 mise \u00e0 mal, mise en d\u00e9faut&nbsp;;<\/li><li>l\u2019expertise est un acte de co-construction, dans la mesure o\u00f9 l\u2019histoire du sujet se construit dans une relation intersubjective o\u00f9 le clinicien rassemble les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9ploy\u00e9s et organis\u00e9s selon la narrativit\u00e9, mais il prend aussi en compte des \u00e9l\u00e9ments plus primaires \u00e9chappant \u00e0 l\u2019organisation du langage. La rencontre contribue ainsi \u00e0 organiser l\u2019histoire du sujet, une histoire pas toujours secondarisable ni subjectivable. Dans ce sens, la fascination doit \u00eatre entendue et interrog\u00e9e comme un \u00ab&nbsp;signal d\u2019investissement psychique pr\u00e9-repr\u00e9sentatif qui vient border des v\u00e9cus d\u2019effondrement et de sid\u00e9ration et non comme un \u00e9l\u00e9ment \u00e9tranger g\u00eanant la bonne marche de la rencontre (M. Ravit, 2010)&nbsp;;<\/li><li>cette rencontre est mue par un processus d\u2019affectation du sujet dans l\u2019autre, le sujet s\u2019adressant \u00e0 un autre-sujet semblable et diff\u00e9rent. Dans ce sens, le cadre m\u00eame de l\u2019expertise peut \u00eatre porteur <em>a minima<\/em> d\u2019une fonction r\u00e9flexive dans la mesure o\u00f9 le clinicien se laisse utiliser comme un support r\u00e9v\u00e9lant quelques fragments du sujet s\u2019y d\u00e9voilant.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Nous souhaiterions en dire quelques mots \u00e0 partir de la rencontre avec Madame P.<sup>1<\/sup><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Madame P.<\/h2>\n\n\n\n<p>Mme P. est incarc\u00e9r\u00e9e&nbsp;; elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par d\u00e9faut un an auparavant pour \u00ab&nbsp;vol \u00e0 main arm\u00e9e et recel&nbsp;\u00bb. C\u2019est une femme d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es, soucieuse de ses apparences. En prison, elle suit une formation pour ne plus d\u00e9pendre financi\u00e8rement des hommes avec lesquels elle a jusqu\u2019ici construit sa vie. L\u2019expert la rencontre dans un parloir avocat (comme il est souvent le cas). D\u2019embl\u00e9e elle lui fait part de son \u00e9tonnement&nbsp;: elle s\u2019attendait \u00e0 voir son avocat et non un expert. Imm\u00e9diatement, elle dit ne pas vouloir retracer sa vie. Elle avait refus\u00e9 toute expertise lors de son premier jugement. \u00ab&nbsp;<em>Je ne veux surtout pas aborder mon enfance, et encore moins mon adolescence<\/em>&nbsp;\u00bb. Prenant en compte ce \u00ab&nbsp;malentendu&nbsp;\u00bb, l\u2019expert lui signifie sa peur d\u2019\u00eatre jug\u00e9e et surtout de ne pas \u00eatre entendue comme elle le souhaite. Mme P. reste tr\u00e8s d\u00e9fensive et se raconte au pr\u00e9sent, faisant part de sa grande pr\u00e9occupation pour ses enfants qui sont plac\u00e9s, de sa fervente volont\u00e9 \u00e0 retrouver une \u00ab&nbsp;<em>vie normale de femme et de m\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb apr\u00e8s son jugement. Elle souhaite \u00ab&nbsp;tout oublier&nbsp;\u00bb et lance \u00e0 l\u2019expert \u00ab&nbsp;<em>lors de mon jugement, je voyais bien que personne ne pouvait comprendre pourquoi je vivais avec des braqueurs, des hommes violents&nbsp;; c\u2019est s\u00fbr que j\u2019avais beaucoup d\u2019argent, je ne manquais de rien, mais \u00e0 l\u2019adolescence j\u2019ai d\u00e9rap\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle insiste \u00e0 plusieurs reprises sur sa vie en \u00ab&nbsp;d\u00e9calage&nbsp;\u00bb que personnes ne semble comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019invitation de l\u2019expert qui lui demande de pr\u00e9ciser ce qu\u2019elle appelle un \u00ab&nbsp;d\u00e9calage&nbsp;\u00bb, Mme P. explique alors les r\u00e8gles du groupe, la loi du silence, et quelle est sa place, en marge. Ce qu\u2019elle souligne est finalement combien ces r\u00e8gles, bien que marginales et antisociales, lui sont devenues fondamentales parce qu\u2019elles scellent des liens alors ind\u00e9fectibles&nbsp;: \u00ab&nbsp;si je d\u00e9non\u00e7ais, si j\u2019enfreignais le