{"id":10279,"date":"2021-08-22T07:31:41","date_gmt":"2021-08-22T05:31:41","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/identite-identifications-et-criminalite-breve-histoire-de-la-psychocriminologie-psychanalytique-2\/"},"modified":"2021-10-01T17:01:06","modified_gmt":"2021-10-01T15:01:06","slug":"identite-identifications-et-criminalite-breve-histoire-de-la-psychocriminologie-psychanalytique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/identite-identifications-et-criminalite-breve-histoire-de-la-psychocriminologie-psychanalytique\/","title":{"rendered":"Identit\u00e9 &#8211; Identifications et criminalit\u00e9 (Br\u00e8ve histoire de la psychocriminologie psychanalytique)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction&nbsp;: qu\u2019est ce que la psychocriminologie&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le vaste champ des sciences humaines et sociales et du droit qui traite de la criminologie, la psycho-criminologie concerne l\u2019\u00e9tude psychologique du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9linquance (criminalit\u00e9) et de la personnalit\u00e9 du d\u00e9linquant (criminel). Rappelons qu\u2019il s\u2019agit de cat\u00e9gories socio-juridiques et non psychopathologiques, m\u00eame si le DSM fait de la d\u00e9linquance un sympt\u00f4me des personnalit\u00e9s antisociales. La psychocriminologie moderne (Coutanceau, Smith, 2010&nbsp;; Senon, Lopez, Cario, 2012) est plus large que la psychopathologie qu\u2019elle contient&nbsp;: \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la dimension psychopathologique \u00e9ventuelle, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la personnalit\u00e9 du d\u00e9linquant et \u00e0 sa constitution, \u00e0 travers une histoire personnelle singuli\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u00e9tat clinique du sujet avant et au moment des faits, \u00e0 la situation dans laquelle ce sujet s\u2019est retrouv\u00e9, au passage \u00e0 l\u2019acte proprement dit et \u00e0 ses d\u00e9clencheurs, aux relations \u00e0 la victime. Dans cet axe d\u2019analyse relatif \u00e0 l\u2019articulation de l\u2019acte \u00e0 l\u2019auteur, elle \u00ab&nbsp;permet d\u2019entrer dans une compr\u00e9hension dynamique et processuelle du moment infractionnel&nbsp;\u00bb (Moulin, Villerbu, 2012, p. 201), et renouvelle \u00e9galement les modalit\u00e9s d\u2019approche du lien auteur &#8211; acte &#8211; victime. Ajoutons que ces perspectives th\u00e9oriques n\u2019ont d\u2019int\u00e9r\u00eat que pour ce qu\u2019elles soutiennent ou fondent d\u2019une approche pr\u00e9ventive et de soin, actualis\u00e9e quant \u00e0 ses pratiques cliniques (Roussillon, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa mod\u00e9lisation psychanalytique (Casoni, Brunet, 2003&nbsp;; Balier, 2005&nbsp;; Zagury, 2008&nbsp;; Ciavaldini, 2012a, b) la psychocriminologie traite du fonctionnement psychique (conscient et inconscient) du sujet d\u00e9linquant et de ses relations d\u2019objet&nbsp;: elle s\u2019attache donc, dans un environnement donn\u00e9, aux modalit\u00e9s de construction du psychisme, con\u00e7u comme appareil \u00e0 traiter les excitations pulsionnelles et \u00e0 l\u2019int\u00e9riorisation des valeurs et interdits de la culture propre au sujet, transmises par ses ascendants. Cet ensemble int\u00e9rioris\u00e9 dans le syst\u00e8me Moi-Surmoi-Id\u00e9al du Moi constitutif de la \u00ab&nbsp;personnalit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb (Freud, 1933), prohibe, en principe, les passages \u00e0 l\u2019acte criminels, et dysfonctionne dans les cas qui nous pr\u00e9occupent ici. Mais la psychocriminologie psychanalytique s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 l\u2019acte dans ses dimensions les plus op\u00e9ratoires, car celui-ci \u00ab&nbsp;dit&nbsp;\u00bb quelque chose de la probl\u00e9matique du sujet<sup>1<\/sup>&nbsp;; elle a ainsi renouvel\u00e9 la compr\u00e9hension du passage \/ recours \u00e0 l\u2019acte d\u00e9linquentiel \/ criminel, et particip\u00e9 \u00e0 la description et th\u00e9orisation d\u2019un langage du corps et de l\u2019acte (Roussillon, 2010&nbsp;; Houssier, 2015). Elle a \u00e9galement montr\u00e9 le r\u00f4le tenu par la victime&nbsp;: m\u00eame si celle-ci est utilis\u00e9e, priv\u00e9e de son alt\u00e9rit\u00e9, d\u00e9sobjectalis\u00e9e, elle tient des fonctions particuli\u00e8res pour le d\u00e9linquant au regard de son histoire personnelle et transg\u00e9n\u00e9rationnelle plus ou moins bien subjectiv\u00e9e. C\u2019est en articulant ces trois niveaux&nbsp;: l\u2019\u00e9tude du (dys)fonctionnement psychique du d\u00e9linquant, de ses relations intersubjectives et du passage \u00e0 l\u2019acte que les concepts d\u2019identit\u00e9 et d\u2019identification nous paraissent centraux dans l\u2019analyse psychocriminologique (Chagnon, 2011, 2013), perspective \u00e9galement d\u00e9fendue par Casoni &amp; Brunet (2003, p. 119-133).