{"id":10490,"date":"2021-08-22T07:32:08","date_gmt":"2021-08-22T05:32:08","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/addiction-medicamenteuse-et-bisexualite-face-a-langoisse-de-castration-2\/"},"modified":"2021-09-16T10:41:03","modified_gmt":"2021-09-16T08:41:03","slug":"addiction-medicamenteuse-et-bisexualite-face-a-langoisse-de-castration","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/addiction-medicamenteuse-et-bisexualite-face-a-langoisse-de-castration\/","title":{"rendered":"Addiction m\u00e9dicamenteuse et bisexualit\u00e9 face \u00e0 l\u2019angoisse de castration"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019habitude addictive para\u00eet att\u00e9nuer les affects d\u2019inqui\u00e9tude, de culpabilit\u00e9, de col\u00e8re chez des sujets aux assises narcissiques fragiles<sup>1<\/sup>. Elle leur permettrait de lutter contre un effondrement d\u00e9pressif ancien par une d\u00e9fense maniaque. \u00c0 partir du cas singulier de Charles F., un patient abus\u00e9 dans l\u2019enfance, d\u00e9pendant des m\u00e9dicaments \u00e0 l\u2019adolescence, doutant de son orientation sexuelle, nous faisons l\u2019hypoth\u00e8se que les s\u00e9ductions pr\u00e9coces et les carences affectives auxquelles il a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9, ont contribu\u00e9 \u00e0 fixer une sexualit\u00e9 infantile qui a perdu la souplesse de ses investissements d\u2019objet. Sigmund Freud (1905) situe la disposition aux perversions dans une composante psychologique universelle de la sexualit\u00e9 normale. La disposition perverse polymorphe est donc caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019auto-\u00e9rotisme, soumise au primat des zones \u00e9rog\u00e8nes et des pulsions partielles que Freud retrouve chez les adultes pervers o\u00f9 elle n\u2019aurait pas succomb\u00e9 au refoulement. La libido riv\u00e9e \u00e0 des satisfactions partielles, pr\u00e9g\u00e9nitales et a-conflictuelles r\u00e9gresse ou reste bloqu\u00e9e. La perversion r\u00e9sulterait d\u2019un non-renoncement \u00e0 l\u2019auto-\u00e9rotisme et \u00e0 la persistance des pulsions partielles non refoul\u00e9es sans acc\u00e9der \u00e0 l\u2019investissement d\u2019objet et g\u00e9nital assorti d\u2019un surmoi efficace. L\u2019enfant pervers polymorphe et le pervers ne recherchent pas dans l\u2019autre la satisfaction d\u2019un objet total et ils poursuivent une qu\u00eate de satisfaction sans limites. Or Joyce Mc Dougall, \u00e0 la suite de Freud, relie aussi la perversion de l\u2019adulte au polymorphisme chez l\u2019enfant de la sexualit\u00e9 infantile. Cette auteure parle de solution n\u00e9o-sexuelle pour des f\u00e9tichistes, exhibitionnistes, travestis ou sado-masochistes s\u2019effor\u00e7ant de rester h\u00e9t\u00e9rosexuels malgr\u00e9 leur homosexualit\u00e9 souvent non assum\u00e9e&nbsp;; outre les aspects g\u00e9nitaux de la sc\u00e8ne primitive et des fantasmes phalliques \u0153dipiens, le th\u00e9\u00e2tre d\u2019Eros met en sc\u00e8ne chez ces sujets des fantasmes pr\u00e9-g\u00e9nitaux d\u2019\u00e9changes \u00e9rotiques anaux, sadiques anaux, vampiriques, de perte des limites corporelles. Cette sexualit\u00e9 symptomatique correspond \u00e0 une tentative d\u2019auto-gu\u00e9rison pour \u00e9chapper \u00e0 la douleur psychique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">N\u00e9osexualit\u00e9 et n\u00e9obesoins<\/h2>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, Joyce Mc Dougall dans <em>\u00c9ros aux mille et un visages<\/em> (1996), s\u2019int\u00e9resse au lien entre la dimension \u00e9conomique de la sexualit\u00e9 humaine et la prise de drogue. La solution