{"id":10345,"date":"2021-08-22T07:31:49","date_gmt":"2021-08-22T05:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/detruire-lobjet-pour-ne-pas-le-perdre-2\/"},"modified":"2021-09-18T15:53:09","modified_gmt":"2021-09-18T13:53:09","slug":"detruire-lobjet-pour-ne-pas-le-perdre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/detruire-lobjet-pour-ne-pas-le-perdre\/","title":{"rendered":"D\u00e9truire l&rsquo;objet pour ne pas le perdre"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans sa contribution magnifique, sur un plan \u00e0 la fois esth\u00e9tique, clinique et th\u00e9orique, Catherine Chabert \u00e9voque l\u2019exaltation maniaque&nbsp;; je parlerai quant \u00e0 moi de la fragmentation, de l\u2019\u00e9vitement ou de l\u2019effacement de l\u2019objet, qui ne concernent pas seulement, tant s\u2019en faut, les personnes autistes. Il me semble ainsi que chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, et \u00e0 partir d\u2019un angle d\u2019approche diff\u00e9rent, nous nous rejoignons au fond pour penser que l\u2019objet est le fruit d\u2019un travail permanent, inlassable et \u00e0 jamais inachev\u00e9 de construction et de d\u00e9construction.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La construction de l\u2019objet passe par l\u2019acc\u00e8s \u00e0&nbsp;l\u2019intersubjectivit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Quelques rappels sont ici n\u00e9cessaires pour dire d\u2019abord que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9&nbsp;\u2013&nbsp;qui est la condition m\u00eame de la subjectivation&nbsp;\u2013&nbsp;se trouve li\u00e9 au fait de pouvoir d\u00e9couvrir l\u2019objet dans la r\u00e9alit\u00e9 externe et de le vivre en ext\u00e9riorit\u00e9. Je ferai ces rappels \u00e0 partir de ma pratique avec les b\u00e9b\u00e9s, et des acquis du programme pile (Programme international pour le langage de l\u2019enfant) mis en place \u00e0 Necker depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es et coordonn\u00e9 par Lisa Ouss, ainsi que de mes r\u00e9flexions avec Ren\u00e9 Roussillon d\u00e9velopp\u00e9es dans <em>La naissance de l\u2019objet<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le concept d\u2019intersubjectivit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9 qui permet la d\u00e9couverte de l\u2019objet dans la r\u00e9alit\u00e9 externe. Le terme d\u2019intersubjectivit\u00e9 renvoie au processus de diff\u00e9renciation extrapsychique, qui permet \u00e0 chaque individu de se vivre comme s\u00e9par\u00e9 de l\u2019autre, tandis que la subjectivation permet \u00e0 l\u2019enfant de se vivre comme une personne \u00e0 part enti\u00e8re (capable de parler d\u2019elle \u00e0 la premi\u00e8re personne), et de penser l\u2019autre comme un individu capable de se vivre lui-m\u00eame comme un sujet distinct, soit comme un \u00ab&nbsp;objet-autre-sujet<sup>1<\/sup>&nbsp;\u00bb, pour reprendre ici les termes de R. Roussillon. L\u2019intersubjectivit\u00e9 se joue dans le champ de la r\u00e9alit\u00e9 externe et du registre interpersonnel, l\u00e0 o\u00f9 la subjectivation se joue dans le champ de la r\u00e9alit\u00e9 interne et du registre intrapsychique. En tout \u00e9tat de cause, quel que soit le mod\u00e8le que l\u2019on se donne de cet acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, le processus de subjectivation qui en d\u00e9coule nous offre d\u00e9sormais un champ de travail extr\u00eamement f\u00e9cond, \u00e0 l\u2019interface de la psychanalyse et des neurosciences. On peut toutefois se demander s\u2019il n\u2019y a pas toujours une certaine violence <em>a minima<\/em> qui s\u2019attache au processus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9 et \u00e0 la subjectivation, m\u00eame quand cette dynamique se joue de mani\u00e8re heureuse. C\u2019est ce que des auteurs comme Jean-Bertrand Pontalis<sup>2<\/sup> et Julia Kristeva<sup>3<\/sup> ont bien montr\u00e9 \u00e0 propos de la gen\u00e8se du langage, l\u2019un en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la s\u00e9paration, et l\u2019autre au \u00ab&nbsp;deuil&nbsp;\u00bb de l\u2019objet primaire, ce que Nicolas Abraham et Maria Torok<sup>4<\/sup> ont \u00e9galement point\u00e9 en parlant du \u00ab&nbsp;passage de la bouche vide de sein \u00e0 la