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Identit\u00e9 et identification&nbsp;: d\u00e9finitions cursives<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous avons ailleurs tent\u00e9 de d\u00e9finir ces concepts polys\u00e9miques et de r\u00e9sumer les principaux travaux psychanalytiques sur la question&nbsp;: rappelons-en cursivement l\u2019essentiel (Marty, Chagnon, 2006&nbsp;; Chagnon, 2008). L\u2019identification est un \u00ab&nbsp;processus psychologique par lequel un sujet assimile un aspect, une propri\u00e9t\u00e9, un attribut de l\u2019autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le mod\u00e8le de celui-ci. La personnalit\u00e9 se constitue et se diff\u00e9rencie par une s\u00e9rie d\u2019identifications&nbsp;\u00bb (Laplanche, Pontalis, 1967, p. 187). Il n\u2019est donc possible de parler d\u2019identifications qu\u2019au pluriel et Freud ne laissera pas de conception d\u2019ensemble achev\u00e9e. Il est ainsi successivement question d\u2019un sympt\u00f4me et d\u2019un fantasme (identification hyst\u00e9rique), d\u2019un m\u00e9canisme d\u00e9fensif contre la perte d\u2019objet (dont le prototype pathologique est l\u2019identification narcissique de type m\u00e9lancolique), puis d\u2019un m\u00e9canisme constitutif de la personnalit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire des diff\u00e9rentes instances psychiques (identification introjective primaire et secondaire). Au-del\u00e0 de ces multiples formes, la notion garde une unit\u00e9 \u00e0 travers la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses pr\u00e9curseurs, l\u2019incorporation orale et l\u2019introjection&nbsp;: nous nous nourrissons psychiquement des apports des autres que nous faisons n\u00f4tres par un processus de d\u00e9gradation, de transformation et d\u2019\u00e9laboration, ce qui justifie la m\u00e9taphore digestive. L\u2019identification est \u00e0 la fois un effet et un mode de traitement de la pulsion et de la perte de l\u2019objet&nbsp;: l\u2019identification transforme par introjection les investissements libidinaux d\u2019objet en investissement libidinaux du Moi, narcissiques, afin que le Moi se d\u00e9veloppe. Elle conserve ainsi l\u2019objet dans le Moi et le Moi qui s\u2019\u00e9taye sur l\u2019objet. Mais si elle construit la personnalit\u00e9 psychique du sujet, l\u2019identification peut tout aussi bien l\u2019ali\u00e9ner quand l\u2019objet n\u2019est pas dig\u00e9r\u00e9, mais \u00ab&nbsp;gob\u00e9 tout cru&nbsp;\u00bb, et vient emboliser, hanter \u00e0 son insu le sujet et surtout sa conduite et son comportement&nbsp;: les notions d\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur, incorporative, projective, endocryptique, etc., tenteront de rendre compte de ces aspects o\u00f9 le poids de la transmission psychique du transg\u00e9n\u00e9rationnel se fait sentir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9, n\u2019est pas un concept freudien, mais postfreudien, dont se sont particuli\u00e8rement saisis les psychanalystes d\u2019adolescents. Dans sa version psychique (\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019identit\u00e9 biologique et sociale) l\u2019identit\u00e9 (le sentiment d\u2019identit\u00e9) d\u00e9signe trois composantes intriqu\u00e9es&nbsp;: un sentiment de continuit\u00e9 d\u2019\u00eatre, objet d\u2019une prise de conscience r\u00e9flexive (\u00eatre soi-m\u00eame)&nbsp;; un sentiment d\u2019unit\u00e9 impliquant la capacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer des exp\u00e9riences diverses sinon \u00e9clat\u00e9es&nbsp;; un sentiment d\u2019estime de soi, d\u2019investissement narcissique positif (Chiland, 2000). L\u2019identit\u00e9 se construit dans un aller-retour entre soi et les autres, emprunt (introjection\/incorporation) et pr\u00eat (projection) aux autres. Identit\u00e9 et identification sont indissolublement li\u00e9es car si la construction de l\u2019identit\u00e9 s\u2019\u00e9taye sur les identifications, elle exige \u00e9galement de s\u2019en d\u00e9prendre pour \u00eatre soi, \u00e0 la fois semblable et diff\u00e9rent, ce qui sp\u00e9cifiera le travail de subjectivation (Cahn, 2006). On sait toute la fortune actuelle de ce concept dont les avatars sont constitutifs des pathologies limites ou encore narcissiques-identitaires qui caract\u00e9risent aujourd\u2019hui nombre de d\u00e9linquants ou de criminels (Roussillon, 1999).