{"id":10304,"date":"2021-08-22T07:31:44","date_gmt":"2021-08-22T05:31:44","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/kiki-smith-2\/"},"modified":"2021-09-16T11:30:50","modified_gmt":"2021-09-16T09:30:50","slug":"kiki-smith","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/kiki-smith\/","title":{"rendered":"Kiki Smith"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Kiki Smith,<\/em> La Monnaie de Paris. Jusqu\u2019au 9 f\u00e9vrier 2020<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir vu les grandes expositions de l\u2019automne, tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9es, ou avant de vous y rendre, vous pourriez aller voir une belle exposition consacr\u00e9e \u00e0 une artiste encore peu connue en France, dans un lieu calme et inspirant, sans queue ni r\u00e9servation. C\u2019est Kiki Smith, \u00e0 la <em>Monnaie de Paris<\/em>, qui d\u00e9cid\u00e9ment expose des artistes importants et originaux. Mais on apprend ces jours-ci que l\u2019aventure se termine avec Kiki Smith car la direction de <em>La Monnaie<\/em> a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater l\u00e0 cette suite d\u2019expositions d\u2019artistes contemporains, insuffisamment rentables, et de s\u2019ouvrir \u00e0 d\u2019autres formes de cr\u00e9ation comme la mode, l\u2019artisanat, le design et de promouvoir les collections de m\u00e9dailles frapp\u00e9es par <em>La Monnaie<\/em>, comme celle d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Johnny Halliday ou <em>La Joconde<\/em> en or pur\u2026 Raison de plus pour s\u2019y rendre, non sans une certaine nostalgie de voir dispara\u00eetre de petites institutions mus\u00e9ales, d\u00e9pass\u00e9es par de grandes institutions priv\u00e9es, comme <em>Vuitton<\/em> ou <em>Lafayette Anticipations<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Kiki Smith est une artiste am\u00e9ricaine, fille de Tony Smith, sculpteur connu, pr\u00e9curseur du minimalisme. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une artiste f\u00e9ministe, sensible aux luttes pour les droits des femmes et aux questions de genre et d\u2019identit\u00e9 sexuelle. D\u2019embl\u00e9e, il appara\u00eet que le sujet principal de ses sculptures est le corps f\u00e9minin, ou parfois une petite fille, qui nous accueille dans la cour, puis se d\u00e9cline tout au long de l\u2019exposition, sous des formes tr\u00e8s diverses, et r\u00e9alis\u00e9es avec des mat\u00e9riaux h\u00e9t\u00e9roclites comme le bronze, le pl\u00e2tre, le verre, la porcelaine, la tapisserie, le papier, ou encore la cire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais elle porte sur le corps de la femme un autre regard que celui des artistes-hommes, et ce n\u2019est pas non plus un regard qui d\u00e9nonce la domination masculine, ou qui revendique un pouvoir comme chez Orlan ou Louise Bourgeois. Chez Kiki Smith, c\u2019est une autre mani\u00e8re d\u2019habiter le corps et d\u2019occuper l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019habiter un corps&nbsp;? Au d\u00e9but elle a fait un stage en m\u00e9decine d\u2019urgence et ensuite elle se sert de moulages faits sur des corps r\u00e9els. Le corps est la figure centrale de cette \u0153uvre, visit\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur et de l\u2019ext\u00e9rieur, et de plus en plus reli\u00e9 au cosmos. Avec la s\u00e9rie toute r\u00e9cente de cyanotypes, r\u00e9alis\u00e9e en 2017, <em>The Light of the world<\/em>, elle nous plonge dans un espace cosmique bleu. \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai film\u00e9 les premiers rayons du soleil sur l\u2019East River en allant me baigner au petit matin<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le tr\u00e8s beau salon Dupr\u00e9 au premier \u00e9tage, on entre