{"id":10365,"date":"2021-08-22T07:31:52","date_gmt":"2021-08-22T05:31:52","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/differentes-conceptions-du-cadre-en-psychanalyse-et-en-psychotherapie-2\/"},"modified":"2022-05-18T09:47:32","modified_gmt":"2022-05-18T07:47:32","slug":"differentes-conceptions-du-cadre-en-psychanalyse-et-en-psychotherapie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/differentes-conceptions-du-cadre-en-psychanalyse-et-en-psychotherapie\/","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un cadre ? Diff\u00e9rentes conceptions du cadre en psychanalyse et en psychoth\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"\n<p>Il a fallu un certain temps \u00e0 la psychanalyse avant de reconna\u00eetre la valeur structurante et protectrice du cadre. Du temps de Freud et des autres pionniers, il \u00e9tait concevable d\u2019analyser ses parents proches (notamment ses enfants), d\u2019inviter ses analysants \u00e0 d\u00eener, de s\u2019interpr\u00e9ter mutuellement les r\u00eaves, etc. L\u2019ignorance des risques d\u2019un tel travail sans filet de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9e \u00e0 celle des \u00e9poux Curie au sujet des effets pernicieux de la radioactivit\u00e9&nbsp;: elle a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de nombreux malentendus et de souffrances.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce manque \u00e0 th\u00e9oriser a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 par les g\u00e9n\u00e9rations post\u00e9rieures d\u2019analystes qui ont fait couler beaucoup d\u2019encre au sujet de cette question. Elle reste, de nos jours, mati\u00e8re \u00e0 d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p>Je tenterai dans cet article d\u2019examiner les diverses formes que prend le cadre selon le mod\u00e8le th\u00e9orique du psychanalyste, ainsi que ses cons\u00e9quences sur le d\u00e9roulement des traitements. Je commencerai par d\u00e9finir le cadre selon deux axes&nbsp;: cadre <em>versus<\/em> processus et cadre externe <em>versus<\/em> cadre interne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cadre <em>versus<\/em> processus<\/h2>\n\n\n\n<p>Classiquement, cadre et processus ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits comme des \u00e9l\u00e9ments compl\u00e9mentaires dans une relation d\u2019exclusion mutuelle. Ce qui rel\u00e8ve du cadre n\u2019appartient pas au processus et vice-versa. Le terme cadre se r\u00e9f\u00e8re alors \u00e0 l\u2019ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments stables et non significatifs d\u2019un traitement, ensemble qui est estim\u00e9 muet et d\u00e9nu\u00e9 de sens. Il s\u2019agit surtout des r\u00e8gles concernant le lieu, la fr\u00e9quence, les horaires, les honoraires, le dispositif&nbsp;: fauteuil, divan,\u2026 A l\u2019inverse, le terme processus est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la partie \u00ab&nbsp;noble&nbsp;\u00bb de la cure, cens\u00e9e \u00eatre porteuse de sens et constituer l\u2019ar\u00e8ne du changement. Le processus comprend tout ce qui se passe entre l\u2019analyste et le patient. Dans cette optique, le cadre est envisag\u00e9 comme un \u00e9l\u00e9ment inerte, alors que le processus appara\u00eet comme la partie vivante et \u00e9volutive d\u2019un traitement. Ce dernier constitue d\u00e8s lors le vrai objet d\u2019\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette optique, le cadre serait au service du processus et se justifierait dans la mesure o\u00f9 il contiendrait et permettrait le d\u00e9veloppement et la compr\u00e9hension de ce dernier. On pourrait le comparer \u00e0 la bo\u00eete de Petri en microbiologie&nbsp;: le cadre agirait comme un support neutre contenant un milieu de culture ad\u00e9quat \u00e0 l\u2019expression et au d\u00e9veloppement du monde interne du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diff\u00e9renciation tr\u00e8s tranch\u00e9e a \u00e9t\u00e9 ensuite mise en question. Les notions de contenant et de contenu propos\u00e9es par Bion (1970) permettent d\u2019appr\u00e9cier la complexit\u00e9 des relations entre les deux termes. Plusieurs possibilit\u00e9s se pr\u00e9sentent&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Contenant et contenu peuvent coexister et se tol\u00e9rer, voire s\u2019enrichir