{"id":10434,"date":"2021-08-22T07:32:03","date_gmt":"2021-08-22T05:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/une-passion-ordinaire-2\/"},"modified":"2021-09-18T16:01:14","modified_gmt":"2021-09-18T14:01:14","slug":"une-passion-ordinaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/une-passion-ordinaire\/","title":{"rendered":"Une passion ordinaire"},"content":{"rendered":"\n<p>Elle conserve de son enfance les joues roses et les boucles blondes, et sans doute aussi une gaucherie charmante dans sa mani\u00e8re de se mouvoir, comme si son corps de femme n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait en place. Assise, tout change d\u00e8s qu\u2019elle se met \u00e0 parler&nbsp;: de l\u2019\u00e9pisode violent qu\u2019elle vient de traverser, de ce qui, \u00e0 son avis, l\u2019a provoqu\u00e9 et la conduit chez moi, de ses attentes par rapport \u00e0 l\u2019analyse. Je suis frapp\u00e9e par le contraste entre l\u2019intellectualisation de son discours et l\u2019inflation progressive mais tenace d\u2019une dramatisation sensible dans le ton de sa voix et la pr\u00e9cipitation de ses mots. Je suis touch\u00e9e par son d\u00e9sarroi face \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience psychique extr\u00eame \u00e0 laquelle elle a \u00e9t\u00e9 soumise et s\u00e9duite par le contact avec elle, direct, confiant, ouvert, et par l\u2019incroyable vivacit\u00e9 de son intelligence et de sa sensibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au premier abord, l\u2019histoire pourrait para\u00eetre banale, une passion ordinaire, celle d\u2019une jeune fille \u00e9perdue d\u2019admiration pour son professeur, dont elle est l\u2019\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, le lien intellectuel privil\u00e9gi\u00e9 entre eux du fait de ses hautes performances universitaires. Et puis, un jour, elle assiste, une fois de plus, une fois de trop, \u00e0 une sc\u00e8ne entre le professeur et une autre \u00e9l\u00e8ve, une sc\u00e8ne violente, effractante par la force destructrice des mots, par l\u2019humiliation qu\u2019elle engendre. Sid\u00e9r\u00e9e dans un premier temps, Salom\u00e9 est ensuite envahie par des cauchemars r\u00e9currents au cours desquels elle est poursuivie par un homme brandissant une hache, elle se r\u00e9veille toujours \u00e0 temps, haletante, affol\u00e9e, incapable de se rendormir par crainte du retour du r\u00eave obs\u00e9dant. Dans les mois qui suivent, elle s\u2019\u00e9puise, l\u2019angoisse la gagne et s\u2019empare d\u2019elle, d\u2019abord sans v\u00e9ritable motif, puis associ\u00e9e \u00e0 la peur que son professeur se f\u00e2che contre elle et \u00e0 la conviction affolante qu\u2019il la hait et qu\u2019il va la tuer.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette br\u00e8ve \u00e9vocation clinique appelle un certain nombre de premiers commentaires en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des constructions psychanalytiques classiques&nbsp;: et tout d\u2019abord, la pr\u00e9gnance de la s\u00e9duction dans ses configurations incestueuses et \u0153dipiennes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es au-del\u00e0 de l\u2019adolescence. Le fantasme \u00ab&nbsp;On bat un enfant&nbsp;\u00bb y occupe une place privil\u00e9gi\u00e9e mais nous savons bien qu\u2019il constitue une des traductions parmi les plus \u00e9videntes de la s\u00e9duction du p\u00e8re. Les deux premi\u00e8res phases du fantasme se rep\u00e8rent presque trop clairement&nbsp;: dans la premi\u00e8re, Salom\u00e9 est la spectatrice passive des \u00ab&nbsp;coups&nbsp;\u00bb