{"id":10366,"date":"2021-08-22T07:31:52","date_gmt":"2021-08-22T05:31:52","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/la-sterilite-chez-lhomme-de-la-souffrance-objectale-a-la-souffrance-identitaire-2\/"},"modified":"2021-10-01T14:25:42","modified_gmt":"2021-10-01T12:25:42","slug":"la-sterilite-chez-lhomme-de-la-souffrance-objectale-a-la-souffrance-identitaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/la-sterilite-chez-lhomme-de-la-souffrance-objectale-a-la-souffrance-identitaire\/","title":{"rendered":"La st\u00e9rilit\u00e9 chez l&rsquo;homme : de la souffrance objectale \u00e0 la souffrance identitaire"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>La plupart des travaux sur le v\u00e9cu psychologique de l\u2019infertilit\u00e9 s\u2019accordent pour mettre au premier plan la souffrance d\u00e9pressive commune \u00e0 l\u2019homme et \u00e0 la femme<sup>1<\/sup>. Bien souvent, l\u2019annonce d\u2019une st\u00e9rilit\u00e9 entra\u00eene les m\u00eames r\u00e9actions que celle d\u2019un deuil ou d\u2019une maladie grave&nbsp;: en particulier, r\u00e9volte, jalousie, culpabilit\u00e9, recherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d\u2019une cause. L\u2019id\u00e9ation suicidaire n\u2019est pas rare comme l\u2019alt\u00e9ration des relations conjugales ou sociales<sup>2-4<\/sup>. Le chemin vers une certaine acceptation sera plus ou moins long, et de cette acceptation d\u00e9pendra la mani\u00e8re dont sera v\u00e9cu le parcours d\u2019assistance m\u00e9dicale \u00e0 la procr\u00e9ation (AMP ou MAR).<\/p>\n\n\n\n<p>La souffrance d\u2019infertilit\u00e9 r\u00e9active les souffrances pass\u00e9es&nbsp;: M. Bydlowski nous dit que le projet d\u2019une filiation individuelle induit toujours une r\u00eaverie subjective qui mobilise la m\u00e9moire inconsciente<sup>5<\/sup>. Selon Greil <em>et al<\/em>., le traitement de l\u2019infertilit\u00e9 est autant associ\u00e9 \u00e0 un niveau de d\u00e9tresse psychique que le fait d\u2019\u00eatre infertile lui-m\u00eame<sup>6<\/sup>. La souffrance associ\u00e9e au parcours d\u2019AMP (Aide M\u00e9dicale \u00e0 la Procr\u00e9ation) renforce la souffrance de l\u2019infertilit\u00e9&nbsp;: c\u2019est une dynamique de circularit\u00e9. Le nombre de couples abandonnant l\u2019AMP apr\u00e8s 3 cycles pour des raisons psychologiques n\u2019est pas n\u00e9gligeable, m\u00eame si le pronostic m\u00e9dical est encourageant<sup>7<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La souffrance de l\u2019infertilit\u00e9&nbsp;: consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales<\/h2>\n\n\n\n<p>Les recherches sur le v\u00e9cu de l\u2019infertilit\u00e9 sont plus souvent d\u00e9di\u00e9es aux femmes qu\u2019aux hommes<sup>8-9<\/sup>. La litt\u00e9rature indique que les femmes sont psychologiquement plus affect\u00e9es que les hommes par leur infertilit\u00e9. Une r\u00e9cente \u00e9tude danoise a montr\u00e9 qu\u2019il existait un risque de troubles psychiatriques plus \u00e9lev\u00e9 chez les femmes dont le traitement d\u2019AMP avait \u00e9chou\u00e9 que chez celles pour qui il avait permis la naissance d\u2019un enfant (10). Elles ont un score plus \u00e9lev\u00e9 au questionnaire \u00e9valuant le stress et la d\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Pash <em>et al<\/em>.<sup>11<\/sup>, avoir un enfant est plus important chez les femmes que chez les hommes. Cette diff\u00e9rence de perception peut affecter la communication dans le couple&nbsp;: les femmes ressentent un effet positif de l\u2019infertilit\u00e9 sur le couple (\u00ab&nbsp;\u00e7a nous a rapproch\u00e9&nbsp;\u00bb) lorsque leurs maris acceptent de parler avec elles des tentatives faites pour avoir un b\u00e9b\u00e9. Mais il s\u2019agirait plut\u00f4t d\u2019une diff\u00e9rence d\u2019expression face \u00e0 la question de l\u2019\u00e9chec de procr\u00e9ation. D\u2019autres \u00e9tudes se sont int\u00e9ress\u00e9es plus sp\u00e9cifiquement aux hommes infertiles. Elles nous indiquent que le sentiment d\u2019infertilit\u00e9 est particuli\u00e8rement anxiog\u00e8ne et peut \u00eatre responsable de dysfonctionnement sexuel du fait du lien entre fertilit\u00e9 et sexualit\u00e9. En effet, la moiti\u00e9 des hommes \u00e0 qui on apprend une anomalie du sperme, pr\u00e9sente des difficult\u00e9s \u00e9rectiles transitoires \u00e0 l\u2019annonce de l\u2019infertilit\u00e9<sup>12-13<\/sup>. De plus, il est fr\u00e9quent que l\u2019entourage du sujet ne soit pas inform\u00e9, ce qui est plus rarement le cas pour l\u2019infertilit\u00e9 d\u2019origine f\u00e9minine, du fait de cette confusion entre fertilit\u00e9 et virilit\u00e9. La m\u00e9dicalisation