{"id":10342,"date":"2021-08-22T07:31:49","date_gmt":"2021-08-22T05:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lobjet-de-lamour-fou-une-trace-lointaine-de-nos-histoires-de-bebes-2\/"},"modified":"2021-09-17T16:00:26","modified_gmt":"2021-09-17T14:00:26","slug":"lobjet-de-lamour-fou-une-trace-lointaine-de-nos-histoires-de-bebes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lobjet-de-lamour-fou-une-trace-lointaine-de-nos-histoires-de-bebes\/","title":{"rendered":"L\u2019objet de l\u2019amour fou. Une trace lointaine de nos histoires de b\u00e9b\u00e9s ?"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Je rappellerai tout d\u2019abord que nos histoires de b\u00e9b\u00e9s nous suivent jusque dans nos histoires d\u2019amour. La table ronde pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tait plac\u00e9e sous le sceau de la d\u00e9finition de l\u2019Amour fou selon Andr\u00e9 Breton (1937)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je m\u2019\u00e9tais perdu \u00e0 moi-m\u00eame et tu es venue me donner de mes nouvelles<\/em>&nbsp;\u00bb. Pour ma part, j\u2019aimerais tenter un parall\u00e8le chez le b\u00e9b\u00e9 qui, s\u2019il avait des mots pour le faire, pourrait dire de son c\u00f4t\u00e9, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fonction-miroir de ses interactions pr\u00e9coces dont je reparlerai plus loin&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je ne me suis pas encore trouv\u00e9, mais d\u00e9j\u00e0 tu viens me donner de mes nouvelles<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Il y a en fait trois grandes questions ph\u00e9nom\u00e9nologiques du b\u00e9b\u00e9 qui ne cessent d\u2019infiltrer, la vie durant, nos histoires d\u2019amour d\u2019adultes ou d\u2019adolescents<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que j\u2019avais essay\u00e9 de montrer dans mon ouvrage sur <em>l\u2019\u00catre-B\u00e9b\u00e9<\/em> (2006). Savoir comment le b\u00e9b\u00e9 per\u00e7oit et ressent le monde peut sembler une gageure. Nous disposons pourtant d\u00e9sormais d\u2019un certain nombre de connaissances qui nous permettent de nous mettre un tant soit peu dans sa peau, ou dans son regard ce qui, bien entendu, n\u2019est possible que par le biais de nos identifications r\u00e9gressives \u00e0 nos propres parties infantiles les plus archa\u00efques. Si le b\u00e9b\u00e9 disposait d\u00e9j\u00e0 du langage &#8211; nous sommes l\u00e0 dans une tentative (et non pas une tentation) ph\u00e9nom\u00e9nologique de s\u2019identifier au b\u00e9b\u00e9 tel qu\u2019il se pr\u00e9sente \u00e0 nous, mais aussi tel que nous pouvons nous le figurer dans notre propre psych\u00e9 &#8211; il \u00e9noncerait probablement trois grandes questions concernant son objet primaire, \u00e0 savoir sa m\u00e8re&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Est-ce qu\u2019elle est aussi belle dedans que dehors&nbsp;?<\/li><li>Est-ce qu\u2019elle est comme d\u2019habitude&nbsp;?<\/li><li>Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cet espace qui n\u2019est ni-moi-ni-elle&nbsp;?<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Est-ce qu\u2019elle est aussi belle dedans que dehors&nbsp;? (Ou la question du conflit esth\u00e9tique)<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est la question qui a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e par D. Marcelli (1986) \u00e0 propos du concept de \u00ab&nbsp;conflit esth\u00e9tique&nbsp;\u00bb ainsi que par D. Meltzer (1988). L\u2019id\u00e9e de D. Meltzer est que le b\u00e9b\u00e9, voire m\u00eame le nouveau-n\u00e9, lorsqu\u2019il est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019image de sa m\u00e8re, se trouve saisi d\u2019un mouvement de sid\u00e9ration, de fascination, comme s\u2019il vivait un v\u00e9ritable choc \u00e9nigmatique \u00e0 l\u2019occasion de cette rencontre. Il y aurait, l\u00e0, le prototype de toutes les \u00e9motions esth\u00e9tiques que nous pouvons vivre ult\u00e9rieurement, avec cette perplexit\u00e9 douloureuse et stimulante \u00e0 la fois quant au fait de savoir si la beaut\u00e9 de l\u2019\u0153uvre d\u2019art