{"id":10270,"date":"2021-08-22T07:31:39","date_gmt":"2021-08-22T05:31:39","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/imago-2\/"},"modified":"2021-09-15T21:10:49","modified_gmt":"2021-09-15T19:10:49","slug":"imago","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/imago\/","title":{"rendered":"Imago"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div><em>\u00ab&nbsp;Les a\u00efeux prenaient la forme de certains animaux pour nous visiter sur la terre, et ils assistaient ainsi muets observateurs aux phases de nos existences&nbsp;\u00bb.<\/em><footer>G\u00e9rard de Nerval<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Erinyes<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Nous devons le choix de ce terme (qui trouve son origine dans le champ de la biologie o\u00f9 il d\u00e9signe l\u2019acc\u00e8s d\u00e9finitif \u00e0 l\u2019\u00e9tat adulte d\u2019un insecte \u00e0 l\u2019issue de son ultime m\u00e9tamorphose) \u00e0 Carl Gustav Jung (<em>M\u00e9tamorphoses et symboles de la libid<\/em>o, 1911). Il se rapporte \u00e0 l\u2019image inconsciente de ses parents que finit par adopter un sujet donn\u00e9 (\u2026 j\u2019imagine que c\u2019est l\u00e0 le lien avec la maturit\u00e9 adolescente de l\u2019insecte) qui d\u00e9pend de plusieurs dimensions&nbsp;: la nature et l\u2019intensit\u00e9 des projections pulsionnelles de l\u2019enfant sur ses parents ou sur sa fratrie&nbsp;; l\u2019\u00e9laboration fantasmatique plus ou moins fictionn\u00e9e et romanc\u00e9e ou re-cr\u00e9\u00e9e, qui en est faite. Ces deux dimensions \u00e9tant susceptibles d\u2019\u00e9voluer en fonction de l\u2019\u00e9tape du d\u00e9veloppement du sujet (niveau de maturit\u00e9 et de d\u00e9veloppement de capacit\u00e9s d\u2019int\u00e9gration et de repr\u00e9sentation) et des phases libidinales correspondantes (plus ou moins teint\u00e9es d\u2019agressivit\u00e9 et alt\u00e9rant ainsi plus ou moins l\u2019image id\u00e9alis\u00e9e des parents).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Freud (1924), ce concept correspondait plus largement \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>des objets \u00e9trangers choisis selon le mod\u00e8le des objets infantiles<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Laplanche et Pontalis (1967), dont l\u2019ambition \u00e9tait de fournir un vocabulaire de la psychanalyse, non pour expliquer les concepts, mais pour les d\u00e9finir en tant qu\u2019outils de travail, r\u00e9unissant Jung et Freud&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>prototype inconscient de personnages qui orientent \u00e9lectivement la fa\u00e7on dont le sujet appr\u00e9hende autrui, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir des premi\u00e8res relations intersubjectives r\u00e9elles et fantasmatiques avec l\u2019entourage familial (\u2026)<\/em>&nbsp;\u00bb. Et ils ajoutent&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>il faut y voir plut\u00f4t qu\u2019une image, un sch\u00e8me imaginaire acquis, un clich\u00e9 statique \u00e0 travers quoi le sujet vise autrui<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour M\u00e9lanie Klein, cet objet interne parental introject\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre un clich\u00e9&nbsp;; porteur de fantasmes qui nous \u00e9pouvantent plus ou moins, il se divise le plus souvent en une partie \u00ab&nbsp;bonne&nbsp;\u00bb et une autre \u00ab&nbsp;mauvaise&nbsp;\u00bb plus ou moins fortement cliv\u00e9e l\u2019une de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Donald Winnicott, plus temp\u00e9r\u00e9, et n\u2019oubliant jamais le r\u00f4le de l\u2019objet dans cette affaire de \u00ab&nbsp;fant\u00f4mes&nbsp;\u00bb, tout est plus compliqu\u00e9 et plus subtil&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>l\u2019objet\u2026 la m\u00e8re ni bonne ni mauvaise, ordinaire et acceptable est suffisamment bonne en \u00e9tant capable de diminuer progressivement son adaptation en suivant la capacit\u00e9 croissante de l\u2019enfant \u00e0 se d\u00e9brouiller avec la d\u00e9faillance&nbsp;; une mauvaise m\u00e8re est celle qui frustre, qui tourmente en passant successivement de l\u2019adaptation \u00e0 la non adaptation, et\/ou encore une m\u00e8re en morceaux et qui exerce des repr\u00e9sailles, et enfin une m\u00e8re absente<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Enfance est un Paradis Perdu qui n\u2019a pas exist\u00e9 autrement que psychiquement, (nous