addictive aurait son origine dans la petite enfance marqu\u00e9e par des exp\u00e9riences traumatiques de s\u00e9parations ou de s\u00e9ductions sexuelles sans sollicitude de la part de l\u2019objet. Si les repr\u00e9sentations transmises par les parents sont ins\u00e9curisantes, il se produit un d\u00e9bordement affectif, l\u2019enfant cherchera alors plus tard dans le monde ext\u00e9rieur une solution \u00e0 un manque d\u2019introjection de son environnement maternant par le recours \u00e0 la drogue, l\u2019alcool, la nourriture pour apaiser son \u00e9tat de tension int\u00e9rieure<sup>2<\/sup>. De telle sorte que la transitionnalit\u00e9 est impossible et les identifications parentales compliqu\u00e9es par des conflits \u0153dipiens et pr\u00e9\u0153dipiens persistants. Le corps de l\u2019enfant est d\u00e9bord\u00e9 par la pulsionnalit\u00e9 dans les soins et les jeux, source d\u2019excitation et de malaise. L\u2019enfant ne peut incorporer ou traduire harmonieusement les messages \u00e9nigmatiques portant la marque de la sexualit\u00e9 adulte. Ces sujets recherchent alors dans la solution addictive un objet id\u00e9alis\u00e9, cens\u00e9 att\u00e9nuer magiquement leurs angoisses et leur sentiment de mort int\u00e9rieure<sup>3<\/sup>. Ou bien, ils sont en qu\u00eate d\u2019exp\u00e9riences de plaisir ou d\u2019excitation ressenties comme dangereuses ou interdites. Christophe Dejours apporte un \u00e9clairage suppl\u00e9mentaire \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une sexualit\u00e9 infantile d\u00e9bord\u00e9e par l\u2019excitation en supposant qu\u2019il y aurait un d\u00e9faut du jeu \u00e0 trois (de la sexualit\u00e9 des parents et de la censure de l\u2019amante), une d\u00e9sorganisation familiale affective avec une trop forte pr\u00e9gnance de la perception au d\u00e9triment de la satisfaction hallucinatoire<sup>4<\/sup>. Or, les exp\u00e9riences douloureuses sont issues \u00e0 la fois de la pouss\u00e9e d\u2019excitation et de l\u2019inad\u00e9quation relative de la r\u00e9ponse de l\u2019environnement imprimant des traces traumatiques en lien avec l\u2019auto-\u00e9rotisme. Ces v\u00e9cus d\u00e9saccord\u00e9s ne permettent pas l\u2019\u00e9laboration de fantasmes ainsi qu\u2019on l\u2019observe dans les sc\u00e9narios fixes du pervers. Il se produit alors une s\u00e9rie de manifestations assimilables \u00e0 une tendance \u00e0 agir, \u00e0 l\u2019impulsivit\u00e9 ou \u00e0 l\u2019addiction. En effet, Fran\u00e7ois Duparc se demande s\u2019il faut dans ces cas parler d\u2019inach\u00e8vement ou de perversion<sup>5<\/sup>. Les jeunes enfants ne peuvent assimiler un exc\u00e8s d\u2019excitation, ni moduler les d\u00e9bordements internes et externes. Les informations de l\u2019environnement agissent sur la psych\u00e9 \u00e0 la fa\u00e7on de mat\u00e9riaux bruts incompr\u00e9hensibles, les \u00e9motions ne peuvent se traduire en affects, les traces mn\u00e9siques en repr\u00e9sentations, les signaux sensori-moteurs sont d\u00e9charg\u00e9s sans qu\u2019ils puissent leur attribuer un sens. \u00ab&nbsp;Les rencontres traumatiques laissent des fixations, des traces o\u00f9 sujet et objets sont mal diff\u00e9renci\u00e9s, confuses (entre bon et mauvais, plaisir et douleur) et donc in\u00e9labor\u00e9es, dot\u00e9es de repr\u00e9sentations inachev\u00e9es. Cet inachev\u00e9 insiste dans la d\u00e9charge r\u00e9p\u00e9titive, l\u2019agir, le clivage et l\u2019identification projective, qui l\u2019emportent sur la contenance de pens\u00e9e, et le fantasme auto\u00e9rotique du sexuel infantile&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette subversion libidinale impossible