{"id":10311,"date":"2021-08-22T07:31:44","date_gmt":"2021-08-22T05:31:44","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/sapere-aude-oser-penser-avec-rene-roussillon-temoignages-a-propos-du-seminaire-de-recherche-des-doctorants-2\/"},"modified":"2021-09-19T16:01:28","modified_gmt":"2021-09-19T14:01:28","slug":"sapere-aude-oser-penser-avec-rene-roussillon-temoignages-a-propos-du-seminaire-de-recherche-des-doctorants","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/sapere-aude-oser-penser-avec-rene-roussillon-temoignages-a-propos-du-seminaire-de-recherche-des-doctorants\/","title":{"rendered":"Sapere aude ! Oser penser avec Ren\u00e9 Roussillon. T\u00e9moignages \u00e0 propos du s\u00e9minaire de recherche des doctorants."},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bernard Duplan, doctorant Lyon 2<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le contexte de ce colloque aux intervenants si polyglottes, j\u2019ai souhait\u00e9 intituler cet hommage \u00ab&nbsp;<em>Gesell und Meister<\/em>&nbsp;\u00bb, signifiant en allemand \u00ab&nbsp;ma\u00eetre et compagnon&nbsp;\u00bb. Vous me donnez l\u2019immense honneur de venir \u00e9voquer ici devant cette assembl\u00e9e si reconnaissante \u00e0 votre \u00e9gard une facette peut \u00eatre moins connue de vos activit\u00e9s universitaires, et pourtant non des moindres&nbsp;: votre s\u00e9minaire de recherche, que vous animez depuis maintenant plus de vingt-cinq ans, pendant lesquels vous avez accueilli des dizaines de psychologues dans le cadre de leur Master puis de leur Doctorat en psychopathologie clinique, et avec qui vous avez partag\u00e9 le m\u00eame d\u00e9sir de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais en quoi votre s\u00e9minaire fonctionne t-il comme un attracteur, pour reprendre l\u2019une de vos expressions favorites&nbsp;? Je ne reviendrai pas ici \u00e0 l\u2019essence m\u00eame de l\u2019originalit\u00e9 et \u00e0 la richesse de vos travaux que vous nous avez transmises dans ce cadre de recherche. Je souhaiterais plut\u00f4t t\u00e9moigner, dans ce lieu et ce moment privil\u00e9gi\u00e9, de vos modalit\u00e9s de transmission de cette originalit\u00e9 et de cette richesse. T\u00e9moigner des conditions de compagnonnage aupr\u00e8s de vous, en mon nom propre, mais aussi au nom de mes compagnons de recherche de votre s\u00e9minaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour paraphraser Georges Perec, \u00e9voquant son analyse avec Pontalis, il me serait possible de dire&nbsp;: il n\u2019y a pas eu un avant et un apr\u00e8s&nbsp;; il y a un pr\u00e9sent de votre s\u00e9minaire, un ici et maintenant qui a commenc\u00e9, qui a dur\u00e9, qui est en train de s\u2019achever pour chacun de vos doctorants successifs. Je pourrais tout aussi bien dire un temps de fr\u00e9quentation de votre s\u00e9minaire qui a mis des ann\u00e9es \u00e0 commencer, ou qui s\u2019est achev\u00e9 pendant des ann\u00e9es. Il n\u2019y a eu ni d\u00e9but ni fin. Bien avant la premi\u00e8re s\u00e9ance, ce s\u00e9minaire avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 pour chacun d\u2019entre nous, ne serait-ce que par la maturation de la d\u00e9cision de venir penser et travailler avec vous, chez vous. Car il s\u2019agit bien de venir travailler chez vous. Participer \u00e0 votre s\u00e9minaire, c\u2019est tout d\u2019abord une invitation \u00e0 \u00eatre admis une fois par mois dans votre int\u00e9rieur, dans l\u2019int\u00e9rieur de votre cabinet de psychanalyste, dans la biblioth\u00e8que attenante \u00e0 la pi\u00e8ce o\u00f9 vous accueillez au quotidien sur votre divan d\u2019autres souffrances que celles de ces psychologues en mal de sublimation, aux prises avec leur clinique ou bien avec leurs pulsions \u00e9pist\u00e9mophiliques&nbsp;? Cet accueil dans votre propre cabinet durant des ann\u00e9es s\u2019est