{"id":10498,"date":"2021-08-22T07:32:10","date_gmt":"2021-08-22T05:32:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/liens-et-noeuds-dans-le-filage-des-interdits-2\/"},"modified":"2021-09-15T21:39:27","modified_gmt":"2021-09-15T19:39:27","slug":"liens-et-noeuds-dans-le-filage-des-interdits","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/liens-et-noeuds-dans-le-filage-des-interdits\/","title":{"rendered":"Liens et n\u0153uds dans le filage des interdits"},"content":{"rendered":"\n<p>La citation donn\u00e9e pour le programme \u00ab&nbsp;Fais ce que voudras&nbsp;\u00bb est issue du <em>Pantagruel<\/em> de Rabelais (1534) dont la relecture r\u00e9cente m\u2019a enchant\u00e9. Avec ce texte de Rabelais, on est v\u00e9ritablement immerg\u00e9 dans l\u2019utopie du bon vouloir qui r\u00e8gne en ma\u00eetre selon les pr\u00e9ceptes transgressifs de Gargantua pour les Th\u00e9l\u00e9mites, les habitants de l\u2019abbaye de Th\u00e9l\u00e8me. Rabelais \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>\u00ab&nbsp;Toute leur vie \u00e9tait r\u00e9gie non par des lois, des statuts ou des r\u00e8gles, (des interdits) mais selon leur volont\u00e9 et leur libre arbitre&nbsp;\u00bb. Ils sortaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le d\u00e9sir leur en venait. Nul ne les \u00e9veillait, nul ne les obligeait \u00e0 boire ni \u00e0 manger, ni \u00e0 faire quoi que ce soit. Ainsi en avait d\u00e9cid\u00e9 Gargantua et toute leur r\u00e8gle tenait en cette clause \u00ab&nbsp;FAIS CE QUE VOUDRAS&nbsp;\u00bb.<\/em>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La r\u00e8gle du lieu est ainsi sym\u00e9triquement \u00e0 l\u2019inverse, c\u2019est l\u2019antith\u00e8se de ce que connaissent les abbayes de l\u2019\u00e9poque, dont les moines sont soumis \u00e0 une stricte ob\u00e9issance, \u00e0 une discipline ac\u00e9tique, \u00e0 une hi\u00e9rarchie puissante et \u00e0 de nombreux interdits dict\u00e9s par la r\u00e8gle de pauvret\u00e9, chastet\u00e9 et ob\u00e9issance.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ne nous m\u00e9prenons pas, des ex\u00e9g\u00e8tes affut\u00e9s de Rabelais voient dans cette opposition caricaturale aux r\u00e8gles monacales et \u00e0 l\u2019ordre religieux, social en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque non pas seulement une critique par la d\u00e9rision du retournement en son contraire &#8211; mais aussi et beaucoup plus s\u00e9rieusement &#8211; un chiasme<sup>1<\/sup>. Le chiasme, cher \u00e0 Fr\u00e8re Jean \u00e0 qui Gargantua a donn\u00e9 l\u2019abbaye de Th\u00e9l\u00e8me en reconnaissance de service rendu sur le champ de bataille, consiste \u00e0 v\u00e9ritablement op\u00e9rer un nouage mental de points de vue oppos\u00e9s (l\u2019ordre monacal contraignant et le \u00ab&nbsp;fais ce que voudras&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9poque de Rabelais, ce n\u0153ud mental des contraires appartient \u00e0 la rh\u00e9torique de la symbolique mystique et a pour but \u2013 au-del\u00e0 de l\u2019opposition frontale des oppositions \u2013 de mettre ensemble, de lier dialectiquement les contraires et ainsi se rapprocher de Dieu en tissant un lien paradoxal avec Dieu (Milhe Poutingon, 2011)&nbsp;! D\u2019ailleurs, en grec \u03b8\u03ad\u03bb\u03b7\u00b5\u03b1 (\u00ab&nbsp;th\u00e9l\u00eama&nbsp;\u00bb), dans le <em>Nouveau Testament<\/em>, d\u00e9signe la volont\u00e9 divine. En ce sens, pour les Th\u00e9l\u00e9mites, \u00ab&nbsp;Fais ce que voudras&nbsp;\u00bb ne signifie pas qu\u2019ils font ce qu\u2019ils veulent, mais ce que la volont\u00e9 divine leur sugg\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, en consultation parents\/b\u00e9b\u00e9, on a l\u2019impression que le b\u00e9b\u00e9 est v\u00e9ritablement d\u00e9tenteur de ce pouvoir divin \u00e0 tel point qu\u2019il instaure un r\u00e9gime despotique.