est comparable au dehors et au dedans (question centrale dans le domaine de la peinture o\u00f9 la tridimensionnalit\u00e9 imaginaire du tableau est une source d\u2019interrogation en soi). Quoi qu\u2019il en soit, selon D. Meltzer, ce serait pour \u00e9chapper \u00e0 ce dilemme concernant l\u2019objet, que le b\u00e9b\u00e9 serait amen\u00e9 \u00e0 le cliver, \u00e0 le fragmenter, \u00e0 le parcelliser, d\u2019o\u00f9 un renversement implicite de l\u2019ordre des positions kleiniennes classiques puisque, dans cette perspective, c\u2019est la position d\u00e9pressive qui serait premi\u00e8re, la position schizo-parano\u00efde s\u2019organisant en fait comme une d\u00e9fense secondaire par rapport \u00e0 celle-ci (D. Houzel, 1999).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019il est int\u00e9ressant de noter, c\u2019est que ce conflit esth\u00e9tique v\u00e9cu par le b\u00e9b\u00e9, et r\u00e9organis\u00e9 ensuite par lui dans l\u2019apr\u00e8s-coup, appara\u00eet, au fond, comme un conflit entre l\u2019appr\u00e9hension bidimensionnelle et l\u2019appr\u00e9hension tridimensionnelle du monde et des objets qui le composent, type de conflit que l\u2019on retrouvera, <em>mutatis mutandis<\/em>, lors du passage de la probl\u00e9matique de l\u2019attachement (bidimensionnel) \u00e0 celle de l\u2019accordage affectif (tridimensionnel), puisque la premi\u00e8re se joue en surface de l\u2019objet alors que la seconde implique le dedans de l\u2019objet, et que cette diff\u00e9rence est \u00e9videmment cruciale quant au processus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9, et \u00e0 l\u2019instauration de la subjectivation qui en d\u00e9coule.<\/p>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9orisations de D. Meltzer comportent toujours une certaine dimension m\u00e9taphorique et po\u00e9tique, mais on sent bien \u00e0 quel point nous parle cette reconstruction du v\u00e9cu du b\u00e9b\u00e9 dans sa rencontre premi\u00e8re avec cet objet qui demeurera \u00e0 jamais pour lui si \u00e9nigmatique (c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois fascinant, attirant et terrifiant), \u00e0 savoir sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va finalement de la question de l\u2019\u00e9blouissement devant l\u2019\u0153uvre d\u2019art ou devant l\u2019objet d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Est-ce qu\u2019elle est comme d\u2019habitude&nbsp;? (Ou la question de l\u2019\u00e9cart plut\u00f4t que de l\u2019absence)<\/h2>\n\n\n\n<p>Une autre des grandes questions du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 propos de sa m\u00e8re serait en effet celle-ci&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce qu\u2019elle est comme d\u2019habitude&nbsp;?&nbsp;\u00bb, question qui s\u2019av\u00e8re, en r\u00e9alit\u00e9, tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de savoir si elle est l\u00e0 ou non. Ceci revient \u00e0 dire que le b\u00e9b\u00e9 travaille sur de petites diff\u00e9rences, soit sur l\u2019\u00e9quilibre entre le \u00ab&nbsp;pareil et le pas-pareil&nbsp;\u00bb si bien mis en exergue par G. Haag (1985), et que ceci est beaucoup plus important pour lui, dans un premier temps tout au moins, que la probl\u00e9matique de l\u2019absence et de la pr\u00e9sence qui ne pourra \u00eatre \u00e9labor\u00e9e que dans un temps second, surtout si l\u2019on consid\u00e8re, comme W.R. Bion (1962, 1963, 1965) nous y invite, que l\u2019absence est d\u2019abord v\u00e9cue par l\u2019enfant sur le mode d\u2019une \u00ab&nbsp;pr\u00e9sence hostile&nbsp;\u00bb. Cette question infiltrera, la vie durant, toutes nos histoires d\u2019amour dans la mesure o\u00f9 c\u2019est la diff\u00e9rence de l\u2019objet aim\u00e9 d\u2019avec ce qu\u2019il est d\u2019habitude, qui suscitera toujours en nous la crainte d\u2019un tiers rival, \u00e0 la mani\u00e8re dont, en tant que b\u00e9b\u00e9, nous avions \u00e9t\u00e9 introduits \u00e0 la tierc\u00e9it\u00e9 par cette question d\u2019une variabilit\u00e9 de l\u2019image et du fonctionnement de notre m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la m\u00e8re est trop diff\u00e9rente de d\u2019habitude, l\u2019\u00e9cart est intol\u00e9rable pour le b\u00e9b\u00e9 (ce qui peut se voir en cas de d\u00e9pression maternelle, par exemple), si l\u2019\u00e9cart n\u2019est pas trop important, alors il peut jouer comme \u00ab&nbsp;surprise&nbsp;\u00bb stimulante pour les processus de pens\u00e9e du b\u00e9b\u00e9 (D. Marcelli, 2000).