{"id":10338,"date":"2021-08-22T07:31:49","date_gmt":"2021-08-22T05:31:49","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/entre-rivalite-et-transmission-voyage-therapeutique-a-travers-le-brouillard-generationnel-2\/"},"modified":"2021-09-18T08:12:04","modified_gmt":"2021-09-18T06:12:04","slug":"entre-rivalite-et-transmission-voyage-therapeutique-a-travers-le-brouillard-generationnel","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/entre-rivalite-et-transmission-voyage-therapeutique-a-travers-le-brouillard-generationnel\/","title":{"rendered":"Entre rivalit\u00e9 et transmission : voyage th\u00e9rapeutique \u00e0 travers le brouillard g\u00e9n\u00e9rationnel"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Un des int\u00e9r\u00eats de la th\u00e9rapie familiale est d\u2019avoir acc\u00e8s aux fratries et donc \u00e0 des attentes diff\u00e9rentes de chaque enfant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses parents ainsi qu\u2019\u00e0 des perceptions et repr\u00e9sentations singuli\u00e8res de leur p\u00e8re et de leur m\u00e8re pour chacun d\u2019entre eux. La m\u00e8re fait l\u2019enfant et l\u2019enfant fait aussi la m\u00e8re, chaque enfant dans une m\u00eame famille a une m\u00e8re diff\u00e9rente. L\u2019enfant porte en lui l\u2019image de la m\u00e8re id\u00e9ale, il r\u00eave d\u2019une m\u00e8re comme la m\u00e8re a r\u00eav\u00e9 de l\u2019enfant \u00e0 venir. Les images id\u00e9alis\u00e9es d\u2019une m\u00e8re ne sont pas les m\u00eames pour chacun des enfants. Chaque pu\u00een\u00e9 r\u00e9active la rivalit\u00e9 \u0153dipienne qui freine l\u2019acc\u00e8s au deuil de la m\u00e8re toute-puissante. Et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 pour une m\u00e8re, avoir plusieurs enfants, qu\u2019est-ce que cela modifie dans sa relation avec chacun d\u2019eux&nbsp;? Dans la fratrie se jouent ou se r\u00e9p\u00e8tent des modalit\u00e9s relationnelles en \u00e9cho avec la relation m\u00e8re\/enfant, par exemple la rivalit\u00e9 \u0153dipienne explicite lorsqu\u2019une adolescente se met en position de m\u00e8re vis-\u00e0-vis d\u2019un puin\u00e9 qui lui retourne \u00ab&nbsp;tu n\u2019es pas ma m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Dans d\u2019autres configurations, la rivalit\u00e9 fraternelle d\u00e9ni\u00e9e emp\u00eache de reconna\u00eetre la jalousie ou la comp\u00e9tition \u00e9vitant ainsi \u00e0 la m\u00e8re et au couple parental d\u2019affronter la culpabilit\u00e9 de ne pas avoir donn\u00e9 la m\u00eame chose \u00e0 chacun des enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les filles, en particulier pour les patientes souffrant de TCA, une des questions, serait \u00ab&nbsp;qui est la femme derri\u00e8re ma m\u00e8re&nbsp;?&nbsp;\u00bb Quelle adolescente, quelle jeune femme a-t-elle \u00e9t\u00e9&nbsp;? Qui est la femme qu\u2019a rencontr\u00e9e mon p\u00e8re, qu\u2019est-ce qu\u2019il lui a trouv\u00e9&nbsp;? Comment devient-on femme&nbsp;? Est-ce que ma m\u00e8re est contente d\u2019\u00eatre une femme&nbsp;? Qu\u2019est-ce qui est refus\u00e9 par l\u2019anorexie&nbsp;: devenir femme ou devenir m\u00e8re&nbsp;? La m\u00e8re se sent-elle coupable d\u2019\u00eatre femme, de ses d\u00e9sirs \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du cercle familial comme par exemple l\u2019investissement dans le travail&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On dit aux petites filles&nbsp;: \u00ab&nbsp;quand tu seras maman&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que \u00ab&nbsp;quand tu seras femme&nbsp;\u00bb&nbsp;; l\u2019image m\u00e8re est alors celle de la femme id\u00e9ale. La jeune femme d\u00e9couvre une nouvelle facette de sa m\u00e8re quand elle devient m\u00e8re \u00e0 son tour, la relation se transforme. La m\u00e8re devenue grand-m\u00e8re permet l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la m\u00e8re pr\u00e9-oedipienne. Une fois m\u00e8re, la jeune femme va demander \u00e0 sa propre m\u00e8re, \u00ab&nbsp;transmets-moi, apprends-moi&nbsp;\u00bb (c\u2019est \u00e0 la m\u00e8re pr\u00e9-oedipienne que la demande s\u2019adresse&nbsp;: la jeune m\u00e8re est sortie du conflit \u0153dipien, elle s\u2019adresse \u00e0 sa m\u00e8re comme m\u00e8re d\u2019un nourrisson). La femme qui devient m\u00e8re cherche des r\u00e9f\u00e9rences et des identifications. Comme le dit Piera Aulagnier, \u00ab&nbsp;Le nouvel arrivant vient prendre place dans un monde qui ne l\u2019a pas attendu pour exister&nbsp;\u00bb dans un tissu relationnel et fantasmatique qui s\u2019\u00e9tend sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Notre pr\u00e9histoire fait de chacun de nous les h\u00e9ritiers des \u00ab&nbsp;r\u00eaves de d\u00e9sirs irr\u00e9alis\u00e9s&nbsp;\u00bb des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, de leur refoulement et de leurs renoncements, dans le maillage de leur discours et de leurs fantasmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte de th\u00e9rapie familiale, l\u2019histoire des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes vient s\u2019entrem\u00ealer avec l\u2019actualit\u00e9 des relations familiales autour du sympt\u00f4me. Les \u00e9l\u00e9ments transg\u00e9n\u00e9rationnels \u00e9clairent le pr\u00e9sent d\u2019une famille en souffrance et permettent que se tissent de nouveaux fils \u00e9laboratifs&nbsp;; les liens peuvent alors se transformer et s\u2019adapter aux situations nouvelles, comme les troubles des conduites alimentaires d\u2019un membre de la famille. Comme l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Marie est l\u2019ain\u00e9e d\u2019une fratrie de 3&nbsp;: un fr\u00e8re cadet de 2 ans, et une petite s\u0153ur n\u00e9e lorsqu\u2019elle avait 15 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu apr\u00e8s la naissance de sa s\u0153ur, elle d\u00e9clare une anorexie grave. Elle est suivie dans notre service en consultation par un psychiatre pendant 6 ans et traverse cette longue et \u00e9prouvante p\u00e9riode en poursuivant une psychoth\u00e9rapie en m\u00eame temps que le suivi psychiatrique, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, sans th\u00e9rapie familiale. Plus de quinze ans apr\u00e8s le d\u00e9but de son anorexie, elle vit en couple, tout comme son fr\u00e8re Benoit. Le suivi s\u2019est interrompu il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, elle \u00e9tait \u00e0 cette date normo-pond\u00e9rale sans TCA et sans troubles de l\u2019humeur. Sa s\u0153ur est alors adress\u00e9e dans notre service pour une anorexie. Cette fois le psychiatre r\u00e9f\u00e9rent les adresse en th\u00e9rapie familiale car l\u2018indication s\u2019impose. En effet \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la m\u00eame famille, l\u2019anorexie de Chlo\u00e9 signale une circulation symptomatique dont la fonction n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous recevons la famille, Marie est enceinte. Elle craint les \u00e9motions que ces s\u00e9ances pourraient r\u00e9activer et souhaite en prot\u00e9ger son enfant \u00e0 venir. Elle a peur de transmettre du n\u00e9gatif, de la culpabilit\u00e9, de l\u2019agressivit\u00e9. Elle est aussi partag\u00e9e entre sa famille d\u2019origine et la famille qu\u2019elle fonde. Elle est consciente que la naissance de son enfant sera un \u00e9v\u00e9nement transformateur des relations pour tous. D\u00e8s le d\u00e9but de la th\u00e9rapie familiale le d\u00e9cor est plant\u00e9&nbsp;: nous avons l\u2019impression de rencontrer deux familles distinctes, les ain\u00e9s et les parents d\u2019une part, et la plus jeune s\u0153ur qui a 17 ans et les parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long de la th\u00e9rapie familiale, nous aurons l\u2019occasion d\u2019\u00e9changer autour d\u2019une pr\u00e9occupation centrale pour Marie&nbsp;: les parents peuvent-ils \u00eatre les parents de tous les enfants en m\u00eame temps. Et par cons\u00e9quent, est-ce que les enfants de Beno\u00eet et Marie auront des grands-parents&nbsp;? Les TCA de Chlo\u00e9 qui am\u00e8nent