bouche pleine de mots&nbsp;\u00bb, que Jean-Michel Quinodoz<sup>5<\/sup> souligne aussi quand il diff\u00e9rencie les \u00ab&nbsp;angoisses de diff\u00e9renciation&nbsp;\u00bb des angoisses de s\u00e9paration proprement dites, et que Genevi\u00e8ve Haag<sup>6<\/sup> nous invite enfin, elle aussi, \u00e0 consid\u00e9rer, quand elle \u00e9voque le ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab&nbsp;d\u00e9mutisation par vocalisation exclusive&nbsp;\u00bb chez certains autistes, qui cherchent par l\u00e0, de mani\u00e8re assez path\u00e9tique, \u00e0 entrer dans un langage qui ne soit pas synonyme d\u2019arrachement intersubjectif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La notion d\u2019\u00e9cart intersubjectif<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le cadre du double mouvement de diff\u00e9renciation inter et intrasubjective qui permet la croissance et la maturation psychiques de l\u2019enfant ainsi que son acc\u00e8s progressif \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, c\u2019est l\u2019instauration d\u2019un \u00e9cart intersubjectif qui conf\u00e8rera alors peu \u00e0 peu \u00e0 l\u2019enfant le sentiment d\u2019\u00eatre un individu \u00e0 part enti\u00e8re, non inclus dans l\u2019autre, non fusionn\u00e9 \u00e0 lui, pr\u00e9alable \u00e9videmment indispensable \u00e0 la possibilit\u00e9 de pouvoir penser \u00e0 l\u2019autre et de pouvoir s\u2019adresser \u00e0 lui, pr\u00e9requis, on le sait, faisant si gravement d\u00e9faut aux enfants autistes ou symbiotiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9tablissement des liens pr\u00e9verbaux<\/h2>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps que se creuse l\u2019\u00e9cart intersubjectif, l\u2019enfant et les adultes qui en prennent soin se doivent, absolument, de tisser des liens pr\u00e9verbaux qui permettent \u00e0 l\u2019enfant de rester en lien avec le ou les objets dont il se diff\u00e9rencie. Certains enfants autistes \u00e9chouent \u00e0 creuser l\u2019\u00e9cart intersubjectif et, pour eux, l\u2019objet demeure, en quelque sorte, une question sans objet (autisme typique), tandis que d\u2019autres, ou les m\u00eames apr\u00e8s un certain temps d\u2019\u00e9volution, sont capables de prendre en compte cet \u00e9cart intersubjectif, mais ne tissent aucun lien pr\u00e9verbal, ce qui les confine dans une grande solitude \u2013 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rive de l\u2019\u00e9cart intersubjectif, en quelque sorte. Les premiers suscitent chez l\u2019autre (parents, \u00e9quipe ou th\u00e9rapeute) un contre-transfert extr\u00eamement douloureux, fond\u00e9 sur un sentiment de d\u00e9ni d\u2019existence et sur un v\u00e9cu d\u2019\u00e9vacuation \u00e0 valeur de v\u00e9ritable affront narcissique (d\u2019o\u00f9 l\u2019hyper-investissement par le th\u00e9rapeute de l\u2019apparition d\u2019un regard, m\u00eame extr\u00eamement fugitif, mais qui signe la sortie de ce stade anobjectal), tandis que les seconds suscitent un contre-transfert paradoxal dans la mesure o\u00f9 leur retrait a malgr\u00e9 tout valeur d\u2019appel, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ce que l\u2019on peut observer chez les enfants gravement carenc\u00e9s ou d\u00e9pressifs (ces enfants dont, dans les \u00e9quipes, on dit parfois qu\u2019ils sont \u00ab&nbsp;loin&nbsp;\u00bb). La mise en jeu de ces liens pr\u00e9verbaux ne s\u2019\u00e9teindra pas avec l\u2019av\u00e8nement du langage verbal qu\u2019ils doubleront, telle une ombre port\u00e9e, tout au long de la vie. On sait bien, en effet, qu\u2019on ne communique pas qu\u2019avec des mots mais avec tout le corps, et d\u00e8s lors, la communication pr\u00e9verbale n\u2019est pas un pr\u00e9curseur, au sens lin\u00e9aire du terme, de la communication verbale, mais bien plut\u00f4t une condition pr\u00e9alable de celle-ci, comme l\u2019est aussi l\u2019instauration de l\u2019\u00e9cart intersubjectif que je viens de mentionner. Je fais alors \u00e0 nouveau r\u00e9f\u00e9rence, ici, \u00e0 J.