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cet espace qui n\u2019est ni-moi-ni-elle&nbsp;? (Ou la question de la construction de la place du tiers au cours des interactions pr\u00e9coces)<\/h2>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me grande question du b\u00e9b\u00e9 a trait \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la tierc\u00e9it\u00e9 &#8211; soit de la future place du p\u00e8re &#8211; et elle pourrait, au fond, se formuler de la mani\u00e8re suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cet espace qui n\u2019est ni-moi-ni-elle&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Ceci ouvre sur la question des triangulations linguistiques pr\u00e9-\u0153dipiennes et notamment la triangulation linguistique puisque le b\u00e9b\u00e9 n\u2019attend pas l\u2019\u00e2ge de l\u2019\u0153dipe pour percevoir et ressentir que de temps en temps sa m\u00e8re lui parle mais qu\u2019\u00e0 d\u2019autres moments, une partie du langage de sa m\u00e8re s\u2019en va vers un ailleurs (le p\u00e8re ou un autre tiers) qui n\u2019est ni-lui-ni-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question du p\u00f4le tiers, inconnu pour l\u2019enfant, peut aussi se jouer au niveau de la m\u00e8re elle-m\u00eame, ce que nous venons de voir, notamment, \u00e0 propos du dedans de la m\u00e8re et du conflit esth\u00e9tique. Quand la m\u00e8re est fatigu\u00e9e, anxieuse ou d\u00e9prim\u00e9e, par exemple, le b\u00e9b\u00e9 va imm\u00e9diatement remarquer que son style interactif, ou que ses r\u00e9ponses en termes de sch\u00e9mas d\u2019attachement, ne sont pas comme d\u2019habitude. L\u2019inconnu se situe alors dans la m\u00e8re elle-m\u00eame et on a, l\u00e0, me semble-t-il, le germe de triangulations pr\u00e9coces et pathologiques dans certains cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan du discours amoureux, on sait aussi que les amants se demandent souvent&nbsp;: \u00ab&nbsp;A quoi tu penses&nbsp;?&nbsp;\u00bb tout en sachant pertinemment que la seule r\u00e9ponse possible de l\u2019autre est&nbsp;: \u00ab&nbsp;A rien&nbsp;!&nbsp;\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, il se rejoue l\u00e0 au niveau du couple la dynamique de \u00ab&nbsp;L\u2019autre-de-l\u2019objet&nbsp;\u00bb bien d\u00e9crite par A. Green (1984) dans le cadre de sa th\u00e9orie de la triangulation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 tiers substituable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont ces trois grandes questions qui me semblent embl\u00e9matiser, de mani\u00e8re exemplaire et assez efficace, les inqui\u00e9tudes du b\u00e9b\u00e9 face \u00e0 l\u2019existence du tiers, inqui\u00e9tudes qui se jouent au sein m\u00eame de son syst\u00e8me interactif pr\u00e9coce, et qui sont in\u00e9vitables car fondamentalement structurantes pour son processus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la tierc\u00e9it\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Amour pose aussi, et toujours, la question du tiers, mais est-ce aussi le cas de l\u2019Amour fou&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les plus belles histoires d\u2019amour seraient muettes\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Un proverbe fameux affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les plus belles histoires d\u2019amour sont muettes<\/em>&nbsp;\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, seules les histoires d\u2019amour fusionnelles sont muettes car dans la fusion, il est impossible de penser \u00e0 l\u2019autre comme \u00e0 un autre, et de parler \u00e0 l\u2019autre comme \u00e0 un autre. Pour autant, les plus belles histoires d\u2019amour sont sans doute (quoiqu\u2019\u00e0 chacun ses go\u00fbts&nbsp;!) celles