{"id":10497,"date":"2021-08-22T07:32:10","date_gmt":"2021-08-22T05:32:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-complexe-traumatique-figures-litteraires-et-pistes-therapeutiques-ou-de-la-realite-des-lettres-sur-le-reel-des-chiffres-2\/"},"modified":"2021-09-16T00:14:45","modified_gmt":"2021-09-15T22:14:45","slug":"le-complexe-traumatique-figures-litteraires-et-pistes-therapeutiques-ou-de-la-realite-des-lettres-sur-le-reel-des-chiffres","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-complexe-traumatique-figures-litteraires-et-pistes-therapeutiques-ou-de-la-realite-des-lettres-sur-le-reel-des-chiffres\/","title":{"rendered":"Le complexe traumatique : figures litt\u00e9raires et pistes th\u00e9rapeutiques (ou : de la r\u00e9alit\u00e9 des lettres sur le R\u00e9el des chiffres)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">YOANN LOISEL, Le complexe traumatique. Fonctionnement limite et trauma&nbsp;: la r\u00e9alit\u00e9 rejoint l\u2019affliction, Editions MJW F\u00e9dition, 2018, 100 pages, 25 \u20ac<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage de Yoann Loisel, pr\u00e9fac\u00e9 par Maurice Corcos, prend pour th\u00e8me ce qu\u2019il d\u00e9signe comme centre irritatif du fonctionnement limite&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 le psychotrauma semble irr\u00e9sistible, bien souvent rencontr\u00e9, subi dans l\u2019actuel et, en m\u00eame temps, comme \u00ab&nbsp;toujours d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent&nbsp;\u00bb selon le recueil des ant\u00e9c\u00e9dents familiaux. Cette perspective \u00e9claire la psychopathologie qui s\u2019ext\u00e9riorise \u00e0 l\u2019adolescence, entrem\u00ealant histoire familiale et histoire infantile pour l\u2019orientation du sujet sur une sc\u00e8ne traumatique dont l\u2019essentiel, souvent silencieusement, se sera d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9, nou\u00e9, dans les coulisses transg\u00e9n\u00e9rationnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Psychanalyste et responsable d\u2019une unit\u00e9 de soins pour adolescents, l\u2019auteur d\u00e9finit autrement qu\u2019un traumatisme complexe selon une terminologie r\u00e9cente, un \u00ab&nbsp;complexe traumatique&nbsp;\u00bb&nbsp;: une ligne de d\u00e9veloppement qui pr\u00e9c\u00e8de le sujet, qui pr\u00e9c\u00e8de un trauma authentifi\u00e9 comme si la cicatrice, une certaine \u00ab&nbsp;fibrosit\u00e9&nbsp;\u00bb du monde interne, \u00e9tait ant\u00e9rieure au coup rep\u00e9r\u00e9 chez le patient limite.<\/p>\n\n\n\n<p>La description est psychodynamique, reprenant celle des fantasmes originaires pos\u00e9s comme cadre du monde interne. L\u2019architecture de ce cadre, plus ou moins souple, plus ou moins contenante, est mise en lien avec la qualit\u00e9 d\u2019\u00e9dification de l\u2019aire transitionnelle, \u00e9galement avec la qualit\u00e9 de diff\u00e9renciation, de limite, entre le sensuel, l\u2019excitation \u00e0 fleur de peau, et le courant tendre consid\u00e9r\u00e9 comme structure contenante de base.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point est rappel\u00e9e la th\u00e9orisation de l\u2019attachement, avec notamment la notion de base de s\u00e9curit\u00e9, celles \u00e9galement de l\u2019accordage affectif et de la biologie du stress. Du transg\u00e9n\u00e9rationnel aux interactions pr\u00e9coces, de celles-ci \u00e0 l\u2019adolescence avec cette ouverture sur diff\u00e9rents mod\u00e8les, le chapitre th\u00e9orique se trouve assez \u00ab&nbsp;parlant&nbsp;\u00bb pour le clinicien ou le soignant, d\u2019autant plus qu\u2019il se trouve toujours appuy\u00e9 sur des cas cliniques et l\u2019exp\u00e9rience du soin.