{"id":10280,"date":"2021-08-22T07:31:41","date_gmt":"2021-08-22T05:31:41","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-declinaisons-cliniques-du-traumatisme-en-psychanalyse-traumatisme-traumatique-trauma-2\/"},"modified":"2022-01-12T15:49:31","modified_gmt":"2022-01-12T14:49:31","slug":"les-declinaisons-cliniques-du-traumatisme-en-psychanalyse-traumatisme-traumatique-trauma","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-declinaisons-cliniques-du-traumatisme-en-psychanalyse-traumatisme-traumatique-trauma\/","title":{"rendered":"Les d\u00e9clinaisons cliniques du traumatisme en psychanalyse : traumatisme, traumatique, trauma"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Le traumatisme &#8211; mot qui d\u00e9rive du grec et qui signifie \u00e0 la fois une effraction et une blessure &#8211; d\u00e9signe les cons\u00e9quences d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dont la soudainet\u00e9, l\u2019intensit\u00e9 et la brutalit\u00e9 peuvent non seulement entra\u00eener un choc psychique, mais aussi laisser des traces durables sur le psychisme d\u2019un sujet, qui s\u2019en trouve alors alt\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatisant (ou de type traumatique) est ainsi un \u00e9v\u00e8nement violent, qui surgit, sans avertissement et auquel le sujet n\u2019est pas pr\u00e9par\u00e9 ; cet \u00e9v\u00e9nement brutal \u2013 qui prend le sujet par surprise et donc le d\u00e9route \u2013 entra\u00eene, sur le plan psychique, une effraction de la barri\u00e8re pare-excitante, ce qui fait que le psychisme est d\u00e9bord\u00e9 par une excitation qu\u2019il ne peut comprendre et g\u00e9rer. Cela entra\u00eene une perturbation massive du fonctionnement psychique et des d\u00e9fenses \u00e9tablies jusque l\u00e0, perturbation qui peut aller, dans les cas extr\u00eames, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019effondrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, lorsque l\u2019on est conduit \u00e0 parler de traumatisme psychique en psychanalyse, l\u2019on est tout autant conduit \u00e0 \u00e9voquer l\u2019histoire de la th\u00e9orisation du concept, qu\u2019\u00e0 envisager ses implications th\u00e9orico- cliniques et th\u00e9orico-pratiques, elles-m\u00eames li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la th\u00e9orie et qui aboutissent \u00e0 devoir penser le traumatisme en terme de bloc \u00ab d\u00e9fense \/ <em>trauma<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour commencer, je souhaiterai faire deux remarques :<\/p>\n\n\n\n<p>1- Ren\u00e9 Roussillon, dans un de ses textes, posait la question suivante \u00e0 propos des th\u00e9orisations concernant le trauma en psychanalyse : histoire du <em>trauma<\/em> ? ou, histoire de la \u00ab th\u00e9orisation du <em>trauma<\/em> \u00bb ? Ajoutant alors la remarque suivante : \u00ab N\u2019oublions pas, que vraisemblablement, le traumatisme n\u2019existe pas \u00a0\u00bb en soi \u00ab\u00a0, et que ce qui existe, ce sont des th\u00e9ories, ce sont des conceptions, ce sont des mod\u00e8les de pens\u00e9e qui nous permettent de rendre compte de processus psychiques et de processus cliniques auxquels nous avons affaire \u00bb (Roussillon R., 2000)<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>2- Du fait du complet renversement de perspective li\u00e9e \u00e0 la constitution de son \u00e9laboration th\u00e9orique, rendre compte aujourd\u2019hui de la th\u00e9orie du <em>trauma<\/em> nous conduit \u00e0 parler de deux choses :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>parler du <em>trauma<\/em> comme cons\u00e9quence de la d\u00e9liaison de l\u2019excitation pulsionnelle ;<\/li><li>parler des s\u00e9quelles du <em>trauma<\/em> qui, elles, peuvent ne pas \u00eatre d\u2019ordre uniquement pulsionnel, mais qui n\u00e9anmoins agissent comme une source pulsionnelle secondaire.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le traumatisme, concept central dans l\u2019\u0153uvre freudienne<\/h2>\n\n\n\n<p>Concept central au sein de l\u2019appareil th\u00e9orique de la psychanalyse, le traumatisme garde cette place tout au long du d\u00e9veloppement de l\u2019\u0153uvre de Freud qu\u2019il traverse de bout en bout (de l\u2019<em>Esquisse<\/em>, 1895, \u00e0 <em>L\u2019Homme Mo\u00efse<\/em>, 1938) en subissant, au gr\u00e9 des avanc\u00e9es, d\u2019importants remaniements sur le plan conceptuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois moments peuvent \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A- Une premi\u00e8re p\u00e9riode qui va de 1895 \u00e0 1920<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le traumatisme se r\u00e9f\u00e8re au sexuel et, de ce fait, \u00e9tait intimement li\u00e9 \u00e0 la th\u00e9orie de la s\u00e9duction : ce mod\u00e8le, qui d\u00e9signe l\u2019action de la \u00ab s\u00e9duction \u00bb