{"id":10340,"date":"2021-08-22T07:31:49","date_gmt":"2021-08-22T05:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/entre-la-destructivite-entropique-de-lasile-et-lexcitation-idealisante-de-lantipsychiatrie-2\/"},"modified":"2021-09-18T15:14:13","modified_gmt":"2021-09-18T13:14:13","slug":"entre-la-destructivite-entropique-de-lasile-et-lexcitation-idealisante-de-lantipsychiatrie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/entre-la-destructivite-entropique-de-lasile-et-lexcitation-idealisante-de-lantipsychiatrie\/","title":{"rendered":"Entre la destructivit\u00e9 entropique de l\u2019asile et l\u2019excitation id\u00e9alisante de l\u2019antipsychiatrie"},"content":{"rendered":"\n<p>Accueillir ensemble un b\u00e9b\u00e9 ou un adolescent et ses parents pour traiter favorablement la psychopathologie qui les a touch\u00e9s n\u00e9cessite non seulement des comp\u00e9tences personnelle, \u00e9ventuellement issues d\u2019une longue formation, mais \u00e9galement une appartenance \u00e0 au moins un groupe dans lequel les \u00e9nigmes et les apories qui ne manquent jamais de survenir seront travaill\u00e9es par ce collectif, afin de tenter de les r\u00e9soudre suffisamment.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon hypoth\u00e8se est que ce ou ces groupes d\u2019appartenance constituent \u00ab&nbsp;juste ce qui suffit d\u2019institution&nbsp;\u00bb, entre la destructivit\u00e9 de l\u2019entropie asilaire et l\u2019excitation id\u00e9alisante de l\u2019antipsychiatrie. Mais \u00e0 la condition que la qualit\u00e9 de ces groupes de travail facilite la circulation de paroles et de pens\u00e9es authentiques. Nous pouvons alors survivre \u00e0 l\u2019accueil de la r\u00e9alit\u00e9 de la destructivit\u00e9, en nous nourrissant d\u2019une excitation qui, quand elle n\u2019est pas trop pathologique, peut favoriser la convivialit\u00e9 et la co-pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu d\u2019histoire<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019asile, sorti d\u2019une utopie philanthropique pens\u00e9e par Pinel et mis en musique par Esquirol \u00e0 partir de 1838, s\u2019est rapidement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un endroit infernal<sup>1<\/sup>, gagn\u00e9 par les d\u00e9rives totalisantes et les horreurs concentrationnaires&nbsp;: bref, un temple de la destructivit\u00e9 entropique. En quelques ann\u00e9es, ces espaces d\u00e9di\u00e9s aux d\u00e9ploiements du traitement moral sont devenus des lieux vid\u00e9s de leur humanit\u00e9, propices \u00e0 toutes les perversions inh\u00e9rentes aux syst\u00e8mes impliqu\u00e9s dans des relations de d\u00e9pendances asym\u00e9triques que Foucault, en son temps, d\u00e9noncera mieux que personne, notamment les prisons et les asiles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019antipsychiatrie, plus d\u2019un si\u00e8cle apr\u00e8s la cr\u00e9ation des asiles, s\u2019est construite sur un sophisme certes plaisant pour l\u2019esprit, mais ravageur dans les pratiques concr\u00e8tes&nbsp;: si donc l\u2019asile ne peut devenir qu\u2019un lieu de destructivit\u00e9 entropique, alors il suffit de le supprimer pour que ses effets disparaissent, et le tour est jou\u00e9. Dont acte. Nous avons alors assist\u00e9 \u00e0 l\u2019excitation id\u00e9alisante contagieuse de nombreux acteurs, conquis par cette question complexe raval\u00e9e au rang d\u2019une \u00e9quation \u00e0 une seule inconnue, embarqu\u00e9s dans une aventure militante visant \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser la solution promue par Basaglia, en Italie, comme la seule possible&nbsp;: une suppression pure et simple des asiles. Tosquelles aimait \u00e0 rappeler que les suites de la loi Basaglia (ou loi 180) en Italie avaient \u00e9t\u00e9 beaucoup plus triviales que les espoirs qu\u2019elle avait fait na\u00eetre&nbsp;: d\u00e9veloppement des cliniques psychiatriques priv\u00e9es disposant de pratiques d\u2019internements peu reluisantes, et, plus inattendu, apparition dans les catalogues de vente par correspondance d\u2019un nouvel article prometteur, la camisole de force, accessible \u00e0 toutes les bourses et livr\u00e9e \u00e0 domicile, permettant d\u2019enfermer son fou \u00e0 la maison. En fait, la politique antipsychiatrique de Basaglia s\u2019\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e int\u00e9ressante dans les r\u00e9gions italiennes o\u00f9 un travail psychiatrique pr\u00e9alable avait permis d\u2019anticiper la suppression des asiles, par la mise en place d\u2019alternatives coh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019hospitalisation, tandis que dans les autres r\u00e9gions impr\u00e9par\u00e9es, la loi 180 avait abouti aux cons\u00e9quences raill\u00e9es par Tosquelles sans autre forme de proc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ne pas reconna\u00eetre, dans ces deux formes extr\u00eames de politiques de sant\u00e9, les m\u00eames exc\u00e8s d\u2019une id\u00e9ologie simplificatrice sur un sujet aussi complexe que celui de la folie&nbsp;? Je plie les malades \u00e0 mon fantasme de les rassembler en un lieu de traitement moral qui leur apportera la gu\u00e9rison&nbsp;; et\/ou je les plie \u00e0 mon fantasme de supprimer le lieu, cause de leur ali\u00e9nation, et de les laisser faire leur exp\u00e9rience d\u00e9lirante primaire en toute libert\u00e9. Dans le premier cas, le fantasme permet d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte la destructivit\u00e9 contenue en chacun de nous sous des formes diverses, et de l\u2019en prot\u00e9ger&nbsp;; dans le second, il permet de cultiver l\u2019id\u00e9e que la folie peut aider le sujet \u00e0 trouver sa voie, \u00e0 la condition de ne pas l\u2019ali\u00e9ner dans les circuits institutionnels \u00e9tatiques. Dans le premier, l\u2019ali\u00e9nation sociale n\u2019est pas prise en compte, dans le second, l\u2019ali\u00e9nation psychopathologique ne l\u2019est pas davantage. Pinel pensait prot\u00e9ger les malades mentaux en les isolant du monde pour mieux leur appliquer le traitement moral, oubliant que ledit monde contenait une partie des ressorts de leur exclusion, et qu\u2019\u00e0 ne pas les prendre en compte, ils fourbissaient les armes de la destructivit\u00e9, l\u2019asile concentrant les m\u00e9canismes de leurs souffrances psychiques ali\u00e9nantes. Et quand bien m\u00eame les e\u00fbt-il pris en consid\u00e9ration, sa conceptualisation de la relation intersubjective, p\u00e9trie d\u2019humanisme postencyclop\u00e9dique, n\u2019aurait pas suffi \u00e0 se r\u00e9soudre gr\u00e2ce au seul traitement moral. Nous savons depuis Melanie Klein que l\u2019id\u00e9alisation ne r\u00e8gne et ne fanfaronne qu\u2019au prix d\u2019un clivage co\u00fbteux en \u00e9nergie, et antinomique \u00e0 l\u2019assomption du principe de r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il aura fallu attendre le d\u00e9but du xx<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle pour que Freud, dans sa d\u00e9couverte de la psychanalyse, invente le concept de transfert pour faire progresser de fa\u00e7on majeure la compr\u00e9hension de la relation th\u00e9rapeutique. De plus, on oublie souvent que sans Pussin, Pinel n\u2019aurait sans doute pas pu mettre en place de fa\u00e7on institutionnelle son traitement moral dans les h\u00f4pitaux o\u00f9 ils ont travaill\u00e9 ensemble. Nous avons donc Pinel et Pussin qui inventent la forme premi\u00e8re de la psychoth\u00e9rapie, le traitement moral, d\u00e9livr\u00e9 dans des conditions asilaires et sans la r\u00e9f\u00e9rence freudienne au concept de transfert \u2013 et pour cause, puisque la psychanalyse na\u00eetra un si\u00e8cle plus tard. On comprend mieux que cette tentative, pour int\u00e9ressante qu\u2019elle ait pu \u00eatre, n\u2019ait pas pris dans l\u2019histoire la place qu\u2019elle aurait pu occuper.