est organis\u00e9e bien plus t\u00f4t d\u00e8s l\u2019enfance. \u00c0 l\u2019adolescence, loin de la subversion libidinale de la petite enfance, il n\u2019y a plus les soins et la s\u00e9duction exerc\u00e9e par l\u2019adulte sur le corps de l\u2019enfant. Le d\u00e9sir sexuel des adultes sous l\u2019effet de la pornographie omnipr\u00e9sente, du cin\u00e9ma et des s\u00e9ductions vari\u00e9es, se manifeste aupr\u00e8s de l\u2019adolescent, vuln\u00e9rable du fait des empreintes traumatiques. C\u2019est souvent des ann\u00e9es plus tard, qu\u2019une psychanalyse \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte permet de revenir plus \u00e0 distance sur des adolescences mouvement\u00e9es. Et c\u2019est ce que nous allons exposer.<\/p>\n\n\n\n<p>Charles avait depuis trente ans des pens\u00e9es obs\u00e9dantes lorsqu\u2019il \u00e9tait effleur\u00e9 par des hommes, il pensait \u00e0 des caresses en \u00e9prouvant un d\u00e9go\u00fbt de lui-m\u00eame&nbsp;; pourtant ces fr\u00f4lements masculins ne lui procuraient aucune \u00e9rection &#8211; aujourd\u2019hui du moins. Il \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 une femme de dix ans de plus que lui et avait une fille adolescente lorsqu\u2019il \u00e9tait venu me consulter. La religion venait canaliser sous forme de spiritualit\u00e9 une pulsionnalit\u00e9 ego-dystonique puisqu\u2019il \u00e9tait attir\u00e9 par des hommes, mais ne pouvait se r\u00e9soudre \u00e0 des actes sexuels qu\u2019il r\u00e9prouvait avec des personnes du m\u00eame sexe. Il \u00e9tait fortement d\u00e9pendant d\u2019antid\u00e9presseurs psychostimulants puis renon\u00e7a progressivement \u00e0 cette forme d\u2019addiction m\u00e9dicamenteuse par un int\u00e9r\u00eat pour sa psychanalyse, trouvant les week-ends et les vacances un peu longs. Le plus difficile \u00e9tait de se lever le matin tant il \u00e9prouvait que sa vie lui pes\u00e2t, tout autant que son inhibition. Lors des premi\u00e8res s\u00e9ances avec moi, Charles r\u00eavait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je faisais l\u2019amour avec une femme de dix ans de plus que moi pour qui j\u2019ai une attirance intellectuelle&nbsp;\u00bb. Je commentais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une femme plus \u00e2g\u00e9e pour qui vous avez une attirance intellectuelle&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Charles poursuivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Oui, Il s\u2019agit d\u2019une femme que je connais dans le r\u00eave et dont le fils s\u2019est suicid\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une overdose. Elle est tr\u00e8s croyante aussi, comme moi. Je l\u2019ai connue il y a dix ans et l\u2019ai vue le lendemain du r\u00eave.&nbsp;\u00bb. La nature transf\u00e9rentielle de ce r\u00eave apparaissait donc rapidement, surtout que cette femme plus \u00e2g\u00e9e avait un fils et que Charles F. vivait la prise d\u2019antid\u00e9presseurs comme une drogue. Il poursuivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019aimerais trouver une machine qui puisse me dire qui je suis. Cela fait trente ans que \u00e7a me g\u00eane&nbsp;\u00bb. Je lui disais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne suis pas une machine, mais nous allons essayer de trouver ensemble votre c\u00f4t\u00e9 masculin et votre c\u00f4t\u00e9 f\u00e9minin sans qu\u2019ils s\u2019excluent n\u00e9cessairement&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec sa femme, il aimait lui donner du plaisir&nbsp;: \u00ab&nbsp;moi, mon plaisir n\u2019est pas toujours satisfait&nbsp;\u00bb, en g\u00e9n\u00e9ral il \u00e9tait r\u00e9ticent \u00e0 ce que