mutuellement. C\u2019est le cas id\u00e9al o\u00f9 le cadre agit comme contenant permettant l\u2019\u00e9panouissement du processus, alors que ce dernier favorise un d\u00e9roulement harmonieux des r\u00e8gles propres au cadre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Contenant et contenu peuvent aussi se d\u00e9truire l\u2019un l\u2019autre: le contenant peut \u00e9touffer et st\u00e9riliser le contenu&nbsp;; ou bien, le contenu peut traverser de telles turbulences qu\u2019il finit par faire \u00e9clater le contenant. Par exemple, un cadre excessivement rigide peut emp\u00eacher que certains contenus fantasmatiques difficilement verbalisables ne s\u2019expriment \u00e0 travers des entorses aux r\u00e8gles&nbsp;; ou, \u00e0 l\u2019inverse, un fonctionnement psychique tr\u00e8s d\u00e9sorganis\u00e9 et agissant peut conduire \u00e0 ce qu\u2019aucune r\u00e8gle ne soit respect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Finalement, on le verra plus tard, le cadre peut parfois devenir le d\u00e9positaire de fantasmes et de conflits (Bleger,1979). D\u00e8s lors, loin d\u2019agir uniquement en tant que contenant, il devient un contenu qui demande \u00e0 \u00eatre analys\u00e9. Dans cette perspective, le cadre n\u2019est plus un moyen de culture inerte&nbsp;: au contraire, il v\u00e9hicule et permet l\u2019expression des noyaux psychiques particuli\u00e8rement archa\u00efques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cadre externe <em>versus<\/em> cadre interne<\/h2>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une autre mani\u00e8re d\u2019envisager la probl\u00e9matique du cadre. La notion de cadre externe se superpose ici \u00e0 celle du cadre d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment&nbsp;: nombre de s\u00e9ances, disposition spatiale (fauteuil, divan), conditions de paiement, vacances,\u2026 L\u2019opposition est alors faite avec ce que l\u2019on appelle le cadre interne qui concerne en particulier l\u2019appareil conceptuel utilis\u00e9 par l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, on admet aujourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019appr\u00e9hender une quelconque r\u00e9alit\u00e9 sans un ensemble plus ou moins complexe de th\u00e9ories pr\u00e9alables, autant explicites qu\u2019implicites. Plus important encore, les outils th\u00e9oriques dont dispose l\u2019analyste influencent non seulement sa compr\u00e9hension du processus, mais le d\u00e9terminent \u00e9galement en partie. Le m\u00eame patient suivra une voie diff\u00e9rente selon l\u2019\u00e9coute du th\u00e9rapeute qui l\u2019accompagne et selon ses interventions. On peut inclure aussi dans le cadre interne certaines caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques de chaque th\u00e9rapeute, telles que sa personnalit\u00e9, son histoire ou ses valeurs. Cependant, je m\u2019occuperai ici en particulier des mod\u00e8les th\u00e9oriques de l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en distinguerai quatre que je d\u00e9crirai dans les grandes lignes tout en pr\u00e9cisant qu\u2019ils sont modul\u00e9s par chaque analyste et parfois combin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1-<\/strong> <em>Le premier mod\u00e8le<\/em> est fondamentalement inspir\u00e9 des premiers travaux de Freud (1985). Freud avait sugg\u00e9r\u00e9, au d\u00e9part, de consid\u00e9rer le traumatisme comme l\u2019origine de la maladie psychique. Le n\u00e9vros\u00e9 a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une s\u00e9duction sexuelle dans l\u2019enfance. L\u2019exp\u00e9rience \u00e9motionnelle inacceptable qui en d\u00e9coule a \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9e dans l\u2019inconscient. Elle y reste enkyst\u00e9e et scind\u00e9e du reste du monde psychique, c\u2019est-\u00e0-dire de ce que Freud appelait \u00ab&nbsp;le grand courant des associations&nbsp;\u00bb. Dans une version post\u00e9rieure de ce m\u00eame mod\u00e8le, l\u2019accent est mis non tant sur le traumatisme externe que sur des d\u00e9sirs sexuels infantiles de nature inacceptable. Ces d\u00e9sirs sont, d\u00e8s lors, refoul\u00e9s dans l\u2019inconscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat, dans les deux cas, est le m\u00eame&nbsp;: des repr\u00e9sentations inacceptables restent isol\u00e9es de l\u2019ensemble