code d\u2019honneur, je savais ce qui pouvait m\u2019arriver&nbsp;\u00bb. Une premi\u00e8re interpr\u00e9tation possible est la position de \u00ab&nbsp;victime&nbsp;\u00bb de Mme P., assujettie \u00e0 l\u2019emprise et \u00e0 la violence des autres (les hommes du clan), position qu\u2019elle revendique et tente de faire entendre sans se sentir cr\u00e9dible. Le peu de poids accord\u00e9 \u00e0 sa parole est ce qui l\u2019avait conduit \u00e0 refuser l\u2019expertise lors d\u2019un premier jugement (par d\u00e9faut en cour d\u2019assises) o\u00f9 elle ne comprenait pas que l\u2019on puisse lui refuser un statut de victime dans lequel elle se reconnaissait. Sa position subjective de victime est en effet en \u00ab&nbsp;d\u00e9calage&nbsp;\u00bb parce qu\u2019elle date d\u2019une p\u00e9riode ant\u00e9rieure, celle de son adolescence qu\u2019elle ne souhaite pas \u00ab&nbsp;d\u00e9terrer&nbsp;\u00bb selon ses mots. Le clinicien renvoie simplement \u00e0 Mme P. qu\u2019elle \u00e9tait \u00ab&nbsp;pieds et poings li\u00e9s&nbsp;\u00bb \u00e0 ce clan et que paradoxalement, si elle ne pouvait pas partir, en contrepartie elle \u00e9tait certaine de ne pas \u00eatre quitt\u00e9e. Mme P. semble particuli\u00e8rement affect\u00e9e. Elle \u00e9voque alors le d\u00e9c\u00e8s de ses grands-parents, puis une succession de placements, de s\u00e9parations et de maltraitances dont nous ne donnerons que quelques fragments&nbsp;: Mme P. a v\u00e9cu chez ses grands-parents jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans. Elle est ensuite all\u00e9e vivre chez ses parents, peu disponibles, qu\u2019elle rencontrait pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans. Durant sa pr\u00e9-adolescence, elle \u00e9voque, assez g\u00ean\u00e9e, des abus sexuels subis durant deux ans par un coll\u00e8gue de travail de son p\u00e8re. Elle en parle quelques mois plus tard \u00e0 ses parents qui ne portent pas plainte. Quelques ann\u00e9es plus tard (elle a alors une quinzaine d\u2019ann\u00e9es), elle voit une photo sur laquelle figurent sa m\u00e8re portant un b\u00e9b\u00e9 dans ses bras (Mme P.) et un homme qui n\u2019est pas son p\u00e8re, ce qui fait dire \u00e0 Mme P. qu\u2019elle \u00ab&nbsp;a tout de suite compris qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;son p\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas son p\u00e8re&nbsp;\u00bb. C\u2019est durant cette p\u00e9riode et dans ce contexte que Mme P. \u00ab&nbsp;d\u00e9rape&nbsp;\u00bb (selon ses termes), fugue \u00e0 plusieurs reprises de chez ses parents, puis est plac\u00e9e dans des foyers o\u00f9 elle s\u2019\u00e9prend d\u2019un jeune homme, une sorte de ca\u00efd qui fait partie d\u2019une bande de cambrioleurs, qu\u2019elle n\u2019a \u00ab&nbsp;plus jamais quitt\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e9tant d\u00e9sormais adopt\u00e9e par ce clan qu\u2019elle investit comme une figure d\u2019attachement violente et ind\u00e9fectible.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la seconde rencontre, Mme P. fait part de sa col\u00e8re \u00e0 l\u2019expert, l\u2019ayant attendu vingt minutes. Elle lui lance qu\u2019elle ne pourra pas rester longtemps, \u00e9voquant tout un tas de d\u00e9tails pour asseoir ses propos&nbsp;; d\u00e9tails fallacieux, mais pour autant, propos affabulatoires&nbsp;? Traduction d\u2019un sentiment de col\u00e8re qui ne peut se dire et prendre forme qu\u2019\u00e0 travers les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels du dispositif&nbsp;? Mme P. est l\u00e0 affect\u00e9e, elle en veut au clinicien. Nous reprenons la consultation. Elle livre une situation qui lui para\u00eet anecdotique&nbsp;: elle a rencontr\u00e9 son dernier conjoint par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une amie \u00e0 qui elle avait donn\u00e9 un frigo am\u00e9ricain. Elle voit l\u2019expert \u00e9crire ce d\u00e9tail. Etonn\u00e9e, elle lui demande \u00ab&nbsp;cela a de l\u2019importance pour vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Le clinicien lui r\u00e9pond qu\u2019un frigo am\u00e9ricain c\u2019est un \u00ab&nbsp;beau