cette famille en th\u00e9rapie, sont en r\u00e9sonance avec la maladie de Marie \u00e0 l\u2019adolescence. L\u2019anorexie de Marie est survenue au moment de la naissance de Chlo\u00e9. La grossesse et la maternit\u00e9 nouvelle de sa m\u00e8re, alors qu\u2019elle avait 15 ans (et Benoit 13), ont suscit\u00e9 des bouleversements dans l\u2019\u00e9quilibre familial. L\u2019espace th\u00e9rapeutique familial permet \u00e0 Marie de revisiter ce pass\u00e9 et d\u2019interroger sa relation avec ses parents et en particulier avec sa m\u00e8re. L\u2019opportunit\u00e9 s\u2019offre \u00e9galement \u00e0 Beno\u00eet ainsi qu\u2019aux parents. En \u00e9cho l\u2019anorexie de Chlo\u00e9 au moment o\u00f9 Marie et son conjoint font un projet d\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, il y a eu de la r\u00e9sistance&nbsp;: la th\u00e9rapie familiale \u00e9tait surtout port\u00e9e par les ain\u00e9s. Marie avait toujours un ton revendiquant qui faisait peur \u00e0 sa s\u0153ur et \u00e0 leur m\u00e8re&nbsp;; Beno\u00eet, dans le sillon de Marie, a \u00e9galement mis l\u2019accent sur les carences parentales lorsqu\u2019il \u00e9tait adolescent. Ces revendications mettaient les parents dans une grande difficult\u00e9 parce qu\u2019ils devaient se d\u00e9fendre contre les attaques par des d\u00e9n\u00e9gations&nbsp;; le sentiment de pers\u00e9cution fermait parfois les portes \u00e0 l\u2019\u00e9laboration. Les craintes de Marie concernant son b\u00e9b\u00e9 \u00e0 venir apparaissaient fond\u00e9es au vu de l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9prouv\u00e9s en s\u00e9ance. A plusieurs reprises il a \u00e9t\u00e9 question d\u2019arr\u00eater la th\u00e9rapie familiale, notamment de la part de Chlo\u00e9. Le cadre th\u00e9rapeutique a \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9, nous avons propos\u00e9 certains am\u00e9nagements que nous \u00e9voquerons plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9rapie familiale s\u2019est interrompue au bout de 4 ans, \u00e0 la demande de Chlo\u00e9 et des parents qui la soutenaient dans cette position. Le soutien est r\u00e9ciproque entre Chlo\u00e9 et ses parents, car si les parents sont soumis \u00e0 la peur pour la sant\u00e9 et la vie de leur fille cadette, Chlo\u00e9 est, elle, soumise \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de soutenir la fragilit\u00e9 de la fonction parentale h\u00e9rit\u00e9e des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes. En effet, les parents se sont unis dans un contexte abandonnique de la part de leurs propres parents. Ils en ont constitu\u00e9 une alliance de protection qui fait dire \u00e0 Marie \u00ab&nbsp;Les parents c\u2019\u00e9tait toujours un bloc, toujours du m\u00eame avis, aucune br\u00e8che.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes devant deux familles ayant pour intersection le couple parental, lui-m\u00eame plut\u00f4t constitu\u00e9 comme un couple fraternel. Les enfants a\u00een\u00e9s cherchent l\u2019unit\u00e9 familiale alors que la cadette cherche l\u2019exclusivit\u00e9 parentale. Chlo\u00e9 prot\u00e8ge les parents devant les attaques des ain\u00e9s, attaques qui masquent leurs attentes, comme si Marie et Benoit \u00e9taient des \u00e9trangers intrusifs qui menacent les parents. Nous sommes en tant que th\u00e9rapeutes en place de n\u00e9o-parents des a\u00een\u00e9s, \u00e9tayant leur envie de changement en tentant de soutenir la fonction grand-parentale des parents que ceux-ci (en particulier la m\u00e8re) ont beaucoup de mal \u00e0 occuper. Ainsi le premier enfant de Marie, celui qui les rend grands-parents, ne r\u00e9ussit pas, par sa simple venue au monde, \u00e0 leur faire endosser la fonction grand-parentale. Il faudra \u00e0 cet enfant une cousine (Emma, la fille de Beno\u00eet) et un petit fr\u00e8re (Victor, 2<sup>\u00e8me<\/sup> enfant de Marie) pour qu\u2019enfin sa grand-m\u00e8re finisse par reconna\u00eetre&nbsp;: \u00ab&nbsp;je ne peux pas faire la grand-m\u00e8re car je suis