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si Freud a mis en \u00e9vidence la relation de transfert qui surd\u00e9termine toute entreprise th\u00e9rapeutique entre un psychanalyste et un patient, ses \u00e9l\u00e8ves et lui (Freud lui-m\u00eame est rest\u00e9 jusqu\u2019au bout ambivalent sur cette question du transfert dans la psychose) ont sans doute un peu rapidement pens\u00e9 que la plupart des pathologies mentales \u00e9taient \u00e9ligibles \u00e0 ses indications. Or, si la n\u00e9vrose s\u2019est montr\u00e9e particuli\u00e8rement sensible \u00e0 la cure-type, d\u2019autres pathologies telles que la psychose, la psychopathie ou les perversions, ne s\u2019y sont pas pr\u00eat\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on. Beaucoup de ces cas pathologiques ont pass\u00e9 quelquefois des ann\u00e9es sur des divans, parfois prestigieux, sans que le moindre changement en profondeur se produise.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019antipsychiatrie, l\u2019ouvrage de Jacques Hochmann<sup>2<\/sup> le montre parfaitement, elle a v\u00e9cu ce que durent les roses, le temps d\u2019une floraison, et sa r\u00e9cup\u00e9ration cynique par les technocrates en montre de fa\u00e7on caricaturale toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9. Penser que les maladies mentales sont une construction soci\u00e9tale, et laisser les patients d\u00e9rouler leur trajectoire vitale, ou plus po\u00e9tiquement, leur voyage \u00e0 travers la folie, sans aides sp\u00e9cifiques, rel\u00e8ve soit d\u2019un id\u00e9alisme na\u00eff mais gla\u00e7ant soit d\u2019un abandon coupable et, sans nul doute, sadique en diable. Pour les patients pr\u00e9sentant une pathologie mentale av\u00e9r\u00e9e, hors n\u00e9vrose occidentale poids moyen, il y avait donc lieu de d\u00e9finir une troisi\u00e8me voie, \u00e0 mi-chemin entre ces deux extr\u00eames, capable de prendre en compte les diff\u00e9rents facteurs de l\u2019\u00e9quation psychopathologique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une r\u00e9volution psychiatrique majeure<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette troisi\u00e8me voie<sup>3<\/sup> est une vraie r\u00e9volution culturelle de la psychiatrie&nbsp;: il s\u2019agissait, pendant une p\u00e9riode particuli\u00e8rement d\u00e9licate, la Seconde Guerre mondiale, de refonder radicalement la psychiatrie fran\u00e7aise en train de vivre le dernier acte de sa trag\u00e9die asilaire annonc\u00e9e, avec, entre autres infamies, les 45&nbsp;000 malades mentaux intern\u00e9s<sup>4<\/sup> morts de faim. Dans une r\u00e9gion pauvre et d\u00e9sert\u00e9e \u2013 la \u00ab&nbsp;Loz\u00e8re, pays de mis\u00e8re&nbsp;\u00bb, comme le dit un dicton r\u00e9gional \u2013, Paul Balvet, m\u00e9decin directeur de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Saint-Alban en partance pour Lyon, accueille Fran\u00e7ois Tosquelles, en janvier 1940. Ce psychiatre catalan, responsable du service de psychiatrie des arm\u00e9es r\u00e9publicaines espagnoles, condamn\u00e9 \u00e0 mort par Franco, r\u00e9fugi\u00e9 depuis dix mois en France dans le camp de Septfonds, est n\u00e9 en 1912. Bachelier \u00e0 15 ans, il fait ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Barcelone et \u00e0 Reus. D\u00e9j\u00e0 grand lecteur de Freud, dont les \u00e9crits sont traduits aussit\u00f4t en espagnol, il entreprend une psychanalyse en 1933, \u00e0 Barcelone, avec S\u00e1ndor Eminder, psychanalyste form\u00e9 par Ferenczi, qui fuit le d\u00e9but des pers\u00e9cutions nazies. Il est \u00e9galement tr\u00e8s engag\u00e9 dans les mouvements politiques f\u00e9d\u00e9ralo-marxistes, et participe \u00e0 de nombreuses actions \u00e9mancipatrices aupr\u00e8s