l\u2019avons id\u00e9alis\u00e9 et fantasm\u00e9, fictionn\u00e9 et reconstruit), il si\u00e8ge dans cet arri\u00e8re-pays qu\u2019est l\u2019inconscient, lieu de d\u00e9p\u00f4t des fantasmes infantiles issus des traces mn\u00e9siques pr\u00e9coces engramm\u00e9es lors des interrelations pr\u00e9coces. Traces heureuses ou traumatiques, li\u00e9es aux d\u00e9saccordages du d\u00e9veloppement d\u2019avec les exigences de l\u2019\u00e9ducation parentale. Celle-ci \u00e9tant tr\u00e8s largement l\u2019h\u00e9riti\u00e8re des instances surmo\u00efques grand-parentales. Les fameuses imagos sont donc des objets parentaux sous contr\u00f4le et main mise des grands-parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les figures parentales prenant la forme d\u2019objets \u00e9tranges pouvant faire office d\u2019imagos\u2026 celles et ceux retrouv\u00e9s dans les contes, tels la mar\u00e2tre et l\u2019ogre, la sorci\u00e8re et la f\u00e9e, le roi et la reine. Figure \u00e0 part, la m\u00e8re phallique ou m\u00e8re archa\u00efque toute puissante aux seinsphallus ou au phallus tout court \/ le balai de la sorci\u00e8re\u2026 la grosse dame en noir avec un parapluie qui vient effrayer Marcel Proust agonisant sur les derniers mots de sa <em>Recherche<\/em>, v\u00e9ritable tombeau consacr\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re et \u00e0 sa grand-m\u00e8re, \u00e9tant l\u2019une des plus fameuses. N\u2019oublions pas les toutes aussi c\u00e9l\u00e8bres <em>Erinyes<\/em> vengeresses (\u00ab&nbsp;chiennes de mer&nbsp;\u00bb poursuivant Oreste le matricide), et les <em>Eum\u00e9nides<\/em> bienveillantes (protectrices de ce m\u00eame Oreste sous la tutelle et l\u2019autorit\u00e9 d\u2019Ath\u00e9na).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cure, le transfert et le contre-transfert se \u00ab&nbsp;font&nbsp;\u00bb avant que de se \u00ab&nbsp;d\u00e9faire&nbsp;\u00bb, avec les imagos parentales. Ainsi le sujet peut-il aimer ou ha\u00efr son th\u00e9rapeute-reflet de ses imagos parentales avant que, le transfert liquid\u00e9, il ne s\u2019aper\u00e7oive qu\u2019il ne l\u2019aime et\/ou ne le hait plus\u2026, pour la simple et bonne raison qu\u2019il ne l\u2019avait pas vraiment aim\u00e9 et\/ou ha\u00ef. Lui qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019un reflet boueux et\/ou color\u00e9 des parents du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ici l\u00e0 le sujet aura eu tout loisir de r\u00e9fl\u00e9chir sur ses identifications plus ou moins crois\u00e9es&nbsp;; selon que ses parents ont \u00e9t\u00e9 plus ou moins bien accord\u00e9s ou pour le moins coordonn\u00e9s (coh\u00e9rence et coh\u00e9sion dans l\u2019\u00e9ducation), ou \u00e0 l\u2019inverse confusionn\u00e9s et indiff\u00e9renci\u00e9s, voire m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 avoir \u00e9t\u00e9, imbriqu\u00e9s l\u2019un dans l\u2019autre (l\u2019un contenant l\u2019autre et \u00e9tant plus ou moins conteneur pour lui, c\u2019est-\u00e0-dire soutenant). Selon ses imagos parentales donc&nbsp;; soit l\u2019image caricaturale qu\u2019il se fait de ses parents, en tant que ceux-ci sont plus ou moins d\u00e9gag\u00e9s des entraves &#8211; emprises -ali\u00e9nations &#8211; \u00e9ducatives auxquels les ont soumis leurs propres parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire simple&nbsp;: identification au surmoi des grands-parents. Jean-Paul Sartre dans son autobiographie <em>Les Mots<\/em><sup>2<\/sup> ne per\u00e7oit pas ses \u00e9l\u00e9ments projectifs, mais note bien leur source&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>j\u2019\u00e9tais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regret<\/em>s&nbsp;\u00bb. Le <em>\u00e7a<\/em> \u00ab&nbsp;monstrueux&nbsp;\u00bb du futur auteur de <em>L\u2019Etre et le N\u00e9ant<\/em>, par ailleurs surnomm\u00e9 Castor par Simone de Beauvoir, tr\u00e8s r\u00e9tif aux exigences d\u2019un surmoi bourgeois (<em>cf. L\u2019enfance d\u2019un chef<\/em><sup>3<\/sup>) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans caricaturer le fatras des cat\u00e9chismes de ses parents, de leur \u00e9ducation et leur culture. En toute mauvaise foi.