davantage m\u00e8re que grand m\u00e8re&nbsp;\u00bb. Lors d\u2019un week-end o\u00f9 elle a gard\u00e9 sa petite fille, la m\u00e8re nous dit qu\u2019elle s\u2019est rendue compte qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 l\u2019aise avec elle, car elle se demande sans cesse si elle fait bien. Elle \u00e9nonce \u00ab&nbsp;je doute tout le temps&nbsp;; quand Marie \u00e9tait b\u00e9b\u00e9, je l\u2019ai laiss\u00e9e 6 mois \u00e0 ma m\u00e8re pour partir voyager avec mon mari, tout le monde faisait \u00e7a autour de nous&nbsp;! Apr\u00e8s j\u2019ai toujours pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une erreur, que \u00e7a a nui \u00e0 Marie. Cette erreur m\u2019est toujours attribu\u00e9e&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Marie rappelle que sa propre grand-m\u00e8re maternelle lui a toujours dit qu\u2019elle pleurait beaucoup pendant cette p\u00e9riode, comme pour confirmer le sentiment de culpabilit\u00e9 de sa m\u00e8re. Notre hypoth\u00e8se est que, pour la grand-m\u00e8re maternelle, c\u2019est une fa\u00e7on de dire \u00e0 Marie \u00ab&nbsp;ta m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 une mauvaise m\u00e8re avec toi&nbsp;\u00bb. Quand Blandine devient m\u00e8re, elle fait de sa m\u00e8re la grand-m\u00e8re puisqu\u2019elle peut lui confier son b\u00e9b\u00e9. Mais elle met aussi sa m\u00e8re dans une position maternelle avec son propre enfant, vu la dur\u00e9e pendant laquelle Marie b\u00e9b\u00e9 lui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9n\u00e9gation de la tristesse de la s\u00e9paration de la m\u00e8re confiant son b\u00e9b\u00e9 participe au refus de changer de statut g\u00e9n\u00e9rationnel. Blandine, jeune m\u00e8re, regarde comment font les autres, ses pairs, comme si elle-m\u00eame n\u2019avait pas muri ce passage. \u00ab&nbsp;Je me disais, c\u2019est ridicule de ressentir de la peine de se s\u00e9parer de son b\u00e9b\u00e9, les autres le font bien. Je ne me sentais pas coupable de la laisser mais coupable de ressentir de la peine&nbsp;\u00bb. Jean-Paul ne s\u2019est pas rendu compte de ce trouble de sa femme \u00e0 cette p\u00e9riode, pas plus qu\u2019il ne per\u00e7oit le malaise actuel qu\u2019elle a \u00e0 s\u2019occuper des ses petits enfants. Devant le malaise de sa m\u00e8re, Marie s\u2019emporte dans une injonction paradoxale&nbsp;: \u00ab&nbsp;sois naturelle&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas une position intellectuelle d\u2019\u00eatre grand-m\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb Elle attend que sa m\u00e8re l\u00e2che le contr\u00f4le et montre ses affects. A travers sa grossesse et le changement de statut g\u00e9n\u00e9rationnel Marie interpelle sa m\u00e8re sur la fonction maternelle d\u2019abord, puis grand-maternelle. Elle sera soutenue par son fr\u00e8re, qui devient parent dans la foul\u00e9e et partage ses attentes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs parents. Les revendications sont intenses lors des s\u00e9ances apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Hugo et d\u2019Emma. En contre point, la s\u0153ur cadette s\u2019enfonce \u00e0 nouveau dans les TCA et l\u2019inhibition intellectuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pouvons faire l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 des ain\u00e9s participe peut-\u00eatre \u00e0 la recrudescence symptomatique chez la petite s\u0153ur, qui a entre autre, pour fonction de permettre aux parents de rester de jeunes parents plut\u00f4t que des grands-parents. C\u2019est \u00e0 cette intersection entre la fonction parentale et la fonction grand-parentale que s\u2019expriment toutes les attaques de Marie envers sa m\u00e8re. Le sens de cette fonction est de restaurer le sentiment de comp\u00e9tence parentale chez les parents. Au travers de cette r\u00e9p\u00e9tition des avatars de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 de Marie et de sa m\u00e8re, qu\u2019en est-il de la r\u00e9sonance avec l\u2019histoire