{"id":10384,"date":"2021-08-22T07:31:55","date_gmt":"2021-08-22T05:31:55","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/chute-2\/"},"modified":"2021-09-16T11:33:56","modified_gmt":"2021-09-16T09:33:56","slug":"chute","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/chute\/","title":{"rendered":"Chute"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec une initiale minuscule, le terme signifie une fin. L\u2019aboutissement d\u2019une histoire, celle d\u2019un morceau de vie enferm\u00e9 dans un r\u00e9cit de soi\u2026 esp\u00e9r\u00e9 humoristique. Comme au sortir d\u2019une cure analytique plut\u00f4t r\u00e9ussie\u2026 dans un grand \u00e9clat de rire. La vie&nbsp;: une histoire dr\u00f4le qui parce qu\u2019elle fait rire les autres \u00e0 nos d\u00e9pens, si elle se raconte sous forme d\u2019autod\u00e9rision, nous permettra enfin d\u2019en rire.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec une majuscule, c\u2019est un d\u00e9but. D\u00e9but dans la vie. Origine. Adam et \u00c8ve, chass\u00e9s du Paradis, punis pour avoir croqu\u00e9 la pomme et voulu savoir. La curiosit\u00e9 est un (tr\u00e8s) vilain d\u00e9faut\u2026 l\u2019enfant ne mesure pas tout ce qu\u2019il perd \u00e0 n\u2019\u00eatre plus inconscient donc innocent donc insouciant.<\/p>\n\n\n\n<p>La chute-crash et l\u2019Ascension-Assomption sont deux p\u00f4les extr\u00eames qui peuvent se confondre et se rejoindre <em>en spirale<\/em> comme l\u2019origine et la fin. Entre les deux\u2026 la vie, sa r\u00e9alit\u00e9 ou son r\u00e9el&nbsp;; ses v\u00e9rit\u00e9s et son mensonge. Ainsi dans le livre <em>Everyman<\/em>, <em>Un homme<\/em> de Philippe Roth, l\u2019excipit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il n\u2019\u00e9tait plus. Affranchi de l\u2019\u00eatre, entr\u00e9 dans le nulle part, sans m\u00eame en avoir conscience. Comme il le craignait depuis le d\u00e9but<\/em>&nbsp;\u00bb. Cet homme comme tout homme avant comme <em>apr\u00e8s<\/em>, tombe\u2026 si facilement dans l\u2019empreinte d\u2019une chute ancienne\u2026 sa premi\u00e8re mort.<\/p>\n\n\n\n<p>La chute c\u2019est aussi <em>Scansion<\/em> oblig\u00e9e, incontournable, sur le chemin qui nous m\u00e8ne \u00e0 la verticalisation puis \u00e0 la d\u00e9ambulation. Freud, qui a conceptualis\u00e9 la sexualit\u00e9 infantile pr\u00e9g\u00e9nitale, sans avoir examin\u00e9 un seul enfant sauf sa fille Anna et un petit Hans (par correspondance et avec un p\u00e8re interpos\u00e9) a-t-il suffisamment explor\u00e9 les phases pr\u00e9coces d\u2019apprentissage des enfants en qu\u00eate naturelle d\u2019\u00e9l\u00e9vation, ces v\u00e9cus de triomphe, ces \u00e9prouv\u00e9s d\u2019absurdit\u00e9, ces ressentis infralangagiers de vertige &#8211; que Tex Avery distillait dans ses dessins anim\u00e9s, pour le plus grand plaisir effray\u00e9 des enfants&nbsp;? Enfants dont on ne sait jamais vraiment, face \u00e0 ces dessins anim\u00e9s, si les cris sont d\u2019angoisse ou bien de jouissance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Freud a soulign\u00e9 la continuit\u00e9 entre notre vie intra et extra-ut\u00e9rine, il a discut\u00e9 du traumatisme de la naissance, cher \u00e0 son regrett\u00e9 tra\u00eetre Otto Rank, il a donc observ\u00e9 ses enfants et petits-enfants (<em>cf.