de la procr\u00e9ation est souvent v\u00e9cue comme une mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de l\u2019homme, qui ne se sent sollicit\u00e9 que pour \u00ab&nbsp;fournir&nbsp;\u00bb ses spermatozo\u00efdes, et qui se culpabilise de ce que sa compagne doit subir, ce qui renforce la perte d\u2019estime de soi<sup>14<\/sup>. Les partenaires masculins du couple qui se sentent responsables de l\u2019infertilit\u00e9 du couple ont un risque plus important de souffrance sexuelle, \u00e9motionnelle et psychologique que ceux qui n\u2019ont pas cette conviction<sup>15<\/sup>. M\u00eame lorsque l\u2019annonce de leur infertilit\u00e9 entra\u00eene chez certains hommes des r\u00e9actions d\u00e9pressives profondes et durables, ils vont avoir du mal \u00e0 consulter<sup>13-14<\/sup>. Plusieurs \u00e9tudes montrent qu\u2019il y a une diff\u00e9rence de genre dans la mani\u00e8re de \u00ab&nbsp;faire avec&nbsp;\u00bb l\u2019infertilit\u00e9&nbsp;: les hommes auront plus souvent des r\u00e9actions plus inhib\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es, leur difficult\u00e9 \u00e9motionnelle pourra se traduire par une hyper activit\u00e9 sociale et professionnelle plus que par un \u00e9tat d\u00e9pressif franc<sup>16<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les hommes, comme chez les femmes, la difficult\u00e9 \u00e0 parler des cons\u00e9quences \u00e9motionnelles de la difficult\u00e9 \u00e0 avoir un b\u00e9b\u00e9 est un facteur pr\u00e9dictif d\u2019un \u00e9tat de stress \u00e9lev\u00e9 relatif \u00e0 l\u2019infertilit\u00e9<sup>16-17<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques \u00e9tudes<sup>18-19<\/sup> se sont int\u00e9ress\u00e9es aux processus psychiques mis en place par les hommes pour faire face au traumatisme. Elles montrent chez 2\/3 des sujets examin\u00e9s un fonctionnement psychique \u00ab&nbsp;abras\u00e9&nbsp;\u00bb d\u2019o\u00f9 les conflits et les \u00e9motions sont exclus, signalant la dimension traumatique de l\u2019impasse procr\u00e9ative et\/ou de la m\u00e9dicalisation de la procr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fonctionnement d\u00e9fensif entrave la prise de conscience et l\u2019expression de la vie \u00e9motionnelle&nbsp;; il r\u00e9duit la vie fantasmatique, entra\u00eenant un mode de pens\u00e9e tourn\u00e9e vers la dimension concr\u00e8te des exp\u00e9riences au d\u00e9triment de la vie affective. Cette attitude d\u00e9fensive pourra donner le change et faire croire \u00e0 une bonne adaptation \u00e0 la situation, voire \u00e0 de l\u2019indiff\u00e9rence. Elle pourra avoir un impact sur la prise en charge m\u00e9dicale, laissant penser que pour lui \u00ab&nbsp;tout va bien&nbsp;\u00bb. Ceci n\u2019est pas aussi sans cons\u00e9quence sur la relation de couple, la compagne pouvant avoir le sentiment d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;la seule \u00e0 souffrir&nbsp;\u00bb. Selon Boivin et Schmidt, cette difficult\u00e9 de communication pourrait avoir une influence sur le r\u00e9sultat des tentatives de procr\u00e9ation assist\u00e9e (ins\u00e9mination, FIV)&nbsp;: les femmes qui expriment une souffrance dans le couple sont celles qui auront besoin de plus de tentatives pour aboutir \u00e0 une grossesse<sup>20-21<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La souffrance de la st\u00e9rilit\u00e9 sous l\u2019angle psychodynamique<\/h2>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019examiner la souffrance de la st\u00e9rilit\u00e9 chez l\u2019homme, rappelons en quelques mots ce qu\u2019il en est de la femme et du couple&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pour la femme<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce sera une blessure narcissique et objectale&nbsp;: \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9ception de ne pas recevoir cet enfant du p\u00e8re d\u00e9sir\u00e9 en secret depuis l\u2019enfance, il y a la blessure de ne pas pouvoir, \u00e0 travers une maternit\u00e9, retrouver la m\u00e8re perdue des d\u00e9buts de la vie&nbsp;; l\u2019enfant sera toujours celui qui manque \u00e0 l\u2019appel pour venir combler tous les chagrins et toutes les blessures de la vie (Bydlowski)<sup>22<\/sup>. C\u2019est la douleur de cette incompl\u00e9tude qui tient la plus grande place. A cette souffrance s\u2019ajoute celle de se sentir exclue du processus qui am\u00e8ne les autres femmes de leur g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 devenir m\u00e8re \u00e0 leur tour, apr\u00e8s leur m\u00e8re. Les femmes infertiles peuvent se sentir infantilis\u00e9es, renvoy\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 