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les pionniers de la psychocriminologie psychanalytique<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour revenir plus attentivement sur les al\u00e9as de la construction identitaire-identificatoire chez les criminels, il nous faut revenir bri\u00e8vement sur l\u2019histoire de la psychocriminologie psychanalytique, sans aucune pr\u00e9tention d\u2019exhaustivit\u00e9, mais en assumant nos choix. Celle-ci commence avec Freud (1916, 1928) et ses \u00ab&nbsp;lieutenants&nbsp;\u00bb, Abraham et Ferenczi. D\u2019embl\u00e9e, face aux th\u00e8ses constitutionnalistes et h\u00e9r\u00e9ditaires de l\u2019\u00e9poque, l\u2019id\u00e9e d\u2019un d\u00e9terminisme inconscient (pulsionnel) du ph\u00e9nom\u00e8ne criminel est affirm\u00e9e, ce qui signifie que celui-ci est, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des n\u00e9vroses et des psychoses, accessible tant \u00e0 une intelligibilit\u00e9 clinique et th\u00e9orique qu\u2019\u00e0 une action psychoth\u00e9rapique voire p\u00e9dagogique. Et ce, m\u00eame si Freud a pu douter de l\u2019int\u00e9r\u00eat, comme pour les psychotiques d\u2019ailleurs, pour des motifs d\u2019absence de transfert, en fait plus vraisemblablement de contre-transfert hostile, mal ma\u00eetris\u00e9 et \u00e9labor\u00e9. Ces travaux croisent ceux relatifs aux perversions et aux passages \u00e0 l\u2019acte (<em>agieren<\/em>). Une double voie d\u2019investigation est alors envisag\u00e9e, l\u2019une qui s\u2019est attach\u00e9e \u00e0 profiler avant l\u2019heure une personnalit\u00e9 dite criminelle, perspective d\u00e9su\u00e8te aujourd\u2019hui, et l\u2019autre qui visait \u00e0 expliquer\/comprendre le processus ou la dynamique criminelle en l\u2019ins\u00e9rant dans un parcours de vie. Dans ces deux perspectives, l\u2019\u00e9tude des instances de contr\u00f4le et des instances morales, de leur gen\u00e8se et de leur (dys)fonctionnement, voire de leur transformation, est au c\u0153ur des pr\u00e9occupations. Les tendances criminelles, qu\u2019elles soient issues des pulsions sexuelles (cruaut\u00e9, sadisme) ou d\u2019une r\u00e9action \u00e0 leur frustration ou encore une \u00e9manation du narcissisme ou enfin des pulsions de destruction, font partie du \u00ab&nbsp;chaudron pulsionnel&nbsp;\u00bb et elles sont donc inh\u00e9rentes \u00e0 l\u2019humain&nbsp;: c\u2019est leur ma\u00eetrise et sublimation difficile, entrav\u00e9e ou impossible, qui sera d\u00e8s lors l\u2019objet d\u2019\u00e9tude.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Freud, dans un premier temps, la criminalit\u00e9 est con\u00e7ue comme effet d\u2019\u00ab&nbsp;un \u00e9gocentrisme illimit\u00e9 et (d\u2019)une forte tendance destructrice&nbsp;\u00bb auxquels s\u2019associent \u00ab&nbsp;l\u2019absence d\u2019amour, le manque de valorisation affective des objets (humains)&nbsp;\u00bb (1928, p. 162), soit des tendances positives et n\u00e9gatives (en plein et en creux) non conflictualis\u00e9es par des interdits moraux absent\u00e9s de la sc\u00e8ne psychique&nbsp;: le Surmoi est vacuitaire, les id\u00e9aux ne sont pas porteurs des valeurs culturelles g\u00e9n\u00e9rales. Ainsi peut-on comprendre l\u2019absence de culpabilit\u00e9 et de remords du criminel&nbsp;: le criminel n\u2019a pas de conflit interne ou alors celui-ci est transpos\u00e9 sur la sc\u00e8ne externe, l\u00e0 o\u00f9 le n\u00e9vros\u00e9 souffre d\u2019un conflit interne. Mais tr\u00e8s vite Freud complexifie cette position, invalidant \u00e0 l\u2019avance des positions structurales ou structuralistes un peu trop fig\u00e9es\u2026 Il d\u00e9crit des criminels par sentiment de culpabilit\u00e9 (1916) dont Dosto\u00efevski (1928) constituera une illustration remarquable&nbsp;: ainsi fait-il de l\u2019auteur un cr\u00e9ateur, un moraliste, un n\u00e9vros\u00e9 et un criminel, mais surtout un masochiste, anticipant quelque peu les personnalit\u00e9s <em>patchwork<\/em> de la clinique contemporaine. Il s\u2019agit ici de personnalit\u00e9s qui commettent des crimes non pas car elles sont d\u00e9pourvues de sentiment moral, mais pour se soulager d\u2019un exc\u00e8s de sentiment de culpabilit\u00e9, que Freud relie aux vicissitudes du conflit \u0153dipien et du \u00ab&nbsp;complexe paternel&nbsp;\u00bb et donc \u00e0 la pes\u00e9e d\u2019un Surmoi cruel.<\/p>\n\n\n\n<p>De la synth\u00e8se th\u00e9orique op\u00e9r\u00e9e par Freud en 1923 puis 1933, il ressort que si l\u2019identification (secondaire) constitue, avec la sublimation, la voie de sortie du complexe d\u2019\u0152dipe, l\u2019identification primaire constitutive du Moi a pour base l\u2019identification aux parents aim\u00e9s et aimants en compensation de leur perte (renoncement), alors que l\u2019identification \u00e0 l\u2019objet id\u00e9alis\u00e9 est constitutive de l\u2019Id\u00e9al du Moi qui prescrit, l\u2019identification \u00e0 l\u2019objet interdicteur \u00e9tant, elle, constitutive du Surmoi qui proscrit. C\u2019est cet ensemble qui dysfonctionne dans la criminalit\u00e9, chacun des successeurs de Freud apportant sa pierre \u00e0 la compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Klein (1927, 1934) s\u2019engouffrera dans la br\u00e8che laiss\u00e9e par la th\u00e9orie du criminel par sentiment de culpabilit\u00e9 pour d\u00e9crire une culpabilit\u00e9 archa\u00efque taraudante, li\u00e9e \u00e0 un Surmoi lui-m\u00eame pr\u00e9coce, fait de l\u2019incorporation d\u2019une imago maternelle accusatrice, construite par projection des pulsions sadiques pr\u00e9g\u00e9nitales du jeune enfant. D\u2019embl\u00e9e nous voyons donc qu\u2019une double perspective th\u00e9orique se