sexuelle comme pr\u00e9sidant \u00e0 l\u2019organisation de la n\u00e9vrose (qui int\u00e9resse la m\u00e9moire, le refoulement et sa lev\u00e9e), est celui qui pr\u00e9domine jusqu\u2019en 1920. A l\u2019int\u00e9rieur de cette premi\u00e8re p\u00e9riode, deux moments doivent \u00eatre distingu\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>un premier moment (de 1895 \u00e0 1900 \/ 1905), pendant lequel Freud \u00e9tablit que le mod\u00e8le <em>princeps<\/em> de l\u2019action du traumatisme li\u00e9 \u00e0 une s\u00e9duction est celui du mod\u00e8le en deux temps (\u00ab apr\u00e8s-coup \u00bb) de l\u2019<em>Esquisse<\/em><sup>2<\/sup> et des <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em><sup>3<\/sup> ; c\u2019est aussi le moment (\u00ab je ne crois plus \u00e0 ma <em>neurotica<\/em> \u00bb, 1897) o\u00f9 c\u2019est le \u00ab fantasme \u00bb et non plus la s\u00e9duction qui devient le facteur traumatique <em>princeps<\/em> et pr\u00e9side \u00e0 l\u2019organisation de la n\u00e9vrose ;<\/li><li>un second moment (de 1905 \u00e0 1920), pendant lequel Freud retrace le \u00ab d\u00e9veloppement sexuel infantile \u00bb et \u00e9labore la m\u00e9tapsychologie ; en termes de d\u00e9veloppement sexuel infantile et de th\u00e9orie de la libido, les situations traumatiques paradigmatiques sont li\u00e9s aux \u00ab fantasmes originaires \u00bb et aux angoisses aff\u00e9rentes (angoisse de s\u00e9duction, castration, sc\u00e8ne primitive, complexe d\u2019\u0152dipe) ; le traumatisme est en rapport avec la force pressante des pulsions sexuelles et la lutte que leur livre le Moi ; tous les conflits et tous les traumatismes sont envisag\u00e9s par r\u00e9f\u00e9rence aux fantasmes inconscients et la r\u00e9alit\u00e9 psychique interne.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B- \u00c0 partir de 1920<\/strong>, le traumatisme prend une nouvelle dimension du fait qu\u2019il devient un concept embl\u00e9matique (m\u00e9taphorique) des apories \u00e9conomiques de l\u2019appareil psychique ; d\u00e8s lors, le traumatisme repr\u00e9sente une \u00ab effraction du pare-excitation \u00bb<sup>4<\/sup> : l\u2019<em>Hilflosigkeit<\/em> &#8211; la d\u00e9tresse du nourrisson &#8211; devient le paradigme de l\u2019angoisse par d\u00e9bordement, lorsque le signal d\u2019angoisse ne permet plus au moi de se prot\u00e9ger de l\u2019effraction quantitative, qu\u2019elle soit d\u2019origine externe ou interne ; dans les ann\u00e9es qui suivent, dans <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em> (Freud S.,1926)<sup>5<\/sup>, Freud propose une nouvelle th\u00e9orie de l\u2019angoisse et met l\u2019accent sur le lien entre le traumatisme et la perte d\u2019objet (introduisant d\u00e8s lors la question, qui deviendra ult\u00e9rieurement centrale en psychanalyse, des liens \u00e0 l\u2019objet)<sup>6<\/sup> ; \u00e0 partir de 1920, au terme de traumatisme, s\u2019adjoint celui de traumatique. &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>C- \u00c0 la fin de son \u0153uvre, dans <em>L\u2019Homme Mo\u00efse<\/em> (1939)<\/strong><sup>7<\/sup>, Freud souligne que les exp\u00e9riences traumatiques originairement constitutives de l\u2019organisation et du fonctionnement psychique (\u00ab Nous appelons traumatismes les impressions \u00e9prouv\u00e9es dans la petite enfance, puis oubli\u00e9es, ces impressions auxquelles nous attribuons une grande importance dans l\u2019\u00e9tiologie des n\u00e9vroses \u00bb) peuvent entra\u00eener des atteintes pr\u00e9coces du Moi et cr\u00e9er des blessures d\u2019ordre narcissiques (ce que Ferenczi a soulign\u00e9 lors de ses toutes derni\u00e8res avanc\u00e9es) ; par ailleurs, Freud distingue deux effets, positifs et n\u00e9gatifs (\u00ab l\u2019\u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat \u00bb), du traumatisme (pour lequel, ici, on peut proposer le terme de <em>trauma<\/em>). <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Traumatisme, traumatique et trauma : trois \u00ab versions \u00bb m\u00e9tapsychologiques <\/h2>\n\n\n\n<p>En m\u2019appuyant sur cette \u00e9volution en trois temps du concept de traumatisme dans l\u2019\u0153uvre freudienne je propose de distinguer trois termes traumatisme, traumatique et <em>trauma<\/em>, en leur attribuant des valences diff\u00e9rentes au regard de l\u2019organisation psychique et des param\u00e8tres auxquels nous confrontent ceux-ci, notamment au regard de la cure psychanalytique : <\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>traumatisme<\/em> vient d\u00e9signer la conception g\u00e9n\u00e9rique du <em>trauma<\/em> ; plus sp\u00e9cifiquement il d\u00e9signerait, ce qui, dans la cure psychanalytique, appara\u00eet comme les effets repr\u00e9sentables, figurables et symbolisables de l\u2019effet traumatique de l\u2019organisation fantasmatique du sujet (fantasmes