qui alternent des moments de fusion n\u00e9cessairement silencieux, et des moments de d\u00e9fusion seuls \u00e0 m\u00eame de nous permettre de pouvoir dire \u00ab&nbsp;<em>Je t\u2019aime<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci \u00e9tant, dire \u00ab&nbsp;<em>Je t\u2019aime<\/em>&nbsp;\u00bb est, qu\u2019on le veuille ou non un constat d\u2019\u00e9cart intersubjectif puisque le fait m\u00eame de parler signe in\u00e9luctablement la distanciation d\u2019avec l\u2019objet primaire. D\u2019o\u00f9 le paradoxe ou l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du \u00ab&nbsp;<em>Je t\u2019aime<\/em>&nbsp;\u00bb qui par le fait m\u00eame de son \u00e9nonciation t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9cart intersubjectif alors qu\u2019en m\u00eame temps, il r\u00eave de la fusion par le biais de son \u00e9nonc\u00e9. Autrement dit, le langage verbal marque et masque tout \u00e0 la fois l\u2019\u00e9cart intersubjectif, ce double effet de marquage et de masquage \u00e9tant en quelque sorte la force magnifique du langage verbal.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, le \u00ab&nbsp;<em>Je t\u2019aime<\/em>&nbsp;\u00bb des adultes ou des adolescents s\u2019enracine donc bel et bien dans les processus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intersubjectivit\u00e9 qui se voient \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez le b\u00e9b\u00e9. Ce \u00e0 quoi on peut ajouter que le narcissisme annule \u00e9videmment en partie cette question de l\u2019\u00e9cart intersubjectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Si S. Freud (1905) a pu dire que le comble du narcissisme serait des l\u00e8vres qui se baiseraient elles-m\u00eames, il est de fait que dans le miroir, on ne peut s\u2019embrasser que sur la bouche ce qui noue ind\u00e9fectiblement la question du narcissisme \u00e0 celle de l\u2019oralit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019objet de l\u2019Amour fou<\/h2>\n\n\n\n<p>Le concept d\u2019Amour fou pose en fait la question de son objet. Dans l\u2019Amour fou, est-on amoureux de l\u2019objet ou amoureux de l\u2019amour&nbsp;? Mon hypoth\u00e8se est que l\u2019Amour fou est peut-\u00eatre moins amour de l\u2019objet qu\u2019amour du lien \u00e0 l\u2019objet, m\u00eame si l\u2019objet de l\u2019Amour fou m\u00e9rite tout de m\u00eame en soi une certaine r\u00e9flexion \u00e0 partir du concept \u00ab&nbsp;d\u2019objet d\u00e9cevant&nbsp;\u00bb cher \u00e0 Ren\u00e9 Roussillon.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019amour fou comme amour du lien en-de\u00e7\u00e0 de l\u2019objet<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Amour fou, nous l\u2019avons vu tout au long de ce colloque, peut \u00eatre pens\u00e9 comme une d\u00e9fense envers la m\u00e9lancolie. Il comporte donc une certaine valence narcissique qui n\u2019exclut pas, par ailleurs, une certaine dimension d\u2019emprise. Si l\u2019on fait tout d\u2019abord abstraction de l\u2019objet de l\u2019Amour fou, alors celui-ci pourrait t\u00e9moigner d\u2019une sorte de r\u00e9gression du sentiment d\u2019exister (pr\u00e9objectal) au sentiment d\u2019\u00eatre (objectalis\u00e9) qui constituent, on le sait, les deux composantes du \u00ab&nbsp;<em>sense of being<\/em>&nbsp;\u00bb winnicottien. Je rappelle que chez le b\u00e9b\u00e9, la repr\u00e9sentation psychique du lien peut pr\u00e9c\u00e9der la repr\u00e9sentation de l\u2019objet ce qui ouvre sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une troisi\u00e8me topique qui nous est aujourd\u2019hui n\u00e9cessaire pour penser la psychanalyse du tr\u00e8s jeune enfant ainsi que des enfants autistes ou archa\u00efques (B. Golse, 2019). Cette pr\u00e9s\u00e9ance de la repr\u00e9sentation du lien n\u2019est qu\u2019apparemment surprenante. Gr\u00e2ce \u00e0 sa \u00ab&nbsp;disponibilit\u00e9 alerte&nbsp;\u00bb (T.B. Brazelton, 1982, 1983), le b\u00e9b\u00e9 est un grand observateur des affects et des comportements de l\u2019adulte. Quand il \u00e9met un signal d\u2019attachement, il observe les r\u00e9ponses de son <em>caregiver<\/em>, il les stocke dans sa m\u00e9moire et il en extrait une sorte de moyenne statistique qui constitue ce que I. Bretherton (1990) a appel\u00e9 ses \u00ab&nbsp;mod\u00e8les internes op\u00e9rants&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019aune desquels il \u00e9valuera la r\u00e9ponse de l\u2019adulte lors de sa prochaine rencontre avec lui (r\u00e9pond-il comme d\u2019habitude ou non&nbsp;?).