de la vie psychique du sujet. De cet isolement d\u00e9coule leur impossibilit\u00e9 \u00e0 \u00eatre corrig\u00e9es, modul\u00e9es, apprivois\u00e9es par le contact avec les autres repr\u00e9sentations. Elles exercent d\u00e8s lors, \u00e0 partir de leur \u00ab&nbsp;exil&nbsp;\u00bb dans l\u2019inconscient en tant que \u00ab&nbsp;corps \u00e9tranger&nbsp;\u00bb, une pression constante vers la conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pouss\u00e9e constante vers la conscience est \u00e0 l\u2019origine de deux types de ph\u00e9nom\u00e8nes&nbsp;: d\u2019une part des sympt\u00f4mes, d\u2019autre part des \u00ab&nbsp;retours du refoul\u00e9&nbsp;\u00bb sous la forme de r\u00eaves, de lapsus et autres d\u00e9rivatifs. Le premier ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e0 l\u2019origine de la maladie, le deuxi\u00e8me ouvre la porte de la gu\u00e9rison. En d\u2019autres termes, tant la psychopathologie que la cure sont comprises selon le mod\u00e8le du r\u00eave&nbsp;: le refoul\u00e9 pousse vers la conscience. Du point de vue th\u00e9rapeutique, on vise la r\u00e9cup\u00e9ration des souvenirs\/fantasmes enfouis dans l\u2019inconscient afin de les amener \u00e0 la conscience. Une fois rendus conscients, ils pourront \u00eatre \u00ab&nbsp;dig\u00e9r\u00e9s&nbsp;\u00bb, assimil\u00e9s \u00e0 l\u2019ensemble de la vie psychique et cesseront d\u2019exercer leur force pathog\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre externe est am\u00e9nag\u00e9 en cons\u00e9quence&nbsp;: la r\u00e9duction des stimulations sensorielles et de la motricit\u00e9 (similaire aux conditions du sommeil) a comme fin de ne laisser aux pouss\u00e9es de l\u2019inconscient d\u2019autre issue que la repr\u00e9sentation. Le m\u00eame but est recherch\u00e9 par les pr\u00e9ceptes classiques qui sont propos\u00e9s au patient: l\u2019association libre et l\u2019abstinence. La premi\u00e8re vise \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9mergence des retours du refoul\u00e9, sous la forme de pens\u00e9es parasites ou incidentes. La deuxi\u00e8me prive le patient de la possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser ses d\u00e9sirs dans la r\u00e9alit\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 ne lui laisser d\u2019autres voies que de les penser.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux autres r\u00e8gles classiques concernent l\u2019analyste&nbsp;: l\u2019attention flottante et la neutralit\u00e9 bienveillante. Elle sont la contrepartie des demandes faites \u00e0 l\u2019analysant et ont pour but de stimuler chez l\u2019analyste un \u00e9tat mental o\u00f9 il peut ouvrir largement ses antennes \u00e0 toute expression du refoul\u00e9, si discr\u00e8te ou transgressive soit-elle. Dans ce contexte, le cadre externe devra \u00eatre respect\u00e9 afin de favoriser les fouilles arch\u00e9ologiques du tr\u00e9fonds de l\u2019inconscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au cadre interne, il est solidaire du cadre externe propos\u00e9 et tend \u00e0 orienter l\u2019esprit de l\u2019analyste vers la r\u00e9cup\u00e9ration des souvenirs ou des fantasmes. Son \u00e9coute s\u00e9lectionnera n\u00e9cessairement les \u00e9l\u00e9ments qui vont dans cette direction. Il cherchera certains contenus&nbsp;: des traces de traumatismes ou de d\u00e9sirs sexuels refoul\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce type de travail s\u2019adapte particuli\u00e8rement bien aux dimensions les plus \u00e9volu\u00e9es et symbolis\u00e9es de l\u2019individu, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019analyste peut compter sur les retours du refoul\u00e9. Ses risques majeurs sont d\u2019une part l\u2019intellectualisation, de l\u2019autre un travail limit\u00e9 \u00e0 ce qui a pu \u00eatre symbolis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2-<\/strong> <em>Le deuxi\u00e8me mod\u00e8le<\/em> se situe, sur quelques aspects importants, exactement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ce premier mod\u00e8le freudien. Si la m\u00e9taphore de ce dernier \u00e9tait le r\u00eave, celle du deuxi\u00e8me mod\u00e8le, inspir\u00e9 de Winnicott, renvoie plut\u00f4t aux soins maternels. Bri\u00e8vement r\u00e9sum\u00e9, alors que dans le mod\u00e8le pr\u00e9c\u00e9dent l\u2019accent \u00e9tait mis sur le