de la petite fille d\u2019autrefois d\u00e9pendantes de leur m\u00e8re, ce qui r\u00e9active les conflits infantiles avec elle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Du point de vue du couple<\/h3>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;sexualit\u00e9 st\u00e9rile&nbsp;\u00bb, celle qui n\u2019aboutit pas \u00e0 la naissance d\u2019un enfant, remet en cause le lien construit au moment de l\u2019\u0152dipe entre sexualit\u00e9 et procr\u00e9ation&nbsp;: \u00ab&nbsp;la mise en cause de la solution \u0153dipienne que constitue la sexualit\u00e9 st\u00e9rile fissure le cadre psychique contenant l\u2019identit\u00e9 personnelle en provoquant une grande souffrance&nbsp;\u00bb<sup>23<\/sup>, l\u2019identit\u00e9 personnelle construite dans l\u2019enfance est remise en cause&nbsp;: l\u2019identit\u00e9 sexuelle, comme l\u2019appartenance \u00e0 la lign\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut souligner, de plus, que l\u2019extension des possibilit\u00e9s offertes par les procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es n\u2019est pas sans cons\u00e9quence&nbsp;: elle entra\u00eene les couples et leur m\u00e9decin dans une spirale d\u2019offre de soins qui court-circuite les enjeux de la procr\u00e9ation naturelle, qui n\u2019est plus d\u00e8s lors interrog\u00e9e. En promettant la possibilit\u00e9 d\u2019une conception hors sexualit\u00e9, c\u2019est la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la souffrance d\u2019une \u00ab&nbsp;sexualit\u00e9 st\u00e9rile&nbsp;\u00bb, qui op\u00e8re, emp\u00eachant l\u2019\u00e9laboration du traumatisme, et laissant ainsi place au d\u00e9ni de cette souffrance.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La souffrance de l\u2019infertilit\u00e9 chez l\u2019homme&nbsp;: de la souffrance objectale \u00e0 la souffrance identitaire<\/h3>\n\n\n\n<p>La souffrance de l\u2019infertilit\u00e9 chez l\u2019homme peut prendre plusieurs aspects&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Elle peut avoir une dimension narcissique lorsqu\u2019elle remet en cause sa virilit\u00e9, tant f\u00e9condit\u00e9 et virilit\u00e9 sont, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, associ\u00e9es dans l\u2019imaginaire commun<sup>14<\/sup>. Elle peut avoir une dimension objectale, \u00eatre tourn\u00e9e vers l\u2019autre, l\u2019autre conjugal \u00ab&nbsp;faire cadeau d\u2019un enfant \u00e0 sa compagne&nbsp;\u00bb, mais aussi vers l\u2019autre parental \u00ab&nbsp;donner un petit enfant \u00e0 ses parents&nbsp;\u00bb, gage d\u2019\u00e9ternit\u00e9 ou cadeau r\u00e9parateur des malheurs de la vie&nbsp;: ici, c\u2019est la souffrance de l\u2019infertilit\u00e9 d\u2019un point de vue g\u00e9n\u00e9rationnel qui est \u00e0 prendre en compte, cela pour les hommes comme pour les femmes&nbsp;; elle est, selon Bydlowski, li\u00e9e au non r\u00e8glement de la dette de vie \u00e0 l\u2019\u00e9gard des parents, \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de s\u2019acquitter d\u2019une dette trans-g\u00e9n\u00e9rationnelle<sup>24-25<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la prise en charge de l\u2019infertilit\u00e9 masculine existe depuis de nombreuses ann\u00e9es, l\u2019annonce de la st\u00e9rilit\u00e9 masculine reste encore difficilement avouable, en particulier au p\u00e8re de l\u2019homme st\u00e9rile&nbsp;: en effet chez l\u2019homme, l\u2019impossibilit\u00e9 \u00e0 devenir p\u00e8re peut signifier, dans une lecture \u0153dipienne inconsciente, la r\u00e9alisation de la menace de castration redout\u00e9e dans l\u2019enfance, issue des d\u00e9sirs incestueux du petit gar\u00e7on pour sa m\u00e8re&nbsp;: se d\u00e9barrasser du p\u00e8re pour prendre sa place aupr\u00e8s de la m\u00e8re&nbsp;; dans le cas de l\u2019\u0152dipe invers\u00e9, ce sera la question du d\u00e9sir homosexuel pour le p\u00e8re qui occupera la sc\u00e8ne inconsciente.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette souffrance peut avoir aussi une dimension identitaire que la proposition de don de gam\u00e8te, lorsque la st\u00e9rilit\u00e9 est d\u00e9finitive, ne saurait apaiser si elle survient trop t\u00f4t. Cette proposition pourra m\u00eame \u00eatre paradoxalement responsable du blocage du deuil de la fertilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux cas cliniques vont \u00e9clairer ces aspects de la souffrance de la st\u00e9rilit\u00e9. Le choix de pr\u00e9senter des situations diff\u00e9rentes -st\u00e9rilit\u00e9 partielle et st\u00e9rilit\u00e9 totale- est volontaire, visant \u00e0 montrer que la souffrance due \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 