{"id":10445,"date":"2021-08-22T07:32:03","date_gmt":"2021-08-22T05:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/marlene-dumas-the-image-as-a-burden-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:32:03","modified_gmt":"2021-08-22T05:32:03","slug":"marlene-dumas-the-image-as-a-burden","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/marlene-dumas-the-image-as-a-burden\/","title":{"rendered":"Marl\u00e8ne Dumas. The image as a Burden"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\">EXPOSITION<br \/>\nFondation Beyeler &agrave; B&acirc;le. <strong>Jusqu&#39;au 6 septembre 2014<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">On la reconna&icirc;t tout de suite, Martha, la femme de Sigmund, parmi les portraits expos&eacute;s pour l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2015 &agrave; la Fondation Beyeler de B&acirc;le, de l&rsquo;artiste sud-africaine Marl&egrave;ne Dumas. Pour le visiteur psychanalyste, ce tableau repr&eacute;sentant une figure famili&egrave;re peut servir d&rsquo;introduction &agrave; une &oelig;uvre peu connue en France, mais tr&egrave;s reconnue internationalement. En effet, le portrait de Martha montre d&rsquo;embl&eacute;e la virtuosit&eacute;, la profondeur, l&rsquo;originalit&eacute;, voire l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; de l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Marl&egrave;ne Dumas est une artiste majeure de la fin du 20e et d&eacute;but du 21e si&egrave;cle. Cependant, &agrave; l&rsquo;encontre des modes, Marl&egrave;ne Dumas pratique le dessin et la peinture, qui plus est de la peinture figurative, et qui plus est encore de la peinture qui a comme th&egrave;me central la figure humaine. On peut donc encore faire de la peinture actuellement, malgr&eacute; Marcel Duchamp et les diktats des mus&eacute;es et des circuits du march&eacute; de l&rsquo;art. Marl&egrave;ne Dumas reprend, ou prolonge, une tradition de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, o&ugrave; on retrouve Goya, Rembrandt, Titien, Velazquez &hellip;, mais la renouvelle compl&egrave;tement, en s&rsquo;inspirant du pop, le cin&eacute;ma, et surtout la photographie. Elle vit entour&eacute;e de photographies issues de toutes parts (comme Bacon), mais elle pr&eacute;cise &#8211; et c&rsquo;est l&agrave; l&rsquo;originalit&eacute; de sa d&eacute;marche &#8211; qu&rsquo;il y a tout un processus qui va de la photo qui est une image, &agrave; la peinture qui est une &oelig;uvre. Elle ne travaille jamais avec des mod&egrave;les ou sur le vif. Ce qui l&rsquo;int&eacute;resse, c&rsquo;est la transformation de l&rsquo;image. C&rsquo;est une nouvelle fa&ccedil;on de penser la repr&eacute;sentation, et de d&eacute;finir la cr&eacute;ation artistique dans un monde envahi par les m&eacute;dias. Comment traiter le flot d&rsquo;images qui nous submerge ? Telle et sa question. C&rsquo;est une peinture d&rsquo;interpr&eacute;tation, aux r&eacute;f&eacute;rences multiples. Un exemple impressionnant est<em> Blanche-Neige<\/em>, o&ugrave; l&rsquo;on voit une femme allong&eacute;e, un visage blafard, un corps cadav&eacute;rique, &eacute;voquant le<em> Christ <\/em>de Holbein de la<em> Kunstmuseum<\/em> de B&acirc;le, tableau qui a fortement marqu&eacute; Marl&egrave;ne Dumas. Le bras ballant, d&eacute;tach&eacute;, tenant un appareil photo, au-dessus d&rsquo;un sol parsem&eacute; de <em>Polaroids<\/em>. Derri&egrave;re elle, sept petits gar&ccedil;ons, les nains, aux visages curieux et narquois. On est tr&egrave;s loin de<em> Walt Disney<\/em>.<br \/>\nLe monde de Marl&egrave;ne Dumas est enti&egrave;rement occup&eacute; par le th&egrave;me de la mort et le th&egrave;me de l&rsquo;enfance. Nombreux sont les enfants, des b&eacute;b&eacute;s nouveaux-n&eacute;s, qui semblent tout juste sortis du ventre maternel, porteurs de messages de l&rsquo;autre monde, des fillettes, des gar&ccedil;ons, souvent nus. Les &eacute;v&eacute;nements politiques aussi ont une grande place, sur lesquels l&rsquo;artiste porte le regard d&eacute;cal&eacute; de celle qui a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute;e par une famille occidentale dans un pays non-occidental. Appartenant aux classes dominantes de la colonisation, elle&nbsp; t&eacute;moigne de son identification aux classes opprim&eacute;es, aux Noirs, elle, si blonde, comme on la voit dans la vid&eacute;o qu&rsquo;il ne faut pas manquer. On est frapp&eacute; par le d&eacute;calage entre cette femme volubile, dr&ocirc;le et gaie, qui circule dans son atelier o&ugrave; elle accumule des choses dans un joyeux d&eacute;sordre, et son &oelig;uvre empreinte de la dimension tragique de l&rsquo;humain.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Terminons par le tableau d&rsquo;une fillette. Elle est debout, elle nous regarde, d&rsquo;un air sombre. Yeux noirs charbonneux, sur un corps aux couleurs pastels tendres. Il n&rsquo;y a pas de fond. Elle nous fait face. Ses mains d&eacute;goulinent, l&rsquo;une de noir, l&rsquo;autre de rouge. On pense voir du sang. Mais non, c&rsquo;est de la peinture. C&rsquo;est une toile r&eacute;alis&eacute;e &agrave; partir d&rsquo;une photo de la fille de Marl&egrave;ne Dumas, jouant &agrave; s&rsquo;asperger de peinture. Le tableau s&rsquo;appelle <em>The Painter<\/em>. M&ecirc;me si on ne dispose pas de la photo, on imagine le chemin parcouru pour aboutir &agrave; cette &oelig;uvre, d&rsquo;une grande beaut&eacute; picturale et qui incite &agrave; des questions troublantes. Le familier d&rsquo;un enfant jouant se transforme en une inqui&eacute;tante figure humaine, sans &acirc;ge, cadav&eacute;rique, provocante. Les transformations de Marl&egrave;ne Dumas r&eacute;v&egrave;lent de nouveaux sens cach&eacute;s derri&egrave;re les apparences, mais aucun ne s&rsquo;impose, tous restent myst&eacute;rieux. La figure reste insondable. La question reste irr&eacute;solue.<\/p>\n<p>Simone Korff Sausse<em>, psychanalyste S.P.P.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10445?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>EXPOSITION Fondation Beyeler &agrave; B&acirc;le. Jusqu&#39;au 6 septembre 2014 On la reconna&icirc;t tout de suite, Martha, la femme de Sigmund, parmi les portraits expos&eacute;s pour l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2015 &agrave; la Fondation Beyeler de B&acirc;le, de l&rsquo;artiste sud-africaine Marl&egrave;ne Dumas. 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