{"id":10441,"date":"2021-08-22T07:32:03","date_gmt":"2021-08-22T05:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-psychanalyse-en-institution-convergence-de-resistances-2\/"},"modified":"2021-09-17T11:59:14","modified_gmt":"2021-09-17T09:59:14","slug":"la-psychanalyse-en-institution-convergence-de-resistances","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-psychanalyse-en-institution-convergence-de-resistances\/","title":{"rendered":"La psychanalyse en institution : convergence de r\u00e9sistances"},"content":{"rendered":"\n<p>En g\u00e9om\u00e9trie, l\u2019espace est l\u2019ensemble des points dont la position est d\u00e9finie par trois coordonn\u00e9es. Je me propose de montrer dans un parcours freudien que les trois coordonn\u00e9es qui d\u00e9finissent l\u2019espace de l\u2019analyse en institution sont, plus qu\u2019ailleurs, ceux de la r\u00e9sistance&nbsp;: r\u00e9sistance <em>dans<\/em> la psychanalyse, r\u00e9sistance <em>de<\/em> la psychanalyse, r\u00e9sistance <em>\u00e0<\/em> la psychanalyse. La r\u00e9sistance, c\u2019est d\u2019abord la r\u00e9sistance <em>dans<\/em> l\u2019analyse, celle \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la cure&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce qui dans les actes et les paroles de l\u2019analysant s\u2019oppose \u00e0 l\u2019acc\u00e8s de celui-ci \u00e0 son inconscient&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>. Elle a progressivement \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e par Freud comme l\u2019axe central du travail d\u2019analyse, dans la pratique et la th\u00e9orie de la pratique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9voquer la r\u00e9sistance <em>de<\/em> la psychanalyse, comme le souligne F. Gantheret, sugg\u00e8re \u00ab&nbsp;en premi\u00e8re approche que ce sont des forces ext\u00e9rieures \u00e0 elle-m\u00eame qui pourraient la mettre en danger&nbsp;\u00bb<sup>2<\/sup>, forces auxquelles elle aurait \u00e0 r\u00e9sister. C\u2019est aujourd\u2019hui plus que jamais une \u00e9vidence et elle peut m\u00eame s\u2019illustrer par une actualit\u00e9 particuli\u00e8rement violente comme en t\u00e9moigne l\u2019exp\u00e9rience du P.A.R.I.<sup>3<\/sup> Dans un second temps, remarquons qu\u2019une r\u00e9sistance de l\u2019analyse est n\u00e9cessaire au d\u00e9roulement de la cure elle-m\u00eame, \u00e0 ce qu\u2019il y ait opposition \u00e0 son mouvement. \u00ab&nbsp;Il n\u2019est de r\u00e9sistance du patient qu\u2019\u00e0 l\u2019insistance de l\u2019analyse, insistance \u00e0 ce qu\u2019on ne s\u2019en tienne pas l\u00e0, \u00e0 ce qui s\u2019immobilise dans le sympt\u00f4me, et particuli\u00e8rement dans la cure \u00e0 cette modalit\u00e9 de sympt\u00f4me qu\u2019est le transfert&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>. Cette r\u00e9sistance est de la responsabilit\u00e9 de l\u2019analyste et repose sur ce que l\u2019on nomme sa technique analytique. Enfin mentionnons \u00ab&nbsp;une r\u00e9sistance de l\u2019analyse indispensable \u00e0 sa survie, oppos\u00e9e \u00e0 sa propre entropie&nbsp;\u00bb<sup>5<\/sup>. Plus elle progresse vers l\u2019originaire, plus la r\u00e9sistance s\u2019exacerbe. Or, \u00ab&nbsp;il n\u2019est de r\u00e9sistance de l\u2019analyse qu\u2019\u00e0 cette force d\u2019inertie qu\u2019elle rencontre. (\u2026) L\u2019analyse se ressource \u00e0 sa r\u00e9sistance&nbsp;\u00bb<sup>6<\/sup>. J. Derrida<sup>7<\/sup>, et G. Favez<sup>8<\/sup> avant lui, indiquait \u00ab&nbsp;la n\u00e9cessit\u00e9 intrins\u00e8que d\u2019une r\u00e9sistance de l\u2019analyse \u201cd\u00e8s l\u2019origine\u201d, une r\u00e9sistance de l\u2019analyse \u00e0 elle-m\u00eame, comme \u201cprocessus auto-immunitaire\u201d d\u2019embl\u00e9e install\u00e9 contre une auto-destructivit\u00e9 sans cesse mena\u00e7ante&nbsp;\u00bb<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019angoisse devant l\u2019horreur &#8211; l\u2019horreur \u00e0 