<\/em> le jeu de la bobine). Sa pratique clinique aupr\u00e8s d\u2019adultes l\u2019a rapproch\u00e9 plus que tout autre de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs des profondeurs du pass\u00e9 mais, n\u2019ayant pas analys\u00e9 directement d\u2019enfant psychiquement malade, il est rest\u00e9 \u00e9loign\u00e9 des territoires les plus brumeux des premiers temps de l\u2019existence du petit d\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e8s lors l\u00e9gitimement le soup\u00e7onner d\u2019avoir davantage song\u00e9 \u00e0 l\u2019amour (pour lui toujours investi d\u2019une attente du retour de l\u2019objet primaire) quand il entendait le mot \u00ab&nbsp;tomber&nbsp;\u00bb, qu\u2019\u00e0 la douleur, l\u2019impuissance, ou la mort, n\u00e9es d\u2019une attente sans fin d\u2019une r\u00e9ponse de l\u2019objet. Tombe\u2026 ces jeux de langage n\u2019ont certes pas leur \u00e9quivalent dans la langue de Goethe, toujours plus explicite et descriptive que celle de Racine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019a d\u00fb traverser l<em>\u2019infans<\/em> n\u2019\u00e9tait peut \u00eatre pas son souci primordial. \u00c0 sa suite, pour le plus grand soulagement des th\u00e9rapeutes viendront Abraham, Klein, Winnicott et sa crainte de l\u2019effondrement, ses agonies primitives, ses chutes sans fin et sans fond. Puis Bion avec sa terreur sans nom, Meltzer et son d\u00e9mant\u00e8lement, Tustin et son trou noir et bien d\u2019autres encore. B\u00e9b\u00e9 est d\u00e9sormais regard\u00e9, scrut\u00e9, observ\u00e9 au microscope et \u00e9cout\u00e9, sinon entendu. Et l\u2019on (fonction paternelle s\u2019il en est, qui r\u00e9siste \u00e0 toute datation) tente de l\u2019aider, autant que possible, quelles que soient la pr\u00e9cocit\u00e9 et la massivit\u00e9 de la catastrophe (de la naissance ou ant\u00e9rieure) qui l\u2019a touch\u00e9 et\/ou le mine encore, \u00e0 se d\u00e9senvo\u00fbter de sa fascination pour le trou, le creux ou la niche de l\u2019origine, et \u00e0 ses nombreux correspondants sur Terre o\u00f9 il risque de chuter (des toilettes \u00e0 la piscine) puis \u00e0 apaiser ses angoisses de s\u00e9paration et de discontinuit\u00e9 d\u2019\u00eatre, et enfin \u00e0 se relever, se redresser, se restaurer\u2026 afin de pouvoir se pr\u00e9parer \u00e0 commencer au plus t\u00f4t son\u2026 \u0152dipe&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est que l\u2019exp\u00e9rience premi\u00e8re de la chute dans le vide pourrait bien dater de cette prime enfance et selon son intensit\u00e9, sa dur\u00e9e, sa pr\u00e9visibilit\u00e9 et l\u2019arriv\u00e9e ou non et pas trop tardive d\u2019un secours, elle pourrait \u00eatre \u00e0 l\u2019origine du coup de vague du d\u00e9prim\u00e9 (perte de l\u2019\u00e9lan vital\u2026 du souffle vital &#8211; <em>reah-rouah<\/em>, l\u2019air et l\u2019\u00e2me en h\u00e9breu)&nbsp;; du sentiment de vacuit\u00e9 de l\u2019existence du fait d\u2019un narcissisme plein de vide de certaines personnalit\u00e9s (outres gonfl\u00e9es comme les grenouilles qui veulent se faire plus grosses que le b\u0153uf\u2026 et qui s\u2019av\u00e8rent fruits secs)&nbsp;; de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 de vide d\u2019enfants \u00ab&nbsp;<em>\u00e9lev\u00e9s aux accidents<\/em><sup>1<\/sup>&nbsp;\u00bb dans des contr\u00e9es o\u00f9 l\u2019\u00e9motion laisse \u00e0 d\u00e9sirer, adolescents <em>borderlines<\/em> qu\u2019on a trop souvent laiss\u00e9 tomber. Les personnalit\u00e9s narcissiques sont invit\u00e9es \u00e0 aller contempler le c\u00e9l\u00e8bre tableau de Pieter Breughel l\u2019Ancien \u00e0 Bruxelles (\u00e9videmment une copie, l\u2019original ayant disparu), pour voir dans quel endroit exigu du cadre la chute d\u2019Icare a toujours et encore lieu. Les d\u00e9prim\u00e9s \u00e9viteront les tableaux de Rothko, en particulier ceux de sa derni\u00e8re p\u00e9riode, ils risqueraient de s\u2019y enfouir croyant y trouver ce qui pourrait s\u2019opposer \u00e0 leur vide, soit le sentiment oc\u00e9anique de communion sans mesure avec la m\u00e8re nature ou Dieu, dans un non moins ultime non-choix de peur\u2026 du dehors et du dedans confondus. Pour les adolescents <em>borderlines<\/em>, nous supposons comme pour <em>Les amants du Pont-neuf<\/em> de Leos Carax, la possibilit\u00e9 de visites nocturnes du <em>Louvre<\/em>, le pays des tableaux, ce cimeti\u00e8re du beau, \u2026 \u00e0 la bougie.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud, enfant puis adulte, a-t-il connu la chute\u00a0? Sa trajectoire ressemble plut\u00f4t \u00e0 une irr\u00e9sistible ascension, certes laborieuse, mais relativement constante dans sa progression\u00a0; la travers\u00e9e du d\u00e9sert ne para\u00eet pas avoir dur\u00e9 trop longtemps et il a su se nourrir de la manne de sa passion sans Dieu. Admettons\u00a0: mais il a d\u00fb attendre pour \u00ab\u00a0<em>conna\u00eetre<\/em>\u00a0\u00bb Martha, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u (par Jung, Fliess, Bleuler et Adler et s\u00fbrement par beaucoup d\u2019autres encore), il a sans doute \u00e9t\u00e9 trahi (c\u2019est moins document\u00e9), il a subi l\u2019isolement, l\u2019ostracisme, l\u2019exil final et la mort loin du sol natal. Et pourtant, il ne semble pas qu\u2019il ait exp\u00e9riment\u00e9 la chute, l\u2019effondrement au sens fort du terme. Est-ce d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 insuffisamment (auto) analys\u00e9\u00a0? De fait, l\u2019analyse qui invite ou oblige \u00e0 la r\u00e9gression (par son cadre) travaille les f\u00ealures, les noyaux de douleur et les points de fixation, au risque assum\u00e9 de la chute d\u00e9pressive ou narcissique comme \u00e9v\u00e8nement de rupture avec une com\u00e9die sociale et\/ou priv\u00e9e qui obligent \u00e0 masquer les app\u00e9tits et enjeux de pouvoir, \u00e0 jouer un r\u00f4le o\u00f9 l\u2019on ne doutait pas, ne se trompait pas, ne souffrait pas\u2026 mais luttait beaucoup avec son soi priv\u00e9 jusqu\u2019au clivage du moi. Avec la cure,\u00a0<em>exit<\/em>\u00a0la trop belle image convenue, la m\u00e9canique bien huil\u00e9e de la routine, place \u00e0 la discontinuit\u00e9 voire \u00e0 l\u2019incoh\u00e9rence d\u2019\u00eatre soi\u2026 dans toute son humanit\u00e9 et non dans un r\u00f4le social\u00a0; et place aux \u00ab\u00a0<em>bienfaits de la d\u00e9pression<\/em>\u00a0\u00bb<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 sous une bonne \u00e9toile, les f\u00e9es \u00e9taient-elles particuli\u00e8rement bien dispos\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Freud&nbsp;? A-t-il su profiter, tout simplement, d\u2019un concours de circonstances&nbsp;? Au-del\u00e0 de son bagage g\u00e9n\u00e9tico-biologique, d\u2019o\u00f9 provenait sa ph\u00e9nom\u00e9nale force int\u00e9rieure qui le fit triompher de ses fantasmes et de ceux des autres pour \u00eatre si cr\u00e9atif et si r\u00e9sistant&nbsp;? Comment a-t-il \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9ussi \u00e0 jouer un bon tour \u00e0 la