besoin de r\u00e9cup\u00e9rer des souvenirs ou des repr\u00e9sentations de d\u00e9sir infantile, c\u2019est-\u00e0-dire sur une prise de conscience \u00e0 la fois cognitive et affective, dans ce deuxi\u00e8me mod\u00e8le, ce qui compte, c\u2019est la possibilit\u00e9 de vivre les exp\u00e9riences qui n\u2019ont pas pu \u00eatre v\u00e9cues dans l\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e centrale est que l\u2019individu (surtout dans les pathologies graves) ne souffre pas seulement, ni m\u00eame fondamentalement, de \u00ab&nbsp;r\u00e9miniscences&nbsp;\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire du poids des souvenirs verbaux refoul\u00e9s d\u00e9coulant de traumatismes d\u2019enfance ou des frustrations de d\u00e9sirs infantiles. Au contraire, le manque se situe \u00e0 un niveau beaucoup plus pr\u00e9coce et pr\u00e9verbal. Ce manque peut \u00eatre compris en termes de l\u2019insuffisance de la m\u00e8re (ou des substituts maternels) \u00e0 fournir un cadre ad\u00e9quat au d\u00e9veloppement de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion d\u2019espace transitionnel d\u00e9crite par Winnicott (1971) est ici centrale. Le b\u00e9b\u00e9 a besoin de trouver, dans l\u2019espace interm\u00e9diaire que cette notion d\u00e9signe, une m\u00e8re capable de s\u2019adapter \u00e0 sa toute-puissance, en \u00e9tant pr\u00eate \u00e0 mettre \u00e0 disposition du b\u00e9b\u00e9 exactement ce qu\u2019il cherche au moment o\u00f9 il le cherche. C\u2019est l\u2019exp\u00e9rience du trouv\u00e9-cr\u00e9\u00e9 qui permet \u00e0 l\u2019enfant de conna\u00eetre et de s\u2019approprier subjectivement le monde environnant.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que la r\u00e9p\u00e9tition heureuse de cette exp\u00e9rience de toute-puissance a permis au b\u00e9b\u00e9 d\u2019\u00e9tablir les bases de sa personne et de sa relation au monde, la m\u00e8re pourra progressivement le d\u00e9sillusionner de fa\u00e7on \u00e0 ce que sa toute-puissance puisse \u00eatre modul\u00e9e par le contact avec la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Winnicott, la probl\u00e9matique de nature plus n\u00e9vrotique, en lien avec le d\u00e9sir, dont s\u2019\u00e9tait beaucoup occup\u00e9 Freud, intervient \u00e0 des stades plus \u00e9volu\u00e9s du d\u00e9veloppement. Dans les stades plus pr\u00e9coces, qui sont pr\u00e9cis\u00e9ment ceux qui posent probl\u00e8me dans les troubles psychiques s\u00e9v\u00e8res, on ne peut encore parler de relation avec l\u2019objet (ce qui implique une certaine notion de son existence s\u00e9par\u00e9e), mais plut\u00f4t de la capacit\u00e9 \u00e0 utiliser l\u2019objet (Winnicott,1968,1971).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mani\u00e8re de concevoir le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant a des cons\u00e9quences sur le cadre interne de l\u2019analyste. En effet, notre compr\u00e9hension du d\u00e9veloppement pr\u00e9coce, de la mani\u00e8re dont on tombe malade, d\u00e9termine notre conception du processus th\u00e9rapeutique, c\u2019est-\u00e0-dire de la fa\u00e7on dont on peut gu\u00e9rir. Or, selon ce mod\u00e8le, la t\u00e2che centrale du th\u00e9rapeute, du moins dans les premiers temps, est de s\u2019adapter autant que possible aux besoins les plus r\u00e9gressifs du patient, besoins dont la frustration est \u00e0 l\u2019origine de la maladie. Le patient pourra alors vivre ce qui lui a manqu\u00e9, autrement dit, il pourra reprendre son d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation, d\u2019importance centrale dans le mod\u00e8le freudien, perd ici de son int\u00e9r\u00eat. En effet, puisqu\u2019il ne s\u2019agit plus de r\u00e9cup\u00e9rer des souvenirs\/des repr\u00e9sentations, cet aspect de l\u2019activit\u00e9 de l\u2019analyste devient secondaire et m\u00eame, parfois, nuisible. En effet, pour Winnicott, l\u2019interpr\u00e9tation peut devenir dommageable et emp\u00eacher le processus de gu\u00e9rison si elle intervient \u00e0 un moment o\u00f9 ce n\u2019est pas cela que le patient attend. Elle peut alors empi\u00e9ter sur l\u2019espace de toute-puissance, d\u2019illusion, n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement psychique du patient. Plus r\u00e9cemment, on a d\u00e9crit ce travail pr\u00e9alable en termes de re-narcissisation.