{"id":10420,"date":"2021-08-22T07:32:00","date_gmt":"2021-08-22T05:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/pertinence-des-dispositifs-groupaux-dans-la-prise-en-charge-des-auteurs-de-violences-un-dispositif-specifique-le-psychodrame-bi-modal-2\/"},"modified":"2021-09-19T12:36:47","modified_gmt":"2021-09-19T10:36:47","slug":"pertinence-des-dispositifs-groupaux-dans-la-prise-en-charge-des-auteurs-de-violences-un-dispositif-specifique-le-psychodrame-bi-modal","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/pertinence-des-dispositifs-groupaux-dans-la-prise-en-charge-des-auteurs-de-violences-un-dispositif-specifique-le-psychodrame-bi-modal\/","title":{"rendered":"Pertinence des dispositifs groupaux dans la prise en charge des auteurs de violences. Un dispositif sp\u00e9cifique : le psychodrame bi-modal"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans le travail th\u00e9rapeutique avec des auteurs de violences physiques et ou sexuelles, qu\u2019ils soient ou non sous main de justice, la pertinence des th\u00e9rapies usant de dispositifs groupaux fait actuellement consensus pour les acteurs du champ clinique, s\u2019adressant \u00e0 des sujets qui pr\u00e9sentent tous, peu ou prou, une difficult\u00e9 dans la reconnaissance de leurs affects<sup>1<\/sup>. Pour en comprendre l\u2019\u00e0-propos, il convient de rappeler quelles sont les particularit\u00e9s des organisations psychiques de ces auteurs et de les mettre en correspondance avec les apports de l\u2019usage th\u00e9rapeutique des groupes. Parmi la multiplicit\u00e9 des techniques groupales utilis\u00e9es, une, se d\u00e9tache particuli\u00e8rement dans leur prise en charge, c\u2019est le psychodrame. Aussi, apr\u00e8s en avoir d\u00e9crit les modalit\u00e9s, je montrerai la pertinence d\u2019un dispositif groupal bi-modal sp\u00e9cifiquement adapt\u00e9 \u00e0 la prise en charge de tels sujets afin de mobiliser chez eux une capacit\u00e9 d\u2019affectation qui le plus souvent \u00e9tait soit singuli\u00e8rement alt\u00e9r\u00e9e, soit en d\u00e9sh\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1 \u2013 Qui sont les auteurs de violences physique et\/ou sexuelles<\/h2>\n\n\n\n<p>La criminalit\u00e9 violente et\/ou sexuelle est le fait de sujets dont, au plan psychopathologique, la symbolisation, ce travail psychique de mise en repr\u00e9sentation du champ pulsionnel, conna\u00eet une d\u00e9faillance qui est plus ou moins large et\/ou ponctuelle. \u00ab&nbsp;Large&nbsp;\u00bb est \u00e0 comprendre ici comme une potentialit\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e, \u00ab&nbsp;ponctuel&nbsp;\u00bb comme une zone psychique o\u00f9 un processus d\u2019engrammation n\u2019a pu se r\u00e9aliser et sera souvent consid\u00e9r\u00e9e comme cliv\u00e9e alors m\u00eame qu\u2019elle peut ne jamais avoir \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e. Plus cette d\u00e9faillance sera accentu\u00e9e, plus l\u2019acte violent sera d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Dans de tels cas, soit le sujet ne pourra rien opposer \u00e0 l\u2019exigence pulsionnelle pour permettre le suspens n\u00e9cessaire \u00e0 la repr\u00e9sentance et \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une action sp\u00e9cifique satisfaisante, soit l\u2019absence d\u2019inscription primaire<sup>2<\/sup> d\u2019une fraction historique du sujet viendra s\u2019imposer hors de tout contr\u00f4le possible au moment de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019agir violent, alors consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab&nbsp;passage \u00e0&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;par&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup> ou un \u00ab&nbsp;recours&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019acte<sup>4<\/sup>. Dans un cas comme dans l\u2019autre, c\u2019est la logique de l\u2019\u00e9vacuation qui prime, au retenir pour repr\u00e9senter se substitue l\u2019\u00e9vacuer pour survivre. Le risque premier et ultime \u00e9tant toujours une menace port\u00e9e sur leur identit\u00e9 narcissique se manifestant sous la forme d\u2019un risque d\u2019effacement plus ou moins vif, ou sous celle d\u2019un effondrement dans les cas les plus s\u00e9v\u00e8res. L\u2019acte violent est donc \u00e0 comprendre comme une forme de sauvegarde, de survie narcissique, voire psychique pour celui qui l\u2019agit. Le suivi au long cours de tels sujets et la prise en charge de leurs familles, indiquent que, dans leur milieu d\u2019accueil premier, en g\u00e9n\u00e9ral leur famille d\u2019origine, ils ont toujours fait l\u2019objet de dystraitance, voire de maltraitance psychologique et\/ou physique et\/ou sexuelle ayant entrain\u00e9e une difficult\u00e9, \u00e0 partir du champ pulsionnel, \u00e0 construire et donc \u00e0 discriminer, voire \u00e0 reconna\u00eetre les affects. Cliniquement cela conduit au constat d\u2019une forme d\u2019indiff\u00e9rence affective o\u00f9 les affects particuli\u00e8rement de culpabilit\u00e9, voire de honte sont g\u00e9n\u00e9ralement inop\u00e9rants.