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoann Loisel d\u00e9signe surtout comment, dans le fonctionnement limite, le trauma vient prendre la place des formations transitionnelles, \u00e0 tel point que lorsqu\u2019il se trouve (se retrouve en fait), tel un objet transitionnel, il pourra susciter sans r\u00e9solution possible la question qu\u2019il vaudra mieux \u00e9viter de poser&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce trauma, l\u2019as-tu cr\u00e9\u00e9 ou l\u2019as-tu trouv\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Il d\u00e9crit en effet comment les mouvements de pens\u00e9e sont ressentis pr\u00e9cocement \u00ab&nbsp;toxiques&nbsp;\u00bb, animant le trauma de l\u2019int\u00e9rieur en canalisant la subjectivation vers le racornissement op\u00e9ratoire et f\u00e9tichique. La traumatophilie, fr\u00e9quente \u00e0 l\u2019adolescence, participerait d\u2019une recherche de contenance sur le manque d\u2019int\u00e9gration, notamment ceux des signaux de protection. Cette formalisation est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une analyse de quelques \u00ab&nbsp;cas&nbsp;\u00bb c\u00e9l\u00e8bres, vignettes plaisantes \u00e0 lire qui sortent de la clinique imm\u00e9diate pour mieux y revenir, en ayant pr\u00e9par\u00e9 les grandes axes th\u00e9oriques (Pantagruel&nbsp;: l\u2019originaire&nbsp;; Mary Shelley&nbsp;: le contenant en d\u00e9faut de tendre&nbsp;; Alain Bashung&nbsp;: l\u2019imprudence). Une perspective sociologique est avanc\u00e9e aussi, mettant en lien l\u2019exacerbation des pathologies dites \u00ab&nbsp;traumatiques&nbsp;\u00bb, l\u2019accroissement du diagnostic de \u00ab&nbsp;personnalit\u00e9 limite&nbsp;\u00bb ou <em>borderline<\/em> et l\u2019organisation actuelle, culturelle, des m\u00e9diations \u00e0 dispositions des familles et des enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre d\u00e9veloppe des outils pour mieux se d\u00e9caler de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 du sympt\u00f4me, donne des cl\u00e9s pour soutenir le soin comme travail de rencontre visant le tissage de nouveaux liens, un contenant o\u00f9 l\u2019adolescent pourra rencontrer autrement le courant tendre. La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un travail institutionnel avec activit\u00e9s th\u00e9rapeutiques et abord familial est d\u00e9fendue, aussi la pratique de m\u00e9diations corporelles, massages en premier lieu, enveloppements th\u00e9rapeutiques parfois, pratique qui se trouve tr\u00e8s concr\u00e8tement explicit\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9paisseur de l\u2019ouvrage, ses multiples perspectives, permettent donc de se d\u00e9gager du trauma dans lequel le patient et les parents sont enlis\u00e9s et qui aspire tout, les soignants aussi&nbsp;: c\u2019est par l\u00e0, \u00e9galement, un \u00ab&nbsp;petit manuel&nbsp;\u00bb de bonne conduite dans diff\u00e9rentes situations susceptibles d\u2019impasses. L\u2019auteur pose une gestion du temps o\u00f9 le sujet limite s\u2019inscrit dans une cha\u00eene d\u00e9but\u00e9e bien avant sa naissance, il s\u2019agit d\u2019en infl\u00e9chir la dynamique au prix de devoir l\u2019accueillir institutionnellement pour la transformer. La solidit\u00e9 du cadre soignant est n\u00e9cessaire, l\u2019entretien de sa capacit\u00e9 \u00e0 croire en ses outils, et la prudence est de mise\u2026 avant tout dans le refus bien d\u00e9taill\u00e9 ici de toute position de toute-puissance, contagiosit\u00e9 possible du complexe traumatique sur le soignant qui fait dramatiquement osciller le patient entre la position du d\u00e9chet et celle de cette toute-puissance (ce que r\u00e9sume la caract\u00e9risation de \u00ab&nbsp;toxique&nbsp;\u00bb \u00e9prouv\u00e9e originairement).