transg\u00e9n\u00e9rationnelle et la constitution du couple parental&nbsp;? L\u2019histoire de la m\u00e8re, Blandine, est tiss\u00e9e de rejets et de comportements maternels incompr\u00e9hensibles favorisant une certaine m\u00e9fiance. Sa m\u00e8re lui aurait dit \u00ab&nbsp;tu m\u2019as d\u00e9\u00e7ue, je pensais que tu ferais de grandes choses mais tu as des enfants&nbsp;\u00bb. Par cette d\u00e9claration, la grand-m\u00e8re, de sa place de m\u00e8re, disqualifie la maternit\u00e9 de sa fille tout comme la sienne.. Les parents de Blandine sont en conflit permanent pendant son enfance. Les premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e avec sa s\u0153ur cadette par sa grand-m\u00e8re paternelle. Elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s proche de cette s\u0153ur (17 mois de diff\u00e9rence) qu\u2019elle prot\u00e8ge de la violence maternelle impr\u00e9visible&nbsp;; \u00e0 l\u2019adolescence elles sont chacune envoy\u00e9es dans un internat diff\u00e9rent alors que le petit fr\u00e8re reste avec les parents. Lorsque les parents se s\u00e9parent, elle a 19 ans et connait d\u00e9j\u00e0 son mari. De ce moment elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est la d\u00e9sint\u00e9gration familiale qui m\u2019a touch\u00e9e plus que la s\u00e9paration de mes parents&nbsp;\u00bb, d\u00e9sint\u00e9gration qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre lorsqu\u2019elle \u00e9tait adolescente et envoy\u00e9e en internat, qui lui a fait perdre la relation quasi g\u00e9mellaire avec sa s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e2ge de 14 ans le p\u00e8re, Jean-Paul, est \u00e9galement plac\u00e9 en internat&nbsp;; il rentrait le week-end dans une grande maison vide, ses parents ayant d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 avec ses s\u0153urs cadettes pour se rapprocher des soins \u00e0 son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 schizophr\u00e8ne. L\u2019abandon des parents va jusqu\u2019\u00e0 ne pas assister au mariage de leur fils avec Blandine, sous couvert d\u2019un d\u00e9saccord envers cette union. La cons\u00e9quence en est une rupture entre Jean-Paul et ses parents pendant de longues ann\u00e9es. Il essaye de renouer \u00e0 l\u2019arrive de Marie, 1<sup>er<\/sup> enfant mais les grands-parents paternels refusent de la voir&nbsp;; et c\u2019est seulement la naissance de Benoit, h\u00e9ritier du patronyme, qui suscite la reprise des relations&nbsp;! Le sentiment d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 unit les parents d\u00e8s leur premi\u00e8re rencontre. L\u2019alliance du couple est fond\u00e9e sur l\u2019exclusion et l\u2019abandon&nbsp;; c\u2019est comme une alliance fraternelle, mais d\u2019une fratrie seule au monde qui va constituer une famille dans l\u2019illusion d\u2019un lien ind\u00e9fectible, qui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;il n\u2019y aura plus d\u2019abandon&nbsp;\u00bb. De cette illusion, Marie et Beno\u00eet en vivent les effets paradoxaux dans des affects de solitude et d\u2019isolement. Ils ont tous deux le sentiment d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s, officiellement, au moment o\u00f9 ils quittent le foyer familial, mais en fait au moment de la naissance de leur s\u0153ur Chlo\u00e9. Moment concomitant avec un d\u00e9m\u00e9nagement et une p\u00e9riode d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 professionnelle pour les parents o\u00f9 la famille s\u2019est retrouv\u00e9e enferm\u00e9e sur elle-m\u00eame. Ce sentiment d\u2019abandon, que les parents ne parviennent pas \u00e0 reconna\u00eetre chez leurs a\u00een\u00e9s, met \u00e0 mal le mythe r\u00e9parateur du couple&nbsp;: une famille unie et rassembl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les ain\u00e9s sollicitent les parents dans leur place verticale dans l\u2019ordre de la filiation en leur demandant par exemple de leur dire comment ils doivent r\u00e9agir quand Chlo\u00e9 quitte la table en raison d\u2019une crise de