l\u2019approche de l\u2019originaire &#8211; peut engendrer insensiblement un mouvement d\u2019\u00e9vitement de la position d\u2019inconfort pourtant consubstantielle \u00e0 la situation d\u2019analyste. Des pressions, des incitations ext\u00e9rieures rencontrant le trouble n\u00e9cessaire de l\u2019analyste peuvent conduire \u00e0 un mouvement de r\u00e9assurance narcissique. L\u2019institution est pratique en cela&nbsp;: elle favorise la lat\u00e9ralisation des transferts, permet d\u2019\u00e9viter la conflictualit\u00e9 autour du paiement etc. Le risque est alors pour l\u2019analyste de devenir un analyste <em>institu\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce risque a cours du fait que le mouvement psychanalytique entend l\u00e9gitimement s\u2019encadrer, se faire conna\u00eetre aux yeux du monde, conforter son sentiment interne d\u2019existence, en r\u00e9pondant au souci de l\u00e9gitimer son corpus th\u00e9orique et sa pratique, en s\u2019instituant donc. Le risque pour la psychanalyse n\u2019est-il pas alors sa propre trahison&nbsp;? Institutions et psychanalyse marchent n\u00e9cessairement de guingois. L\u2019institution, \u00ab&nbsp;un mal n\u00e9cessaire&nbsp;!&nbsp;\u00bb disait J.-B. Pontalis. Ainsi, plus que le refus, c\u2019est l\u2019assimilation qui repr\u00e9sente la plus grande menace pour la psychanalyse. Aussi soyons vigilants vis-\u00e0-vis de ceux qui nous disent leur franche sympathie envers nos convictions, notre savoir et, dans le m\u00eame mouvement, nous invitent \u00e0 nous \u00ab&nbsp;moderniser&nbsp;\u00bb arguant d\u2019un caract\u00e8re jug\u00e9 obsol\u00e8te, d\u00e9suet, de notre cadre&nbsp;: \u00ab&nbsp;La psychanalyse \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, c\u2019est formidable, c\u2019est une richesse. Vive l\u2019\u0153cum\u00e9nisme psychoth\u00e9rapeutique&nbsp;!\u2026 Mais une s\u00e9ance par semaine, c\u2019est bien suffisant, voyons&nbsp;! Et votre file active, elle va devoir augmenter&nbsp;\u00bb, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Centre Victor Smirnoff a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1955. Depuis juin 2016 il est rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sainte-Anne. Lors d\u2019une intervention ouvrant cette journ\u00e9e, la direction, notre direction, nous a assur\u00e9 \u2013 je cite \u2013 \u00ab&nbsp;que le volet psychanalytique devait \u00eatre renforc\u00e9 au sein de notre \u00e9tablissement pour que Sainte-Anne retrouve sa place de num\u00e9ro un mondial&nbsp;!&nbsp;\u00bb Nous allons, \u00e0 n\u2019en pas douter, \u00eatre \u00ab&nbsp;parfaitement trait\u00e9s. Je peux donc cordialement recommander \u00e0 tous (\u2026)&nbsp;\u00bb<sup>10<\/sup> le Centre Hospitalier Sainte-Anne&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes particuli\u00e8rement sensibles \u00e0 la question des sources de la r\u00e9sistance <em>\u00e0<\/em> la psychanalyse en institution. Une exp\u00e9rience s\u2019est charg\u00e9e de stimuler notre questionnement. En 2003, en moins d\u2019une ann\u00e9e, un ITEP<sup>11<\/sup> dans lequel nous exercions a vu sa pratique et ses fondements s\u2019effondrer. Cette exp\u00e9rience, syntone au climat de scepticisme &#8211; voire de rejet &#8211; entourant la psychanalyse, a vivement sollicit\u00e9 notre contre-transfert. Face au brutal renforcement des r\u00e9sistances de cette institution, de ses dirigeants et de ses tutelles administratives, nous nous sommes particuli\u00e8rement interrog\u00e9s sur la part prise par ces r\u00e9sistances contre l\u2019action de l\u2019analyse en tant que pourvoyeuse d\u2019un progr\u00e8s dans la culture. Cet enjeu majeur nous a sembl\u00e9 d\u00e9passer les murs de l\u2019institution car si notre outil\u00a0<em>princeps<\/em>, l\u2019activit\u00e9 interpr\u00e9tante se trouve limit\u00e9e, voire st\u00e9rilis\u00e9e, dans ses effets par l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en formuler quoi