{"id":10314,"date":"2021-08-22T07:31:47","date_gmt":"2021-08-22T05:31:47","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/bernard-bensidoun-le-sentiment-continu-dexister-a-lepreuve-de-ladolescence-2\/"},"modified":"2021-08-22T07:31:47","modified_gmt":"2021-08-22T05:31:47","slug":"bernard-bensidoun-le-sentiment-continu-dexister-a-lepreuve-de-ladolescence","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/bernard-bensidoun-le-sentiment-continu-dexister-a-lepreuve-de-ladolescence\/","title":{"rendered":"Bernard Bensidoun : Le sentiment continu d\u2019exister \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de l\u2019adolescence"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:justify\"><strong>Conf&eacute;rence de Bernard Bensidoun : <em>Le sentiment continu d&rsquo;exister &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve de l&rsquo;adolescence<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">C&rsquo;est &agrave; un voyage dans le temps que nous a convi&eacute;s Bernard Bensidoun qui inaugurait la nouvelle saison du cycle 2020-2021 des Conf&eacute;rences d&rsquo;Introduction &agrave; la Psychanalyse organis&eacute;es par la SPP et rassemblant un large public fran&ccedil;ais et international gr&acirc;ce &agrave; zoom.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Dans une langue accessible, Bernard Bensidoun nous a rendu sensible le parcours du b&eacute;b&eacute; &agrave; l&rsquo;adolescence justifiant son titre : &laquo; <em>le sentiment continu d&rsquo;exister &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve de l&rsquo;adolescence <\/em>&raquo;. Il nous a d&rsquo;abord rappel&eacute; que c&rsquo;est par l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;absence de la m&egrave;re que l&rsquo;activit&eacute; repr&eacute;sentative du b&eacute;b&eacute; se met en route et que se constitue l&rsquo;objet. A l&rsquo;aide de ses auto-&eacute;rotismes et de l&rsquo;objet transitionnel, qui poss&egrave;de &agrave; la fois les qualit&eacute;s d&rsquo;&ecirc;tre objectivement per&ccedil;u et subjectivement con&ccedil;u, le petit humain se cr&eacute;e un monde interne &agrave; partir de l&rsquo;exp&eacute;rience de la perte et des retrouvailles, dans une succession d&rsquo;apr&egrave;s-coup qui constitue la trame narrative d&rsquo;une vie. La perte et la capacit&eacute; cr&eacute;ative de repr&eacute;sentation sont donc les conditions du sentiment continu d&rsquo;exister qui permettent de faire face aux grandes angoisses et &agrave; la finitude. L&rsquo;importance de la repr&eacute;sentation est telle qu&rsquo;elle d&eacute;passe la perception dans le sentiment continu d&rsquo;exister. Ce sentiment peut &ecirc;tre mis &agrave; mal par les transformations de la pubert&eacute; qui produisent parfois une d&eacute;chirure dans la trame des repr&eacute;sentations.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">L&rsquo;exemple d&rsquo;un patient adolescent &laquo; aquaboniste &raquo;, selon l&rsquo;expression de Serge Gainsbourg, a illustr&eacute; cette impasse d&rsquo;un impossible pr&eacute;sent et d&rsquo;un futur impensable. Pour cet adolescent comme pour un autre aquaboniste c&eacute;l&egrave;bre, le po&egrave;te du texte freudien de 1915, <em>Eph&eacute;m&egrave;re destin&eacute;e<\/em>, la vie ne valait pas la peine d&rsquo;&ecirc;tre v&eacute;cue. Seule comptait la r&eacute;alit&eacute; dans sa cruelle finitude, suscitant la r&eacute;volte ou le d&eacute;sespoir. Comme le po&egrave;te qui, anticipant d&eacute;j&agrave; l&rsquo;hiver, ne pouvait appr&eacute;cier la beaut&eacute; d&rsquo;un paysage d&rsquo;&eacute;t&eacute;, le patient d&eacute;crivait un douloureux d&eacute;go&ucirc;t du monde. H&eacute;ros de la passivit&eacute;, soumis &agrave; la r&eacute;alit&eacute;, il ne pouvait plus investir la vie de fa&ccedil;on cr&eacute;ative. Il nous faut investir cette vie co&ucirc;te que co&ucirc;te, telle qu&rsquo;elle est, m&ecirc;me si la lucidit&eacute; s&rsquo;approche de la m&eacute;lancolie s&rsquo;il en croit Freud dans <em>Deuil et m&eacute;lancolie<\/em> &eacute;galement &eacute;crit en 1915. L&rsquo;aquaboniste semble avoir perdu la capacit&eacute; de s&rsquo;illusionner, d&rsquo;investir le futur comme espace de projection de ses r&ecirc;ves, &agrave; la diff&eacute;rence des adolescents ordinaires d&eacute;crits par Freud dans <em>La psychologie du lyc&eacute;en,<\/em> petit texte empli de nostalgie &eacute;crit dans la m&ecirc;me p&eacute;riode.<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Comment supporter une vie promise &agrave; la finitude sans trop de m&eacute;canismes de d&eacute;fense tel que le d&eacute;ni, s&rsquo;interrogeait Bernard Bensidoun. Notamment pendant cette p&eacute;riode d&rsquo;adolescence qui confronte &agrave; une succession de deuils : celui du corps d&rsquo;enfant omnipotent remplac&eacute; par un corps qui contraint &agrave; des choix sexu&eacute;s, celui des figures parentales, passage obligatoire vers d&rsquo;autres objets. Bernard Bensidoun a illustr&eacute; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une cr&eacute;ativit&eacute; comme issue &agrave; l&rsquo;&eacute;cueil m&eacute;lancolique par quelques anecdotes de la vie de Donald Winnicott. Envoy&eacute; sur l&rsquo;initiative de son p&egrave;re &agrave; 13 ans en pension, le c&eacute;l&egrave;bre psychanalyste se souvient du trajet en train et de la travers&eacute;e d&rsquo;un tunnel : le chagrin de la perte de l&rsquo;environnement enfantin et maternel avant la travers&eacute;e, le plaisir de la d&eacute;couverte apr&egrave;s. Avec cette m&eacute;taphore du tunnel, riche d&rsquo;associations pour tout un chacun, s&rsquo;associent l&agrave; aussi un v&eacute;cu de perte et l&rsquo;investissement cr&eacute;atif d&rsquo;un futur. C&rsquo;est encore &agrave; partir d&rsquo;une exp&eacute;rience d&rsquo;adolescence que Winnicott comprend sa vocation de m&eacute;decin motiv&eacute;e par une peur de la d&eacute;pendance ressentie lors d&rsquo;une blessure de rugby. L&rsquo;investissement cr&eacute;atif de la pratique analytique comme traitement de l&rsquo;aquabonisme ou du sentiment de soumission &agrave; la r&eacute;alit&eacute; ext&eacute;rieure ?