boulimie&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est vous les parents&nbsp;\u00bb. Par cette m\u00eame demande, ils soulignent le d\u00e9faut de relations fraternelles. Le sympt\u00f4me enferme et rigidifie les places de chacun et tend \u00e0 effacer la diff\u00e9rence de g\u00e9n\u00e9rations. Les ain\u00e9s envient la tol\u00e9rance infinie dont les parents font preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur s\u0153ur. Benoit se souvient qu\u2019il revenait \u00e0 la maison le week-end lorsqu\u2019il \u00e9tait \u00e9tudiant et que sa m\u00e8re n\u2019avait rien pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 manger, les placards \u00e9taient vides. La m\u00e8re explique que c\u2019\u00e9tait en raison des crises de boulimie de Marie, mais qu\u2019un jour Benoit lui aurait dit \u00ab&nbsp;ce n\u2019est pas \u00e7a une m\u00e8re&nbsp;\u00bb. C\u2019est en s\u00e9ance, \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de cette parole, que Blandine est affect\u00e9e&nbsp;; \u00e0 cette \u00e9poque elle n\u2019a pas pr\u00eat\u00e9 attention \u00e0 cette remarque de son fils, trop occup\u00e9e par la petite et par la maladie de Marie&nbsp;; elle avaitl\u2019impression que Benoit se d\u00e9brouillait\u2026 il annonce aujourd\u2019hui qu\u2019il \u00e9tait extr\u00eamement d\u00e9prim\u00e9 et isol\u00e9, et prenait des toxiques. Marie dit que ses parents g\u00e8rent la famille comme une entreprise, dans le contr\u00f4le, \u00e7a n\u2019aide pas \u00e0 \u00e9changer sur les affects. Les \u00e9changes autour de la question de la nourriture viennent en lieu et place des affects. Les enfants ont un accord, pour dire que leur m\u00e8re est toujours stress\u00e9e par la nourriture et qu\u2019en m\u00eame temps elle ne peut les rassembler pour partager des moments autrement&nbsp;: \u00ab&nbsp;la bouffe c\u2019est le truc de maman pour \u00eatre ensemble, on ne peut rien faire d\u2019autre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du travail th\u00e9rapeutique, les enfants exprimeront peu \u00e0 peu des affects qui vont susciter des conflits intenses entre eux, les ain\u00e9s contre la cadette et r\u00e9ciproquement. Les sentiments d\u2019abandon et de rejet, la col\u00e8re, l\u2019envie, le ressentiment, la jalousie, se d\u00e9ploient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la fratrie jusqu\u2019\u00e0 un No\u00ebl, o\u00f9 Chlo\u00e9 n\u2019apportera pas de cadeau au petit Hugo. Marie se sent profond\u00e9ment bless\u00e9e et soutient que les parents n\u2019ont jamais rien fait pour aider leurs enfants dans ces relations fraternelles douloureuses. Elle attend que les parents fassent tiers entre eux. La r\u00e9ponse est \u00ab&nbsp;d\u00e9brouillez-vous sans nous&nbsp;\u00bb&nbsp;: le p\u00e8re pense que les enfants doivent r\u00e9soudre les probl\u00e8mes entre eux et qu\u2019il n\u2019a pas \u00e0 intervenir, la m\u00e8re r\u00e9pond qu\u2019elle doit prot\u00e9ger la plus jeune parce qu\u2019elle est malade, comme si elle \u00e9tait encore petite. A partir de ce moment-l\u00e0, la crise est majeure entre les ain\u00e9s et le trio parents\/Chlo\u00e9. Chlo\u00e9 refuse de venir \u00e0 la th\u00e9rapie familiale, les parents disent que \u00e7a ne sert \u00e0 rien de leur r\u00e9p\u00e9ter leurs erreurs pass\u00e9es et qu\u2019ils ne peuvent rien faire pour les ain\u00e9s. Devant l\u2019attaque du cadre, nous le modifions&nbsp;: la fratrie Benoit\/Marie sera re\u00e7ue seule une fois&nbsp;; ils expriment alors leur d\u00e9ception \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs parents avec qui les relations sont rompues. Ils craignent de transmettre ce mod\u00e8le parental malgr\u00e9 eux&nbsp;: l\u2019abandon, le rejet et la dislocation des liens.