<\/p>\n\n\n\n<p>Rainer Maria Rilke, plus subtil sur ce que ne peuvent, plus que ne veulent, faire les parents plus ou moins en d\u00e9tresse, saisissant que les monstres sont souvent des fant\u00f4mes d\u2019enfant curieux et attentifs \u00e0 la distance des g\u00e9niteurs, dit joliment&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tous les dragons de notre vie sont peut-\u00eatre des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-\u00eatre que des choses sans recours qui attendent que nous les secourions<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>En psychiatrie de l\u2019adolescent (d\u00e9fini par celui qui vit dans \u00ab&nbsp;l\u2019oubli de ses m\u00e9tamorphoses et rena\u00eet de partout et est sans limites&nbsp;\u00bb<sup>5<\/sup>), il est toujours \u00e9difiant apr\u00e8s avoir entendu l\u2019adolescent seul dans un espace confidentiel priv\u00e9\u2026 de recevoir ses parents et de les trouver \u00ab&nbsp;dans la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;\u00bb plut\u00f4t raisonnables\u2026 avant de v\u00e9rifier qu\u2019en effet, pour bon nombre d\u2019entre eux, ils restaient incarc\u00e9r\u00e9s dans l\u2019inconscient de leurs propres parents\u2026 Ce que n\u2019avaient pas manqu\u00e9 d\u2019observer leurs adolescents, quand incr\u00e9dules ils voyaient leurs parents redevenir des enfants devant leurs grands-parents. Ainsi une m\u00e8re au phras\u00e9 d\u00e9n\u00e9gatif intrigant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>non je ne veux absolument pas que mon fils fasse X, comme moi je l\u2019ai fait, suivant ainsi une lign\u00e9e de X dans la famille depuis la nuit des temps<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d\u2019autres cas o\u00f9 les parents de la r\u00e9alit\u00e9 externe s\u2019approchent dangereusement de leur imago\u2026 plagiat d\u2019eux-m\u00eames consentis \u00e0 leurs propres parents\u2026 ce qui est \u00e9videmment plus difficile \u00e0 dig\u00e9rer pour les enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait la place consid\u00e9rable des animaux dans la vie fantasmatique des enfants, ceux-ci peuvent d\u00e8s lors devenir l\u2019objet support d\u2019identifications et de projections pulsionnelles des imagos maternelles et paternelles. On sait aussi que la curiosit\u00e9 des enfants pour la sexualit\u00e9 des parents entra\u00eene excitation, solitude et hostilit\u00e9 vengeresse, auxquels s\u2019associe le sentiment de culpabilit\u00e9 d\u2019\u00e9prouver <em>tout \u00e7a<\/em> pour ses parents par ailleurs ador\u00e9s. Aussi, ces trois \u00e9prouv\u00e9s doivent pouvoir se d\u00e9placer des parents r\u00e9els et banals et se projeter sur des parents particuli\u00e8rement complexes et cruels.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature enfantine en est remplie, les <em>Th\u00e9nardier<\/em> pour <em>Cosette<\/em> (Bourvil le tragi-comique incarne une exceptionnelle imago dans le film <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> de Le Channois), les parents de <em>Poil de Carotte<\/em>, le petit rouquin maltrait\u00e9 par sa m\u00e8re et mal aim\u00e9 par son p\u00e8re et qui voulait \u00ab&nbsp;<em>monter au ciel par une corde de pendu<\/em>&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;Reine de la nuit&nbsp;\u00bb dans la <em>Fl\u00fbte enchant\u00e9e<\/em> de Mozart, les <em>Moldris<\/em> pour <em>Harry Potter, Freddy<\/em> dans la s\u00e9rie \u00e9ponyme, <em>etc.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mais ma pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 moi c\u2019est Mer Panado dans <em>Les Fruits du Congo<\/em> de Alexandre Vialatte<sup>6<\/sup>, figure monstrueuse emprunt\u00e9e \u00e0 Alfred Jarry<sup>7<\/sup> et&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>S\u2019il ressemble \u00e0 un animal, il a surtout la face porcine, le nez semblable \u00e0 la m\u00e2choire d\u2019un crocodile, et l\u2019ensemble de son caparaconnage de carton le fait en tout le fr\u00e8re de la b\u00eate marine la plus esth\u00e9tiquement horrible, la limule<\/em>&nbsp;\u00bb (\u2026) \u00ab&nbsp;<em>produit inqui\u00e9tant de la p\u00e9nombre, il \u00e9tait issu du faux jour, de rumeurs vagues, de souvenirs confus et de n\u00e9cessit\u00e9s po\u00e9tiques (sic) (\u2026) c\u2019\u00e9tait le l\u00e9zard mou n\u00e9 dans les alluvions d\u2019une subconscience collective qui se cherchait en t\u00e2tonnant. Sa silhouette inconsistante et sa fibre g\u00e9latineuse faisaient de lui le plus mal\u00e9fique t\u00eatard de notre mare la plus noire<\/em>&nbsp;\u00bb. On veut croire que les adolescents po\u00e8tes de ce livre imaginaient que de plus, lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019excitation archa\u00efque, sa