<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre de Yoann Loisel s\u2019adresse ainsi \u00e0 tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent au fonctionnement limite ou <em>borderline<\/em>, qui s\u2019int\u00e9ressent aux adolescents, aux pathologies psychotraumatiques, qui s\u2019int\u00e9-ressent au \u00ab&nbsp;malaise dans la culture&nbsp;\u00bb d\u2019autant plus lorsque cette culture, comme il l\u2019\u00e9crit \u00ab&nbsp;accuse la pr\u00e9maturit\u00e9 du sujet&nbsp;\u00bb en m\u00eame temps qu\u2019elle \u00ab&nbsp;flatte, non pas l\u2019adolescent, mais le b\u00e9b\u00e9 agonique&nbsp;\u00bb, rendant ainsi l\u2019individu d\u2019autant plus sensible \u00e0 ce complexe traumatique qui pourra l\u2019orienter vers diff\u00e9rentes mauvaises rencontres. Ou pas, ou moins, si nos capacit\u00e9s d\u2019accueil, de soins, de contenance, du tendre\u2026 sont suffisamment entretenues. Discr\u00e8tement, c\u2019est aussi l\u00e0 un livre militant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fran\u00e7ois Saintoyant<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Psychiatre,<\/p>\n\n\n\n<p>Institut Mutualiste Montsouris<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">MARIE DESSONS, Psychopathologie de l\u2019enfant, Editions Armand Colin, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, 2018, 208 pages, 17&nbsp;\u20ac<\/h2>\n\n\n\n<p>La sortie de la seconde \u00e9dition du livre de Marie Dessons intitul\u00e9 <em>Psychopathologie de l\u2019enfant<\/em> nous donne ici l\u2019occasion d\u2019en faire une pr\u00e9sentation et d\u2019aborder son contenu.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur, psychologue clinicienne, psychanalyste, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en psychologie clinique et en psychopathologie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescente \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry-Montpellier III, nous propose ici un ouvrage clair et synth\u00e9tique certes pens\u00e9 pour un lectorat d\u2019\u00e9tudiants mais aussi tr\u00e8s utile et fort pr\u00e9cieux pour tout clinicien exer\u00e7ant aupr\u00e8s d\u2019enfants en souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi la multitude de manuels et de livres divers s\u2019essayant \u00e0 regrouper de fa\u00e7on plus ou moins exhaustive ce qu\u2019il conviendrait d\u2019appeler les fondamentaux concernant ce champ si vaste, le travail de Marie Dessons occupe une place que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019\u00e0 part, se d\u00e9tachant des mod\u00e8les habituellement rencontr\u00e9s dans ce type d\u2019\u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le titre donne ici clairement le ton&nbsp;: c\u2019est bien de psychopathologie et de non de psychiatrie de l\u2019enfant qu\u2019il sera question. Il ne s\u2019agit donc nullement d\u2019un compendium qui se trouverait uniquement guid\u00e9 par une pr\u00e9occupation nosographique et qui \u00e9gr\u00e8nerait de fa\u00e7on monotone au fil de ses pages tout un ensemble d\u2019entit\u00e9s cliniques fermement d\u00e9limit\u00e9es dans leur description et leur pr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie Dessons parvient donc dans cet \u00e9crit \u00e0 \u00e9viter un des risques probablement le plus important qui pourrait guetter ce type d\u2019entreprise&nbsp;: celui de le voir se r\u00e9duire \u00e0 une forme de catalogue aussi terne que creux. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments propos\u00e9s dans le livre permettent justement de passer outre cet \u00e9cueil.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e tout d\u2019abord de pr\u00e9senter de fa\u00e7on tr\u00e8s claire, et ce d\u00e8s les premi\u00e8res pages, un r\u00e9sum\u00e9 des grands enjeux du d\u00e9veloppement psychique de l\u2019enfant. En l\u2019espace de quelques dizaines de pages, ce sont ce qu\u2019il conviendrait d\u2019appeler les fondamentaux sur le sujet qui se trouvent pos\u00e9s de fa\u00e7on limpide, pr\u00e9parant le terrain pour la lecture des pages \u00e0 venir. La r\u00e9f\u00e9rence aux th\u00e9ories issues du champ de la psychanalyse (th\u00e9orisations freudiennes, kleiniennes, winnicottiennes, etc\u2026) y est non seulement clairement assum\u00e9e mais fait appel \u00e0 des auteurs et des courants pluriels sans pour autant qu\u2019apparaisse une forme de confusion des diff\u00e9rents registres ainsi convoqu\u00e9s. C\u2019est bien au contraire leur compl\u00e9mentarit\u00e9 qui se dessine alors au fil du propos, donnant un aper\u00e7u d\u2019ensemble des processus impliqu\u00e9s sans pour autant tomber dans la simplification excessive.