primaire, partielle, n\u2019est pas moindre que celle li\u00e9e \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 d\u00e9finitive, m\u00eame si, dans le cas de la st\u00e9rilit\u00e9 d\u00e9finitive, s\u2019ajoute le deuil \u00e0 faire d\u2019une filiation g\u00e9n\u00e9tique. En effet les fantasmes et angoisses r\u00e9activ\u00e9es sont pour une bonne part semblables, d\u00e9coulant des vicissitudes du d\u00e9veloppement psychoaffectif de l\u2019enfant d\u2019autrefois que ces hommes ont \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation de deux cas cliniques<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous avons effectu\u00e9 des entretiens approfondis selon la m\u00e9thode psychanalytique&nbsp;: la libre association, la prise en compte des mouvements du discours et des mouvements transf\u00e9rentiels. Cette m\u00e9thode issue de la th\u00e9orie psychanalytique est \u00e0 la fois un outil th\u00e9rapeutique et de recherche. Cette approche se situe dans la perspective du conflit \u0153dipien.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bertrand&nbsp;: la dette en souffrance<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour Bertrand, l\u2019annonce de son infertilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 une catastrophe qu\u2019il compare \u00e0 une maladie grave, le cancer, alors m\u00eame que la possibilit\u00e9 d\u2019avoir recours \u00e0 une ICSI (injection intra-cytoplasmique d\u2019un spermatozo\u00efde pr\u00e9alablement s\u00e9lectionn\u00e9 dans un ovocyte) est offerte au couple. Il s\u2019est senti tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9 et se remet tr\u00e8s doucement&nbsp;: \u00ab&nbsp;je ne sais pas comment je me sortirai de tout \u00e7a. Je suis encore sur le, comment dire, je suis encore dans la digestion et je ne sais pas si cette digestion est en train de passer doucement, donc je ne suis absolument pas \u00e0 penser \u00e0 demain, il faut d\u00e9j\u00e0 que je puisse mener \u00e0 bien ce que je suis en train de faire (accepter son infertilit\u00e9) jusqu\u2019\u00e0 demain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Son histoire est singuli\u00e8re&nbsp;: n\u00e9 sous X, il est le fils adoptif d\u2019un couple ayant eu recours \u00e0 l\u2019adoption du fait de la st\u00e9rilit\u00e9 du mari. La relation de ce dernier avec son propre p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 totalement rompue depuis la s\u00e9paration par divorce du couple parental lorsque le p\u00e8re de Bertrand \u00e9tait enfant&nbsp;; il ne voit plus non plus sa m\u00e8re. En ce qui concerne le p\u00e8re de Bertrand, la rupture de filiation est totale.<\/p>\n\n\n\n<p>Abandonn\u00e9 par son propre p\u00e8re, le p\u00e8re de Bertrand a eu du mal \u00e0 assumer son r\u00f4le de p\u00e8re, c\u2019est plut\u00f4t un copain, p\u00e8re et fils sont coll\u00e9s dans une relation fusionnelle qui \u00e9vite tout conflit&nbsp;: \u00ab&nbsp;on s\u2019est soud\u00e9 avec mon p\u00e8re dont l\u2019\u00e9ducation \u00e9tait une \u00e9ducation de p\u00e8re \u00e0 fils mais pas classique \u2026 une relation o\u00f9 on se serrait les coudes et on faisait attention l\u2019un \u00e0 l\u2019autre pour diverses raisons\u2026 une relation tr\u00e8s tr\u00e8s tendre parce que son propre papa a disparu tr\u00e8s vite, enfin il est parti et euh\u2026 \u00e0 fils unique attendu euh\u2026 d\u00e9sir\u00e9, donc la neuvi\u00e8me merveille du monde. Il n\u2019avait aucune autorit\u00e9 et je crains de d\u00e9velopper \u00e7a sur mes propres enfants, c\u2019est \u00e0 dire, avoir un regard tr\u00e8s tr\u00e8s complaisant, afin d\u2019\u00e9viter le conflit, ce qui n\u2019est pas la meilleure des choses surtout avec des enfants\u2026&nbsp;\u00bb. Lorsque Bertrand fugue \u00e0 l\u2019adolescence, son p\u00e8re ne le grondera pas, ne lui dira rien, lorsque jeune homme il dispara\u00eet sans laisser d\u2019adresse pendant plusieurs mois, il ne cherche pas \u00e0 le contacter, \u00ab&nbsp;ne s\u2019en fait pas plus que \u00e7a&nbsp;\u00bb, alors que Bertrand vit, en fait, non loin de ses parents. Bertrand en souffrira, \u00ab&nbsp;cela aurait \u00e9t\u00e9 facile de me retrouver \u2026&nbsp;\u00bb dit cet ancien enfant d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9 une premi\u00e8re fois avant d\u2019\u00eatre adopt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Commentaire&nbsp;:<\/h2>\n\n\n\n<p>Du fait de la fragilisation du lien symbolique de filiation, celui qui relie mais aussi diff\u00e9rencie (on est fils de, fr\u00e8re de, mais on n\u2019est pas son p\u00e8re ou son fr\u00e8re), pour Bertrand c\u2019est la dimension imaginaire de ce