queue se d\u00e9tacherait de lui\u2026 pour mieux repousser plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces adolescents ayant invent\u00e9 ce monstre informe n\u2019\u00e9taient pas dupes, tant il \u00e9tait \u00e0 la fois inqui\u00e9tant et protecteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>nous avions d\u00fb inventer un slogan, un slogan que nous savions menteur, afin de nous rassurer nous-m\u00eames \u00e0 son \u00e9gard&nbsp;: heureusement disons-nous \u00e0 voix basse, que nous avons vu Mer Panado<\/em>&nbsp;\u00bb et le rite obligeant \u00e0 r\u00e9pondre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>et que nous pouvons \u00eatre tranquille de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient par ailleurs amoureux de \u00ab&nbsp;<em>la grande n\u00e9gresse<\/em>&nbsp;\u00bb, somptueuse femme, qui figurait sur une immense affiche aguichante et prometteuse de belles et grandes sensualit\u00e9s maternelles&nbsp;; une femme-m\u00e8re indissociable de ce p\u00e8re, \u00e9norme mais molla\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ces deux figures imago\u00efques \u00e9taient bien li\u00e9es dans leur esprit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>car c\u2019est toujours elle qui gouverne, sous les arcades de la mairie, tandis que Mme Panado dont on ne voit jamais que le bout du fusil, vise, derri\u00e8re le pilier, le gibier qu\u2019elle attire.<\/em>&nbsp;\u00bb (\u2026) \u00ab&nbsp;<em>Elle leva sur lui ses yeux blancs, elle l\u2019entoura de ses bras. Il s\u2019\u00e9veilla en g\u00e9missant. Il s\u2019aper\u00e7ut que la nuit de son corps avait r\u00eav\u00e9 dans cette femme<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Parents combin\u00e9s (un ogre satyre et une \u00ab&nbsp;poup\u00e9e vorace&nbsp;\u00bb)\u2026 laissant imaginer une sc\u00e8ne primitive monstrueuse (\u00e0 l\u2019origine de la conception de ses enfants r\u00eaveurs par un mode de relation sexuelle des parents que l\u2019on n\u2019ose imaginer).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Qu\u2019as-tu fait de nos morts Panado&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019as-tu fait du petit bonheur&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb criaient \u00ab&nbsp;<em>les enfants du brouillard, enfants obstin\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb chez Alexandre Vialatte, le traducteur de Franz Kafka. Ce dernier, m\u00e9tamorphos\u00e9 en blatte, ou en taupe enferm\u00e9e dans son terrier, a montr\u00e9 dans tous ses romans la reproduction dans son rapport \u00e0 l\u2019autorit\u00e9, de sa relation \u00e0 l\u2019imago paternelle&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu \u00e9tais pour moi la mesure de toute chose (\u2026) tu pris \u00e0 mes yeux ce caract\u00e8re \u00e9nigmatique qu\u2019ont les tyrans dont le droit ne se fonde pas sur la r\u00e9flexion, mais sur leur propre personne<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>8<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Donald Wood Winnicott, <em>Lettres vives<\/em>, NRF, Gallimard, coll. Connaissance de l\u2019Inconscient, pp 79, 2001.<\/li><li>Jean Paul Sartre, <em>Les Mots<\/em>, Gallimard,1964.<\/li><li>Coll Folio. <em>In Le Mur.<\/em> 1994.<\/li><li>Rainer Maria Rilke, <em>Lettres \u00e0 un jeune po\u00e8te&nbsp;: Mille et une nuits<\/em>, 2001<\/li><li>Paul Eluard.<\/li><li>Alexandre Vialatte, <em>Les Fruits du Congo<\/em>, coll. TD, Gallimard, 2004.<\/li><li>Alfred Jarry, <em>Les paralipom\u00eames d\u2019Ubu, \u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, Tome I., Gallimard, 1996.<\/li><li><em>Lettre au p\u00e8re<\/em>, Kafka<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h1>\n\n\n\n<p>Marthe Coppel-Batsch,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Qu\u2019il est dur d\u2019avoir des parents&nbsp;! In memoriam.<\/em><\/p>\n\n\n\n<section>\n<div class=\"container\">\n<div class=\"row\">\n<div id=\"article-details\" class=\"col-xs-12 col-xs-offset-0 col-lg-10 col-lg-offset-1 clearboth\">\n<div>&nbsp;<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/section>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10270?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Les a\u00efeux prenaient la forme de certains animaux pour nous visiter sur la terre, et ils assistaient ainsi muets observateurs aux phases de nos existences&nbsp;\u00bb. 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