originaires au premier chef desquels, le fantasme de \u00ab s\u00e9duction \u00bb, associ\u00e9 aux fantasme de \u00ab castration \u00bb et de \u00ab sc\u00e8ne primitive \u00bb), ainsi que du poids du sexuel sur celle-ci ; c\u2019est ce que, classiquement, l\u2019on voit appara\u00eetre dans l\u2019organisation des types de fonctionnement psychiques qui rel\u00e8vent des n\u00e9vroses dites \u00ab n\u00e9vroses de transfert \u00bb ; <\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>traumatique<\/em> vient plus sp\u00e9cifiquement d\u00e9signer l\u2019aspect \u00e9conomique du traumatisme (le d\u00e9faut de \u00ab pare-excitant \u00bb, etc.) ; ce principe \u00e9conomique entra\u00eene un type de fonctionnement \u00e0 propos duquel on pourrait parler de fonctionnement \u00e0 \u00ab empreinte traumatique \u00bb ou \u00ab en traumatique \u00bb ; m\u00eame si une partie de ses effets peuvent \u00eatre repr\u00e9sentables, figurables et symbolisables, ils ne le sont jamais totalement ; <\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>trauma<\/em> viendrait d\u00e9signer parfois l\u2019action positive (ou organisatrice), mais surtout essentiellement n\u00e9gative (d\u00e9sorganisatrice) du traumatisme sur l\u2019organisation psychique ; comme Freud le sugg\u00e8re, il peut entra\u00eener des \u00ab atteintes pr\u00e9coces du Moi \u00bb sous forme de \u00ab blessures d\u2019ordre narcissique \u00bb ; ces <em>traumas<\/em> (qui concernent les empreintes de l\u2019objet, ou l\u2019action de l\u2019environnement, qui peuvent survenir avant l\u2019\u00e9tablissement du langage) viennent perturber et renforcer les premiers op\u00e9rateurs d\u00e9fensifs tels le d\u00e9ni, le clivage, la projection (l\u2019identification projective), l\u2019id\u00e9alisation, l\u2019omnipotence, etc. ; ils peuvent organiser des \u00ab zones psychiques mortes \u00bb (des \u00ab cryptes \u00bb) du fait de l\u2019absence de repr\u00e9sentation, de figuration et de symbolisation qu\u2019ils entra\u00eenent (ex : la \u00ab crainte de l\u2019effondrement \u00bb de Winnicott &#8211; un <em>trauma<\/em> qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu, mais qui n\u2019a pas pu \u00eatre \u00ab \u00e9prouv\u00e9 \u00bb) ; ce qui est ainsi d\u00e9sign\u00e9 par \u00ab <em>trauma<\/em> \u00bb int\u00e9resse donc les cat\u00e9gories du primaire, et, de ce fait, est au centre des pr\u00e9occupations de toute l\u2019analyse contemporaine. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La question du traumatisme est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 celle des avanc\u00e9es en psychanalyse<\/h2>\n\n\n\n<p> 1- <em>Si Freud a \u00e9tabli le concept de traumatisme<\/em>, c\u2019est n\u00e9anmoins Ferenczi (aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab l\u2019anc\u00eatre \u00bb de Winnicott<sup>8<\/sup>) qui a approfondi la question du traumatisme, versus <em>trauma<\/em> tel que je viens de le d\u00e9finir (\u00ab endommagement narcissique \u00bb, \u00ab auto-clivage narcissique \u00bb, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Les hypoth\u00e8ses avanc\u00e9es par Ferenczi vont pour l\u2019essentiel concerner une formulation m\u00e9tapsychologique de la th\u00e9orie de la s\u00e9duction en articulation avec celle du traumatisme qui t\u00e9moigne de l\u2019in\u00e9vitable de la s\u00e9duction li\u00e9e \u00e0 l\u2019objet (objet \u00ab trop pr\u00e9sent \u00bb ou \u00ab trop absent \u00bb &#8211; de toute fa\u00e7on, \u00ab objet en trop \u00bb, c\u2019est \u00e0 dire objet inad\u00e9quat). Pour Ferenczi, le <em>trauma<\/em> n\u2019est pas seulement li\u00e9 aux cons\u00e9quences d\u2019un fantasme de s\u00e9duction ou de castration, mais il trouve son origine dans les avatars d\u2019un certain type de destin libidinal li\u00e9 \u00e0 l\u2019action excessive et violente d\u2019une excitation sexuelle pr\u00e9matur\u00e9e, qui, suivant certaines circonstances, prend alors la valeur d\u2019un viol psychique. Cette effraction a pour cons\u00e9quence la sid\u00e9ration du Moi, ainsi que l\u2019asphyxie, voire l\u2019agonie de la vie psychique : ainsi, pour Ferenczi, le <em>trauma<\/em> doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme r\u00e9sultant d\u2019une absence de r\u00e9ponse de l\u2019objet face \u00e0 une situation de d\u00e9tresse. <\/p>\n\n\n\n<p>Cette <em>absence<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>mutile \u00e0 jamais le Moi du fait du traumatisme narcissique qu\u2019elle op\u00e8re comme des clivages qu\u2019elle cr\u00e9e ;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>maintient une souffrance psychique en relation \u00e0 l\u2019int\u00e9riorisation d\u2019un objet primaire \u00ab d\u00e9faillant \u00bb ;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>et entra\u00eene une sensation de d\u00e9tresse primaire (d\u2019<em>Hilflosigkeit<\/em>) qui, la vie durant, se r\u00e9active \u00e0 la moindre occasion.  <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Pour Ferenczi les <em>traumas<\/em> ont donc un soubassement m\u00e9tapsychologique bien diff\u00e9rents de ceux que Freud th\u00e9orisait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, puisque, pour lui, il ne s\u2019agirait pas de <em>trauma<\/em> secondaire \u00e0 une s\u00e9duction (<em>via<\/em> les soins maternels ou <em>via<\/em> l\u2019absence de l\u2019objet \u2013 comme Freud le propose \u00e0 partir d\u2019<em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>), mais bien de viol de la pens\u00e9e et de l\u2019affect &#8211; par disqualification de l\u2019affect et par le d\u00e9ni de la reconnaissance de l\u2019affect et de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 par l\u2019objet (la m\u00e8re, ou son tenant lieu). &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces conjonctures psychiques entra\u00eenant des subornations, du fait :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>des \u00ab exc\u00e8s \u00bb des demandes parentales,<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>des \u00ab privations d\u2019amour \u00bb (tant sur le plan primaire que secondaire),<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>ou des \u00ab m\u00e9connaissances \u00bb des besoins de l\u2019enfant,<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>qui toutes engendrent une \u00ab paralysie psychique \u00bb, voire une sid\u00e9ration psychique, qui confinent le plus souvent au d\u00e9sespoir. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Comme on le voit, avec de telles avanc\u00e9es, non seulement la nature du <em>trauma<\/em> se modifie consid\u00e9rablement, mais de plus ses effets s\u2019aggravent : non seulement la sexualit\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre seule en question, mais encore, d\u00e9fendant sa conception de la confusion des langues, Ferenczi d\u00e9crit ici une modalit\u00e9, jusque l\u00e0 inaper\u00e7ue, du traumatisme, puisqu\u2019il met en cause la nature de l\u2019objet (et par voie de cons\u00e9quence, celle de l\u2019analyste : entre autres, son \u00ab hypocrisie professionnelle \u00bb).On doit remarquer que le traumatisme dont il est question concerne tout autant les r\u00e9ponses de l\u2019objet qui avaient fait d\u00e9faut, que celles qui avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es de mani\u00e8re inappropri\u00e9e (alors ressentie par le sujet comme \u00ab disqualifiante \u00bb), pour satisfaire les d\u00e9sirs de l\u2019adulte ou pour parer \u00e0 la d\u00e9tresse de l\u2019enfant. On sait qu\u2019apr\u00e8s Ferenczi d\u2019autres auteurs ont d\u00e9velopp\u00e9 cette ligne de pens\u00e9e : ce fut le cas plus particuli\u00e8rement de Winnicott. &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Avec Ferenczi, le <em>trauma<\/em> change donc de vertex, car s\u2019il est apparemment sexuel (\u00ab s\u00e9duction \u00bb de l\u2019enfant par l\u2019adulte &#8211; le langage de la tendresse confondu avec le \u00ab langage de la passion \u00bb) il s\u2019inscrit, en fait, dans une exp\u00e9rience avec l\u2019objet (ce qui devient, chez Winnicott, l\u2019empreinte de l\u2019environnement et de ses carences) qui s\u2019inscrit non pas au regard de ce qui a eu lieu, mais au regard de et \/ ou dans ce qui n\u2019a pas pu avoir lieu\u2026 exp\u00e9rience n\u00e9gativante du fait des \u00ab carences de l\u2019objet primaire \u00bb li\u00e9es \u00e0 une s\u00e9rie de non-r\u00e9ponses de celui-ci face aux besoins affectifs du sujet, entra\u00eenant chez ce dernier une \u00ab agonie \u00bb, une \u00ab asphyxie \u00bb de la vie psychique, une \u00ab paralysie \u00bb de la pens\u00e9e, une \u00ab paralysie \u00bb du Moi, secondaires \u00e0 ses blessures non cicatrisables ; ceci entra\u00eene une \u00ab auto-d\u00e9chirure \u00bb (un clivage) dont il dit qu\u2019elle transforme brutalement \u00ab la relation d\u2019objet, devenue impossible, en une relation narcissique \u00bb (un \u00ab fait d\u2019observation g\u00e9n\u00e9rale \u00bb)<sup>9<\/sup>. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les avanc\u00e9es de Ferenczi concernent le fait qu\u2019il a reconnu, avant quiconque :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>l\u2019importance de l\u2019environnement et des empreintes psychiques maternelles (ce qui deviendra les \u00ab carences de l\u2019environnement \u00bb, ou l\u2019environnement \u00ab non-facilitateur \u00bb chez Winnicott) ;<\/li><li>la prise en consid\u00e9ration de l\u2019importance, pour certains patients dans le cours de l\u2019analyse, de l\u2019\u00e9tablissement et du d\u00e9veloppement d\u2019une relation primaire (\u00e9tablissement d\u2019une \u00ab relation symbiotique primitive \u00bb), permettant la compr\u00e9hension des fantasmes pr\u00e9coces m\u00e8re-enfant ;<\/li><li>l\u2019importance de l\u2019amour primaire et de la haine primaire : la haine \u00e9tant un moyen de fixation plus fort que l\u2019amour (\u00ab l\u2019amour de la haine \u00bb) ;<\/li><li>le clivage entre les pens\u00e9es et le corps (\u00ab clivage somato-psychique \u00bb) ;<\/li><li>le \u00ab clivage du moi \u00bb et le \u00ab clivage narcissique \u00bb comme cons\u00e9quences de traumatismes psychiques pr\u00e9coces (notamment dans les cas de traumatismes d\u2019avant l\u2019acquisition du langage) ; etc. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il suffit de se r\u00e9f\u00e9rer aux derni\u00e8res propositions de Ferenczi concernant l\u2019effet du \u00ab traumatisme narcissique \u00bb et les atteintes pr\u00e9coces du Moi qu\u2019il entra\u00eene (\u00ab effets n\u00e9gatifs \u00bb du <em>trauma<\/em>, repris par Freud dans <em>L\u2019Homme Mo\u00efse<\/em>, en 1938), pour mesurer la place que Ferenczi accorde \u00e0 la \u00ab destructivit\u00e9 \u00bb psychique et aux cons\u00e9quences de celles-ci dans la cure<sup>10<\/sup>. C\u2019est dans son <em>Journal Clinique<\/em> (janvier-octobre 1932)<sup>11<\/sup>, \u00e9crit qui n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9 \u00e0 la publication, qu\u2019il a tent\u00e9, \u00e0 sa fa\u00e7on, de rendre compte de la n\u00e9gativit\u00e9 (morbidit\u00e9) du <em>trauma<\/em>. Dans ce texte, il est insensiblement conduit, au fil de ses investigations clinico-th\u00e9oriques ainsi que th\u00e9orico-pratiques, il est insensiblement conduit \u00e0 interroger les effets de la \u00ab douleur \u00bb psychique et de ses cons\u00e9quences dans les cat\u00e9gories psychiques qui rel\u00e8vent des failles auto-\u00e9rotiques, des avatars de l\u2019amour et de la haine primaire, ainsi que des manques au niveau du narcissisme primaire qui entra\u00eenent des clivages narcissiques, des d\u00e9fauts de symbolisation et des troubles de la pens\u00e9e, des \u00e9tats d\u2019alt\u00e9ration du Moi (\u00ab \u00e9tats-limites \u00bb), des d\u00e9pressions anaclitiques, voire essentielles, des transferts passionnels, etc\u202f<sup>12<\/sup>. &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>2- <em>Chez Winnicott<\/em>, qui prolonge Ferenczi, le <em>trauma<\/em> est en relation :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>avec la d\u00e9pendance : \u00ab Le traumatisme est en rapport avec la d\u00e9pendance. Le traumatisme est ce qui rompt l\u2019id\u00e9alisation d\u2019un objet au moyen de la haine d\u2019un individu, en r\u00e9action au fait que cet objet n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 atteindre sa fonction \u00bb<sup>13<\/sup> ;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>avec la temporalit\u00e9 qui dans certaines situations extr\u00eames entra\u00eene le passage de l\u2019angoisse \u00e0 la douleur, puis de la douleur \u00e0 l\u2019agonie : \u00ab Apr\u00e8s x+y+z minutes, le retour de la m\u00e8re ne r\u00e9pare pas l\u2019alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9tat du b\u00e9b\u00e9. Le traumatisme implique que le b\u00e9b\u00e9 a \u00e9prouv\u00e9 une coupure de la continuit\u00e9 de son existence, de sorte que ses d\u00e9fenses primitives vont d\u00e8s lors s\u2019organiser de mani\u00e8re \u00e0 op\u00e9rer une protection contre la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une \u201cangoisse impensable\u201d (<em>unthinkable anxiety<\/em>) ou contre le retour de l\u2019\u00e9tat confusionnel aigu qui accompagne la d\u00e9sint\u00e9gration d\u2019une structure naissante du moi \u00bb<sup>14<\/sup>. C\u2019est ceci qui conduit l\u2019analyste \u00e0 devoir proc\u00e9der ult\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019inscription de l\u2019exp\u00e9rience qui n\u2019a pu avoir lieu : \u00ab La r\u00e9ponse par le contre-transfert est celle qui aurait du avoir lieu de la part de l\u2019objet \u00bb (Green A., 1974)<sup>15<\/sup>. <\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>3- <em>Chez Masud Khan<\/em>, le concept de \u00ab traumatisme cumulatif \u00bb<sup>16<\/sup> rend compte du fait que les d\u00e9faillances de la m\u00e8re, dans son r\u00f4le de barri\u00e8re pare-excitante protectrice, ne sont pas traumatisantes au moment m\u00eame ; elles ne le deviennent, r\u00e9trospectivement, que si elles s\u2019accumulent silencieusement et imperceptiblement. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4- La question du trauma dans la clinique \u00ab d\u2019aujourd\u2019hui \u00bb : les deux types de traumatismes, traumatismes \u00ab primaires \u00bb et traumatismes \u00ab secondaires \u00bb<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le trauma et la clinique \u00ab d\u2019aujourd\u2019hui \u00bb <\/h3>\n\n\n\n<p>La question du <em>trauma<\/em> dans la clinique \u00ab d\u2019aujourd\u2019hui \u00bb est celle de l\u2019absence d\u2019un objet appropri\u00e9 disponible pour recevoir les projections d\u2019un psychisme en voie de constitution (projections aussi bien positives que n\u00e9gatives &#8211; <em>cf.