dans son univers avec de grandes sculptures sur le th\u00e8me de Sainte Genevi\u00e8ve, patronne de Paris. L\u2019artiste avait vu une gravure au <em>Mus\u00e9e Carnavalet<\/em>, o\u00f9 on voit la sainte flanqu\u00e9e d\u2019un loup et entour\u00e9e de dizaines de moutons. Ce sujet qui associe le corps f\u00e9minin avec des animaux a beaucoup inspir\u00e9 Kiki Smith. Elle a install\u00e9 trois femmes allong\u00e9es, dormant chacune avec un agneau. Il se d\u00e9gage une grande douceur po\u00e9tique de ces couples femme-animal, baign\u00e9s dans la lumi\u00e8re du ciel qui p\u00e9n\u00e8tre par les grandes fen\u00eatres ouvrant sur la Seine.<\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9couvre au cours des salles, qui ne sont pas chronologiques, que ces \u0153uvres sont une \u00e9tape dans un \u00e9trange parcours, qui va des premi\u00e8res ann\u00e9es de sa cr\u00e9ation consacr\u00e9es \u00e0 des fragments corporels, des organes et des fluides &#8211; pieds, cr\u00e2ne, estomac, syst\u00e8me urinaire, cage thoracique -pour arriver \u00e0 un corps unifi\u00e9, mi-humain mi-animal, homme ou femme, enfant ou adulte. Son \u0153uvre cherche \u00e0 concilier les contraires, en cultivant le m\u00e9lange des genres. Tr\u00e8s influenc\u00e9e par la religion catholique dans laquelle elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, confront\u00e9e au Sida, dont sa s\u0153ur est morte et qui a d\u00e9cim\u00e9 ses proches, l\u2019artiste est tr\u00e8s attach\u00e9e aux mythes et traditions religieuses, mais aussi aux contes de f\u00e9es que lui lisait sa m\u00e8re. Ainsi le <em>Petit Chaperon rouge<\/em> l\u2019int\u00e9resse particuli\u00e8rement avec la sc\u00e8ne finale du conte o\u00f9 le b\u00fbcheron ouvre le corps du loup pour faire sortir la grand-m\u00e8re et la petite fille. Cette sc\u00e8ne illustre un th\u00e8me privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019\u0153uvre de Kiki Smith, l\u2019id\u00e9e d\u2019une femme n\u00e9e d\u2019un animal et le passage entre l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur du corps.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une des plus belles salles de l\u2019exposition est celle qui expose les grandes tapisseries qu\u2019elle r\u00e9alise \u00e0 partir de 2012, inspir\u00e9es par la <em>Tenture de l\u2019Apocalypse<\/em> d\u2019Angers. Des figures oniriques apparaissent, dans une cosmogonie d\u2019\u00e9toiles, de corps nus, d\u2019animaux \u00e9tranges, se situant entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9. Dans l\u2019une d\u2019elles, <em>Cathedral<\/em>, un loup nous saisit de son regard p\u00e9n\u00e9trant et interrogateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut surtout pas rater les vid\u00e9os, qui montrent l\u2019artiste dans sa maison, o\u00f9 il n\u2019y a pas de s\u00e9paration entre les espaces personnels et les ateliers. \u00ab&nbsp;Entrez dans mon salon&nbsp;\u00bb, dit-elle, et on entre dans une pi\u00e8ce enti\u00e8rement remplie de son mat\u00e9riel artistique. En parlant, Kiki Smith ne peut cesser d\u2019activer ses mains pour fabriquer quelque chose, tout comme, petite fille, elle et ses s\u0153urs devaient passer des heures, apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole, pour r\u00e9aliser des maquettes et des pliages pour les sculptures de son p\u00e8re. Pour lui aussi, l\u2019art occupait enti\u00e8rement l\u2019espace familial. Loin d\u2019y voir une obligation fastidieuse, elle dit que c\u2019\u00e9tait \u00ab&nbsp;un excellent moyen d\u2019apprendre sur l\u2019art, le monde et la communaut\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10304?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kiki Smith, La Monnaie de Paris. 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