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments rapidement \u00e9voqu\u00e9s ici, d\u00e9finissent un sujet violent caract\u00e9ris\u00e9 principalement par une enveloppe mo\u00efque mal d\u00e9finie entra\u00eenant un raccrochage \u00e0 la dimension narcissique, avec une palette de d\u00e9ficits plus ou moins \u00e9tendue selon l\u2019ampleur de l\u2019alt\u00e9ration subjective, qui les situe au plan de la psychopathologie, principalement du c\u00f4t\u00e9 des pathologies des limites, parfois m\u00eame proches des psychoses. Les m\u00e9canismes d\u00e9fensifs pr\u00e9valants \u00e9tant ceux primaires et \u00e9vacuateurs (d\u00e9fenses projectives, clivage, d\u00e9ni), non symbolig\u00e8nes, la dimension de leur souffrance psychique est souvent non reconnue. En revanche, elle est principalement port\u00e9e par \u00ab&nbsp;l\u2019autre de leur violence&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la victime<sup>5<\/sup>. Dans de telles conditions, l\u2019approche psychoth\u00e9rapique de tels sujets est souvent d\u00e9licate et, sans intimation forte, en g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s un jugement dans le cadre d\u2019une obligation ou d\u2019une injonction p\u00e9nale de soins, ces sujets ne sont pas demandeurs de soins psychiques. \u00catre violent ce n\u2019est pas \u00eatre fou.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 \u2013 La pertinence des dispositifs groupaux dans les th\u00e9rapies \u00e0 destination des auteurs de violences<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans un tel contexte psychopathologique, face aux difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les th\u00e9rapeutes usant de dispositifs individuels, que l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une indication groupale s\u2019impose pour plusieurs raisons<sup>6<\/sup>. Le groupe, Ka\u00ebs l\u2019a bien signifi\u00e9, est un \u00ab&nbsp;objet d\u2019arri\u00e8re-fond narcissique&nbsp;\u00bb<sup>7<\/sup>. Reprise du groupe primaire familial dans cet espace, toute mise en jeu r\u00e9v\u00e9lera une dimension de celui-ci. En tant qu\u2019objet<sup>8<\/sup> le groupe occupe aussi une position tierce entre le sujet auteur et l\u2019autre qu\u2019il soit un alter \u00e9go ou un th\u00e9rapeute. Le groupe, dans sa fonction d\u2019\u00e9tayage, fonctionne comme un objet m\u00e9diateur de la relation avec ses r\u00e8gles particuli\u00e8res que chacun conna\u00eet et se doit de respecter. Le groupe am\u00e9nage donc le lien \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: \u00e9vitant tout \u00e0 la fois le risque, toujours pr\u00e9sent chez ces sujets, d\u2019\u00eatre absorb\u00e9 par l\u2019autre dans une fusion narcissique, et l\u2019abandon. En effet le groupe, de par sa multiplicit\u00e9 de partenaires et sa p\u00e9rennit\u00e9 dans le temps, assure une pr\u00e9sence en continu et donc une forme de permanence qui m\u00e9nage les angoisses d\u2019\u00e9clatement, au pire d\u2019abandon, au mieux, de ces sujets. Prot\u00e9g\u00e9 par les r\u00e8gles du groupe, le sujet pourra faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00eatre, au travers de l\u2019engagement de sa parole, et similaire, et diff\u00e9rent des autres participants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2.1 \u2013 Les diff\u00e9rents types de groupes<\/h2>\n\n\n\n<p>Sur les bases g\u00e9n\u00e9rales que je viens de d\u00e9finir, aujourd\u2019hui reconnues par tous les th\u00e9rapeutes inscrits dans un mod\u00e8le psychanalytique, les groupes vont diff\u00e9rer selon certaines de leurs caract\u00e9ristiques. Les deux principales \u00e9tant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Les modalit\u00e9s d\u2019\u00eatre en groupe (les r\u00e8gles mises en \u0153uvre). On rencontre alors des groupes ouverts (accueil de nouveaux participants tout au long de la vie du groupe) ou des groupes ferm\u00e9s (nombre de participants d\u00e9finis sans accueil de nouveaux et temporalit\u00e9 sp\u00e9cifi\u00e9e \u00e0 l\u2019avance).