<\/p>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, en ce qui concerne le cadre interne, l\u2019analyste tentera d\u2019\u00e9couter son patient, non pas afin d\u2019identifier les retours du refoul\u00e9, mais dans le but de lui permettre de ressentir et de laisser libre cours aux besoins fondamentaux de son Moi. L\u2019association libre, l\u2019\u00e9coute flottante n\u2019ont plus le m\u00eame sens que dans le mod\u00e8le pr\u00e9c\u00e9dent. L\u2019analyste s\u2019efforcera plut\u00f4t de reproduire, dans le cadre de la cure, les conditions suppos\u00e9es n\u00e9cessaires pour permettre la reprise du d\u00e9veloppement du patient: \u00e9coute attentive des besoins du Moi, respect de la toute-puissance afin de permettre l\u2019\u00e9panouissement de l\u2019aire d\u2019illusion suivi d\u2019un d\u00e9sillusionnement progressif qui respecte le rythme de chaque patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au cadre externe, l\u2019analyste qui se situe dans ce mod\u00e8le prendra garde \u00e0 ne pas frustrer le patient dans les r\u00e9alisations actuelles de ses besoins. Au contraire, il se sentira appel\u00e9 \u00e0 tenter de les satisfaire, \u00e9videmment pas dans leur versant pulsionnel\/sexuel (qui de toute mani\u00e8re ne constitue pas, dans ce mod\u00e8le-ci, la partie la plus importante du travail de l\u2019analyste), mais au niveau des besoins de son Moi&nbsp;: \u00eatre compris, tenu, sans empi\u00e8tement ni confrontation. C\u2019est dans ce contexte th\u00e9orique pr\u00e9cis que l\u2019id\u00e9e d\u2019adapter le cadre \u00e0 chaque patient prend toute sa valeur. Des entorses mineures au cadre externe peuvent \u00eatre n\u00e9cessaires si elles permettent une meilleure adaptation aux besoins du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Les risques de ce mod\u00e8le sont tout autre que ceux du mod\u00e8le pr\u00e9c\u00e9dent&nbsp;: l\u2019on pense que l\u2019analyste qui tente d\u2019agir comme une bonne m\u00e8re peut plus facilement tomber dans la collusion inconsciente ou dans la s\u00e9duction mutuelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3-<\/strong> <em>Le troisi\u00e8me mod\u00e8le<\/em> s\u2019inspire des travaux de Melanie Klein, Bion et, plus r\u00e9cemment, Betty Joseph. Ici, l\u2019effet th\u00e9rapeutique est cens\u00e9 d\u00e9couler de la r\u00e9actualisation des fantasmes inconscients dans le transfert, ce qui permet leur transformation gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon ce mod\u00e8le, que l\u2019on fasse l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019individu souffre de traumatismes, de d\u00e9sirs infantiles refoul\u00e9s ou de manques pr\u00e9coces, dans tous les cas, l\u2019important est la trace que les diverses exp\u00e9riences \u00e9motionnelles ont laiss\u00e9e dans son psychisme. Ce qui revient \u00e0 dire que ce qui compte n\u2019est pas tant ce qui est arriv\u00e9 au sujet, mais ce que le sujet a fait de ce qui lui est arriv\u00e9 et qui reste inscrit dans son psychisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces traces sont comprises en termes de relations du sujet avec ses objets internes et sont structur\u00e9es sous la forme de fantasmes inconscients. Ces deux concepts, objet interne et fantasme inconscient, sont intimement li\u00e9s. Les objets internes sont cens\u00e9s \u00eatre construits par le sujet comme r\u00e9sultat de la rencontre entre sa propre pulsionnalit\u00e9 et les exp\u00e9riences dites \u00ab&nbsp;r\u00e9elles&nbsp;\u00bb de la vie. Quant au fantasme inconscient, il d\u00e9signe un paradigme relationnel inconscient qui met en sc\u00e8ne la relation entre le sujet et ses objets, paradigme qui inclut des motions pulsionnelles, des angoisses et des d\u00e9fenses. Autrement dit, il s\u2019agit de sc\u00e9narios de complexit\u00e9 diverse qui vont des plus archa\u00efques et proches du corps aux plus symbolis\u00e9s. Ils incluent une repr\u00e9sentation de ce que le sujet attend, \u00e9prouve et fait, de m\u00eame que de ce que l\u2019objet attend, ressent et fait (Hinshelwood R.D., 2000, pp.40-54 et 79-95).