{"id":10296,"date":"2021-08-22T07:31:44","date_gmt":"2021-08-22T05:31:44","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/labandon-nourriture-amere-de-lamour-maternel-2\/"},"modified":"2021-09-30T20:25:36","modified_gmt":"2021-09-30T18:25:36","slug":"labandon-nourriture-amere-de-lamour-maternel","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/labandon-nourriture-amere-de-lamour-maternel\/","title":{"rendered":"L&rsquo;abandon, nourriture am\u00e8re de l&rsquo;amour maternel"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>Pour croire \u00e0 la pieuvre, il faut l\u2019avoir vue. La pieuvre nageant reste, pour ainsi dire, dans le fourreau. Elle nage, tous ses plis sont serr\u00e9s. Qu\u2019on se repr\u00e9sente une manche cousue avec un poing dedans. La pieuvre en chasse ou au guet, se d\u00e9robe&nbsp;; elle se rapetisse, elle se condense&nbsp;; elle se r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression. Elle se confond avec la p\u00e9nombre. Elle a l\u2019air d\u2019un pli de la vague. Elle ressemble \u00e0 tout, except\u00e9 \u00e0 quelque chose de vivant. La pieuvre, c\u2019est l\u2019hypocrite. On n\u2019y fait pas attention&nbsp;; brusquement elle s\u2019ouvre. Une viscosit\u00e9 qui a une volont\u00e9, quoi de plus effroyable&nbsp;! De la glu p\u00e9trie de haine. C\u2019est dans le plus bel azur de l\u2019eau limpide que surgit cette hideuse \u00e9toile vorace de la mer. Elle n\u2019a pas d\u2019approche, ce qui est terrible. Presque toujours quand on la voit, on est pris.<footer>(Victor Hugo, <em>Le monstre<\/em>, chap.2, livre IV, Les travailleurs de la mer, 1866)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai eu l\u2019occasion de travailler \u00e0 plusieurs reprises avec des jeunes m\u00e8res qui ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es. Ces m\u00e8res avaient en commun le fait d\u2019\u00eatre venues consulter tr\u00e8s rapidement apr\u00e8s la naissance de leur premier b\u00e9b\u00e9 car elles se sentaient tr\u00e8s en souffrance et tout \u00e0 fait incapables de pouvoir assumer cette nouvelle fonction maternelle. Je n\u2019approfondirai le contenu que d\u2019une seule de ces psychoth\u00e9rapies mais j\u2019ai retrouv\u00e9 dans chacune de ces situations des enjeux psychiques et des mouvements \u00e9motionnels identiques, dans les registres de l\u2019amour et de la haine, de la fusion et du rejet, de la r\u00e9paration et de la destructivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Devenir parents est un total bouleversement \u00e9motionnel. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 renvoie chacun de nous \u00e0 notre histoire, \u00e0 notre propre enfance et \u00e0 nos relations avec nos propres parents. Les cliniciens de la p\u00e9rinatalit\u00e9 et de la petite enfance connaissent bien cela. Devenir parent est une situation traumatique ordinaire qui g\u00e9n\u00e8re un moment de d\u00e9sorganisation psychique pour tendre vers une n\u00e9o-organisation (Ciccone, 2011). Dans cette p\u00e9riode de fragilisation, il est important que les parents puissent \u00eatre entour\u00e9s et soutenus par un environnement bienveillant. La naissance d\u2019un b\u00e9b\u00e9, m\u00eame si celui-ci est tr\u00e8s d\u00e9sir\u00e9, est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un moment de crise existentielle. Or, nous savons que devenir parent peut \u00eatre un cheminement long et difficile pour certains et particuli\u00e8rement pour des parents qui ont, eux-m\u00eames, eu des parents d\u00e9faillants ou encore dans la situation de parents qui ont \u00e9t\u00e9 eux-m\u00eames des enfants adopt\u00e9s. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 n\u2019est pas une donn\u00e9e qui va de soi, ce processus entra\u00eene de profonds remaniements psychiques personnels et de profonds remaniements au sein des relations conjugales et familiales. Le nouveau parent doit \u00e0 la fois r\u00e9pondre aux besoins de l\u2019enfant et il est lui-m\u00eame absorb\u00e9 par les n\u00e9cessaires adaptations \u00e0 la fois pratiques et psychiques de cette nouvelle vie. Le nourrisson, d\u00e8s les premiers moments apr\u00e8s sa naissance est un acteur des interactions familiales, c\u2019est \u00e0 travers celles-ci qu\u2019il va pouvoir se d\u00e9velopper. Il a besoin de la relation avec chacun de ses parents et la disponibilit\u00e9 psychique de ceux-ci est un facteur primordial \u00e0 son \u00e9panouissement (Coutanceau et all., 2014). Cette mobilisation psychique de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9 est sous-tendue par des enjeux narcissiques et \u0153dipiens. L\u2019enfant est porteur de la continuit\u00e9 narcissique des parents, ceci est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit par Freud et repris par Piera Aulagnier sous la forme du \u00ab&nbsp;contrat narcissique&nbsp;\u00bb \u00e9largi aux g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes et au groupe social. Le b\u00e9b\u00e9 est aussi investi d\u2019une mission de r\u00e9paration de l\u2019histoire infantile des parents, on lui demande de faire vivre au parent qu\u2019il est un bon parent (Ciccone, 2011). Ces missions sont bien lourdes pour ce tout-petit, \u00e0 peine n\u00e9 et \u00e0 partir de l\u00e0, toutes attentes d\u00e9\u00e7ues, toutes insatisfactions engendr\u00e9es par l\u2019enfant qui ne r\u00e9pond pas au d\u00e9sir des parents, peuvent provoquer chez ceux-ci des sentiments de haine qui attaquent la relation \u00e0 leur enfant aussi insidieusement qu\u2019une pieuvre et dont la violence est souvent d\u00e9sar\u00e7onnante, le d\u00e9sir de meurtre, de blesser, de maltraiter. La haine envers l\u2019enfant mais aussi la haine envers soi, envers l\u2019enfant en soi qui a \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame rejet\u00e9, abandonn\u00e9 ou maltrait\u00e9. Fran\u00e7ois Gantheret (1986) parle de \u00ab&nbsp;haine essentielle&nbsp;\u00bb celle qui s\u2019adresse \u00e0 toute discontinuit\u00e9, \u00e0 l\u2019objet qui, par son existence est rupture de continuit\u00e9, cette haine dont l\u2019amour de l\u2019objet est \u00e0 la fois n\u00e9gation et tentative d\u2019accomplissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est aussi important de souligner combien la part du b\u00e9b\u00e9 est active dans ces situations et combien il va pouvoir aider sa m\u00e8re \u00e0 devenir m\u00e8re ou au contraire la confronter \u00e0 des parts d\u00e9test\u00e9es d\u2019elle-m\u00eame qu\u2019elle avait profond\u00e9ment enfouies (la haine de la pieuvre). Nous savons qu\u2019un b\u00e9b\u00e9 peut, par un comportement bruyant, se manifester et obliger son entourage \u00e0 prendre soin de lui mais nous voyons aussi d\u2019autres b\u00e9b\u00e9s, plus effac\u00e9s, plus en retrait qui se font oublier et avec lesquels les interactions ne se d\u00e9veloppent pas aussi vite.