<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 La m\u00e9diation utilis\u00e9e&nbsp;: groupe de parole, photolangage, groupe de relaxation, art-th\u00e9rapie, musico-th\u00e9rapie, psychodrame<sup>9<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il convient de pr\u00e9ciser que la mise en groupe est une technique aujourd\u2019hui largement utilis\u00e9e par de nombreux intervenants aupr\u00e8s de ces sujets, qu\u2019ils soient de la sph\u00e8re judiciaire (dans les groupes de pr\u00e9vention de la r\u00e9cidive par exemple) ou celle \u00e9ducative (dans les multiples groupes d\u2019aide et d\u2019appui permettant de fournir \u00e0 ces sujets des apports pro-sociaux &#8211; habilet\u00e9s sociales par exemple). Ces diverses techniques s\u2019appuient sur les avanc\u00e9es cliniques des praticiens du groupe que je viens de brosser lapidairement, encore convient-il de pr\u00e9ciser que le groupe est alors utilis\u00e9 comme un outil facilitateur promoteur d\u2019un \u00e9tayage et non directement comme un cadre th\u00e9rapeutique autorisant le travail d\u2019une analyse des r\u00e9p\u00e9titions, dont celle des transferts, qui s\u2019y jouent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3 \u2013 Un dispositif particulier pour les auteurs de violences sexuelles (AVS)&nbsp;: le psychodrame bi-modal<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, nous avons exp\u00e9riment\u00e9 au PARI<sup>10<\/sup> un dispositif de psychodrame particulier qui prend en compte, dans la prise en charge, la dimension groupale mais aussi individuelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3.1 \u2013 L\u2019indication de psychodrame<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019indication de psychodrame est li\u00e9e au moins \u00e0 deux raisons.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 La premi\u00e8re se base sur le fait que nombre des sujets <em>Auteurs de Violences Sexuelles<\/em> pr\u00e9sente un accrochage \u00e0 la dimension perceptive, du fait m\u00eame de leur carence repr\u00e9sentative. Cet appui sur le perceptif, n\u00e9cessaire pendant tout un temps du suivi th\u00e9rapeutique, et pour certains tout au long de leur vie, le dispositif psychodramatique l\u2019assure de mani\u00e8re tr\u00e8s vive. D\u2019abord par la p\u00e9rennit\u00e9 et la permanence du groupe, qui assure une fonction vicariante<sup>11<\/sup>, mais aussi par le fait de se voir pour chacun vu dans, non seulement le regard des autres mais dans la qualit\u00e9 de leur pr\u00e9sence. Il en ira de m\u00eame pour l\u2019ensemble de la sensorialit\u00e9 (entendre, sentir, \u00e9prouver), dont le tact, car s\u2019il est interdit de se toucher, nous travaillons beaucoup sur la mani\u00e8re dont chacun est touch\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui par les autres et surtout comment il traite cette dimension-l\u00e0, comment donc il s\u2019en approprie un sens. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que le travail de mobilisation des affects prend toute son importance.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 La seconde raison d\u00e9coule de la premi\u00e8re, c\u2019est la fonction du jeu. Les sujets pour lesquels nous indiquons le psychodrame sont des sujets qui pr\u00e9sentent un inach\u00e8vement de leurs processus de transitionnalit\u00e9. Cela signifie que ces sujets ne savent pas \u00ab&nbsp;jouer&nbsp;\u00bb au sens winnicottien du <em>playing<\/em><sup>12<\/sup>, ils agissent \u00e0 la place. Il est donc, dans un premier temps, inutile de chercher \u00e0 donner du sens \u00e0 des actes qui fonctionnent pour eux comme une forme de survie psychique, si l\u2019on n\u2019a pas ant\u00e9rieurement permis que se d\u00e9veloppe une capacit\u00e9 d\u2019accueillir ce sens, si l\u2019on n\u2019a pas permis que se d\u00e9ploie une capacit\u00e9 de symbolisation qui sera activ\u00e9e par la fonction jeu du psychodrame. Le jeu, par la reprise (mise en figuration) des situations ant\u00e9rieurement v\u00e9cues ou r\u00eav\u00e9es, devient non seulement un objet pour la psych\u00e9 mais aussi un processus. Par la transformabilit\u00e9 qu\u2019il supporte, il assure la fonction d\u2019un m\u00e9dium mall\u00e9able<sup>13<\/sup>. Le jeu psychodramatique pr\u00e9sente pendant le temps o\u00f9 il est agi par les protagonistes, une double fonction. Une fonction de type hallucinatoire&nbsp;: ce qui se joue sur la sc\u00e8ne du groupe est la figuration d\u2019\u00ab&nbsp;une autre sc\u00e8ne&nbsp;\u00bb, et une fonction perceptive qui engage la sensorio-motricit\u00e9. Cette derni\u00e8re dimension permet l\u2019exploration de la sc\u00e8ne du jeu, de sa trame