que ce soit (absence d\u2019adresse, de demande et de souci de la v\u00e9rit\u00e9), il s\u2019agit pour l\u2019analyste de demeurer confiant en sa m\u00e9thode et, conjointement pour l\u2019analyse, de ne pas s\u2019en trouver affadie, d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e, d\u00e9natur\u00e9e. R\u00e9sister, donc. Le premier risque consiste, comme depuis les d\u00e9buts, \u00e0 l\u00e2cher sur la dimension du sexuel infantile d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment. Cr\u00e9\u00e9 en 1970 &#8211; autre \u00e9poque\u00a0! &#8211; codirig\u00e9 par un m\u00e9decin psychiatre-psychanalyste et employant des psychanalystes \u00e0 ce titre, il fonctionnait sur le mod\u00e8le de la psychanalyse institutionnelle. Suite \u00e0 des changements dans l\u2019\u00e9quipe, une directrice revendiquant des \u00ab\u00a0connaissances th\u00e9rapeutiques\u00a0\u00bb aussi bien qu\u2019administratives, pour tout dire omnipotente, fut nomm\u00e9e par un conseil d\u2019administration se disant \u00ab\u00a0favorable \u00e0 la psychanalyse\u00a0\u00bb\u00a0<em>(sic)<\/em>. Chacun conna\u00eet trop bien, parce qu\u2019unanimement partag\u00e9es par les institutions prenant en charge la souffrance psychique, les directives qui ont pu alors \u00eatre prises. Ces derni\u00e8res, sous couvert d\u2019arguments s\u00e9curitaires, hygi\u00e9nistes, normativants, gestionnaires, furent impos\u00e9es sans \u00e9laboration ni concertation pluridisciplinaire parce que relevant, disait-on, de \u00ab\u00a0l\u2019urgence \u00e0 r\u00e9pondre aux crit\u00e8res des accr\u00e9ditations\u00a0\u00bb. Les cons\u00e9quences sont connues, parmi lesquelles la souffrance li\u00e9e \u00e0 une perte de sens des pratiques alors brutalement \u00e9tablies plus qu\u2019institu\u00e9es<sup>12<\/sup>. L\u2019interchangeabilit\u00e9 des intervenants \u00e9tant promulgu\u00e9e, les \u00e9ducateurs charg\u00e9s d\u2019exercer des \u00ab\u00a0missions \u00e9ducatives\u00a0\u00bb \u2013 avec ce que cela suppose de n\u00e9gation du transfert \u2013 perdirent la constance relationnelle avec les patients. Les psychologues durent r\u00e9aliser des \u00e9valuations, les psychiatres des prescriptions, ces derni\u00e8res devant \u00eatre major\u00e9es \u00e0 fin de contention vis-\u00e0-vis de passages \u00e0 l\u2019acte de plus en plus nombreux et violents au sein de l\u2019institution (le transfert, encore). S\u2019en suivit une multiplication des arr\u00eats de travail puis des d\u00e9missions, enfin le recrutement de professionnels dont la pratique pr\u00e9conisait le d\u00e9veloppement de strat\u00e9gies adaptatives.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si Freud n\u2019a que tr\u00e8s peu abord\u00e9 la question de la psychanalyse en institution<sup>13<\/sup>, notre proposition veut que l\u2019apport freudien soit non seulement n\u00e9cessaire et incontournable mais propre \u00e0 nous \u00e9clairer suffisamment sur les ph\u00e9nom\u00e8nes en jeu, pour peu, suivant son mod\u00e8le, que l\u2019on s\u2019immerge, que l\u2019on accepte de se perdre pour enfin se rep\u00e9rer dans un mouvement contre les r\u00e9sistances. Tentons ce parcours.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il publie <em>Les trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em> en 1905, Freud est un m\u00e9decin bourgeois de 49 ans, p\u00e8re de famille, mais qui prend le risque de bousculer les convenances. Promouvant la sexualit\u00e9 infantile au fondement de la vie psychique, la parution des <em>Trois essais<\/em> lui valut, selon Jones<sup>14<\/sup>, injures et insultes. Freud devint \u00ab&nbsp;universellement impopulaire&nbsp;\u00bb. Pour autant, l\u2019aspect scandaleux des <em>Trois essais<\/em> ne r\u00e9side pas dans la mise en avant des manifestations de la sexualit\u00e9 infantile&nbsp;: il n\u2019y a \u00ab&nbsp;rien dans ce livre que n\u2019aient su de tout temps parents, nourrices et \u00e9ducateurs&nbsp;\u00bb<sup>15<\/sup>. Le scandale plus fondamental pour la raison est ailleurs, comme l\u2019a rappel\u00e9 D. Suchet<sup>16<\/sup>. La sexualit\u00e9 infantile que Freud met \u00e0 jour qui est \u00ab&nbsp;l\u2019invention de la psychanalyse (\u2026) n\u2019est pas de celle qui est l\u00e0 au premier coup d\u2019\u0153il, de celle qui s\u2019organise dans un mouvement processuel d\u2019int\u00e9gration des diff\u00e9rentes pulsions partielles, de celle qui, centr\u00e9e par et sur les zones \u00e9rog\u00e8nes est tendue vers la sexualisation-d\u00e9sexualisation \u0153dipienne et les sublimations qui s\u2019ensuivent. Cette sexualit\u00e9 sexu\u00e9e, r\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 la diff\u00e9rence des sexes, peut \u00eatre retrouv\u00e9e par r\u00e9gression et rem\u00e9moration. (\u2026) Mais si la psychanalyse avait seulement donn\u00e9 ces bases scientifiques-l\u00e0 (\u2026) elle n\u2019aurait pas fait l\u2019objet d\u2019inimiti\u00e9. (C\u2019est qu\u2019elle a) mis \u00e0 jour un autre aspect de la vie sexuelle (\u2026). Un aspect violent et destructeur. La psychanalyse en quelque sorte d\u00e9nature la sexualit\u00e9 infantile, elle d\u00e9voile qu\u2019elle abrite dans son ombre un sexuel sauvage qui demeure, lui, en toute circonstance inacceptable. (\u2026) Ce sexuel intraitable n\u2019\u00e9volue pas, ne se modifie pas, il est domin\u00e9 par l\u2019excitation&nbsp;\u00bb<sup>17<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab\u00a0<em>Les R\u00e9sistances contre la psychanalyse<\/em>\u00a0\u00bb publi\u00e9 en 1925 en fran\u00e7ais dans la <em>Revue juive<\/em>, Freud r\u00e9affirme la source de la r\u00e9sistance. Ce sont \u00ab\u00a0l\u2019horreur de l\u2019inceste (\u2026) qui s\u2019exprime directement et sans entraves par un d\u00e9sir sexuel\u00a0\u00bb et le puissant d\u00e9sir de meurtre qui survivent \u00e0 \u00ab\u00a0la p\u00e9riode primaire\u00a0\u00bb<sup>18<\/sup>. Ainsi, plus le refoulement des pulsions sexuelles est fort, plus la r\u00e9sistance est vive. Dans son autobiographie r\u00e9dig\u00e9e en 1924, donc quasi-concomitamment au texte qui nous int\u00e9resse, il relate\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ceci, je re\u00e7ois de France d\u2019innombrables articles et coupures de journaux t\u00e9moignant d\u2019une lutte violente contre l\u2019acceptation de la psychanalyse (\u2026)\u00a0\u00bb<sup>19<\/sup>. Au d\u00e9but de cet \u00e9crit il convoque \u00ab\u00a0le petit enfant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le croyant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le paysan\u00a0\u00bb. Chez tous il constate le m\u00eame trouble qu\u2019il rapporte \u00e0 \u00ab\u00a0la d\u00e9pense psychique que le nouveau exige.\u00a0\u00bb Il poursuit\u00a0: la psychanalyse est l\u2019objet \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9clats d\u2019indignation, de raillerie, et de m\u00e9pris\u00a0\u00bb. Aussi, pour que les r\u00e9sistances atteignent cette intensit\u00e9 il a fallu que \u00ab\u00a0la psychanalyse ne mette pas en jeu que des r\u00e9sistances intellectuelles.\u00a0\u00bb. Elles re\u00e7oivent le soutien de \u00ab\u00a0forces affectives\u00a0\u00bb consid\u00e9rables. Cette dimension affective \u00ab\u00a0explique leur caract\u00e8re passionn\u00e9 et l\u2019insuffisance de leur logique. Le cas se pr\u00e9sente ainsi\u00a0: en collectivit\u00e9, l\u2019homme se comporte \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la psychanalyse exactement comme le n\u00e9vros\u00e9 en traitement.\u00a0\u00bb Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est une lourde t\u00e2che que d\u2019avoir pour patient le genre humain tout entier.