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, dans les situations d\u2019adoption, certains b\u00e9b\u00e9s forcent leur environnement \u00e0 s\u2019occuper d\u2019eux et d\u2019autres se privent du contact relationnel. La qualit\u00e9 et l\u2019accordage des soins re\u00e7us avant l\u2019abandon et apr\u00e8s l\u2019adoption par l\u2019environnement accueillant jouent un grand r\u00f4le dans le futur d\u00e9veloppement de l\u2019enfant, sur son v\u00e9cu de s\u00e9curit\u00e9 et de stabilit\u00e9. Des soins aimants et attentifs, en ad\u00e9quation avec les besoins du b\u00e9b\u00e9 le rendront probablement moins vuln\u00e9rable pour le futur. Nous pouvons faire l\u2019hypoth\u00e8se que les interactions pr\u00e9coces v\u00e9cues par les b\u00e9b\u00e9s d\u2019adoption auront un impact sur la mani\u00e8re dont ceux-ci pourront vivre leur futur acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9. En clinique p\u00e9dopsychiatrique, nous avons aussi souvent affaire \u00e0 des situations dans lesquelles l\u2019enfant est ali\u00e9n\u00e9 par des projections parentales dont il n\u2019arrive pas \u00e0 se d\u00e9gager et je pense que dans certaines situations d\u2019adoption, ces mouvements peuvent \u00eatre encore plus actifs, engendr\u00e9s par les attentes des parents adoptants auxquels les enfants devaient n\u00e9cessairement correspondre, comme si le lien g\u00e9n\u00e9tique devait \u00eatre compens\u00e9 par une forme d\u2019indiff\u00e9renciation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Situation clinique<\/h2>\n\n\n\n<p>Madame A prend rendez-vous par t\u00e9l\u00e9phone et elle me demande spontan\u00e9ment si je peux l\u2019aider \u00e0 \u00ab&nbsp;devenir m\u00e8re&nbsp;\u00bb et si je suis la bonne personne pour cette d\u00e9marche. Elle a entendu parler de moi par une amie, elle se sent tr\u00e8s perdue et elle a besoin d\u2019en parler \u00e0 quelqu\u2019un. Lors de la premi\u00e8re consultation, madame A est seule, sa petite fille de 6 semaines ne l\u2019accompagne pas. Je lui demande pourquoi elle n\u2019a pas amen\u00e9 son b\u00e9b\u00e9 et elle me r\u00e9pond qu\u2019elle ne veut pas que sa petite l\u2019entende me raconter son histoire. Elle aurait trop peur que cela la fasse souffrir. Madame A me parle de son adoption quand elle avait quelques mois, elle ne se souvient de rien et elle d\u00e9crit ses parents adoptifs comme aimants et accueillants. Elle me dit ne rien savoir de ses origines et elle n\u2019a jamais os\u00e9 faire des recherches par peur de blesser ses parents adoptifs. Elle a \u00e9galement peur de souffrir en apprenant la v\u00e9rit\u00e9 sur son abandon et je me permets de faire le lien entre elle-m\u00eame et son b\u00e9b\u00e9 qu\u2019elle n\u2019a pas emmen\u00e9e avec elle par crainte de lui faire du mal comme elle-m\u00eame a tr\u00e8s peur d\u2019avoir mal et de faire du mal. Pendant tout l\u2019entretien, Madame A est \u00e0 fleur de c\u0153ur, elle a les larmes au bord des paupi\u00e8res et je suis frapp\u00e9e par ces mots qui reviennent sans cesse, \u00ab&nbsp;blesser, blessure, faire mal, faire souffrir, aimer, ha\u00efr\u2026&nbsp;\u00bb. Madame A est tr\u00e8s angoiss\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de devoir mettre sa petite Sandra bient\u00f4t \u00e0 la cr\u00e8che et elle ne sait pas comment elle va pouvoir arriver \u00e0 se s\u00e9parer d\u2019elle, elle se sent tr\u00e8s coupable de l\u2019abandonner ainsi. Elle regrette qu\u2019elle ne soit plus dans son ventre et elle aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester enceinte de ce b\u00e9b\u00e9 tout le reste de sa vie. Elle me dit ne pas arriver \u00e0 s\u2019ajuster \u00e0 son enfant, elle ne comprend pas bien ce qu\u2019elle veut quand elle pleure et elle a tr\u00e8s peur de ne pas arriver \u00e0 \u00eatre une m\u00e8re suffisamment bonne pour son enfant. En voyant son b\u00e9b\u00e9 tout rose dans son petit lit \u00e0 la maternit\u00e9, Madame A s\u2019est demand\u00e9 comment sa propre m\u00e8re avait pu l\u2019abandonner et, m\u00eame si elle sait bien que ce n\u2019est pas vrai, elle a peur de faire la m\u00eame chose avec sa petite fille. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, tout cela la d\u00e9passe et la fait trop souffrir, une question la taraude jour et nuit, va-t-elle \u00eatre capable d\u2019\u00eatre m\u00e8re elle-m\u00eame, elle que sa propre m\u00e8re a abandonn\u00e9e&nbsp;? Elle dit qu\u2019elle devait \u00eatre un b\u00e9b\u00e9 tr\u00e8s laid, tr\u00e8s d\u00e9testable pour que sa m\u00e8re ne veuille pas d\u2019elle. Elle est \u00e9galement effray\u00e9e par l\u2019intensit\u00e9 des sentiments de rejet qu\u2019elle \u00e9prouve par moments vis-\u00e0-vis de son b\u00e9b\u00e9, elle ne comprend pas pourquoi elle ne supporte pas cette enfant qu\u2019elle a tant d\u00e9sir\u00e9e. Elle me d\u00e9crit une enfance solitaire, malgr\u00e9 l\u2019amour de ses parents adoptants, elle s\u2019est toujours sentie comme devant s\u2019excuser d\u2019\u00eatre l\u00e0. Elle parle d\u2019embl\u00e9e de son envie vis-\u00e0-vis de sa petite fille qui recevra tout ce qu\u2019elle-m\u00eame n\u2019a jamais re\u00e7u, de son attente que son b\u00e9b\u00e9 lui rende au centuple ce qu\u2019elle lui donnera et elle ressent d\u00e9j\u00e0 de la d\u00e9ception par rapport \u00e0 cette enfant tout en s\u2019en voulant de ne pas \u00eatre satisfaite et en se sentant terriblement coupable de devoir bient\u00f4t l\u2019abandonner pour retourner travailler. Elle ne veut pas s\u2019y attacher et, \u00e0 la fois, elle se dit qu\u2019elle ne pourra plus jamais vivre sans elle. Son d\u00e9sir d\u2019attachement est rempli d\u2019ambivalence, elle passe par des mouvements passionnels et des mouvements de haine. Cette premi\u00e8re consultation pleine d\u2019intensit\u00e9 me touche beaucoup, la demande affective de Madame A est tr\u00e8s puissante et je me sens d\u2019embl\u00e9e investie comme une m\u00e8re qui devrait enfin pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 sa solitude de petite fille abandonn\u00e9e. Par la suite, Madame A vient avec son b\u00e9b\u00e9 et nous posons un cadre de psychoth\u00e9rapie de la relation conjointe, le p\u00e8re accompagnera deux fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces s\u00e9ances de th\u00e9rapie de la relation pr\u00e9coce sont, comme le savent les cliniciens de la petite enfance, impr\u00e9gn\u00e9es d\u2019un climat \u00e9motionnel dense et complexe, parfois pesant et perturbant. Non seulement cette clinique touche \u00e0 la constitution des premiers liens mais elle r\u00e9veille par la m\u00eame occasion la fa\u00e7on dont ceux-ci se sont tiss\u00e9s en chaque parent (De Vriendt-Goldman, Frisch-Desmarez, 2011). Dans ces situations de m\u00e8res adopt\u00e9es qui consultent parce qu\u2019elles sont en souffrance avec leur \u00ab&nbsp;devenir m\u00e8res&nbsp;\u00bb, la demande qui est adress\u00e9e est tr\u00e8s diff\u00e9rente de parents qui consultent parce que leur b\u00e9b\u00e9 pr\u00e9sente un malaise ou un sympt\u00f4me. Ici, ce sont les angoisses primitives de la m\u00e8re, ses m\u00e9canismes pour y faire face, ses d\u00e9bordements et ses \u00e9tats de d\u00e9tresse face au b\u00e9b\u00e9 qui r\u00e9sonnent avec son histoire