narrative mais aussi et surtout de celle affective, et ouvre ainsi \u00e0 un potentiel qui n\u2019\u00e9tait, le plus souvent, pas compris dans l\u2019\u00e9laboration premi\u00e8re du jeu. L\u2019agir violent sexuel, consid\u00e9r\u00e9 comme un affect inachev\u00e9<sup>14<\/sup> dans sa fonction repr\u00e9sentative, fonctionnera comme une hallucination neuro-sensori-motrice<sup>15<\/sup> qui a, pour la psych\u00e9, la fonction d\u2019un signifiant formel<sup>16<\/sup>. C\u2019est bien ici toute la dimension subjectivante de l\u2019<em>objeu<\/em> tel que Ren\u00e9 Roussillon l\u2019a d\u00e9fini et travaill\u00e9<sup>17<\/sup>. La sensori-motricit\u00e9, convoqu\u00e9e par la mise en jeu, est particuli\u00e8rement importante pour l\u2019appropriation subjective de ce qui va s\u2019engager dans le jeu et qui sera \u00e9prouv\u00e9 par les protagonistes. C\u2019est par cette dimension que, \u00ab&nbsp;quelque chose de l\u2019exp\u00e9rience subjective qui y a \u00e9t\u00e9 log\u00e9&nbsp;\u00bb pourra \u00eatre explor\u00e9<sup>18<\/sup> et parfois m\u00eame plus simplement exp\u00e9rienci\u00e9. Ainsi, le jeu vient-il faire faire une singuli\u00e8re exp\u00e9rience \u00e0 celui qui s\u2019en saisit et symbolise en quelque sorte son activit\u00e9 symbolisante. Pour reprendre une proposition de R. Roussillon \u00e0 propos du jeu, en psychodrame, le jeu pourrait ainsi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le symbole de la symbolisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3.2 \u2013 Un dispositif classique\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Nos groupes sont constitu\u00e9s de 6 \u00e0 8 sujets, tous sous obligation ou injonction p\u00e9nale de soins. Les groupes sont constitu\u00e9s sur la base de l\u2019agir d\u00e9lictueux pr\u00e9valent. Un groupe est centr\u00e9 sur les crimes et d\u00e9lits sexuels et un autre sur les addictions <em>via<\/em> internet, particuli\u00e8rement la p\u00e9dopornographie. Les sujets pr\u00e9sentant des violences uniquement physiques sont inclus dans des groupes plus g\u00e9n\u00e9ralistes. Une telle partition est rendue n\u00e9cessaire afin de faciliter la circulation de la parole chez les <em>Auteurs de Violences Sexuelles<\/em>. Chaque groupe est anim\u00e9 par un couple h\u00e9t\u00e9rosexu\u00e9 de psychodramatistes, tous deux psychanalystes \u00e0 la <em>Soci\u00e9t\u00e9 Psychanalyste de Paris<\/em>. Un\/e observateur\/trice est aussi pr\u00e9sent\/e, en g\u00e9n\u00e9ral il s\u2019agit d\u2019un\/e stagiaire psychologue qui prend des notes. Ni il\/elle ne joue, ni il\/elle n\u2019intervient pendant les s\u00e9ances.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dispositif que nous avons mis en \u0153uvre s\u2019appuie sur celui classique du psychodrame tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre par les Lemoine et d\u00e9velopp\u00e9 depuis par la SEPT<sup>19<\/sup> o\u00f9, \u00e0 propos de la parole de chacun, les th\u00e9rapeutes proposeront de repr\u00e9senter (jouer) une sc\u00e8ne qui reprend ce qui vient d\u2019\u00eatre \u00e9voqu\u00e9 par tel ou tel participant. C\u2019est une sc\u00e8ne du pass\u00e9 r\u00e9cent ou ancien, ou encore une sc\u00e8ne d\u2019un r\u00eave fait la nuit pendant le sommeil, voire un d\u00e9lire. En effet, on ne joue ni les r\u00eaveries, pas plus que des sc\u00e8nes invent\u00e9es, comme on peut le rencontrer dans des psychodrames individuels. Plusieurs sc\u00e8nes peuvent \u00eatre repr\u00e9-sent\u00e9es dans la m\u00eame s\u00e9ance. Les th\u00e9rapeutes ne jouent pas mais participent \u00e0 l\u2019animation de la sc\u00e8ne qui est dirig\u00e9 par le sujet. C\u2019est lui qui choisira les protagonistes du jeu parmi les autres du groupe, en sp\u00e9cifiant \u00e0 chaque fois ce qui fait son choix (ce qui permet de relever les traits d\u2019identification). \u00c0 la suite de chaque sc\u00e8ne les membres du groupe sont invit\u00e9s \u00e0 \u00e9voquer leurs remarques, \u00e9prouv\u00e9s et associations. Pendant le jeu, nous utilisons un certain nombre de techniques classiques&nbsp;: le changement de r\u00f4le et le doublage<sup>20<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois pos\u00e9e l\u2019indication<sup>21<\/sup>, et avant son insertion dans le groupe, chaque participant est inform\u00e9 individuellement des r\u00e8gles de fonctionnement du groupe. Ces derni\u00e8res sont au nombre de cinq\u00a0: libre associativit\u00e9, confidentialit\u00e9, restitution, abstinence et r\u00e9gularit\u00e9<sup>22<\/sup>. J\u2019insiste sur la r\u00e8gle d\u2019abstinence. C\u2019est la