folie<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>3<\/sup>, et surtout \u00e0 la \u00ab&nbsp;<em>raison raisonnante<\/em>&nbsp;\u00bb, jusqu\u2019\u00e0 pouvoir affirmer qu\u2019il aurait \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9ussi l\u00e0 o\u00f9 le parano\u00efaque \u00e9choue<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup> \u2026 et chute&nbsp;? Quel \u00c7a le pulsait et le poussait, tout en l\u2019autorisant \u00e0 penser si intens\u00e9ment, sans risquer de tomber dans un \u00ab&nbsp;<em>trou de parole<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? D\u2019o\u00f9 tenait-il cette s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure lui permettant un tel pouvoir de libert\u00e9 et de jeu\u2026 et cet humour de funambule, qui ne craint pas de sauter dans le vide ayant certitude et confiance dans l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un trap\u00e8ze salvateur&nbsp;? Faut-il essentiellement, comme il l\u2019affirme, remercier le portage (<em>handling<\/em> et <em>holding<\/em>) sans faille de maman Amalia&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Quand on a \u00e9t\u00e9 sans contredit l\u2019enfant de pr\u00e9dilection de sa m\u00e8re, on garde pour la vie ce sentiment conqu\u00e9rant, cette assurance du succ\u00e8s qui, en r\u00e9alit\u00e9, rarement reste sans l\u2019amener<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? Son cher Goethe aurait pu, avec raison, mettre en \u00e9pigraphe \u00e0 l\u2019histoire bien remplie de sa vie une r\u00e9flexion du genre que les deux affectionnaient&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>ma force a eu sa source dans mes rapports \u00e0 ma m\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb. Avis aux attachementistes, les enfants ne sont pas (seulement) attach\u00e9s \u00e0 leur m\u00e8re, ils les aiment et la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure qu\u2019ils d\u00e9veloppent provient de leur intimit\u00e9 avec elle. Freud, plus sage qu\u2019Icare, ne s\u2019est pas trop approch\u00e9 du soleil (de la psychose ou de la m\u00e9lancolie). Et il n\u2019\u00e9tait pas fou de transgressions autres que psychiques, aussi ne punissait-il jamais pour lui comme pour les autres les fantasmes&nbsp;! Quant aux actes\u2026 tant qu\u2019il n\u2019y a pas mort d\u2019homme (avait-il l\u2019habitude de dire). Il a ainsi maintenu son cap psychanalytique pendant pr\u00e8s de cinq d\u00e9cennies, sans trou noir, sans \u00e9viter les rajouts et les ratures, les regrets et les remords.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, d\u00e9viance majeure selon certains, parano\u00efa insidieuse pour d\u2019autres, il n\u2019a pas chut\u00e9 parce que, peut-\u00eatre, il a r\u00e9ussi \u00e0 inventer le concept de pulsion de mort. Au cr\u00e9puscule de sa vie, au bout de son rouleau, Freud qui s\u2019isolait pour manger pour ne pas importuner ses amis et sa famille (les d\u00e9gouter et chuter dans leur esprit). N\u2019a-t-il pas commenc\u00e9 \u00e0 ralentir sa pens\u00e9e pour freiner sa chute, comme Bugs Bunny versant dans le vide, s\u2019arr\u00eate (chez Tex Avery) <em>in extremis<\/em> \u00e0 deux centim\u00e8tres du sol&nbsp;? Le fanatisme du temps et de la destruction qu\u2019annon\u00e7ait Stephan Zweig avait emport\u00e9 la Vienne cosmopolite et en elle quelque chose de soi (l\u2019id\u00e9al du moi) que tous deux y avait d\u00e9pos\u00e9, et qui la leur rendait si ch\u00e8re. Partout