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, on le sait depuis Montesquieu, \u00ab&nbsp;Dans le gouvernement despotique, un seul sans loi et sans r\u00e8gles, entra\u00eene tout par ses caprices.&nbsp;\u00bb et c\u2019est bien ce que l\u2019histoire clinique de Deodat va maintenant illustrer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9odat<\/h2>\n\n\n\n<p>(Litt\u00e9ralement, le pr\u00e9nom D\u00e9odat signifie \u00ab&nbsp;donn\u00e9 par Dieu&nbsp;\u00bb). La premi\u00e8re rencontre avec D\u00e9odat a \u00e9t\u00e9 sonore. Dans la salle d\u2019attente, j\u2019entends les cris per\u00e7ants d\u2019un b\u00e9b\u00e9 en d\u00e9tresse. Ses parents et lui sont l\u00e9g\u00e8rement en avance. Quand j\u2019arrive dans la salle d\u2019attente devant le trio, D\u00e9odat ne crie plus, il t\u00eate son biberon et regarde avec beaucoup de vivacit\u00e9 tout alentour. Je les salue. Le repas vient juste de commencer dans les bras de Mme F. Elle jette un regard inquiet vers moi, elle a des petits mouvements de t\u00eate f\u00e9briles qui tentent de traduire la contrainte qui p\u00e8se sur elle&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Bonjour\u2026 je ne peux pas d\u00e9ranger D\u00e9odat, commencez seul avec lui&nbsp;\u00bb dit-elle dans ma direction en invitant d\u2019un mouvement de t\u00eate assez d\u00e9sobligeant son compagnon \u00e0 rentrer seul avec moi dans mon bureau\u2026 Il n\u2019y a personne d\u2019autre dans la salle d\u2019attente, j\u2019attrape une chaise et je m\u2019assoie \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s. \u00ab&nbsp;Vous comprenez, poursuit en chuchotant caricaturalement Mme F., quand D\u00e9odat a d\u00e9cid\u00e9 de manger, c\u2019est pas le moment de le contrarier&nbsp;\u00bb. J\u2019accepte cette prescription imp\u00e9rative et j\u2019observe la sc\u00e8ne. D\u00e9odat, un beau b\u00e9b\u00e9 d\u2019un an, boit goul\u00fbment son biberon. Sa m\u00e8re est toute enti\u00e8re investie \u00e0 sa t\u00e2che avec ce que je commence \u00e0 percevoir comme une hypervigilance anxieuse. Quand son fils marque une pause, elle l\u00e8ve le biberon et attend sans bouger qu\u2019il reprenne l\u2019initiative. Le p\u00e8re couve du regard femme et enfant. Il semble me signifier tr\u00e8s implicitement qu\u2019il est g\u00ean\u00e9 que nous ne rentrions pas dans mon bureau car sa majest\u00e9 est nourrie mais qu\u2019il est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence bien incapable de s\u2019opposer \u00e0 ce <em>diktat<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu du biberon, D\u00e9odat s\u2019endort petit \u00e0 petit. Alors que Mme F. sent que son compagnon et moi-m\u00eame commen\u00e7ons \u00e0 envisager le d\u00e9m\u00e9nagement vers le bureau, elle nous intime&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avant de bouger, il faut attendre qu\u2019il soit bien endormi, compl\u00e9tement endormi&nbsp;\u00bb qui interrompt la moindre de nos vell\u00e9it\u00e9s. Cinq longues minutes se passent avant que Mme F. couche D\u00e9odat dans sa poussette avec une gestuelle tr\u00e8s c\u00e9r\u00e9monieuse. La sc\u00e8ne est d\u2019une pr\u00e9cision millim\u00e9tr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Mr F. agit aupr\u00e8s de sa femme avec l\u2019efficacit\u00e9 sans parole d\u2019un aide op\u00e9ratoire aupr\u00e8s d\u2019un chirurgien seul ma\u00eetre \u00e0 bord. Nous rentrons dans mon bureau, Mme F. dispose m\u00e9ticuleusement la poussette \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s et regarde fr\u00e9quemment et avec inqui\u00e9tude son fils. Le couple parle \u00e0 mi-voix pour ne pas g\u00eaner D\u00e9odat et Mme F. semble tr\u00e8s surprise, sinon heurt\u00e9e, de m\u2019entendre parler \u00e0 un niveau sonore \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb. Le trio vient me voir sur les conseils de la sage-femme qui a suivi le couple en pr\u00e9paration \u00e0 la naissance en pr\u00e9natal et plus r\u00e9cemment