\u00a0\u00bb Car, pour qu\u2019il y ait civilisation (<em>kultur<\/em>\u00a0en allemand), la soci\u00e9t\u00e9 impose \u00e0 l\u2019individu de renoncer \u00e0 ses pulsions sexuelles et agressives. \u00c0 l\u2019approche de sa conclusion, Freud rappelle qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, dans un bref essai intitul\u00e9\u00a0<em>Une difficult\u00e9 de la psychanalyse<\/em>\u00a0(1917), que \u00ab\u00a0l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique des rapports du moi conscient \u00e0 l\u2019inconscient tout puissant constituait, pour l\u2019amour-propre humain, une s\u00e9rieuse humiliation. Cette humiliation qualifi\u00e9e de psychologique venant s\u2019ajouter \u00e0 l\u2019humiliation biologique, inflig\u00e9e par la th\u00e9orie de la descendance (Darwin), et \u00e0 l\u2019humiliation cosmologique due \u00e0 la d\u00e9couverte de Copernic\u00a0\u00bb<sup>20<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion d\u2019humiliation nous conduit \u00e0 envisager la dimension narcissique. Entendre le narcissisme comme une source de la r\u00e9sistance chronique et ind\u00e9passable \u00e0 la psychanalyse nous rapproche de la question des motifs du rejet de la psychanalyse dans la pratique institutionnelle contemporaine. C\u2019est notre proposition. Notons pr\u00e9alablement que, s\u2019agissant de narcissisme, on pourrait supposer que nous changeons radicalement de registre et quittons la dimension du sexuel infantile violent, opini\u00e2tre, pulsionnel. Il n\u2019en est rien. Dans <em>Le malaise dans la culture<\/em>, Freud tente de confirmer son hypoth\u00e8se de la pulsion de mort par l\u2019analyse de la \u00ab&nbsp;psychologie collective.&nbsp;\u00bb Pour autant il exclut, et c\u2019est essentiel, que cette derni\u00e8re soit totalement d\u00e9gag\u00e9e de la pulsion libidinale&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le sexuel est pr\u00e9sent l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 on le croirait absent.&nbsp;\u00bb<sup>21<\/sup>. L\u2019apport essentiel de ce texte, r\u00e9dig\u00e9 durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1929, concerne l\u2019agression interne. Son projet est de \u00ab&nbsp;mettre en avant le sentiment de culpabilit\u00e9, comme le probl\u00e8me le plus important de la culture et de montrer que le prix \u00e0 payer pour le progr\u00e8s est une perte de bonheur de par l\u2019\u00e9l\u00e9vation du sentiment de culpabilit\u00e9.&nbsp;\u00bb<sup>22<\/sup> \u00ab&nbsp;Nous saisissons la pulsion de mort d\u2019autant plus difficilement que d\u2019une certaine mani\u00e8re nous ne la devinons derri\u00e8re l\u2019\u00c9ros que comme un reliquat, et qu\u2019elle se d\u00e9robe \u00e0 nous l\u00e0 o\u00f9 elle n\u2019est pas trahie par son alliage avec l\u2019\u00c9ros (\u2026) m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 elle survient sans vis\u00e9e sexuelle, y compris dans la rage de destruction la plus aveugle, on ne peut m\u00e9conna\u00eetre que sa satisfaction est connect\u00e9e \u00e0 une jouissance narcissique extraordinairement \u00e9lev\u00e9e, du fait qu\u2019elle fait voir au moi ses anciens souhaits de toute-puissance accomplis.&nbsp;\u00bb<sup>23<\/sup>. Ceci \u00e9tabli, remarquons que <em>Malaise<\/em> s\u2019ouvre sur la question du narcissisme, s\u2019appuyant sur une conception de la haine et de l\u2019agressivit\u00e9 ant\u00e9rieure \u00e0 1920 et \u00e0 l\u2019introduction de la pulsion de mort. Dans son dialogue avec R. Rolland qui envisage un \u00ab&nbsp;sentiment oc\u00e9anique&nbsp;\u00bb, Freud d\u00e9crit le narcissisme une nouvelle fois comme la r\u00e9ponse de l\u2019enfant \u00e0 l\u2019illimit\u00e9 de sa d\u00e9tresse. Face \u00e0 son impuissance absolue, l\u2019enfant r\u00e9agit par un sentiment d\u2019omnipotence. L\u2019objet, par son existence m\u00eame, par l\u2019\u00e9cart qui le constitue, fait obstacle \u00e0 cette toute-puissance. La haine, n\u00e9e de cette frustration, s\u2019oriente vers cet objet qui r\u00e9siste \u00e0 l\u2019\u00ab&nbsp;enveloppement narcissique&nbsp;\u00bb<sup>24<\/sup>. Cette haine qui \u00e9mane du moi tend \u00e0 \u00ab&nbsp;supprimer&nbsp;\u00bb ou \u00e0 \u00ab&nbsp;\u00e9viter&nbsp;\u00bb tout ce qui s\u2019oppose \u00e0 la domination illimit\u00e9e du narcissisme. La haine pour l\u2019objet, pour tout ce qui s\u00e9pare, pour tout ce qui le renvoie aux limites, \u00e0 ce qui \u00e9chappe, cette haine situ\u00e9e au c\u0153ur du narcissisme fait de celui-ci un p\u00f4le de destructivit\u00e9. <em>Malaise<\/em> met en perspective le narcissisme-moi-haine avec la dimension du collectif. Cela nous conduit \u00e0 concevoir la haine pour l\u2019objet \u00ab&nbsp;psychanalyse&nbsp;\u00bb dans ce qu\u2019il incarne, ce qu\u2019il actualise dans les transferts &#8211; singuliers ou collectifs &#8211; comme relevant d\u2019une d\u00e9tresse infantile. Quand il est question de la violence d\u2019une tutelle, de celle de la direction d\u2019un \u00e9tablissement face \u00e0 l\u2019analyse, c\u2019est de narcissisme dont il est question, c\u2019est-\u00e0-dire avant que la destructivit\u00e9 n\u2019ait trouv\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser autour de et par l\u2019objet. Ce dernier, par son existence m\u00eame, irrite et t\u00e9moigne de \u00ab&nbsp;la petite diff\u00e9rence&nbsp;\u00bb, du petit \u00e9cart par rapport \u00e0 la norme. Il nuit \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019optimisation&nbsp;\u00bb, \u00e0 la rationalit\u00e9 comptable. Il d\u00e9clenche des forces d\u2019an\u00e9antissement, un transfert haineux. C\u2019est cette \u00ab&nbsp;jouissance narcissique extraordinairement \u00e9lev\u00e9e&nbsp;\u00bb que je situe \u00e0 la base des ph\u00e9nom\u00e8nes de rejet les plus violents de la psychanalyse en institution.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Le malaise dans la culture<\/em>, l\u2019accent se porte avant que la destructivit\u00e9 n\u2019ait trouv\u00e9 \u00e0 se lier, avant qu\u2019elle ne se m\u00eale au conflit n\u00e9vrotique. De plus, dans sa pr\u00e9face J. Andr\u00e9 remarque que \u00ab&nbsp;l\u2019angoisse de castration est totalement absente de l\u2019argumentation. Pas une fois il n\u2019y est fait r\u00e9f\u00e9rence. Certes l\u2019absence du mot n\u2019est pas n\u00e9cessairement celle de la chose. Lorsque Freud note que l\u2019homme est pouss\u00e9 dans la voie du progr\u00e8s technique par le souci de perfectionner ses organes, de faire \u201cdispara\u00eetre les limites de leurs performances\u201d, on se dit que de fa\u00e7on implicite, l\u2019angoisse de castration est bien la puissance incitante d\u2019un tel d\u00e9veloppement. Mais pr\u00e9cis\u00e9ment&nbsp;: c\u2019est mettre en exergue les potentialit\u00e9s de cr\u00e9ation, de symbolisation d\u2019une telle angoisse, c\u2019est la situer du c\u00f4t\u00e9 du progr\u00e8s de la culture, non de son \u201cmalaise\u201d et de ce qui la d\u00e9chire jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9truire.&nbsp;\u00bb<sup>25<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, n\u2019est-ce pas se tromper de topique et d\u2019enjeu que penser la violence extr\u00eame du rejet de la psychanalyse d\u2019une institution dans un registre phobique&nbsp;? Car c\u2019est situer les choses du c\u00f4t\u00e9 du complexe nucl\u00e9aire des n\u00e9vroses alors que l\u2019angoisse de castration est pourvoyeuse de progr\u00e8s culturel. Les exigences administratives contemporaines immod\u00e9r\u00e9es, insatiables sont des d\u00e9sirs d\u2019enfant. Un enfant nostalgique du temps o\u00f9 son narcissisme l\u2019amenait \u00e0 jouir sans limite et sans manque, de tout et de tous dans un sc\u00e9nario polymorphiquement pervers. Un enfant \u00e0 qui la civilisation, la pr\u00e9\u00e9minence du chiffre, du quantifiable, aid\u00e9 en cela par la r\u00e9volution informatique, a impos\u00e9 une r\u00e9pression telle de ses pulsions sexuelles et agressives que s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 lui un malaise. Un malaise et une tentative d\u2019y rem\u00e9dier par une r\u00e9gression au