dessine&nbsp;: absence ou exc\u00e8s de Surmoi par carence identificatoire \u00e0 un objet interdicteur, champ libre pour des perspectives oppos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Abraham (1925) qui, \u00e0 travers son \u00e9tude clinique d\u2019un cas d\u2019escroc, mettra l\u2019accent, comme facteur des tendances antisociales de son sujet, sur les vicissitudes identificatoires du fait de carences affectives maternelles pr\u00e9coces et d\u2019une impossibilit\u00e9 d\u2019id\u00e9aliser le p\u00e8re. Mais il y ajoute deux \u00e9l\u00e9ments d\u2019analyse importants&nbsp;: d\u2019abord les tendances \u00e0 la falsification et \u00e0 l\u2019escroquerie du sujet r\u00e9p\u00e8tent en les inversant activement le sens des manques subis -le sujet cherche \u00e0 se faire aimer\/admirer pour mieux provoquer la d\u00e9ception et la sanction-, ensuite la modification du syst\u00e8me antisocial sous l\u2019effet d\u2019une relation amoureuse avec une femme \u00e2g\u00e9e, substitut maternel \u00e9vident, soit \u00ab&nbsp;la gu\u00e9rison par l\u2019amour&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A la m\u00eame \u00e9poque Aichhorn (1925) d\u00e9crit, \u00e0 partir de son exp\u00e9rience d\u2019\u00e9ducateur aupr\u00e8s de \u00ab&nbsp;jeunes en souffrance&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;d\u00e9linquants caract\u00e9riels&nbsp;\u00bb, soit la psychopathie avant l\u2019heure. Il identifie trois grands facteurs \u00e9tiologiques&nbsp;: la d\u00e9linquance par exc\u00e8s d\u2019amour (narcissique), par exc\u00e8s de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, et par exc\u00e8s d\u2019amour et de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, contestant ainsi la th\u00e9orie en vigueur des \u00ab&nbsp;criminels n\u00e9s&nbsp;\u00bb. Dans tous les cas, la carence relationnelle subie (ici Aichhorn anticipe les travaux sur l\u2019attachement) distord le d\u00e9veloppement qui reste fix\u00e9 sur des bases narcissiques. Tourn\u00e9s vers eux-m\u00eames, ces jeunes \u00ab&nbsp;sauvageons&nbsp;\u00bb ont une faible capacit\u00e9 empathique (identificatoire) \u00e0 autrui avec lesquels ils peinent \u00e0 entrer en relation socialis\u00e9e, le principe de plaisir prime sur le principe de r\u00e9alit\u00e9 d\u2019o\u00f9 des r\u00e9gulations agies et agressives en circuit court plut\u00f4t que des r\u00e9gulations longues et diff\u00e9r\u00e9es (retenue, symbolisation, sublimation). Les al\u00e9as des identifications, carentielles au niveau du Moi et du Surmoi-Id\u00e9al du Moi (encore non diff\u00e9renci\u00e9s dans la th\u00e9orie freudienne), seront l\u2019objet m\u00eame du travail \u00e9ducatif d\u2019Aichhorn, bas\u00e9 sur l\u2019utilisation du transfert sur l\u2019\u00e9ducateur.<\/p>\n\n\n\n<p>En germe dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Aichhorn sont contenus tous les travaux \u00e0 venir sur l\u2019importance de l\u2019environnement primaire et les effets antisociaux des carences de celui-ci. Spitz, Bowlby et m\u00eame Winnicott s\u2019en inspireront. Ce dernier y puisera les racines de la tendance antisociale (1956)&nbsp;: celle-ci convoque l\u2019environnement primaire et \u00e9largi qui pourra (ou non) la gu\u00e9rir spontan\u00e9ment, la d\u00e9linquance caract\u00e9rielle av\u00e9r\u00e9e relevant d\u2019un effondrement du milieu \u00e0 la prendre en charge. C\u2019est le m\u00eame Winnicott (1963) qui \u00ab&nbsp;r\u00e8glera&nbsp;\u00bb la question concernant l\u2019exc\u00e8s ou la carence surmo\u00efque, en montrant que la carence du Surmoi post-\u0153dipien (d\u2019essence paternelle), mais plus fondamentalement d\u2019empathie et de sollicitude pour l\u2019objet, revient \u00e0 une difficult\u00e9 du nourrisson \u00e0 \u00ab&nbsp;trouver\/cr\u00e9er&nbsp;\u00bb l\u2019objet (maternel) et ainsi \u00e0 \u00e9laborer le sentiment de culpabilit\u00e9 inconscient li\u00e9 aux attaques fantasmatiques contre le corps de la m\u00e8re. La carence affective est donc responsable de l\u2019absence de Surmoi (de sentiment de culpabilit\u00e9 conscient) et du maintien du sentiment de culpabilit\u00e9 inconscient non \u00e9labor\u00e9, du Surmoi archa\u00efque alli\u00e9 \u00e0 un Id\u00e9al du moi grandiose. R. Roussillon (2010) poussera au maximum ce mod\u00e8le o\u00f9 l\u2019acte de d\u00e9linquance a toujours, selon lui, une potentialit\u00e9 messag\u00e8re, m\u00eame si parfois la tendance antisociale perd l\u2019espoir et l\u2019attente de l\u2019objet qu\u2019elle contient et mute alors en rage destructrice de l\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Nouvelles perspectives et apparition de la question identitaire<\/h2>\n\n\n\n<p>Par la suite, d\u2019autres auteurs viendront enrichir le d\u00e9bat en apportant de nouvelles perspectives&nbsp;: Ferenczi (1932) puis A. Freud (1936), qui ne le cite pas, d\u00e9criront et th\u00e9oriseront l\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur, concept aujourd\u2019hui tr\u00e8s utilis\u00e9, peut-\u00eatre