port\u00e9s par le professeur (le p\u00e8re) \u00e0 sa camarade (la s\u0153ur)&nbsp;; dans la seconde, fantasmatique, c\u2019est elle qui est battue. Le symbolisme sexuel du r\u00eave de la hache s\u2019impose, bien s\u00fbr\u2026 convoquant une comptine enfantine (que vous connaissez peut-\u00eatre) o\u00f9 la fille d\u2019un roi est tu\u00e9e \u00e0 coups de hache par son p\u00e8re parce qu\u2019elle veut entrer au couvent alors qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 de la marier&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La qualit\u00e9 de ces configurations change lorsque le fantasme bascule dans la conviction et que l\u2019angoisse et l\u2019effroi se mobilisent face \u00e0 un danger consid\u00e9r\u00e9 comme r\u00e9el. Mais ne pourrait-on pas penser qu\u2019il s\u2019agit seulement d\u2019une excessive repr\u00e9sentation \u00e0 la mesure de l\u2019intensit\u00e9 pulsionnelle qu\u2019elle tente de traiter, et consid\u00e9rer qu\u2019elle s\u2019inscrit dans un contexte hyst\u00e9rique marqu\u00e9 par la dramatisation&nbsp;? Apr\u00e8s tout, Freud a chang\u00e9 de point de vue en abandonnant (pas compl\u00e8tement d\u2019ailleurs) sa <em>neurotica<\/em>, pour autant la croyance dans la r\u00e9alit\u00e9 de la s\u00e9duction n\u2019a pas d\u00e9sert\u00e9 le vie psychique&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, un double mouvement se rep\u00e8re d\u2019embl\u00e9e&nbsp;: narcissique du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019id\u00e9alisation et de la tyrannie qu\u2019elle exerce notamment dans la peur de d\u00e9cevoir&nbsp;; objectale dans l\u2019investissement massif d\u2019une figure d\u2019homme ind\u00e9niablement paternelle, en tout cas, dans une premi\u00e8re approche. D\u00e8s le second entretien, la dramaturgie \u0153dipienne s\u2019impose&nbsp;: un p\u00e8re ador\u00e9, admir\u00e9, trop souvent absent, et en contraste absolu, une m\u00e8re d\u00e9test\u00e9e, \u00e0 la fois crainte et m\u00e9pris\u00e9e, bref une configuration assez courante \u00e0 l\u2019adolescence o\u00f9 l\u2019ambivalence se traite par une distribution exclusive de l\u2019amour et de la haine. Un produit psychique d\u00e9termin\u00e9 en effet par la pubert\u00e9 et les changements qu\u2019elle impose puisque c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment depuis cette p\u00e9riode que les relations de Salom\u00e9 et de sa m\u00e8re ont brusquement sombr\u00e9 dans une conflictualit\u00e9 irritante et intraitable, bien diff\u00e9rente de l\u2019immense proximit\u00e9 qui les unissait auparavant sur un mode fusionnel. Aujourd\u2019hui la s\u00e9paration entre elles est radicale et cette radicalit\u00e9 prend une ampleur excessive au service d\u2019une exclusion qui s\u00e9pare le p\u00e8re et la m\u00e8re dans des repr\u00e9sentations totalement oppos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cette d\u00e9mesure qui me fait penser, assez vite, que la figure du professeur, si massivement investie, condense \u00e0 la fois l\u2019image de la m\u00e8re id\u00f4latr\u00e9e de l\u2019enfance et du p\u00e8re ch\u00e9ri qui lui, continue d\u2019incarner l\u2019id\u00e9al. Quel rapport avec le th\u00e8me de ce colloque, direz-vous&nbsp;? Voil\u00e0 une situation classique o\u00f9 le passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte ravive, dans un second apr\u00e8s-coup, celui de l\u2019adolescence et vient, par la voie du d\u00e9placement, compliquer la coexistence d\u2019investissements d\u2019objets pluriels. Certes, mais c\u2019est peut-\u00eatre cette distribution pulsionnelle