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce raisonnement peut \u00eatre conduit \u00e9galement dans le domaine de l\u2019accordage affectif, et la moyenne statistique que le b\u00e9b\u00e9 se forge des r\u00e9ponses de sa m\u00e8re dans ce champ, correspond alors aux \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentations d\u2019interactions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es&nbsp;\u00bb d\u00e9crites par D.N. Stern (1989). Quand tout va bien, les r\u00e9ponses maternelles informent l\u2019enfant sur la nature des signaux qu\u2019il lui envoie, ce qui vaut comme une fonction-miroir comportementale. Que l\u2019on pense les choses en termes de \u00ab&nbsp;mod\u00e8les internes op\u00e9rants&nbsp;\u00bb ou en termes de \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentations d\u2019interactions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es (qui permettent au b\u00e9b\u00e9 de ne faire aucune confusion entre sa m\u00e8re et les auxiliaires de cr\u00e8che par exemple), on sent bien que ces repr\u00e9sentations ne parlent pas de l\u2019objet en tant que tel, mais seulement (si j\u2019ose m\u2019exprimer ainsi) des caract\u00e9ristiques du lien avec cet objet qui peut \u00eatre encore totalement ou partiellement indiff\u00e9renci\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Lebovici ne disait-il pas, d\u00e8s 1960, que \u00ab&nbsp;<em>l\u2019objet peut \u00eatre investi avant d\u2019\u00eatre per\u00e7u<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? Autrement dit encore, le b\u00e9b\u00e9 se forge d\u2019abord un portrait abstrait de ses objets relationnels avant d\u2019en faire un portrait figuratif, et l\u2019on sait que G. Haag a pu comparer cette s\u00e9quence maturative individuelle \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par A. Leroi-Gourhan (1983) \u00e0 propos de l\u2019\u00e9volution de l\u2019art pr\u00e9historique dans la mesure o\u00f9 dans des grottes beaucoup plus anciennes que celle de Lascaux, on a en effet d\u00e9couvert des peintures rupestres abstraites qui pr\u00e9c\u00e8dent donc, et de loin les peintures figuratives repr\u00e9sentant des sc\u00e8nes de p\u00eache, de chasse ou de guerre\u2026 La modernit\u00e9 (abstraite) est donc beaucoup plus ancienne que ce que l\u2019on a coutume de penser&nbsp;! D\u2019un certain point de vue, il me semble que l\u2019Amour fou renouerait avec cette question d\u2019un investissement du lien avant l\u2019investissement de l\u2019objet, soit l\u2019amour de l\u2019amour&nbsp;! Mais l\u2019Amour fou peut aussi renvoyer, me semble-t-il, \u00e0 l\u2019amour de la place de l\u2019objet, ce qui ouvre alors sur la probl\u00e9matique des pr\u00e9conceptions (W.R. Bion, 1962, 1963, 1965) ou du virtuel (S. Missonnier, 2009).<\/p>\n\n\n\n<p>Darian Leader (2011), dans son livre intitul\u00e9 <em>Ce que l\u2019art nous emp\u00eache de voir<\/em>, nous rappelle que la <em>Joconde<\/em> a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9e en 1911 et qu\u2019il n\u2019y a jamais eu autant de visiteurs au Louvre que pendant ses deux ans d\u2019absence &#8211; soit pour aller voir la place vide de notre objet esth\u00e9tique national &#8211; que pour aller voir la <em>Joconde<\/em> elle-m\u00eame&nbsp;! Peut-on imaginer que d\u2019une certaine mani\u00e8re, cela t\u00e9moignait d\u2019un Amour fou du public pour <em>Mona Lisa<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">J\u2019en viens maintenant au concept d\u2019objet d\u00e9cevant<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;<em>La vie commence l\u00e0 o\u00f9 commence le regard<\/em>&nbsp;\u00bb.