poursuivi dans des lieux institutionnels aussi symboliques que l\u2019ORSPERE \u00e0 l\u2019h\u00f4pital du Vinatier ou \u00e0 l\u2019ITTAC de Villeurbanne, lieux de pratique et de soins o\u00f9 sont accueillies pendant la journ\u00e9e des personnes en situation de grande souffrance et de pr\u00e9carit\u00e9. Comment comprendre cette proximit\u00e9 entre lieu de recherche et lieux de pr\u00e9occupation de la souffrance humaine&nbsp;? Je retrouve ici votre pr\u00e9occupation de ne pouvoir penser, de ne th\u00e9oriser qu\u2019\u00e0 partir de la r\u00e9alit\u00e9 clinique actuelle. Celle-ci est ancr\u00e9e pour chacun de vos doctorants dans une pratique \u00e9prouv\u00e9e et souvent \u00e9prouvante, institutionnelle ou lib\u00e9rale, aupr\u00e8s de sujets souffrant des innombrables modalit\u00e9s de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 physique, psychique, sociale que la vie leur a r\u00e9serv\u00e9e. Ce th\u00e8me vous est cher. Il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9, car il est transversal dans tous les travaux que vous avez accept\u00e9 d\u2019accompagner. Mais quand je parle d\u2019une invitation \u00e0 \u00eatre admis dans votre int\u00e9rieur, il s\u2019agit en m\u00eame temps d\u2019une invitation \u00e0 \u00eatre accueilli dans l\u2019int\u00e9rieur de votre pens\u00e9e, dans un int\u00e9r\u00eat, un plaisir et une assiduit\u00e9 partag\u00e9s. Les liens entre s\u00e9minaire et sacerdoce ne seraient-ils pas loin&nbsp;? J\u2019ai plut\u00f4t en t\u00eate \u00e0 ce propos un soir d\u2019hiver o\u00f9, ne pouvant sans doute me d\u00e9faire de mes pr\u00e9occupations de m\u00e9decin, je m\u2019inqui\u00e9tais de votre \u00e9tat grippal&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il en faudrait bien plus pour m\u2019emp\u00eacher de venir penser avec vous&nbsp;\u00bb, m\u2019aviez vous r\u00e9pondu d\u2019un ton ferme. J\u2019\u00e9tais rassur\u00e9, votre pens\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas gripp\u00e9e&nbsp;!&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun de vos s\u00e9minaires d\u00e9bute par un accueil toujours bien temp\u00e9r\u00e9, avec quelques informations sur la vie universitaire du moment, les congr\u00e8s et colloques \u00e0 venir. Le travail est alors lanc\u00e9 pour trois heures que l\u2019on ne voit pas passer. Votre \u00e9coute reste un long moment silencieuse, aussi pr\u00e9occup\u00e9e que bienveillante \u00e0 l\u2019\u00e9gard du doctorant qui pr\u00e9sente \u00e0 ce dispositif groupal l\u2019avancement de sa recherche, \u00e0 des stades variables de son \u00e9laboration, \u00e0 des degr\u00e9s divers de sa perplexit\u00e9, avant que vous ne l\u2019interrompiez par&nbsp;: \u00ab&nbsp;un petit d\u00e9tail si vous le voulez bien&nbsp;\u00bb. Cette c\u00e9sure marque alors le d\u00e9but de vos remarques, reprises et relances \u00e9pist\u00e9mologiques, dans une incitation \u00e0 ouvrir le jeu du savoir, du oser savoir, du oser penser ce savoir, dans une ouverture \u00e9pist\u00e9mologique apparemment infinie, au del\u00e0 des enfermements conceptuels taxonomiques et en vous d\u00e9marquant des querelles entre chapelles psychanalytiques. Je souhaite vous dire \u00e0 pr\u00e9sent que, venant du monde m\u00e9dical, je vous ai toujours consid\u00e9r\u00e9 durant ces ann\u00e9es de recherche avec les patients douloureux chroniques, \u00e0 la fois comme un psychanalyste g\u00e9n\u00e9raliste, tel que vous vous d\u00e9finissez, mais aussi comme un analyste pr\u00e9occup\u00e9 par la question du corps, du corps en mouvement, dans une pr\u00e9occupation de sa dynamique \u00e0 la fois interne et externe et dans ses interactions sociales. Je vous exprime ici ma profonde gratitude de m\u2019avoir guid\u00e9 dans ces r\u00e9gions pour moi inconnues de la pens\u00e9e, mais aussi au nom des nombreux patients dont