sur des objets diff\u00e9rents qui devient tout \u00e0 coup difficile, comme si la triangulation devenait insupportable, comme s\u2019il fallait maintenir \u00e0 tout prix une figure id\u00e9ale, une figure et une seule puisque c\u2019est bien vers l\u2019unique que tend le narcissisme. C\u2019est la massivit\u00e9 de l\u2019excitation qui retient l\u2019attention, une excitation pulsionnelle port\u00e9e \u00e0 son acm\u00e9 dans sa valence libidinale et \u00e9rotique et dans sa valence haineuse voire destructrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de notre troisi\u00e8me rencontre, Salom\u00e9 me confie le vrai motif de son tourment&nbsp;: de mani\u00e8re compl\u00e8tement inattendue, elle s\u2019est sentie passionn\u00e9ment amoureuse de son professeur \u00e0 la reprise des cours. La peur qu\u2019elle avait \u00e9prouv\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment s\u2019\u00e9tait brusquement transform\u00e9e en une irr\u00e9pressible attraction sexuelle, la mettant dans un \u00e9tat \u00e9lationnel \u00e0 la fois excitant et mena\u00e7ant&nbsp;: la menace cependant est directement associ\u00e9e maintenant \u00e0 l\u2019angoisse de ne pouvoir satisfaire ses d\u00e9sirs, \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude de ne pas vraiment s\u00e9duire l\u2019objet de sa passion et \u00e0 l\u2019excitation immense et inapaisable que cette situation engendre. Pour lui, elle est pr\u00eate \u00e0 tout abandonner, sa vie d\u2019\u00e9tudiante, son petit ami, ses meilleures amies, sa famille et m\u00eame son p\u00e8re. Mais l\u2019aime-t-il&nbsp;? Est-il pr\u00eat, comme elle, \u00e0 s\u2019engager dans un grand amour alors que sa vie \u00e0 lui est faite depuis longtemps&nbsp;? Et ne risque-t-il pas de la rejeter si elle se pr\u00e9cipite vers lui corps et \u00e2me&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a bien \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par sa m\u00e8re, elle croit l\u2019avoir d\u00e9\u00e7ue quand elle est devenue une femme&nbsp;: r\u00e9p\u00e9tition sans doute de la conviction de n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 suffisamment satisfaisante quand, dix ans apr\u00e8s elle, est n\u00e9 un petit fr\u00e8re, seul gar\u00e7on apr\u00e8s une s\u00e9rie de filles, et dont elle est persuad\u00e9e qu\u2019il est l\u2019unique objet d\u2019amour de la m\u00e8re. De sa passion ancienne pour elle, entre elles, elle parle avec amertume et r\u00e9signation. Cependant, je suis frapp\u00e9e par le rabaissement syst\u00e9matique de la m\u00e8re dans ses propos, tr\u00e8s en opposition avec l\u2019id\u00e9alisation ind\u00e9fectible du professeur, comme si cette id\u00e9alisation, ayant abandonn\u00e9 son premier objet, s\u2019\u00e9tait massivement d\u00e9plac\u00e9e sur un autre, le p\u00e8re \u00e9videmment d\u2019abord, puis aujourd\u2019hui le professeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en sera-t-il du transfert avec moi&nbsp;? C\u2019est l\u2019exaltation qui contamine les s\u00e9ances, une exaltation amoureuse dont l\u2019inflation prend parfois une dimension envahissante et dont l\u2019amplitude m\u2019inqui\u00e8te&nbsp;: je suis la spectatrice attentive convoqu\u00e9e pour \u00e9couter le d\u00e9ploiement de la passion de Salom\u00e9, le r\u00e9cit, d\u00e9tail par d\u00e9tail, des rencontres avec le professeur&nbsp;: je sais bien qu\u2019\u00e0 son insu, elle attend de moi que je la conforte, que je l\u2019assure du bien-fond\u00e9 de cet amour, que je confirme les indices susceptibles de montrer la r\u00e9ciprocit\u00e9 de cet