les femmes le touchent. Il menait donc une vie sexuelle assez tranquille, marqu\u00e9e par l\u2019id\u00e9e somme toute assez virile que c\u2019est lui qui ma\u00eetrisait le jeu. Au contraire, sa vie int\u00e9rieure \u00e9tait plus p\u00e9nible, soulag\u00e9e par des r\u00eaves ou des cauchemars. Son addiction m\u00e9dicamenteuse avait commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019adolescence, ainsi qu\u2019une anorexie \u00e0 15 ans et des crises de t\u00e9tanie. Il f\u00fbt trait\u00e9 en clinique d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 21 ans avec une cure de sommeil, des antid\u00e9presseurs psychostimulants (un m\u00e9dicament qui a disparu de la pharmacop\u00e9e en raison de ses effets secondaires addictifs, le <em>Survector<\/em>) et des somnif\u00e8res calmants. Il voulut s\u2019enfuir de la clinique. Il fit une psychoth\u00e9rapie de 16 \u00e0 21 ans, temps qu\u2019il associait \u00e0 une longue descente d\u00e9pressive. Il avait accumul\u00e9 un grand retard scolaire, puisque de 18 \u00e0 21 ans, il passait son temps au lit, sa m\u00e8re \u00e0 son chevet et en parlait ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Une ma\u00eetresse femme. Mais elle abdiquait totalement devant mon p\u00e8re, elle courbait l\u2019\u00e9chine. Mon p\u00e8re chassait les gar\u00e7ons de la maison et seules les filles \u00e9taient autoris\u00e9es. Cela m\u2019arrangeait tout \u00e0 fait, je voulais \u00eatre comme elles&nbsp;\u00bb. En fait \u00ab&nbsp;ma m\u00e8re et mon p\u00e8re trouvaient bien leur compte \u00e0 cette situation.&nbsp;\u00bb. Charles avait donc per\u00e7u assez rapidement que son malaise \u00e9tait l\u2019\u00e9cho de la difficult\u00e9 du couple parental en d\u00e9sesp\u00e9rance. La femme soumise \u00e0 son mari, telle que la percevait \u00e0 l\u2019\u00e9poque Charles F. fut un des \u00e9l\u00e9ments de sa construction psychique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La \u00ab&nbsp;maladie&nbsp;\u00bb de Charles au c\u0153ur de la tension parentale<\/h2>\n\n\n\n<p>Charles se souvenait de sa vie d\u2019enfant, imaginant d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 3-4 ans, disait-il que sa m\u00e8re \u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 un autre homme, moins s\u00e9v\u00e8re&nbsp;:\u00ab&nbsp;Je n\u2019ai jamais voulu d\u2019autre m\u00e8re, je lui imaginais d\u2019autres hommes. Le charbonnier par exemple&nbsp;; mais pour mon p\u00e8re, je n\u2019ai jamais pens\u00e9 \u00e0 une autre femme que ma m\u00e8re. Ce qui me fait dire que tr\u00e8s petit avant que le d\u00e9sir sexuel existe, un choix se faisait pour moi par l\u2019interm\u00e9diaire de ma m\u00e8re&nbsp;\u00bb. A l\u2019\u00e2ge de six ans, Charles habitait chez ses grands-parents maternels car ses parents travaillaient intens\u00e9ment et un peu plus tard de neuf \u00e0 douze ans lorsqu\u2019il s\u2019ennuyait des exc\u00e8s d\u2019alcool de son grand-p\u00e8re, \u00e9chappant \u00e0 sa surveillance n\u00e9gligente, il rejoignait un voisin, directeur de cin\u00e9ma, de l\u2019\u00e2ge de son grand-p\u00e8re, qui s\u2019occupait de lui, le prenait sur ses genoux et lui demandait de lui caresser le p\u00e9nis, puis exigeait des fellations. \u00ab&nbsp;J\u2019ai connu le premier plaisir en le masturbant \u00e0 9 ans. Je savais que c\u2019\u00e9tait interdit quand je le faisais&nbsp;\u00bb. Charles l\u2019avait connu petit et encore avant lui, sa m\u00e8re aussi du m\u00eame \u00e2ge que la fille de cet homme \u00e2g\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent. Le p\u00e9d\u00e9raste avait-il aussi abus\u00e9 la m\u00e8re de Charles&nbsp;? Cela