-B. Pontalis, qui dans son livre intitul\u00e9 <em>L\u2019amour des commencements<\/em> disait \u00ab&nbsp;Si le langage nous touche \u00e0 ce point-l\u00e0 toute la vie, c\u2019est parce qu\u2019il ne parle que de s\u00e9paration, il est la s\u00e9paration m\u00eame<sup>7<\/sup>&nbsp;\u00bb, voulant signifier ainsi que le langage a cela de terrible et d\u2019\u00e9mouvant que m\u00eame lorsque l\u2019on dit \u00ab&nbsp;je t\u2019aime&nbsp;\u00bb, cela vaut toujours comme un constat d\u2019\u00e9cart intersubjectif, puisque la possibilit\u00e9 de parler se trouve fondamentalement li\u00e9e \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un \u00e9cart intersubjectif et au deuil de l\u2019objet primaire.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue qui n\u2019a rien de paradoxal, le langage fonctionne donc comme un \u00ab&nbsp;objet de perspective&nbsp;\u00bb dans le registre interpersonnel vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9cart intersubjectif, comme le fait \u00ab&nbsp;l\u2019objet de perspective&nbsp;\u00bb d\u00e9crit par Guy Rosolato<sup>8<\/sup>, dans le registre intrapsychique, \u00e0 propos de la castration f\u00e9minine, avec une double fonction de marquage et de masquage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La synchronie polysensorielle et l\u2019ext\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019objet<\/h2>\n\n\n\n<p>La question de la synchronie polysensorielle se trouve aujourd\u2019hui au c\u0153ur de toutes les r\u00e9flexions sur les interactions pr\u00e9coces<sup>9<\/sup>, et c\u2019est elle qui nous permet de comprendre comment se construit l\u2019objet externe, c\u2019est-\u00e0-dire comment l\u2019enfant va pouvoir le d\u00e9couvrir et le rep\u00e9rer comme distinct de lui dans la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Un certain nombre de travaux de type cognitif<sup>10<\/sup> nous apprennent aujourd\u2019hui que l\u2019articulation des diff\u00e9rents flux sensoriels issus de l\u2019objet est n\u00e9cessaire pour que le sujet puisse prendre conscience du fait que l\u2019objet concern\u00e9 lui est bien ext\u00e9rieur. Autrement dit, aucun objet ne peut \u00eatre ressenti comme ext\u00e9rieur \u00e0 soi-m\u00eame tant qu\u2019il n\u2019est pas appr\u00e9hend\u00e9 simultan\u00e9ment par au moins deux modalit\u00e9s sensorielles \u00e0 la fois, ce qui met nettement l\u2019accent sur l\u2019importance de la comodalisation comme agent central de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9. Il nous semble que, \u00e0 leur mani\u00e8re, les cognitivistes rejoignent l\u00e0 une position psychodynamique classique, selon laquelle la d\u00e9couverte de l\u2019objet est fondamentalement coextensive de la d\u00e9couverte du sujet, et r\u00e9ciproquement. En effet, rep\u00e9rer l\u2019objet comme ext\u00e9rieur \u00e0 soi-m\u00eame suppose, dans le m\u00eame mouvement, de reconna\u00eetre le Soi comme l\u2019agent des perceptions en jeu, et pas seulement comme l\u2019agent des actions produites (ce que d\u00e9signe le terme d\u2019agentivit\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<p>Vivre l\u2019objet comme ext\u00e9rieur \u00e0 soi-m\u00eame, soit le vivre en ext\u00e9riorit\u00e9, suppose donc, bien \u00e9videmment, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, et l\u2019\u00e9laboration du deuil de l\u2019objet primaire qui sous-tend le processus de diff\u00e9renciation extrapsychique. D\u2019un point de vue psychodynamique, cette possibilit\u00e9 de vivre l\u2019objet en ext\u00e9riorit\u00e9 se trouve \u00e9clair\u00e9e par les concepts de mant\u00e8lement et de d\u00e9mant\u00e8lement, notamment au moment de la t\u00e9t\u00e9e, qui fonctionne selon Donald Meltzer comme une situation \u00ab&nbsp;d\u2019attraction consensuelle maximum<sup>11<\/sup>&nbsp;\u00bb, tandis que d\u2019un point de vue cognitiviste, c\u2019est le processus de comodalisation des flux sensoriels \u00e9manant de l\u2019objet qui se trouve au premier plan des r\u00e9flexions.