<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque sujet est suppos\u00e9 disposer d\u2019un nombre relativement r\u00e9duit de ces fantasmes inconscients qui sont activ\u00e9s selon les circonstances de la vie et qui colorent fortement son exp\u00e9rience. Les fantasmes inconscients les plus caract\u00e9ristiques d\u2019un individu influencent ce qu\u2019on peut appeler sa personnalit\u00e9&nbsp;: ils d\u00e9terminent la mani\u00e8re dont il per\u00e7oit son environnement actuel, la fa\u00e7on dont il ressent et agit, ce qu\u2019il anticipe pour son avenir ainsi que la mani\u00e8re dont il se rem\u00e9more et construit son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre fantasmes inconscients et r\u00e9alit\u00e9 dite externe est \u00e0 double sens&nbsp;: les fantasmes inconscients influencent la mani\u00e8re dont la r\u00e9alit\u00e9 est ressentie mais, en m\u00eame temps, les exp\u00e9riences r\u00e9elles contribuent \u00e0 les transformer. Cette double boucle est \u00e0 la base des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, on pense que l\u2019individu a tendance, dans toutes les circonstances de sa vie, y compris dans la relation th\u00e9rapeutique, \u00e0 mettre en acte ses fantasmes inconscients, en faisant de mani\u00e8re \u00e0 ce que la r\u00e9alit\u00e9 confirme ses expectatives inconscientes. De ce fait, ses fantasmes inconscients prendront vie non seulement \u00e0 travers son discours, par ses mots, ses souvenirs, ses lapsus et ses r\u00eaves, mais aussi, et m\u00eame fondamentalement, dans sa relation \u00e0 l\u2019analyste. L\u2019id\u00e9e s\u2019ensuit que ces fantasmes inconscients pourront se transformer si l\u2019analyste ne s\u2019accorde pas aux expectatives inconscientes de son patient, s\u2019il n\u2019entre pas en complicit\u00e9 avec ses pr\u00e9suppos\u00e9s inconscients pour, au contraire, les identifier et, par l\u2019interpr\u00e9tation, montrer leur existence et leurs effets.<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, dans ce mod\u00e8le, la gu\u00e9rison n\u2019est pas cens\u00e9e d\u00e9couler de la rem\u00e9moration\/r\u00e9cup\u00e9ration du refoul\u00e9, ni de la reprise du d\u00e9veloppement personnel de l\u2019individu gr\u00e2ce \u00e0 un environnement ad\u00e9quat, mais de la transformation des fantasmes inconscients actualis\u00e9s dans le transfert.<\/p>\n\n\n\n<p>En termes de cadre interne, dans cette perspective, l\u2019analyste sera attentif surtout aux variations de ce que le patient met en acte dans la s\u00e9ance. Son travail se centrera de mani\u00e8re tr\u00e8s importante sur le transfert. Parall\u00e8lement, il analysera soigneusement son contre-transfert afin de comprendre le r\u00f4le que le patient attribue \u00e0 son analyste selon le fantasme inconscient qui est en train de s\u2019actualiser (Joseph B., 2003). A ce sujet, la notion de r\u00eaverie de Bion permet de faire un pas de plus&nbsp;: le but de l\u2019analyse ne serait pas tant la r\u00e9cup\u00e9ration des contenus refoul\u00e9s ou cliv\u00e9s (traumatisme, d\u00e9sir infantile, fantasme inconscient), mais surtout l\u2019incorporation de la fonction <em>alpha<\/em>, la capacit\u00e9 \u00e0 penser de l\u2019analyste. Dans cette mani\u00e8re de voir, la psychanalyse ne doit pas se tourner vers le pass\u00e9, mais vers le pr\u00e9sent&nbsp;: il s\u2019agit de permettre au patient de d\u00e9velopper sa capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer ses exp\u00e9riences \u00e9motionnelles actuelles \u00e0 travers le d\u00e9veloppement de son appareil \u00e0 penser (Bion W.R., 1970).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation joue ici un r\u00f4le fondamental puisque c\u2019est \u00e0 travers elle que les fantasmes inconscients pourront \u00eatre explor\u00e9s. Cependant, et cela est important, ces interpr\u00e9tations ne portent pas uniquement, ni fondamentalement, sur le contenu des paroles du patient, mais sur ce qu\u2019il fait avec son discours. Autrement dit, ce qui compte n\u2019est pas seulement ce que le patient dit, mais comment et avec quelles expectatives et intentions (inconscientes) il le dit. De m\u00eame, l\u2019analyste n\u2019agira pas de mani\u00e8re \u00e0 satisfaire les besoins de toute-puissance de son patient, ce qui est cens\u00e9 augmenter les risques de s\u00e9duction et de collusion inconsciente. Au contraire, il tentera de les identifier et de comprendre avec lui ce qu\u2019il \u00e9prouve et ce qu\u2019il en fait. D\u00e8s lors, le cadre externe devra \u00eatre scrupuleusement