{"id":10464,"date":"2021-08-22T07:32:05","date_gmt":"2021-08-22T05:32:05","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-sentinelles-2\/"},"modified":"2021-10-08T01:07:26","modified_gmt":"2021-10-07T23:07:26","slug":"le-sentinelles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-sentinelles\/","title":{"rendered":"Le sentinelles"},"content":{"rendered":"\n<p>Issu du latin <em>frons, frontis<\/em>, \u00ab&nbsp;front&nbsp;\u00bb reprend tous les sens du grec o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme le miroir des sentiments, en particulier de la pudeur et de l\u2019impudence. <em>Frons<\/em> signifie \u00e9galement la face ant\u00e9rieure d\u2019une chose, la proue d\u2019un navire. Dans le domaine militaire, front d\u00e9signe la troupe rang\u00e9e face \u00e0 l\u2019ennemi. \u00ab&nbsp;Fronti\u00e8re&nbsp;\u00bb son d\u00e9riv\u00e9 signifie en ancien fran\u00e7ais le front d\u2019une arm\u00e9e, puis une place fortifi\u00e9e face \u00e0 l\u2019ennemi. Le sens moderne proviendrait d\u2019expressions comme pays de fronti\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire gard\u00e9 par une arm\u00e9e, faire fronti\u00e8re, o\u00f9 une troupe se met en ordre de bataille. Aujourd\u2019hui le mot d\u00e9signe la limite s\u00e9parant deux \u00c9tats et, par extension, la limite d\u2019un territoire. Au figur\u00e9, il s\u2019emploie pour d\u00e9signer la limite s\u00e9parant des domaines abstraits ou concrets. L\u2019histoire du mot montre combien la fronti\u00e8re est par essence le lieu de la conflictualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un mouvement circulaire et sans fin qui conduit pas \u00e0 pas de l\u2019individuel au collectif puis de ce dernier au premier, du plus intime de l\u2019ips\u00e9it\u00e9 \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 la plus radicale, la question des fronti\u00e8res est une pr\u00e9occupation de premier plan chez l\u2019 <em>homo sapiens<\/em>, obs\u00e9dante, obsessionnelle. Quel que soit le domaine envisag\u00e9, il se trouve confront\u00e9 depuis la nuit des temps &#8211; pour succomber ici \u00e0 cette facilit\u00e9 historique &#8211; aux trois genres de la connaissance<sup>1<\/sup>&nbsp;: le connu, l\u2019inconnu et l\u2019inconnaissable o\u00f9 le premier ouvre sur le second, le deuxi\u00e8me sur le troisi\u00e8me. Si leur caract\u00e8re commun est justement d\u2019avoir des fronti\u00e8res mobiles, contin\u00fbment remani\u00e9es \u00e0 la suite des d\u00e9couvertes et des replis de l\u2019esprit humain, le troisi\u00e8me terme, domaine de pr\u00e9dilection du n\u00e9ant, n\u2019offre aucune prise \u00e0 son entendement. \u00c0 l\u2019inconnu correspond l\u2019\u00e9nigme d\u00e9chiffrable, \u00e0 l\u2019inconnaissable, le myst\u00e8re insondable. Si la premi\u00e8re trouve solution, le second n\u2019a d\u2019autre r\u00e9ponse que le mythe sacr\u00e9 ou profane.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci pos\u00e9 et dans cette perspective, si, dans l\u2019ordre phylog\u00e9n\u00e9tique, min\u00e9ral, v\u00e9g\u00e9tal, animal, humain, les fronti\u00e8res qui s\u00e9parent le quatri\u00e8me terme des deux premiers ne posent gu\u00e8re de difficult\u00e9s majeures, il en va tout autrement avec le troisi\u00e8me. Les d\u00e9crets qui fondent la nature et le dessin de la fronti\u00e8re entre animalit\u00e9 et humanit\u00e9 sont loin d\u2019\u00eatre une cause entendue et r\u00e9gl\u00e9e une bonne fois pour toute. T\u00e9moin, la querelle o\u00f9 s\u2019opposent aujourd\u2019hui encore, parfois avec v\u00e9h\u00e9mence, cr\u00e9ationnistes et darwinistes. Dominique Lecourt, dans\u00a0<em>L\u2019Am\u00e9rique entre la Bible et Darwin<\/em><sup>2<\/sup>, rappelle la m\u00e9saventure de John T. Scopes. Ce professeur de biologie fut arr\u00eat\u00e9, emprisonn\u00e9 et jug\u00e9 pour avoir enseign\u00e9 les th\u00e9ories de Charles Darwin. Son avocat, Clarence