sentiment d\u2019omnipotence. Une omnipotence hygi\u00e9niste, normative, s\u00e9curitaire et gestionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous appuyons \u00e0 nouveau sur les propos de D. Suchet<sup>26<\/sup>. \u00ab&nbsp;L\u2019avanc\u00e9e culturelle de la psychanalyse, voire l\u2019avanc\u00e9e culturelle par la psychanalyse ouvre et cr\u00e9e les voies de sa propre destruction&nbsp;: le malaise menace l\u2019analysant, l\u2019analyste, la soci\u00e9t\u00e9 (et l\u2019\u00e9tablissement qui la repr\u00e9sente). La caract\u00e9ristique essentielle du sexuel est d\u2019\u00eatre pulsionnel, une source continue d\u2019excitation dont la destructivit\u00e9 (le reliquat de l\u2019exc\u00e8s du sexuel) fait effet. Elle agit entre (\u2026) l\u2019analyste et l\u2019analysant (comme elle agit entre le patient et l\u2019institution, entre l\u2019analyste et l\u2019institution). L\u2019analyse qui lui donne voix au chapitre devient elle-m\u00eame ind\u00e9sirable. Les hommes en tant que masse (les institutions) se comportent comme l\u2019individu, et la r\u00e9sistance \u00e0 la psychanalyse est autant culturelle qu\u2019individuelle.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 juillet 1929, alors qu\u2019il vient d\u2019achever la r\u00e9daction de <em>Malaise<\/em>, Freud \u00e9crit \u00e0 L. Andr\u00e9as-Salom\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tandis que je m\u2019adonne \u00e0 ce travail, j\u2019ai d\u00e9couvert les v\u00e9rit\u00e9s les plus banales.&nbsp;\u00bb Au terme de ce parcours \u00e0 grandes enjamb\u00e9es, aucune nouveaut\u00e9 sur le fond&nbsp;: il n\u2019y a pas d\u2019analyse sans r\u00e9sistances. Mais le red\u00e9couvrir par la m\u00e9tapsychologie, n\u2019est-ce pas pr\u00e9cis\u00e9ment faire une part du travail de l\u2019analyste en institution&nbsp;? C\u2019est peut-\u00eatre aussi une r\u00e9ponse. \u00ab&nbsp;Quel espace pour la psychanalyse en institution&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;: un espace de convergence des r\u00e9sistances&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;L\u2019analyse nous propose de ne plus vivre nostalgique&nbsp;\u00bb, \u00e9crivait G. Favez, \u00ab&nbsp;elle dit non \u00e0 celui ou celle qui r\u00e9clame que l\u2019on dise oui \u00e0 leur d\u00e9sir d\u2019enfant.&nbsp;\u00bb<sup>27<\/sup>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>J. Laplanche et J-B. Pontalis (1967), <em>Vocabulaire de la psychanalyse<\/em>, Paris, Puf, p. 420.<\/li><li>F. Gantheret (2002), \u00ab\u00a0R\u00e9sistance de l\u2019analyse (la r\u00e9sistance, \u00e0 l\u2019origine)\u00a0\u00bb, in C. Chabert, F. Gantheret et M. Gribinski, <em>R\u00e9sistances<\/em>, Paris, Association Psychanalytique de France, p. 46<\/li><li>A. Ciavaldini (2014), \u00ab\u00a0L\u2019incroyable (et triste) histoire du PARI. R\u00e9flexions d\u2019aujourd\u2019hui sur la perversion et la violence institutionnelles\u00a0\u00bb, <em>Revue de Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique de Groupe,<\/em> 63, 2\u00a0; S. Cohen (2014), \u00ab\u00a0La phobie de la peste\u00a0\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 78, 3.<\/li><li><em>Ibid.<\/em> p. 49.<\/li><li><em>Ibid.<\/em> p. 48.<\/li><li><em>Ibid.<\/em> p. 49.<\/li><li>J. Derrida (1996), <em>R\u00e9sistances de la psychanalyse<\/em>, Paris, Galil\u00e9e.<\/li><li>G. Favez (1972), \u00ab\u00a0Un rendez-vous avec l\u2019angoisse\u00a0\u00bb, in G. Favez (dir.), <em>\u00catre psychanalyste<\/em>, Dunod, 1976, p. 82-96.<\/li><li>F. Gantheret, <em>op. cit.<\/em>, p. 49.