n\u2019est pas exclu car les abandons \u00e9taient courants dans cette famille. L\u2019opposition \u00e0 son propre p\u00e8re de plus en plus grande avait pouss\u00e9 Charles vers le p\u00e9d\u00e9raste, un homme d\u2019extr\u00eame droite OAS (<em>Organisation de l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te<\/em>) (alors que son p\u00e8re est plut\u00f4t FLN (<em>Front de Lib\u00e9ration Nationale<\/em>)&nbsp;; c\u2019\u00e9tait dans les ann\u00e9es 60 au moment de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. \u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9tais attir\u00e9 par cet homme&nbsp;\u00bb, disait-il. Lorsqu\u2019il e\u00fbt 7 ans, Charles dit qu\u2019il ne voulait plus aller chez ses grands-parents mais ses parents le d\u00e9posaient quand m\u00eame chez eux. Il vola dans les magasins et son p\u00e8re le punit tr\u00e8s violemment. A la fin de cette p\u00e9riode, le vieux p\u00e9d\u00e9raste, sans vergogne, demanda \u00e0 Charles des photos de sa m\u00e8re en maillot de bain, ce qui mit fin aux visites de l\u2019enfant. Donc il l\u2019avait fr\u00e9quent\u00e9 de 9 \u00e0 11 ans. C\u2019est \u00e0 ce moment que Charles se travestit avec les habits de sa m\u00e8re en cachant ses organes g\u00e9nitaux entre ses jambes pour s\u2019exhiber en femme et se contempler ainsi dans la glace. A contrario, son p\u00e8re voulait qu\u2019il soit sportif, exigeant de lui une r\u00e9ussite scolaire et percevant son homosexualit\u00e9, il mettait \u00e0 la porte ses camarades n\u2019acceptant que les filles. Erreur fatale puisque Charles les imita, se maquilla et fit du tricot. Adolescent, Charles e\u00fbt des rapports sexuels avec son cousin, rencontra plusieurs hommes pour qui il \u00e9prouva du d\u00e9sir, puis exp\u00e9rimenta une relation \u00e0 trois avec un couple d\u2019amis avant de rencontrer sa femme. Charles disait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce que la nature ne s\u2019est pas tromp\u00e9e&nbsp;? J\u2019ai un mental de femme dans un corps d\u2019homme&nbsp;; c\u2019est une vieille croyance que les femmes donnent du plaisir alors qu\u2019elles sont objet de d\u00e9sir, les hommes s\u2019en servent&nbsp;; je veux donner du plaisir et ne pas obligatoirement prendre le mien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait il se sentait bisexuel, r\u00eavant souvent d\u2019actes sexuels qui n\u2019aboutissent pas avec des femmes sauf lors de fellations. S\u2019il \u00e9voquait des attirances envers des femmes r\u00e9guli\u00e8rement ou des r\u00eaves \u00e9rotiques en leur pr\u00e9sence, il n\u2019arrivait gu\u00e8re \u00e0 la r\u00e9alisation des rapports sexuels ou \u00e0 en \u00e9prouver une satisfaction. Ces rapprochements avec des femmes \u00e9taient suivis d\u2019attirances vers des hommes avec une r\u00e9gularit\u00e9 d\u00e9concertante. Je me demandais souvent comment il faisait pour maintenir une telle tension. Charles F. mettait un point d\u2019honneur \u00e0 g\u00e9rer les comptes de sa soci\u00e9t\u00e9 et voyait dans l\u2019organisation bien rod\u00e9e de son entreprise l\u2019influence de son p\u00e8re qui avait g\u00e9r\u00e9 une imprimerie. \u00ab&nbsp;Je suis toujours inquiet la semaine&nbsp;\u00bb. Lui aussi avait trouv\u00e9 un arrangement \u00e0 sa vie de couple et de partenaires professionnels, puisque sa femme g\u00e9rait les relations avec les employ\u00e9s au salon et lui, fils de commer\u00e7ant prenait l\u2019organisation financi\u00e8re du salon en main. \u00ab&nbsp;J\u2019ai toujours v\u00e9cu avec la crainte des \u00e9ch\u00e9ances&nbsp;; \u00e7a me p\u00e8se quand je vais mal, mais ce n\u2019est pas insurmontable