<footer>(A. Nothomb)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans son texte \u00ab&nbsp;<em>Deuil et m\u00e9lancolie<\/em>&nbsp;\u00bb, S. Freud (1916) a cette phrase \u00e9nigmatique qui est devenue c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019ombre de l\u2019objet est tomb\u00e9e sur le moi<\/em>&nbsp;\u00bb. Mais de quel objet s\u2019agit-il&nbsp;? De quelle ombre parle-t-il et si ombre il y a, quel est l\u2019\u00e9cran qui fait obstacle \u00e0 la lumi\u00e8re&nbsp;? Et de quelle lumi\u00e8re parle-t-on ici&nbsp;? R. Roussillon (<em>in<\/em> B. Golse et R. Roussillon, 2010) a propos\u00e9 le concept \u00ab&nbsp;d\u2019objet d\u00e9cevant&nbsp;\u00bb pour \u00ab&nbsp;\u00e9clairer&nbsp;\u00bb cette question, si l\u2019on veut bien me pardonner ce mauvais jeu de mot. L\u2019id\u00e9e qu\u2019il soutient est que l\u2019objet m\u00e9lancolique ne joue plus son r\u00f4le de miroir winnicottien, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019objet r\u00e9fl\u00e9chissant ou renvoyant au sujet des informations sur les signaux que celui-ci \u00e9met.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objet m\u00e9lancolique n\u2019est donc pas un objet perdu au sens strict mais un objet qui a perdu sa fonction de miroir, ce qui n\u2019est pas du tout la m\u00eame chose, bien entendu car d\u00e8s lors il ne s\u2019agit pas tant de le r\u00e9cup\u00e9rer que de lui rendre sa fonction r\u00e9fl\u00e9chissante. Chez le b\u00e9b\u00e9, nous avons vu que la repr\u00e9sentation du lien pr\u00e9c\u00e8de la repr\u00e9sentation de l\u2019objet et fonctionne comme un miroir pour l\u2019enfant et dans cette perspective, le lien atone \u00e0 une m\u00e8re d\u00e9prim\u00e9e ne renseigne plus suffisamment le b\u00e9b\u00e9 sur les signaux qu\u2019il \u00e9met.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objet d\u00e9cevant fait ainsi courir une menace \u00e0 la constitution des assises narcissiques de l\u2019enfant, ce qui montre bien qu\u2019en mati\u00e8re de narcissisme, il ne faut aucunement oublier le r\u00f4le de l\u2019objet. Quoi qu\u2019il en soit, quand je dis enfant, je pense aussi bien aux b\u00e9b\u00e9s qu\u2019aux adolescents. Autrement dit, face \u00e0 l\u2019objet d\u00e9cevant&nbsp;: b\u00e9b\u00e9s\/ados, m\u00eame combat&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Alors qu\u2019en est-il de l\u2019objet de l\u2019Amour fou&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Deux pistes de r\u00e9flexion me semblent ici possibles. L\u2019objet de l\u2019Amour fou serait-il tout d\u2019abord l\u2019inverse de l\u2019objet perdu dans la m\u00e9lancolie et aurait-il alors une fonction anti-m\u00e9lancolique&nbsp;? Une premi\u00e8re hypoth\u00e8se serait en effet de faire de l\u2019objet de l\u2019Amour fou l\u2019exact inverse de l\u2019objet d\u00e9cevant. On sait que l\u2019objet perdu dans la m\u00e9lancolie est selon S. Freud (1916) un objet qui s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 surinvesti en son temps mais qui, paradoxalement, se trouve pourtant \u00eatre facilement d\u00e9sinvesti. La contradiction n\u2019est en fait qu\u2019apparente puisque cet objet \u00e9tait investi d\u2019une libido narcissique susceptible d\u2019\u00eatre ais\u00e9ment r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par le Moi.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019inverse, l\u2019objet de l\u2019Amour fou appara\u00eet comme un objet encore \u00e0 peine investi mais quasi d\u2019embl\u00e9e d\u00e9j\u00e0 impossible \u00e0 d\u00e9sinvestir (ce qui renvoie peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019investissement pr\u00e9valent du lien sur l\u2019objet \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus). Si le coup de foudre a \u00e0 voir avec l\u2019Amour fou (ce qui n\u2019est pas s\u00fbr \u2026), chacun sait que le coup de foudre n\u2019arrive pas n\u2019importe o\u00f9 ni n\u2019importe quand, ce qui pose \u00e0 la fois la question de la disponibilit\u00e9 au lien et de la place de l\u2019objet, soit de son effet de surprise temporo-spatiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il existe une autre possibilit\u00e9 quant \u00e0 