d\u2019abandon et d\u2019adoption. L\u2019h\u00e9ritage re\u00e7u par les jeunes parents, les attentes qu\u2019ils peuvent avoir pour leur b\u00e9b\u00e9 sont sources de violence, il est n\u00e9cessaire de lier cette violence au sein de l\u2019ambivalence dont les enjeux peuvent \u00eatre de \u00ab&nbsp;r\u00e9duire les fractures de filiation traumatique&nbsp;\u00bb (Ciccone, 2011). Les mouvements contre-transf\u00e9rentiels dans lesquels les psychoth\u00e9rapeutes sont pris sont toujours tr\u00e8s intenses dans ces th\u00e9rapies conjointes mais dans ces situations de m\u00e8res adopt\u00e9es, il se d\u00e9ploie une attente transf\u00e9rentielle affective tout \u00e0 fait particuli\u00e8re. Et, il semble qu\u2019un des aspects contre-transf\u00e9rentiels dans lequel les psychoth\u00e9rapeutes de la petite enfance se sentent pris, est li\u00e9 au d\u00e9sir que ces m\u00e8res puissent \u00e9laborer leur histoire d\u2019abandon pour pouvoir devenir des m\u00e8res suffisamment bonnes et surtout pour pouvoir se sentir m\u00e8res, elles-m\u00eames. C\u2019est comme si, en tant que psychoth\u00e9rapeutes, nous voulions tr\u00e8s fort que l\u2019histoire ne se r\u00e9p\u00e8te pas et que nous sentons combien le d\u00e9ploiement de ces premiers liens est important pour l\u2019avenir de la relation entre ces parents et particuli\u00e8rement pour ces m\u00e8res fragilis\u00e9es, rattrap\u00e9es par leur blessure fondamentale et ce b\u00e9b\u00e9. Cela cr\u00e9e un sentiment d\u2019urgence et de grande responsabilit\u00e9 qui fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 de la demande qui est faite aux th\u00e9rapeutes. Il se d\u00e9ploie aussi probablement chez ceux-ci un mouvement d\u2019identification \u00e0 la m\u00e8re qui ne veut pas abandonner l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail th\u00e9rapeutique avec Madame A est un travail au long cours qui passe par plusieurs phases. Apr\u00e8s avoir pu \u00e9laborer avec elle diff\u00e9rentes questions autour de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 sa maternalit\u00e9, de son droit \u00e0 devenir m\u00e8re, lui avoir permis de se d\u00e9gager de son sentiment d\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 devenir m\u00e8re et \u00e0 se s\u00e9parer de sa fille sans avoir le sentiment de l\u2019abandonner et de s\u2019en sentir profond\u00e9ment coupable, Madame A a pu progressivement se diff\u00e9rencier de celle-ci et faire la part entre les sentiments qu\u2019elle projetait sur sa fille et ses propres sentiments. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s difficile pour elle de comprendre que sa petite fille n\u2019allait pas n\u00e9cessairement ressentir les choses de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019elle. Ce travail de d\u00e9sintoxication et de diff\u00e9renciation s\u2019est fait de mani\u00e8re tr\u00e8s progressive et a dur\u00e9 tr\u00e8s longtemps. Cette phase de th\u00e9rapie conjointe autour des interactions pr\u00e9coces avec son b\u00e9b\u00e9 a entra\u00een\u00e9 une d\u00e9tente \u00e9vidente dans les relations avec sa fille. Ensuite, apr\u00e8s une br\u00e8ve interruption de nos rencontres, Madame A est revenue en consultation en demandant de travailler sur son histoire pour mieux comprendre son malaise existentiel. Entre-temps, elle avait pris connaissance de quelques \u00e9l\u00e9ments de son adoption et elle savait qu\u2019elle \u00e9tait issue d\u2019une fratrie de plusieurs enfants mais qu\u2019elle \u00e9tait la seule enfant que sa m\u00e8re