lien, qui va prendre le devant de la sc\u00e8ne&nbsp;: celle de la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame. Dans une identification narcissique inconsciente \u00e0 son p\u00e8re, il sera st\u00e9rile, comme lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme d\u2019autres hommes infertiles, avec sa st\u00e9rilit\u00e9, il \u00e9vite de r\u00e9gler sa dette de vie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce p\u00e8re adoptif&nbsp;; et c\u2019est de cela dont il souffre&nbsp;: de ne pas pouvoir lui donner un petit enfant, de ne pas pouvoir relancer le fil g\u00e9n\u00e9rationnel endommag\u00e9 par les ruptures de filiation, \u00e0 son niveau et au niveau de son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi Bertrand porte la blessure narcissique de son p\u00e8re adoptif (avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 par son p\u00e8re, \u00eatre st\u00e9rile) et ne peut que se vouer \u00e0 le prot\u00e9ger en \u00e9vitant le \u00ab&nbsp;travail de meurtre du p\u00e8re&nbsp;\u00bb qu\u2019implique toute nouvelle paternit\u00e9&nbsp;: tuer symboliquement son p\u00e8re pour devenir p\u00e8re \u00e0 son tour. Il est un \u00e9tai du p\u00e8re et cumule les noms sans pouvoir s\u2019en approprier un seul.<\/p>\n\n\n\n<p>Il lui faudra du temps pour accepter et donner suite \u00e0 la proposition d\u2019ICSI qui est faite au couple. Si le r\u00e9sultat est positif, il devra assumer la possibilit\u00e9 de devenir p\u00e8re \u00e0 son tour et de tuer symboliquement son propre p\u00e8re, s\u2019il est n\u00e9gatif il ne pourra s\u2019acquitter de sa \u00ab&nbsp;dette de vie&nbsp;\u00bb \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">George&nbsp;: le vacillement identitaire<\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019est un homme terrass\u00e9 par l\u2019annonce de sa st\u00e9rilit\u00e9 qui se pr\u00e9sente en consultation. Il est le plus jeune fils d\u2019une fratrie de quatre enfants. Les parents sont id\u00e9alis\u00e9s, le p\u00e8re en particulier, v\u00e9ritable <em>Pater Familias<\/em>, \u00e0 qui il a toujours d\u00e9sir\u00e9 ressembler. Cette id\u00e9alisation cache une rivalit\u00e9 \u0153dipienne conflictuelle et une opposition au mod\u00e8le familial qui s\u2019exprimera \u00e0 travers un parcours scolaire plut\u00f4t chaotique, des \u00e9tudes sup\u00e9rieures inabouties, alors que les fr\u00e8res ont fait un parcours \u00ab&nbsp;sans faute&nbsp;\u00bb et de hautes \u00e9tudes&nbsp;; il fait un choix professionnel qui n\u2019est pas \u00e0 la hauteur des attentes familiales. Il ne se sent pas tout \u00e0 fait homme, toujours adolescent&nbsp;; il s\u2019est toujours dit qu\u2019il deviendrait un homme le jour o\u00f9 il serait p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019annonce de sa st\u00e9rilit\u00e9, est un choc terrible qui ne s\u2019est pas adouci apr\u00e8s plusieurs mois \u00e9coul\u00e9s et la perspective d\u2019une paternit\u00e9 par don de gam\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont ses rep\u00e8res identitaires qui sont \u00e9branl\u00e9s&nbsp;: \u00eatre homme\/\u00eatre femme, faire partie de la communaut\u00e9 des p\u00e8res, \u00eatre mari de, \u00eatre p\u00e8re de famille.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il n\u2019est pas p\u00e8re, pourra-t-il \u00eatre un homme&nbsp;? Il ne fera jamais partie, avec son p\u00e8re et ses fr\u00e8res de la communaut\u00e9 des p\u00e8res, de la communaut\u00e9 des hommes, il sera dans un entre deux inacceptable \u00ab&nbsp;le tonton qui n\u2019a pas d\u2019enfant&nbsp;\u00bb, \u00e9ternel adolescent. Il ne saurait accepter d\u2019\u00eatre p\u00e8re par don, car cet enfant lui rappellera toujours sa st\u00e9rilit\u00e9, \u00e0 lui-m\u00eame comme aux autres. Cet enfant, il ne sait pas s\u2019il pourra l\u2019aimer, s\u2019investir comme p\u00e8re, occuper cette place de p\u00e8re de famille, tant cet enfant lui rappellera son exclusion du monde des Hommes\/P\u00e8res. Et en m\u00eame temps, il ne peut refuser car il est persuad\u00e9 qu\u2019il y perdrait sa femme, et avec elle, cet autre appui identitaire&nbsp;: \u00eatre \u00ab&nbsp;mari de&nbsp;\u00bb. Le temps qui lui serait n\u00e9cessaire pour, peut-\u00eatre, faire son deuil, il ne l\u2019a pas du fait de l\u2019\u00e2ge de sa femme qui n\u00e9cessite au contraire d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le processus de don.