effectu\u00e9 la r\u00e9\u00e9ducation du p\u00e9rin\u00e9e en post-natal de Mme F. D\u00e9odat ne fait toujours pas ses nuits et se r\u00e9veille syst\u00e9matiquement \u00e0 trois ou quatre reprises\u2026 ce que confirme ais\u00e9ment les cernes sur le visage des parents. Le t\u00e9moignage maternel met en exergue un tableau caricatural&nbsp;: \u00e0 travers ses propos, D\u00e9odat est un b\u00e9b\u00e9 aussi pr\u00e9cieux que fragile qui mobilise radicalement chez elle la persistance d\u2019une \u00ab&nbsp;pr\u00e9occupation maternelle primaire&nbsp;\u00bb (Winnicott, 1969) aussi vertueuse dans les premiers mois que signe de souffrance et de d\u00e9mesure, un an plus tard. Mme F. va jusqu\u2019\u00e0 affirmer&nbsp;: \u00ab&nbsp;je suis totalement esclave de D\u00e9odat&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, seule avec lui, elle supprime son propre projet de douche si, lorsqu\u2019elle le met dans son <em>baby relax<\/em> dans la salle de bain, il esquisse le moindre pleur \u00e0 ce moment-l\u00e0. La plupart du temps dans ses bras, D\u00e9odat mange \u00e0 la demande de petits et (trop nombreux) repas qui favorisent sans doute l\u2019\u00e9mergence d\u2019un reflux gastro-oesophagien d\u00e9cel\u00e9 et trait\u00e9 r\u00e9cemment par le p\u00e9diatre (Missonnier, Boige, 1999). Quant au sommeil, Mme F. ne supporte pas que D\u00e9odat pleure une seconde dans son lit nuit et jour et elle va le chercher sans perdre un instant \u00e0 la moindre alerte sonore. Apr\u00e8s un long monologue chuchot\u00e9 de sa femme, Mr F. prend la parole en s\u2019alignant courageusement sur mon niveau sonore&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019ai bien essay\u00e9 de dire \u00e0 ma femme \u201cqu\u2019elle en faisait trop\u201d mais elle ne l\u2019entend pas&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s ce coup d\u2019\u00e9clat, Mr F. regarde ses chaussures et semble attendre la r\u00e9action de sa femme avec inqui\u00e9tude. Hardiment, il poursuit&nbsp;: il a de lourdes responsabilit\u00e9s professionnelles, part t\u00f4t le matin et rentre tard. Le week-end, il arrive mieux \u00e0 \u00ab&nbsp;mettre son grain de sel&nbsp;\u00bb mais la nuit, il d\u00e9clare forfait car c\u2019est impossible d\u2019emp\u00eacher sa femme d\u2019aller chercher D\u00e9odat. Au bout d\u2019un moment, il se rendort \u00ab&nbsp;pendant qu\u2019elle le ballade en lui parlant pendant des heures&nbsp;\u00bb. Mme F. acquiesce et prolonge les propos de son conjoint&nbsp;: \u00ab&nbsp;la nuit, je me sens \u201cenvo\u00fbt\u00e9e\u201d, je ne peux pas r\u00e9sister \u00e0 D\u00e9odat&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle associe spontan\u00e9ment sur ce th\u00e8me&nbsp;: tout a commenc\u00e9 selon elle le jour o\u00f9, juste apr\u00e8s la naissance, elle a d\u00e9cid\u00e9 de quitter son travail qu\u2019elle adorait pour s\u2019occuper exclusivement de D\u00e9odat. Je demande comment s\u2019est pass\u00e9e la grossesse. Mme F. me r\u00e9torque que \u00ab&nbsp;la grossesse n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 de tout repos&nbsp;\u00bb. Elle marque un temps d\u2019arr\u00eat puis me raconte avec une irritation o\u00f9 je per\u00e7ois la petite fille tr\u00e8s agac\u00e9e de ne pas avoir obtenu ce qu\u2019elle voulait au sujet de sa demande jamais exauc\u00e9e de pouvoir fixer la date de l\u2019accouchement&nbsp;: \u00ab&nbsp;j\u2019\u00e9tais obs\u00e9d\u00e9e et scandalis\u00e9e par l\u2019id\u00e9e de ne pas savoir \u00e0 quelle date j\u2019accoucherai&nbsp;\u00bb. Heureusement pr\u00e9cise-t-elle \u00ab&nbsp;la sage-femme a discut\u00e9 de \u00e7a pendant des heures avec moi et elle a r\u00e9ussi \u00e0 me faire accepter et supporter cette incertitude.