respect\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re int\u00e9ressante, ce mod\u00e8le am\u00e8ne un changement important dans l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019association libre. Elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e, dans le premier mod\u00e8le, comme l\u2019une des voies principales permettant le retour du refoul\u00e9, l\u2019exemple majeur \u00e9tant le lapsus. Or, \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on pense que le patient utilise (inconsciemment) ses mots afin de r\u00e9aliser un certain fantasme inconscient, en essayant d\u2019influencer son analyste afin qu\u2019il endosse un certain r\u00f4le dans l\u2019actualisation de ses fantasmes, la notion d\u2019association libre perd une grande partie de sa valeur heuristique.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne le cadre externe, J. Bleger (1979) a d\u00e9crit la mani\u00e8re dont il peut \u00eatre le d\u00e9positaire des fantasmes fusionnels propres \u00e0 la partie psychotique de l\u2019individu. Du fait de la stabilit\u00e9 du cadre, ces fantasmes demeurent souvent inaper\u00e7us et peuvent s\u2019exprimer violemment lors des ruptures, m\u00eame mineures, du cadre. Une cons\u00e9quence importante de cette conception est le besoin d\u2019analyser la fa\u00e7on tr\u00e8s personnelle dont le patient investit et vit le cadre qui lui est propos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le kleinien a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 par son insistance sur le transfert au d\u00e9triment de l\u2019histoire et de la r\u00e9alit\u00e9 actuelle du patient ainsi que par l\u2019accent mis sur l\u2019agressivit\u00e9. Par ailleurs, la tendance \u00e0 formuler les interpr\u00e9tations en termes d\u2019objets partiels et \u00e0 s\u2019adresser d\u2019embl\u00e9e aux suppos\u00e9es angoisses les plus profondes a \u00e9t\u00e9 fortement critiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du champ kleinien et a \u00e9t\u00e9, de nos jours, abandonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4 &#8211;<\/strong> <em>Le quatri\u00e8me mod\u00e8le<\/em> est le propre des diverses \u00e9coles intersubjectivistes. L\u2019accent est mis sur l\u2019id\u00e9e que la relation analytique est co-construite par le patient et par l\u2019analyste. L\u2019un apporte autant que l\u2019autre de fa\u00e7on que l\u2019interaction aboutit \u00e0 une construction o\u00f9 les contributions individuelles sont ind\u00e9m\u00ealables. C\u2019est le \u00ab&nbsp;tiers analytique&nbsp;\u00bb d\u2019Ogden (1994) qui se r\u00e9f\u00e8re, non pas \u00e0 une structure triangulaire de nature \u0153dipienne, mais \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau champ intersubjectif issu des deux partenaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En cons\u00e9quence, le cadre interne de l\u2019analyste est radicalement modifi\u00e9. L\u2019analyste n\u2019aspire pas ici \u00e0 comprendre le monde interne du patient (ni en termes de souvenirs\/repr\u00e9sentations de d\u00e9sir ni en termes de fantasme inconscient). Il n\u2019est pas non plus cens\u00e9 fournir un cadre qui autorise le libre d\u00e9ploiement de la toute-puissance du patient. Le but th\u00e9rapeutique est fondamentalement de construire avec le patient de nouvelles versions de son histoire et des modalit\u00e9s relationnelles plus adaptatives et plus enrichissantes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019une certaine v\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9alable contenue dans le monde interne du patient et qu\u2019il s\u2019agit de retrouver est relay\u00e9e par la notion d\u2019un relativisme d\u00e9pendant du point de vue de l\u2019observateur. On aboutit \u00e0 une vision tr\u00e8s pragmatique&nbsp;: il y a plusieurs v\u00e9rit\u00e9s possibles. Celle de l\u2019analyste n\u2019est pas plus vraie que celle du patient et n\u2019est bonne que celle qui marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre classique, autant interne qu\u2019externe, en sera boulevers\u00e9. De l\u2019id\u00e9e d\u2019une forte participation de l\u2019analyste dans l\u2019interaction, s\u2019ensuivent l\u2019impossibilit\u00e9 et l\u2019inutilit\u00e9 de la neutralit\u00e9 de l\u2019analyste. En effet, qu\u2019il le veuille ou pas, l\u2019analyste d\u00e9voilera in\u00e9luctablement ses id\u00e9es et ses \u00e9motions&nbsp;: autant les avouer sinc\u00e8rement au patient, conclut Renik (1995) afin de permettre au patient l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une relation nouvelle et plus saine. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on pense ici que les agissements, autant ceux du patient que de l\u2019analyste, sont non seulement in\u00e9vitables, mais aussi porteurs des interactions in\u00e9dites \u00e0 valeur transformatrice. Le cadre externe sera d\u00e8s lors peu rigide.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte d\u2019une grande variabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette \u00e9cole, des notions classiques telles que l\u2019association libre, l\u2019\u00e9coute flottante, la neutralit\u00e9 de l\u2019analyste ou le maintien du cadre externe deviennent parfois non significatives. Dans certaines versions extr\u00eames, les notions de pulsion, de monde interne, de fantasme inconscient, de transfert ou de contre-transfert sont estim\u00e9es heuristiquement superflues&nbsp;: elles seraient th\u00e9rapeutiquement inertes, sans valeur pour l\u2019acquisition d\u2019une meilleure adaptation du patient. Les risques que l\u2019on peut craindre dans ce mod\u00e8le incluent, entre autres, la collusion inconsciente, les agissements d\u00e9fensifs et les transformations th\u00e9rapeutiques en surface.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai tent\u00e9 de d\u00e9crire les divers mod\u00e8les de cadre qui op\u00e8rent dans la clinique psychanalytique contemporaine. D\u2019autres lectures seraient possibles. Mon id\u00e9e centrale est qu\u2019il y a une interd\u00e9pendance \u00e9troite entre le cadre th\u00e9orique explicite et implicite de l\u2019analyste, sa compr\u00e9hension du processus analytique, ses interventions et le cadre externe qu\u2019il propose. Cet ensemble imprime une certaine direction au travail analytique, qui varie pour chaque analyste. Il me semble pouvoir \u00eatre utile de conna\u00eetre les divers mod\u00e8les actuels, avec leurs avantages et risques sp\u00e9cifiques, afin de mieux r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre pratique. Autrement dit, nous demander ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et quels en sont les effets sur notre identit\u00e9 d\u2019analyste et sur le d\u00e9roulement de nos traitements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Bion W.R.(1970). <em>L\u2019attention et l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, 1974, Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>Bleger J.(1979). \u00ab&nbsp;Psychanalyse du cadre psychanalytique&nbsp;\u00bb, in R. K\u00e4es et col. eds. <em>Crise, Rupture et d\u00e9passement<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S., Breuer J. (1895). <em>Etudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, trad. A. Berman, Paris, PUF,1956.<\/p>\n\n\n\n<p>Heimann P.(1950). \u00ab&nbsp;\u00c0 propos du contre-transfert&nbsp;\u00bb, in P. Heimann, M. Little, L. Tower, A. Reich eds., <em>Le contre-transfert<\/em>,1987, Paris, Navarin.<\/p>\n\n\n\n<p>Hinshelwood, R.D.(2000). <em>Introduction \u00e0 la pens\u00e9e kleinienne<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Joseph B.(2003). <em>Ethique et passage \u00e0 l\u2019acte<\/em>, Bulletin FEP 57.<\/p>\n\n\n\n<p>Ogden T.H.(1994). \u00ab&nbsp;Le tiers analytique&nbsp;: les implications pour la th\u00e9orie et la technique psychanalytique&nbsp;\u00bb, <em>Rev. Fran\u00e7. Psychanal<\/em>., 2005\/3,vol. 69.<\/p>\n\n\n\n<p>Winniccott D.W.(1968). \u00ab&nbsp;Objets de l\u2019usage d\u2019un objet&nbsp;\u00bb, in <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, 1989, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.W.(1971). <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, 2002, Paris, Folio.<\/p>\n\n\n\n<p>Renik O. (1995). \u00ab&nbsp;The ideal of the anonymous analyst and the problem of self disclosure&nbsp;\u00bb, <em>Psychanal.Q<\/em>.,64:3,466-95.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10365?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il a fallu un certain temps \u00e0 la psychanalyse avant de reconna\u00eetre la valeur structurante et protectrice du cadre. 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