Darrow le d\u00e9fendit avec passion contre le procureur William J. Bryant, cr\u00e9ationniste farouche, au cours du fameux proc\u00e8s du singe qui se d\u00e9roula \u00e0 Dayton, Tennessee, en juillet 1925. La presse de l\u2019\u00e9poque s\u2019en fit largement l\u2019\u00e9cho, signe d\u2019une Am\u00e9rique \u00e0 la fois tr\u00e8s attach\u00e9e aux textes bibliques et fascin\u00e9e par les th\u00e9ories de Charles Darwin. Le proc\u00e8s de Little Rock, Arkansas, en 1982 t\u00e9moigne plus pr\u00e8s de nous de la vivacit\u00e9 de la controverse. Comme l\u2019\u00e9crit H\u00e9l\u00e8ne Puiseux, nous trouvons d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019Am\u00e9rique, dont une partie refuse de \u201cdescendre du singe\u201d et se tient \u00e0 la version de la cr\u00e9ation de l\u2019homme par Dieu le Sixi\u00e8me jour<sup>3<\/sup>\u00a0\u00bb, de l\u2019autre les \u00e9volutionnistes convaincus, comme Sigmund Freud, notamment lorsqu\u2019il \u00e9crit dans son <em>Introduction \u00e0 la psychanalyse<\/em> combien la science a inflig\u00e9 par trois fois un camouflet \u00e0 la \u00ab\u00a0m\u00e9galomanie humaine\u00a0\u00bb<sup>4<\/sup>. Celle qui se pr\u00e9tend ma\u00eetresse d\u2019elle-m\u00eame, sujet d\u2019une Cr\u00e9ation s\u00e9par\u00e9e dont elle serait le sommet et propri\u00e9taire de la Terre, centre de l\u2019univers. \u00c0 l\u2019appui de l\u2019astronomie alexandrine, Nicolas Copernic, confirm\u00e9 par Galil\u00e9e, l\u2019anthropologie de Charles Darwin et la psychanalyse de Sigmund Freud sont venus dans cet ordre d\u00e9boulonner le dogme. Gouvern\u00e9 par son inconscient, l\u2019Homme est un singe nu, perdu sur un grain de poussi\u00e8re cosmique dans l\u2019incommensurabilit\u00e9 de l\u2019univers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure de ces lignes, des parcs d\u2019attractions \u00ab&nbsp;cr\u00e9ationnistes&nbsp;\u00bb sont ouverts aux Etats-Unis o\u00f9 l\u2019 <em>homo sapiens<\/em> c\u00f4toie sans vergogne des dinosaures. Des r\u00e9pliques sont envisag\u00e9es en Allemagne et en Angleterre. Darwinistes et cr\u00e9ationnistes s\u2019affrontent sur la fronti\u00e8re de leurs id\u00e9ologies respectives, Touma\u00ef et Lucile \u00e9tant pour les premiers de v\u00e9n\u00e9rables anc\u00eatres et pour les seconds un vulgaire gorille et une guenon sans importance. Si le darwinisme d\u00e9truit le dogme, ce que les fondamentalistes ne lui pardonnent pas, car le combat est en fait politique, il n\u2019\u00e9vacue en rien la question de Dieu. On peut \u00eatre un scientifique rigoureux pr\u00e9occup\u00e9 par la Cr\u00e9ation dans toutes ses expressions et \u00eatre p\u00e9tri dans le m\u00eame mouvement et sans contradiction de spiritualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dieu ne joue pas aux d\u00e9s&nbsp;\u00bb disait Albert Einstein. La querelle est loin d\u2019\u00eatre vid\u00e9e. Si avec Dominique Lestel \u00ab&nbsp;toutes les soci\u00e9t\u00e9s humaines sont aussi des soci\u00e9t\u00e9s animales&nbsp;\u00bb<sup>5<\/sup>, <em>L\u2019homo sapiens<\/em> est alors un animal cultiv\u00e9 soumis comme tout \u00eatre de la cr\u00e9ation \u00e0 une loi immanente&nbsp;: il lui faut na\u00eetre, se d\u00e9velopper, participer \u00e0 sa mesure \u00e0 la marche du monde, puis dispara\u00eetre. \u00c0 l\u2019exception du divin &#8211; lorsque ce dernier est admis &#8211; tout ce qui a commenc\u00e9 doit finir. Du mat\u00e9rialisme le plus froid, le plus cynique, \u00e0 la th\u00e9ologie la plus fondamentaliste ou la plus mystique &#8211; qu\u2019il convient express\u00e9ment de distinguer de la pr\u00e9c\u00e9dente &#8211; cette loi universelle sur laquelle nous ne cessons de travailler pour lutter contre la peur, l\u2019angoisse ou la terreur du n\u00e9ant, nous conduit \u00e0 construire sur des \u00e9tablis artistiques, philosophiques, religieux, scientifiques, etc., des mod\u00e8les multiples et