trop du fait de ses facilit\u00e9s d\u2019emploi (PP, 2013). Freud (1920) en parle initialement, sans employer le terme, \u00e0 propos de l\u2019enfant qui joue, et qui, en imitant un adulte dont il d\u00e9pend (m\u00e8re, docteur), renverse le sens des excitations traumatiques subies en excitations agies (sur un tiers). Ferenczi (1932), dans son c\u00e9l\u00e8bre article sur <em>La confusion des langues<\/em>, invente le terme et l\u2019utilise dans le cadre des agressions sexuelles, plus globalement, des situations que nous qualifions aujourd\u2019hui d\u2019extr\u00eames, o\u00f9 l\u2019enfant, face \u00e0 la peur et la d\u00e9tresse subies, s\u2019identifie massivement \u00e0 son agresseur auquel il se soumet totalement&nbsp;: \u00ab&nbsp;cette peur quand elle atteint son point culminant, oblige les enfants \u00e0 se soumettre automatiquement \u00e0 la volont\u00e9 de l\u2019agresseur, \u00e0 deviner le moindre de ses d\u00e9sirs, \u00e0 ob\u00e9ir en s\u2019oubliant compl\u00e8tement, et \u00e0 s\u2019identifier totalement \u00e0 l\u2019agresseur. Par identification, disons par introjection de l\u2019agresseur, celui-ci dispara\u00eet en tant que r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, et devient intrapsychique&nbsp;\u00bb. V. Estellon (2010) estime qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une origine possible des confusions dedans\/dehors, sujet\/objet rencontr\u00e9es dans les \u00e9tats-limites, car cette configuration ne permet plus \u00e0 l\u2019autre d\u2019\u00eatre reconnu dans son alt\u00e9rit\u00e9. La violence subie est int\u00e9rioris\u00e9e de fa\u00e7on confuse car d\u00e9ni\u00e9e par l\u2019agresseur qui disqualifie le v\u00e9cu de l\u2019enfant et l\u2019emp\u00eache de mettre des mots sur l\u2019exp\u00e9rience. D\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, des injonctions paradoxales et la d\u00e9qualification parentale peuvent produire des difficult\u00e9s \u00e0 distinguer le bien du mal, le bon du mauvais, le juste de l\u2019injuste, l\u2019impossibilit\u00e9 de qualifier ces valeurs entra\u00eenant des failles dans la construction du Surmoi, failles propices aux passages \u00e0 l\u2019acte.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi ces auteurs r\u00e9pondent-ils avant coup \u00e0 la remarque tr\u00e8s pertinente de Lagache, auteur d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre \u00ab&nbsp;Psychocriminogen\u00e8se&nbsp;\u00bb (1950), qui recommandait de ne pas oublier que les troubles de la socialisation et de l\u2019identification des d\u00e9linquants doivent \u00eatre envisag\u00e9s non seulement dans leurs aspects n\u00e9gatifs, mais \u00e9galement dans leurs aspects positifs&nbsp;: \u00ab&nbsp;il ne suffit pas de dire \u00e0 qui le d\u00e9linquant ne s\u2019identifie pas, il faut dire \u00e0 qui et \u00e0 quoi il s\u2019identifie&nbsp;\u00bb (p. 189), et comment il le fait, serions-nous tent\u00e9s de rajouter. Le m\u00eame auteur, dont on sait qu\u2019il est, en France, \u00ab&nbsp;l\u2019inventeur&nbsp;\u00bb de la psychologie clinique, mais \u00e9galement de la psychologie sociale clinique, insistait pour que soit prise en compte la double dimension intrapersonnelle et interpersonnelle (sociale) dans l\u2019analyse des conduites criminelles. Aux identifications \u00ab&nbsp;distorses&nbsp;\u00bb laiss\u00e9es dans la personnalit\u00e9 par les frustrations pr\u00e9coces correspondent un essai de restauration maladroite d\u2019une vie sociale et morale pas toujours marginale (le milieu d\u00e9linquant). Lagache a d\u2019ailleurs introduit la notion \u00ab&nbsp;d\u2019identifications h\u00e9ro\u00efques&nbsp;\u00bb par lesquelles le d\u00e9linquant se d\u00e9fendait de conflits inconscients p\u00e9nibles, d\u00e9pressog\u00e8nes, en agissant au-dehors ses conflits, sur un mode hypomaniaque, antid\u00e9presseur. Le m\u00eame auteur contribuait plus tard (1961) \u00e0 diff\u00e9rencier le Moi Id\u00e9al de l\u2019Id\u00e9al du Moi&nbsp;: le Surmoi correspond \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 int\u00e9rioris\u00e9e, et l\u2019Id\u00e9al du Moi \u00e0 la fa\u00e7on dont le sujet doit se comporter pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019attente de l\u2019autorit\u00e9 ext\u00e9rieure, puis du Surmoi. En revanche, le Moi Id\u00e9al correspond \u00e0 un id\u00e9al narcissique de toute puissance qui n\u2019admet d\u2019identification qu\u2019\u00e0 des personnages exceptionnels et prestigieux, cas de nombreux d\u00e9linquants o\u00f9 le Moi Id\u00e9al, qui peine \u00e0 fusionner avec l\u2019Id\u00e9al du moi, est constitu\u00e9 d\u2019identifications \u00e0 l\u2019agresseur (le parent tout puissant) ou h\u00e9ro\u00efques, grandioses, le manque \u00e0 atteindre ce Moi Id\u00e9al laissant sous le coup d\u2019angoisses d\u00e9pressives narcissiques (honte, insuffisance, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la seconde partie du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle la psychopathologie psychanalytique subit une d\u00e9centration, du paradigme des n\u00e9vroses vers celui des \u00e9tats ou pathologies limites, pathologie des limites entre le dedans et le dehors, mais \u00e9galement intrasyst\u00e9miques, avec des ph\u00e9nom\u00e8nes de confusions entre instances. Ajoutons que les \u00e9tats limites, de ce fait, ont une nette propension \u00e0 l\u2019agir, externalisation au dehors de conflits intenables au-dedans. C\u2019est \u00e0 ce niveau que la notion d\u2019identit\u00e9, telle que nous l\u2019avons d\u00e9finie plus haut, devient centrale dans de nombreux travaux car elle permet d\u2019articuler une facette individuelle (pour soi) et une facette collective (pour autrui), dont les d\u00e9faillances, \u00e0 la fois \u00ab&nbsp;spatiales&nbsp;\u00bb (coh\u00e9sion de soi) et temporelles (continuit\u00e9), articul\u00e9es \u00e0 la question de l\u2019investissement narcissique (estime de soi), caract\u00e9risent les \u00e9tats limites. R. Roussillon rebaptisera d\u2019ailleurs ceux-ci sous le vocable de \u00ab&nbsp;troubles narcissiques identitaires&nbsp;\u00bb (1999) issus de traumatismes narcissiques pr\u00e9coces, voire transmis par les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes (Ciccone, 1999). R. Ka\u00ebs (2012) montrera, de son point de vue de sp\u00e9cialiste de l\u2019intersubjectivit\u00e9, comment l\u2019identit\u00e9 est affect\u00e9e dans le \u00ab&nbsp;Mal-\u00eatre&nbsp;\u00bb contemporain, du fait des modifications des \u00ab&nbsp;m\u00e9tacadres&nbsp;\u00bb socioculturels qui n\u2019\u00e9tayent plus, de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019autrefois, la construction identitaire. Quelles que soient les critiques qui ont pu \u00eatre adress\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019utilisation de ce concept, deux points retiendront notre attention&nbsp;: l\u2019identit\u00e9 est plurielle et admet une pluralit\u00e9 d\u2019identifications qui rend souvent le travail de synth\u00e8se du Moi pr\u00e9caire&nbsp;; face aux menaces identitaires (d\u00e9personnalisation, perte de continuit\u00e9, d\u00e9pression narcissique) la violence auto et h\u00e9t\u00e9ro-agressive devient une solution d\u00e9fensive de premier recours qui permet de limiter le v\u00e9cu de d\u00e9sorganisation. Dans un renversement passif \/ actif, impuissance \/ toute puissance, le sujet cliv\u00e9 (\u00ab&nbsp;c\u2019est moi et c\u2019est pas moi&nbsp;\u00bb) restaure un sentiment d\u2019existence face \u00e0 un p\u00e9ril d\u2019inexistence (Balier, 2005) et utilise la victime comme d\u00e9positaire des souffrances traumatiques primaires non subjectiv\u00e9es qu\u2019elle lui fait endurer.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ces perspectives que travailleront les psychocriminologues contemporains pr\u00e9cit\u00e9s&nbsp;: le passage \u00e0 l\u2019acte violent est \u00e0 la fois l\u2019expression d\u2019un trouble identitaire et une tentative de restauration de l\u2019identit\u00e9 menac\u00e9e par l\u2019emprise qu\u2019elle permet sur l\u2019objet et la r\u00e9alit\u00e9. Pour notre part, nous avons propos\u00e9 de consid\u00e9rer l\u2019identification \u00e0 l\u2019agresseur comme une identification projective \u00e0 l\u2019agresseur par laquelle le d\u00e9linquant (criminel) entre dans la peau de son agresseur du pass\u00e9, pour se d\u00e9fendre contre la menace de d\u00e9sorganisation suscit\u00e9e par la confrontation \u00e0 une situation ou une victime qui r\u00e9active les traumatismes impens\u00e9s (Chagnon, 2011, 2013). L\u2019identification projective, individuelle ou mutuelle, qui expulse dans l\u2019autre des parties de soi insupportables, est en effet une forme d\u2019identification narcissique qui brouille les identit\u00e9s, \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019identification introjective qui garantit les fronti\u00e8res et les limites. D\u2019autres auteurs proposeront des concepts proches comme \u00ab&nbsp;l\u2019identification projective op\u00e9ratoire&nbsp;\u00bb (Toutenu, 2003) ou encore \u00ab&nbsp;l\u2019engr\u00e8nement&nbsp;\u00bb (Racamier, 1995), pour souligner la dimension actante de ces m\u00e9canismes o\u00f9 la victime n\u2019est plus reconnue comme telle, mais le d\u00e9positaire\/d\u00e9potoir de ce que le sujet ne peut admettre en lui, le sujet agressant \/ violant \/ tuant les \u00ab&nbsp;parties&nbsp;\u00bb de lui, d\u00e9pos\u00e9es dans sa victime, quand il ne se fait pas lui-m\u00eame vecteur de l\u2019agression d\u2019un autre, que nous avons nomm\u00e9e par procuration (Chagnon, 2010).