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de cette premi\u00e8re rencontre, je propose de poursuivre lors d\u2019une prochaine consultation et Mr et Mme F. sont tout \u00e0 fait preneurs. Mme F. parle maintenant aussi fort que son mari et moi ce qui n\u2019emp\u00eache d\u2019ailleurs pas D\u00e9odat de dormir \u00e0 poings ferm\u00e9s. Sur le pas de la porte, je salue D\u00e9odat en d\u00e9clarant un tantinet c\u00e9r\u00e9monieux et pince sans rire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Salut \u00e0 toi Oh grand D\u00e9odat. Les jours de ton r\u00e8gne de despote sont d\u00e9sormais compt\u00e9s&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Le p\u00e8re rit franchement et la m\u00e8re me r\u00e9torque un&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ah oui, je ne vous ai pas dit mais j\u2019ai un de ces mal de dos&nbsp;!&nbsp;\u00bb et elle mime une fraction de seconde une vielle femme qui marche courb\u00e9e sous le poids des ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors des passionnantes consultations th\u00e9rapeutiques suivantes, Mme F. explora avec beaucoup d\u2019affects in\u00e9dits &#8211; enfin partag\u00e9s &#8211; la d\u00e9construction de la gen\u00e8se de cet empi\u00e9tement dictatorial de D\u00e9odat. Fille a\u00een\u00e9e d\u2019une fratrie de deux enfants, ses parents, deux professionnels du patinage artistique devenus moniteurs, s\u2019\u00e9taient mari\u00e9s \u00e0 l\u2019issue d\u2019une carri\u00e8re professionnelle en demie-teinte. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, Mme F. a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019un entra\u00eenement sur la glace dont la m\u00e9ticulosit\u00e9 \u00e9tait \u00e0 la mesure de la pr\u00e9m\u00e9ditation parentale de sa carri\u00e8re de championne. A l\u2019\u00e2ge de raison, elle remportait ses premi\u00e8res comp\u00e9titions et sa vie s\u2019organisait autour des entra\u00eenements avec son p\u00e8re et d\u2019une vie asc\u00e9tique totalement r\u00e9gl\u00e9e par le patinage et les comp\u00e9titions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon v\u00e9cu contre-transf\u00e9rentiel \u00e0 ce moment-l\u00e0 \u00e9tait satur\u00e9 du fantasme de <em>Un enfant est battu<\/em> et je ressentais furtivement combien ma pr\u00e9sence attentive et bienveillante devait \u00eatre bien mi\u00e8vre, bien sage aux yeux de Mme F. en regard de l\u2019excitation sexuelle de cette relation dissym\u00e9trique sado-masochiste entre elle et ses \u00ab&nbsp;batteurs&nbsp;\u00bb successifs p\u00e8re et entra\u00eeneurs&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 douze ans, elle quittait sa famille pour suivre un cursus sport \u00e9tude sous la houlette d\u2019instructeurs plus exigeants les uns que les autres. Adolescente, elle rentrait sous la coupe d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre entra\u00eeneur. Il pariait sur elle et lui promit un avenir de m\u00e9daill\u00e9e olympique si elle acceptait la rigueur spartiate de son enseignement et le sacrifice de toute vie familiale et priv\u00e9e. Mme F. dit \u00ab&nbsp;J\u2019ai v\u00e9cu toute mon adolescence avec un p\u00e8re entra\u00eeneur intraitable&nbsp;\u00bb. Dans mon esprit \u00ab&nbsp;entra\u00eeneur&nbsp;\u00bb de sport et \u00ab&nbsp;entra\u00eeneuses&nbsp;\u00bb de bar commencent une danse associative scabreuse o\u00f9 les fantasmes de fustigation et de ch\u00e2timents corporels envahissent mon espace contre-transf\u00e9rentiel.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9vocation de Mme F. d\u2019une grave chute vient brutalement interrompre mes fantasmagories. Mme F. m\u2019explique que cette chute puis de nombreuses op\u00e9rations d\u2019un genou r\u00e9calcitrant avait mis un terme brutal \u00e0 sa carri\u00e8re professionnelle au grand d\u00e9sespoir de ses parents, entra\u00eeneurs et m\u00eame, insiste-t-elle de la f\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de patinage\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mr F. sort alors du bois et pr\u00e9cise \u00ab&nbsp;c\u2019est l\u00e0 que tu as fait ta longue d\u00e9pression et que juste apr\u00e8s on s\u2019est rencontr\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb. De fait, acquiesce Mme F. apr\u00e8s une p\u00e9riode de d\u00e9pression, elle rencontre son mari, un journaliste sportif qu\u2019elle connaissait de vue quand elle \u00e9tait pro mais qu\u2019elle n\u2019avait pas le temps alors de rencontrer pour causes de contraintes sportives.