amour. Je sais bien qu\u2019elle attend de moi que je l\u2019autorise \u00e0 d\u00e9ployer cette relation incestuelle, dont l\u2019\u00e9rotisation r\u00e9v\u00e8le une excitation insatiable. Cependant, la mort, conjur\u00e9e en quelque sorte par ces exc\u00e8s d\u2019<em>\u00c9ros<\/em>, n\u2019est jamais tr\u00e8s loin&nbsp;: la peur d\u2019\u00eatre tu\u00e9e a, certes, disparu des pr\u00e9occupations conscientes de Salom\u00e9&nbsp;; pour autant, la destructivit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019inceste se maintient en se retournant contre le moi. Salom\u00e9 est aux prises avec un surmoi s\u00e9v\u00e8re, exigent et punitif qui s\u2019acharne contre elle-m\u00eame sauvagement&nbsp;: ce n\u2019est pas la culpabilit\u00e9 de sa passion amoureuse qui est invoqu\u00e9e, ce lien, curieusement ne se fait pas, pas encore en tout cas, et pour l\u2019instant je n\u2019en dis rien&nbsp;; ce qui obs\u00e8de Salom\u00e9 pourrait se comprendre comme un effet de cette culpabilit\u00e9 inconsciente et du besoin de punition&nbsp;: une auto-critique syst\u00e9matique, presque compulsive, sous-tendue par l\u2019angoisse d\u2019\u00eatre d\u00e9cevante d\u00e9finitivement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exaltation et la destructivit\u00e9 appellent la m\u00e9lancolie et la manie mais cette fois, c\u2019est surtout \u00e0 la seconde que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de m\u2019attacher, &#8211; non pas au sens psychiatrique mais en termes de mouvement \u00e0 l\u2019instar du mouvement m\u00e9lancolique qui m\u2019a si longtemps occup\u00e9e&nbsp;: \u00e0 vrai dire, j\u2019avais compl\u00e8tement oubli\u00e9 la phrase de Christian Bobin que j\u2019avais donn\u00e9e \u00e0 Manuelle Missonnier pour le programme\u2026 En la red\u00e9couvrant \u00e0 mon retour de vacances, et alors que ma conf\u00e9rence \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 presque termin\u00e9e, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 une forte inqui\u00e9tude&nbsp;: quel rapport entre cette citation et mon propos&nbsp;? Que venait faire, dans mes associations initiales, cette m\u00e8re m\u00e9lancolique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Evidemment, comme dans la m\u00e9lancolie, dans la manie, l\u2019exaltation, l\u2019excitation, mais aussi l\u2019id\u00e9alisation ont en commun d\u2019affecter aussi bien les destins du moi que ceux de l\u2019objet. Au d\u00e9part, il faut bien que l\u2019ancrage maniaque soit formidablement puissant pour r\u00e9sister aux effets des exp\u00e9riences traumatiques et aux ruptures qu\u2019elles engagent&nbsp;: le maintien d\u2019un haut degr\u00e9 d\u2019excitation dans ses formes les plus excessives et totalitaires peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le but de la manie, indispensable au d\u00e9ni. Mais par ailleurs, que sont ces exp\u00e9riences traumatiques&nbsp;? Faut-il toujours les appr\u00e9hender en termes de s\u00e9paration, de perte et de deuil, dans les perspectives classiques qui consid\u00e8rent la manie comme une r\u00e9action \u00e0 la m\u00e9lancolie&nbsp;? Elle se voit alors r\u00e9guli\u00e8rement cantonn\u00e9e \u00e0 sa place de \u00ab&nbsp;d\u00e9fense contre&nbsp;\u00bb la s\u00e9paration, contre la perte, bref contre tout ce qui s\u2019inscrit dans le champ de la d\u00e9pression et par g\u00e9n\u00e9ralisation outranci\u00e8re, dans ce que l\u2019on appelle la clinique du vide.