la nature de l\u2019objet de l\u2019Amour fou. Il pourrait \u00eatre \u00e0 la fois l\u2019objet esp\u00e9r\u00e9, ou l\u2019objet r\u00eav\u00e9, en \u00e9tant seulement l\u2019ombre de l\u2019objet perdu et le reliquat de l\u2019objet d\u00e9cevant en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019objet primaire qui se montre toujours, alternativement ou simultan\u00e9ment, satisfaisant et d\u00e9cevant. C\u2019est une hypoth\u00e8se d\u00e9fendue par Kim Doan (communication non publi\u00e9e) qui pr\u00e9cise que ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les retrouvailles soudaines avec ces traces de l\u2019objet premier dans un objet nouveau per\u00e7u comme merveilleux, qui sous-tendent toute l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 du coup de foudre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour conclure (si cela est possible sur un tel sujet\u00a0?), j\u2019avancerais volontiers l\u2019id\u00e9e que l\u2019Amour fou vaut toujours comme un traumatisme structurant, comme une \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb mutative, comme une catastrophe au sens math\u00e9matique du terme (R. Thom, 1983, 1990), soit dans une acception d\u00e9pourvue de toute dimension p\u00e9jorative mais qui renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un changement d\u2019\u00e9tat avec r\u00e9organisation soudaine et conservation de traces de l\u2019\u00e9tat pr\u00e9c\u00e9dent. C\u2019est dire qu\u2019on ne sort pas indemne d\u2019un Amour fou\u00a0! Pour autant, l\u2019Amour fou est irrepr\u00e9sentable, comme la mort ou comme le vide qui ne peuvent \u00eatre \u00e9voqu\u00e9s que par leurs effets de bordure (J.-P. Valabrega, 1967, 2006). L\u2019amour de transfert &#8211; en tant qu\u2019amour du lien &#8211; serait-il alors toujours archa\u00efque et de l\u2019ordre de l\u2019Amour fou\u00a0? S\u2019il y a quelque chose \u00e0 perdre en de\u00e7\u00e0 de l\u2019objet, c\u2019est peut-\u00eatre, finalement, la capacit\u00e9 m\u00eame de vivre un Amour fou\u00a0! Dieu nous en pr\u00e9serve, si j\u2019ose m\u2019exprimer ainsi, et qu\u2019il en pr\u00e9serve m\u00eame ceux d\u2019entre nous qui, comme le disait Claude Nougaro, sont \u00ab\u00a0ath\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n\n\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, <em> Aux sources de l\u2019exp\u00e9rience<\/em> (1962), P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1979 (1<sup> \u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, <em> El\u00e9ments de Psychanalyse<\/em> (1963), P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1979 (1<sup> \u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>W.R. Bion, <em> Transformations &#8211; Passage de l\u2019apprentissage \u00e0 la croissance<\/em> (1965), P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Biblioth\u00e8que de Psychanalyse&nbsp;\u00bb, Paris, 1982 (1\u00e8re \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>T.B. Brazelton, Le b\u00e9b\u00e9, partenaire dans l\u2019interaction, 11-27 In: <em> La dynamique du nourrisson<\/em> (T.B. Brazelton et Coll.) E.S.F., Paris, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>T.B. Brazelton Echelle d\u2019\u00e9valuation du comportement n\u00e9onatal, <em> Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em> , 1983, 31, 2-3,61-96.<\/p>\n\n\n\n<p>I. Bretherton, Communication patterns &#8211; Internal working models and the intergenerational transmission of attachment relationships, <em> Infant Mental Health Journal<\/em> , 1990, 11, 3, 237-252.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Breton, <em> L\u2019amour fou<\/em> , Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;nrf&nbsp;\u00bb, 1937.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Freud (1905), <em> Trois essais sur la th\u00e9orie de la sexualit\u00e9<\/em> , Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;id\u00e9es&nbsp;\u00bb, Paris, 1962.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Freud (1916), Deuil et m\u00e9lancolie, 147-174, In&nbsp;: <em> M\u00e9tapsychologie<\/em> (S. Freud), Gallimard, Coll. \u00ab&nbsp;Id\u00e9es&nbsp;\u00bb, 1976.