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa souffrance est extr\u00eame, il ne peut en parler \u00e0 personne, il ne peut trouver de consolation aupr\u00e8s de ses proches, car en parler revient \u00e0 rendre la r\u00e9alit\u00e9 de sa st\u00e9rilit\u00e9 concr\u00e8te, tangible. Pour le moment il laisse le temps passer, sans rien dire de ses doutes, en laissant faire les choses, en attendant un apaisement qui ne vient pas, accroch\u00e9 \u00e0 l\u2019espoir, pourtant bien faible de devenir p\u00e8re naturellement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour George, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la blessure narcissique castratrice (la st\u00e9rilit\u00e9 \u00e9quivaut \u00e0 la r\u00e9alisation r\u00e9elle, dans son corps, de l\u2019angoisse de castration imaginaire issue du complexe d\u2019\u0152dipe), c\u2019est la dimension identitaire de la souffrance de st\u00e9rilit\u00e9 qui s\u2019exprime&nbsp;: \u00ab&nbsp;qui suis-je homme ou femme, adulte ou \u00e9ternel adolescent&nbsp;? Quelle place ai-je dans ma filiation&nbsp;?&nbsp;\u00bb Questionne-t-il douloureusement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet de don semble, pour le moment, venir figer le processus d\u2019\u00e9laboration, et peut-\u00eatre de sublimation, de la perte par une r\u00e9ponse qui vient trop t\u00f4t. M\u00eame si son souhait est de fonder une famille, appui identitaire important pour lui, sa crainte est grande de ne pouvoir investir l\u2019enfant qui na\u00eetrait d\u2019un don comme \u00e9tant le sien. Il craint de le rejeter, tant il viendrait lui rappeler le traumatisme, qu\u2019il pense irr\u00e9parable, de sa st\u00e9rilit\u00e9. Il a cependant pu reprendre le dialogue avec sa femme, dialogue jusque l\u00e0 interrompu, et sortir de son repli \u00e0 l\u2019\u00e9gard de sa famille.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Prise en charge de la souffrance de la st\u00e9rilit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Ces deux cas cliniques o\u00f9 la souffrance psychique d\u2019hommes confront\u00e9s \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 partielle ou totale \u00e0 procr\u00e9er s\u2019exprime ouvertement, sont plut\u00f4t exceptionnels quant \u00e0 l\u2019expression de cette souffrance. Les demandes de consultations psychologiques vont venir principalement des femmes&nbsp;; si les hommes souffrent, ils n\u2019en disent rien et consultent rarement<sup>9<\/sup>. Ils viendront toutefois plus souvent en couple (dans notre consultation, 1 consultation \/ 6), ce qui t\u00e9moignera d\u2019une demande d\u2019aide qu\u2019ils ne peuvent pas exprimer directement pour eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons \u00e9voqu\u00e9 le type particulier de d\u00e9fense que ces hommes mettent tr\u00e8s fr\u00e9quemment en place pour lutter contre le profond d\u00e9sarroi qu\u2019ils \u00e9prouvent et contre les angoisses r\u00e9activ\u00e9es par les blessures psychologiques, qu\u2019elles soient narcissiques, castratrices, ou identitaires. Elles consistent en une r\u00e9pression des affects, un d\u00e9ni ou une banalisation de cette souffrance au profit de la consid\u00e9ration de celle de leur compagne. On assiste souvent \u00e0 un refus de parler de ce qu\u2019ils vivent \u00e0 leur femme, aux proches et comme aux amis. Nous avons vu que ce mode de d\u00e9fense, proche du fonctionnement psychosomatique, s\u2019il les prot\u00e8ge partiellement, a tendance \u00e0 figer le travail d\u2019\u00e9laboration des blessures de l\u2019infertilit\u00e9, et parfois du deuil \u00e0 faire de sa capacit\u00e9 procr\u00e9atrice, qui permettrait un r\u00e9el d\u00e9gagement, une v\u00e9ritable sublimation.<\/p>\n\n\n\n<p>La prise en charge est donc difficile car comment encourager ces hommes \u00e0 ouvrir les blessures dont ils se prot\u00e8gent si radicalement&nbsp;? Lorsque qu\u2019ils en acceptent le risque un v\u00e9ritable travail d\u2019\u00e9laboration peut se faire. Nous soulignons comme d\u2019autres auteurs<sup>26<\/sup> l\u2019int\u00e9r\u00eat de ces entretiens psychoth\u00e9rapiques, ici psychanalytiques, dans le champ somatique. Nos propres recherches sur l\u2019infertilit\u00e9 masculine en sont un exemple, parmi d\u2019autres. Sur un petit nombre de sujet<sup>30<\/sup>, l\u2019\u00e9tude a montr\u00e9 comment la mise en r\u00e9cit de l\u2019histoire personnelle et du v\u00e9cu de l\u2019infertilit\u00e9 a augment\u00e9 les chances d\u2019un r\u00e9sultat positif de l\u2019ICSI. On peut penser que l\u2019ouverture de la parole dans les entretiens a favoris\u00e9 les \u00e9changes dans le couple (18). Nous avons vu l\u2019impact que cela peut avoir sur le r\u00e9sultat des traitements (Boivin et Smith 2005).