ait abandonn\u00e9e. Elle ressent une profonde blessure d\u2019\u00eatre celle qui a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e et de ne pas comprendre le pourquoi de ce rejet. Elle \u00e9prouve le sentiment d\u2019\u00eatre un \u00eatre profond\u00e9ment ind\u00e9sirable, qu\u2019elle a s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 un b\u00e9b\u00e9 mauvais et dangereux. Elle prend progressivement conscience de s\u2019\u00eatre construite sur cette image n\u00e9gative d\u2019elle-m\u00eame et d\u2019avoir tout fait pour \u00eatre accept\u00e9e par ses parents adoptifs au d\u00e9triment de ses propres d\u00e9sirs qu\u2019elle est, d\u2019ailleurs, bien incapable de reconna\u00eetre. Elle passe par des mouvements \u00e9motionnels tr\u00e8s violents, elle en veut \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 sa m\u00e8re d\u2019origine tout en la fantasmant comme un objet id\u00e9alis\u00e9 qui aurait pu combler ses manques et elle peut se sentir tr\u00e8s en col\u00e8re contre ses parents adoptifs qui l\u2019ont forg\u00e9e \u00e0 leur image.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant toute une autre phase de la th\u00e9rapie, elle parle beaucoup de son sentiment de ne pas avoir d\u2019identit\u00e9 et elle se pose beaucoup de questions sur ce qu\u2019elle pourra transmettre d\u2019elle-m\u00eame \u00e0 ses filles. Elle reste avec la douloureuse blessure de ne pouvoir jamais r\u00e9pondre v\u00e9ritablement \u00e0 la question de ses origines. Elle me dit qu\u2019elle a mal \u00e0 ses racines et que ce sera difficile d\u2019en parler \u00e0 sa fille plus tard. Que pourra-t-elle leur dire de sa douleur, de son angoisse, de sa culpabilit\u00e9, de sa honte, de sa haine vis-\u00e0-vis de cette femme qui lui a vol\u00e9 sa vie&nbsp;? Elle a pu prendre conscience du d\u00e9calage qui peut exister entre ce qu\u2019elle attend et ce qu\u2019elle re\u00e7oit, c\u2019est un sentiment qui l\u2019habite de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Elle se sent toujours d\u00e9\u00e7ue de la r\u00e9ponse de l\u2019autre mais elle s\u2019en attribue toujours la faute. Si quelque chose ne va pas, la responsabilit\u00e9 ne peut que lui en revenir. Cette culpabilit\u00e9 fondamentale est toujours pr\u00e9sente chez Madame A m\u00eame si, maintenant, elle peut un peu mieux s\u2019en d\u00e9gager. L\u2019introjection d\u2019une image primaire abandonnante qui l\u2019a rejet\u00e9e parce qu\u2019elle \u00ab&nbsp;\u00e9tait certainement r\u00e9pugnante&nbsp;\u00bb la pousse par moments vers une destin\u00e9e d\u2019\u00e9chec, de ne pas m\u00e9riter de r\u00e9ussir sa propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambivalence par rapport \u00e0 la m\u00e8re adoptive a aussi pu \u00eatre abord\u00e9e. Elle ressent beaucoup d\u2019agressivit\u00e9 face \u00e0 cette femme si s\u00fbre d\u2019elle, qui a toujours assur\u00e9 sur le plan mat\u00e9riel mais dont elle pense ne pas avoir re\u00e7u une affection authentique. Il faut n\u00e9anmoins souligner que ces parents adoptifs ont \u00e9t\u00e9 des rep\u00e8res stables pour Madame A m\u00eame si ils ont tr\u00e8s peu tenu compte des particularit\u00e9s et des difficult\u00e9s de leur fille et qu\u2019ils ont beaucoup de mal \u00e0 accepter tout le chemin qu\u2019elle a parcouru vers son autonomie vis-\u00e0-vis d\u2019eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Progressivement, Madame A a pu parler de la perte de sa m\u00e8re g\u00e9nitrice que, par ailleurs elle dit ha\u00efr, comme