<\/li><li>P. Gay (1991), <em>Freud, une vie<\/em>, Paris, Hachette Pluriel, p. 722. Dans un contexte autrement plus dramatique, ne mettant pas seulement en jeu la survie de la psychanalyse mais la sienne propre, en 1938, Freud doit s\u2019exiler. Pour pouvoir quitter Vienne, devant affirmer sa confiance dans le r\u00e9gime nazi, il lui est impos\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 un questionnaire. Il fait suivre sa signature d\u2019une petite phrase humoristique et insolente\u00a0: \u00ab\u00a0Je peux cordialement recommander \u00e0 tous la gestapo\u00a0\u00bb. Si cette comparaison peut para\u00eetre choquante et outranci\u00e8re, elle nous semble pleinement dans l\u2019esprit freudien, celui d\u2019une r\u00e9sistance \u00e0 toute forme de diktat et particuli\u00e8rement ici celui de la pens\u00e9e. Le d\u00e9tour par l\u2019humour s\u2019inscrit dans le processus civilisateur et ce qu\u2019il requiert de r\u00e9sistance aux pens\u00e9es massifiantes.<\/li><li>Institut Th\u00e9rapeutique \u00c9ducatif et P\u00e9dagogique.<\/li><li>Nous rejoignons F. Tosquelles dans sa distinction entre \u00ab\u00a0\u00e9tablissement\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0institution\u00a0\u00bb.<\/li><li>A. Homer-Koffi en retrace quelques jalons dans le pr\u00e9sent volume.<\/li><li>E. Jones (1957), <em>La vie et l\u2019\u0153uvre de Sigmund Freud, t. II. Les ann\u00e9es de maturit\u00e9<\/em>, 1901-1919, Paris, Puf.<\/li><li>M. Gribinski (1998), \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb, in Sigmund Freud, <em>Les trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Gallimard p.11.<\/li><li>D. Suchet, \u00ab\u00a0Encore, Sauvage\u00a0\u00bb, <em>Journ\u00e9es ouvertes de l\u2019Association Psychanalytique de France<\/em>, \u00ab\u00a0L\u2019enfant de la psychanalyse\u00a0\u00bb, Paris, 21 janvier 2017. \u00c0 para\u00eetre.<\/li><li><em>Ibid.<\/em><\/li><li>S. Freud (1925), \u00ab\u00a0R\u00e9sistances \u00e0 la psychanalyse\u00a0\u00bb, <em>Nouvelle Revue de Psychanalyse<\/em>, n\u00b020, 1979, p 180.<\/li><li>S. Freud (1924), <em>Ma vie et la psychanalyse<\/em>, Gallimard, 1949, p. 18.<\/li><li>S. Freud (1925), <em>op. cit.<\/em> p 181.<\/li><li>J. Andr\u00e9 (1995), \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb, in Sigmund Freud (1929), Malaise dans la culture, Paris, Puf, p. XII.<\/li><li>S. Freud (1929), <em>Le malaise dans la culture<\/em>, Puf, p. 77.<\/li><li><em>Ibid<\/em>, p. 63.<\/li><li>J. Andr\u00e9, <em>op. cit.<\/em>, p. VIII.<\/li><li>J. Andr\u00e9, <em>op. cit.<\/em>, p. XV.<\/li><li>D. Suchet, <em>op. cit.<\/em> \u00e0 para\u00eetre. Nos ajouts entre crochets.<\/li><li>G. Favez, (1974), \u00ab\u00a0La r\u00e9sistance de l\u2019analyse\u00a0\u00bb, <em>Nouvelle Revue de Psychanalyse<\/em>, n\u00b010, p. 199.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10441?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En g\u00e9om\u00e9trie, l\u2019espace est l\u2019ensemble des points dont la position est d\u00e9finie par trois coordonn\u00e9es. Je me propose de montrer dans un parcours freudien que les trois coordonn\u00e9es qui d\u00e9finissent l\u2019espace de l\u2019analyse en institution sont, plus qu\u2019ailleurs, ceux de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1225,1214],"thematique":[278,217,418],"auteur":[1441],"dossier":[589],"mode":[60],"revue":[550],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-dispositif","rubrique-psychanalyse","thematique-institution","thematique-psychotherapie","thematique-transfert","auteur-wilfried-morice","dossier-la-consultation-psychanalytique-en-institution-2-3-quels-transferts","mode-payant","revue-550","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10441"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13635,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10441\/revisions\/13635"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10441"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10441"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10441"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10441"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10441"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10441"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10441"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}