r\u00e8gle du \u00ab\u00a0faire semblant\u00a0\u00bb et de l\u2019interdit de se toucher. Cette r\u00e8gle est particuli\u00e8rement importante, elle signifie implicitement que tout peut \u00eatre jou\u00e9, et reprend l\u2019interdit du toucher comme pr\u00e9misses de l\u2019interdit de l\u2019inceste tel qu\u2019Anzieu l\u2019a travaill\u00e9<sup>23<\/sup> et qui est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9faillant dans les espaces familiaux de ces sujets. Cette r\u00e8gle, particuli\u00e8rement importante, garantit l\u2019int\u00e9grit\u00e9 corporelle de chacun\u00a0: \u00ab\u00a0Dans ce groupe il n\u2019y aura pas de franchissement incestueux, on restera dans le cadre de repr\u00e9sentation conduisant au mieux \u00e0 un travail m\u00e9taphorique\u00a0\u00bb. Cela signifie qu\u2019en contre point, ce qui comptera, c\u2019est la parole. La parole a force de loi. La juridiction sera donc celle du fantasme et non plus celle de l\u2019acte. Avec de tels sujets, cette r\u00e8gle doit \u00eatre \u00e9dict\u00e9e verbalement et ne peut \u00eatre non dite, comme cela se fait classiquement dans d\u2019autres groupes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3.3 \u2013 \u2026mais bi-modal dans son d\u00e9ploiement<\/h2>\n\n\n\n<p>Si je viens de d\u00e9cliner l\u2019aspect groupal du dispositif, un am\u00e9nagement important fait aussi partie du cadre&nbsp;: chaque sujet participant au groupe est re\u00e7u par l\u2019un des th\u00e9rapeutes, toujours le m\u00eame une fois qu\u2019institu\u00e9, une fois tous les quinze jours, en entretien individuel pour \u00ab&nbsp;faire le point&nbsp;\u00bb sur sa position dans le groupe. Pendant cet entretien, il est pr\u00e9cis\u00e9 que ne seront abord\u00e9es que les questions qui rel\u00e8vent du groupe. Il ne s\u2019agit pas d\u2019entretien qui conduirait \u00e0 une prise en charge parall\u00e8le, comme on le voit souvent dans le cadre des th\u00e9rapies bi-focales, o\u00f9 deux th\u00e9rapeutes diff\u00e9rents prennent en charge un m\u00eame patient selon des modalit\u00e9s techniques diff\u00e9rentes mais jug\u00e9es compl\u00e9mentaires par l\u2019\u00e9quipe de soins. Ici, au contraire, il est important que ce soit les m\u00eames th\u00e9rapeutes qui assurent cette dualit\u00e9 de pratiques. Pendant ces \u00ab&nbsp;reprises&nbsp;\u00bb individuelles, ne sont pas abord\u00e9es des questions qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 parl\u00e9es dans le groupe. Cela permet \u00e0 chacun de faire \u00e9tat de son v\u00e9cu groupal et de pouvoir, avec son th\u00e9rapeute r\u00e9f\u00e9rent, en r\u00e9gler certains points. Bien entendu, il lui est pr\u00e9cis\u00e9 que ce qui se dit dans ces entretiens fait partie int\u00e9grante du groupe et que rien ne saurait \u00eatre dans une confidentialit\u00e9, cela pour \u00e9viter la complicit\u00e9 des d\u00e9nis et les risques d\u2019emprise. Ainsi, l\u2019espace groupal est \u00e9tendu jusque dans cet entretien individuel et r\u00e9gi par les m\u00eames r\u00e8gles.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel dispositif nous permet de faire faire au sujet une exp\u00e9rience sp\u00e9cifique. Celle de nous percevoir et identique et diff\u00e9rent de ce que nous sommes en groupe. Cette bi-modalit\u00e9, groupale et individuelle avec le m\u00eame th\u00e9rapeute permet au sujet de pouvoir mettre en perspective ses \u00e9prouv\u00e9s, d\u2019en faire aussi une reprise et ainsi de pouvoir se les approprier. Pendant la s\u00e9ance individuelle, est mis en jeu le jeu de la s\u00e9ance groupale&nbsp;; le jeu devient l\u2019objet d\u2019un \u00e9change qui historise l\u2019exp\u00e9rience groupale et l\u2019int\u00e8gre \u00e0 un continuum, ce qui permet de travailler particuli\u00e8rement les d\u00e9fenses projectives et de sp\u00e9cifier la question des affects qui sont mis en mouvement au regard des autres participants.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exp\u00e9rience bi-modale a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par nos confr\u00e8res suisses qui en ont montr\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9<sup>24<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 \u2013 Psychodrame et travail d\u2019affectation<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le psychodrame, le fait de repr\u00e9senter une sc\u00e8ne permet \u00e0 chacun d\u2019occuper diverses places dans des histoires qui sont en d\u00e9calage avec la sienne mais qui y sont li\u00e9es par les associations de la cha\u00eene associative groupale. Ainsi l\u2019affect que l\u2019un des