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, contre l\u2019avis de son entourage mais avec le soutien de son homme, Mme F. a r\u00e9ussi une bonne reconversion professionnelle en devenant journaliste sportive sp\u00e9cialis\u00e9e en patinage. Elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;maintenant j\u2019ai le meilleur du patinage sans les contraintes effrayantes&nbsp;\u00bb.Toutefois, les ennuis avaient recommenc\u00e9 \u00e0 l\u2019annonce de la grossesse car elle s\u2019\u00e9tait f\u00e2ch\u00e9e avec ses parents. Ils consid\u00e9raient cet \u00e9v\u00e9nement comme \u00ab&nbsp;l\u2019enterrement d\u00e9finitif&nbsp;\u00bb de ses ultimes chances de revenir \u00e0 la comp\u00e9tition. Apr\u00e8s la naissance, son insatiable souci pour D\u00e9odat avait relay\u00e9 ses tourments de la grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des consultations et \u00e0 mesure que Mme F. accueillait l\u2019inertie de son cruel mandat g\u00e9n\u00e9rationnel surmo\u00efque (Lebovici, 1994), D\u00e9odat perdait sur sa m\u00e8re le pouvoir absolu des entra\u00eeneurs d\u2019autrefois. Pour conqu\u00e9rir pas \u00e0 pas le ressenti, la verbalisation et l\u2019apprivoisement de son agressivit\u00e9 envers son fils, son compagnon se r\u00e9v\u00e9la un alli\u00e9 pr\u00e9cieux. En particulier, pour installer D\u00e9odat en dehors de la chambre parentale et aider sa femme \u00e0 ne pas aller le chercher au moindre pleur, il joua un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme F. int\u00e9gra peu \u00e0 peu la nature d\u00e9fensive de son \u00e9vitement phobique de toute frustration \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son fils et comprit combien <em>elle confondait l\u2019autoritarisme de son p\u00e8re et de ses entra\u00eeneurs d\u2019autrefois dont elle portait les stigmates et l\u2019autorit\u00e9 contenante n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement harmonieux de son fils.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019installation dans sa propre chambre, D\u00e9odat fit rapidement ses nuits et son reflux gastro-oesophagien disparut en quelques semaines. \u00ab&nbsp;L\u2019enfant a besoin d\u2019un objet externe qui ne soit pas exclusivement un objet de satisfaction&nbsp;\u00bb \u00e9crit Winnicott (1950)&nbsp;; Mme F. avait enfin quitt\u00e9 la prison des m\u00e8res trop bonnes pour rejoindre l\u2019espace temp\u00e9r\u00e9 de la m\u00e8re \u00ab&nbsp;ordinaire normalement d\u00e9vou\u00e9e&nbsp;\u00bb (1966).<\/p>\n\n\n\n<p>Je ferai volontiers apr\u00e8s-coup l\u2019hypoth\u00e8se que Mme F. avait partag\u00e9 un <em>despotisme incestuel<\/em> avec l\u2019empi\u00e8tement totalitaire de son p\u00e8re et ses successifs entra\u00eeneurs, tous, dans une emprise obsessionnelle. Le genou r\u00e9calcitrant, la blessure, son mariage et sa grossesse s\u2019imposent dans cette logique comme un meurtre transgressif de la loi paternelle dont D\u00e9odat s\u2019est rapidement revendiqu\u00e9 comme le digne h\u00e9ritier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9pisode d\u00e9pressif apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat de sa carri\u00e8re correspond-il \u00e0 une version m\u00e9lancolique du fantasme <em>Un enfant est battu<\/em> tel que l\u2019\u00e9voque Catherine Chabert dans <em>F\u00e9minin m\u00e9lancolique<\/em> (2003)&nbsp;? Sa majest\u00e9 Deodat permettait \u00e0 Mme F. de retrouver les jouissances masochistes d\u2019un surmoi cruel parental, cette fois incarn\u00e9 par la chair de sa chair.