<\/p>\n\n\n\n<p>Ces consid\u00e9rations th\u00e9oriques complexes ne doivent pas nous faire oublier qu\u2019elles n\u2019ont d\u2019int\u00e9r\u00eat que pour les perspectives th\u00e9rapeutiques qu\u2019elles ouvrent&nbsp;: face \u00e0 des sujets cliv\u00e9s et d\u00e9n\u00e9gateurs, il importe de travailler \u00e0 plusieurs et dans une interface avec la justice (Ciavaldini, Balier, 2000). Les m\u00e9canismes identificatoires-identitaires y seront puissamment \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les transferts multiples, mais la condition de leur \u00ab&nbsp;supportabilit\u00e9&nbsp;\u00bb et \u00e9laboration par les \u00e9quipes soignantes est la condition pour que ces sujets puissent esp\u00e9rer retrouver un jour une part de leur humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Il faut mesurer le courage de C. Balier d\u2019avoir intitul\u00e9 ses deux livres <em>princeps<\/em> \u00ab&nbsp;Psychanalyse des comportements (sexuels) violents&nbsp;\u00bb (1988, 1996)&nbsp;: l\u2019utilisation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du terme comportement, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 seul le langage verbal (et le mod\u00e8le de la cure type) avaient droit de cit\u00e9, a eu une valeur fondatrice de la psychocriminologie psychanalytique moderne. L\u2019acte, le comportement, \u00ab&nbsp;disent&nbsp;\u00bb quelque chose du sujet, qui \u00e9chappe aux modalit\u00e9s de symbolisation secondaire \u00e9labor\u00e9e, comme le langage verbal, qui ne constitue qu\u2019une partie des possibilit\u00e9s expressives d\u2019un sujet. Ils ont du sens, au double sens de signification (plus ou moins symbolique selon les cas) et de direction, d\u2019adresse \u00e0 l\u2019autre.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Abraham K. (1925), \u00ab&nbsp;L\u2019histoire d\u2019un chevalier d\u2019industrie \u00e0 la lumi\u00e8re de la psychanalyse&nbsp;\u00bb, in <em>Oeuvres compl\u00e8tes II<\/em> (D\u00e9veloppement de la libido, formation du caract\u00e8re, \u00e9tudes cliniques), Paris, PBP, 158-172.<\/p>\n\n\n\n<p>Aichhorn A. (1925), <em>Jeunes en souffrance. Psychanalyse et \u00e9ducation sp\u00e9cialis\u00e9e<\/em>, Champ social \u00e9ditions, 2005.<\/p>\n\n\n\n<p>Balier C. (1988), <em>Psychanalyse des comportements violents<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Balier C. (1996), <em>Psychanalyse des comportements sexuels violents<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Balier, C. (dir.) (2005). <em>La violence en abyme<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Cahn R. (2006), \u00ab&nbsp;Origines et destins de la subjectivation&nbsp;\u00bb, in Richard F., Wainrib F. (2006), <em>La subjectivation<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Casoni D., Brunet L. (2003), <em>La psychocriminologie. Apports psychanalytiques et applications cliniques<\/em>, Montr\u00e9al, Les presses de l\u2019universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J-Y (2008), \u00ab&nbsp;L\u2019identification&nbsp;\u00bb, in Marty F. (dir.) (2008), <em>Les grands concepts de la psychologie clinique<\/em>, Paris, Dunod, 77-95.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J.-Y. (2010), \u00ab\u00a0Peut-on tuer (violer) par procuration\u00a0? Traumatisme et transmission transg\u00e9n\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb, <em>L\u2019\u00e9volution Psychiatrique<\/em> 2010\u00a0; 75(1), 45-59.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J-Y (2011), \u00ab\u00a0Identification \u00e0 l\u2019agresseur et identification projective \u00e0 l\u2019adolescence. \u00c0 propos d\u2019un cas\u00a0\u00bb, <em>Topique<\/em>, n\u00b0 115, 127-140.<\/p>\n\n\n\n<p>Chagnon J-Y (2013), \u00ab\u00a0Qui est qui, qui agresse qui\u00a0? Traumatisme, passage \u00e0 l\u2019acte et identification projective \u00e0 l\u2019adolescence\u00a0\u00bb, <em>Perspectives Psy<\/em>, N\u00b0 2\/2013, 134-139.<\/p>\n\n\n\n<p>Chiland C. (2000),\u00ab&nbsp;Identit\u00e9&nbsp;\u00bb, in Houzel D., Emmanuelli M., Moggio F. (2000), <em>Dictionnaire de psychopathologie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent<\/em>, Paris, PUF, 342-346.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciavaldini, A., Balier, C. (dir.) (2000), <em>Agresseurs sexuels&nbsp;: pathologies, suivis th\u00e9rapeutiques et cadre judiciaire<\/em>, Paris, Masson.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciavaldini A. (2012a), \u00ab&nbsp;Le mod\u00e8le psychodynamique en psychocriminologie&nbsp;\u00bb, in Senon J-L, Lopez G., Cario R. (2008), <em>Psycho-criminologie. Clinique, Prise en charge, Expertise<\/em>, Paris, Dunod, 2\u00e8me \u00e9dition (2012), ch. 3, 27-37.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciavaldini A. (2012b), \u00ab&nbsp;Nouvelles cliniques du passage \u00e0 l\u2019acte et nouvelles prises en charge th\u00e9rapeutiques&nbsp;\u00bb, in Senon J-L, Lopez G., Cario R. (2008), <em>Psycho-criminologie. Clinique, Prise en charge, Expertise<\/em>, Paris, Dunod, 2\u00e8me \u00e9dition (2012), ch. 7, 71-83.<\/p>\n\n\n\n<p>Ciccone A. (1999), <em>La transmission psychique inconsciente<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Coutanceau D., Smith J. (2010), <em>La violence sexuelle. Approche psycho-criminologique<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Estellon V. (2010), <em>Les \u00e9tats limites<\/em>, Paris, PUF<\/p>\n\n\n\n<p>Ferenczi S. (1933), \u00ab&nbsp;Confusion de langue entre les adultes et l\u2019enfant&nbsp;\u00bb, in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> IV (1927-1933), Paris, Payot, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud A. (1936), <em>Le moi et les m\u00e9canismes de d\u00e9fense<\/em>, Paris, PUF, 1969.