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a donc l\u00e0, \u00e0 propos de l\u2019articulation des flux sensoriels, une certaine convergence entre les deux approches psychodynamique et cognitive&nbsp;; et elle est suffisamment rare pour qu\u2019on prenne la peine de la souligner, et de consid\u00e9rer qu\u2019elle t\u00e9moigne probablement du fait que ces concepts de mant\u00e8lement ou de comodalisation repr\u00e9sentent deux approches compl\u00e9mentaires d\u2019un seul et m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9veloppemental, appr\u00e9hendable selon diff\u00e9rents vertex. Cela \u00e9tant, on peut faire l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un \u00e9quilibre n\u00e9cessaire entre, d\u2019une part, le couple dialectique mant\u00e8lement-d\u00e9mant\u00e8lement (m\u00e9canisme inter-sensoriel) et le ph\u00e9nom\u00e8ne de segmentation des sensations (m\u00e9canisme intra-sensoriel), dans la mesure o\u00f9 il n\u2019y a pas de perception possible de l\u2019objet en tant qu\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 soi sans une mise en rythme des diff\u00e9rents flux sensoriels qui \u00e9manent de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail de comodalisation perceptive ne peut se faire, en effet, que si les diff\u00e9rents flux sensoriels s\u2019av\u00e8rent mis en rythmes suffisamment compatibles, ce qui est le fait de la segmentation des flux sensoriels en provenance de l\u2019objet, et si ce travail de comodalisation, comme on le pense aujourd\u2019hui, s\u2019effectue au niveau du sillon temporal sup\u00e9rieur, alors s\u2019ouvre une piste de travail passionnante, cette zone c\u00e9r\u00e9brale se trouvant \u00e9galement \u00eatre celle de la reconnaissance du visage de l\u2019autre (et des \u00e9motions qui l\u2019animent), de l\u2019analyse des mouvements de l\u2019autre et de la perception de la qualit\u00e9 humaine de la voix.<\/p>\n\n\n\n<p>La voix de la m\u00e8re, le visage de la m\u00e8re, le <em>holding<\/em> de la m\u00e8re, apparaissent d\u00e8s lors comme des facteurs fondamentaux de la facilitation, ou au contraire de l\u2019entrave \u00e0 la comodalit\u00e9 perceptive du b\u00e9b\u00e9, et donc de son acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9. Cela nous montre que les processus de subjectivation se jouent fondamentalement, dans le registre des interactions pr\u00e9coces, comme une coproduction de la m\u00e8re et du b\u00e9b\u00e9, coproduction qui doit tenir compte \u00e0 la fois de l\u2019\u00e9quipement c\u00e9r\u00e9bral de l\u2019enfant, de ses capacit\u00e9s sensorielles, et de la vie fantasmatique inconsciente de l\u2019adulte qui rend performants, ou non, ces divers facilitateurs de la comodalit\u00e9 perceptive.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9construire, \u00e9viter ou effacer l\u2019objet<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019en viens \u00e0 la question de la d\u00e9construction de l\u2019objet. Il y a plusieurs mani\u00e8res d\u2019annuler l\u2019objet&nbsp;: s\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 construit, il peut \u00eatre fragment\u00e9&nbsp;; s\u2019il n\u2019est pas encore construit, il peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9&nbsp;; s\u2019il a \u00e9t\u00e9 perdu, il peut \u00eatre effac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Fragmenter l\u2019objet&nbsp;:<\/em> Le baiser <em>de Picasso<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour aborder la fragmentation, j\u2019\u00e9voquerai le tableau <em>Le baiser<\/em> de Picasso, qu\u2019il a peint en 1925, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 44 ans. En 1925, Picasso est dans la force de l\u2019\u00e2ge, et sa cr\u00e9ation est plus empreinte de sexualit\u00e9 que d\u2019angoisses de mort. Par ce tableau, Picasso nous montre avec force que l\u2019acte du baiser fragmente le visage de l\u2019autre qui, alors, n\u2019appara\u00eet plus dans sa compl\u00e9tude, mais comme une sorte de puzzle de segments plus ou moins disjoints \u2013 pour ne pas dire\u2026 d\u2019objets partiels&nbsp;! Cela nous \u00e9voque donc la probl\u00e9matique du \u00ab&nbsp;conflit esth\u00e9tique&nbsp;\u00bb propos\u00e9e par D. Meltzer.<\/p>\n\n\n\n<p>La question que se pose, en effet, le b\u00e9b\u00e9 dans sa rencontre pr\u00e9coce avec l\u2019objet primaire serait au fond la suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce qu\u2019elle est aussi belle dedans que dehors&nbsp;?