vous m\u2019avez aid\u00e9 \u00e0 penser la souffrance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Claudia Infurchia, docteur Lyon 2<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est la pens\u00e9e winnicottienne qui me guide pour vous dire comment j\u2019ai ressenti votre direction doctorale. A mon sens votre mani\u00e8re d\u2019accompagner vos doctorants est li\u00e9e \u00e0 une attention importante accord\u00e9e aux processus de pens\u00e9e de chacun d\u2019entre eux. Toute forme de pens\u00e9e est accueillie par vous qu\u2019elle se pr\u00e9sente au travers d\u2019un maniement ais\u00e9 de la parole ou qu\u2019elle se pr\u00e9sente sous des modalit\u00e9s plus infiltr\u00e9es d\u2019observation et d\u2019impressions non n\u00e9cessairement port\u00e9es par un langage tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9. Ainsi m\u2019est-il revenu en m\u00e9moire ce propos de Winnicott concernant ses propres modalit\u00e9s d\u2019\u00e9coute. Il \u00e9crit en substance qu\u2019un th\u00e9rapeute ne doit pas se h\u00e2ter de donner un sens \u00e0 ce qui de l\u2019autre se pr\u00e9sente de mani\u00e8re inorganis\u00e9e, car ce proc\u00e9d\u00e9 viendrait interrompre une \u00e9laboration en cours et n\u2019aboutirait qu\u2019\u00e0 une construction d\u00e9fensive. Pour lui, accueillir l\u2019expressivit\u00e9 d\u2019un patient relevait d\u2019un soutien \u00e0 l\u2019organisation de sa pens\u00e9e dans le respect de sa temporalit\u00e9 propre<sup>1<\/sup>. Cette modalit\u00e9 est au c\u0153ur de votre direction. Une capacit\u00e9 en certaines situations, \u00e0 reprendre avec nous, nos embryons de pens\u00e9es, et vous de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 partir de votre cadre interne psychanalytique, sur la base de nos mat\u00e9riaux, \u00e0 comment construire un objet qui soit bien le reflet de notre propre production.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans nul doute ma th\u00e8se a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e par un psychanalyste. Point de for\u00e7age, mais des propositions, un accompagnement vers des chemins, o\u00f9, en certaines \u00e9tapes, un champ ind\u00e9fini s\u2019ouvre, mettant le doctorant et le directeur de th\u00e8se dans une situation o\u00f9 le savoir n\u2019est plus un objet pr\u00e9existant procurant des certitudes et de l\u2019assurance, mais un objet qui se forme et se transforme au fil d\u2019avanc\u00e9es mouvantes et \u00e9prouvantes. Ainsi, concernant l\u2019expos\u00e9 clinique de mes situations, et face \u00e0 mon d\u00e9sarroi occasionn\u00e9 par ces enfants si particuliers que sont les enfants IMC, vous avez renonc\u00e9 \u00e0 vos interpr\u00e9tations psychanalytiques. Vous aviez compris avant moi que je me heurtais \u00e0 une limite \u00e9pist\u00e9mologique provoquant un arr\u00eat dans mon d\u00e9sir de recherche concernant les apprentissages chez ces enfants. Vous avez accept\u00e9, vous le psychiste, qu\u2019une doctorante de votre s\u00e9minaire mette momentan\u00e9ment la psychanalyse entre parenth\u00e8ses pour se tourner vers un objet aussi \u00e9tranger \u00e0 la psychanalyse qu\u2019est le fonctionnement c\u00e9r\u00e9bral. Le <em>Sapere aude<\/em> (Ose savoir) d\u2019Horace, illustration du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res selon Kant, nous r\u00e9unit ce jour, B. Duplan, A. Pichon, J. Jung et moi-m\u00eame, pour t\u00e9moigner comment votre audace de pens\u00e9e a suscit\u00e9 la n\u00f4tre en retour. Ce fut pour moi, celle de cr\u00e9er des correspondances entre neuro-sciences et psychanalyse. L\u2019une des plus attractives de ces correspondances est celle issue de l\u2019exp\u00e9rience clinique de Freud, l\u2019appareil psychique fonctionne sur<sup>2<\/sup>. Cette activit\u00e9 est op\u00e9rante \u00ab&nbsp;avant m\u00eame le