vari\u00e9s pour approcher au plus pr\u00e8s de deux instants, celui de l\u2019irruption du n\u00e9ant par la naissance et celui de la disparition dans ce dernier par la mort. Si chaque \u00eatre fait l\u2019exp\u00e9rience de la naissance, puis de la vie jusqu\u2019\u00e0 celle ultime de la mort, nul mortel n\u2019a l\u2019exp\u00e9rience du n\u00e9ant. En d\u2019autres termes et pour emprunter ici ce n\u00e9ologisme fac\u00e9tieux&nbsp;: si la vie peut \u00eatre v\u00e9cue, la mort, elle, ne peut \u00eatre \u00ab&nbsp;mourue&nbsp;\u00bb<sup>6<\/sup>. C\u2019est sans doute pour cette raison que les monstres &#8211; quelle que soit leur nature &#8211; fascinent tant. Comme des ludions ballott\u00e9s entre attraction et r\u00e9pulsion, nous entamons avec eux une valse-h\u00e9sitation o\u00f9 le vertige nous guette \u00e0 chacun de nos pas, car tels des sentinelles plac\u00e9es aux fronti\u00e8res que l\u2019humanit\u00e9 s\u2019assigne, ils nous enseignent, de l\u2019individuel au collectif, sur les origines et le destin de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur de la question de l\u2019\u00e9volution, qu\u2019elle soit reconnue ou ni\u00e9e, se niche une autre interrogation qui lui est intimement li\u00e9e et bien plus d\u00e9rangeante&nbsp;: celle de la mutation. Il ne s\u2019agit pas ici des transformations spectaculaires, fond in\u00e9puisable o\u00f9 puise le corpus science fictionnel<sup>7<\/sup> dont le monstre est une figure de proue<sup>8<\/sup>, mais de celle, lentement fa\u00e7onn\u00e9e \u00e0 l\u2019aune du temps g\u00e9ologique et r\u00e9sultat de l\u2019\u00e9volution, dont l\u2019\u00e9difice c\u00e9r\u00e9bral qui nous fait \u00eatre au monde, fiert\u00e9 d\u2019<em>homo sapiens<\/em>, s\u2019av\u00e8re \u00eatre le fruit combin\u00e9. Selon Paul D. Maclean<sup>9<\/sup>, le cerveau ant\u00e9rieur humain pr\u00e9sente, par l\u2019\u00e9volution, les caract\u00e9ristiques fondamentales de trois formations anatomiques qui refl\u00e8tent notre parent\u00e9 ancestrale avec les reptiles, les mammif\u00e8res primitifs et les mammif\u00e8res r\u00e9cents.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces trois formations constituent une hi\u00e9rarchie de trois cerveaux en un, ou cerveau tri-unique avec lequel \u00ab\u00a0nous sommes oblig\u00e9s de jeter un regard sur le monde et sur nous-m\u00eames \u00e0 travers trois mentalit\u00e9s compl\u00e8tement diff\u00e9rentes\u00a0\u00bb<sup>10<\/sup>. Les deux plus anciennes mentalit\u00e9s, d\u00e9pourvues de l\u2019\u00e9quipement neural n\u00e9cessaire \u00e0 la communication verbale, n\u2019en sont pas pour autant rel\u00e9gu\u00e9es au domaine de l\u2019inconscient<sup>11<\/sup> et cette caract\u00e9ristique ne diminue en rien leur intelligence. Dans ce droit fil, Paul D. Maclean ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Il est habituellement admis que nous avons \u00e0 faire \u00e0 une intelligence unique. Quelle valeur pouvons-nous accorder \u00e0 des tests d\u2019intelligence qui ignorent largement deux de nos personnalit\u00e9s, toujours pr\u00e9sentes en nous, m\u00eame si dans le pass\u00e9 elles n\u2019ont jamais pu apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire\u00a0?\u00a0\u00bb<sup>12<\/sup>. Ici vacillent quelques fronti\u00e8res pourtant solidement constitu\u00e9es et arrim\u00e9es. Sous l\u2019apparence humaine sommeille en nous le crocodile<sup>13<\/sup> et nous partageons, tel un h\u00e9ritage, certains de nos comportements avec nos s\u0153urs les souris<sup>14<\/sup>. A la suite de Copernic, Galil\u00e9e, Darwin et Freud, il conviendrait d\u2019ajouter Maclean \u00e0 la liste des correcteurs de la fatuit\u00e9 humaine<sup>15<\/sup>.