geste&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;un beau cadeau&nbsp;\u00bb. Mme P. est \u00e9mue. De mani\u00e8re associative, elle \u00e9voque les cadeaux somptueux qu\u2019elle recevait en provenance des braquages. Vient imm\u00e9diatement le th\u00e8me de la trahison, de ses parents, de son p\u00e8re en particulier qui ne l\u2019a pas prot\u00e9g\u00e9e des viols subis\u2026. Plusieurs lectures cliniques sont possibles. Celle d\u2019une femme au parcours antisocial, construisant sa r\u00e9alit\u00e9 au gr\u00e9 de ses motivations personnelles et imm\u00e9diates. L\u2019\u00e9pisode de la photo et du p\u00e8re dit adoptif est repris lors de son jugement comme un \u00e9l\u00e9ment d\u2019affabulation de Mme P. qui \u00ab&nbsp;invente&nbsp;\u00bb des histoires et refait son histoire. Et pourtant, derri\u00e8re cette photo qui voile et trahit Mme P., c\u2019est bien sa th\u00e9orie de sa position de victime et de petite fille abandonn\u00e9e et adopt\u00e9e par ces parents qu\u2019elle cherche \u00e0 traduire et tente de faire conna\u00eetre et dispara\u00eetre \u00e0 la fois. On comprend ais\u00e9ment que l\u2019interpr\u00e9tation subjective de la photo est port\u00e9e par un discours interne, condensant les \u00e9l\u00e9ments de son histoire, qui pourrait \u00eatre celui-ci&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans par mes parents. Ce n\u2019est pas mon p\u00e8re, je le fais dispara\u00eetre parce qu\u2019il est complice des actes d\u2019attouchement que j\u2019ai subis&nbsp;\u00bb. Ce que traduit Mme P. sont des \u00ab&nbsp;signes&nbsp;\u00bb de son histoire, d\u2019une histoire d\u00e9cousue qui ne fait pas forc\u00e9ment sens dans la logique secondaris\u00e9e du langage et dans une temporalit\u00e9 organis\u00e9e. Autrement dit, l\u2019espace de la rencontre expertale est proche de ce que R. Roussilllon (2008) a d\u00e9sign\u00e9 par espace s\u00e9maphorisant c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;un lieu producteur de signes, de signes \u00e9nigmatiques dans leur sens, mais potentiellement signifiants&nbsp;\u00bb (p.32).<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique des agirs est bien souvent associ\u00e9e au traumatisme o\u00f9 le comportement appara\u00eet comme un moyen de survie et une expression subjective jamais appropri\u00e9e. En paraphrasant R. Roussillon, on peut dire que le comportement, l\u2019acte et l\u2019action ont perdu leur valeur \u00ab&nbsp;auto-subjective&nbsp;\u00bb qui ne peut donc \u00eatre reconnue dans l\u2019\u00e9conomie pulsionnelle du sujet. C\u2019est la mani\u00e8re dont le clinicien s\u2019autorise \u00e0 se positionner comme une p\u00e2te, dans la transformation de cette rencontre, en accueillant les \u00e9tats \u00e9motionnels du sujet, qu\u2019une adresse subjective peut se construire et permettre (peut \u00eatre) de donner sens \u00e0 des signes psychiques rest\u00e9s en panne d\u2019interpr\u00e9tation subjective. Le processus d\u2019affectation \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la rencontre avec Mme P. (\u00ab&nbsp;cela a de l\u2019importance pour vous&nbsp;?&nbsp;\u00bb, sa col\u00e8re vis-\u00e0-vis du retard du clinicien qu\u2019elle interpr\u00e8te comme une d\u00e9loyaut\u00e9), va lui permettre de \u00ab&nbsp;mettre du relief&nbsp;\u00bb, un relief subjectif et associatif, \u00e0 ce qui d\u2019embl\u00e9e se pr\u00e9sente comme une histoire lin\u00e9aire, livr\u00e9e dans une pens\u00e9e op\u00e9ratoire, linceul de la subjectivit\u00e9. Restituer l\u2019intelligibilit\u00e9 de l\u2019histoire subjective suppose donc un accompagnement affectif qui est justement ce contre quoi le sujet tente de se couper dans les comportements antisociaux, vivant son corps et son histoire comme une \u00ab&nbsp;machine \u00e0 influencer&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En guise d\u2019ouverture<\/h2>\n\n\n\n<p>Le dispositif expertal n\u2019est pas un dispositif th\u00e9rapeutique. Il est d\u2019une part, laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative des instances judiciaires et d\u2019autre part, il ne se d\u00e9ploie pas