langage&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;peut susciter (\u2026) des capacit\u00e9s \u201cpr\u00e9m\u00e9taphoriques\u201d&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des aptitudes analogiques reposant sur l\u2019associativit\u00e9. Ces aptitudes sont ensuite, par le fait du d\u00e9veloppement, traduites dans le langage. Le \u00ab&nbsp;s\u00e9lectionnisme&nbsp;\u00bb, syst\u00e8me op\u00e9rant duquel proc\u00e8de l\u2019associativit\u00e9, est pour G. Edelman la base m\u00eame de la cr\u00e9ativit\u00e9. La logique viendrait mod\u00e9rer les produits issus de cette dynamique<sup>3<\/sup>. Je ne peux que saluer au passage, le dynamisme de votre cr\u00e9ativit\u00e9, suscitant en retour celle de vos doctorants, et en tant que clinicienne, aller bien s\u00fbr dans le sens de la mise en place de tout dispositif venant favoriser et soutenir les syst\u00e8mes propres au fonctionnement de l\u2019existence humaine, c\u2019est-\u00e0-dire, permettant au sujet de mettre en repr\u00e9sentation, de symboliser, par \u0153uvre cr\u00e9atrice, son histoire, afin que cette histoire puisse continuer de s\u2019\u00e9prouver, se parler et se partager avec un autre, des autres. Mon travail de th\u00e8se mettant en perspective un jeu possible de correspondances entre neuro-sciences et psychanalyse, m\u2019a permis de d\u00e9couvrir que fonctionnement c\u00e9r\u00e9bral et fonctionnement psychique peuvent se d\u00e9cliner l\u2019un et l\u2019autre au travers de l\u2019\u00e9tude de la formation de la conscience dont l\u2019origine est la perception au contact de l\u2019environnement. Il n\u2019y a pas, \u00e0 proprement parler, de th\u00e9orie de l\u2019objet dans les neurosciences, mais il suffit d\u2019appr\u00e9cier la teneur de certains propos dans cette \u00e9pist\u00e9mologie, pour se rendre compte de l\u2019importance qui lui est accord\u00e9e. Ainsi, A. Prochiantz, \u00e9crit que de fait, l\u2019homme situ\u00e9 dans le creuset des interactions, \u00e9chappe \u00e0 la nature, \u00e9chappe au d\u00e9terminisme g\u00e9n\u00e9tique, il est \u00ab&nbsp;anature&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>. Des processus \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques sont en cours tout au long de l\u2019existence, certains \u00ab&nbsp;g\u00e8nes de d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb ne produisent pas une fixit\u00e9 irr\u00e9m\u00e9diable des conduites humaines, mais au contraire, une transformation, une expression autres dans le jeu des interactions entre cerveau et environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>Cher M. Roussillon, la qualit\u00e9 de votre r\u00e9flexivit\u00e9 m\u2019a soutenue dans ce travail associatif entre neuro-sciences et psychanalyse, je vous adresse mes remerciements pour m\u2019avoir entendue mais aussi pour m\u2019avoir donn\u00e9 de m\u2019entendre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La m\u00e9moire entre neurosciences et psychanalyse<\/em>, Er\u00e8s, 2014.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Johann Jung, docteur Lyon 2<\/h2>\n\n\n\n<p>Il est toujours tr\u00e8s difficile d\u2019expliciter comment la pens\u00e9e se construit, comment une th\u00e8se prend forme, et comment elle s\u2019\u00e9difie. Il y a l\u00e0 un point aveugle, une \u00e9nigme \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui anime en m\u00eame temps la d\u00e9marche de tout travail de recherche et qui renvoie \u00e0 la sc\u00e8ne de sa propre conception. Comme vous l\u2019avez souvent dit, on ne peut pas sauter par-dessus son ombre. Le processus de recherche produit ses propres limites, il ne peut \u00eatre transparent \u00e0 lui-m\u00eame, son origine est ind\u00e9cidable. Pour autant, parmi les nombreux axes sur lesquels une recherche s\u2019appuie, il en est un autour duquel il s\u2019organise&nbsp;: l\u2019exp\u00e9rience