participants \u00e9voque conna\u00eetra un enrichissement en passant de corps en corps. Chacun \u00e9voque ce que lui fait penser ce qui est dit. Chacun est donc affect\u00e9 en fonction de sa propre capacit\u00e9 d\u2019affectation. Cela signifie que le sujet \u00e9coutant les associations d\u2019autrui se laissera habiter par elles et, pour leur donner une forme pensable, devra (ce qui est l\u2019effet de la r\u00e8gle de libre association) supporter une r\u00e9gression, si minime soit-elle, qui lui permettra de trouver les \u00e9l\u00e9ments de son histoire infantile l\u2019autorisant \u00e0 se repr\u00e9senter ce qui est dit. Cela suppose surtout, que chacun des membres est dans une position de relative plasticit\u00e9 psychique. Cette derni\u00e8re est permise par le fait que celui qui parle, m\u00eame s\u2019il s\u2019adresse au groupe, est per\u00e7u le plus souvent comme s\u2019adressant aux th\u00e9rapeutes, ce qui permet chez les autres participants un abaissement des syst\u00e8mes d\u00e9fensifs<sup>25<\/sup> induisant une \u00e9coute relativement accueillante. Cet effet de plasticit\u00e9 psychique se per\u00e7oit dans les effets de surprise qui fait formuler parfois \u00e0 un membre du groupe une dimension que l\u2019autre, celui qui parle, n\u2019est pas encore en mesure d\u2019\u00e9voquer. Nous assistons ainsi au processus suivant\u00a0: la m\u00eame source pulsionnelle (le dire d\u2019un participant \u00e0 valeur de source pulsionnelle pour le fonctionnement du groupe de psychodrame) va trouver une polymorphie repr\u00e9sentationnelle, une polyphonie pour reprendre le terme de Ka\u00ebs<sup>26<\/sup>. Polyphonie qui modifiera en retour la source pulsionnelle elle-m\u00eame. Les associations des membres du groupe \u00e9voluant sans cesse (lorsque la s\u00e9ance se d\u00e9roule sans trop d\u2019entraves) selon un processus en spirale \u00e9volutive. Ce processus pourrait \u00eatre d\u00e9crit comme suit\u00a0: ce qui est \u00e9voqu\u00e9 par un membre du groupe affectera le sujet \u00e0 certaines places dans sa m\u00e9moire et ces places lui serviront \u00e0 mettre en forme ce qui l\u2019a affect\u00e9 et qui peut ne pas avoir encore \u00e9t\u00e9 exp\u00e9rienci\u00e9. Mise en forme qui r\u00e9v\u00e8le aux autres les places internes o\u00f9 le sujet se sent affect\u00e9 et qui lui reviennent dans le miroir du dire du groupe. Ainsi le groupe r\u00e9fl\u00e9chit les parts pouvant \u00eatre occult\u00e9es mais \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les psych\u00e9s individuelles, particuli\u00e8rement les signifiants formels qui constituent la racine des actes violents<sup>27<\/sup>. Cette mise en forme de ce qui l\u2019a touch\u00e9, affect\u00e9, constitue, pour reprendre le terme de Green, une activit\u00e9 de repr\u00e9sentante psychique<sup>28<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour conclure&nbsp;: le psychodrame bi-modal, technique vicariante du socle de l\u2019intersubjectivit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"pa20\">Ce qui fonde le dispositif bi-modal de ce psychodrame \u00e0 destination d\u2019auteurs de violences criminelles sexuelles est la double dimension du groupe o\u00f9 le corps est mis en jeu dans les sc\u00e8nes repr\u00e9sent\u00e9es et, dans la rencontre individuelle, la mise en perspective de l\u2019histoire du groupe qui constitue un temps\u00a0<em>meta<\/em>, assimilable \u00e0 une parole \u00ab\u00a0auto\u00a0\u00bb sur l\u2019histoire m\u00eame du groupe qui est en train de se vivre. Cette derni\u00e8re dimension participe des pr\u00e9misses, pour ces sujets, de la mise en place d\u2019une r\u00e9flexivit\u00e9. Si, comme le propose R. Ka\u00ebs, corps et groupe forment le socle basal de ce qui fonde notre \u00eatre-au-monde constituant l\u2019essence du narcissisme primaire<sup>29<\/sup>, la triade groupe\/corps\/jeu, forme, elle, le socle de l\u2019intersubjectivit\u00e9. Les sc\u00e8nes jou\u00e9es sont l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un r\u00eave dans le cadre du groupe de psychodrame lui-m\u00eame con\u00e7u comme espace du r\u00eave<sup>30<\/sup>. Ainsi pens\u00e9, le jeu permettra au sujet de d\u00e9couvrir, en les exp\u00e9rimentant, les diverses places o\u00f9 il aura \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 par son histoire. Comme dans un r\u00eave, le sujet est, dans le jeu, tous ses personnages mais aussi tous ses objets. Chacun d\u2019eux venant incarner une part de lui-m\u00eame mais surtout, comment s\u2019est inscrite cette part, autrement dit, comment elle fut subjectiv\u00e9e. Par les