d\u2019un terrible manque et d\u2019une profonde souffrance m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 une profonde culpabilit\u00e9 de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 suffisamment bonne pour qu\u2019elle la garde comme ses autres enfants. Madame A peut, suite \u00e0 l\u2019expression et l\u2019\u00e9laboration de la douleur de la perte de sa m\u00e8re biologique, parler enfin de l\u2019agressivit\u00e9 contre sa fille li\u00e9e \u00e0 son envie vis-\u00e0-vis d\u2019elle d\u2019avoir une \u00ab&nbsp;vraie m\u00e8re, comme elle-m\u00eame n\u2019a pas eu la chance d\u2019en avoir une&nbsp;\u00bb et son incompr\u00e9hension irrit\u00e9e devant l\u2019avidit\u00e9 de cette enfant qui re\u00e7oit tout et qui en veut plus encore. Madame A prend, alors, conscience de la mani\u00e8re dont elle per\u00e7oit la relation avec sa fille. Elle se sent, en permanence, renvoy\u00e9e \u00e0 une m\u00e8re manquante, source de souffrance jusque-l\u00e0 d\u00e9ni\u00e9e, elle se sent incapable d\u2019\u00eatre, pour sa fille, la m\u00e8re qu\u2019elle n\u2019a pas eue et dont elle n\u2019arrive pas \u00e0 accepter la perte. Pour Madame A, l\u2019image de sa m\u00e8re biologique est rest\u00e9e longtemps une image maternelle toute puissante et pers\u00e9cutrice. Elle a longtemps gard\u00e9 le fantasme d\u2019une m\u00e8re qui aurait pu lui apporter tout ce qui l\u2019aurait aid\u00e9e \u00e0 se construire et \u00e0 se d\u00e9velopper au contraire de ses parents adoptifs qui l\u2019ont emp\u00each\u00e9e de d\u00e9ployer ses ressources et son potentiel. Ce traumatisme de l\u2019abandon l\u2019a emp\u00each\u00e9e d\u2019aimer, de sentir que son existence avait un sens, comme une faille ind\u00e9l\u00e9bile malgr\u00e9 l\u2019attachement s\u00e9curisant qu\u2019elle a pu trouver dans sa famille adoptive. Madame A sait que c\u2019est le choix de sa m\u00e8re de l\u2019avoir donn\u00e9e en adoption.<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, aujourd\u2019hui, Madame A a fait un parcours th\u00e9rapeutique tr\u00e8s impressionnant, elle va beaucoup mieux, elle peut s\u2019affirmer aux yeux de son entourage et la relation avec sa fille est harmonieuse. Ce travail de diff\u00e9renciation progressive entre son histoire de petite fille rejet\u00e9e et celle de sa fille a permis qu\u2019elle s\u2019autorise \u00e0 \u00eatre m\u00e8re et qu\u2019elle puisse penser qu\u2019elle est une bonne m\u00e8re pour son enfant malgr\u00e9 tous les doutes qu\u2019elle avait pu avoir. La possibilit\u00e9 d\u2019avoir pu travailler son sentiment de haine vis-\u00e0-vis d\u2019elle-m\u00eame lui a permis de pouvoir se penser autrement que comme une m\u00e8re qui devrait r\u00e9parer l\u2019enfant seule et triste qu\u2019elle s\u2019est sentie \u00eatre dans la relation avec ses parents adoptifs. Ce tr\u00e8s long chemin th\u00e9rapeutique avec Madame A a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bouleversant tant pour elle que pour moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Roger Dorey (1986) \u00e9voque combien le sentiment d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9, repouss\u00e9 par sa m\u00e8re est un d\u00e9ni d\u2019amour. Ce d\u00e9ni provoque chez l\u2019enfant un sentiment de culpabilit\u00e9 qui va le fixer dans une passion haineuse vis-\u00e0-vis d\u2019elle, comme pour maintenir fantasmatiquement cette unit\u00e9 primordiale c\u2019est \u00e0 ce refus de la m\u00e8re que l\u2019enfant r\u00e9agit par la haine et tente de supprimer cette