des ouvriers et paysans, dans le cadre de l\u2019Universit\u00e9 populaire. Il devient psychiatre \u00e0 l\u2019Instituto Pere Mata \u00e0 Reus, avant de rejoindre l\u2019arm\u00e9e r\u00e9publicaine espagnole dans sa lutte pour la d\u00e9mocratie d\u00e8s le putsch de Franco. Il est donc psychiatre et se forme au m\u00e9tier de psychanalyste lorsque la guerre civile le cueille pour le jeter dans les combats fratricides, jusqu\u2019\u00e0 la victoire du dictateur. Lorsqu\u2019il arrive \u00e0 Saint-Alban, il poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 une solide culture psychiatrique, dispens\u00e9e en partie par son ma\u00eetre Mira y Lopez, professeur de psychiatrie \u00e0 Reus, mais \u00e9galement une pratique ancienne des groupes et des institutions, par exemple, sous la forme de groupes de type Balint avec les p\u00e9diatres de l\u2019h\u00f4pital de Reus. Sa praxis marche d\u00e9j\u00e0 sur deux jambes, se plaira-t-il \u00e0 dire plus tard, une jambe psychanalytique et une jambe politique. Son exp\u00e9rience psychanalytique lui permettra de d\u00e9velopper un approfondissement des notions de transfert multir\u00e9f\u00e9rentiel en corr\u00e9lation avec celle de constellation transf\u00e9rentielle, condition institutionnelle de possibilit\u00e9 de prise en compte des ph\u00e9nom\u00e8nes transf\u00e9rentiels complexes. En effet, les transferts des personnes psychotiques sont \u00ab&nbsp;dissoci\u00e9s&nbsp;\u00bb, comme le proposera Oury<sup>5<\/sup> en appui sur les travaux de Bleuler<sup>6<\/sup>, et les soignants, r\u00e9ceptacles de ces transferts dissoci\u00e9s, sont invit\u00e9s \u00e0 se regrouper en \u00ab&nbsp;constellations transf\u00e9rentielles&nbsp;\u00bb pour y partager leurs v\u00e9cus contre-transf\u00e9rentiels, travaillant ainsi la contenance de base du patient dissoci\u00e9. Ces concepts indispensables pour ceux qui veulent prendre en charge les personnes psychotiques en appui sur la psychanalyse, et traiter l\u2019ali\u00e9nation psychopathologique aussi bien que l\u2019ali\u00e9nation sociale, nous viennent pour partie de cette exp\u00e9rience fondatrice de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle. Mais encore faut-il accepter de sortir de son cabinet de psychanalyste pour approcher l\u2019ali\u00e9nation sp\u00e9cifique de la psychose et r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa dimension d\u2019ali\u00e9nation sociale. La r\u00e9f\u00e9rence de Tosquelles<sup>7<\/sup> \u00e0 Hermann Simon<sup>8<\/sup>, psychiatre \u00e0 Gutersloh, est fondamentale&nbsp;: pour soigner les malades hospitalis\u00e9s, il faut d\u2019abord soigner l\u2019h\u00f4pital. L\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Saint-Alban de Lucien Bonnaf\u00e9, en 1942, en tant que m\u00e9decin directeur va permettre \u00e0 Tosquelles de disposer d\u2019un puissant alli\u00e9 pour continuer d\u2019y mener ses exp\u00e9riences institutionnelles, et \u00e9largir le seul champ hospitalier pour en arriver \u00e0 \u00ab&nbsp;investir&nbsp;\u00bb le secteur g\u00e9od\u00e9mographique, dont sont originaires les patients hospitalis\u00e9s. C\u2019est dans cette perspective que je pr\u00e9sente souvent l\u2019invention de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle comme structuralement li\u00e9e \u00e0 celle de la psychiatrie de secteur, dispositif organisationnel qui permet de dresser la carte des espaces et des ressources disponibles, la psychoth\u00e9rapie institutionnelle \u00e9tant la m\u00e9thode de navigation dans ces contr\u00e9es souvent \u00e9trangement inqui\u00e9tantes. Tosquelles et Bonnaf\u00e9 vont ensemble, et avec une grande partie du personnel soignant, transformer de fond en comble l\u2019exercice de la psychiatrie de leur h\u00f4pital. Ils inventeront des \u00ab&nbsp;institutions&nbsp;\u00bb permettant de traiter les malades mentaux dans des