{"id":10395,"date":"2021-08-22T07:31:58","date_gmt":"2021-08-22T05:31:58","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/markus-lupertz-oser-la-peinture-2\/"},"modified":"2021-09-16T14:38:50","modified_gmt":"2021-09-16T12:38:50","slug":"markus-lupertz-oser-la-peinture","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/markus-lupertz-oser-la-peinture\/","title":{"rendered":"Markus L\u00fcpertz. Oser la peinture"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Markus L\u00fcpertz. <em>Oser la peinture<\/em>, Propri\u00e9t\u00e9 Caillebote, Yerres (91), Jusqu\u2019au 3 novembre 2019<\/h2>\n\n\n\n<p>Cela pourrait \u00eatre une sortie pour les beaux jours. La <em>Propri\u00e9t\u00e9 Caillebotte<\/em> expose pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 un artiste allemand, Markus L\u00fcpertz, tr\u00e8s peu connu en France, mais consid\u00e9r\u00e9 en Allemagne et dans le monde entier comme un des grands artistes de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXI<sup>\u00e8me<\/sup>, puisque, \u00e2g\u00e9 de 78 ans, il continue de cr\u00e9er tr\u00e8s activement.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait se demander quel est le lien entre Markus L\u00fcpertz et Caillebotte \u2026&nbsp;? A mon avis, il n\u2019y en a pas. Si ce n\u2019est que l\u2019artiste est tr\u00e8s li\u00e9 avec Michael Werner, son gal\u00e9riste depuis ses d\u00e9buts et qui semble avoir des relations avec la famille Caillebotte et que Yerres est jumel\u00e9e avec la ville de Mendig en Allemagne. C\u2019est donc un peu par hasard que L\u00fcpertz se trouve expos\u00e9 dans la banlieue parisienne. Mais il y est dans un cadre magnifique, en particulier pour les sculptures diss\u00e9min\u00e9es dans le parc.<\/p>\n\n\n\n<p>Proche d\u2019autres peintres allemands, comme Gerhard Richter, Anselm Kiefer, Georg Baselitz, A.R. Penck, J\u00f6rg Immendorff, Markus L\u00fcpertz est un peintre de culture essentiellement europ\u00e9enne, tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9, on retrouve les h\u00e9ros et les dieux dans ses tableaux et ses sculptures, mais aussi profond\u00e9ment marqu\u00e9 par l\u2019histoire de l\u2019Allemagne (il est n\u00e9 en 1941) dont des traces, plus ou moins explicites sont pr\u00e9sentes dans nombre de ses \u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Markus L\u00fcpertz a derri\u00e8re lui un long parcours et l\u2019exposition montre toutes les p\u00e9riodes de sa vie d\u2019artiste. Ce parcours peut laisser le spectateur un peu d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9, car L\u00fcpertz a beaucoup produit, avec des styles artistiques tr\u00e8s divers, des th\u00e8mes tr\u00e8s nombreux et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, dont il d\u00e9veloppe longuement les variations.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois il faut reconstituer l\u2019ensemble. Ainsi, il y a dans l\u2019exposition deux tableaux de la s\u00e9rie intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Tente&nbsp;\u00bb, dont on ne comprend le sens qu\u2019en les resituant dans la d\u00e9marche de l\u2019artiste qui d\u00e9cline des variations picturales, \u00e0 partir d\u2019un objet banal, la tente de camping triangulaire, qu\u2019il a trouv\u00e9 dans un catalogue de grand magasin, afin d\u2019explorer toutes les potentialit\u00e9s de la peinture. Car, en effet, comme le souligne l\u2019intitul\u00e9 de l\u2019exposition, Markus L\u00fcpertz se veut fondamentalement peintre. A contrecourant de la tendance contemporaine qui annonce r\u00e9guli\u00e8rement la fin de la