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous proposons \u00e0 la suite de cette s\u00e9ance, des s\u00e9ances scind\u00e9es, recevant les parents avec les ain\u00e9s d\u2019une part, et les parents avec Chlo\u00e9 d\u2019autre part pour quelque temps. Marie, \u00e0 cette p\u00e9riode, attend un deuxi\u00e8me enfant qui va naitre avant la fin de la th\u00e9rapie familiale. Dans ce nouveau dispositif, tous reconnaitront leur d\u00e9sir d\u2019am\u00e9lioration des relations, leur souhait d\u2019une plus grande proximit\u00e9 et leur peur de blesser ou d\u2019\u00eatre bless\u00e9. La m\u00e8re va pouvoir revenir sur sa grossesse avec Chlo\u00e9, elle reconna\u00eet qu\u2019elle n\u2019avait pas anticip\u00e9 la gestion de deux \u00e2ges si diff\u00e9rents, des adolescents et un tout petit&nbsp;; elle n\u2019a jamais r\u00e9ussi, finalement, elle a le sentiment d\u2019un ratage. Dans une s\u00e9ance avec Chlo\u00e9, elle explicite les raisons de ce grand \u00e9cart d\u2019\u00e2ge&nbsp;: une fausse couche et des probl\u00e8mes de sant\u00e9. Chlo\u00e9 lors de cette s\u00e9ance, surprise par ces r\u00e9v\u00e9lations, rajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;et une s\u00e9paration&nbsp;!&nbsp;\u00bb Les parents se sont effectivement s\u00e9par\u00e9s presqu\u2019un an lorsque Marie et Benoit avaient respectivement 10 et 8 ans. Cette s\u00e9paration met \u00e0 mal le mythe de l\u2019unit\u00e9 familiale et augmente le sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et d\u2019abandon. Ce dispositif scind\u00e9 a eu lieu pendant un an, le temps pour Marie d\u2019accoucher de son deuxi\u00e8me enfant et que tous soient d\u2019accord pour se r\u00e9unir \u00e0 nouveau pour une derni\u00e8re s\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<p>Une derni\u00e8re s\u00e9ance r\u00e9unit donc toute la famille&nbsp;; les ain\u00e9s ont renou\u00e9 avec les parents. La m\u00e8re croit avoir compris ce qui clochait&nbsp;: la jalousie dans la fratrie. Elle n\u2019est pas certaine que c\u2019est bien d\u2019arr\u00eater mais les s\u00e9ances la mettent trop mal, ce n\u2019est pas encore assez pacifi\u00e9. Elle trouve plus facile d\u2019\u00eatre grand-m\u00e8re maintenant. De sa place, elle voit des choses qu\u2019elle ne voyait pas comme m\u00e8re&nbsp;: par exemple, la souffrance d\u2019Hugo depuis la naissance de son fr\u00e8re. Le p\u00e8re souligne l\u2019am\u00e9lioration des relations avec les ain\u00e9s, qui sont plus proches. Chlo\u00e9 a le sentiment que la th\u00e9rapie familiale a surtout aid\u00e9 les relations de sa s\u0153ur Marie avec les parents&nbsp;; elle pense aussi maintenant qu\u2019on peut s\u2019accommoder de ne pas \u00eatre proche de ses fr\u00e8res et s\u0153urs. Beno\u00eet reconnait l\u2019\u00e9volution des relations et est surtout content du rapprochement avec son p\u00e8re. Marie partage le constat g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une \u00e9volution, elle a compris quelque chose depuis qu\u2019elle est m\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;je croyais qu\u2019on faisait des enfants \u00e0 deux mais en fait on est 30, il y a toutes les familles d\u2019avant&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Elle dit \u00ab&nbsp;plus j\u2019avance dans mon r\u00f4le de parent, plus je comprends mes parents&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Le processus de l\u2019\u00e9volution d\u2019une famille rencontre au cours de son cycle vital certains moments qui fragilisent le groupe et sont porteurs de transformations des relations. Par exemple l\u2019adolescence. C\u2019est par la reconnaissance de sa position dans l\u2019ordre des g\u00e9n\u00e9rations que l\u2019adolescent grandit et peut se s\u00e9parer. En allant voir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du groupe familial, c\u2019est-\u00e0-dire en d\u00e9sirant au dehors il interroge d\u2019o\u00f9 il vient. Ce temps de l\u2019adolescence exige que les parents r\u00e9examinent leur propre place dans l\u2019ordre des g\u00e9n\u00e9rations, afin de permettre la succession g\u00e9n\u00e9rationnelle. Le passage \u00e0 la parentalit\u00e9 des jeunes adultes est un autre moment mutatif, comme nous avons pu le voir dans cette situation clinique. Ce passage \u00e0 la