dans le temps. Cependant, les conditions paradoxales de cette rencontre clinique (P. Roman, 2007) sous-tendent une dynamique intersubjective et associative qui permet d\u2019envisager, au p\u00e9nal, les motifs inconscients de l\u2019acte auxquels le sujet n\u2019a pas acc\u00e8s. La rencontre avec l\u2019expert est souvent une premi\u00e8re rencontre avec un psychologue. Elle peut donc \u00eatre d\u00e9terminante dans \u00ab\u00a0ses effets\u00a0\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire dans la mani\u00e8re dont le sujet se sentira pris en compte et dans ce que potentiellement elle pourra \u00ab\u00a0initier\u00a0\u00bb d\u2019une future prise en charge.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<p>1- Le cas pr\u00e9sent\u00e9 ici est extrait d\u2019un article d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9\u00a0: Ravit M., Di Rocco V. (2012), \u00ab\u00a0Le dispositif d\u2019\u00e9valuation dans la pratique clinique de l\u2019expertise judiciaire\u00a0: initier le changement\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, 18, p. 221-234.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Balier C. (1988). <em>Psychanalyse des comportements violents<\/em>. Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Bonnet G. (2004). Remords dans le transfert. Quand le crime risque de nous rendre aveugle. <em>Recherches en psychanalyse<\/em>. 2004\/2, n\u00b02, p.2-21.<\/p>\n\n\n\n<p>Casoni D. (1999). \u00ab&nbsp;R\u00e9flexion sur la l\u00e9gitimit\u00e9 du psychologue comme expert&nbsp;\u00bb, <em>L\u2019expertise psychol\u00e9gale&nbsp;: balises m\u00e9thodologiques et d\u00e9ontologiques<\/em>. Ss dir. L. Brunet. Presses de l\u2019universit\u00e9 du Qu\u00e9bec. Montr\u00e9al. p. 115-133.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciavaldini A. (2008). \u00ab&nbsp;Le mod\u00e8le psychodynamique en psychocriminologie&nbsp;\u00bb, <em>Psycho-criminologie. Clinique, prise en charge, expertise<\/em>. Ss dir. J.-L Senon, G. Lopez, R. Cario. Paris, Dunod, p.21-31.<\/p>\n\n\n\n<p>Gravier B. (2008). \u00ab&nbsp;De la perception de la dangerosit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du risque de violence&nbsp;\u00bb, <em>Psycho-criminologie. Clinique, prise en charge, expertise<\/em>. Paris, Dunod, p.51-64.<\/p>\n\n\n\n<p>Lamothe P. (2006). \u00ab&nbsp;L\u2019expertise, encore jamais plus&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>Perspectives Psy<\/em>., 2006\/4 vol.45, p.398-403.<\/p>\n\n\n\n<p>Ravit M. (2010). Du traumatisme \u00e0 la fascination dans la clinique du passage \u00e0 l\u2019acte. <em>Psychologie clinique et projective<\/em>. 2010\/vol.16. p.29-49.<\/p>\n\n\n\n<p>Ravit M., Di Rocco V. (2012), \u00ab\u00a0Le dispositif d\u2019\u00e9valuation dans la pratique clinique de l\u2019expertise judiciaire\u00a0: initier le changement\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>Psychologie clinique et projective<\/em>, 18, p. 221-234.<\/p>\n\n\n\n<p>Roman P. (2007). Le \u00ab&nbsp;sujet&nbsp;\u00bb de l\u2019expertise judiciaire. <em>Bulletin de psychologie<\/em>. 2007\/5. N\u00b0 491. p. 463-469.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R. (1999). <em>Agonie, clivage et symbolisation<\/em>. Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R. (2008). <em>Le transitionnel, le sexuel et la r\u00e9flexivit\u00e9<\/em>. Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Zagury D. (2006). <em>Place et \u00e9volution de la fonction d\u2019expertise psychiatrique<\/em>. Paris&nbsp;: Rapport de l\u2019Inserm, f\u00e9vrier 2006.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10509?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La majorit\u00e9 des expertises judiciaires en mati\u00e8re p\u00e9nale sont actuellement demand\u00e9es en pr\u00e9sentenciel, c\u2019est-\u00e0-dire avant le jugement. La demande d\u2019\u00e9valuation n\u2019envisage pas explicitement et\/ou syst\u00e9matiquement la mise en place d\u2019une m\u00e9thodologie ouvertement bas\u00e9e sur l\u2019appr\u00e9ciation du risque de r\u00e9cidive. 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