peinture, il affirme son attachement passionn\u00e9 \u00e0 la peinture, avec une certaine grandiloquence et la certitude d\u2019\u00eatre un g\u00e9nie. \u00ab&nbsp;Le peintre est un compagnon de Dieu&nbsp;\u00bb, affirme-t-il. Et \u00ab&nbsp;je suis n\u00e9 pour \u00eatre peintre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la s\u00e9rie \u00ab&nbsp;Arcadies&nbsp;\u00bb, il nous immerge dans des paysages idylliques, peupl\u00e9s de personnages antiques, dans une ambiance lumineuse et po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Une des plus belles salles expose des \u00ab&nbsp;Nus de dos&nbsp;\u00bb (2006), faisant partie d\u2019une s\u00e9rie repr\u00e9sentant des hommes vus de dos (hommage \u00e0 Matisse), robustes et massifs comme des athl\u00e8tes, droits comme des guerriers, debout dans un paysage r\u00e9duit \u00e0 un sol et \u00e0 deux arbres d\u00e9pouill\u00e9s. Ils sont ac\u00e9phales, et \u00e0 la place de leur t\u00eate absente, on retrouve les \u00e9l\u00e9ments familiers de L\u00fcpertz&nbsp;: casque de soldat, pelle, casquette de la Wehrmacht, carapace de tortue, ce qui en fait des \u00eatres hybrides et \u00e9nigmatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Car ce peintre est tr\u00e8s \u00e9nigmatique. On se dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n\u2019y comprends rien&nbsp;!&nbsp;\u00bb De quoi nous parle-t-il&nbsp;? On cherche la cl\u00e9. On ne la trouve pas. Alors pourquoi aller le voir, me direz-vous&nbsp;? Eh bien, justement parce que ce sont des \u0153uvres qui intriguent. Elles ne se livrent pas cl\u00e9 en main, comme les chefs-d\u2019\u0153uvre tellement connus et si largement comment\u00e9s de la collection Courtaud expos\u00e9e \u00e0 la fondation Vuitton. Ici elles ne sont pas satur\u00e9es. Le spectateur, d\u00e9contenanc\u00e9, doit faire l\u2019effort de tenter de comprendre, de faire des liens qui ne sont pas \u00e9vidents.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, on est saisi par la force de ces \u0153uvres qui s\u2019imposent \u00e0 nous, qui se donnent \u00e0 penser. Nourri de philosophie, de litt\u00e9rature, de musique, de po\u00e9sie, Markus L\u00fcpertz pense en peintre. \u00ab&nbsp;La peinture, dit-il, est culture, et qui dit culture dit substance du monde. La peinture fournit le vocabulaire pour rendre visible le monde.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9ambulant dans le merveilleux jardin de la fondation, le visiteur d\u00e9couvre sur la pelouse les sculptures g\u00e9antes de H\u00f6lderlin, Achille et Ulysse, dont se d\u00e9gage une tr\u00e8s grande force expressive et \u00e9motionnelle. Grands personnages, \u00e0 la fois robustes et fragiles, qui nous invitent \u00e0 la r\u00e9flexion sur ces embl\u00e8mes de la culture occidentale. Puis pos\u00e9es dans l\u2019herbe, devant la demeure de Caillebotte, des t\u00eates \u00e9tranges, en bronze peints, Ath\u00e9na, V\u00e9nus, H\u00e9ra, P\u00e2ris, femme au miroir, \u00e0 la fois malhabiles et subtiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Markus L\u00fcpertz souhaite laisser l\u2019\u0153uvre ouverte, et l\u2019offre \u00e0 la r\u00e9flexion du spectateur. \u00ab&nbsp;La peinture est aveugle et ne vit qu\u2019\u00e0 travers le regard du spectateur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10395?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Markus L\u00fcpertz. Oser la peinture, Propri\u00e9t\u00e9 Caillebote, Yerres (91), Jusqu\u2019au 3 novembre 2019 Cela pourrait \u00eatre une sortie pour les beaux jours. 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