moyens techniques propres au psychodrame, chacun des participants \u00e9toffera la symbolisation des parts rest\u00e9es en souffrance de son histoire qui, parfois viendront s\u2019incarner dans le corps des autres. La reprise individuelle participant alors, par sa fonction r\u00e9flexive, de l\u2019appropriation de ces parts \u00e9vacu\u00e9es qui sont alors, par l\u2019espace unifi\u00e9 du groupe, en attente de retour, en attente d\u2019affectation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu permet ainsi, pour chaque participant, l\u2019appropriation subjective de sa pulsionnalit\u00e9 dont la construction progressive d\u2019affects diff\u00e9renci\u00e9s en sera le t\u00e9moin. L\u2019espace groupal, similaire \u00e0 celui du r\u00eave, le jeu comme promoteur du r\u00eave proprement dit et la bi-modalit\u00e9 du dispositif assurant, dans les temps individuels, une dimension de reprise r\u00e9flexive de ces exp\u00e9riences, transforment les agirs violents criminels en des \u00ab&nbsp;actes animiques&nbsp;\u00bb qui viendront s\u2019inscrire d\u2019abord dans la n\u00e9o histoire que constitue la vie du groupe, puis par le biais des identifications au groupe et de la vicariance assur\u00e9e par ces reprises individuelles, dans l\u2019histoire propre de chaque participant. Pour chaque membre du groupe, ce travail appropriatif permet aux parts rest\u00e9es en souffrance de symbolisation, de s\u2019inscrire dans une histoire pensable, \u00e9vocable et donc m\u00e9morisable et de quitter ainsi les voies expulsantes de l\u2019agir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Pour une revue d\u2019ensemble de cette question, consulter\u00a0: Aubut J. (1993)\u00a0: <em>Les agresseurs sexuels\u00a0: th\u00e9orie, \u00e9valuation et traitement<\/em>, Montr\u00e9al, La Cheneli\u00e8re, Paris, Maloine, 328p.\u00a0; Balier C., Savin B. (1995)\u00a0: \u00ab\u00a0Processus th\u00e9rapeutique et changement en milieu carc\u00e9ral\u00a0\u00bb in M. Gabel, S. Lebovici, P. Mazet (1995), <em>Le traumatisme de l\u2019inceste<\/em>, Paris, PUF, 254 p., p.211-222.\u00a0; Ciavaldini A., Balier C., (2000)\u00a0: <em>Agressions sexuelles\u00a0: pathologies, suivis th\u00e9rapeutiques et cadre judiciaire<\/em>, Paris, Masson, 224 p.\u00a0; Conf\u00e9rence de consensus (2001)\u00a0: <em>Psychopathologie et traitements actuels des auteurs d\u2019agression sexuelle<\/em>, F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise de Psychiatrie, Paris, John Libbey Eurotext.\u00a0; Coutenceau R., Smith J. (2010)\u00a0: <em>La violence sexuelle\u00a0: approche psycho-criminologique\u00a0; \u00e9valuer, soigner, pr\u00e9venir<\/em>, Paris, Dunod, 386 p.\u00a0; Balier C. (1988)\u00a0: Psychanalyse des comportements violents, Paris, PUF.<\/li><li>En r\u00e9f\u00e9rence au concept de symbolisation primaire d\u00e9gag\u00e9 par Ren\u00e9 Roussillon. Roussillon R. (2001)\u00a0: <em>Le plaisir et la r\u00e9p\u00e9tition<\/em>, Paris, Dunod, 218 p.<\/li><li>Passage par l\u2019acte, proposition faite par R. Roussillon pour indiquer que dans tout acte s\u2019y trouve toujours quelque chose du sujet qui y est engag\u00e9 (Roussillon R. dir. (2007)\u00a0: <em>Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, Masson, 702 p.)<\/li><li>Balier C. (1988)\u00a0: <em>Psychanalyse des comportements violents<\/em>, Paris, PUF, 287 p.<\/li><li>Ciavaldini A. (2009)\u00a0: op. cit.<\/li><li>Savin B. (1997)\u00a0: \u00ab\u00a0Abord analytique groupal dans le traitement des d\u00e9linquants sexuels\u00a0\u00bb, in ss dir. M. Gabel, S. Lebovici, P. Mazet, <em>Le traumatisme de l\u2019inceste<\/em>, Paris, PUF, p.223-238.<\/li><li>Ka\u00ebs R. (1993)\u00a0: <em>Le groupe et le sujet du groupe<\/em>, Paris, Dunod, 352 p.<\/li><li>Pontalis J.-B. (1963)\u00a0: \u00ab\u00a0Le petit groupe comme objet\u00a0\u00bb, in Apr\u00e8s Freud, Paris, Gallimard,, 1993, p. 257-272.<\/li><li>Demeure M., Schiavinato J. (2000)\u00a0: \u00ab\u00a0Psychodrame de groupe en maison d\u2019arr\u00eat\u00a0\u00bb, in ss dir. A. Ciavaldini et C. Balier, <em>Agresseurs sexuels\u00a0: pathologies, suivis th\u00e9rapeutiques et cadre judiciaire<\/em>, Paris, Masson, coll.\u00ab\u00a0Pratiques en psychoth\u00e9rapie\u00a0\u00bb, p. 209-218.