plus rien n\u2019avait plus le m\u00eame sens\u2026 Darwin, dont Freud conservait religieusement les livres dans sa biblioth\u00e8que, avait-il raison avec ses histoires de domination, de menace et de marquage d\u2019un territoire vital&nbsp;? La pulsion de mort n\u2019est-elle qu\u2019un ultime pansement pour la psych\u00e9 qui n\u2019arrive plus \u00e0 penser (en acceptant l\u2019illusion et l\u2019utopie) que tout est affaire d\u2019\u00e9ducation du petit enfant et de culture de la soci\u00e9t\u00e9\u2026 de la fa\u00e7on que l\u2019on a eu de l\u2019\u00e9lever \u00e0 la domination ou \u00e0 la dualit\u00e9&nbsp;? Evoquer la pulsion de mort n\u2019est ce pas\u2026 chuter\u2026 toucher le fond d\u2019une th\u00e9orie\u2026 ou reconna\u00eetre la sup\u00e9riorit\u00e9 de son double n\u00e9gatif et mourir avec lui&nbsp;? Tel Holmes et son dr\u00f4le d\u2019alter-\u00e9go Moriarty.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud a tranch\u00e9, il consid\u00e8re que si les pulsions d\u2019auto-conservation ou pulsion du Moi appartiennent bien au groupe des pulsions de vie, elles sont aussi du c\u00f4t\u00e9 de la mort. D\u00e8s lors, quel sacr\u00e9 dualisme pulsionnel, o\u00f9 la chute peut virer \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation et inversement. Sorte de \u00ab&nbsp;retour \u00e0 Aristote&nbsp;\u00bb et \u00e0 l\u2019effet cathartique du tragique qui peut \u00ab&nbsp;purifier l\u2019individu&nbsp;\u00bb. Et croyance en la possible transformation de la destructivit\u00e9 en moteur de l\u2019activit\u00e9 repr\u00e9sentative.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors quoi&nbsp;! Chuter jusqu\u2019aux enfers ou plonger au plus profond des abysses, se perdre dans la mort et laisser les vagues houleuses de l\u2019inconscient pour une fois d\u00e9cider du r\u00e9el, plut\u00f4t que se conformer \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9&nbsp;! la chute s\u00e9duit comme s\u00e9duit l\u2019\u00e9l\u00e9vation\u2026 la descente comme l\u2019ascension&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Un enjeu du travail psychanalytique chez l\u2019adulte, serait-il d\u2019enfin se d\u00e9faire du d\u00e9sir de se parfaire ou de se refaire, d\u2019accepter <em>in fine<\/em> l\u2019ontologie inconsciente de son d\u00e9sir, et de voir que se d\u00e9faire de b\u00e9n\u00e9fices primaires et secondaires n\u2019est pas forc\u00e9ment une d\u00e9faite&nbsp;? Car le monde (interne) ainsi ouvert est toujours un avant insoup\u00e7onn\u00e9 et impr\u00e9visible, et peut-\u00eatre au c\u0153ur de ce vide, dans la chute, y a-t-il une possible autre f\u00eate, autre que celle triste de l\u2019adaptation et du positivisme\u2026 au risque de la m\u00e9lancolie et du masochisme. Certes. <em>Le vent se l\u00e8ve. Il faut tenter de vivre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>A. Rimbaud.<\/li><li>Pierre Fedida.<\/li><li>A. Rimbaud.<\/li><li>Lettres de S. Freud \u00e0 S. Ferenczi.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10384?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec une initiale minuscule, le terme signifie une fin. L\u2019aboutissement d\u2019une histoire, celle d\u2019un morceau de vie enferm\u00e9 dans un r\u00e9cit de soi\u2026 esp\u00e9r\u00e9 humoristique. Comme au sortir d\u2019une cure analytique plut\u00f4t r\u00e9ussie\u2026 dans un grand \u00e9clat de rire. 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