<\/em>, l\u2019enfant qui observe la mani\u00e8re dont la m\u00e8re le regarde) ce qui entra\u00eene une destruction passive de l\u2019objet externe et interne du fait qu\u2019un tel objet devient pathog\u00e8ne, dans la mesure o\u00f9 il n\u2019est pas en mesure de fournir \u00e0 l\u2019enfant qui l\u2019investit libidinalement l\u2019espace psychique et \u00ab la capacit\u00e9 de r\u00eaverie \u00bb (Bion) n\u00e9cessaire pour introjecter la libido investie ; celle-ci restera alors prisonni\u00e8re du mode projectif de relation caract\u00e9ristique des investissements primaires ; ceci introduit la question du clivage dans le moi, \u00e0 savoir celle du clivage statique (ou passif) (Bion)<sup>17<\/sup>, c\u2019est-\u00e0-dire du \u00ab clivage pathog\u00e8ne \u00bb introduit par l\u2019objet (ou l\u2019environnement) et qu\u2019il est n\u00e9cessaire de distinguer du clivage dynamique (ou actif) mis en \u0153uvre par le moi pour diff\u00e9rencier les aspects bons \/ mauvais de l\u2019objet, \u00ab clivage dynamique \u00bb dont il est n\u00e9cessaire de rappeler la valeur d\u00e9veloppementale ; le \u00ab clivage statique \u00bb maintient des confusions : d\u2019une part des confusions dans la vie libidinale, entre pulsions \u00e9rotiques et pulsions destructrices, ainsi que des confusions au niveau identitaire ; par ailleurs le clivage statique entrave la constitution d\u2019un clivage dynamique qui permet, notamment par le biais de la repr\u00e9sentation des \u00e9motions et de la capacit\u00e9 \u00e0 symboliser ses affects, un d\u00e9veloppement psychique authentique (vrai <em>self<\/em>). <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">On peut distinguer deux types de traumatismes<sup>18<\/sup> <\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">a \u2013 Les traumatismes secondaires : maintien du primat du principe de plaisir \/ d\u00e9plaisir <\/h4>\n\n\n\n<p>Ils sont en relation avec la \u00ab th\u00e9orie de la s\u00e9duction \u00bb ; l\u2019aspect essentiel de ces <em>trauma<\/em> est qu\u2019ils d\u00e9sorganisent la topique psychique et les modes de rapport entre l\u2019inconscient et le pr\u00e9conscient au sein du Moi ; les repr\u00e9sentations de choses sont constitu\u00e9es et refoul\u00e9es (le psychisme a pu organiser la repr\u00e9sentation, la figuration et la symbolisation : c\u2019est-\u00e0-dire le fantasme), mais celles-ci (les repr\u00e9sentations de choses) se trouvent \u00eatre mises dans une situation brutalement condens\u00e9e et confondue avec la relation \u00e0 un objet externe (mis en position d\u2019objet \u00ab s\u00e9ducteur \u00bb) ; tout se passe comme si le fantasme inconscient se voyait brutalement \u201cr\u00e9alis\u00e9\u201d ; ceci provoque un \u00ab collapsus topique \u00bb (Janin C., 1996)<sup>19<\/sup> qui d\u00e9sorganise \u00ab l\u2019\u00e9preuve de r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, \u00ab l\u2019\u00e9preuve de la diff\u00e9rence \u00bb (la fonction de censure) et la \u00ab secondarit\u00e9 \u00bb ; le \u00ab collapsus \u00bb est li\u00e9 \u00e0 une rencontre entre la r\u00e9alisation interne du fantasme et la r\u00e9alisation externe du d\u00e9sir ; le traumatisme ne \u00ab d\u00e9sorganise \u00bb pas le primat du principe de plaisir \/ d\u00e9plaisir, il refoule la motion pulsionnelle, mais ne d\u00e9sorganise pas l\u2019introjection pulsionnelle ; c\u2019est l\u2019acc\u00e8s au pr\u00e9conscient et \u00e0 la conscience qui est barr\u00e9 : c\u2019est le barrage \u00e0 cet acc\u00e8s qui est traumatique. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">b \u2013 Les traumatismes primaires : agonie psychique et entrave de la liaison pulsionnelle <\/h4>\n\n\n\n<p>Ils d\u00e9sorganisent le lien topique entre le \u00c7a et le Moi ; ils ne sont pas seulement li\u00e9s \u00e0 des situations de \u00ab d\u00e9tresse \u00bb (<em>Hilflosigkeit<\/em>), mais \u00e0 des situations d\u2019agonie [cf., temps x (angoisse)+ y (d\u00e9tresse) +z (agonie)] ; l\u2019agonie est li\u00e9e \u00e0 une r\u00e9ponse de l\u2019objet qui est inad\u00e9quate et disqualifiante (l\u2019objet est \u00ab ailleurs \u00bb) et ne permet pas de \u00ab contenir \u00bb, de \u00ab m\u00e9taboliser \u00bb et de \u00ab lier \u00bb la d\u00e9charge pulsionnelle et cela entra\u00eene chez l\u2019<em>infans<\/em> un \u00e9tat de d\u00e9liaison pulsionnelle, v\u00e9ritable \u00ab douleur agonistique \u00bb (Roussillon R., 1999)<sup>20<\/sup>, un \u00e9tat de \u00ab terreur \u00bb et d\u2019effroi en relation avec la pouss\u00e9e pulsionnelle pour laquelle il n\u2019y a pas d\u2019issue (ni interne, ni externe) ; cette \u00ab catastrophe psychique \u00bb proche de \u00ab l\u2019agonie primitive \u00bb (Winnicott D.W., 1974)<sup>21<\/sup> a abouti \u00e0 ce que la pouss\u00e9e pulsionnelle d\u00e9borde les capacit\u00e9s de symbolisation et de repr\u00e9sentation du sujet, ainsi que du couple (interne) sujet \/ objet ; l\u2019intensit\u00e9 du <em>trauma<\/em> court-circuite les m\u00e9canismes de refoulement et le sujet, qui n\u2019a pu se constituer des repr\u00e9sentations (de choses) liantes qui lui permettraient d\u2019introjecter la pulsion, ne peut plus compter que sur les m\u00e9canismes primaires de d\u00e9fense que sont le clivage et la fragmentation. La pulsion devient alors effractive et d\u00e9sorganisatrice pour son appareil psychique (la psych\u00e9 devenant alors d\u00e9sorganis\u00e9e dans sa diff\u00e9rence entre le \u00c7a et le Moi). <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Moyens de d\u00e9fense de \u00ab survie \u00bb <\/h3>\n\n\n\n<p>Pour survivre narcissiquement, le patient se retire de son exp\u00e9rience subjective, se coupe de l\u2019introjection pulsionnelle en cours et pour ce faire, se clive lui-m\u00eame afin de s\u00e9parer la partie survivante de la partie affect\u00e9e par le traumatisme (\u00ab traumatisme narcissique \u00bb) (Ferenczi S., 1930, 1932, 1933).<sup>22,23,24<\/sup> Dans ces traumatismes narcissiques, traumatismes \u00ab en creux \u00bb, selon l\u2019excellente expression de J. Press (Press J., 1999)<sup>25<\/sup>, ce qui reste est une \u00ab trace de non-trace \u00bb sur lequel un r\u00e9investissement hallucinatoire (voire perceptif) peut venir s\u2019inscrire secondairement.<\/p>\n\n\n\n<p> Les traces de l\u2019exp\u00e9rience traumatique subsisteront et la contrainte \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition conduira \u00e0 leur r\u00e9investissement et donc \u00e0 leur r\u00e9activation ; mais alors le clivage ne sera pas suffisant en raison de la tendance constitutionnelle du moi \u00e0 l\u2019int\u00e9gration et le sujet devra sans cesse faire face au retour d\u2019une situation traumatique qui vient de l\u2019int\u00e9rieur de lui-m\u00eame sous la forme d\u2019une r\u00e9activation des traces traumatiques\u2026 Face \u00e0 l\u2019impuissance de ne pouvoir juguler l\u2019introjection pulsionnelle traumatique, on voit appara\u00eetre, outre le recours \u00e0 l\u2019hallucinatoire et \u00e0 des solutions perverses (masochisme, f\u00e9tichisme), des tentatives d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es de \u00ab meurtre \u00bb de la pulsion au moyen de solutions d\u00e9lirantes ou de comportements extr\u00eames, telles des tentatives de meurtre tout court (violence sur soi, violence sur les autres). <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p>1.  Roussillon R. (2000), Traumatismes et liaisons primaires non symboliques, \u00ab Traumatismes \u00bb, <em>Actualit\u00e9s psychosomatiques<\/em>, Association Genevoise de Psychosomatique (AGEPSO), N\u00b0 3, p.89-109.<\/p>\n\n\n\n<p>2. Freud S. (1895), Esquisse d\u2019une psychologie scientifique, in <em>La naissance de la psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F., 1969.<\/p>\n\n\n\n<p>3. Freud S. et Breuer J. (1895), <em>\u00c9tudes sur l\u2019hyst\u00e9rie<\/em>, Paris, P.U.F., 1965 ; \u00ab Les hyst\u00e9riques souffrent d\u2019un traumatisme psychique qui n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019incompl\u00e8tement abr\u00e9agi\u00bb ; \u00ab les hyst\u00e9riques souffrent de r\u00e9miniscence \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>4. Freud S. (1920), <em>Au del\u00e0 du principe de plaisir<\/em>, O.C.F., XV, Paris, P.U.F., p.273-338.<\/p>\n\n\n\n<p>5. Freud S. (1926), <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, O.C.F., XVII, Paris, P.U.F., p.203-286.<\/p>\n\n\n\n<p>6. Le traumatisme est li\u00e9 \u00e0 l\u2019angoisse de s\u00e9paration o\u00f9 aux angoisses que la s\u00e9paration entra\u00eene, ainsi Freud distingue cinq types d\u2019angoisse : l\u2019angoisse du trauma de la naissance ; l\u2019angoisse de la perte de la m\u00e8re en tant qu\u2019objet ; l\u2019angoisse de perte du p\u00e9nis ; l\u2019angoisse<br>de perte de l\u2019amour de l\u2019objet ; l\u2019angoisse de perte de l\u2019amour du surmoi.<\/p>\n\n\n\n<p>7. Freud S. (1939), <em>L\u2019Homme Mo\u00efse et la religion monoth\u00e9iste<\/em>, Paris, Gallimard, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>8. Green A. (2000), <em>Gen\u00e8se et situation des \u00e9tats limites<\/em>, <em>Les \u00c9tats Limites Nouveau paradigme pour la psychanalyse<\/em>, sous la direction de Jacques Andr\u00e9, Petite Biblioth\u00e8que de Psychanalyse, P.U.F., 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>9. Ferenczi S. (1934), \u00ab R\u00e9flexions sur le traumatisme \u00bb, <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, IV (1927-1933), Paris, Payot, 1982, p.139-147.