<\/p>\n\n\n\n<p>Nathalie Zaltzman<sup>1<\/sup> s\u2019oppose vigoureusement \u00e0 cette construction th\u00e9orique r\u00e9ductrice, car dit-elle, pour M\u00e9lanie Klein, la perte d\u2019objet n\u2019est jamais consomm\u00e9e dans le d\u00e9sinvestissement libidinal&nbsp;: l\u2019objet demeure indestructible, il reste constamment \u00e0 r\u00e9parer, \u00e0 sauver, \u00e0 aimer, \u00ab&nbsp;M\u00eame mort, m\u00eame abandonn\u00e9, m\u00eame p\u00e9rim\u00e9, m\u00eame nuisible et reconnu comme tel par un jugement de r\u00e9alit\u00e9, il devra se transformer en <sup>2<\/sup>. De fait, les conceptions \u00ab&nbsp;d\u00e9fensives&nbsp;\u00bb de la manie laissent une place insuffisante \u00e0 l\u2019identit\u00e9, aux identifications primaires et secondaires qui sont les traces, les cicatrices mais aussi les h\u00e9riti\u00e8res porteuses de r\u00e9solution de toutes les exp\u00e9riences de perte.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence y occupe une place notable, c\u2019est une \u00e9vidence, en particulier dans la dynamique conflictuelle qui pourra se d\u00e9ployer gr\u00e2ce \u00e0 elle. Or, cette ambivalence et ses implications sont massivement masqu\u00e9es par les mouvements maniaques&nbsp;: ils se veulent tout amour, exc\u00e8s d\u2019amour, folie d\u2019amour, autant d\u2019emportements pris par l\u2019emballement de l\u2019excitation et d\u2019une libido d\u00e9cha\u00een\u00e9e qui se nourrit d\u2019elle m\u00eame en croyant tirer sa force de l\u2019objet. La colonisation id\u00e9alisante et l\u2019ali\u00e9nation mutuelle du moi et de l\u2019objet ne souffrent aucun frein, aucune limite qui viendrait signaler les indices m\u00eame subtils d\u2019une \u00e9ventuelle d\u00e9ception&nbsp;: ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait ce qui se passe pour Salom\u00e9, chez qui je remarque une alternance entre des moments effectivement domin\u00e9s par l\u2019exaltation maniaque qui fait triompher et le moi et l\u2019objet m\u00e9lang\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, et d\u2019autres o\u00f9 la tonalit\u00e9 de l\u2019humeur mais aussi la dynamique des contenus s\u2019inverse par le rabaissement destructeur de l\u2019un et de l\u2019autre tout autant confondus.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette occurrence, la d\u00e9ception ne concerne pas seulement l\u2019objet d\u00e9ceptif, elle d\u00e9signe tout autant le moi d\u00e9cevant&nbsp;: l\u2019affirmation de toute-puissance qui caract\u00e9rise le moment maniaque, n\u2019est rien d\u2019autre que la restauration d\u2019un moi \u00e9rig\u00e9 et victorieux, oppos\u00e9 au \u00ab&nbsp;pauvre moi&nbsp;\u00bb m\u00e9lancolique. Si l\u2019autre est d\u00e9\u00e7u, c\u2019est que le moi s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d\u00e9cevant, la part sadique du rabaissement mais plus encore la part destructrice pour le narcissisme rappellent \u00e9videmment <em>Deuil et m\u00e9lancolie<\/em>&nbsp;: lorsqu\u2019il d\u00e9crit le mouvement m\u00e9lancolique, Freud consid\u00e8re la d\u00e9ception par l\u2019objet comme une exp\u00e9rience d\u00e9terminante dans sa mise en route. C\u2019est aussi au risque de d\u00e9ception par la m\u00e8re, d\u00e8s lors que sa sexualit\u00e9 se d\u00e9voile, qu\u2019il rapporte la coexistence surprenante de l\u2019id\u00e9alisation et du rabaissement, la premi\u00e8re venant masquer le second.