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, on peut se demander si la poursuite, ou plut\u00f4t, la chronicisation de la pr\u00e9occupation maternelle primaire de Mme F. correspond sans doute dans cette perspective \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition nostalgique d\u2019une violente emprise incestuelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La gen\u00e8se p\u00e9rinatale de la n\u00e9gociation d\u00e9mocratique<\/h2>\n\n\n\n<p>Mon objectif \u00e0 travers cette vignette clinique est de sugg\u00e9rer combien <em>la gen\u00e8se de la n\u00e9gociation d\u2019une autorit\u00e9 parentale cr\u00e9atrice de libert\u00e9 de chacun s\u2019enracine dans la p\u00e9riode p\u00e9rinatale<\/em>, particuli\u00e8rement propice aux coups d\u2019\u00e9tat. La rencontre initiale entre l\u2019enfant virtuel (Missonnier, Golse 2003), les (re)devenants parents et les soignants peut donner lieu, selon, \u00e0 des sc\u00e9narios de transactions respectueuses ou bien \u00e0 des prises de pouvoir despotiques. La clinique quotidienne en p\u00e9rinatalit\u00e9 en produit mille et un possibles o\u00f9, tour \u00e0 tour, <em>le dictateur ou le casque bleu peuvent \u00eatre parent, foetus\/b\u00e9b\u00e9 ou soignant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a n\u00e9cessit\u00e9, mais pas grande originalit\u00e9, \u00e0 en souligner les enjeux dans les premiers mois de vie o\u00f9 la d\u00e9pendance tyrannique du b\u00e9b\u00e9 vient mettre rudement la parentalit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des premi\u00e8res s\u00e9parations\/individuations (Mahler M., Pine F., Bergman A., 1975). Les consultations avec la famille de D\u00e9odat en illustrent une des infinies variantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est moins attendu d\u2019attirer l\u2019attention sur le fait que les pr\u00e9mices pr\u00e9natals de cette n\u00e9gociation \u00e0 l\u2019\u00e9gard du f\u0153tus sont tout aussi essentielles. C\u2019est pourtant crucial car l\u2019\u0153uvre d\u2019anticipation (Missonnier, 2001) \u00ab&nbsp;des parents en ant\u00e9natal est d\u00e9terminante dans la formalisation psycho(patho)logique de l\u2019\u00e9mergence de son statut d\u2019humain en devenir&nbsp;\u00bb. Bien s\u00fbr, il faut tenir compte en la mati\u00e8re de la sp\u00e9cificit\u00e9 du contexte o\u00f9 le f\u0153tus est devenu aujourd\u2019hui un patient avec le diagnostic ant\u00e9natal. \u00c0 ce titre, il est d\u00e9cisif qu\u2019il soit consid\u00e9r\u00e9 dans le nid pr\u00e9natal comme un interlocuteur \u00e0 part enti\u00e8re jouant, dans le meilleur des cas, sa partition d\u00e9mocratique. Il suffit pour s\u2019en convaincre d\u2019observer, les possibles tentatives de prise de pouvoir tyrannique parentale (elles sont parfois m\u00e9dicales) qui se jouent dans certaines demandes de d\u00e9clenchements artificiels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour ne pas conclure<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand \u00e0 la maternit\u00e9 un apprenti parent ou un couple exprime pr\u00e9cocement sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 pour offrir une autorit\u00e9 contenante et symbolig\u00e8ne \u00e0 sa descendance, le cadre de la consultation th\u00e9rapeutique est pertinent <em>pour en conqu\u00e9rir ou en restaurer les limites prescriptives et interdictrices<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour mettre en exergue la sp\u00e9cificit\u00e9 des consultations face \u00e0 ce signe de souffrance parentale, il est bon de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la lumineuse distinction de Bleger (1966) entre les \u00ab&nbsp;constantes&nbsp;\u00bb qui constituent le cadre et le \u00ab&nbsp;processus&nbsp;\u00bb variable qu\u2019il rend possible. Ici, la contenance spatio-temporelle, sa double fonction paratonnerre et \u00e9laborative repr\u00e9sentent les \u00ab&nbsp;constantes&nbsp;\u00bb du cadre de la consultation. <em>C\u2019est l\u2019autorit\u00e9 bienveillante et contenante de ce cadre qui offre au parent un support identificatoire salvateur.