source de tension douloureuse. Mais, dit-il&nbsp;: \u00ab&nbsp;il tente de d\u00e9truire l\u2019autre qui barre son existence et d\u2019autre part, il fait tout pour maintenir l\u2019autre en tant qu\u2019il est dans le m\u00eame temps le seul garant de son d\u00e9sir&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>A travers cette histoire clinique, j\u2019ai essay\u00e9 de vous transmettre ce que j\u2019ai ressenti de particulier dans le travail th\u00e9rapeutique avec ces femmes qui ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es et qui sont devenues m\u00e8res. J\u2019ai essay\u00e9, en d\u00e9taillant le contenu de certaines s\u00e9ances de la psychoth\u00e9rapie de Madame A, d\u2019illustrer les mouvements psychiques qui habitent ces m\u00e8res. M\u00eame si nous savons bien que chaque situation est unique et diff\u00e9rente, il me semble n\u00e9anmoins que nous pouvons retrouver des \u00e9l\u00e9ments communs \u00e0 ces situations particuli\u00e8res d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la parentalit\u00e9. Je pense que le fait que Madame A et les autres m\u00e8res que j\u2019ai aussi suivies, aient tr\u00e8s vite consult\u00e9 apr\u00e8s la naissance de leur enfant avec la demande de les aider \u00e0 devenir m\u00e8res colore d\u2019embl\u00e9e la d\u00e9marche th\u00e9rapeutique d\u2019interactions tr\u00e8s intenses sur le plan \u00e9motionnel. A la fois, la demande est faite par elles-m\u00eames et pour elles-m\u00eames, mais elle ne peut se faire que parce qu\u2019elles sont devenues m\u00e8res, qu\u2019elles sont angoiss\u00e9es par l\u2019arriv\u00e9e de leur enfant et par le sentiment de ne pas \u00eatre capables de bien s\u2019en occuper. Elles sont effray\u00e9es par les \u00e9motions violentes qui surgissent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019elle, par cette haine qui les submerge et, \u00e0 la fois, cette demande est d\u2019entr\u00e9e de jeu, lors des premi\u00e8res consultations, impr\u00e9gn\u00e9e de leur histoire d\u2019enfant adopt\u00e9e. Et, c\u2019est probablement cela qui engendre chez le th\u00e9rapeute un sentiment d\u2019urgence et de responsabilit\u00e9 qui donne vraiment l\u2019impression que tout l\u2019avenir de la relation m\u00e8re-enfant se joue dans ce d\u00e9licat travail th\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Ciccone, A, 2011, <em>La psychanalyse \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Coutanceau R., Bennegadi R., 2014, <em>Souffrances familiales et r\u00e9silience<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Coutanceau et all., 2014, <em>Violences psychologiques<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>De Vriendt-Goldman C., Frisch-Desmarez C., 2011: \u00ab&nbsp;Particularit\u00e9s du contre-transfert dans les psychoth\u00e9rapies des relations pr\u00e9coces&nbsp;\u00bb in <em>Psychiatrie de l\u2019enfant<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Dorey (1986), \u00ab&nbsp;L\u2019amour au travers de la haine&nbsp;\u00bb, <em>NRP<\/em>, 33, p. 75-93, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Gantheret (1986), \u00ab&nbsp;La haine en son principe&nbsp;\u00bb, <em>NRP<\/em>, 33, p. 63-74, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Leruy, M., 1979, <em>J\u2019ai mal \u00e0 ma m\u00e8re<\/em>, Fleurus.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10296?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour croire \u00e0 la pieuvre, il faut l\u2019avoir vue. 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