<br>Sur les traces de Ren\u00e9 Girard<sup>16<\/sup>, une lecture anthropologique du fait religieux conduit \u00e0 le comprendre comme une tentative pour circonscrire au mieux la violence et notamment celle qualifi\u00e9e de bestiale en l\u2019homme, en dressant entre ce dernier et les autres fruits de la cr\u00e9ation \u2013 les animaux en l\u2019occurrence &#8211; une fronti\u00e8re \u00e9tanche et infranchissable que les postures darwiniennes rendent mobile et poreuse. Si le crocodile ne peut raisonnablement avoir en toute circonstance qu\u2019un comportement de crocodile &#8211; configuration c\u00e9r\u00e9brale oblige -, il en va tout autrement pour l\u2019 <em>homo sapiens<\/em> qui pourtant, selon les circonstances, peut se comporter comme un reptile. Nous sommes ici bien en de\u00e7\u00e0 de la fraternit\u00e9, pourtant jug\u00e9e scandaleuse par certains, avec la gente simiesque dont rendent compte des films comme <em>Tarzan<\/em> ou <em>King Kong<\/em><sup>17<\/sup>, fleuron du cin\u00e9ma fantastique hollywoodien, et une fois encore nous pouvons mesurer \u00e0 quel point la figure du monstre est irrempla\u00e7able comme totem<sup>18<\/sup> au sens o\u00f9 l\u2019entend Claude L\u00e9vi-Strauss pour penser l\u2019ensemble des fronti\u00e8res \u00e9rig\u00e9es et leur mouvement, mais \u00e9galement des passages qui conduisent l\u2019 <em>homo sapiens<\/em> de l\u2019animalit\u00e9 la plus primitive<sup>19<\/sup> vers les confins o\u00f9 il tutoie le divin, en d\u2019autres termes des chemins qui conduisent de la violence \u00e0 l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Cf. Jean-Paul Valabrega, <em>Les mythes conteurs de l\u2019inconscient<\/em>, Paris, Payot, 2001.<\/li><li>Cf. Dominique Lecourt, <em>L\u2019Am\u00e9rique entre la Bible et Darwin<\/em>, Paris, PUF, 1992.<\/li><li>H\u00e9l\u00e8ne Puiseux, Tarzan, Cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision et mythologie contemporaine, Annuaire EPHE, Section des Sciences Religieuses, T. 107, 1998-1999, p.\u00a0501.<\/li><li>Sigmund Freud, <em>Introduction \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1916-1917, pp.\u00a0343-344, 1992.<\/li><li>Dominique Lestel, <em>L\u2019animal singulier<\/em>, Paris, Seuil, 2004, p.\u00a015.<\/li><li>Formule emprunt\u00e9e \u00e0 Jean-Paul Valabrega.<\/li><li>Dans cette perspective, l\u2019univers des DC comics et des Marvel Comics o\u00f9 \u00e9voluent pour le premier\u00a0: <em>Animal Man, Aquaman, Batman, Superman<\/em>, etc. et pour le second\u00a0: <em>Spider-Man, les X-Men, les Quatre Fantastiques, Hulk, Daredevil<\/em> et autre <em>Ghost Rider<\/em>, constitue un corpus de premier ordre \u00e0 \u00e9tudier.<\/li><li>Et nous revenons ici \u00e0 l\u2019\u00e9tymologie de \u00ab\u00a0front\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9e en introduction.<\/li><li>Paul D. Maclean, Roland Guyot, <em>Les trois cerveaux de l\u2019Homme<\/em>, Paris, Robert Laffont, 1990.<\/li><li>Ibid, p.\u00a046.<\/li><li>Les th\u00e9ories neurobiologiques de Paul D. Maclean sur le fonctionnement c\u00e9r\u00e9bral ne s\u2019opposent pas \u00e0 celles m\u00e9tapsychologiques de Sigmund Freud sur l\u2019appareil psychique. Ces deux mani\u00e8res de comprendre <em>homo sapiens<\/em> sont au contraire parfaitement compl\u00e9mentaires et permettent d\u2019avoir une vue d\u2019ensemble particuli\u00e8rement dynamique.<\/li><li>ibid.<\/li><li>Certains contes de tradition orale fort anciens t\u00e9moignent avec une incroyable prescience des d\u00e9couvertes de Paul D. Maclean, <em>\u00ab\u00a0L\u2019homme, le serpent et la pierre\u00a0\u00bb<\/em> est de ceux-l\u00e0, in <em>Caravane de r\u00eaves<\/em> d\u2019Idries Shah, Monaco, \u00c9ditions du Rocher, 1989.<\/li><li>Bien au-del\u00e0 de l\u2019anthropomorphisme, classique dans ce genre de production, le succ\u00e8s de R\u00e9my le rat gastronome dans <em>Ratatouille<\/em> des studios Disney Pixar en 2008 r\u00e9side \u00e9galement dans ce cousinage phylog\u00e9n\u00e9tique.