du s\u00e9minaire de recherche. Vous rappelez \u00e0 cet \u00e9gard qu\u2019une recherche est toujours une recherche entre deux recherches, que celle-ci s\u2019enracine dans le terreau fertile de celles qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, dans la filiation des auteurs qui ont apport\u00e9 leur pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice psychanalytique et m\u00e9tapsychologique, et qu\u2019elle ne prend sens v\u00e9ritablement que dans les prolongements qu\u2019elle rend possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans le cas du s\u00e9minaire de recherche de Ren\u00e9 Roussillon, il y a un autre aspect qui m\u2019appara\u00eet fondamental. L\u2019id\u00e9e que chaque recherche r\u00e9invente les fondements sur lesquels elle s\u2019appuie, s\u2019approprie les enjeux qui la d\u00e9terminent au c\u0153ur de son processus. Non pas pour s\u2019en affranchir et s\u2019en lib\u00e9rer, mais pour les transformer et en produire quelque chose de nouveau. Je me souviens \u00e0 ce propos de cette phrase que vous avez prononc\u00e9e au cours d\u2019un s\u00e9minaire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne vous contentez pas d\u2019\u00eatre des chercheurs, soyez des explorateurs&nbsp;!&nbsp;\u00bb En ce sens, le titre de notre intervention&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ose savoir ou ose penser&nbsp;!&nbsp;\u00bb, me para\u00eet \u00e9voquer avec force la philosophie du s\u00e9minaire. Cette exp\u00e9rience de la pens\u00e9e, je la qualifierais volontiers comme la capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9prendre de ses pr\u00e9suppos\u00e9s comme de ses attentes, mais aussi \u00e0 op\u00e9rer dans son mouvement m\u00eame, un pas de c\u00f4t\u00e9, un mouvement de recul, un mouvement r\u00e9flexif. J\u2019ai eu la chance de participer pendant des ann\u00e9es \u00e0 ce s\u00e9minaire, et j\u2019en garde aujourd\u2019hui le souvenir vivace d\u2019une aventure de pens\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 parfois radicale des terrains cliniques les plus arides. Le s\u00e9minaire prend ici tout son sens dans l\u2019id\u00e9e m\u00eame de semer des pens\u00e9es, de baliser des pistes, de tracer des chemins pour penser l\u2019impensable, pour arracher quelque chose \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9. Ce fut alors l\u2019occasion de suivre pas \u00e0 pas le d\u00e9ploiement de votre pens\u00e9e. Au fond, c\u2019est comme si le cadre m\u00eame du s\u00e9minaire disait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ici tout est bon \u00e0 penser, de la m\u00eame mani\u00e8re que tout est bon \u00e0 symboliser&nbsp;\u00bb. Ce qui semblait <em>a priori<\/em> impossible \u00e0 penser est remis sur le m\u00e9tier, constituant alors un enjeu essentiel de la recherche. Car c\u2019est l\u00e0, me semble-t-il, un des enseignements majeurs du s\u00e9minaire et probablement de toute recherche en clinique&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on pense \u00eatre perdu, confront\u00e9 \u00e0 un obstacle ou une impasse, il y a en r\u00e9alit\u00e9 mati\u00e8re \u00e0 penser quelque chose d\u2019essentiel qui en m\u00eame temps nous \u00e9chappe. On retrouve le m\u00eame cas de figure lorsque Freud d\u00e9couvre le transfert&nbsp;: ce qui se pr\u00e9sente au premier abord comme un obstacle \u00e0 l\u2019analyse devient ensuite la pierre angulaire de son processus, le moteur de sa d\u00e9marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes ici au plus pr\u00e8s d\u2019un mouvement auto-m\u00e9ta, lequel consiste \u00e0 se penser soi-m\u00eame en m\u00eame temps que l\u2019on pense l\u2019objet, \u00e0 se penser soi-m\u00eame dans l\u2019objet que l\u2019on cherche \u00e0 penser. Ce processus n\u2019est pas sans \u00e9voquer l\u2019\u00e9pisode de Pers\u00e9e face \u00e0 la Gorgone m\u00e9duse. On sait que Pers\u00e9e n\u2019affronte pas directement le regard p\u00e9trifiant de la Gorgone, il le d\u00e9couvre dans le reflet de son bouclier. On peut ajouter qu\u2019il se d\u00e9couvre lui-m\u00eame en train de le d\u00e9couvrir. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 est ici pond\u00e9r\u00e9e par le double, par l\u2019image de soi dans le bouclier-miroir.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, ce que d\u00e9veloppe Ren\u00e9 Roussillon autour de la notion de r\u00e9flexivit\u00e9 me semble particuli\u00e8rement illustrer la fa\u00e7on dont il parvient \u00e0 rendre appropriable ses pens\u00e9es, \u00e0 les transmettre en s\u2019ajustant au plus pr\u00e8s des situations rapport\u00e9es par les \u00e9tudiants. Je n\u2019ai jamais entendu des remarques du type&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vous faites fausse route, ce n\u2019est pas une bonne piste&nbsp;!&nbsp;\u00bb Je n\u2019ai pas non plus le souvenir que l\u2019un d\u2019entre nous soit reparti bredouille du s\u00e9minaire, m\u00eame si vous jouiez parfois les prolongations.<\/p>\n\n\n\n<p>En travaillant sur le double, j\u2019ai pu faire l\u2019exp\u00e9rience apr\u00e8s d\u2019autres combien le propre de cette probl\u00e9matique est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019\u00e9chapper encore et toujours. Il y a l\u00e0 un point de r\u00e9sistance \u00e9nigmatique qui n\u2019a cess\u00e9 de nourrir ma pens\u00e9e et que l\u2019axe de la transitionnalit\u00e9 m\u2019a permis d\u2019approcher. De fait, un des enjeux de la trajectoire de ma recherche, fut alors de m\u2019approprier vos travaux comme un objet-double d\u00e9truit\/trouv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A ce propos, il m\u2019arrive r\u00e9guli\u00e8rement, comme probablement \u00e0 beaucoup d\u2019entre vous dans cette assembl\u00e9e, de dialoguer et de d\u00e9battre int\u00e9rieurement avec Ren\u00e9 Roussillon. On pourrait proposer ici le concept de \u00ab&nbsp;Roussillon interne&nbsp;\u00bb&nbsp;! Objet dont je dois reconna\u00eetre qu\u2019il a fonctionn\u00e9 pour moi comme un double, un double dont les vertus transitionnelles, m\u2019ont permis de construire ma propre identit\u00e9 de chercheur. J\u2019associerais volontiers cet objet \u00e0 ce que l\u2019on peut d\u00e9signer avec Guy Lavall\u00e9e, comme un interlocuteur transitionnel de la pens\u00e9e. Il est alors cet autre \u00e0 qui je me parle et qui stimule en retour sa propre cr\u00e9ativit\u00e9, ou encore cette voix int\u00e9rieure qui murmure dans le silence de la pens\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ose y aller, ose penser&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le sujet et son double. La construction transitionnelle<\/em>, \u00e9ditions Dunod, \u00e0 para\u00eetre en mai 2015.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Adrien Pichon, doctorant Lyon 2<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous avons plac\u00e9 notre t\u00e9moignage sous le signe de l\u2019audace, <em>sapere aude<\/em>. Je voulais pour ma part \u00e9voquer l\u2019importance de la direction de recherche et du s\u00e9minaire du Pr. Roussillon sur la dimension clinique de ma pratique de chercheur. Ose savoir, donc. Mais aussi ose y aller pour savoir. Depuis plusieurs ann\u00e9es, vous avez orient\u00e9 une partie de vos travaux sur les cliniques de l\u2019extr\u00eame, toutes ces situations cliniques limites, aux limites de la clinique et qui confrontent souvent \u00e0 des paradoxes th\u00e9oriques et pratiques&nbsp;: cliniques des sujets sans chez-soi, cliniques \u00e0 domicile aupr\u00e8s de personnes en situation d\u2019incurie dans le logement ou pr\u00e9sentant un syndrome de Diog\u00e8ne dans le cas de notre collaboration. Sans audace, tous ces terrains d\u2019aventure