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons \u00e0 Salom\u00e9&nbsp;: en amont du d\u00e9clenchement de sa passion amoureuse, la d\u00e9ception se condense autour de plusieurs motifs. La d\u00e9ception par le professeur excit\u00e9 et hors de lui dans la sc\u00e8ne avec l\u2019\u00e9tudiante&nbsp;; la jalousie et la d\u00e9ception de ne pas \u00eatre l\u2019objet exclusif de son attention&nbsp;; la honte et la d\u00e9ception d\u2019\u00eatre excit\u00e9e par la sc\u00e8ne. Ce sont ces d\u00e9ceptions mortifiantes qui sont balay\u00e9es par l\u2019exaltation qui proclame haut et fort la r\u00e9habiliation de l\u2019objet d\u00e9cevant et partant, du moi qui s\u2019identifie \u00e0 lui. C\u2019est l\u2019amour alors qui se d\u00e9cha\u00eene, au sens litt\u00e9ral du mot, dans un mouvement fusionnel encore, confondant l\u2019objet et le moi. La folie de l\u2019amour n\u2019appara\u00eet jamais si vive que lorsqu\u2019elle r\u00e9alise cette forme particuli\u00e8re de d\u00e9collement qui l\u2019apparente \u00e0 la manie. Le principe \u00e9conomique y impose sa loi&nbsp;: la libido retir\u00e9e de l\u2019objet perdu, retenue par l\u2019acharnement m\u00e9lancolique, vire en son contraire, lib\u00e9rant de folles quantit\u00e9s d\u2019\u00e9nergie qui s\u2019attachent de mani\u00e8re relativement indiff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 des objets id\u00e9alis\u00e9s, trophiques pour le moi, le temps d\u2019une illusion. La folie de l\u2019amour, celle qui stigmatise l\u2019\u00e9tat amoureux dans ses commencements, ne s\u2019inscrit-elle pas dans cette configuration conqu\u00e9rante&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Exc\u00e8s d\u2019amour, exc\u00e8s d\u2019<em>\u00c9ros<\/em>&nbsp;? Quelles articulations avec la destructivit\u00e9&nbsp;? Bien s\u00fbr, l\u2019emprise des pulsions de mort impose un obstacle sid\u00e9rant aux potentialit\u00e9s de repr\u00e9sentation, ce serait l\u00e0, d\u2019ailleurs, sa vis\u00e9e destructrice. Mais on peut tout autant signaler les actions d\u00e9l\u00e9t\u00e8res d\u2019<em>\u00c9ros<\/em>&nbsp;: il se repr\u00e9sente et s\u2019incarne, il d\u00e9signe le lien malgr\u00e9 tout, le lien malgr\u00e9 tous, c\u2019est l\u00e0 son code de passage, l\u2019habillage qui facilite l\u2019accommodation et le compromis. Cependant, sa d\u00e9mesure, son emballement indiff\u00e9rent, sa masse pulsionnelle t\u00e9moignent d\u2019un \u00ab&nbsp;surcro\u00eet d\u2019investissement&nbsp;\u00bb dangereux. L\u2019inflation d\u2019<em>\u00c9ros<\/em> est flagrante, et en m\u00eame temps insaisissable, puisque les fronti\u00e8res sont effac\u00e9es qui permettraient de dire, \u00ab&nbsp;c\u2019est moi ou c\u2019est elle&nbsp;\u00bb, alors que surgit un \u00ab&nbsp;moi\/elle&nbsp;\u00bb qui ravive inlassablement les traces des identifications primaires&nbsp;: elles montrent l\u2019action empi\u00e9tante de l\u2019identification au premier objet, \u00e0 ce premier \u00ab&nbsp;autre&nbsp;\u00bb que repr\u00e9sente la m\u00e8re &#8211; paradoxalement \u00ab&nbsp;autre&nbsp;\u00bb -puisque mal diff\u00e9renci\u00e9, mal identifi\u00e9, un objet m\u00e9lang\u00e9 au moi du fait de la disparition des limites ordonn\u00e9e par le moment maniaque.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ins\u00e8re la citation de Christian Bobin et mon d\u00e9sarroi lorsque j\u2019ai retrouv\u00e9 cette phrase que je peux r\u00e9sumer ainsi&nbsp;: pas de trace de m\u00e8re m\u00e9lancolique chez Salom\u00e9&nbsp;! Une m\u00e8re active, r\u00e9serv\u00e9e, un peu taiseuse, une m\u00e8re hypervigilante et contr\u00f4lante, mais m\u00e9lancolique&nbsp;? Et surgit tout \u00e0 coup un souvenir de notre premier entretien au cours duquel Salom\u00e9 m\u2019avait beaucoup parl\u00e9 de sa grand-m\u00e8re maternelle. Elle avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s affect\u00e9e par sa mort, avec la conviction