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1916), \u00ab&nbsp;Quelques types de caract\u00e8re d\u00e9gag\u00e9s par la psychanalyse&nbsp;\u00bb, in <em>L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et autres essais<\/em>, Paris, Gallimard, 1985, 1971.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1920), <em>Au-del\u00e0 du principe de plaisir, Essais de Psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1981, 42-115.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1923), \u00ab&nbsp;Le Moi et le \u00c7a&nbsp;\u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1981, 219-275.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1928), \u00ab&nbsp;Dosto\u00efevski et le parricide&nbsp;\u00bb, in <em>R\u00e9sultats, id\u00e9es, probl\u00e8mes<\/em>, II (1921-1938), Paris, PUF, 1985, 161-179.<\/p>\n\n\n\n<p>Freud S. (1933), \u00ab&nbsp;La d\u00e9composition de la personnalit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb, in <em>Nouvelles conf\u00e9rences d\u2019introduction \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Gallimard, 1984, 62-110.<\/p>\n\n\n\n<p>Houssier F. (2015), \u00ab&nbsp;Le langage de l\u2019acte, entre appel \u00e0 l\u2019environnement et tentative de figuration&nbsp;\u00bb, in Marcelli D., Marty F. (2015), <em>Psychopathologie g\u00e9n\u00e9rale des \u00e2ges de la vie<\/em>, Elsevier-Masson, 181-192.<\/p>\n\n\n\n<p>Ka\u00ebs R. (2012), <em>Le Mal-\u00eatre<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n\n\n\n<p>Klein M. (1927), <em>Les tendances criminelles chez les enfants normaux&nbsp;;<\/em> (1934), \u00ab&nbsp;La criminalit\u00e9&nbsp;\u00bb, in <em>Essais de Psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1982, 211-228&nbsp;; 307-310.<\/p>\n\n\n\n<p>Lagache D. (1950), Psychocriminogen\u00e8se, in \u0152uvres II&nbsp;: 1947-1952 (Le psychologue et le criminel), Paris, PUF, 1979, 179-205.<\/p>\n\n\n\n<p>Lagache D. (1961), \u00ab&nbsp;La psychanalyse et la structure de personnalit\u00e9&nbsp;\u00bb, in <em>\u0152uvres<\/em> IV&nbsp;: 1956-1962 (Agressivit\u00e9, structure de la personnalit\u00e9 et autres travaux), Paris, PUF, 1982, 191-237.<\/p>\n\n\n\n<p>Laplanche J., Pontalis J. B. (1967), <em>Dictionnaire de psychanalyse<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Marty F., Chagnon J-Y (2006), \u00ab&nbsp;Identit\u00e9 et identification \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;\u00bb, <em>Encyclop\u00e9die M\u00e9dico-Chirurgicale<\/em>, 37-213-A-30.<\/p>\n\n\n\n<p>Moulin V., Villerbu L-M. (2012), \u00ab&nbsp;Examen m\u00e9dico-psychologique des auteurs&nbsp;\u00bb, in Senon J-L, Lopez G., Cario R. (2008), <em>Psycho-criminologie. Clinique, Prise en charge, Expertise<\/em>, Dunod, 2<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition (2012), ch. 17, 199-210.<\/p>\n\n\n\n<p>Racamier P. C. (1995), <em>L\u2019inceste et l\u2019incestuel<\/em>, Paris, Les \u00e9ditions du coll\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R. (1999), <em>Agonie, Clivage et Symbolisation<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R. (2010), \u00ab&nbsp;Pour introduire la question du langage du corps et de l\u2019acte&nbsp;\u00bb, In Golse B., Roussillon R. (2010), <em>La naissance de l\u2019objet<\/em>,PUF, 177-189.<\/p>\n\n\n\n<p>Roussillon R. (2012), <em>Manuel de pratique clinique<\/em>, Issy les Moulineaux, Elsevier Masson.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutenu D. (2003), \u00ab\u00a0Crime et narcissisme\u00a0: \u00e0 propos du passage \u00e0 l\u2019acte criminel\u00a0\u00bb, <em>Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, n\u00b03-2003, 983-1003.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D.W. (1956), \u00ab&nbsp;La tendance antisociale&nbsp;\u00bb, in <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris,PBP, 175-184.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott D. W. (1963), \u00ab&nbsp;\u00c9laboration de la capacit\u00e9 de sollicitude&nbsp;\u00bb, in <em>Processus de maturation chez l\u2019enfant<\/em>, Paris, PBP, 31-42.<\/p>\n\n\n\n<p>Zagury D. (2008), <em>L\u2019\u00e9nigme des tueurs en s\u00e9rie<\/em>, Paris, Plon.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10279?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction&nbsp;: qu\u2019est ce que la psychocriminologie&nbsp;? Dans le vaste champ des sciences humaines et sociales et du droit qui traite de la criminologie, la psycho-criminologie concerne l\u2019\u00e9tude psychologique du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9linquance (criminalit\u00e9) et de la personnalit\u00e9 du d\u00e9linquant (criminel). 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