clinique ne seraient que <em>terra incognita<\/em>. Mais cette audace ne se soutient que d\u2019une solide \u00e9laboration th\u00e9orique, sinon elle n\u2019est au mieux qu\u2019un <em>acting<\/em> clinique, ou pire, une transgression. Vos travaux, depuis leur origine, ont th\u00e9oris\u00e9 les \u00e9volutions du cadre psychanalytique classique en lien avec l\u2019histoire des relations objectales des sujets non-n\u00e9vrotiques, de l\u2019impact de ces relations sur leur mode de symbolisation et donc des n\u00e9cessit\u00e9s audacieuses d\u2019adaptation du cadre \u00e0 ces modes particuliers de symbolisation. Nourries des avanc\u00e9es d\u2019illustres pr\u00e9d\u00e9cesseurs (Didier Anzieu, Andr\u00e9 Green, Ren\u00e9 Ka\u00ebs, Jean Guillaumin entre autres), vos recherches se sont intriqu\u00e9s avec les travaux des autres membres du CRPPC fondant ce qu\u2019on peut appeler depuis maintenant plusieurs d\u00e9cennies, l\u2019\u00e9cole lyonnaise. C\u2019est votre \u00e9nergie cr\u00e9ative, innovatrice, contre les conservatismes paralysants et l\u2019absence d\u2019audace, qui nous rassemble ici, il me semble. Je me souviens de plusieurs phrases que vous avez \u00e9nonc\u00e9es lors de vos s\u00e9minaires. Des phrases qui m\u2019ont marqu\u00e9 et me servent depuis cette dizaine d\u2019ann\u00e9e de collaboration de rep\u00e8res th\u00e9orico-cliniques de base&nbsp;: \u00ab&nbsp;La th\u00e9orie, c\u2019est ce qui aide \u00e0 rester bienveillant&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;la r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u2019est n\u00e9gative qu\u2019en fonction de votre th\u00e9orie du soin implicite&nbsp;\u00bb. Je suis toujours reparti de vos s\u00e9minaires avec l\u2019\u00e9cho de ces phrases, avec une nouvelle disposition, une nouvelle \u00e9coute, comme si vous aviez contribu\u00e9 \u00e0 relancer ma g\u00e9n\u00e9rativit\u00e9 associative nou\u00e9e par un paradoxe. En cela, je crois que vous avez su porter le mod\u00e8le du <em>squiggle<\/em> de Winnicot \u00e0 son plus haut degr\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralisation&nbsp;: une m\u00e9taphore de la rencontre humaine, et plus particuli\u00e8rement de la rencontre clinique con\u00e7ue sur le mod\u00e8le du jeu. Ou comment tenter d\u2019\u00e9tablir une communication, de faire appara\u00eetre un message \u00e0 partir de ce qui ne ressemble au premier abord qu\u2019\u00e0 un gribouillis psychique incompr\u00e9hensible. Mais aussi comment se proposer comme mati\u00e8re \u00e0 symboliser, comme Winnicott pouvait offrir une spatule brillante ou une feuille et un crayon \u00e0 ses patients, avec son incroyable facult\u00e9 clinique d\u2019animation de ces objets banals. La pr\u00e9sence aujourd\u2019hui de nombreux praticiens et chercheurs engag\u00e9s sur le front de ces cliniques dites extr\u00eames t\u00e9moigne de l\u2019importance de ces travaux. Non seulement pour leur rigueur et leur qualit\u00e9 th\u00e9orique, mais aussi, et peut-\u00eatre au premier chef, pour leur effet de relance du jeu clinique dans des situations caract\u00e9ris\u00e9es par l\u2019impasse, ou ce que l\u2019on pourrait trop vite qualifier de r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative, de destructivit\u00e9 ou d\u2019effet d\u2019une pulsion de mort.