conditions plus humaines que partout ailleurs&nbsp;: un club th\u00e9rapeutique donnera des responsabilit\u00e9s aux malades pour qu\u2019ils participent \u00e0 l\u2019organisation de leur vie quotidienne&nbsp;; des r\u00e9unions soignants-soign\u00e9s seront mises en place afin de faciliter les activit\u00e9s du club th\u00e9rapeutique&nbsp;; des sorties seront organis\u00e9es pour que certains patients puissent participer aux travaux des champs&nbsp;; un journal accessible aux malades leur permettra d\u2019exprimer leurs exp\u00e9riences et leurs desiderata&nbsp;; la reconstruction de certains pavillons redonnera un peu d\u2019humanit\u00e9 \u00e0 ces lieux asilaires souvent sordides&nbsp;; enfin, une formation des soignants sera instaur\u00e9e pour les transformer en v\u00e9ritables auxiliaires des rares psychiatres en exercice. \u00c0 l\u2019issue de la guerre, on ne d\u00e9plorera aucun patient mort de faim \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Saint-Alban. Quant \u00e0 ceux qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des activit\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019am\u00e9lioration notable de leur sant\u00e9 psychique en a \u00e9tonn\u00e9 plus d\u2019un. Des espoirs suscit\u00e9s par cette exp\u00e9rience, et celles de quelques autres psychiatres (Daumezon<sup>9<\/sup> notamment), va d\u00e9couler l\u2019organisation par Henri Ey<sup>10<\/sup> des journ\u00e9es du <em>Livre blanc<\/em> de la psychiatrie, qui permettront de fonder cette nouvelle psychiatrie \u00e0 base d\u2019humanit\u00e9 retrouv\u00e9e. Toutefois, elle ne verra officiellement le jour que par deux circulaires d\u00e9cisives, d\u2019abord en mars 1960, puis en mars 1972, et sera enfin l\u00e9galis\u00e9e en juillet 1985. Le soin psychiatrique n\u2019est plus centr\u00e9 sur l\u2019h\u00f4pital, qui a montr\u00e9 ce qu\u2019il r\u00e9servait comme potentialit\u00e9s destructrices aux patients en temps de guerre ou de p\u00e9nurie. Il est centr\u00e9 sur le patient lui-m\u00eame qu\u2019il accueille l\u00e0 o\u00f9 \u00e9merge sa souffrance psychique. Comme il n\u2019est pas possible, ni m\u00eame souhaitable d\u2019aller chez le patient, sauf dans quelques cas particuliers \u2013 ce que permettront les fameuses visites \u00e0 domicile \u2013, ce sont les cmp qui deviendront les pivots de l\u2019intervention psychiatrique&nbsp;: le patient peut venir rencontrer le psychiatre et son \u00e9quipe et en fonction du diagnostic, des soins lui seront propos\u00e9s de la fa\u00e7on la plus adapt\u00e9e possible \u00e0 ses conditions de vie. Bien s\u00fbr, dans certains cas, l\u2019hospitalisation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire, mais sont en priorit\u00e9 recherch\u00e9es les solutions permettant de ne pas y avoir recours. La psychiatrie de secteur \u00e9tait n\u00e9e, avec sa palette de possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques et m\u00eames pr\u00e9ventives.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne sont plus des murs qui accueillent les patients, mais des soignants. La relation humaine est au centre du dispositif&nbsp;; quels que soient les sympt\u00f4mes, l\u2019\u00e9quipe de secteur trouvera une solution adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du malade, et ce suivi durera tout le temps n\u00e9cessaire. D\u2019ailleurs, la continuit\u00e9 des soins est la traduction en langage administratif de la prise en compte du concept de transfert. Lorsque vous avez besoin d\u2019\u00eatre soign\u00e9 parce que vous \u00eates atteint d\u2019une maladie psychiatrique chronique, l\u2019\u00e9quipe de secteur est votre r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9rapeutique, et elle vous accompagne, selon Jean Ayme<sup>11<\/sup>, comme si vous \u00e9voluiez sur une bande de M\u00f6bius, passant d\u2019une face \u00e0 l\u2019autre