<\/em> Les variations infinies des contenus successifs des \u00e9changes correspondent au \u00ab&nbsp;processus&nbsp;\u00bb abrit\u00e9 et <em>lib\u00e9r\u00e9<\/em> par le cadre.<\/p>\n\n\n\n<p>Bleger (1966) insiste beaucoup sur le fait que le cadre correspond \u00e0 la partie la plus \u00ab&nbsp;indiff\u00e9renci\u00e9e&nbsp;\u00bb de notre histoire archa\u00efque&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le cadre du patient est l\u2019expression de sa fusion la plus primitive avec le corps de sa m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Il est le \u00ab&nbsp;r\u00e9cepteur&nbsp;\u00bb de la \u00ab&nbsp;symbiose avec la m\u00e8re (immuabilit\u00e9 non-moi) (qui) permet \u00e0 l\u2019enfant de d\u00e9velopper son moi&nbsp;\u00bb \u00e9crit Bleger.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour des parents \u00ab&nbsp;enceints&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;nouvellement n\u00e9s&nbsp;\u00bb revivant avec une intensit\u00e9 in\u00e9dite la mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de leurs premi\u00e8res exp\u00e9riences des limites (contenant\/contenu&nbsp;; dedans\/dehors&nbsp;; amour\/haine&nbsp;; plaisir\/d\u00e9plaisir&nbsp;; agir\/penser, interdit\/transgression\u2026), le cadre de la consultation th\u00e9rapeutique sera, au premier degr\u00e9, le r\u00e9ceptacle de cette reviviscence. Si je tiens \u00e0 l\u2019expression m\u00e9taphorique de paratonnerre pour qualifier la fonction du clinicien (et plus largement de l\u2019institution maternit\u00e9), c\u2019est parce qu\u2019elle rend bien compte de la violence de cette projection sur le cadre de la partie la plus primitive de la personnalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, pour les \u00ab\u00a0devenant parents\u00a0\u00bb qui souffrent du <em>trop<\/em> d\u2019un surmoi cruel ou du <em>pas assez<\/em> d\u2019une autorit\u00e9 faible dans leur histoire g\u00e9n\u00e9rationnelle, c\u2019est bien l\u2019emprise de cette violence &#8211; en plein ou en creux &#8211; qui fait rageusement retour. Il appartient au psychanalyste, en \u00e9troite synergie avec les autres soignants, de tenter d\u2019en proposer un accueil attentif et subjectivant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<p>1- Dans un autre registre, \u00ab\u00a0Merleau-Ponty fait intervenir la notion de \u00ab\u00a0chiasme\u00a0\u00bb \u00e0 chaque fois qu\u2019il tente de penser non pas l\u2019identit\u00e9, non pas la diff\u00e9rence, mais l\u2019identit\u00e9 dans la diff\u00e9rence (ou l\u2019unit\u00e9 par opposition) de termes qui sont habituellement tenus pour s\u00e9par\u00e9s, tels que le voyant et le visible, le signe et le sens, l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur, chacun n\u2019\u00e9tant lui-m\u00eame qu\u2019en \u00e9tant l\u2019autre\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n<p>Bleger J., (1966), Psychanalyse du cadre in Ka\u00ebs R. et coll. (1979),\u00a0<em class=\"marquage italique\">Crise, rupture et d\u00e9passement<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n<p>Chabert C. (2003),\u00a0<em class=\"marquage italique\">F\u00e9minin m\u00e9lacolique<\/em>, Paris, PUF, Coll.\u00a0<em class=\"marquage italique\">Petite biblioth\u00e8que de psychanalyse.<\/em><\/p>\n<p>Cupa D., Deschamps-Riazuelo H., Michel F., (2001), Anticipation et cr\u00e9ation\u00a0: l\u2019anticipation parentale pr\u00e9natale comme \u0153uvre in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Pratiques Psychologiques<\/em>, 1, 31\u201342.<\/p>\n<p>Lebovici S., (1994), L\u2019homme dans le b\u00e9b\u00e9 in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Revue fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 3, 661-680.