<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, ils ne pourront accepter qu\u2019un travail en couple qui, s\u2019il limite la possibilit\u00e9 d\u2019une \u00e9laboration individuelle des conflits anciens r\u00e9activ\u00e9s, permet toutefois une reprise du dialogue dans le couple et une re-narcissisation \u00e0 travers l\u2019\u00e9quilibre affectif retrouv\u00e9 au sein de leur couple<sup>27<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour conclure, on pourrait dire qu\u2019il est crucial que les acteurs de la procr\u00e9ation assist\u00e9e puissent se laisser toucher, sensibiliser, par les enjeux chaque fois singuliers du projet de procr\u00e9ation, et de ses impasses, pour que le temps d\u2019une \u00e9laboration cr\u00e9atrice de nouvelles voies sublimatoires puisse s\u2019ouvrir et que l\u2019enfant \u00e0 venir ne porte pas le poids d\u2019un deuil non \u00e9labor\u00e9. Ne pas se laisser abuser par cette apparente absence de difficult\u00e9, tenter de mettre en mots ce que l\u2019empathie permet de percevoir malgr\u00e9 l\u2019\u00e9cran du silence, peut permettre l\u2019ouverture d\u2019un espace de parole et parfois la mise en route d\u2019un travail psychoth\u00e9rapique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>1 Granet Ph.&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aspects psychologiques de l\u2019infertilit\u00e9 conjugale et de sa prise en charge dans le cadre des procr\u00e9ations m\u00e9dicalement assist\u00e9es&nbsp;\u00bb, <em>Devenir<\/em>, 1995, 7, (2) 7-29<\/p>\n\n\n\n<p>2 Kerr J, Brown C, Balen AH&nbsp;: \u00ab&nbsp;The experiences of couples who have had infertility treatment in the United Kingdom&nbsp;: results of a survey performed in 1997&nbsp;\u00bb. <em>Hum Reprod<\/em>, 1999, 14&nbsp;: 934-938.<\/p>\n\n\n\n<p>3 Wischmann TH&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sexual disorders in infertile couples&nbsp;\u00bb, <em>J Sex Med<\/em> 2010, 7&nbsp;:1868-1876.<\/p>\n\n\n\n<p>4 Co\u00ebffin-Driol C, Giami A&nbsp;: \u00ab&nbsp;The impact of infertility and its treatment on sexual life and marital relationships&nbsp;: review of the literature&nbsp;\u00bb. <em>Gynecol Obstet Fertil<\/em> 2004, 32&nbsp;:624-637.<\/p>\n\n\n\n<p>5 Bydlowski M.&nbsp;: <em>Les enfants du d\u00e9sir.<\/em> O. Jacob 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>6 Greil AL, McQuillan J, Lowry M, Shreffler KM&nbsp;: \u00ab&nbsp;Infertility treatment and fertility-specific distress&nbsp;: A longitudinal analysis of a population-based sample of U.S. women&nbsp;\u00bb. <em>Soc Sci Med<\/em> 2011, 73&nbsp;:87-94.<\/p>\n\n\n\n<p>7 Gameiro S, Boivin J, Peronace L, Verhaak CM&nbsp;: \u00ab&nbsp;Why do patients discontinue fertility treatment&nbsp;? A systematic review of reasons and predictors of discontinuation in fertility treatment&nbsp;\u00bb. <em>Hum Reprod Update<\/em> 2012, 18&nbsp;:652-669.<\/p>\n\n\n\n<p>8 Culley L, Hudson N, Lohan M&nbsp;: \u00ab&nbsp;Where are all the men&nbsp;? The marginalization of men in social scientific research on infertility&nbsp;\u00bb. <em>Reprod Biomed Online<\/em> 2013, 27&nbsp;:225-35.<\/p>\n\n\n\n<p>9 Fisher JR, Hammarberg K&nbsp;: \u00ab&nbsp;Psychological and social aspects of infertility in men&nbsp;: an overview of the evidence and implications for psychologically informed clinical care and future research&nbsp;\u00bb. <em>Asian J Androl<\/em> 2012, 14&nbsp;:121-129.<\/p>\n\n\n\n<p>10 Schmidt L, Hageman I, Hougaard C\u00d8, Sejbaek CS, Assens M, Ebdrup NH, Pinborg A&nbsp;: \u00ab&nbsp;Psychiatric disorders among women and men in assisted reproductive technology (ART) treatment. The Danish National ART-Couple (DANAC) cohort&nbsp;: protocol for a longitudinal, national register-based cohort study&nbsp;\u00bb. <em>BMJ Open 2013,<\/em> 21&nbsp;:3.<\/p>\n\n\n\n<p>11 Pasch LA, Dunkel-Schetter C, Christensen A&nbsp;: \u00ab&nbsp;Differences between husbands\u2019\u2019and wives\u2019\u2019 approach to infertility affect marital communication and adjustment&nbsp;\u00bb. <em>Fertil Steril<\/em> 2002, 77&nbsp;: 1241-1247.<\/p>\n\n\n\n<p>12 Ohl J, Reder F, Fernandez A, Bettahar-Lebugle K, Rongi\u00e8res C, Nisand I&nbsp;: \u00ab&nbsp;Impact of infertility and assisted reproductive techniques on sexuality&nbsp;\u00bb. <em>Gynecol Obstet Fertil<\/em> 2009, 37&nbsp;:25-32.<\/p>\n\n\n\n<p>13 Salama S, Boitrelle F, Gauquelin A, Jaoul M, Albert M, Bailly M, Wainer R, Veluire M.&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sexualit\u00e9 et infertilit\u00e9&nbsp;\u00bb. <em>Gynecol Obstet Fertil<\/em> 2012, 40&nbsp;:780-783.<\/p>\n\n\n\n<p>14 Mimoun S.