&nbsp;\u00bb, question qui a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e par Daniel Marcelli, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 propos du concept de \u00ab&nbsp;conflit esth\u00e9tique&nbsp;\u00bb. L\u2019id\u00e9e de D. Meltzer est que le b\u00e9b\u00e9, voire le nouveau-n\u00e9, quand il est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019image de sa m\u00e8re, se trouve saisi d\u2019un mouvement de sid\u00e9ration, de fascination, comme s\u2019il vivait un v\u00e9ritable choc \u00e9nigmatique \u00e0 l\u2019occasion de cette rencontre. Il y aurait l\u00e0 le prototype de toutes les \u00e9motions esth\u00e9tiques que nous pouvons vivre ult\u00e9rieurement, avec cette perplexit\u00e9 douloureuse et stimulante \u00e0 la fois quant au fait de savoir si la beaut\u00e9 de l\u2019\u0153uvre d\u2019art est comparable au-dehors et au-dedans (question centrale dans le domaine de la peinture o\u00f9 la tridimensionnalit\u00e9 du tableau est une source d\u2019interrogation en soi).<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, selon D. Meltzer, ce serait pour \u00e9chapper \u00e0 ce dilemme concernant l\u2019objet que le b\u00e9b\u00e9 serait amen\u00e9 \u00e0 le cliver, \u00e0 le fragmenter, \u00e0 le parcelliser, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 le d\u00e9manteler, d\u2019o\u00f9 un renversement implicite&nbsp;\u2013&nbsp;et h\u00e9r\u00e9tique pour Melanie&nbsp;Klein&nbsp;\u2013&nbsp;de l\u2019ordre des positions kleiniennes classiques puisque, dans cette perspective, c\u2019est la position d\u00e9pressive qui serait premi\u00e8re, et non la position schizo-parano\u00efde qui s\u2019organiserait en fait comme une d\u00e9fense secondaire par rapport \u00e0 la position d\u00e9pressive (Didier Houzel). Il est int\u00e9ressant de noter que ce conflit esth\u00e9tique v\u00e9cu par le b\u00e9b\u00e9, et r\u00e9organis\u00e9 ensuite par lui dans l\u2019apr\u00e8s-coup, appara\u00eet au fond comme un conflit sans doute assez intense entre l\u2019appr\u00e9hension bidimensionnelle et l\u2019appr\u00e9hension tridimensionnelle du monde et des objets qui le composent, type de conflit que l\u2019on retrouvera, <em>mutatis mutandis<\/em>, lors du passage de la probl\u00e9matique de l\u2019attachement \u00e0 celle de l\u2019accordage affectif, puisque la premi\u00e8re se joue en surface de l\u2019objet alors que la seconde implique le dedans de l\u2019objet, et que cette diff\u00e9rence est \u00e9videmment cruciale quant au processus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, et \u00e0 l\u2019instauration de la subjectivation qui en d\u00e9coule.<\/p>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9orisations de D. Meltzer comportent toujours une certaine dimension m\u00e9taphorique et po\u00e9tique, mais on sent bien \u00e0 quel point nous parle cette reconstruction du v\u00e9cu du b\u00e9b\u00e9 dans sa rencontre premi\u00e8re avec l\u2019objet qui demeurera \u00e0 jamais pour lui si \u00e9nigmatique (c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois fascinant, attirant et terrifiant), \u00e0 savoir sa m\u00e8re. Quoi qu\u2019il en soit, <em>Le baiser<\/em> de Picasso nous fait sentir \u00e0 sa mani\u00e8re que dans le baiser des amoureux, il y aurait peut-\u00eatre \u00e9galement une sorte de r\u00e9activation d\u2019un v\u00e9cu d\u00e9mantel\u00e9, qui se situerait en de\u00e7\u00e0 de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, d\u2019un v\u00e9cu en lien avec les objets partiels, comme pour \u00e9chapper \u00e0 une menace potentielle \u00e9manant de l\u2019objet total.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la m\u00eame perspective, mais diff\u00e9remment, on sait aussi que les enfants qui viennent de faire une b\u00eatise vont souvent embrasser l\u2019adulte et enfouir leur visage dans le cou de celui-ci, certes pour \u00e9chapper \u00e0 son regard surmo\u00efque, mais peut-\u00eatre aussi pour pulv\u00e9riser en objets partiels la vision de l\u2019objet total et se retrouver ainsi, avec lui, dans une relation en de\u00e7\u00e0 de l\u2019intersubjectivit\u00e9, une relation plus fusionnelle et donc moins dangereuse du point de vue des interdictions et des \u00e9ventuelles punitions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>En de\u00e7\u00e0 de l\u2019objet&nbsp;: les&nbsp;st\u00e9r\u00e9otypies autistiques, entre recherche et&nbsp;\u00e9vitement de l\u2019objet<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Pendant longtemps, la fonction et le sens de ces st\u00e9r\u00e9otypies sont demeur\u00e9s fort \u00e9nigmatiques. Il a fallu attendre les travaux de l\u2019\u00e9cole post-kleinienne&nbsp;\u2013&nbsp;et notamment ceux de Frances Tustin<sup>12<\/sup> et de D. Meltzer<sup>13<\/sup>&nbsp;\u2013&nbsp;pour commencer \u00e0 comprendre ces st\u00e9r\u00e9otypies comme un agrippement des enfants autistes au processus de d\u00e9mant\u00e8lement.