parentalit\u00e9, le plus souvent, succ\u00e8de de pr\u00e8s \u00e0 l\u2019adolescence et exige autant de souplesse relationnelle de tous face aux changements. Ce moment de transformation du groupe familial confronte les parents \u00e0 la reviviscence de leurs exp\u00e9riences pass\u00e9es. Le groupe familial est un groupe aux enjeux paradoxaux, dont l\u2019\u00e9quilibre instable tient \u00e0 la possibilit\u00e9 de distinguer et d\u2019articuler les diff\u00e9rents types de liens qui le composent&nbsp;: alliance, filiation et fraternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du traitement du groupe familial, il s\u2019agit de questionner et d\u2019\u00e9laborer, entre autres, ce qui concerne la transmission verticale, ce qui est de l\u2018ordre de la filiation et de la contrainte qu\u2019elle imprime \u00e0 chaque membre de la famille. Contrainte qui peut enfermer dans un destin par la r\u00e9p\u00e9tition et qui en m\u00eame temps donne forme \u00e0 l\u2019identit\u00e9 familiale et \u00e0 chaque sujet issu de cette famille. Robert Neuburger \u00e9crit dans son ouvrage <em>Le mythe familial<\/em> que \u00ab&nbsp;Le <em>fatum<\/em> est une maladie pour le sujet parce qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 son autonomie et c\u2019est un traitement pour les groupes familiaux parce qu\u2019il soutient leur identit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre situation clinique, ce passage semble r\u00e9p\u00e9ter un v\u00e9cu d\u2019angoisse et d\u2019abandon pour la g\u00e9n\u00e9ration des parents&nbsp;: des grands-parents aux enfants. Dans ce processus th\u00e9rapeutique la m\u00e8re, \u00e0 l\u2019intersection des g\u00e9n\u00e9rations, Blandine a r\u00e9ussi \u00e0 accepter le changement g\u00e9n\u00e9rationnel et \u00e0 occuper pour ses a\u00een\u00e9s une place grand-parentale, que le jeune \u00e2ge de la s\u0153ur cadette entravait. D\u2019autre part la jeune m\u00e8re, Marie exp\u00e9rimentant la position parentale, revisite ses revendications d\u2019enfant. Elle est accompagn\u00e9e par son fr\u00e8re dans ce processus, puisqu\u2019il devient p\u00e8re au m\u00eame moment. La s\u0153ur cadette, en admettant qu\u2019il n\u2019y a pas de contrainte \u00e0 \u00eatre proche de ses fr\u00e8res et s\u0153urs, s\u2019oppose au mythe de l\u2019unit\u00e9 familiale&nbsp;; la question de la maternit\u00e9 de Chlo\u00e9 reste enti\u00e8re, quelle m\u00e8re sera-t-elle&nbsp;?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10338?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Un des int\u00e9r\u00eats de la th\u00e9rapie familiale est d\u2019avoir acc\u00e8s aux fratries et donc \u00e0 des attentes diff\u00e9rentes de chaque enfant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses parents ainsi qu\u2019\u00e0 des perceptions et repr\u00e9sentations singuli\u00e8res de leur p\u00e8re et de leur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1215,1245],"thematique":[463,464],"auteur":[1409,1410],"dossier":[466],"mode":[61],"revue":[513],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10338","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychopathologie","rubrique-soin","thematique-maternite","thematique-tca","auteur-irene-kaganski","auteur-zorica-jeremic","dossier-troubles-des-comportements-alimentaires-le-defis-de-la-maternite","mode-gratuit","revue-513","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10338"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13809,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10338\/revisions\/13809"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10338"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10338"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10338"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10338"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10338"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10338"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10338"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}