&nbsp;: \u00ab&nbsp;Psychologie masculine et AMP&nbsp;\u00bb, in <em>Trait\u00e9 de Gyn\u00e9cologie Obst\u00e9trique Psychosomatique<\/em> 1999, Flammarion, P. 153-157<\/p>\n\n\n\n<p>15 Smith JF, Walsh TJ, Shindel AW, Turek PJ, Wing H, Pasch L, Katz PP&nbsp;: \u00ab&nbsp;Infertility Outcomes Program Project Group. Sexual, marital, and social impact of a man\u2019s perceived infertility diagnosis&nbsp;\u00bb. <em>J Sex Med<\/em> 2009, 6&nbsp;: 2505-2515.<\/p>\n\n\n\n<p>16 Jordan C, Revenson TA&nbsp;: \u00ab&nbsp;Gender differences in coping with infertility&nbsp;: a meta-analysis&nbsp;\u00bb. <em>J Behav Med<\/em> 1999, 22&nbsp;:341-358.<\/p>\n\n\n\n<p>17 Musa R, Ramli R, Yazmie AW, Khadijah MB, Hayati MY, Midin M, Jaafar NR, Das S, Sidi H, Ravindran A&nbsp;: \u00ab&nbsp;A preliminary study of the psychological differences in infertile couples and their relation to the coping styles&nbsp;\u00bb. <em>Compr Psychiatry<\/em>, in press.<\/p>\n\n\n\n<p>18 Jaoul M, Albert M, Bailly M, Selva J, Molina Gomes D&nbsp;: \u00ab&nbsp;Blessure dans la filiation et infertilit\u00e9 masculine&nbsp;\u00bb, <em>Andrologie<\/em> 2010, 20&nbsp;: 131-143.<\/p>\n\n\n\n<p>19 Bourdet-Loub\u00e8re S, Pirlot G., \u00ab&nbsp;Le v\u00e9cu psychologique d\u2019hommes infertiles, apport et rep\u00e9rage de l\u2019am\u00e9nagement d\u00e9fensif&nbsp;\u00bb. <em>L\u2019information psychiatrique<\/em> 2012,88&nbsp;:721-726.<\/p>\n\n\n\n<p>20 Schmidt L, Holstein BE, Christensen U, Boivin J&nbsp;: \u00ab&nbsp;Communication and coping as predictors of fertility problem stress&nbsp;: cohort study of 816 participants who did not achieve a delivery after 12 months of fertility treatment&nbsp;\u00bb, <em>Hum Reprod<\/em> 2005, 20&nbsp;:3248-3256.<\/p>\n\n\n\n<p>21 Boivin J, Schmidt L&nbsp;: \u00ab&nbsp;Infertility-related stress in men and women predicts treatment outcome 1 year later&nbsp;\u00bb. <em>Fertil Steril<\/em> 2005, 83&nbsp;:1745-1752.<\/p>\n\n\n\n<p>22 Bydlowski M&nbsp;: <em>La dette de vie, itin\u00e9raire psychanalytique de la maternit\u00e9.<\/em> Paris, Le fil rouge, PUF, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>23 Meija Quijano C, Germond M, Ansermet F&nbsp;: <em>Parentalit\u00e9 st\u00e9rile et procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e, le d\u00e9gel du devenir<\/em>. Er\u00e8s, 2006, p. 205-218.<\/p>\n\n\n\n<p>24 Fonty B, Bydlowski M&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aspects psychologiques de l\u2019infertilit\u00e9 masculine&nbsp;\u00bb, <em>Revue de m\u00e9decine psychosomatique<\/em> 1985, 26&nbsp;:97-105.<\/p>\n\n\n\n<p>25 Squires C, Jouannet P, Wolf JP, Cabrol D, Kuntsmann JM&nbsp;: \u00ab&nbsp;Psychopathologie et procr\u00e9ation m\u00e9dicaleent assist\u00e9e&nbsp;: comment les couples infertiles \u00e9laborent-ils leur demande d\u2019enfant&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>Devenir<\/em> 2008, 20&nbsp;: 135-149.<\/p>\n\n\n\n<p>26 Leon IG&nbsp;: \u00ab&nbsp;Understanding and treating infertility&nbsp;: psychoanalytic considerations&nbsp;\u00bb. <em>J Am Acad Psycho- anal Dyn Psychiatry<\/em> 2010, 38&nbsp;:47-75.<\/p>\n\n\n\n<p>27 Jaoul M., Molina Gomes D, Albert M., Bailly M., Bergere M., Selva J.&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prise en charge psychologique des \u00e9checs de procr\u00e9ation, au masculin&nbsp;\u00bb. <em>Gyn Obst et fertil<\/em> 2009, 37&nbsp;: 921-27.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10366?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction La plupart des travaux sur le v\u00e9cu psychologique de l\u2019infertilit\u00e9 s\u2019accordent pour mettre au premier plan la souffrance d\u00e9pressive commune \u00e0 l\u2019homme et \u00e0 la femme1. Bien souvent, l\u2019annonce d\u2019une st\u00e9rilit\u00e9 entra\u00eene les m\u00eames r\u00e9actions que celle d\u2019un deuil&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[244,555],"auteur":[1419],"dossier":[],"mode":[61],"revue":[557],"type_article":[453],"check":[2023],"class_list":["post-10366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-depression","thematique-paternite","auteur-monique-jaoul","mode-gratuit","revue-557","type_article-recherche","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10366"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16262,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10366\/revisions\/16262"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10366"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10366"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10366"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10366"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10366"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10366"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10366"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}