<\/p>\n<p>Mahler M., Pine F., Bergman A., (1975),\u00a0<em class=\"marquage italique\">La naissance psychologique de l\u2019\u00eatre humain. Symbiose et individuation<\/em>, Payot, 1980.<\/p>\n<p>Milhe Poutingon G., (2011),\u00a0<em class=\"marquage italique\">Gargantua<\/em>, Paris, Hatier, 2011.<\/p>\n<p>Missonnier S., Boige N., (1999), Je reflue donc je suis, Vers une approche psychosomatique du reflux gastrooesophagien du nourrisson in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Devenir<\/em>, vol.11, n\u00b03, 51-84.<\/p>\n<p>Missonnier S., (2001), Anticipation et p\u00e9rinatalit\u00e9 in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Pratiques Psychologiques<\/em>, n\u00b01, 17-30<\/p>\n<p>Missonnier S., Golse B., Soul\u00e9 M., (2003),\u00a0<em class=\"marquage italique\">La grossesse, l\u2019enfant virtuel et la parentalit\u00e9. \u00c9l\u00e9ments de psycho(patho)logie p\u00e9rinatale<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Missonnier, S. (2009).\u00a0<em class=\"marquage italique\">Devenir parent, na\u00eetre humain. La diagonale du virtuel<\/em>. Paris, France\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Rabelais, F. (1534),\u00a0<em class=\"marquage italique\">Gargantua<\/em>, Paris\u00a0: Editions du Seuil, 1973.<\/p>\n<p>Winnicott D. W., (1950-1955), L\u2019agressivit\u00e9 et ses rapports avec le d\u00e9veloppement affectif in\u00a0<em class=\"marquage italique\">De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1969.<\/p>\n<p>Winnicott D. W., (1963), Le passage de la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance dans le d\u00e9veloppement de l\u2019individu in Processus de maturation chez l\u2019enfant, Payot, 1983\u00a0; D\u00e9pendance et soins maternels (1970) in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Le b\u00e9b\u00e9 et sa m\u00e8re<\/em>, Paris Payot, 1992.<\/p>\n<p>Winnicott D.W., (1966) La m\u00e8re ordinaire normalement d\u00e9vou\u00e9e in\u00a0<em class=\"marquage italique\">Le b\u00e9b\u00e9 et sa m\u00e8re<\/em>, Paris Payot, 1992.<\/p>\n<p>Winnicott D.W., (1969), La pr\u00e9occupation maternelle primaire in\u00a0<em class=\"marquage italique\">De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot.<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10498?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La citation donn\u00e9e pour le programme \u00ab&nbsp;Fais ce que voudras&nbsp;\u00bb est issue du Pantagruel de Rabelais (1534) dont la relecture r\u00e9cente m\u2019a enchant\u00e9. Avec ce texte de Rabelais, on est v\u00e9ritablement immerg\u00e9 dans l\u2019utopie du bon vouloir qui r\u00e8gne en&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1223,1214,1215],"thematique":[],"auteur":[1375],"dossier":[215],"mode":[60],"revue":[561],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10498","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","auteur-sylvain-missonnier","dossier-les-interdits-pour-quoi-faire","mode-payant","revue-561","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10498","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10498"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10498\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13380,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10498\/revisions\/13380"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10498"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10498"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10498"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10498"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10498"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10498"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10498"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10498"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10498"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}