<\/li><li>PARI\u00a0: Psychoth\u00e9rapies, applications et recherches intersectorielles. Plate forme r\u00e9f\u00e9rentielle d\u2019accueil et de traitement ambulatoire des AICS du Centre Hospitalier Alpes-Is\u00e8re. Unit\u00e9 fond\u00e9 en 1981 et ferm\u00e9e d\u2019autorit\u00e9 le lundi 7 janvier 2013. Rouverte depuis avec une \u00e9quipe enti\u00e8rement renouvel\u00e9e. Pour les sp\u00e9cificit\u00e9s techniques de cette unit\u00e9 voir Ciavaldini A. (2014)\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019incroyable (et triste) histoire du PARI. R\u00e9flexion d\u2019aujourd\u2019hui sur la perversion et la violence institutionnelles\u00a0\u00bb, in <em>Revue de psychoth\u00e9rapie psychanalytique de groupe<\/em>, 2014\/2, n\u00b063, p. 161-178. [11] Qui est comprise comme l\u2019exigence de soutien qu\u2019\u00e9voque Ka\u00ebs. Ka\u00ebs R. (1993)\u00a0: <em>Le groupe et le sujet du groupe<\/em>, Paris, Dunod, 352 p., p. 291.<\/li><li>Winnicott D. W. (1971)\u00a0: <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, Paris, Gallimard, 1975 pour la trad. fran\u00e7aise, 218 p.<\/li><li>Tel que dans la suite de Marion Milner, Ren\u00e9 Roussillon l\u2019a travaill\u00e9\u00a0: Milner M. (1977)\u00a0: \u00ab\u00a0Le r\u00f4le de l\u2019illusion dans la formation du symbole\u00a0\u00bb, traduction in <em>Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 1979, vol 43, n\u00b0 5-6, p. 844-874.\u00a0; Roussillon R. (1991)\u00a0: \u00ab\u00a0Un paradoxe de la repr\u00e9sentation\u00a0: le m\u00e9dium mall\u00e9able et la pulsion d\u2019emprise\u00a0\u00bb, in <em>Paradoxes et situations limites de la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, p. 130-146.<\/li><li>Ciavaldini A. (2005)\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019agir\u00a0: un affect inachev\u00e9\u00a0\u00bb, in L\u2019affect, ss dir J. Boushira et H. Parat, <em>Monographie de psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, pp.137-162.<\/li><li>Ciavaldini A. (2006)\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019agir violent sexuel\u00a0\u00bb, in Chabert C., Ciavaldini A., Jeammet P., Schenckery S. (2006)\u00a0: <em>Actes et d\u00e9pendances<\/em>, Dunod, 221 p., p. 111-170.<\/li><li>Ciavaldini A. (1999)\u00a0: <em>Psychopathologie des agresseurs sexuels<\/em>, Masson, \u00e9d. revue, 2001, 255 p.<\/li><li>Roussillon R. (2008)\u00a0: \u00ab\u00a0Le jeu et le potentiel\u00a0\u00bb, in <em>Le jeu et l\u2019entre-je(u)<\/em>, Paris, PUF, 306 p., p. 67-105.<\/li><li>Roussillon R. (2008)\u00a0: op. cit., p. 84.<\/li><li>SEPT\u00a0: Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9tudes du psychodrame pratique et th\u00e9orique. Consulter Lemoine P. et G. (1972)\u00a0: <em>Le psychodrame<\/em>, Paris, Robert Laffont, 382 p.<\/li><li>Le doublage consiste \u00e0 proposer, aux membres du groupe, s\u2019ils ont une remarque \u00e0 faire dans le r\u00f4le de l\u2019un ou l\u2019autre des personnages, de se lever, de se placer derri\u00e8re le protagoniste et de dire ce qu\u2019ils ont \u00e0 dire, comme si c\u2019\u00e9tait le protagoniste qui le disait. Technique souvent utilis\u00e9e par les co-th\u00e9rapeutes.<\/li><li>Pour plus d\u2019informations sur nos dispositifs d\u2019accueil, d\u2019\u00e9valuation et de prise en charge des auteurs de violences, consulter Ciavaldini A. (2012)\u00a0: <em>Prise en charge des d\u00e9linquants sexuels<\/em>, Paris, Fabert, 60 p.<\/li><li>Pour plus d\u2019information sur le dispositif, consulter Ciavaldini A. (2004)\u00a0: \u00ab\u00a0Mobilisation des affects par le psychodrame de groupe dans le traitement des auteurs d\u2019agressions sexuelles\u00a0\u00bb, <em>Revue de Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique de Groupe<\/em>, n\u00b0 42, p. 69-78.<\/li><li>Anzieu D. (1984)\u00a0: \u00ab\u00a0Le double interdit du toucher\u00a0\u00bb, <em>Nouvelle revue de psychanalyse<\/em>, 29, p. 173-187.<\/li><li>Devaud-Cornaz C., Guraiib G. (2011)\u00a0: \u00ab\u00a0Psychoth\u00e9rapie de groupe d\u2019auteurs de violence sexuelle. Int\u00e9r\u00eat d\u2019un traitement de groupe combin\u00e9 avec un suivi individuel\u00a0\u00bb, in <em>Psychoth\u00e9rapies<\/em>, 2011\/1, vol. 31, p. 27-37.<\/li><li>Tardif M. (1993)\u00a0: \u00ab\u00a0Les psychoth\u00e9rapies de groupe\u00a0\u00bb, in Aubut J. et col., <em>Les agresseurs sexuels<\/em>, Montr\u00e9al, de la Cheneli\u00e8re, p. 176-205.<\/li><li>Ka\u00ebs R. (1993)\u00a0: op. cit.<\/li><li>Ciavaldini A. (1999)\u00a0: <em>Psychopathologie des agresseurs sexuels<\/em>, Dunod, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d revue, 2001, 255 p.<\/li><li>Green A. (1988)\u00a0: \u00ab\u00a0Vue de la Soci\u00e9t\u00e9 Psychanalytique de Paris. Une conception de la pratique\u00a0\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, 3, p. 569-593.<\/li><li>Ka\u00ebs R. (1993)\u00a0: op. cit., p. 285.<\/li><li>Anzieu D. 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