<br \/>\nCertains adolescents cherchent &agrave; &eacute;chapper &agrave; ce v&eacute;cu de perte, quitte &agrave; abandonner le contact avec une r&eacute;alit&eacute; v&eacute;cue comme mena&ccedil;ante, &agrave; l&rsquo;image de Peter Pan qui ne voulait vivre qu&rsquo;au pays du never never. D&rsquo;autres semblent s&rsquo;y plier sans contestation et renoncent &agrave; exister ou bien se soumettent &agrave; la cr&eacute;ativit&eacute; d&rsquo;une machine (les &eacute;crans) ou d&rsquo;un autre (l&rsquo;environnement pr&eacute;coce).<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">L&rsquo;enjeu de s&eacute;paration convoqu&eacute; par l&rsquo;adolescence engage la survie de l&rsquo;objet par rapport &agrave; la destructivit&eacute; : cr&eacute;er c&rsquo;est d&eacute;truire d&rsquo;abord comme l&rsquo;indique Winnicott dans son texte sur l&rsquo;utilisation de l&rsquo;objet. C&rsquo;est en survivant aux attaques que l&rsquo;objet acquiert un statut d&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute;. Comme les acteurs de l&rsquo;environnement pr&eacute;coce de l&rsquo;enfant, le th&eacute;rapeute doit survivre, rester vivant dans son activit&eacute; de pens&eacute;e face &agrave; la destructivit&eacute; de ses patients. Ce que Bernard Bensidoun a illustr&eacute; par le cas d&rsquo;un adolescent de 17 ans, immobilis&eacute; par une somatisation invalidante et pour qui la psychoth&eacute;rapie a permis l&rsquo;acquisition d&rsquo;une ext&eacute;riorit&eacute; par rapport &agrave; un environnement familial o&ugrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; &eacute;tait impossible tant il &eacute;tait dangereux de se s&eacute;parer. Pris dans une enveloppe familiale commune, que l&rsquo;adolescence avec son imp&eacute;ratif d&rsquo;exogamie n&rsquo;avait pas rompue, l&rsquo;adolescent restait l&rsquo;objet de ses parents. Pour Bernard Bensidoun, &eacute;duquer serait laisser d&eacute;velopper l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; de l&rsquo;enfant et cela d&egrave;s la naissance. A l&rsquo;image du sommeil qui nous fait perdre l&rsquo;objet per&ccedil;u pour le retrouver dans le monde des repr&eacute;sentations, le psychisme est bien cette premi&egrave;re terre d&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; !<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">Ce n&rsquo;est pas un hasard si, apr&egrave;s la conf&eacute;rence de Bernard Bensidoun, les questions pos&eacute;es ont conduit &agrave; &eacute;voquer la notion de censure de l&rsquo;amante, censure qui en mettant l&rsquo;enfant en contact avec la limite de la vie fantasmatique de sa m&egrave;re l&rsquo;am&egrave;ne &agrave; se tourner vers sa propre int&eacute;riorit&eacute;. Le temps d&rsquo;une soir&eacute;e, Bernard Bensidoun nous a fait partager la capacit&eacute; humaine d&rsquo;investir le monde des repr&eacute;sentations laissant de c&ocirc;t&eacute; pour un temps une r&eacute;alit&eacute; p&eacute;nible !<\/p>\n<p style=\"text-align:justify\"><strong><em>Caroline Lebrun<br \/>\nPsychologue, Psychanalyste<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:justify\">&nbsp;<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10314?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conf&eacute;rence de Bernard Bensidoun : Le sentiment continu d&rsquo;exister &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve de l&rsquo;adolescence C&rsquo;est &agrave; un voyage dans le temps que nous a convi&eacute;s Bernard Bensidoun qui inaugurait la nouvelle saison du cycle 2020-2021 des Conf&eacute;rences d&rsquo;Introduction &agrave; la Psychanalyse&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1525],"thematique":[],"auteur":[1613],"dossier":[],"mode":[61],"revue":[494],"type_article":[451],"check":[],"class_list":["post-10314","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-introduction-a-la-psychanalyse","auteur-caroline-lebrun","mode-gratuit","revue-494","type_article-articles"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10314","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10314"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10314\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10314"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10314"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10314"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10314"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10314"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10314"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10314"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10314"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10314"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}