<\/li><li>Cette fatuit\u00e9 se retrouve dans le combat \u00e9cologique o\u00f9 il s\u2019agirait \u00ab\u00a0de sauver la Terre\u00a0\u00bb de l\u2019incons\u00e9quence humaine. Ga\u00efa en a connu d\u2019autres et de bien pires. Pour les 4, 5 milliards d\u2019ann\u00e9es qu\u2019il lui reste \u00e0 tourner autour du soleil, elle poursuivra sa propre \u00e9volution. L\u2019Homme n\u2019a pas \u00e0 sauver la Terre. Artisan de sa propre destruction, c\u2019est l\u00e0 son originalit\u00e9 dans le r\u00e8gne vivant, il a \u00e0 se sauver lui-m\u00eame s\u2019il ne veut pas dispara\u00eetre comme tant d\u2019autres esp\u00e8ces avant lui. Il se prend pour le propri\u00e9taire d\u2019une r\u00e9sidence dont il est un locataire privil\u00e9gi\u00e9 dot\u00e9 d\u2019un permis de construire ou de d\u00e9truire\u2026<\/li><li>Cf. Ren\u00e9 Girard, <em>La violence et le sacr\u00e9<\/em>, Paris, Grasset, 1972.<\/li><li>La filmographie relative \u00e0 ces deux figures est cons\u00e9quente, citons\u00a0<em>Tarzan, l\u2019homme-singe<\/em>\u00a0de 1932, r\u00e9alis\u00e9 par Woodbridge S. Van Dike II pour le compte de la MGM et le\u00a0<em>King Kong<\/em>\u00a0de 1933 r\u00e9alis\u00e9 par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack pour la RKO.<\/li><li>Dans <em>Le Tot\u00e9misme aujourd\u2019hui<\/em> et la <em>Pens\u00e9e sauvage<\/em>, Claude L\u00e9vi-Strauss (1962) envisage le tot\u00e9misme comme un cas particulier &#8211; d\u00e9form\u00e9 et fantasm\u00e9 par l\u2019observateur occidental &#8211; d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral dans les soci\u00e9t\u00e9s dites sauvages, o\u00f9 les diff\u00e9rences sont signifi\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 au moyen de diff\u00e9rences r\u00e9pertori\u00e9es dans le monde naturel. Ainsi un animal tot\u00e9mique n\u2019est pas l\u2019objet d\u2019une identification avec un individu ou un groupe mais c\u2019est un outil conceptuel. Les esp\u00e8ces naturelles ne sont pas choisies parce que \u00ab\u00a0bonnes \u00e0 manger, mais parce que bonnes \u00e0 penser\u00a0\u00bb.<\/li><li>Dont le cannibalisme est une des expressions, voire la trag\u00e9die v\u00e9cue par l\u2019\u00e9quipe de rugby uruguayenne dont l\u2019avion s\u2019est \u00e9cras\u00e9 en Cordill\u00e8re des Andes en 1972. Cf. Piers Paul Read, <em>Les survivants<\/em>, Paris, Grasset, 1974.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10464?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Issu du latin frons, frontis, \u00ab&nbsp;front&nbsp;\u00bb reprend tous les sens du grec o\u00f9 il est consid\u00e9r\u00e9 comme le miroir des sentiments, en particulier de la pudeur et de l\u2019impudence. Frons signifie \u00e9galement la face ant\u00e9rieure d\u2019une chose, la proue d\u2019un&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214],"thematique":[302],"auteur":[1574],"dossier":[304],"mode":[61],"revue":[305],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10464","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","thematique-animaux","auteur-olivier-rachid-grim","dossier-humanite-et-animalite-les-frontieres-de-passage","mode-gratuit","revue-305","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10464","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10464"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10464\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17098,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10464\/revisions\/17098"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10464"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10464"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10464"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10464"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10464"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10464"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10464"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10464"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10464"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}