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, et si nous nous int\u00e9ressons \u00e0 la toute fin de l\u2019ouvrage, on s\u2019apercevra qu\u2019une autre partie cons\u00e9quente concerne, sur un pas d\u2019ouverture, l\u2019approche psychoth\u00e9rapique de l\u2019enfant, ce qui constitue une autre originalit\u00e9 de ce livre. Les propositions qui y sont abord\u00e9es compl\u00e8tent de fa\u00e7on heureuse tous les autres \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion expos\u00e9s dans les pages pr\u00e9c\u00e9dentes, sous la forme d\u2019un prolongement qui pense la question du soin et de ce qu\u2019il implique. Les id\u00e9es \u00e9voqu\u00e9es par Marie Dessons dans cette forme de conclusion de son travail s\u2019av\u00e8rent pleinement en lien tant avec ce qui a pu \u00eatre travaill\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 du d\u00e9veloppement normal que sur le plan des entit\u00e9s psychopathologiques. L\u2019\u00e9tude du cas de Tom, pr\u00e9sent\u00e9e dans cette partie, vient quant \u00e0 elle illustrer de fa\u00e7on vivante et imag\u00e9e tous les enjeux inh\u00e9rents \u00e0 la rencontre clinique avec l\u2019enfant en souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le c\u0153ur du livre comporte bien entendu une pr\u00e9sentation plus que cons\u00e9quente des diff\u00e9rentes psychopathologies de l\u2019enfance, ce qui en constitue le sujet principal.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 de fa\u00e7on fort utile la pluralit\u00e9 des r\u00e9f\u00e9rences existantes en terme de classification (DSM et CIM bien entendu certes mais aussi la CFTMEA), Marie Dessons propose de reprendre point par point chaque entit\u00e9 clinique&nbsp;: l\u2019ind\u00e9niable int\u00e9r\u00eat de sa pr\u00e9sentation demeure le nouage subtil qu\u2019elle parvient \u00e0 \u00e9laborer entre symptomatologie et modalit\u00e9s de fonctionnement psychique (angoisses, m\u00e9canismes de d\u00e9fenses etc\u2026). Elle \u00e9vite ainsi le bien trop simple recensement s\u00e9miologique en ouvrant sur le sens qui les sous-tend. Les descriptions ainsi pr\u00e9sent\u00e9es gagnent d\u00e8s lors en profondeur, toujours accompagn\u00e9es tant par quelques illustrations cliniques que par l\u2019\u00e9vocation d\u2019un recueil de th\u00e9orisations et d\u2019auteurs toujours aussi vari\u00e9 qu\u2019adapt\u00e9 au propos. Le spectre ainsi balay\u00e9 aborde d\u00e8s lors les questions relatives \u00e0 l\u2019autisme, aux psychoses, aux n\u00e9vroses et m\u00eame aux pathologies dites limites.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ouvrage appara\u00eet dans son ensemble r\u00e9aliser le tour de force d\u2019un expos\u00e9 \u00e0 la fois synth\u00e9tique, clair et lisible autour de plusieurs probl\u00e9matiques complexes mais qui ne sont pour autant jamais abord\u00e9es de fa\u00e7on lapidaire ou simpliste. Ces ind\u00e9niables qualit\u00e9s en font tr\u00e8s clairement une r\u00e9f\u00e9rence en la mati\u00e8re, utiles aux \u00e9tudiants comme aux cliniciens sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>J\u00e9r\u00f4me Boutinaud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, Universit\u00e9 Paris Descartes<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">JACQUES AZOULAY, Textes fondateurs, Editions In Press, 2017 200 pages, 22&nbsp;\u20ac<\/h2>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cent livre publi\u00e9 par les \u00e9l\u00e8ves de Jacques Azoulay r\u00e9unit quelques-uns de ses articles et acquiert une unit\u00e9 de pens\u00e9e diachronique gr\u00e2ce \u00e0 leurs contributions. L\u2019on y trouve le parcours d\u2019Azoulay pour mieux saisir l\u2019ambiance sociale et scientifique de la naissance de ses id\u00e9es. Chaque acteur, chaque penseur est d\u00e9termin\u00e9 par son \u00e9poque, mais certains condensent de mani\u00e8re plus claire l\u2019expression de l\u2019esprit du temps. En effet, les combats politiques et scientifiques ont fait na\u00eetre une dimension de militantisme dans l\u2019action des acteurs de la psychiatrie du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques Azoulay est un des rares penseurs \u00e0 essayer de s\u2019atteler \u00e0 la lancinante interrogation sur le fait psychiatrique sans se perdre dans des jolis habillages m\u00e9tapsychologiques. Il essaie de d\u00e9cortiquer l\u2019acte psychiatrique et le cadre de son action avec sa formation de psychanalyste et son intelligence d\u2019acteur du terrain. Il s\u2019efforce \u00e0 d\u00e9condenser les effets de l\u2019acte et du cadre et trouver ce qu\u2019il y a de sp\u00e9cifique et de pr\u00e9cis dans les r\u00e9ponses aux mouvements psychiques des patients que nous traitons et plus particuli\u00e8rement les patients psychotiques hospitalis\u00e9s. Sa d\u00e9marche, sa lecture des situations cliniques et son implication apparaissent clairement lorsqu\u2019il analyse avec modestie les situations cliniques et institutionnelles au-del\u00e0 des id\u00e9ologies ambiantes toute origine confondue. Psychanalyste \u00e9tait-il, mais il n\u2019essayait pas de faire entrer le fait psychiatrique dans le moule de la cure analytique. Homme de gauche certes fut-il, mais sans c\u00e9der aux tentations de nos voisins anglais ou italiens qui oubliaient la psychopathologie dans leurs d\u00e9marches antipsychiatriques ou de \u00ab&nbsp;fermeture de l\u2019asile&nbsp;\u00bb, d\u00e9marches fortes mais guid\u00e9es par une id\u00e9ologie politique o\u00f9 la dimension sociale faisait oublier les n\u00e9cessit\u00e9s de la psychopathologie. De m\u00eame, s\u2019est-il inspir\u00e9 de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle, le courant dominant en France sans adh\u00e9rer aux aspects id\u00e9ologiques de ce mouvement important telle la lecture structuraliste ou marxiste des situations cliniques. Modestement, au d\u00e9tour d\u2019une parenth\u00e8se ou d\u2019une remarque, il signale ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une erreur de la d\u00e9marche id\u00e9ologique en clinique&nbsp;: l\u2019id\u00e9e d\u2019une seule et bonne solution face aux situations complexes de notre champ.<\/p>\n\n\n\n<p>Essayons d\u2019extraire les id\u00e9es qui sont autant d\u2019outils de travail pour notre bricolage psychiatrique quotidien, mani\u00e8re de rendre hommage \u00e0 une pens\u00e9e vivante. Plusieurs aspects du livre sont propices \u00e0 des associations \u00e9galement induites par la force de r\u00e9flexion qui y est contenue. Epinglons cependant quelques axes sp\u00e9cifiques et parlants de cette pens\u00e9e clinique.<\/p>\n\n\n\n<p>La clinique psychiatrique \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la clinique psychanalytique, clinique de l\u2019\u00e9coute, est une clinique de l\u2019acte. Cependant c\u2019est la th\u00e9orie issue de la pratique de la cure analytique qui nous en donnera des outils de r\u00e9flexion. Azoulay s\u2019appelait volontiers psychiatreanalyste. Psychiatre dans son action, analyste dans sa r\u00e9flexion. Je ne sais pas si cette mani\u00e8re originale de se d\u00e9finir ne mettait pas l\u2019accent sur l\u2019action d\u2019analyse, de recherche, lib\u00e9rant la th\u00e9orie de la pratique psychiatrique d\u2019une \u00e9ventuelle domination d\u2019une pens\u00e9e h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00e0 