<\/p>\n\n\n\n<p>10. On peut se rappeler que le concept de \u00ab pulsion de mort \u00bb tient une place non n\u00e9gligeable dans la pens\u00e9e de Ferenczi ; pour s\u2019en convaincre il suffit de se reporter \u00e0 \u00ab Notes et fragments \u00bb (1920 ; 1930-1933), o\u00f9 en date du 10.VIII.1930, celui-ci \u00e9crit : \u00ab Tout \u00eatre vivant r\u00e9agit probablement \u00e0 une excitation de d\u00e9plaisir par une dissolution commen\u00e7ant par une fragmentation (pulsion de mort ?). Mais au lieu de \u201cpulsion de mort\u201d, il faudrait plut\u00f4t choisir un mot qui exprime la compl\u00e8te passivit\u00e9 de ce processus. \u00bb ; Ferenczi S. (1927-1933), Psychanalyse IV, Paris, Payot, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>11. Ferenczi S (1932), <em>Journal Clinique<\/em> (janvier &#8211; octobre 1932), Paris, Payot, 1985, 298 p.<\/p>\n\n\n\n<p>12. Bokanowski T. (1997), <em>S\u00e1ndor Ferenczi<\/em>, Collection \u201cPsychanalystes d\u2019aujourd\u2019hui\u201d, Paris, P.U.F., 1997, 128p.<\/p>\n\n\n\n<p>13. Winnicott D.W. (1965), Le concept de traumatisme par rapport au d\u00e9veloppement de l\u2019individu au sein de la famille, <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, Gallimard, 2000, p.292-312.<\/p>\n\n\n\n<p>14. Winnicott D.W. (1971), La localisation de l\u2019exp\u00e9rience culturelle, <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9<\/em>, Gallimard, 1975, p.135-136.<\/p>\n\n\n\n<p>15. Green A. (1974), L\u2019analyste, la symbolisation et l\u2019absence, <em>La folie priv\u00e9e<\/em>, Paris, Gallimard, 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>16. Khan M. (1974), Le concept de traumatisme cumulatif, Le soi cach\u00e9, Gallimard, 1976.<\/p>\n\n\n\n<p>17. Bion W.R. (1963), <em>\u00c9l\u00e9ments de la psychanalyse<\/em>, Paris, P.U.F., 1978, p.60 et note.<\/p>\n\n\n\n<p>18. Je m\u2019appuie ici sur la distinction que propose R.Roussillon ; voir, Roussillon R. (2000), op.cit.<\/p>\n\n\n\n<p>19. Janin C. (1976), <em>Figures et destins du traumatisme<\/em>, Le fait psychanalytique, Paris, P.U.F.<\/p>\n\n\n\n<p>20. Roussillon R. (1999), <em>Agonie, clivage et symbolisation<\/em>, Le fait psychanalytique, Paris, P.U.F.<\/p>\n\n\n\n<p>21. Winnicott D.W. (1974), La crainte de l\u2019effondrement, <em>La crainte de l\u2019effondrement et autres situations cliniques<\/em>, Gallimard, 2000, p.205-216.<\/p>\n\n\n\n<p>22. Ferenczi S. (1930), Principe de relaxation et n\u00e9ocatharsis, <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, IV (1927-1933), Paris, Payot, 1982, p.82-97<\/p>\n\n\n\n<p>23. Ferenczi S (1932), <em>Journal Clinique<\/em> (janvier &#8211; octobre 1932), Paris, Payot, 1985, 298 p.<\/p>\n\n\n\n<p>24. Ferenczi S. (1933), Confusion des langues entre les adultes et l\u2019enfant Le langage de la tendresse et de la passion, <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, IV (1927-1933), Paris, Payot, 1982, p.125-138.<\/p>\n\n\n\n<p>25. Press J. (1997), Caract\u00e8re(s), traumatisme(s), somatisation(s), Revue fran\u00e7aise de Psychosomatique, 11, p.49-70.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10280?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Le traumatisme &#8211; mot qui d\u00e9rive du grec et qui signifie \u00e0 la fois une effraction et une blessure &#8211; d\u00e9signe les cons\u00e9quences d\u2019un \u00e9v\u00e9nement dont la soudainet\u00e9, l\u2019intensit\u00e9 et la brutalit\u00e9 peuvent non seulement entra\u00eener un choc psychique,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214],"thematique":[601],"auteur":[1625],"dossier":[801],"mode":[60],"revue":[684],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10280","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","thematique-traumatisme","auteur-thierry-bokanowski","dossier-autour-du-traumatisme","mode-payant","revue-684","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10280","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10280"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10280\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20447,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10280\/revisions\/20447"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10280"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10280"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10280"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10280"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10280"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10280"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10280"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10280"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10280"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}