non plus. Quand j\u2019\u00e9tais petit, j\u2019allais toujours consulter les livres de comptabilit\u00e9 de mon p\u00e8re pour voir comment allait son commerce&nbsp;\u00bb. Charles travaillait dans la mode, en fait lorsque sa fille se rebellait \u00e0 l\u2019adolescence, les id\u00e9es parasites reprenaient et il se soignait avec des m\u00e9dicaments antid\u00e9presseurs psychostimulants. Petit, Charles pensait que sa propre m\u00e8re avait un fort attachement pour lui&nbsp;; une femme fort belle, rejetant les relations sexuelles (surtout la p\u00e9n\u00e9tration) mais pas les confidences avec son fils. Sa m\u00e8re \u00e9tait tr\u00e8s pr\u00e9sente \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s mais peu affectueuse en m\u00eame temps, il recevait peu de c\u00e2lins de sa part. Une femme froide \u00ab&nbsp;\u00e0 la Hitchcock&nbsp;\u00bb dira-t-il d\u2019elle. \u00ab&nbsp;Pourtant elle avait souffert de la s\u00e9paration et m\u2019avait confi\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re pour me garder ce qui lui permettait de travailler. Je restais chez mes grands-parents la semaine et chez mes parents les week-ends&nbsp;\u00bb. L\u2019abandon de la part de sa m\u00e8re que Charles avait d\u00fb ressentir petit, laiss\u00e9 chez ses grands-parents \u00e9tait consid\u00e9rable pour qu\u2019il aille chercher ensuite refuge aupr\u00e8s de cet abuseur.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le transfert, Charles F. me parlait comme \u00e0 sa m\u00e8re aupr\u00e8s de qui il cherchait le r\u00e9confort, mais un peu comme \u00e0 une personne peu sexu\u00e9e, frapp\u00e9e d\u2019inexistence. J\u2019avais le sentiment qu\u2019en d\u00e9pit du malaise profond, rien ne pouvait vraiment \u00eatre modifi\u00e9, juste s\u2019accepter avec des d\u00e9sirs pour des hommes, pens\u00e9es qu\u2019il partageait dans son jardin secret avec moi. Je me sentais vaguement sollicit\u00e9e par ses r\u00eaves o\u00f9 il souhaitait \u00ab&nbsp;satisfaire une femme&nbsp;\u00bb, mais souvent je trouvais qu\u2019il me neutralisait. Peut-\u00eatre avait-il un jour fait une remarque que je n\u2019\u00e9tais pas souvent appr\u00eat\u00e9e ou coiff\u00e9e comme ses clientes. \u00ab&nbsp;Vous \u00eates inatteignable&nbsp;\u00bb, disait-il dans un mouvement de mise \u00e0 distance. R\u00e9trospectivement, je ne peux que critiquer ma passivit\u00e9 de n\u2019avoir pas dit \u00e0 Charles F. qu\u2019il me paralysait.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le dragon ail\u00e9 au rubis<\/h2>\n\n\n\n<p>Un jour il fit un r\u00eave&nbsp;: \u00ab&nbsp;je devais sauver deux enfants (pas les miens) qui \u00e9taient enferm\u00e9s dans un zoo. Une sauvageonne, comme dans <em>La vouivre<\/em> s\u2019est mise contre les grilles et m\u2019a dit \u201csi tu veux tes enfants il faut me faire jouir\u201d&nbsp;\u00bb. Il e\u00fbt alors une impression de contact tr\u00e8s agr\u00e9able puis s\u2019\u00e9veilla en \u00e9rection. Ce r\u00eave d\u2019une forte valeur transf\u00e9rentielle l\u2019avait \u00e9tonn\u00e9. <em>La vouivre<\/em>, personnage l\u00e9gendaire de Franche-Comt\u00e9 est un serpent ail\u00e9 avec un triangle sur le front et un rubis qui se transforme en une belle jeune fille en se baignant dans un lac laissant son rubis sur le rivage. Gare \u00e0 celui qui lui vole ce rubis, il en sera d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me demandais si Charles se transformait en fille sans pouvoir d\u00e9cider si c\u2019\u00e9tait pour satisfaire son p\u00e8re dont la femme manquait d\u2019ardeur sexuelle ou parce qu\u2019il voulait occuper une place privil\u00e9gi\u00e9e aupr\u00e8s de