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse, <em> L\u2019\u00catre-b\u00e9b\u00e9 (Les questions du b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019attachement, \u00e0 la psychanalyse et \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie)<\/em> P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, 2006.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse, <em> Vers une \u00e9pist\u00e9mologie du lien<\/em> , In&nbsp;: Le b\u00e9b\u00e9 et ses possibles&nbsp;\u00bb (B. Golse) Er\u00e8s, Coll. \u00ab&nbsp;Th\u00e9ma&nbsp;\u00bb, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Golse et R. Roussillon, <em> La naissance de l\u2019objet<\/em> , P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Green, Le langage dans la psychanalyse, 19-250, In&nbsp;: <em> Langages<\/em> (II<sup> \u00e8mes<\/sup> Rencontres Psychanalytiques d\u2019Aix-en-Provence, 1983), Les Belles Lettres, Coll. \u00ab&nbsp;Confluents psychanalytiques&nbsp;\u00bb, Paris, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p>G. Haag, La m\u00e8re et le b\u00e9b\u00e9 dans les deux moiti\u00e9s du corps, <em> Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em> , 1985, 33, 2-3, 107-114.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Houzel, S\u00e9duction et conflit esth\u00e9tique, <em> Journal de la psychanalyse de l\u2019enfant<\/em> , 1999, 25 (\u00ab&nbsp;La s\u00e9duction&nbsp;\u00bb), 109-130.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Leader, <em> Ce que l\u2019art nous emp\u00eache de voir<\/em> , Petite Biblioth\u00e8que Payot, Paris, 2011.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Lebovici, La relation objectale chez l\u2019enfant, <em> La Psychiatrie de l\u2019enfant<\/em> , 1960, VIII, 1, 147-226.<\/p>\n\n\n\n<p>A. Leroi-Gourhan, <em> Le fil du temps (Ethnologie et pr\u00e9histoire)<\/em> , Fayard, Coll. \u00ab&nbsp;Points&nbsp;\u00bb, S\u00e9rie \u00ab&nbsp;Sciences&nbsp;\u00bb,1983.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Marcelli, <em> Position autistique et naissance de la psych\u00e9<\/em> , P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Psychiatrie de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb, 1986 (1<sup> \u00e8re<\/sup> \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>D. Marcelli, <em> La surprise &#8211; Chatouille de l\u2019\u00e2me<\/em> , Albin Michel, Paris, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p>D. Meltzer, Le conflit esth\u00e9tique&nbsp;: son r\u00f4le dans le processus de d\u00e9veloppement psychique, <em> Psychanalyse \u00e0 l\u2019universit\u00e9<\/em> , 1988, 13, 49, 37-57.<\/p>\n\n\n\n<p>S. Missonnier, <em> Devenir parent, na\u00eetre humain. La diagonale du virtuel<\/em> , P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>D.N. Stern, <em> Le monde interpersonnel du nourrisson &#8211; Une perspective psychanalytique et d\u00e9veloppementale<\/em> , P.U.F., Coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, 1989 (1\u00e8re \u00e9d.).<\/p>\n\n\n\n<p>R. Thom, <em> Paraboles et catastrophes<\/em> , Flammarion, Coll. \u00ab&nbsp;Champs&nbsp;\u00bb, Paris, 1983.<\/p>\n\n\n\n<p>R. Thom, La th\u00e9orie des catastrophes, 333-451, In&nbsp;: <em> Apologie du logos<\/em> (R. Thom), Hachette, Coll. \u00abHistoire et Philosophie des Sciences&nbsp;\u00bb, Paris, 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>J.-P. Valabrega, Le probl\u00e8me anthropologique du phantasme, 163-206, In&nbsp;: <em> Le d\u00e9sir et la perversion &#8211; Le probl\u00e8me anthropologique du phantasme<\/em> (P. Aulagnier-Spairani, J. Clavreul, F. Perrier, G. Rosolato et J.-P. Valabrega), Le Seuil, Coll. \u00ab&nbsp;Le champ freudien&nbsp;\u00bb, Paris, 1967 (R\u00e9\u00e9dit\u00e9 au Seuil, Coll. \u00ab&nbsp;Point essais&nbsp;\u00bb, Paris, 2006).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10342?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Je rappellerai tout d\u2019abord que nos histoires de b\u00e9b\u00e9s nous suivent jusque dans nos histoires d\u2019amour. 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