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les enfants autistes, en effet, ce d\u00e9mant\u00e8lement se fixe et perdure, ce dont t\u00e9moignent, par exemple, les classiques accrochages sensoriels dans lesquels ils peuvent durablement s\u2019absorber, et c\u2019est la raison pour laquelle D. Meltzer a pu d\u2019abord d\u00e9couvrir ce d\u00e9mant\u00e8lement dans le cadre de ces pathologies dites \u00ab&nbsp;archa\u00efques&nbsp;\u00bb, avant qu\u2019il puisse \u00eatre retrouv\u00e9 \u00e9galement chez les b\u00e9b\u00e9s sains, o\u00f9 il se montre beaucoup plus fugitif et transitoire. Quoi qu\u2019il en soit, \u00e0 la lumi\u00e8re des r\u00e9flexions pr\u00e9c\u00e9dentes, on peut peut-\u00eatre d\u00e9sormais aller plus loin dans la compr\u00e9hension de ces st\u00e9r\u00e9otypies autistiques \u2013 j\u2019aurais envie de dire&nbsp;: plus loin dans leur compr\u00e9hension ph\u00e9nom\u00e9nologique.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut certes consid\u00e9rer que les st\u00e9r\u00e9otypies mono-sensorielles (tapotage ou accrochages visuels, par exemple) auraient une fonction de pare-excitation en privil\u00e9giant une modalit\u00e9 sensorielle au d\u00e9triment des autres&nbsp;\u2013&nbsp;ici, le tact ou la vue&nbsp;\u2013&nbsp;pour cliver la r\u00e9alit\u00e9 selon l\u2019axe des diff\u00e9rentes perceptions sensitivo-sensorielles et prot\u00e9ger ainsi l\u2019enfant, <em>via<\/em> le d\u00e9mant\u00e8lement, d\u2019un exc\u00e8s ou d\u2019un surcro\u00eet de stimulations.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une premi\u00e8re explication qui peut, bien entendu, valoir pour de nombreuses sortes de st\u00e9r\u00e9otypies, et pas seulement tactiles ou visuelles. Mais on peut \u00e9galement faire l\u2019hypoth\u00e8se que ce type de st\u00e9r\u00e9otypies mono-sensorielles vient \u00e9galement sous-tendre un v\u00e9cu contradictoire (et peut-\u00eatre d\u00e9fensif&nbsp;?) de l\u2019enfant autiste.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, aller \u00e0 la rencontre d\u2019un objet par une seule voie sensorielle est tout \u00e0 fait insuffisant, mais c\u2019est tout de m\u00eame un premier pas vers la reconnaissance de l\u2019objet. Tapoter un objet, quand bien m\u00eame il ne s\u2019agit que d\u2019un tapotement exclusif de toute autre avanc\u00e9e perceptivo-sensorielle vers l\u2019objet, traduit bel et bien une acceptation <em>a minima<\/em> de l\u2019existence de l\u2019objet, et m\u00eame infiniment r\u00e9duite, cette \u00e9bauche de reconnaissance de l\u2019existence de l\u2019objet vaut quand m\u00eame mieux que rien, du point de vue de l\u2019\u00e9mergence autistique potentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais nous avons vu que prendre contact avec un objet par une seule modalit\u00e9 sensorielle \u00e0 la fois interdit fondamentalement de ressentir cet objet comme ext\u00e9rieur \u00e0 soi-m\u00eame. On comprend alors le dilemme autistique&nbsp;: dans le moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019enfant autiste s\u2019avance vers l\u2019objet, il le fait d\u2019une mani\u00e8re telle, monosensorielle, qu\u2019il annule du m\u00eame coup la prise en compte de son ext\u00e9riorit\u00e9. Certains enfants, en cours d\u2019\u00e9mergence autistique, viennent ainsi se coller \u0153il-\u00e0-\u0153il au visage de leur th\u00e9rapeute, comme s\u2019ils cherchaient \u00e0 annuler son existence en s\u2019accrochant \u00e0 une perception mono-sensorielle (visuelle) de celui-ci, alors m\u00eame qu\u2019ils sont en train de le d\u00e9couvrir comme un \u00ab&nbsp;autre-qu\u2019eux-m\u00eames&nbsp;\u00bb dans le champ de leur environnement&nbsp;; c\u2019est alors tout l\u2019art du th\u00e9rapeute que de savoir aider l\u2019enfant \u00e0 accepter et \u00e0 tol\u00e9rer une perception polysensorielle, seule capable de stabiliser, en quelque sorte, la perception de