d\u2019avoir perdu la tendresse et la complicit\u00e9 qu\u2019elle ne trouvait pas aupr\u00e8s de sa m\u00e8re. Et puis, comme en passant, elle m\u2019avait dit que sa grand-m\u00e8re avait perdu un enfant en bas \u00e2ge, un fils ch\u00e9ri, et qu\u2019elle en \u00e9tait rest\u00e9e endeuill\u00e9e toute sa vie\u2026 Les voil\u00e0 qui reviennent, l\u2019enfant mort et la m\u00e8re m\u00e9lancolique\u2026 et Salom\u00e9, en qu\u00eate de lumi\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;On ne louera jamais assez les m\u00e8res m\u00e9lancoliques. Leur tr\u00f4ne est au milieu du ciel. Elles ont jet\u00e9 leur ch\u00e2le sur le soleil. Il sort de leurs yeux une nuit si grande que leurs enfants s\u2019\u00e9merveillent du plus petit brin de lumi\u00e8re\u2026&nbsp;\u00bb Salom\u00e9 se dispute sans cesse avec sa m\u00e8re, elle est furieuse, outrag\u00e9e, folle de rage, et sans doute, \u00e0 son insu, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Je sens bien, chez elle, une sorte de jouissance \u00e0 convoquer les sc\u00e8nes quotidiennes entre elles, \u00e0 la maison, tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement, en s\u00e9ance. Je me dis qu\u2019elle r\u00e9p\u00e8te avec moi les repr\u00e9sentations contrast\u00e9es de son p\u00e8re et de sa m\u00e8re, elle me met \u00e0 la place de son p\u00e8re et peut-\u00eatre du professeur, car l\u2019id\u00e9alisation est forte, qui lui fait regretter que je ne sois pas sa m\u00e8re. Je me dis aussi qu\u2019elle m\u2019assigne \u00e0 une place de t\u00e9moin de ces sc\u00e8nes o\u00f9 on ne sait plus qui attaque qui, laquelle bat le plus fort, laquelle va d\u00e9truire l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>La col\u00e8re rebelle de Salom\u00e9 donne raison \u00e0 Nathalie Zaltzman<sup>3<\/sup> qui la consid\u00e8re comme un soubassement de l\u2019hypomanie. La m\u00e9lancolie et la manie sont si proches d\u2019un point de vue topique qu\u2019elles peuvent engendrer deux \u00e9tats d\u2019humeur aussi diff\u00e9rents que la douleur et la col\u00e8re. \u00ab&nbsp;Dans la m\u00e9lancolie les reproches s\u2019adressent ind\u00e9finiment \u00e0 l\u2019ombre de l\u2019objet, source de douleur par sa perte. A qui, \u00e0 quoi s\u2019adresse la col\u00e8re du maniaque&nbsp;?&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>. Lorsque le moi est fragilis\u00e9, il retrouve les mesures d\u2019autoprotection d\u00e9velopp\u00e9es dans des situations d\u2019atteinte narcissique violentes auxquelles l\u2019enfant a \u00e9t\u00e9 soumis par un parent. Si le moi triomphe, c\u2019est que l\u2019objet est d\u00e9qualifi\u00e9 et son meurtre accompli, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans la m\u00e9lancolie&nbsp;: alors, en-de\u00e7\u00e0 de l\u2019exaltation de Salom\u00e9, c\u2019est peut-\u00eatre la col\u00e8re immense contre l\u2019atteinte narcissique et ses effets m\u00e9lancoliques qui se d\u00e9cha\u00eene.<\/p>\n\n\n\n<p>Le processus m\u00e9lancolique peut prendre fin, soit parce que l\u2019objet finit par \u00eatre abandonn\u00e9 comme sans valeur parce que d\u00e9ceptif, soit parce que la fureur du moi contre lui-m\u00eame s\u2019\u00e9puise. Mais les deux ne sont-ils pas intrins\u00e8quement associ\u00e9s&nbsp;? La fureur contre le moi ne se d\u00e9place-t-elle par vers l\u2019objet lorsque le mouvement maniaque prend le relai de la m\u00e9lancolie&nbsp;? Salom\u00e9 n\u2019est-elle pas, ne croit-elle pas \u00eatre f\u00e2ch\u00e9e \u00e0 mort avec sa m\u00e8re parce qu\u2019elle a cru qu\u2019elle l\u2019\u00e9tait contre