{"id":10355,"date":"2021-08-22T07:31:52","date_gmt":"2021-08-22T05:31:52","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/picasso-bleu-et-rose-2\/"},"modified":"2021-09-17T00:07:43","modified_gmt":"2021-09-16T22:07:43","slug":"picasso-bleu-et-rose","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/picasso-bleu-et-rose\/","title":{"rendered":"Picasso. Bleu et rose"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, Picasso n\u2019arr\u00eate pas de nous surprendre. Une fois de plus, il nous fait d\u00e9couvrir &#8211; ou re-d\u00e9couvrir &#8211; des aspects de son \u0153uvre. On croyait pourtant conna\u00eetre cette p\u00e9riode bleue, puis rose, dont certains tableaux sont tr\u00e8s connus et ont \u00e9t\u00e9 abondamment reproduits. Mais on a l\u2019impression de les voir pour la premi\u00e8re fois, ce qui est vrai pour un certain nombre d\u2019entre eux, venus de mus\u00e9es lointains ou issus de collections particuli\u00e8res. D\u2019autres, plus connus, prennent ici, dans l\u2019ensemble impressionnant et magnifique de cette exposition, une nouvelle dimension.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition se centre sur quelques ann\u00e9es, de 1900 \u00e0 1906. C\u2019est en 1900, \u00e0 dix-huit ans, que Picasso d\u00e9barque \u00e0 la gare d\u2019Orsay, jeune peintre plein d\u2019ardeur et d\u2019ambition, qui cherche \u00e0 Paris l\u2019\u00e9mulation artistique qui lui manque \u00e0 Barcelone. Il veut se mesurer aux grands et en faire partie. Le Mus\u00e9e d\u2019Orsay accueille, plus d\u2019un si\u00e8cle plus tard, les toiles r\u00e9alis\u00e9es pendant ces ann\u00e9es de formation.<\/p>\n\n\n\n<p>On y d\u00e9couvre un jeune Picasso, qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 tout, tr\u00e8s r\u00e9ceptif aux courants novateurs de l\u2019\u00e9poque, Degas, Renoir, Monet, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, mais aussi aux \u0153uvres anciennes vues au Louvre, ou \u00e0 l\u2019art primitif d\u00e9couvert au mus\u00e9e du Trocad\u00e9ro. Pendant ces quelques ann\u00e9es, on voit un Picasso qui cherche en t\u00e2tonnant, mais trouve tr\u00e8s vite \u00e0 constituer son univers artistique, dont il d\u00e9ploiera les infinies facettes au cours de sa longue vie. Un Picasso tr\u00e8s observateur de la vie parisienne, surtout la boh\u00eame montmartroise, dont il peint les figures poignantes, les d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, les marginaux. Un Picasso tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de l\u2019image qu\u2019on se fera de lui ult\u00e9rieurement, pas du tout mondain, mais au contraire tr\u00e8s sensible \u00e0 la mis\u00e8re, la tristesse, la solitude. Il avait visit\u00e9 l\u2019h\u00f4pital Saint-Lazare o\u00f9 \u00e9taient intern\u00e9es les prostitu\u00e9es atteintes de maladies v\u00e9n\u00e9riennes. Ces \u0153uvres de jeunesse sont tr\u00e8s humanistes, exprimant toute la palette des \u00e9motions humaines. C\u2019est un Picasso m\u00e9lancolique aussi, ce qui n\u2019emp\u00eache pas, comme chez tous les m\u00e9lancoliques, vitalit\u00e9, \u00e9rotisme, pulsionnalit\u00e9, humour. Mais ce qui frappe et retient le spectateur, c\u2019est le regard m\u00e9lancolique, sur des personnages qui sont \u00e9tonnamment pr\u00e9sents, malgr\u00e9 leur regard souvent absent. <em>Le Repas de l\u2019aveugle, les Pierreuses au bar, La Mis\u00e9reuse accroupie<\/em>, et surtout <em>La Vie<\/em>, r\u00e9flexion \u00e9nigmatique sur des th\u00e8mes chers \u00e0 l\u2019artiste, et qu\u2019il d\u00e9veloppera largement&nbsp;: l\u2019amour, le couple, l\u2019enfant, la maternit\u00e9, la mort. Et puis il y a ce bleu, extraordinaire, qui domine et envahit tout l\u2019espace dans les premi\u00e8res salles, cr\u00e9ant une ambiance grave et tragique. La magnifique <em>Femme assise au fichu<\/em> de 1902 baigne dans des cama\u00efeux de bleus, qui l\u2019enveloppent dans \u00ab&nbsp;une peinture mouill\u00e9e, bleue comme le fond humide de l\u2019ab\u00eeme et pitoyable&nbsp;\u00bb, comme l\u2019\u00e9crit Apollinaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est ni le bleu &#8211; mystique et cosmique &#8211; de Miro, ni celui &#8211; satur\u00e9 et puissant &#8211; de Yves Klein, c\u2019est un bleu avec lequel l\u2019artiste explore la vie psychique dans ses moindres nuances. Pour Picasso, ce bleu correspond \u00e0 \u00ab&nbsp;une n\u00e9cessit\u00e9 int\u00e9rieure de peindre ainsi&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 la suite du suicide de son ami Carles Casamegas, personnage complexe aux comportements outranciers qui s\u2019est tir\u00e9 une balle dans la t\u00eate apr\u00e8s une d\u00e9ception amoureuse, que Picasso, tr\u00e8s obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de la mort, ayant \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant \u00e0 la mort de sa petite s\u0153ur Concepcion, a commenc\u00e9 cette \u00ab&nbsp;p\u00e9riode bleue&nbsp;\u00bb, nomm\u00e9e ainsi par Apollinaire, son ami. \u00ab&nbsp;C\u2019est en pensant que Casamegas \u00e9tait mort que je me suis mis \u00e0 peindre en bleu&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il y a le passage du bleu au rose. Amoureux de Fernande, il s\u2019\u00e9loigne des personnages tragiques qui c\u00e8dent la place aux figures de cirque et c\u2019est avec les tendres saltimbanques au doux regard absent, que s\u2019ach\u00e8ve cette p\u00e9riode. <em>La Mort d\u2019Arlequin<\/em>, son double, est embl\u00e9matique de cette fin, qui laisse place \u00e0 une nouvelle p\u00e9riode, avec les <em>Demoiselles d\u2019Avignon<\/em> de 1917, pour s\u2019ouvrir sur le cubisme, dont on peut voir actuellement les d\u00e9buts et les d\u00e9veloppements, au Centre Pompidou (jusqu\u2019au 25 f\u00e9vrier).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10355?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, Picasso n\u2019arr\u00eate pas de nous surprendre. 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