l\u2019objet en tant qu\u2019objet externe. Telle serait ainsi la trag\u00e9die autistique, puisque la reconnaissance de l\u2019objet serait, ici, indissociable de son annulation imm\u00e9diate, quasi simultan\u00e9e, par le d\u00e9ni de son ext\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>D\u00e9construire l\u2019objet<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u00e9truire l\u2019objet que l\u2019on craint de perdre peut \u00eatre, parfois, un moyen de tenter de se maintenir dans une position active, \u00e0 l\u2019image de ce personnage vieillissant dans le th\u00e9\u00e2tre de Moli\u00e8re, une femme dont les pouvoirs de s\u00e9duction s\u2019\u00e9moussent avec l\u2019\u00e2ge et dont Moli\u00e8re dit qu\u2019elle \u00ab&nbsp;renonce au monde qui la quitte&nbsp;\u00bb. Ne proc\u00e9dons-nous pas ainsi, parfois, avec le monde qui change et notre peur du monde qui vient&nbsp;? Mais il existe encore une solution plus radicale, celle qui consiste non seulement \u00e0 renoncer \u00e0 l\u2019objet mais \u00e0 effacer, \u00e0 d\u00e9truire l\u2019existence m\u00eame de l\u2019objet, soit son ext\u00e9riorit\u00e9, par crainte de le perdre ou de le reperdre, car la d\u00e9construction de l\u2019objet dans la r\u00e9alit\u00e9 externe emporte avec elle son inscription dans la r\u00e9alit\u00e9 interne.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que font, tr\u00e8s fugitivement, les b\u00e9b\u00e9s sains \u00e0 l\u2019aube de leur vie au titre de leur syst\u00e8me pare-excitation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que font les enfants autistes au sortir de la bulle autistique, quand ils d\u00e9couvrent un monde environnant peupl\u00e9 d\u2019objets qui peuvent leur para\u00eetre inqui\u00e9tants, mena\u00e7ants ou terrifiants, ce que nous venons de voir \u00e0 propos des st\u00e9r\u00e9otypies sensorielles autistiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est ce que font aussi certains b\u00e9b\u00e9s qui mettent en place des m\u00e9canismes autistiques au sortir d\u2019un mouvement d\u00e9pressif pr\u00e9coce, afin d\u2019\u00e9viter de revivre la douleur de la perte. Il ne s\u2019agit alors en rien d\u2019une organisation autistique structurale, mais seulement de l\u2019indice d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019effacement de l\u2019objet en cas de danger de perte (ou de reperte) de l\u2019objet, soit d\u2019une dimension autistique inh\u00e9rente au vivant psychique, au vivant psychique humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions alors, si la proclamation de la fr\u00e9quence d\u2019un enfant autiste sur 60 ne vaut que comme une sinistre plaisanterie, l\u2019affirmation d\u2019une dimension autistique humaine \u00e0 100&nbsp;% serait, en revanche, de l\u2019ordre d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 existentielle possiblement incontournable, toute la question \u00e9tant de savoir o\u00f9 l\u2019on place le curseur sur le gradient qui va du normal au pathologique\u2026 Reste \u00e0 savoir ce qui subsiste de l\u2019objet ainsi d\u00e9construit, et cela fait peut-\u00eatre alors \u00e9cho au processus de l\u2019hallucination n\u00e9gative d\u00e9crit par Andr\u00e9 Green<sup>14<\/sup>, et de la \u00ab&nbsp;structure encadrante&nbsp;\u00bb r\u00e9siduelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, c\u2019est ce que peuvent faire certains adultes dans leur vie courante ou, plus ponctuellement, au sein de la dynamique transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle de leur cure, ce que l\u2019analyste a alors \u00e0 rep\u00e9rer par le biais de l\u2019analyse de son contre-transfert corporel et sensoriel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai voulu montrer ici que l\u2019objet na\u00eet dans l\u2019absence subie, mais qu\u2019il peut pourtant, dans certaines conditions, \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 par des m\u00e9canismes d\u2019annulation active (fragmentation, \u00e9vitement ou effacement). Autrement dit, l\u2019objet n\u2019est pas un acquis stable, il est fondamentalement le fruit d\u2019un travail permanent de construction et de d\u00e9construction. Finalement, il me semble que Catherine Chabert et moi parlons d\u2019une sorte de destructivit\u00e9 \u00e9rog\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>B.