elle, d\u00e9\u00e7ue, f\u00e2ch\u00e9e \u00e0 mort contre sa fille&nbsp;? Et n\u2019est-ce pas ce sc\u00e9nario qui s\u2019est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec le professeur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Mon hypoth\u00e8se serait que l\u2019exaltation de l\u2019amour maniaque se nourrit de cette \u00e9nergie, de la col\u00e8re ancienne contre l\u2019objet et qu\u2019elle entretient un commerce particulier avec les pulsions de mort. L\u2019\u00e9rotique de l\u2019absence pourrait y trouver ses sources&nbsp;: le d\u00e9ni de la disparition de l\u2019objet qui assure sa p\u00e9rennit\u00e9, voire son \u00e9ternit\u00e9 emp\u00eache la reconnaissance des mouvements agressifs et destructeurs dont la violence est passible de mort du fait de la retaliation.<\/p>\n\n\n\n<p>La douleur de la d\u00e9ception constitue le commencement de la m\u00e9lancolie, elle fomente la condensation de la double perte, perte de l\u2019autre et perte de moi, d\u00e9clench\u00e9e par la conviction d\u2019un abandon irr\u00e9versible, une d\u00e9faite de l\u2019id\u00e9al. Cela s\u2019impose en contradiction absolue avec un autre point de vue qui affirmerait brutalement que rien, jamais, ne se perd, et que l\u2019unit\u00e9 et la compl\u00e9tude demeurent. Face \u00e0 ce dilemme, la ruse maniaque agit, avec l\u2019intensit\u00e9 et l\u2019obstination de la compulsion, associant et confondant l\u2019acte et le vivant, l\u2019agitation et le mouvement. La r\u00e9bellion p\u00e9riodique de la manie ordinaire orchestre les oscillations de la joie et de la douleur, du triomphe et de la culpabilit\u00e9. Ce sont ces alternances qui emp\u00eachent la tyrannie et la culture m\u00e9lancoliques d\u2019effacer la part libidinale la plus pr\u00e9cieuse, la plus volatile, celle de l\u2019intime. L\u2019amour maniaque permet peut-\u00eatre que cette intimit\u00e9 soit gagn\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la travers\u00e9e de moments \u00e9lationnels, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exaltation des relations du moi et de l\u2019objet, sans que s\u2019impose une partition de l\u2019aimer et de l\u2019\u00eatre aim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fol amour de Salom\u00e9 pour son professeur s\u2019est \u00e9teint. Et sa peur aussi, les cauchemars ont disparu pour laisser place \u00e0 des r\u00eaves \u00e9rotiques dont les soubassements \u0153dipiens sont clairs. Elle a \u00e9t\u00e9 brillamment admise dans une prestigieuse universit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, elle a d\u00e9cid\u00e9 de partir, de quitter sa famille (et son analyste)&nbsp;: elle ne veut pas d\u2019une vie ordinaire, elle veut que sa vie lui appartienne, et elle veut la vivre passionn\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Zalzman, N., 1987, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9pisode hypomane en cours d\u2019analyse. Col\u00e8re et tabou du meurtre&nbsp;\u00bb, <em>Topique<\/em> n\u00b039, <em>Souffrance et m\u00e9canismes de d\u00e9fense<\/em>, p. 29-48.<\/li><li>op. cit. p. 33.<\/li><li>Zaltzman, N. 1987, op. cit\u00e9.<\/li><li>Zaltzman, N. 1987, op. cit\u00e9, p. 35.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10434?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle conserve de son enfance les joues roses et les boucles blondes, et sans doute aussi une gaucherie charmante dans sa mani\u00e8re de se mouvoir, comme si son corps de femme n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait en place. 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