sans discontinuit\u00e9&nbsp;: vous pouvez compter sur votre \u00e9quipe de secteur quel que soit votre \u00e9tat pathologique, vous pouvez \u00eatre suivi en extrahospitalier et\/ou en hospitalisation par la m\u00eame \u00e9quipe sans que la relation transf\u00e9rentielle soit mise en p\u00e9ril, ces deux espaces auparavant disjoints sont d\u00e9sormais en continuit\u00e9 l\u2019un de l\u2019autre. Mais bien s\u00fbr une \u00e9quipe enti\u00e8re, c\u2019est beaucoup trop&nbsp;! Alors nous avons une proposition \u00e0 vous faire&nbsp;: ce sera votre constellation transf\u00e9rentielle qui vous accueillera et vous suivra tout le temps qu\u2019il faudra.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;Cher b\u00e9b\u00e9, ta maman est tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9e, nous vous accompagnerons le temps n\u00e9cessaire en ambulatoire, \u00e0 domicile et, si besoin, tu viendras avec elle dans l\u2019unit\u00e9 m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 du service et nous soutiendrons ton papa. Ta constellation comprendra un psychiatre, un psychologue, une psychomotricienne et une pu\u00e9ricultrice. Vous pourrez tous les trois compter sur eux pour assurer votre suivi durant le temps qu\u2019il faudra.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;Cher adolescent compl\u00e8tement \u00e9clat\u00e9 \u00e0 donf, tu as fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une addiction progressive qui masquait un processus dissociatif, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il te tombe dessus \u00e0 un moment f\u00e9cond qui s\u2019est traduit par une bouff\u00e9e d\u00e9lirante aigu\u00eb. Tes parents \u00e9taient atterr\u00e9s et nous avons d\u00e9cid\u00e9 avec eux de t\u2019hospitaliser pendant quelque temps. Mais tu sais, tu vas avoir besoin de soins pendant un long moment. Oui, oui, m\u00eame si tu reprends le lyc\u00e9e partiellement&nbsp;! Ah, tu voudrais que ce soit le psychiatre qui t\u2019a soign\u00e9 en hospitalisation qui te suive, et aussi l\u2019infirmi\u00e8re avec laquelle tu avais un bon contact pendant tes acc\u00e8s d\u2019angoisse&nbsp;? <em>No problemo&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;Mais, attendez, vous n\u2019allez tout de m\u00eame pas me coller tout le temps ou me fliquer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;Non, non&nbsp;! Juste ce qui suffit&nbsp;! (Chaigneau). Vous avez remarqu\u00e9 que, dans certains cas, vous avez besoin d\u2019\u00eatre pris en charge sur nos \u00e9paules psychiques de fa\u00e7on importante, parce que votre \u00e9tat psychopathologique est tr\u00e8s grave et que vous ne pouvez plus tenir suffisamment compte du principe de r\u00e9alit\u00e9&nbsp;; dans ces moments-l\u00e0, nous assurons la fonction phorique maximale&nbsp;; et puis \u00e0 d\u2019autres moments, vous n\u2019avez presque plus besoin de nous, vous \u00eates quasiment autonome sur le plan psychique et l\u00e0, nous prenons le large pour ne pas vous intruser, voire vous pers\u00e9cuter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;Ah bon&nbsp;! Alors dans ces conditions, faut voir&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cela qui est remarquable avec cette forme de psychiatrie&nbsp;: elle assure une fonction psychoth\u00e9rapique \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, entre la veille et le portage int\u00e9gral, et nous disposons des outils pour r\u00e9aliser cette adaptation \u00e0 votre probl\u00e9matique particuli\u00e8re, et vous fabriquer un costume sur mesure. Non pas d\u2019outils techniques seulement, encore que cela soit bien agr\u00e9able pour vous et pour nous de travailler dans des lieux dignes de ce nom, mais surtout des psych\u00e9s humaines, capables de vous accueillir et de vous accompagner \u00e0 la juste distance, et de mettre en place ce qui correspond \u00e0 cette suffisamment bonne mesure de vos difficult\u00e9s, qui, elles, sont tellement subtiles \u00e0 appr\u00e9cier, du fait de \u00ab&nbsp;la mal-mesure de l\u2019homme<sup>12<\/sup>&nbsp;\u00bb. Quand je dis \u00ab&nbsp;juste ce qui suffit&nbsp;\u00bb d\u2019institutions, je ne fais que paraphraser non seulement Chaigneau<sup>13<\/sup>, qui le d\u00e9clare \u00e0 propos des institutions, mais aussi Winnicott \u00e0 propos de la \u00ab&nbsp;<em>good enough mother<\/em>&nbsp;\u00bb, que Joyce McDougall propose de traduire plut\u00f4t par \u00ab&nbsp;m\u00e8re ad\u00e9quate sans plus&nbsp;\u00bb, juste ce qui suffit de m\u00e8re. Eh bien, en mati\u00e8re de fonction phorique institutionnelle, c\u2019est quasiment le m\u00eame enjeu, juste ce qui suffit d\u2019institution pour porter le patient dans tel \u00e9tat quand, \u00e0 d\u2019autres moments, il aura besoin de plus d\u2019institutions parce que son \u00e9tat aura empir\u00e9, ou de moins d\u2019institutions quand son \u00e9tat se sera am\u00e9lior\u00e9. Mais ce qui est particulier dans ce dispositif, c\u2019est que quand il est fonctionnel, le patient participe \u00e0 sa construction, \u00e0 son entretien, \u00e0 sa r\u00e9gulation, et \u00e0 son action. Il ne s\u2019agit en aucun cas de porter un patient qui abdiquerait toute participation personnelle, car son coefficient de portage est un \u00e9l\u00e9ment de son traitement. La passivation est un des \u00e9piph\u00e9nom\u00e8nes de la destructivit\u00e9 asilaire, de son entropie. Au contraire, devenir acteur de sa gu\u00e9rison, ou au moins de son traitement, est un h\u00e9ritage \u00e9vident, \u00e0 mes yeux, du processus de subjectivation freudien. La psychiatrie transf\u00e9rentielle a cela de particulier qu\u2019elle ne peut se passer de la participation du patient et de son d\u00e9sir, m\u00eame fortement ambivalent, de sortir de sa maladie. Balint avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit des choses importantes sur ce sujet, et notamment \u00e0 propos des r\u00e9sistances \u00e0 gu\u00e9rir<sup>14<\/sup>, mais dans notre sc\u00e9nario de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle, cette dimension est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 un niveau suppl\u00e9mentaire puisqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019assumer de fa\u00e7on polyphonique. Oury<sup>15<\/sup>, dans son s\u00e9minaire sur le collectif, le d\u00e9crit en tant que machine abstraite qui \u00e9labore la loi du groupe. Il ne s\u2019agit pas de collectivisation du soin, mais bien plut\u00f4t de prendre appui sur un collectif pour mieux singulariser les traitements individuels.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Ainsi la psychoth\u00e9rapie institutionnelle, largement r\u00e9pandue aujourd\u2019hui, est-elle une forme de traitement de la psychopathologie, de celle du b\u00e9b\u00e9 en interaction avec ses parents jusqu\u2019aux pathologies les plus graves, en passant par les probl\u00e9matiques adolescentes complexes, qui permet de naviguer entre le Charybde de l\u2019entropie asilaire et le Scylla de l\u2019excitation id\u00e9alisante. Le fait que la Haute Autorit\u00e9 de sant\u00e9 (has) ait os\u00e9 la condamner au m\u00eame titre que la psychanalyse, sans m\u00eame savoir de quoi elle parlait, indique assez clairement que le chemin \u00e0 tracer entre l\u2019entropie m\u00e9dicamenteuse et l\u2019id\u00e9alisation des r\u00e9\u00e9ducations comportementales sera particuli\u00e8rement redoutable \u00e0 maintenir ouvert et f\u00e9cond. Gageons que les messages<sup>16<\/sup> que nous essayons de transmettre aideront les jeunes g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 r\u00e9ussir la consolidation de toutes ces possibilit\u00e9s d\u2019accompagnement des malades psychiques, qui eux, quoi qu\u2019on en dise, ont tellement besoin de nous.