\u00a0Golse, R.\u00a0Roussillon, <em>La naissance de l\u2019objet. Une co-construction entre le futur sujet et ses objets \u00e0 venir<\/em>, Paris, Puf, coll. \u00ab\u00a0Le fil rouge\u00a0\u00bb, 2010.<\/li><li>J.-B. Pontalis, <em>L\u2019amour des commencements<\/em>, Paris, nrf Gallimard, 1986.<\/li><li>J.\u00a0Kristeva, <em>Soleil noir. D\u00e9pression et m\u00e9lancolie<\/em>, Paris, Gallimard, 1987.<\/li><li>N.\u00a0Abraham, M.\u00a0Torok, \u00ab\u00a0Introjecter-incorporer. Deuil ou m\u00e9lancolie\u00a0\u00bb, <em>Nouvelle revue de psychanalyse<\/em>, n\u00b0\u00a06, 1972, p.\u00a0111-122\u00a0; N.\u00a0Abraham, M.\u00a0Torok, <em>L\u2019\u00e9corce et le noyau<\/em>, Paris, Aubier-Montaigne, 1978.<\/li><li>J.-M. Quinodoz, <em>La solitude apprivois\u00e9e<\/em>, Paris, Puf, coll. \u00ab\u00a0Le fait psychanalytique\u00a0\u00bb, 1991.<\/li><li>G.\u00a0Haag, \u00ab\u00a0L\u2019exp\u00e9rience sensorielle, fondement de l\u2019affect et de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb, dans Collectif, <em>L\u2019exp\u00e9rience sensorielle de l\u2019enfance<\/em>, Arles, Cahiers du cor, 1992.<\/li><li>J.-B.\u00a0Pontalis, <em>op. cit.<\/em><\/li><li>G.\u00a0Rosolato, \u00ab\u00a0L\u2019objet de perspective dans le r\u00eave et le souvenir\u00a0\u00bb, dans <em>\u00c9l\u00e9ments de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Connaissance de l\u2019inconscient\u00a0\u00bb, 1985, p.\u00a0123-132.<\/li><li>A.\u00a0Ciccone, D.\u00a0Mellier, <em>Le b\u00e9b\u00e9 et le temps<\/em>, Paris, Dunod, coll. \u00ab\u00a0Inconscient et culture\u00a0\u00bb, 2007.<\/li><li>A.\u00a0Streri, <em>Voir, atteindre, toucher<\/em>, Paris, Puf, coll. \u00ab\u00a0Le psychologue\u00a0\u00bb, 1991\u00a0; A.\u00a0Streri et coll., <em>Toucher pour conna\u00eetre<\/em>, Paris, Puf, coll. \u00ab\u00a0Psychologie et sciences de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb, 2000.<\/li><li>D.\u00a0Meltzer et coll., <em>Explorations dans le monde de l\u2019autisme<\/em>, Paris, Payot, 1980.<\/li><li>F.\u00a0Tustin, <em>Autisme et psychose de l\u2019enfant<\/em>, Paris, Le Seuil, coll. \u00ab\u00a0Points\u00a0\u00bb, 1977-1982\u00a0; <em>Les \u00e9tats autistiques chez l\u2019enfant<\/em>, Paris, Le Seuil, 1986\u00a0; <em>Autisme et protection<\/em>, Paris, Le Seuil, coll. \u00ab\u00a0La couleur des id\u00e9es\u00a0\u00bb, 1992.<\/li><li>D.\u00a0Meltzer et coll., <em>op. cit.<\/em><\/li><li>A.\u00a0Green, <em>Narcissisme de vie, narcissisme de mort<\/em>, Paris, \u00c9ditions de Minuit, coll. \u00ab\u00a0Critique\u00a0\u00bb, 1983.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10345?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans sa contribution magnifique, sur un plan \u00e0 la fois esth\u00e9tique, clinique et th\u00e9orique, Catherine Chabert \u00e9voque l\u2019exaltation maniaque&nbsp;; je parlerai quant \u00e0 moi de la fragmentation, de l\u2019\u00e9vitement ou de l\u2019effacement de l\u2019objet, qui ne concernent pas seulement, tant&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[],"auteur":[1368],"dossier":[489],"mode":[61],"revue":[546],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10345","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","auteur-bernard-golse","dossier-destructivite-et-exaltation","mode-gratuit","revue-546","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10345","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10345"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10345\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14216,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10345\/revisions\/14216"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10345"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10345"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10345"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10345"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10345"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10345"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10345"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10345"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10345"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}