son champ. C\u2019est en tout cas une hypoth\u00e8se de travail, un transfert de lecture sur Azoulay lorsqu\u2019il analyse en profondeur l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acte psychiatrique est pour Azoulay une limitation de la destructivit\u00e9 en \u0153uvre dans les mouvements psychiques de nos patients. Si nous devons mettre une limite \u00e0 la destructivit\u00e9 encore faut-il la comprendre. Qu\u2019est-ce que cette destructivit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre, comment sort-elle du registre du fantasme pour passer dans le r\u00e9el, comment devient-elle recours \u00e0 l\u2019acte, trouble du comportement&nbsp;? Comment prend corps cette transgression du pacte social sous la forme des passages \u00e0 l\u2019acte&nbsp;? Qui met-elle en danger&nbsp;? Comment comprendre la dynamique r\u00e9gressive face \u00e0 nous, comment y r\u00e9pondre de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, diff\u00e9renci\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Si en s\u2019opposant \u00e0 la destructivit\u00e9, on se pose en tant que limite protectrice, que faisons-nous&nbsp;? Quelle figure d\u2019autorit\u00e9 incarnons-nous en assumant la responsabilit\u00e9 de notre acte (prescription, hospitalisation, certificat d\u2019internement, sortie etc.)&nbsp;? Dans quel champ d\u2019investissement nous situons-nous&nbsp;? Quel mouvement d\u2019investissement transf\u00e9rentiel ouvrons-nous (premiers objets, mouvement anti-narcissique, comme dirait Francis Pasche, parental, grand parental)&nbsp;? Au regard de l\u2019histoire m\u00e9connue du sujet souffrant lui-m\u00eame, dans quelle dimension de relation nous mettons-nous au moment o\u00f9 nous essayons de ramener le patient dans le champ de la parole \u00e9chang\u00e9e&nbsp;? En assumant cette place de figure d\u2019autorit\u00e9 (Sujet suppos\u00e9 savoir dirait Lacan), quel champ transf\u00e9rentiel ouvrons-nous&nbsp;? Celui d\u2019un rapport de protection que le sujet pourrait comprendre&nbsp;? Ou \u00e0 d\u00e9faut de celle-ci ouvrons-nous le champ de la relation de pers\u00e9cution (toute en se voulant cependant bienveillants)&nbsp;? Ou encore tombons-nous dans les rets d\u2019une relation d\u2019emprise narcissique, d\u2019engr\u00e8nement (Racamier)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas parce que nous essayons de limiter les cons\u00e9quences de la destructivit\u00e9 \u00e0 l\u2019instant T, celle de la prise d\u2019une d\u00e9cision encore, que nous les limitons dans la diachronie. Expression de la pulsion de mort, la destructivit\u00e9 restera plus forte que nous si nous ne la sortons pas de son silence. Si nous ne la captons pas dans toutes ses dimensions. Certes avons-nous affaire \u00e0 la destructivit\u00e9 mais celle-ci t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9chec d\u2019autres mouvements psychiques&nbsp;: la tentative \u00e9chou\u00e9e de cr\u00e9ation, de sublimation, de naissance du nouveau sur les ruines de l\u2019ancien. Tentatives d\u2019une personne qui a une trajectoire qui n\u2019est pas vraiment une histoire narr\u00e9e, assum\u00e9e au nom propre du narrateur. Le r\u00e9cit et le comportement du patient reviennent au fond \u00e0 une qu\u00eate inconsciente, donc m\u00e9connue du sujet souffrant. Qu\u00eate d\u2019un interlocuteur qui saura par la limitation de la violence capter ses mouvements informes pour leur donner une forme, faire d\u2019un r\u00e9cit parfois chaotique, morcel\u00e9, elliptique, une histoire \u00ab&nbsp;narrable&nbsp;\u00bb entendable. Une forme \u00e0 trouver et non \u00e0 imposer par nos fantasmes omnipotents de \u00ab&nbsp;sauveur&nbsp;\u00bb, d\u2019homme de bien, de m\u00e9decin ali\u00e9niste d\u2019avant la psychanalyse ou m\u00eame de psychanalyste d\u2019une institution totalitaire. C\u2019est de cette fa\u00e7on que commence une histoire partag\u00e9e (une notion particuli\u00e8rement pr\u00e9cieuse propos\u00e9e par Azoulay), qui facilitera la possibilit\u00e9 du patient \u00e0 investir puis assumer son histoire personnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en parole constante de ce qui se passe dans l\u2019exercice psychiatrique est la mani\u00e8re primordiale d\u2019\u00e9viter le pi\u00e8ge de la tentation d\u2019emprise sous forme de prise en charge qui ali\u00e8ne le sujet de son autonomie de penser et d\u2019agir. Le psychiatre essaie de ne pas se laisser prendre dans les ph\u00e9nom\u00e8nes de la s\u00e9duction narcissique ou des r\u00e9actions en miroir, en \u00e9tant conscient des mouvements difficiles parfois haineux du contre-transfert. C\u2019est la seule mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter la fabrique d\u2019une client\u00e8le de patients chroniques, d\u00e9pendants, en un mot asilaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Azoulay aborde \u00e9galement la notion de crise et propose de l\u2019envisager comme un mouvement in\u00e9vitable \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces parcours humains accident\u00e9s. A c\u00f4t\u00e9 de la diff\u00e9renciation des mouvements de r\u00e9gression, il d\u00e9veloppe sa mani\u00e8re d\u2019accepter les mouvements de la crise et sa valeur. La crise est certes un signe de ratage de la relation d\u2019objet et un d\u00e9s\u00e9quilibre d\u2019une \u00e9conomie psychique. L\u2019\u00e9volution des patients les plus fragiles n\u2019est pas lin\u00e9aire et pr\u00e9visible. Le patient passe en effet par des mouvements saccad\u00e9s de d\u00e9stabilisation qu\u2019il faut savoir identifier et accueillir, d\u00e9toxifier pour les rendre apprivois\u00e9s et \u00e9laborables, faisant de la crise une occasion de r\u00e9flexion, un carrefour potentiel ouvert \u00e0 un enrichissement, un avancement dans une dynamique psychique qui sinon arrivait \u00e0 une impasse.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pourrions nous satisfaire de la mise en \u00e9vidence de ces quelques notions avec un aspect un peu interrogatif utilis\u00e9 dans cette recension. Somme toute c\u2019est un rappel tout m\u00e9dical que la premi\u00e8re mission du psychiatre est de ne pas nuire (<em>primum non noscere<\/em> nous rappelle le serment d\u2019Hippocrate) que nous lisons entre les lignes de la pens\u00e9e clinique d\u2019Azoulay. Mais s\u2019il pose de bonnes questions aux fins de constater les difficult\u00e9s et de les pr\u00e9venir, il essaie aussi de r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes cliniques qu\u2019il affronte par des r\u00e9ponses sp\u00e9cifiques et diff\u00e9renci\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi faut-il pour lui toujours garder la notion de travail en \u00e9quipe. Le psychiatre hospitalier ne travaille pas seul. Il n\u2019est pas un homme-orchestre, il est chef d\u2019\u00e9quipe ou chef d\u2019orchestre, si l\u2019on veut. Il reconna\u00eet des r\u00f4les diff\u00e9renci\u00e9s et sait aussi les r\u00e9unir pour retrouver \u00e0 travers les investissements diffract\u00e9s des patients les morceaux de leur histoire. Il doit constamment cr\u00e9er du lien, une relation, puis cr\u00e9er du tiers, reconna\u00eetre et diff\u00e9rencier les mouvements et y apporter les r\u00e9ponses appropri\u00e9es. Le tiers a plusieurs configurations en psychiatrie. Ainsi les transitions d\u2019une institution \u00e0 une autre, les r\u00e9unions de synth\u00e8se ou les r\u00e9flexions institutionnelles et encore la place du psychanalyste dans l\u2019institution.