sa m\u00e8re dont il \u00e9tait le confident, ce qui lui permettait de punir son p\u00e8re. C\u2019est peut-\u00eatre un peu les deux car il me semblait que Charles, tr\u00e8s jeune, s\u2019identifiait \u00e0 sa m\u00e8re et aurait voulu \u00e9viter la s\u00e9paration avec elle qui travaillait si loin de lui. Mais il avait aussi dans sa jeune enfance des sentiments tendres envers son p\u00e8re. Ce r\u00eave aussi \u00e9voquait les deux voisines dont la m\u00e8re de Charles et la fille du p\u00e9d\u00e9raste que le r\u00eaveur devait sauver pour les prot\u00e9ger de l\u2019inceste.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la prime enfance, l\u2019homosexualit\u00e9 primaire serait situ\u00e9e en de\u00e7\u00e0 de la diff\u00e9rence des sexes et Evelyne Kestemberg la situerait dans la phase de l\u2019amour du m\u00eame. Freud le souligne, \u00ab&nbsp;p\u00e8re et m\u00e8re, avant la connaissance s\u00fbre de la diff\u00e9rence des sexes, du manque de p\u00e9nis, ne se voient pas attribuer valeur distincte.<sup>6<\/sup>&nbsp;\u00bb. Ensuite, lorsque Charles se travestissait avec les habits de sa m\u00e8re en cachant son sexe entre ses jambes, il jouait \u00e0 faire dispara\u00eetre et r\u00e9appara\u00eetre son p\u00e9nis, avec un plaisir pris \u00e0 jouer avec l\u2019horreur de la castration (\u00e0 la d\u00e9jouer) et, dans le m\u00eame temps, avec un plaisir pris \u00e0 s\u2019identifier \u00e0 une fille, \u00e0 la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout d\u2019un an d\u2019analyse, il avait envie d\u2019\u00eatre seul, ayant fait quelques rencontres avec des hommes mais sans aboutir sexuellement, il les fuyait. Au d\u00e9c\u00e8s de sa femme et apr\u00e8s le mariage de sa fille, Charles \u00e9tait revenu \u00e0 la premi\u00e8re moiti\u00e9 de sa vie alors qu\u2019il \u00e9tait homosexuel, multipliait \u00e0 nouveau les relations sexuelles passag\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Charles n\u2019avait jamais r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 ses parents les relations avec le voisin qui \u00e9tait mort depuis. Son p\u00e8re avait d\u00fb lui para\u00eetre aussi s\u00e9v\u00e8re qu\u2019il s\u2019\u00e9tait senti coupable de se soumettre \u00e0 un autre adulte (\u00ab&nbsp;faire plaisir, donner du plaisir&nbsp;\u00bb). Le jour o\u00f9 il ne s\u2019\u00e9tait plus senti aim\u00e9 du rival paternel, il s\u2019\u00e9tait enfui mais le souvenir de ces sensations s\u2019\u00e9tait imprim\u00e9 psychiquement de fa\u00e7on ind\u00e9l\u00e9bile, laissant Charles dans l\u2019ind\u00e9cision de son orientation sexuelle. Je me suis toujours demand\u00e9e si l\u2019abus du vieux type avait orient\u00e9 le conflit int\u00e9rieur de Charles, ce n\u2019est pas certain&nbsp;; mais son acte pervers n\u2019avait pas facilit\u00e9 non plus la r\u00e9solution du conflit \u0153dipien.<\/p>\n\n\n\n<p>Des repr\u00e9sentations parentales conflictuelles ou une transitionnalit\u00e9 impossible compliquent la traduction par l\u2019enfant des messages inconscients de la sexualit\u00e9 adulte et l\u2019int\u00e9riorisation de l\u2019objet interne. Le traumatique sexuel laisse des traces d\u2019identifications \u00e0 l\u2019agresseur, d\u2019indistinction du sujet de l\u2019objet. La construction de la sexualit\u00e9 infantile privil\u00e9gierait la perception plut\u00f4t que l\u2019hallucinatoire, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019enfant ne peut r\u00e9investir l\u2019image mn\u00e9sique de l\u2019objet satisfaisant, ce qui favoriserait la d\u00e9charge pulsionnelle plut\u00f4t que le refoulement, court-circuitant les affects n\u00e9gatifs. A