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Un \u00ab\u00a0\u00c9den infernal\u00a0\u00bb, selon la belle expression titrant un r\u00e9cent ouvrage de Jacques Ascher (\u00e9r\u00e8s, 2017).<\/li><li>J. Hochmann, <em>Les antipsychiatries\u00a0: une histoire<\/em>, Paris, Odile Jacob, 2015.<\/li><li>E. Favereau,\u00a0P. Arti\u00e8res, <em>\u00ab\u00a0<\/em>Quand le docteur Tosquelles arrive \u00e0 Saint-Alban\u00a0\u00bb, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, cinq num\u00e9ros, 31 juillet 2016 au 3 ao\u00fbt 2016.<\/li><li>I. von Bueltzingsloewen, <em>L\u2019h\u00e9catombe des fous. La famine dans les h\u00f4pitaux psychiatriques fran\u00e7ais sous l\u2019Occupation<\/em>, Paris, Aubier, 2007.<\/li><li>J. Oury, <em>Cr\u00e9ation et schizophr\u00e9nie<\/em>, Paris, Gallil\u00e9e, 1989.<\/li><li>E. Bleuler, <em>Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien<\/em>, Leipzig und Wien, 1911.<\/li><li>F. Tosquelles, <em>L\u2019enseignement de la folie<\/em>, Paris, Dunod, 2014.<\/li><li>H. Simon, <em>Une th\u00e9rapeutique plus active \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique<\/em>, Berlin, De Gruyte, 1929, trad. in\u00e9dite, h\u00f4pital de Saint-Alban.<\/li><li>G. Daumezon, L. Bonnaf\u00e9, \u00ab\u00a0L\u2019internement, conduite primitive de la soci\u00e9t\u00e9 face \u00e0 la maladie mentale, recherche d\u2019une attitude plus \u00e9volu\u00e9e\u00a0\u00bb, <em>Documents de l\u2019information psychiatrique<\/em>, vol. 1, 108 pages, Paris, Descl\u00e9e de Brower, 1946.<\/li><li>Entretien personnel avec Henri Ey, Paris, biblioth\u00e8que de Sainte-Anne, 4 octobre 1977.<\/li><li>J. Ayme, <em>Chroniques de la psychiatrie publique<\/em>, Toulouse, \u00e9r\u00e8s, 1995.<\/li><li>S. Jay Gould, <em>La mal-mesure de l\u2019homme<\/em>, Paris, Odile Jacob, 1997.<\/li><li>H. Chaigneau, \u00ab\u00a0Juste ce qui suffit\u00a0\u00bb, <em>L\u2019information psychiatrique<\/em>, n\u00b0\u00a03, 1983, p.\u00a0437-446.<\/li><li>M. Balint, <em>Le m\u00e9decin, son malade et la maladie<\/em>, trad. fr. J.-P.\u00a0Valabrega, Paris, Puf, 1960.<\/li><li>J. Oury, <em>Le collectif, S\u00e9minaire Sainte Anne 1984-1985<\/em>, Paris, \u00e9d. du Scarab\u00e9e, 1987.<\/li><li>P. Delion, P. Coupechoux, <em>Mon combat pour une psychiatrie humaine<\/em>, Paris, Albin Michel, 2016.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10340?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Accueillir ensemble un b\u00e9b\u00e9 ou un adolescent et ses parents pour traiter favorablement la psychopathologie qui les a touch\u00e9s n\u00e9cessite non seulement des comp\u00e9tences personnelle, \u00e9ventuellement issues d\u2019une longue formation, mais \u00e9galement une appartenance \u00e0 au moins un groupe dans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1225,1214],"thematique":[278,221],"auteur":[1412],"dossier":[489],"mode":[61],"revue":[490],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10340","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-dispositif","rubrique-psychanalyse","thematique-institution","thematique-psychiatrie","auteur-pierre-delion","dossier-destructivite-et-exaltation","mode-gratuit","revue-490","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10340"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14202,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10340\/revisions\/14202"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10340"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10340"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10340"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10340"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10340"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10340"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10340"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}