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai souvent associ\u00e9 la m\u00e9taphore du jazz \u00e0 votre s\u00e9minaire&nbsp;: un orchestre s\u2019exer\u00e7ant \u00e0 d\u00e9velopper ses improvisations autour d\u2019un th\u00e8me, chacun des membres \u00e9coutant attentivement les autres pour se r\u00e9pondre, prolonger une piste m\u00e9lodique ou associative. Et vous en avez toujours \u00e9t\u00e9 le chef d\u2019orchestre, avec la fonction de synth\u00e8se et d\u2019harmonie comme seule pr\u00e9occupation, ramenant toujours au th\u00e8me central pour mieux le d\u00e9ployer, rappelant les sources, les origines de nos intuitions et tentatives d\u2019\u00e9laborations, pour ne jamais oublier que tout vient toujours de quelque part et que nous ne faisons que des variations, parfois innovantes, sur un th\u00e8me principal. Et ce th\u00e8me, vous nous l\u2019avez toujours rappel\u00e9 avec constance, c\u2019est le patient qui l\u2019initie. Vous nous avez enseign\u00e9 l\u2019art de faire avec ce qui se pr\u00e9sente dans la relation clinique, mais aussi le souci de toujours int\u00e9grer notre travail dans le <em>corpus<\/em> existant, quitte \u00e0 l\u2019enrichir par des apports d\u2019autres disciplines (et cela a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 mon int\u00e9r\u00eat pour votre approche). Un bon musicien de jazz conna\u00eet ses gammes, ses standards, pour pouvoir les r\u00e9inventer, les faire \u00e9voluer. Il en va de m\u00eame pour un clinicien engag\u00e9 sur des chemins non balis\u00e9s&nbsp;: il doit y aller avec toute sa th\u00e9orisation pour ne pas perdre sa route. Il doit se tenir pr\u00eat \u00e0 \u00eatre pr\u00eat&nbsp;: <em>the readiness is all<\/em>, nous avez-vous aussi appris, citant Hamlet (repris et transform\u00e9 par Freud en son temps).<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais vous faire part de cette phrase de John Coltrane, qui r\u00e9sume pour moi votre d\u00e9marche et qui \u00e9claire le plaisir qui m\u2019anime depuis les d\u00e9buts de mon travail sous votre direction&nbsp;: \u00ab&nbsp;je pars d\u2019un point et je vais le plus loin possible&nbsp;\u00bb. Ose y aller, ose aller le plus loin possible. Voil\u00e0 ce qui r\u00e9sonnera toujours en moi, comme l\u2019\u00e9cho muet d\u2019une phrase que vous n\u2019aurez jamais eu besoin de prononcer mais que j\u2019ai clairement entendue dans votre travail de direction de recherche.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Winnicott D.W. (1971), <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>.<\/li><li>Edelman G. (1992), <em>Biologie de la conscience<\/em>.<\/li><li>Edelman G. (2004), <em>Plus vaste que le ciel<\/em>.<\/li><li>Prochiantz A. (2001), <em>Machine-esprit.<\/em><\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10311?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bernard Duplan, doctorant Lyon 2 Dans le contexte de ce colloque aux intervenants si polyglottes, j\u2019ai souhait\u00e9 intituler cet hommage \u00ab&nbsp;Gesell und Meister&nbsp;\u00bb, signifiant en allemand \u00ab&nbsp;ma\u00eetre et compagnon&nbsp;\u00bb. Vous me donnez l\u2019immense honneur de venir \u00e9voquer ici devant cette&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[459,577],"auteur":[1617,1615,1616,1569],"dossier":[578],"mode":[61],"revue":[579],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10311","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-jeu","thematique-mediations-therapeutiques","auteur-adrien-pichon","auteur-bernard-duplan","auteur-claudia-infurchia","auteur-johann-jung","dossier-dossier-rene-roussillon-le-jeu-en-partage","mode-gratuit","revue-579","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10311"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10311\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14401,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10311\/revisions\/14401"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10311"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10311"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10311"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10311"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10311"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10311"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10311"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}