<\/p>\n\n\n\n<p>Conscient de la dimension du travail au long cours, il souligne l\u2019importance du travail de s\u00e9paration qu\u2019il \u00e9labore. Certes il s\u2019inspire de la r\u00e9flexion d\u2019Evelyne Kestemberg \u00ab&nbsp;se s\u00e9parer quand le patient n\u2019a plus besoin de nous&nbsp;\u00bb, mais il reste attentif \u00e0 l\u2019avertissement en boutade de Ren\u00e9 Diatkine (si on donne la main au psychotique on en prend pour vingt ans). Il traite ainsi les aspects les plus difficiles, voire inacceptables de notre travail, la notion des \u00ab&nbsp;patients insortables&nbsp;\u00bb. Se s\u00e9parer donc mais en prenant le temps qui respecte des rythmes de travail psychique que nous m\u00e9connaissons. Son contact avec Benno Rosenberg et la notion de travail de m\u00e9lancolie y trouvent un \u00e9cho. Aussi les hospitalisations longues deviennent-elles s\u00e9quentielles r\u00e9pondant \u00e0 la notion d\u2019\u00e9volution ob\u00e9issant \u00e0 un rythme long. L\u2019\u00e9quipe psychiatrique entoure, encadre sans \u00e9touffer. Le temps informe de l\u2019asile red\u00e9couvre ainsi la notion de rythme, de diff\u00e9renciation d\u2019espaces et des temps. Le psychiatre hospitalier conduit une r\u00e9flexion permanente, une mise sous tension des moyens d\u2019une alliance th\u00e9rapeutique pour accompagner les trajectoires humaines qu\u2019il rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p>Fort de cette conviction, Azoulay n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 des renouveaux du travail institutionnel \u00e0 long terme comme son travail \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de Jour ou le travail en pavillon ferm\u00e9. Il en \u00e9tudie les n\u00e9cessit\u00e9s mais aussi les \u00e9cueils dont la chronicit\u00e9, la chronicisation, l\u2019ali\u00e9nation. La prise en charge sans r\u00e9flexion constante risque de devenir une forme totalitaire de la relation (\u00ab&nbsp;l\u2019institution fabrique les malades qui la justifie&nbsp;\u00bb, nous rappelle-t-il, p. 109). Dans sa pens\u00e9e, nous rencontrons sans cesse le souci de diff\u00e9rencier, de sp\u00e9cifier nos r\u00e9ponses aux situations humaines. J\u2019ai tent\u00e9 de r\u00e9sumer sommairement un canevas de discussion avec les futurs lecteurs de cet ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nicolas Gougoulis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Psychiatre, psychanalyste, SPP<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10497?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YOANN LOISEL, Le complexe traumatique. Fonctionnement limite et trauma&nbsp;: la r\u00e9alit\u00e9 rejoint l\u2019affliction, Editions MJW F\u00e9dition, 2018, 100 pages, 25 \u20ac L\u2019ouvrage de Yoann Loisel, pr\u00e9fac\u00e9 par Maurice Corcos, prend pour th\u00e8me ce qu\u2019il d\u00e9signe comme centre irritatif du fonctionnement&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1214,1215],"thematique":[601],"auteur":[1379],"dossier":[602],"mode":[60],"revue":[595],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10497","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-traumatisme","auteur-yoann-loisel","dossier-memoire-traumatique-et-fonctionnement-limite-a-ladolescence","mode-payant","revue-595","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10497","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10497"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10497\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13407,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10497\/revisions\/13407"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10497"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10497"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10497"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10497"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10497"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10497"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10497"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10497"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10497"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}