l\u2019\u00e2ge adulte, apr\u00e8s une vie rang\u00e9e de p\u00e8re de famille, Charles s\u2019\u00e9tait lanc\u00e9 dans des relations vari\u00e9es et passag\u00e8res homosexuelles rempla\u00e7ant son ancienne addiction m\u00e9dicamenteuse&nbsp;; c\u2019est en tout cas ce qu\u2019il \u00e9tait bri\u00e8vement venu raconter, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s avoir interrompu son analyse pour s\u2019occuper de sa femme malade et l\u2019accompagner dans les soins palliatifs. Comme si le but \u00e9tait de r\u00e9parer l\u2019image de soi endommag\u00e9e et de maintenir l\u2019illusion d\u2019un contr\u00f4le omnipotent gr\u00e2ce \u00e0 cet objet ou au comportement addictif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Mc Dougall J., <em>N\u00e9obesoins et solutions addictives, \u00c9ros aux mille et un visages<\/em>, p 232.<\/li><li><em>Op. cit.<\/em> p 233.<\/li><li><em>Op. cit.<\/em> p 233.<\/li><li>Dejours C. (2009), <em>Les Dissidences du corps&nbsp;: r\u00e9pression et subversion en psychosomatique<\/em>, p124.<\/li><li>Duparc F. (2015), <em>La fixation \u00e0 l\u2019infantile, inach\u00e8vement ou perversion&nbsp;?<\/em> p. 1429.<\/li><li>Freud S. (1923), Le moi et le \u00e7a, <em>OCF XVI-P<\/em>, Paris, PUF, 1991, p.275.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Dejours C. (2009).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Les Dissidences du corps&nbsp;: r\u00e9pression et subversion en psychosomatique<\/em>. Paris&nbsp;: Petite Biblioth\u00e8que Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Duparc F. (2015). La fixation \u00e0 l\u2019infantile, inach\u00e8vement ou perversion&nbsp;?&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Rev. Fr. Psychanal.<\/em>, 79&nbsp;: 1429-1433. Mc Dougall J. (1996).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">\u00c9ros aux mille et un visages&nbsp;: la sexualit\u00e9 humaine en qu\u00eate de solutions<\/em>, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1905).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>. Gallimard, 1989.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10490?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019habitude addictive para\u00eet att\u00e9nuer les affects d\u2019inqui\u00e9tude, de culpabilit\u00e9, de col\u00e8re chez des sujets aux assises narcissiques fragiles1. Elle leur permettrait de lutter contre un effondrement d\u00e9pressif ancien par une d\u00e9fense maniaque. \u00c0 partir du cas singulier de Charles F.,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[252],"auteur":[1402],"dossier":[576],"mode":[60],"revue":[568],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10490","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-addictions","auteur-claire-squires","dossier-la-contrainte-addictive-entre-trouble-de-lhumeur-et-trouble-des-limites","mode-payant","revue-568","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10490","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10490"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10490\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13447,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10490\/revisions\/13447"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10490"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10490"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10490"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10490"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10490"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10490"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10490"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}